Outre-Terre
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I.S.B.N.2-7492-0374-0
320 pages

p. 263 à 279
doi: 10.3917/oute.009.0263

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Israël au Proche-Orient

no 9 2004/4

2004 Outre - Terre Israël au Proche-Orient

L’eau pour la paix, la paix pour l’eau

Yves Emsellem expert international dans le domaine de l’eau et du développement. Edmond Meyer expert international dans le domaine de l’eau et du développement. Marc Lakhdari expert international dans le domaine de l’eau et du développement.
 
Ils ignoraient que c’était impossible, alors ils l’ont fait
 
 
En 1982, notre rapport sur l’eau dans les pays méditerranéens élaboré pour le Plan Bleu [1] concluait, au chapitre consacré à Israël : on sait que les besoins doivent dépasser 2 millions de m3 dès 1985 et que le bilan des ressources et des besoins sera déficitaire au-delà. Depuis, chaque année, on prévoit un bilan déficitaire pour les années à venir. Chaque année, la quadrature du cercle est résolue.
Tout le monde s’accorde à estimer à 2 milliards de m3 les ressources en eau disponibles de l’État d’Israël. Pour régulariser l’effet de la variabilité des pluies et de l’ensoleillement en Méditerranée et maîtriser les sécheresses, une capacité de réservoirs de 3 milliards de m3 était jugée nécessaire en 1980. Deux milliards de m3 de stockage étaient déjà opérationnels. À l’époque, la population de l’État d’Israël était inférieure à 4 millions d’habitants. De l’ordre de 2 millions d’habitants en 1960, elle avoisine les 6 millions au début de ce siècle. La plus grande partie, 1200 millions de m3 d’eau est utilisée par l’agriculture, en pratique pour être évaporée sur 500000 hectares dont 44% irrigués.
La demande en eau domestique a régulièrement crû jusqu’à 600 millions de m3 d’eau et l’industrie en prélève environ 200 millions de m3. Comme les ressources primaires disponibles sont toujours voisines de 2000 millions de m3, le miracle de l’équilibre du bilan a été obtenu en recyclant les eaux usées domestiques, en améliorant les techniques d’irrigation [2] et de culture, en utilisant le dessalement d’eau saumâtre et d’eau de mer, en planifiant rigoureusement l’utilisation coordonnée des eaux, en interconnectant les régions pourvues d’eau et les régions sèches par transfert par canaux et canalisations sous pression, en stockant l’eau dans les réservoirs naturels des lacs collinaires et des nappes. Dans le futur, les évaluations de croissance de la demande sont explosives. L’évaluation courante des besoins à couvrir en 2030 dépasse 2,4 milliards de m3.
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le Monde Diplomatique, Philippe Rekacewiecz, juin 2000, internet
Comment continuer à résoudre la quadrature du cercle, pratique quotidienne des spécialistes israéliens de l’eau, parmi les plus doués de la planète ?
Les estimations chiffrées sont destinées à fixer les idées, beaucoup sont couvertes par le secret défense mais, comme nous le disait en 1967 le responsable soviétique d’un centre cybernétique à qui nous demandions s’il y avait beaucoup de tels centres en URSS : « Je ne peux pas vous le dire, 123 selon la presse américaine ».
 
