2004
Outre - Terre
L'hexagone et ses problèmes
Histoires antillaises
Philippe Gastaud
département STAPS de l’université de Pau.
La présence massive d’athlètes antillais dans l’Équipe de France frappe
l’observateur. Quelles en sont les raisons ? Y a-t-il des prédispositions
socio– historiques au phénomène ? L’exemple de la Guadeloupe paraît à cet
égard révélateur.
L’athlétisme : une activité « originelle » importée par les Blancs
L’athlétisme est une des premières activités importées par la classe blanche
dans l’archipel dans un contexte colonial d’assimilation. Il symbolise dès les
années 1920 la modernité venue de la mère-patrie et l’égalité avec le colon
blanc. Il représente l’ascension sociale recherchée par les populations noires.
Briller sur le terrain du colon équivaut à une possibilité de reconnaissance.
D’ailleurs, ce sont d’abord les Blancs locaux ou les métropolitains qui pratiquent l’athlétisme. Les Noirs s’y adonneront ensuite dans une logique assimilationniste, les pratiques sportives se faisant des vecteurs d’implantation
[1]. L’athlétisme est tout comme le football véhiculé dans l’archipel par les organisations
de jeunesse laïques et catholiques. Ainsi les boy-scouts français et les Éclaireurs
de France (EDF) qui sont à l’origine des premières équipes de football guadeloupéennes : le
Racing club à Basse-Terre, la
Red Star et le
Redoutable à Pointe-à-Pitre (PAP
[2]). « C’étaient des équipes avec des gens qui sortaient du mouve
ment EDF. Les EDF sont à l’origine du sport ici
[3]. » Et donc, à côté du football,
d’autres disciplines nouvelles pour les Guadeloupéens : l’athlétisme, le
cyclisme et la natation. « On faisait de tout, en plus des activités scoutes : du
cyclisme, de la natation. On organisait même des examens de natation
[4]. » Ils
sont les premiers à pratiquer le saut à la perche en bambou sur les places des
bourgs. Camille Trébert, éclaireur de PAP, sera un des meilleurs sauteurs en
hauteur de la colonie. Les associations sportives des patronages catholiques
fondant elles aussi des clubs sportifs. Par exemple les clubs de football
Good
Luck ou le Club sportif moulien. Ces diverses associations sont omnisports.
L’athlétisme se développant dans un contexte de polyvalence. On fait du football, de l’hébertisme (soit la méthode « naturelle
[5] »), de l’athlétisme et des
excursions, notamment sous l’égide des éclaireurs. Les pratiques se confondent,
les frontières se diluent. Maurice Micaux, fondateur de l’Union sportive basseterrienne, est capitaine de l’équipe de football de la Guadeloupe, mais aussi
athlète, basketteur et bon volleyeur. Fernand Pentier, fondateur de la Renaissance, est footballeur, lui aussi capitaine de la sélection de Guadeloupe durant
la Seconde Guerre mondiale et également très bon athlète ; il fondera le
Cygne
Noir, club de Basse-Terre et la ligue guadeloupéenne d’athlétisme
[6]; il se
souvient qu’il fit ses premières armes au saut à la perche, enfant, avec un grand
bois qui lui permettait de franchir des obstacles en pleine campagne, sous les
regards admiratifs de ses camarades de jeu : « Nous courions, sautions aussi,
sans savoir que nous faisions de l’athlétisme ; nous ignorions d’ailleurs ce
mot
[7] » ; c’est seulement plus tard qu’il a l’idée de recourir au bambou, plus
souple ; se rendant parfois à la Guadeloupéenne, la première association fédérant tous les groupements sportifs et touristiques, à Basse-Terre, il y fait
quelques entraînements, puis des compétitions qui le mèneront, en 1942, au
record de Guadeloupe du saut à la perche, record qui ne sera battu qu’en 1979 !
Les prêtres catholiques participent au développement de l’athlétisme. Lors
d’une journée de compétition de l’Union guadeloupéenne
[8] ( 1938), le père
Forbin, vicaire de Terre-de-Haut, n’hésite pas à donner l’exemple. Le saut à la
perche ne trouvant pas d’adeptes, il enroule sa soutane autour de ses jambes et
fournit une belle prestation sous les applaudissements des spectateurs impressionnés par les qualités physiques de ce jeune prêtre noir.
