Outre-Terre
érès

I.S.B.N.2-7492-0374-0
320 pages

p. 183 à 195
doi: 10.3917/oute.009.0183

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Israël au Proche-Orient

no 9 2004/4

Israël s’appréhende politiquement et idéologiquement comme un État juif. Symboles, rituels et législation traduisent cette identité juive de l’État. Étoile de David sur le drapeau, hymne national, fêtes nationales, autant d’exemples qui renvoient au caractère exclusivement juif de l’État d’Israël.
Après 1948, les Israéliens d’origine palestinienne apparaissent officiellement en tant que « minorités » et ne sont toujours pas classés dans les statistiques en tant que Palestiniens ou Arabes, mais répartis en trois catégories religieuses : musulmans, chrétiens et druzes, distingués par là des « juifs [1] ».
Les Palestiniens, au fil de l’histoire, ne figurent dans le contexte que par la négation et le refus. Ils sont perçus comme des agents utiles et travailleurs, utilisables dans la construction, sur les routes, dans les hôtels et les cuisines [2]. Dans le langage commun, « arabe » renvoie à sale, primitif, bête et incapable [3].
La Déclaration d’indépendance de 1948 établissait le caractère juif de l’État. Et diverses lois l’ont renforcé. Israël n’a pas élaboré d’identité civile pour sa population dans son ensemble, sans considération d’appartenance ethnique ou religieuse [4]. Même la culture bourgeoise et laïque produite en Israël durant un
demi-siècle est ancrée dans la religion juive ; elle est très imbriquée dans l’expérience historique des Juifs et cristallise celle-ci [5]. Ce qui ne veut pas dire que les non-Juifs ne pourront jamais jouir de la pleine citoyenneté en Israël ; c’est leur identité en tant qu’Israéliens, par contre, qui est amputée. Car l’intégration des Palestiniens dans la société civile israélienne entrait dès le début en contradiction avec les fondements idéologiques du sionisme et de l’établissement d’un État israélien en Terre Sainte comme accomplissement et incarnation du droit des juifs sur cette terre [6].
 
Statut civil de la minorité palestinienne en Israël
 
 
En théorie, l’État d’Israël considère ses Palestiniens minoritaires comme des citoyens « non-Juifs » égaux en droit. Une égalité devant la loi qui est ancrée dans la Déclaration d’indépendance. Or, les Palestiniens ont appris à leurs dépens, tout de suite après la fondation de l’État, ce que signifiaient ces déclarations d’intention puisqu’on les plaça sans ambages sous administration militaire pendant les premières dix-sept années, limitant leurs droits civiques, à part celui de voter, à un minimum.
L’administration militaire, qui plus est, allait promouvoir un clientélisme reposant sur la collaboration et une activité réduite des partis d’opposition [7]. Les élites palestiniennes ayant encore aujourd’hui à combattre les séquelles de cette période.
Les Palestiniens sont marginalisés dans leur propre pays où s’est installée une société de type complètement nouveau, ils y ont été majoritairement privés des fondements de leur existence, on les a géographiquement dispersés. L’autodétermination leur a été et leur est encore soustraite [8].
Argument et justification : la minorité palestinienne est présentée comme partie de la nation arabe, et en même temps en tant qu’ensemble de citoyens israéliens représentés par leur gouvernement. Il reste impensable que ces derniers se définissent à partir du peuple palestinien avec les droits collectifs d’une « nationalité ». On reconnaît seulement aux Arabes des droits linguistiques, culturels et religieux avec les institutions qui correspondent à ces droits [9].
Une politique à la britannique de divide et impera qui doit permettre aux autorités israéliennes d’aboutir à l’objectif suivant : transformer les Arabes en un conglomérat de minorités, leur faire perdre le contact avec le reste de la population palestinienne et les amener à s’approprier une nouvelle conscience nationale, israélienne [10].
Exemple caractérisé : la loi sur la naturalisation de 1952, amendée en 1980, qui garantit à chaque Palestinien né dans les frontières actuelles de l’État avant 1948 ou plus tard le droit à citoyenneté israélienne au sens de la Déclaration [11]. Une citoyenneté qui ne saurait être pleine et entière pour deux raisons :
  • le caractère de l’État « du peuple juif » prime ici sur tous les principes. Immigration, implantation et sécurité auront toujours le pas sur la démocratie et les droits civiques et ces paramètres entrent forcément en contradiction avec les intérêts des Palestiniens [12]. Des changements, de ce point de vue, ne peuvent être arrachés que par le combat démocratique. Or, les Palestiniens sont en Israël une minorité; la marge de manœuvre reste à la Knesset d’autant plus limitée et leurs objectifs ne se réaliseront pas dans un avenir proche;
  • la Déclaration d’indépendance n’a pas de valeur juridique contraignante. Jamais la Knesset n’a souhaité lui conférer plus d’importance qu’elle n’en avait. Les promesses qu’elle contient n’engagent donc aucun gouvernement israélien et de nouvelles lois peuvent l’invalider à chaque instant [13]. Il y a eu un long combat juridique avant que l’État d’Israël fasse sienne, en matière d’interpellations, la définition religieuse de la « judéité ». Mais tant que les droits sociaux et politiques seront liés à des définitions religieuses, les non-Juifs ne pourront pas jouir de l’égalité citoyenne. Un état de fait qui vaut indépendamment du conflit israélo-arabe [14].