Les partenaires
 
 
La construction du mur [3] révèle la difficulté de traiter des affaires d’Israël sans prendre en compte les liens et les relations avec ses voisins, qu’il s’agisse de sécurité, de développement, comme des ressources et des usages de l’eau.
Le principal cours d’eau, le Jourdain, prend sa source au mont Hermon, le Djebel es-Cheikh [4] des Arabes, frontière naturelle entre le Liban à l’Ouest, la Syrie à l’Est et Israël au Sud. Ensuite il délimite la frontière entre Israël et la Jordanie, longeant au passage les plateaux de Cisjordanie où l’on situe le futur État palestinien. La Judée-Samarie constitue un château d’eau alimentant à la fois le Jourdain à l’Est et la côte ouest de Netaniya à Tel-Aviv.
Israël et la Jordanie ont, très tôt, commencé à codifier le partage des eaux du Jourdain dans le cadre de l’accord Johnston qui n’a pas été ratifié car Nasser, président en exercice de la Ligue arabe, voyait bien que la conclusion de pareil accord équivalait à une reconnaissance implicite d’Israël. La Syrie reçoit, avec l’Irak, dans un cadre institutionnel et technique complexe gérant plus de 500 m3/s, l’eau issue des barrages de la Turquie. Israël a, de son côté, conclu en début d’année 2004 un accord avec la Turquie pour la fourniture de 50 millions de m3 d’eau par an, un peu plus d’un m3/s.
Les ressources en eau d’Israël sont donc des ressources partagées avec ses voisins plus ou moins proches.
Ressources partagées, mais partagées de façon inégale : un Israélien dispose en moyenne de 330 m3 d’eau par an contre 190 pour un Jordanien et moins de 150 pour un Palestinien. Les ressources restent ce qu’elles sont. La population des Palestiniens a été multipliée par 5 en 50 ans, passant de 700 000 à 800000 réfugiés arabes en 1948 à plus de 3,75 millions en 2000 en Cisjordanie et à Gaza. Le besoin qui ne concerne pas seulement l’eau potable mais surtout l’agriculture, c’est-à-dire la nourriture.
Là réside l’une des clés de tout ce qui suit. Alimenter tout ce monde sera-t-il possible ou impossible ?
L’image d’Épinal illustrant le mieux l’action d’Israël dans le domaine de l’eau est sans contexte la mise en valeur du Néguev entreprise avec un esprit pionnier [5] : la maîtrise de l’eau par les ingénieurs et agriculteurs juifs arrivés durant l’avant-dernier siècle en Palestine [6] a permis la réponse fameuse de 1948 à la demande d’évacuation de terres mises en valeur par les premiers colons : « Nous avons trouvé des déserts, nous faisons des jardins ». Progrès techniques et transfert sont les clés de cette maîtrise de l’eau.
La capacité à aménager des jardins n’est pas la qualité exclusive des Juifs peuplant aujourd’hui Israël. Ceux des Arabes à Grenade, l’irrigation, les rhettaras (galeries souterraines), les poteries pleines d’eau enterrées, la mise en valeur du Nil bien avant l’apport de l’Union soviétique à Assouan, l’utilisation de la même eau et des mêmes terres plusieurs fois dans l’année, la multiplication par trois en trente ans des ressources en eau disponibles de la Tunisie, la réutilisation des eaux usées démontrent que tous les hommes, musulmans ou hébreux et même libres penseurs de ce bord de la Méditerranée sont des experts de la gestion de l’eau.
Qu’ils soient des experts ne signifie pas pour autant que ce soit facile, bien au contraire : les ingénieurs turcs travaillant sur le partage des eaux sortant de leurs barrages avec la Syrie et l’Irak avouent volontiers que les problèmes seraient bien plus aisés à résoudre si les politiques n’intervenaient pas en permanence dans leur travail, ajoutant malicieusement que les Syriens et les Irakiens travaillent plus sérieusement qu’eux. Car l’une des difficultés du problème de l’eau est que chacun est persuadé de le comprendre aisément [7], même si les conséquences ne sont pas toujours évidentes.
L’adhésion en perspective de la Turquie à l’Union européenne implique pour cette dernière de nouvelles relations très suivies avec l’ensemble des pays de la région : Irak, Syrie, Liban, Israël et indirectement l’Égypte. Dès le début des années 1990 il était réaliste de penser que l’UE, une fois renforcée par ce candidat obstiné qu’est la Turquie, serait partie prenante active et plus simplement partenaire financier, technique ou humanitaire de l’approvisionnement en eau de la région. Dix ans plus tard, c’est une évidence à terme. La durée de négociations couramment avancée pour satisfaire aux critères de Copenhague est de 10 ans à 20 ans, ce qui suffit pour asseoir la paix comme le fit Anouar al-Sadate en déclarant la paix sans conditions.
Si l’on ajoute logiquement la Ligue arabe et les États-Unis à la liste des intervenants déjà cités, Liban, Syrie, Irak, Turquie, Égypte, UE, sans détailler les contradictions internes à chaque État ou organisation interétatique, le nombre des partenaires [8] pour une gestion rationnelle de l’eau dans la région est conséquent. « Partenaires » suggère que si avec de l’eau tout devient possible, rien n’est possible sans la paix.
Aussi posons avec Dominique Strauss-Kahn le caractère inéluctable de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et demandons-nous quelles pourraient être les données si l’on se projette 50 ans en avant : ressources connues et à découvrir, demande et pressions quant à leur emploi, interrelations, transferts et échanges, aménagement de l’espace, institutions.
La durée de la guerre de Cent ans entre la France et l’Angleterre reste le record en titre. On ne peut prévoir celle des conflits qui déchirent la région depuis déjà des décennies ; le plus simple reste, conformément aux principes d’Yitzhak Rabin, de préparer la paix comme si l’on n’avait pas de conflits et de penser que sans accord sur l’eau, il n’y aura pas d’accord tout court.
Sans compter que les problèmes rencontrés par Israël pour la satisfaction de ses besoins en eau sont simples si l’on compare avec la situation des Palestiniens dans leurs Territoires où la disponibilité en eau est faible.
Nul ne peut prétendre aborder les problèmes de l’Orient complexe [9] avec des idées simples, selon l’expression de Charles de Gaulle. Rien n’interdit de les examiner.
 