Les ligues émergent dès la fin des années 1920.1929 : le Club guadeloupéen
des sports généraux (CGSG ), première véritable tentative de fédérer les clubs
existants sur l’initiative d’Édouard Chartol, ancien éclaireur; le CGSG deviendra
la Fédération guadeloupéenne des sports athlétiques en mai 1931. Octobre
1931 : la Ligue sportive de la Grande-Terre. Janvier 1933 : l’Union sportive
Basse-Terrienne. 1939 : la Fédération sportive de la Guadeloupe qui regroupe
les deux dernières. Les sociétés sportives des patronages, affiliées à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France, connaissent une croissance remarquable. Les groupes de Sonis (paramilitaires) progressent de
228,5 % entre 1936 et 1938 (de 150 % entre 1936 et 1941).
L’athlétisme et le football deviennent très tôt le terrain des affrontements
entre organisations de jeunesse catholiques et laïques. Les rencontres se déroulant sur les places des villes. Les compétitions sportives et les défilés qui les
accompagnent sont perçus rétrospectivement par les anciens des mouvements
comme des points d’orgue de l’action. Les affrontements sur la Place de la
Victoire de Pointe-à-Pitre, ou sur le Champ d’Arbaud à Basse-Terre, deviennent
le théâtre de ces oppositions entre laïcs et catholiques pour le contrôle de la
jeunesse. Joffre Commer
[9] se souvient des matchs de football et des rencontres
d’athlétisme sur la Place de la Victoire. À l’époque, chaque club occupe un coin
réservé de la place autour du terrain, au centre. Camille Trébert
[10] qui a été éclaireur à Pointe-à-Pitre, confirme cette répartition : « La Place de la Victoire était
très compartimentée, et tout le monde respectait cela. » Devant le cinéma « Le
Renaissance », il y a les éclaireurs et l’équipe du
Red Star. En face, devant la
maison paroissiale, se placent les
Sonis, l’équipe de la
Good Luck et le Club
athlétique pointois. Dans le prolongement, vers la mer, se trouvent les notables
de la ville, les « sénateurs », qui viennent assister aux rencontres. Les éclaireurs
appellent ce côté de la place « l’allée des aristocrates » et désignent par là ironiquement l’emplacement occupé par les familles les plus aisées de la ville,
souvent catholiques. Le côté donnant sur la mer est, lui, occupé par la communauté syrienne et libanaise. Le fond de la place, « l’allée des bons enfants », est
réservé aux enfants de bonnes familles. Chacun a son banc et respecte le dispositif. L’espace du spectacle se différencie et se hiérarchise donc en fonction de
clivages idéologiques et religieux ; il reproduit par là-même la société guadeloupéenne avec ses divisions.
L’athlétisme qui se développe précocement comme en métropole (dès 1880)
est considéré comme la base des autres sports. Souvent lié à la méthode « naturelle », il est une des principale activités des associations naissantes et du
mouvement scout, catholique ou laïc. C’est au sein d’olympiades scoutes que se
distinguent pour la première fois certains athlètes guadeloupéens tels Roger
Bambuck, futur membre de l’équipe de France du 100 mètres et futur ministre
de la Jeunesse et des Sports, ou bien Antoine Chérubin qui sera lui aussi membre
de l’équipe de France d’athlétisme et directeur du CREPS des Antilles et de la
Guyane : « On faisait des activités purement sportives. Je me rappelle, une des
premières courses qu’a pu faire Roger Bambuck, et qui soit hors de Guadeloupe,
c’était en Martinique, on avait fait des olympiades pour terminer le camp ; et il
faisait la course, et il avait gagné. Je l’ai eu comme scout dans ma troupe de
Pointe-à-Pitre. Chérubin également
[11]. »
L’athlétisme est l’activité principale des groupes de Sonis, des scouts mais
aussi de leurs homologues féminins respectifs, les Rayons sportifs féminins et
les Guides de France. Associé au football et à la gymnastique, il est incontournable dans tous les groupements de jeunesse laïcs ou catholiques jusque dans les
années 1970.
Premières infrastructures sportives : l’athlétisme et le football
Les premiers stades pouvant accueillir les deux activités datent du Front
populaire et de Félix Eboué, gouverneur de la colonie de 1936 à 1938. Il crée
un stade à Pointe-à-Pitre et un autre à Basse-Terre. Son action est d’ailleurs
identique en Martinique. Il met parallèlement en place un service de l’Éducation
physique qui favorise indirectement les pratiques athlétiques. La fondation des
premières associations sportives, dans les années 1930, s’inscrit dans un
contexte de promotion de l’éducation physique et du sport, voulue par le Front
populaire
[12]. Le programme d’Eboué en matière de réforme sociale fait une
place importante au sport et à l’éducation physique. C’est par le développement
des loisirs sportifs que le nouveau gouverneur de l’île entend améliorer la santé.