On vit depuis la fondation de l’État avec cette contradiction dans ses fondements juridiques et un certain nombre d’éléments qui s’y associent :
  • Israël n’a pas de constitution qui définisse exactement les droits civiques de la population. Bien qu’un projet de loi en ce sens ait déjà été soumis aux représentants en 1985. On légifère sur ces droits au coup par coup, en fonction de la conjoncture. Rien qui limite au Parlement l’action législatrice de la majorité;
  • les Arabes ne jouissent pas, malgré le paquet de réglementations nombreuses et en partie volumineuses qui les concerne et le fait qu’ils soient traités de facto en tant que minorité nationale, d’une telle position juridique. Leur manque donc le cadre juridique où procéder collectivement au plan du droit. La loi israélienne leur reconnaît des droits individuels, mais non la position spécifique d’une minorité nationale;
  • la Cour suprême d’Israël n’a pas compétence pour protéger des personnes ou des groupes de personnes de dispositifs d’urgence qui datent de l’époque du mandat (britannique) et sont toujours en vigueur, de l’introduction de « considérations de sécurité » ou autres lois ouvertement discriminantes. Même lorsque ces mesures entrent en contradiction avec les principes de la Déclaration d’indépendance [15].
On distinguera quatre catégories de discrimination par la loi à l’encontre de la minorité palestinienne :
  • des lois en défaveur des Palestiniens parce que servant directement les intérêts de la majorité juive. Loi du Retour ou droit à l’immigration, droit à la naturalisation, droit à l’implantation, loi sur l’expropriation des terres. Autant de lois qui confèrent aux organisations nationales juives un statut particulier. Sans parler des mesures d’urgence qui ne touchent que la minorité palestinienne;
  • des critères législatifs qui avantagent automatiquement et explicitement la majorité juive en matière de répartition des ressources : service militaire, origines et lieu de résidence. Ceux-ci sont décisifs pour ce qui est de l’emploi, de la retraite, des prestations sociales, de l’aide au logement, de l’impôt, de la formation et de l’investissement dans tous les secteurs ;
  • l’absence, à l’inverse, de critères législatifs dans la répartition des ressources. Ceci en particulier dans le secteur public : budget des municipalités, territoires de développement, formation et services sociaux, espaces constructibles et agrandissement des communes. Dans tous ces secteurs, le législateur a laissé une importante marge de manœuvre aux fonctionnaires et à l’exécutif. Il n’est pas rare qu’un village entier soit dépendant des bonnes grâces d’un seul et unique fonctionnaire. Et il n’est pas non plus rare que des groupes ou des localités fassent l’objet d’un chantage s’ils veulent ne serait-ce que bénéficier des ressources. Un moyen auquel les partis de gouvernement et leur dépendance ne rechignent pas avant les élections ;
  • des lois qui avantagent directement dans leur action les organisations nationales et non-gouvernementales juives puisqu’elles excluent les Palestiniens.
Cas particulièrement intéressant : la question du sol. Celui-ci, en Israël, se trouve en majeure partie dans la propriété de l’État qui l’afferme. Or, la législation exclut l’implantation sur le territoire par des non-Juifs. Qui plus est : le travail non-juif en espace d’implantation est interdit, ce qui équivaut actuellement à une farce quand on sait que la plupart des travailleurs agricoles du pays sont des Palestiniens ou des employés étrangers [16].
Semblable discrimination par le statut et la législation démontre à l’évidence que pour les gouvernements israéliens et la majorité juive, la minorité palestinienne est l’ennemi, une partie d’un peuple hostile qui ne saurait faire preuve de loyauté [17].
Durant les premières décennies qui suivirent la fondation de l’État, la plupart des Palestiniens n’avaient pas une conscience claire de ces contradictions massives. Ils étaient faibles et isolés, encore sous le choc, et ne pouvaient percevoir aussitôt les différences à travers les méandres de la vie quotidienne. Ce fut ensuite et cela reste aujourd’hui une affaire de travail politique. Il y a maintenant des Palestiniens qui parlent et traitent par écrit de l’identité de l’État et de leur statut en tant que minorité nationale. Ils aspirent à un État qui soit l’État « de tous ses citoyens ».