Une ressource variable et fragile
 
 
Les ressources employées en Israël sont variées : eau de surface, eaux souterraines, réalimentation artificielle, crues contrôlées, transfert, lacs collinaires, eaux usées traitées, dessalement, eaux saumâtres. La gestion rigoureuse est également une ressource.
La pluviométrie décroît assez rapidement, de 800 mm/an sur le Golan à 25 mm/an à Eilat, avec une moyenne de 200 vers Beersheva, et de la Méditerranée à la Mer Morte. Les châteaux d’eau sont donc les massifs montagneux du Golan et les plateaux de Judée-Samarie. Le Jourdain est un drain récoltant l’eau. Sur son cours amont, il est richement doté. Sur son affluent, le Yarmouk, la Syrie a établi un ensemble de barrages. Le Liban, de son côté, a un potentiel de ressources souterraines dépassant largement les ressources superficielles. À l’Est, en Jordanie, passée la zone montagneuse, le désert occupe une bonne partie du territoire. La pluviométrie décroît régulièrement d’ouest en est.
L’ensemble du pays est à cheval sur une ligne de fracture limitant les plaques tectoniques : cet axe, qui naît en Turquie, suit le Jourdain puis la mer Morte pour rejoindre la mer Rouge. Les aquifères sont inclus dans une dorsale calcaire culminant en Judée/Samarie. Les eaux de Cisjordanie s’écoulent vers le Jourdain et vers la plaine côtière d’Israël qui prélève d’ailleurs près de 90% de cette ressource. À l’inverse, les eaux souterraines de la bande de Gaza proviennent de l’Est, c’est-à-dire d’Israël. L’imbrication est claire.
Du Jourdain part le National Water Carrier, canalisation fournissant 400 millions de m3 d’eau par an à partir du lac de Galilée. Ce gigantesque projet a été précédé par celui du transfert de 100 millions de m3 annuels d’eau du Yarkon vers le Néguev, sur 130 km.
Le National Water Carrier était initialement conçu pour capter l’eau du Jourdain avant qu’elle ne se jette dans le lac dégradé par des résurgences salées. Paradoxe de la victoire de la guerre des Six Jours : au moment où celle-ci s’est déclenchée Israël renvoyait à la Syrie l’eau saumâtre du secteur du lac de Tibériade. Une fois la guerre terminée, Israël s’est retrouvé en charge de cette eau saumâtre que l’on peut améliorer par traitement, créant de la sorte une ressource supplémentaire. L’intérêt du traitement de l’eau saumâtre par rapport à l’eau de mer est naturellement la moindre quantité d’énergie nécessaire au traitement, donc un moindre coût.
Deux grandes nappes aquifères, celle de la montagne et celle de la côte, alimentent aujourd’hui le National Water Carrier. La Jordanie a de son côté mis en place l’équivalent sur la rive gauche du Jourdain.
Lorsque l’on contemple les paysages situés de part et d’autre du Jourdain, on se trouve face à une image bien différente du « pays où coulent le miel et le lait », tant l’impression dominante est celle de territoires caillouteux, arides, parfois désertiques. En réalité les calcaires constituant l’essentiel des aquifères de la région permettent une infiltration aisée de la pluie par le jeu des fractures et des fissures.
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Abdel Rahman Tamimi, directeur du Palestinian Hydrology Group
Le potentiel en eau d’Israël et la croissance de son emploi en 1949,1975,1980 et 2000 se décomposent approximativement, selon les spécialistes, comme suit:
La zone côtière est soumise au danger d’invasion des nappes par l’eau salée [10] : la pénétration a été forte dans les zones où la construction du grand aqueduc, le National Water Carrier, a permis, au moment de l’aménagement, de faire reculer par recharge artificielle l’invasion des nappes délibérément surexploitées. La salure des nappes par la mer en cas de pompage excessif est combattue par maîtrise des prélèvements et par injection d’eau comme cela a été expérimenté sur le Yarkon avec les difficultés inhérentes à cette technique : colmatage des puits, effondrement des sols, explosion par compression de l’air, mais aussi ses avantages, notamment la purification complémentaire au cours de l’écoulement souterrain.