Les problèmes sanitaires de la colonie sont en effet importants : tuberculose,
syphilis et alcoolisme, mais aussi paludisme et dysenterie
[13]. Les activités
physiques deviennent un moyen d’enrayer les maladies ; elles ont ici un rôle
« thérapeutique ». Un million de francs sont affectés à la construction des deux
premiers stades de la colonie. Et des subventions sont allouées aux communes
pour faciliter le développement des pratiques sportives
[14]. Le service de l’éducation physique et de la préparation militaire est créé par l’arrêté du
22 septembre 1937 ; avec recrutement de deux moniteurs, un pour Pointe-à-Pitre, l’autre pour Basse-Terre. Ces réformes correspondant à des politiques
sportives et d’éducation physique que l’on retrouve dans tous les grands pays
européens : Italie, Allemagne
[15]…
L’action se poursuivra pendant la Ve République et avec le Haut Commissariat aux Sports dirigé par Maurice Herzog. Dès 1965, leCREPS est créé aux
Abymes. Ce qui vaut en particulier pour l’équipement : de nombreux stades
seront construits dans les années 1960-1970.
Dans les années 1950, le phénomène de ligues régionales guadeloupéennes
rattachées aux fédérations métropolitaines correspondantes se généralise.
Fernand Pentier situe la rupture à la fin des années 1940 et au début des années
1950
[16]. L’application des lois métropolitaines implique que le milieu sportif
guadeloupéen aligne ses statuts sur ceux de la métropole. Ainsi, en 1952, la
fédération omnisports de la Guadeloupe, la Ligue sportive de Guadeloupe,
disparaît ; elle est remplacée par plusieurs ligues spécialisées : celle de football
la même année ; celles de basket-ball et d’athlétisme en 1954 ; celle de volleyball se montant en 1964. Léon Cellini, président des Sonis du Gosier, société
multisports, souligne qu’il doit alors s’affilier à la Ligue d’athlétisme guadeloupéenne qui vient d’être créée afin de permettre aux jeunes de participer aux
compétitions internationales de Trinidad ou de la Barbade.
Les revendications identitaires
En 1936, Jesse Owens, qui triomphe au 100 mètres lors des Jeux Olympiques de Berlin (et empoche cinq autres médailles d’or), devient le symbole
des revendications identitaires du peuple noir face au racisme nazi. Porteur d’un
mythe, il fait de l’athlétisme un vecteur de la lutte contre la ségrégation raciale.
Mais c’est peut-être avec les JO de Mexico en 1968 que se cristallise la protestatio de la population noire soumise à la législation raciale américaine. Le poing
ganté des Blacks Panthers marquera les esprits guadeloupéens, un an après les
émeutes de 1967 dans l’archipel, en pleine vague indépendantiste. La couleur
des athlètes Carlos et Smith qui ont brandi le poing sur les plus hautes marches
du podium, devient signe d’appartenance. L’athlétisme traduit maintenant la
volonté d’affirmation d’une culture, celle de l’Amérique des plantations. Ces
revendications prennent tout leur sens aux yeux des Guadeloupéens dans un
contexte général de décolonisation. L’enjeu est double : la revendication identitaire, mais aussi la revanche face à la métropole, la revendication d’égalité des
peuples colonisés. Roger Bambuck, l’enfant du pays, le symbolise et ses résultats rejaillissent sur l’archipel : demi-finaliste du 100 mètres aux JO de Tokyo en
1964, champion d’Europe du 200 mètres et du relais 4 x 100 mètres et vicechampion d’Europe du 100 mètres en 1966. Mais les athlètes antillais vont aussi
représenter un espoir de relève pour l’État français. La France de de Gaulle a
perdu les sportifs africains ; elle perçoit les Antilles comme un réservoir de
médailles. D’où la sollicitude de l’administration et notamment de Maurice
Herzog, haut commissaire aux Sports. Le nombre de licenciés augmente brusquement : 190 en 1961,318 en 1962,600 en 1967.
Et puis il y a comme un effet de mimétisme dès lors que les résultats sont au
rendez-vous : un engouement et donc l’adhésion massive de la jeunesse.
Comme aujourd’hui la ligue d’escrime, par exemple, après les exploits de Laura
Flessel ces dernières années : une progression du nombre de licenciés de 144%
en un an (et de plus de 596 % depuis 1982 !).
Les Guadeloupéens : un peuple de sportifs
Il y a une croissance exponentielle des licenciés sportifs dans l’archipel,
principalement de 1970 à 1980. Une augmentation indissociable de l’émergence
d’une classe moyenne avec des loisirs expansion. Le taux de licenciés sportifs
[17]
est ici un indicateur pertinent. 14,3 % de l’ensemble de la population en 1999.