Objectifs ambitieux d’une nouvelle génération de l’élite palestinienne qui ne se fait plus en silence à un avenir dans l’État juif tel qu’il se présente aujourd’hui. Elle veut que soit valorisé le statut de minorité nationale et imagine peut-être à la place de l’Israël du présent une Belgique du Moyen-Orient. La réalisation des buts, ici, dépendra largement du degré de fédération entre les forces palestiniennes du pays. Mais la plupart des partis politiques des Palestiniens se sont fixé ce but. Les sondages d’opinion et les études scientifiques démontrant à l’envie qu’une majorité écrasante de Palestiniens placent en tête de leurs revendications en Israël l’État binational et leur reconnaissance en tant que minorité nationale. L’idée de fédérer les forces pour parvenir unitairement au but relève par contre jusqu’ici du rêve.
 
Désintégration économique : de la société agraire à la réserve de travailleurs
 
 
Jusqu’en 1949,85% des Palestiniens vivaient de la terre. Une petite partie d’entre eux travaillant dans la construction, le commerce ou la pêche [18].
Ils étaient jusque-là dépendants des rapports sociaux et de production villageois pour survivre psychiquement et économiquement. Le réaménagement des structures de propriété entraîné par le processus d’implantation israélien fit s’écrouler le système économique et social des Palestiniens [19]. La subordination de l’espace palestinien à l’autorité juive et sa transformation en territoire judéoisraélien constituait pour la minorité un point de départ défavorable. Impossible, dans ces conditions, d’aménager de nouvelles infrastructures économiques. D’abord en raison de la concurrence des Juifs techniquement plus avancés, déjà, en agriculture et dans l’industrie ; ensuite à cause du manque de sol et en ressources, du fait de la politique d’expropriation sous couvert de mesures d’urgence par les Israéliens [20].
La minorité palestinienne a plus souffert que tous les autres groupes de la population du centralisme strict en vigueur dans le pays. En particulier du point de vue économique. Le gouvernement plaçant presque tous les secteurs y compris l’import-export sous son contrôle immédiat. Une politique sur laquelle pesaient largement des facteurs entre eux imbriqués comme la sécurité, l’accueil des immigrants, les implantations et les prestations sociales.
Conséquence de pareilles circonstances et des orientations idéologiques des gouvernants : une énonomie politisée ; la seule politique aux commandes de l’économie [21].
Le centralisme économique des Israéliens lia tous les groupes sociaux et tous les individus au pouvoir central et les rendit ainsi très dépendants de celui-ci. Le programme économique était élaboré en fonction d’une hiérarchie précise des couches de la population dont on influençait énormément, de la sorte, le niveau et le style de vie [22]. Or, semblable influence continue de peser sur les Palestiniens qui ne sont pas en mesure d’exercer des pressions d’ordre politique et économique. Le gouvernement répartit les ressources en fonction linéaire de la prise d’influence de lobbies économiques ou politico-idéologiques. Les plus puissants d’entre ces lobbies ne comptent pas de Palestiniens et considèrent les intérêts judéo-sionistes comme les leurs, sans égard à l’existence d’une minorité à l’intérieur du pays. On peut les citer :
– la Histadrut (confédération syndicale), les fédérations patronales, les associations commerciales, les organisations kibboutziques, celle des Moshav (collectifs d’« implantations » indépendantes) et comités de ceux-ci, fédérations agricoles, partis politiques et organisations confessionnelles [23].
Ce qui vaut plus généralement en Israël, c’est qu’il faut faire partie des ollectivités judéo-sionistes pour prendre part équitablement à l’utilisation des essources. Or, les Palestiniens ne peuvent, indépendamment de leur loyauté nvers l’État, faire partie de ce collectif.
Principaux aspects de la discrimination :
  • expropriation du sol et du patrimoine. Tous les gouvernements israéliens de oute couleur ont conduit une politique ethno-centrée d’hégémonie, de dévelopement et de consolidation de l’État, mais de marginalisation de la société palesinienne. Les nouveaux immigrants devaient disposer de l’espace où s’implanter t édifier leur indépendance économique. Les autorités israéliennes se réclamèrent onc du code foncier ottoman de 1858 et exproprièrent le sol qui restait aux Palesiniens [24]. Ce fut la confiscation d’environ 93% de tout l’espace [25]. Après la Jourée de la Terre de 1976, les autorités israéliennes changèrent de méthode et ne onfisquèrent plus qu’indirectement le sol. On enleva la compétence sur le sol aux ommunes palestiniennes et le transféra aux implantations juives voisines. C’était a « restructuration » des communes aux régions du début des années 1990. Un ransfert délibéré qui autorisa les nouvelles instances compétentes à confisquer usqu’à 40% du sol à l’intention de projets publics;