Tableau 1.
Ressources en eau et utilisation
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Tableau 1. Ressources en eau et utilisation Potentiel mm3 1949 1960 1970 1980 2000 Ressources Bassin du Jourdain et sources 600 150 570 600 600 Eaux souterraines et sources 1200 200 1150 1000 1100 Eaux saumâtres 170 32 Interception des crues 85 50 100 85 Traitement des eaux usées 100 40 100 110 Dessalement de l’eau de mer Ad libitum 5 10 17 Total 2155 350 1560 1815 1810 1944 Emplois Agriculture 260 1325 1260 1174 Municipalités 75 300 400 580 Industrie 15 95 160 190 Total 350 1720 1820 1944 Terres cultivées ( 106 ha) 500 200 400 500 500 Dont irriguées ( 106 ha) 220 50 180 200 220 Sources : Nathan Buras /l’eau en Méditerranée – Plan bleu – 1982/Malin Falkenmark/ Centre d’information en Israël. Les valeurs 2000 sont des moyennes estimées.
Nathan Buras /l’eau en Méditerranée – Plan bleu – 1982/Malin Falkenmark/Centre d’information en Israël. Les valeurs 2000 sont des moyennes estimées.

Le premier usage de l’eau, comme dans les pays voisins, est l’agriculture destinée à la consommation locale et à l’exportation. Comme nombre de pays touchés par l’aridité, Israël exporte son eau sous forme de fruits et de légumes. La proportion d’eau prélevée pour l’agriculture décroît régulièrement. La super-ficie par personne utilisée dans l’agriculture diminue d’année en année. De 0,2 ha en 1940, elle est passée à 0,04 ha en 2000.
Pour compléter : la côte entre Beyrouth et Tel-Aviv semble avoir pour ambition d’égaler en pollution celle du secteur de Marseille à Gênes.
 