Avec 60 428 licenciés, toutes fédérations confondues, la Guadeloupe figure en
deuxième position parmi les départements d’outre-mer derrière la Réunion et
devant la Martinique. Progression de 146 % de 1970 à 1976, puis de 116 % de
1976 à 1983. De 1983 à 1999, elle est de 15,5 % (fédérations scolaires et affiliées comprises) : de 51 084 licenciés à 60 428 ( 38 000 licenciés hors fédérations scolaires et affinitaires
[18]). Ces dernières années, les licences compétitions
sont majoritaires; elles ont progressé de 6,6% entre 1998 et 1999, alors que les
licences ne donnant pas accès à la compétition régressaient de 19,7 %. La
Guadeloupe devient une région sportive où la compétition attire. Pour preuve,
l’engouement pour le cyclisme et le Tour de Guadeloupe tous les mois d’août ;
mais aussi pour l’athlétisme où les athlètes guadeloupéens sont bien représentés. Si le football reste le sport le plus pratiqué avec 42 % des licenciés en 1999
(et une progression de près de 74 % depuis 1982), la ligue de natation et celle
de tennis fédèrent chacune près de 4 000 Guadeloupéens, soit une progression
de 460 % pour la première discipline et de 69 % pour la seconde depuis 1982.
Le cyclisme, s’il est aussi un sport populaire, ne fédère que 1500 adhérents, tout
comme l’athlétisme. Ces activités semblent davantage renommées par le spectacle qu’elles offrent que pour leur pratique en club.
L’athlétisme est en Guadeloupe l’activité la plus pratiquée à l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) avec le plus important nombre de licenciés. Mais
sa popularité dépasse le cadre de l’UNSS et s’étend aux cours d’EPS qui lui
donnent une place centrale.
L’UNSS, avec ses 5860 licenciés en 1999, est la seconde association sportive
de l’archipel derrière le football, ce qui démontre l’impact majeur du sport chez
les jeunes Guadeloupéens scolarisés. La Fédération française des œuvres
laïques d’éducation physique en licencie aussi un nombre important :
3 839 adhérents.
Mais la diffusion massive des pratiques sportives depuis le milieu des
années 1970 est aussi liée à l’augmentation des enfants scolarisés. La durée de
la scolarité depuis 1959 (loi Berthoin) propulse les adolescents sur le marché de
la consommation et du loisir, notamment des sports que l’éducation physique va
contribuer à populariser. À partir du début des années 1980, le nombre de jeunes
qui s’adonnent à des loisirs sportifs augmente considérablement. Ils vont par
ailleurs gonfler les effectifs des associations sportives. Dans certains secteurs,
ruraux, l’éducation physique et sportive (EPS) joue un rôle important quant au
développement des sports. Les enseignants d’EPS sont au demeurant souvent
investis dans le milieu fédéral. L’organisation de l’EPS est conçue de façon à
promouvoir ce développement, principalement en matière d’athlétisme. L’EPS
est organisée en clubs sportifs ; s’inspirant de la « République des sports », les
enseignants organisent leurs classes en équipes sportives et planifient leurs
cours comme des séances d’entraînement préparatoires aux compétitions de
l’UNSS. C’est le cas de la grande dépendance, Marie-Galante, où les établissements scolaires organisent l’EPS, de 1980 à 1992, autour de sa dimension essentiellement sportive. L’éducation physique constitue un réservoir pour les clubs
sportifs locaux et les enseignants d’EPS se mobilisent dans les clubs sportifs de
l’île. Les associations sportives des établissements scolaires affiliées à l’UNSS
connaissent un taux de licenciés supérieur à celui de la métropole. Par exemple,
le collège de Saint-Louis à Marie-Galante compte près de 30 % de licenciés
UNSS, alors que la moyenne nationale est de 20 %. Le tout accentué par l’amélioration des conditions d’enseignement et de la formation des enseignants
durant la dernière décennie du siècle dernier.
Une politique récente des infrastructures
Le développement massif des pratiques sportives et de l’athlétisme, depuis
le milieu de la décennie 1970, s’inscrit dans celui des installations principalement urbaines. Ceci à l’actif d’une politique délibérée à partir des années 1960 :
formation des cadres sportifs
[19] et aménagement des infrastructures comme le
CREPS Antilles-Guyane ( 1965). Semblables infrastructures sportives se multipliant entre 1946 et 1971 de façon remarquable. Deux stades seulement en
Guadeloupe : Basse-Terre et PAP en 1946; 25 en 1971. Qui plus est, elle totalise
17 stades d’entraînement, 12 gymnases, 91 plateaux d’éducation physique,
2 piscines olympiques, 10 bassins de natation et plans d’eau, 2 bases de voile et
20 terrains de tennis, auxquels s’ajoutent 12 foyers de jeunes et MJC
[20]. Une
augmentation qui favorise l’explosion du nombre de licenciés. Sur les 75 sports
pratiqués en Guadeloupe en 2000,56 sont pratiqués aux Abymes et 29 à Pointe-à-Pitre. L’enquête sur les équipements urbains de l’INSEE la même année signale
l’état correct des installations couvertes comme des terrains sportifs. Ces conditions de pratique sont jugées satisfaisantes.