  • le refus d’accorder aux municipalités des budgets suffisants en matière d’inrastructures. Les « régions de développement » laissent de côté presque tout le ecteur palestinien. Alors que ces régions bénéficient de privilèges nombreux en ermes d’infrastructures, d’aménagement et de créations d’emploi. Pendant des nnées, le budget des municipalités palestiniennes ne dépassa pas les 6% [26]. Le ouvernement israélien a fini par décider en 1992 sous la pression des masses t des partis palestiniens de dégager plus d’argent pour elles. Jusqu’en 1995, oins de 5% de cette enveloppe allaient à la création d’emplois et en dessous e 0,4% au développement du secteur agricole [27]. La situation se détériorant lutôt ces dernières années ;
  • les autorités israéliennes refusent ou retardent beaucoup l’aval aux projets de développement des communes palestiniennes. Il faut parfois quinze ans pour traiter un dossier et la municipalité est en fin de compte obligée de faire élaborer d’autres plans [28];
  • au bout de 53 ans, il y a de nombreuses communes palestiniennes toujours sans administration. En 1994, c’étaient quelque 40 000 Palestiniens qui vivaient dans près de 40 communes « non reconnues [29] ». Ces dernières n’ont pas de budget et sont à peu près dépourvues de services sociaux, sanitaire et pédagogique;
  • les investisseurs palestiniens sont désavantagés par rapport à leurs collègues juifs. Comme le secteur palestinien ne fait pas partie des secteurs en développement, ils bénéficient de moins d’allégement d’impôt et de moins de crédits favorables. Une situation qui a peu évolué depuis la loi modifiée de 1990 aux termes de laquelle les petites entreprises doivent, indépendamment de leur localisation et de leur environnement, bénéficier de crédits à intérêts favorables, d’un soutien financier de l’État et de réductions d’impôt [30]. Selon les chiffres officiels, les petites entreprises auraient reçu de 1990 à 1994 environ 600 millions de shekels ( 1 shekel = 0,25 euro) ; celles qui sont palestiniennes 2,5% de ce montant [31]. C’était l’époque où les partis et députés arabes étaient en mesure de jouer un rôle actif dans la politique du pays. En particulier le gouvernement Rabin dépendant de leurs voix et de leur soutien. Voilà pourquoi il allait se montrer généreux dans l’allocation de ressources au secteur arabe;
  • la politique économique et les pratiques d’expropriation des Israéliens ont empêché le développement de structures socioéconomiques cohérentes dans le secteur palestinien. Des structures qui auraient en retour permis des actions politiques [32]. Dans de pareilles circonstances, nombre de paysans palestiniens se voyaient contraints, pour subsister, d’aller chercher du travail sur le marché juif du travail. Ainsi émergea, surtout à cause des pratiques de confiscation, un prolétariat sans terre et qui avait peu de chances de s’intégrer dans les branches de l’économie israélienne [33]. Leur dépendance devint totale. La propriété agricole des Palestiniens a été réduite à un minimum ou a même parfois complètement disparu. D’une superficie cultivée de 19 dunam par tête [34], on est passé à 0,86 dunam [35]. Plus généralement, les Palestiniens disposent de 11% du sol. Dont seulement 22,5% sont cultivés, sans doute parce que le gouvernement met en question la propriété sur de gigantesques superficies cultivables au sud et élève des prétentions de l’État sur celles-ci [36]. D’autant que les Palestiniens n’ont pas le droit de semer certaines plantes et que l’élevage de bovins et de volaille à grande échelle leur est interdit. Autre obstacle, l’irrigation manquante : 2,4% du volume aux Palestiniens. Tous ces faits expliquent en général pourquoi le rendement économique des Palestiniens est si bas – 30% par dunam en période de pointe de celui des juifs ; 6% de l’agriculture israélienne [37];
  • les ministères de l’Éducation et du Travail n’ont pas attaché le moindre intérêt à la formation dans le secteur arabe [38]. Celle-ci est demeurée pour l’essentiel théorique et académique. La plupart des diplômés ne peuvent contribuer en rien au développement économique, en particulier dans l’industrie. Les rares Palestiniens qui ont fait des études scientifiques ou d’ingénieur, sont le plus souvent employés dans l’enseignement, ce qui correspond à un gaspillage des compétences et relève d’une mesure délibérée afin de maintenir l’économie arabe en l’état [39];
  • la destruction de leur agriculture et une industrie primitive ont contribué à ce que les travailleurs palestiniens soient forcés d’aller se faire employer comme journaliers dans des localités juives éloignées. En 1961 déjà quelque 54% des employés palestiniens devaient se déplacer quotidiennement sur de longues distances [40]. Environ 82% en 1986 [41]. Nombre de secteurs leur restant fermés pour raisons de sécurité, un prétexte communément avancé quand il s’agit d’égalité des chances. La discrimination à l’emploi et au salaire se trouve légalement couverte [42]. En particulier par le biais de la loi sur le service militaire de 1984 en vertu de laquelle tous les hommes et les femmes de 20-21 ans qui ont accompli celui-ci ont priorité sur le marché du travail et dans tous les secteurs. Les Palestiniens n’effectuant pas le service, ils s’en trouvent automatiquement relégués dans un statut d’employés de deuxième catégorie [43]. Ces facteurs expliquant la discrimination dans toutes les institutions. 2% de Palestiniens dans la fonction publique, pour la plupart en bas de l’échelle ; officiellement 863 sur 60000 fonctionnaires dans les ministères [44].