Ressource intégrée et planification
 
 
Ne vois-tu pas qu’Allah fait descendre du ciel de l’eau, puis Il l’achemine vers des sources dans la terre. (Sourate 39-21)
Le cycle de l’eau doit être, en termes de planification, considéré dans sa globalité. Bien que leur captage soit distinct et souvent confié à des organismes différents, les eaux de surface, l’eau du sol non saturé et les eaux souterraines sont indissociables en quantité comme en qualité. L’eau souterraine apportée par la pluie s’infiltre, puis réapparaît en sources alimentant les cours d’eau. Lorsqu’il ne pleut pas, c’est-à-dire au moment le plus critique, l’eau de la rivière ne peut provenir que des nappes et des seules nappes. Si l’on pompe dans un forage près d’une source, on asséchera la source. Si l’on pompe près de la rivière, le prélèvement sera déduit du débit de la rivière. La source elle-même, après avoir coulé un moment en surface, retourne au sol et aux nappes souterraines dès qu’elle rencontre des terrains perméables. Si, en chemin, l’eau de surface a été polluée, l’eau de surface sera progressivement contaminée à son tour.
La conséquence de cette réalité est la prise de conscience très ancienne, dès les années 1930, de la nécessité d’une planification de la gestion des eaux de Palestine, puis d’Israël. Les principes adoptés, clairs et concrets, enrichis au fur et à mesure des progrès, nécessitent des études souvent ardues :
  • la planification doit être globale pour satisfaire les besoins de la population et de l’agriculture en tout point du territoire;
  • les systèmes d’approvisionnement en eau doivent relier les régions et les réservoirs, les barrages, les nappes d’eau souterraines. L’ensemble des ressources et des emplois de l’eau est interconnecté grâce au réseau national composé de plusieurs ensembles de canaux et canalisations ;
  • les transports de l’eau se font par canal ou, de préférence, sous pression dans des canalisations pour éviter les pertes par évaporation et les difficiles problèmes de parcours d’un canal dans un pays à la topographie contrastée;
  • les techniques d’utilisation de l’eau en agriculture visent à produire davantage avec de moins en moins d’eau. L’irrigation au goutte à goutte et l’agronomie ont permis de réduire l’emploi moyen à l’hectare de 8600 à 6800 m3 par an entre 1950 et 1980;
  • elles s’accompagnent d’une amélioration continue de la productivité à l’hectare ;
  • l’eau est allouée par quotas : chaque secteur reçoit un quota annuel, dépendant du niveau des ressources de l’année;
  • le prix de l’eau est fixé avec une échelle mobile des prix dépendant du secteur. Le consommateur privé paie un prix plus élevé pour l’eau consommée au-delà de la quantité allouée;
  • les eaux usées sont réutilisées, après traitement, non pas comme eau potable mais dans l’agriculture en raison de leur qualité inférieure.
L’usine de Shafda collecte les eaux urbaines. L’eau traitée est, comme à Los Angeles et dans quelques grandes métropoles, stockée par injection dans une nappe aquifère proche, de façon à éviter des pertes par évaporation et assurer une filtration complémentaire. Comme l’eau usée traitée contient des détergents et deux fois plus de sels que l’eau naturelle, elle est principalement destinée à l’agriculture. Environ 100 millions de m3 d’eau purifiée sont ainsi transportés dans le Néguev.
La planification des ressources permet de constater l’interaction des avantages et des inconvénients et de les traiter dans un même ensemble technique, contrairement à nombre de pays où des centres de décision concurrents se disputent l’autorité.
 
La population : richesse, fardeau, arme ?
 