Si la part de licenciés sportifs a considérablement augmenté depuis trente
ans, il est difficile de localiser en général le sport dans la société guadeloupéenne. Difficile de chiffrer le nombre de pratiquants non licenciés. Or, dans
une île tropicale où le climat autorise une pratique en toute saison, le nombre de
« pratiquants sauvages » est important. La course libre reste l’activité majeure
(jogging sur le bord des routes). C’est une des activités physiques et sportives
(APS) qui ne nécessite pas de matériel onéreux et peut toucher un nombre important de Guadeloupéens défavorisés. Se développent également la randonnée
pédestre dans le massif de la Soufrière, la natation ou la planche à voile. Ces
pratiques non fédérées jouent un rôle social dans l’archipel et viennent gonfler
le nombre de pratiquants sportifs. L’athlétisme et en particulier la course bénéficient de ces développements.
[1]
Cf. Jacques Dumont,
Sport et assimilation à la Guadeloupe. Les enjeux du corps performant de la colonie au département ( 1914-1915), Paris, L’Harmattan, 2002.
[2]
Cf. Entretien avec Guy Cornely, ancien éclaireur de France de la troupe de Pointe-à-Pitre,
commissaire de district de 1937 à 1939, Abymes, 29 avril et 26 mai 1999.
[3]
Entretien avec Léopold Reinette, ancien commissaire EDF de la province Guadeloupe,
Pointe-à-Pitre, 5 mars 1999.
[5]
La méthode « naturelle » est une technique d’éducation physique élaborée par Georges
Hébert au début du XX
e siècle et fondée sur l’apprentissage des mouvements « naturels » de
l’homme : marcher, courir, sauter.
[6]
Cf. F. Pentier,
Regard sur l’athlétisme en Guadeloupe, Basse-Terre, 1967, éd. Ligue
d’athétisme de la Guadeloupe.
[7]
Mémoires de F. Pentier. Document personnel manuscrit, Saint Claude.
[8]
Organe régional de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France.
[9]
Entretien avec J. Commer, ancien sonis de Port-Louis, 21 juillet 1999.
[10]
Entretien du 30-04-1999, Petit-Bourg
.
[11]
Entretien avec Jean Rivier, ancien scout de France de la troupe pointoise, louveteau dès
1939, commissaire du groupe de PAP en 1955, nommé la même année commissaire du district
de Grande-Terre, Pointe-à-Pitre, 4 février 1998.
[12]
Fondation d’un sous-secrétariat d’État aux Sports et aux Loisirs ( 5 juin 1936), aménagement de la demi-journée de plein air ( 23 mai 1937), du brevet sportif populaire ( 13 mars
1937) ; développement des Auberges de jeunesse, projet de nouvelles instructions pour
l’éducation physique dès 1938…
[13]
Cf. J. Dumont,
op.
cit.
[14]
8 000 francs à Vieux-Habitants ; 10 000 à Capesterre ; 30 000 à Morne-à-l’Eau ; 15 000
à Port-Louis ; 10 000 au Moule ; 20 000 à Grand Bourg de Marie-Galante. 72 000 sont
alloués aux sociétés sportives,
Bulletin mensuel d’information du cabinet du gouverneur
n° 6, juin 1937.
[15]
Cf. J.-P. Clément, J. Defrance, et Chr. Pociello,
Sport et pouvoir au XXe siècle, Grenoble,
PUG, 1994.
[16]
Entretien avec Fernand Pentier, 15 avril 1999, Saint-Claude.
[17]
Effectifs des licenciés sportifs de la région Guadeloupe, 1998 et 1999, Centre de documentation du ministère de la Jeunesse et des Sports, Paris.
[18]
Annuaires statistiques de la Guadeloupe 1981 et 1985, Direction départementale de la
Jeunesse et des Sports de Guadeloupe.
[19]
La fonction des conseillers techniques (départementaux et régionaux) mis à disposition
par l’État auprès des fédérations remonte à 1958.
[20]
Brochure éditée par le ministère des DOM,
Guadeloupe 1946-1971.25 années de départementalisation.