En somme : le régime ne souhaite pas l’intégration ou l’absorption de la population arabe dans la communauté juive et n’a pas fait d’efforts en ce sens [45]. Les Palestiniens n’ont la plupart du temps pas accès aux organisations juives et lorqu’il était impossible de le leur interdire, on a créé pour eux des départements spéciaux administrés par des Juifs, comme par exemple à l‘intérieur des partis sionistes ou à la Histadrut. Une séparation qui a deux objectifs : leur fermer toute ascension sociale, économique et politique, d’une part ; empêcher tout contact entre eux et les Juifs, d’autre part. Sans compter que les « départements arabes » permettent de tenir les Palestiniens à l’écart du calendrier politique du Parlement [46].
Les perspectives médiocres d’ascension sociale, chez les Palestiniens, rendent plus aiguë leur conscience politique et renforcent leurs frustrations malgré une amélioration relative de leur niveau de vie [47]. La minorité a manifesté et continue de manifester sa conscience politique et sociale par des protestations, des déclarations publiques et des grèves générales. Une situation alarmante depuis que la seconde Intifada a éclaté fin septembre 2000. La réaction des forces de police israéliennes durant les démonstrations de solidarité d’octobre reflète les positions officielles à l’égard de la minorité. 13 personnes abattues. Une situation économique désastreuse, un taux de chômage élevé et une conscience politique nouvelle, autant de facteurs qui vont peser sur la participation des Palestiniens à la politique dans les prochaines années.
 
La participation politique de la minorité palestinienne à l’intérieur de l’État judéo-ethnique
 
 
Les Palestiniens d’Israël ont le droit de vote à la Knesset depuis 1949. Participation à quatorze scrutins à partir de cette date jusqu’en 1996 : en moyenne 78%. Seuil le plus élevé en 1955 : 90%; taux le plus bas en 1981 avec 68% [48].
Mais le droit de vote n’entraîne pas une nécessaire influence des Palestiniens. Certes, le gouvernement de Rabin, en 1992, avait besoin des voix palestiniennes du Front Démocratique pour la Paix et la Justice (FDPJ) et du Parti Démocratique Arabe (PDA ). Cet avantage n’a cependant pas apporté quoi que ce soit de notable à la minorité.
Les partis arabes qui récusaient ouvertement le caractère judéo-sioniste d’Israël ont été interdits. Et à l’exception du Parti Ouvrier Unifié (sionistes de gauche) Mapam, les partis sionistes n’eurent pas de membres palestiniens avant 1960. Jusqu’en 1988, les partis arabes d’Israël n’étaient, hormis le parti communiste, que des « satellites », c’est-à-dire des organisations qui avaient été formées par les partis sionistes. Des candidats arabes dépendants qui s’alignaient une fois élus régulièrement sur l’organisation-mère assurant à ces derniers le soutien des Israéliens d’origine palestinienne [49].
Tant la fondation de l’OLP en 1964 que ses succès internationaux de 1973-1974, et la poursuite de l’expansion israélienne par l’expropriation et la réductionterritoriale ont puissamment marqué les Palestiniens. Dans les années 1970 et au début des années 1980 la minorité palestinienne était soumise à des transformations sociales et économiques considérables. C’est dans le combat contre l’expropriation qu’émergea un Conseil national (The Follow-up Committee for Arab Citizens) représentant officieusement la minorité à l’égard du gouvernement. Sa tâche principale est de coordonner les activités de politique intérieure aussi bien que les actions de solidarité avec les Palestiniens des Territoires occupés. La participation au Conseil reste d’ordre bénévole et l’application des décisions de celui-ci dépend des personnes, ce qui ne lui assure pas un rôle et des succès toujours remarquables. Et il n’y a pas que les différends politiques et personnels pour faire obstacle à un travail constructif. Les structures claniques, elles aussi, qui prédominent dans la plupart des communes et décident du résultat des élections municipales, sont un facteur d’insuccès. Des élections reposant donc sur des clans moyenâgeux, faciles à manipuler et sur lesquels pèsent fréquemment – économie et politique – les puissants partis sionistes. Il n’empêche : le Conseil a joué dans nombre de situations un rôle-clef pour la coordination des activités et il a su emmener la minorité vers le succès. Par exemple en appelant à une grève générale lors de la « Journée de l’égalité des chances » du 24 juin 1987, soit un grand succès des Palestiniens. La direction pouvait triompher et le gouvernement israélien eut beau envoyer les forces de sécurité ou menacer de faire entrer en vigueur la législation d’urgence. Le ministre aux Affaires arabes allait en convenir lui-même : « Le système de contrôle des minorités a échoué [50]. »
Le parti communiste et le FDPJ fondé par lui en 1977 se sont toujours engagés en faveur d’une égalité des droits abstraite, jamais vraiment définie et limitée à l’amélioration des budgets municipaux. Il s’agissait de plus de droits mais en aucun cas d’une égalité de principe, constitutionnellement ancrée, allant dans le sens d’une véritable citoyenneté pour tous. Pareille séparation entre égalité des droits et question nationale conduisait immanquablement à une israélisation par phases [51].