 
Lorsque l’on suit l’évolution des besoins prévisibles, on fait l’hypothèse que population et agriculture vont se développer indéfiniment sur des territoires somme toute restreints. À l’époque où les premiers plans des eaux de la France étaient réalisés, on a demandé à chaque région ses prévisions de population à terme. Partant dans les années 1970 d’une population d’environ 50 millions et tablant sur 60 on arrivait, avec la somme de toutes les prévisions, à 72 en 2000, chacun s’octroyant le développement. Pour déboucher sur près de 60, de fait, car de nombreux freins naturels à la croissance déjà considérable s’étaient manifestés [11]. Le premier, c’est l’accroissement du niveau de vie, avec réduction du nombre d’enfants aux alentours du renouvellement de la population. Le second, l’amélioration de la santé, rendant moins nécessaires les grandes familles par infléchissement de la mortalité infantile.
Dès sa création, l’État d’Israël a suivi une politique active d’immigration pour mettre en valeur le potentiel agricole et intellectuel du pays. Les investissements collectifs indispensables aux États modernes se financent plus facilement dans le cas des grands pays et des grands groupes d’États que pour les petits. Grâce au dynamisme des premières années, des investissements considérables ont pu être effectués : éducation, universités, centres de recherche, agriculture moderne, industrie, routes, infrastructures, approvisionnement, transferts d’eau, énergie nucléaire. La mosaïque de cultures et d’origines du pays assure une immense variété de ressources, donc un potentiel de développement intense. La contrepartie de cette richesse est le travail intensif nécessaire à la satisfaction de ses besoins.
Aspect plus délicat : la population n’est pas seulement un ensemble de clients demandant de l’eau ou de citoyens ayant droit à l’approvisionnement en eau pure. La population, qu’il s’agisse d’Israël ou des pays arabes, est perçue comme une arme : plus nous serons nombreux, plus nous serons forts. « Notre arme est le ventre de nos femmes », entend-on parfois ou encore : « venez nous rejoindre en faisant votre aliyah », ce qui signifie implicitement : « nous enseignerons pendant trois ans à vos enfants le métier de soldat ». Si l’on n’est pas en mesure, pour des raisons religieuses ou militaires, de ralentir le flot de populations jeunes et de plus en plus privées emploi, comment résoudre le moindre problème ?
Comment faire avec sept enfants par femme dans la bande de Gaza ou à Mea She’arim ? Autrefois un nombre élevé d’enfants par famille était la contrepartie obligée de la mortalité infantile. Aujourd’hui celui-ci ne se justifie plus, ils ne s’explique que par la tradition religieuse ou le désir d’une armée nombreuse. Le professeur Arnon Soffer, de l’Université de Haïfa, montre l’impasse dans laquelle on s’engage : si, en 2004, on peut tabler dans l’ensemble des territoires situés en Israël et à l’ouest du Jourdain sur 10 millions de personnes, dont 5 millions de juifs, 4,5 millions de musulmans et 0,5 million autres, ce qui donne tout de même 280 habitants au km2, les estimations à l’horizon 2020, c’est-à-dire demain, atteignent 6,4 millions de juifs, 8,5 millions de musulmans et 1 million de religions diverses. Mieux encore : la croissance des plus religieux au sein de la population juive sera telle que le caractère résolument moderne du pays risque d’évoluer.
Un peu partout dans le monde, le développement et, par voie de conséquence, l’approvisionnement en eau se sont heurtés à la croissance de la population à desservir. Au Niger, deux millions de personnes se trouvaient en 1950 en équilibre difficile sur une terre pauvre exploitée de façon extensive. En intensifiant lentement l’agriculture pour alimenter une population de dix millions de personnes, tout a changé et la désertification se propage à un rythme soutenu, perceptible à l’œil nu sur un laps de temps de dix ans. En Algérie, l’agriculture prospère et l’approvisionnement en eau facile des années 1960 avec dix millions d’habitants relèvent du passé ; il y a en 2000, déjà, casse-tête avec 40 millions d’habitants.
Avec la paix, la course à la surpopulation ne sera plus une obligation mais restera pour certains une loi divine. Sera-t-il alors possible de bénéficier du retour à la raison des hommes et de travailler sur des options raisonnables de stabilisation des besoins ?
Cela n’est guère probable à court terme. Quelle que soit la bonne volonté de la plupart des responsables, il sera impossible de ramener à la raison ceux qui veulent sept enfants dans une période de dix ans. L’accroissement massif des besoins en eau de la région pour les dix prochaines années reste une fatalité qui pourra être conjurée avec la paix, dans une perspective plus éloignée. Il y a, à l’horizon 2030, plusieurs schémas de croissance de la population et de type d’approvisionnement en matière de scénarios.
Pour les prochaines décennies, un niveau de 2,5 milliards de m3 semble inévitable. Il faut donc stabiliser l’acquis, développer le potentiel et prévoir de l’eau pour tous.
 
L’économie et la paix
 
 
Les conditions d’une paix éventuelle ont été abordées sous tous les angles : sécurité, stratégie, réfugiés, économie, environnement, techniques.
Approche économétrique, celle de Havard et du MIT qui ont tenté de résoudre rationnellement le problème de l’eau au Proche-Orient. Le professeur Fisher a exposé le faible coût financier, sans parler d’économie, du désaccord sur l’eau entre Israël et ses voisins : si celui-ci venait à perdre des ressourcesclé en Cisjordanie, cela s’élèverait à des dizaines, voire des centaines de millions de dollars par an, un volume sans commune mesure, évidemment, avec les dépenses militaires. La paix coûte moins cher que la guerre.
Mais il serait trop simple de se fonder sur le seul critère financier. L’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, le pain que nous mangeons ne coûtent que quelques dollars. Car la privation d’air, d’eau ou de pain est appréciée en termes de survie. La « maximisation du bénéfice total net » n’a de sens que s’il y a en définitive bénéfice positif pour tous les intervenants, avec des besoins vitaux assurés et les contraintes surmontées.
L’économétrie ne pourra donc fournir des éléments de décision qu’à la marge, si l’on compare des solutions alternatives garantissant la vie de tous les intervenants. Ce qui ramène fatalement à la politique. Si les conditions sont remplies, les belligérants vont pouvoir se considérer réciproquement comme des partenaires, comme en leur temps Anouar al-Sadate, Menahem Begin, Yitzhak Rabin ou Shimon Peres. Ce qui ne revient naturellement pas à qualifier les négociations de faciles ; mais n’est-ce pas aux dirigeants d’inventer l’impossible ?
 
Pas d’accord sans accord sur l’eau
 
 
Cette phrase, lapidaire, d’Yitzhak Rabin résume plusieurs réalités. L’amélioration de l’usage de l’eau exceptée, la majeure partie des ressources d’Israël découle de ses victoires militaires de 1967 et de 1973.
De même que dans le cas de la restitution du Sinaï à l’Égypte, deux poblèmes cruciaux doivent être abordés quant à l’eau : le retour de tout ou partie du Golan à la Syrie et l’attribution des eaux de Judée-Samarie à la Palestine.
L’installation d’un État palestinien dans la bande de Gaza n’est pas un problème pour les Israéliens en termes d’approvisionnement en eau puisque c’est justement d’Israël que vient l’eau. Cela pourrait en être un pour les Palestiniens de la région, surtout si leur nombre continue à croître sans limite, car l’eau peut être pompée à tout endroit de son parcours et la salure des nappes, au bord de la mer, est la sanction d’un apport amont insuffisant.
La question du retrait du Golan, considéré par la Syrie comme un préalable, est liée pour Israël au contrôle de tout ou partie des ressources en eau du Golan ou du Jourdain. Les déclarations du général Moshé Yaalon, chef de l’état-major israélien, début août, confirment une thèse connue, déjà établie par l’université de Tel-Aviv sous la direction du général Aharon Yaariv, ancien directeur des renseignements militaires, en coopération avec l’agence israélienne de planification de l’eau. Le rapport, jamais divulgué officiellement, avait montré qu’il n’était pas nécessaire d’occuper tout le Golan pour assurer la sécurité en eau d’Israël. C’est, au plan hydrologique, que l’eau tombée sur le Golan part dans trois directions : Liban, Syrie et Israël. Le découpage peut donc être effectué selon les lignes de partage des eaux sans gêner personne. Aller plus loin coûterait la paix, car personne, à part les partisans du pire, ne veut revenir à la situation d’avant 1967, quand des canons étaient braqués sur les installations hydrauliques du lac de Tibériade.
Le mont Hermon dépassant les 2800 mètres, la paix retrouvée serait également source de revenus avec les futures stations de sport d’hiver sur le Golan qu’on ne peut aujourd’hui installer dans une zone réservée aux actes d’héroïsme.
Second point : le retrait de Cisjordanie. Israël prélève 415 millions de m3 par an sur 650 alors que les Palestiniens en exploitent 110, sans oublier les 65 millions de m3 par an pour les implantations israéliennes de Judée/Samarie.
Les accords d’Oslo II en 1995 stipulent que les réserves pas encore exploitées, soit environ 100 millions de m3, deviendront la propriété du futur État palestinien, mais personne n’a trouvé jusqu’ici de le moyen d’imposer des frontières aux eaux souterraines. Même les pétroliers savent pomper le brut des voisins avec des forages inclinés. Le retrait complet de Judée/Samarie signifie pour les Israéliens, avec une certitude à 100%, qu’ils y perdront une ressource de plusieurs centaines de millions de m3, dès lors pompés par les Palestiniens sans que personne puisse les récupérer en aval par un moyen technique simple.
Pour ne pas coller indéfiniment au statu quo, il convient de trouver de nouvelles ressources pour la population à venir et dans le sens d’une inévitable redistribution des eaux. Y parvenir exige qu’on se concentre d’abord sur les besoins réels de chacun, de prendre en compte l’ensemble des ressources et de faire preuve de beaucoup de diplomatie.
 