Le mécontentement croissant à l’égard du programme des communistes, la dissolution simultanée des partis satellites et le départ de leur direction traditionnelle qui n’avait pas réussi, en 1981, à intégrer de nouveau le Parlement, amenèrent un groupe d’ex-membres du FDPJ à rechercher, en compagnie d’universitaires patriotes, une issue politique. Le projet était de souligner le caractère national des Palestiniens en Israël et le destin commun avec le reste du peuple palestinien. C’est ainsi que fut fondé à Nazareth, le 27 novembre de la même année, en vue des élections municipales, un groupe politique qui allait se nommer en janvier de l’année suivante le Mouvement Progressiste Arabe, puis à partir du 24 avril de la même année la Liste Progressiste pour la Paix, signalisant par là une volonté de coopérer avec les militants pacifistes juifs. La liste obtint deux sièges – une victoire – aux élections à la Knesset de 1984 avec l’aide de multiples groupes palestiniens et de nombreux Juifs de gauche [52]. Plus qu’un seul siège en 1988. Les raisons de l’échec étaient tant la fondation du PDA en tant que premier parti arabe d’Israël que les différends internes entre courants quant au programme. La Liste n’existe plus ; nombre d’ex-membres se sont désormais engagés au sein de l’Union Démocratique Nationale (UDN ).
Se sont constitués à côté des partis et des organisations politiques suprarégionales de nombreux comités d’intérêts :
  • les « Fils du village » des années 1970. Ils refusent catégoriquement l’État d’Israël en tant qu’État juif. Le groupe boycottera les élections parlementaires jusqu’à l’éclatement au début des années 1990. De nombreux militants du mouvement se sont fédérés et ont fait leur entrée dans l’UND à partir de 1996 [53].
  • le « Comité national de défense du sol » de 1975 contre l’expropriation. C’est la première organisation à avoir été fondée sur bases nationales. Le Conseil national balayant largement son champ d’action;
  • l’« Union des étudiants arabes » de 1973 a joué un rôle éminent dans le combat national. Elle a des représentations et des branches dans toutes les universités israéliennes. La plupart des hommes politiques de la génération montante en sont issus.
On mentionnera, à côté de ces organisations, les différents groupes druzes. Comme le « Comité d’initiative druze » et plus de cent organisations non gouvernementales qui se sont engagés sur tous les fronts de l’action palestinienne et contribuent à renforcer la conscience et la participation des masses populaires dans l’action quotidienne.
Bilan : deux caractéristiques de la période qui vient de s’écouler durant les deux dernières décennies. Les Palestiniens d’Israël ne sont plus le groupe malléable et sans perspectives du passé ; ils sont devenus une minorité sûre d’elle et forte qui veut peser sur les évolutions dans le pays. Il y a ensuite une capacité à se pencher très vite et de façon coordonnée sur les événements politiques et socioéconomiques dans le pays et la région et à y participer.
Sans parler de l’énorme potentiel de renouvellement des élites. Les nouveaux courants et une notable concorde sur les questions nationales ont permis le repositionnement des coalitions sur le terrain politique.
Traduit de l’allemand par Véra Durkheim
 
NOTES
 
[1] Cf. Avishai Ehrlich, « Die Wahlen 1996 und der israelisch-palestinensische Friedensprozess », in Margret Johannsen & Claudia Schmid (ed.), Wege aus dem Labyrinth ? Friedenssuche in Nahost, Baden Baden, 1997, p. 111.
[2] Cf. Amos Elon & Sana Hassan, Between Enemies, New York, 1974, p. 12.
[3] Cf. Dieter Bednarz & Michael Lüders, Palästina-Protokolle, Hanovre, 1981 et aussi S. Smooha, Arabs and Jews in Israel, Boulder, Colorado, Westview Press, 1992, p. 141-142, vol. II, Change and Continuity in Mutual Intolerance.
[4] Cf. E. Cohen, « Citizenship, nationality and religion in Israel and Thailand », in Baruch Kimmerling (éd.), The Israeli State and Society : Boundaries and Frontiers, Albany State, University of New York Press, 1989.
[5] Cf. pour aller plus loin B. S. Turner, Capitalism and Class in the Middle East : Theories of Social Change and Economic Development, New Jersey & Londres, Heinemann Educational Books and Humanities, 1984.
[6] Cf. Y. Peled, « Ethnic Democracy and Legal Construction of Citizenship : Arab Citizen of Jewish State », American Political Science Review, vol. 86, n° 2,1992, p. 435-436.
[7] Cf. Avishai Ehrlich, op. cit., p. 112.
[8] Cf. Alexander Flores, « Zu den Wurzeln der palästinensischen Identität », in Karlheinz Schneider (ed.), Araber in Israel, Berlin, 1986, p. 69.
[9] Cf. Sammy Smooha, « Die Orientierung und Politisierung der arabischen Minderheit in Israel », A. Flores & A. Schlöch, Palästinenser in Israel, Francfort-sur-le-Main, 1983, p. 205.
[10] Ibid., p. 205.
[11] Code israélien de 1980, édition 984, p. 3-222.
[12] Cf. Aziz Haidar, Les Palestiniens d’Israël et l’accord d’Oslo (arabe), Institute of Palestinian Studies, Beyrouth, 1997, p. 40-41.
[13] Ibid. p. 41.
[14] Cf. Avishai Ehrlich, op. cit. p. 111-112.
[15] Cf. D. Kretzmer, The Legal Status of the Arabs in Israel, Boulder, Westview Press, 1990, p. 8.
[16] Cf. Avishai Ehrlich, op. cit. p. 111.
[17] Cf. S. N. Eisenstadt, The Transformation of Israeli Society. An Essay in Interpretation, Boulder, Colorado, Westview Press, 1985, p. 332-333.
[18] Cf. J. Ginat, Beschäftigung als Ursache zum sozialen Wandel im arabischen Dorf, Tel-Aviv, 1990. Et S.N. Eisenstadt, Die israelische Gesellschaft, Stuttgart, 1973, p. 397.
[19] Cf. Elia Zureik, « Die Transformation der arabischen Klassenstruktur in Israel », in A. Flores & A. Schlöch (ed.), op. cit., p. 38.
[20] Cf. Asaad Saker, Le mouvement ouvrier en Palestine. Du mandat britannique à 1980, Damas, 1981, p. 207-208.
[21] Cf. Ira Sharkansky, The Political Economy of Israel, New Brunswick, 1987 et aussi D. Shimshoni, « The Israeli Democracy », in The Middle of Journey, New York, 1985.
[22] Cf. N. Eisenstadt, The Transformation, op. cit.
[23] Cf. Yaël Yashai, Les lobbyistes d’Israël (hébreu), Tel-Aviv, 1987.
[24] Cf. A. Flores, Nationalismus und Sozialismus im arabischen Orient. Das Verhältnis der kommunistischen Parteien zur arabischen Nationalbewegung in Palästina 1919-1949, Munich, 1980, p. 4-5 et aussi Robert H. Eisenman, Islamic Law in Palestine and Israel, Leyde, p. 52-54,136-138.
[25] Cf. A. Schlöch, « Die historischen Dimensionen und die aktuelle Bedeutung des Landproblems in Israel », in A. Flores & A. Schlöch, op. cit. p. 17 ; également Abraham Granott, Agrarian Reform and the Record of Israel, Londres, 1956, p. 110.
[26] Cf. M. Al-Haj & H. Rosenfeld, Arab Local Government in Israel, Boulder, Colorado, 1991.
[27] Bureau du Premier ministre israélien, « Activités des différents ministères en 1994 et planification pour 1995 dans le secteur arabe », rapport des secrétaires d’État, 1995 (hébreu).
[28] Cf. Khamaise Rasem, Plan et construction dans le secteur arabe en Israel (hébreu), Tel-Aviv, 1990.
[29] Israel Statistical Yearbook 1994, tableau n° 2014.
[30] Cf. Aziz Haidar, Les obstacles au développement dans le secteur arabe (hébreu), Tel-Aviv, Institut pour le développement économique, 1993.
[31] Israel Statistical, op. cit.
[32] Cf. Ian Lustick, « Der stillhaltende Palästinenser », in A. Flores & A. Schlöch (ed.), op. cit. p. 109.
[33] Cf. Ian Lustick, Arabs in the Jewish State – Israel’s Control of a National Minority, Austin & Londres, p. 166-167.
[34] Le dunam équivalant à 1000 m2 ou 1/10e d’hectare.
[35] Cf. Aziz Haidar, Les obstacles, op. cit. et du même Les Palestiniens d’Israël, op. cit. p. 58.
[36] Cf. à ce sujet Yousef Ben David, L’économie agricole des Bédouins du Néguev : propositions stratégiques ! (arabe), Institut d’études israéliennes à Jérusalem, 1988.
[37] Cf. Aziz Haidar, Les obstacles, op. cit.
[38] Service d’inspection israélien de l’État, rapport pour l’année 1992, n° 42, Jérusalem, 1993 (hébreu).
[39] Cf. N. Lewin-Epstein, The Arab Economy in Israel : Growing Population-Jobs, Mismatch, Tel-Aviv, Pinas Sapir Center for Development, 1990. De même J. Hofman, « L’identité ethnique des Arabes en Israël et en Cisjordanie » (hébreu), Megamot, n° 20, 1974, p. 319-320 et Aziz Haidar, « Les Arabes en Israël et leur formation universitaire » (arabe), Journal of Palestinian Studies, n° 15, été 1993, p. 38-58.
[40] Cf. Yoram Ben-Porat, Arab Labour Force in Israel, Jérusalem, 1966, p. 70.
[41] Statistical Abstract of Israel, Jérusalem, 1987, p. 322.
[42] Comité populaire à l’étude des institutions et des services d’État : rapport spécial à propos du statut des minorités dans les institutions publiques, vol. 2 (hébreu), Jérusalem, 1989.
[43] Cf. Aziz Haidar, Les Palestiniens en Israël, op. cit., p. 60-61.
[44] Rapport annuel de Sikui 1993-1994 (hébreu), Jérusalem, p. 42.
[45] Cf. Ian Lustick, Der stillhaltende Palästinenser, op. cit. p. 108.
[46] Cf. Sammy Smooha, « Existing and Alternative Policy Towards the Arabs in Israel », in Ethnic and Racial Studies, vol. 5, n° 1,1982, p. 75.
[47] Cf. J. Ginat, « Israeli Arabs, Some Recent Social and Political Trends », in Journal of Asian and African Studies, vol. 23, n° 2-33,1989, p. 202 ; et aussi R. Israeli, « Arabs in Israel, The Surge of a New Identity », in Plural Societies, vol. 11, n° 3,1980, p. 23.
[48] Cf. S. Ozacky-Lazar & A. Ghanem, « Le vote arabe à la 14e Knesset » (hébreu), 29 mai 1996, The Institut of Peace Research, Givat Haviva, 1996.
[49] Cf. Ian Lustick, Arabs in a Jewish State – Israels Control of a National Minority, Austin, Texas, 1980 et aussi Avishai Ehrlich, « Die Wahlen 1996 », op. cit. p. 114-115.
[50] Cf. Aziz Haidar, « Les formes d’action politique chez les Arabes palestiniens en Israël » (arabe), Zeitschrift für Sozialwissenschaft, 18, n° 1, p. 7-57.
[51] Cf. Azmi Bishara, « Les Arabes d’Israël », ibid., p. 86-87.
[52] Cf. Jacob M. Landau, The Arab Minority in Israel, 1967-1991. Political Aspects, Oxford, 1993, p. 116-117.
[53] Ibid., p. 105-111 et Aziz Haidar, « Les Palestiniens en Israël », op. cit. p. 173-174.
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[1]
Cf. Avishai Ehrlich, « Die Wahlen 1996 und der israelisch-p...
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[2]
Cf. Amos Elon & Sana Hassan, Between Enemies, New York, 197...
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[3]
Cf. Dieter Bednarz & Michael Lüders, Palästina-Protokolle, ...
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[4]
Cf. E. Cohen, « Citizenship, nationality and religion in Is...
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[5]
Cf. pour aller plus loin B. S. Turner, Capitalism and Class...
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[6]
Cf. Y. Peled, « Ethnic Democracy and Legal Construction of ...
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[7]
Cf. Avishai Ehrlich, op. cit., p. 112. Suite de la note...
[8]
Cf. Alexander Flores, « Zu den Wurzeln der palästinensische...
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[9]
Cf. Sammy Smooha, « Die Orientierung und Politisierung der ...
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[10]
Ibid., p. 205. Suite de la note...
[11]
Code israélien de 1980, édition 984, p. 3-222. Suite de la note...
[12]
Cf. Aziz Haidar, Les Palestiniens d’Israël et l’accord d’Os...
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[13]
Ibid. p. 41. Suite de la note...
[14]
Cf. Avishai Ehrlich, op. cit. p. 111-112. Suite de la note...
[15]
Cf. D. Kretzmer, The Legal Status of the Arabs in Israel, B...
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[16]
Cf. Avishai Ehrlich, op. cit. p. 111. Suite de la note...
[17]
Cf. S. N. Eisenstadt, The Transformation of Israeli Society...
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[18]
Cf. J. Ginat, Beschäftigung als Ursache zum sozialen Wandel...
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[19]
Cf. Elia Zureik, « Die Transformation der arabischen Klasse...
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[20]
Cf. Asaad Saker, Le mouvement ouvrier en Palestine. Du mand...
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[21]
Cf. Ira Sharkansky, The Political Economy of Israel, New Br...
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[22]
Cf. N. Eisenstadt, The Transformation, op. cit. Suite de la note...
[23]
Cf. Yaël Yashai, Les lobbyistes d’Israël (hébreu), Tel-Aviv...
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Cf. A. Flores, Nationalismus und Sozialismus im arabischen ...
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[25]
Cf. A. Schlöch, « Die historischen Dimensionen und die aktu...
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[26]
Cf. M. Al-Haj & H. Rosenfeld, Arab Local Government in Isra...
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Bureau du Premier ministre israélien, « Activités des diffé...
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Le dunam équivalant à 1000 m2 ou 1/10e d’hectare. Suite de la note...
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Cf. Aziz Haidar, Les obstacles, op. cit. et du même Les Pal...
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Cf. à ce sujet Yousef Ben David, L’économie agricole des Bé...
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Cf. N. Lewin-Epstein, The Arab Economy in Israel : Growing ...
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[51]
Cf. Azmi Bishara, « Les Arabes d’Israël », ibid., p. 86-87. Suite de la note...
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Ibid., p. 105-111 et Aziz Haidar, « Les Palestiniens en Isr...
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