Les ouvrages de la paix
 
 
Munther Haddadin, principal négociateur jordanien de l’accord de 1994 Jordanie-Israël sur l’eau, pense que ce dossier ne peut pas, à lui seul, être cause de guerre, mais promouvoir la paix, en favorisant la coopération technique pure dans le sens d’un approvisionnement en eau de tous les intervenants.
De nombreux problèmes peuvent être abordés, sinon résolus, de façon à jeter les bases d’un partage des eaux accptable par tous. Parmi les projets envisageables, ce sont ceux qui impliquent plusieurs États qui ont le plus de chances de voir le jour : revivification de la mer Morte, l’apport d’eaux de Turquie, la recherche.
La mer Morte ne reçoit plus assez d’eau du Jourdain, détourné pour l’agriculture, l’électricité et l’eau potable, de sorte à maintenir son niveau qui s’abaisse d’un mètre par an. Si rien n’est fait, elle sera sèche vers 2050. Considérons les options d’une démarche donc nécessaire.
La mer Morte est en dépression de 415 mètres environ par rapport à la Méditerranée. Sa teneur en sel est de l’ordre de dix fois celle des océans actuels, permettant d’extraire du sel, de la potasse, du brome, du magnésium. En lui ajoutant dix fois son volume d’eau de mer et un peu d’eau douce, la concentration permettrait pendant quelques siècles la vie des poissons. Pas indéfiniment puisqu’elle continuera à évaporer tous les apports. Les Jordaniens et les Israéliens ont appris à travailler ensemble et sont favorables à la construction d’un canal reliant la mer Morte à la mer Rouge [12] ou la Méditerranée, d’un coût estimé à quelques milliards de dollars [13].
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Quel avenir pour la mer Morte ?
Le projet de canal à but hydro-électrique a été mis, dans les années 1980, de côté en raison de l’opposition des pays arabes et des écologistes [14] qui ont réitéré cette opposition à Johannesburg malgré un très fort soutien de la Jordanie qui considère le projet comme vital [15]. Le projet pourrait, selon les options, grâce à la dénivellation de plus de 400 m entre les deux mers, produire 600 Mwatts, refroidir une centrale nucléaire de 1800 Mwatts et générer 1500 Mwatts solaires, dont une partie servirait à dessaler l’eau de la mer Rouge.
On peut parler ici d’un ouvrage de paix, car celui-ci intéressera la Jordanie, Israël et sans doute le futur État palestinien.
La revivification de la mer Morte possède très vraisemblablement un volet de modification positive du climat. L’eau qui s’évaporerait dépasserait les apports actuels du Jourdain ; comme l’eau qui s’évapore retombe toujours en pluie, on contemplerait de Masada des arbres et des fleurs.
L’eau provenant des barrages de Turquie est actuellement partagée entre la Syrie et l’Irak pour un débit de 500 m3/s, débit considérable représentant 15 milliards de m3 par an, 30 fois ce qui est nécessaire à la population à l’ouest du Jourdain dans la perspective de 2020, Israéliens et Palestiniens inclus. Ce débit considérable a servi d’arme de dissuasion massive lors de discussions avec la Syrie ou l’Irak.
Transférer de l’eau provenant de Turquie à travers la Syrie pour renforcer le Jourdain au profit d’Israël serait un jeu d’enfant si la paix était établie. Dans une première étape, il suffit que cette eau transite à travers la Syrie qui n’a jamais entretenu des relations faciles avec la Turquie. Rien n’interdit d’allouer à la Jordanie une part destinée à rétablir l’équilibre entre les ressources disponibles pour les deux État, comme d’approvisionner Israël ainsi que la future Palestine. Transitant à travers la Syrie, c’est de l’eau jordanienne et palestinienne. La contribution de la Syrie pour obtenir la paix serait de se focaliser sur les flux d’eau plus que sur le territoire.
Enfin, l’une des principales ressources en eau d’Israël demeure la recherche : mieux utiliser l’eau, d’abord pour l’agriculture mais aussi l’eau potable, parfois dans le cadre de coopérations internationales, comme c’est le cas pour le dessalement avec Oman à Mascate.
 
Conclusion
 
 
Nous avons posé que les politiques pourraient accorder un peu plus d’autonomie aux spécialistes de l’eau ; il est de même évident que ces derniers n’ont pas à empiéter sur le domaine des politiques et ne peuvent que proposer des idées.
La paix, dans l’Orient complexe cher à Shimon Peres, ce sera d’abord l’échange d’information technique. Les outils existent, reste à mettre en place les liens entre les institutions existantes sans attendre de trouver l’information sur internet. C’est la raison pour laquelle la carte provient du Groupe Palestinien Hydrologique. Les synthèses hydrogéologiques du Centre de Damas de la Ligue arabe réalisées pour l’ensemble des pays arabes resteront incomplètes sans la contribution israélienne.
Lorsque l’on fait l’inventaire des connaissances hydrologiques de la région, on constate que ni les pays ni les organismes internationaux – Nations unies, Ligue arabe, Union européenne, Banque mondiale n’ont ménagé leurs efforts. Conscients de la valeur stratégique de la connaissance, les futurs partenaires ont multiplié les recherches. Si l’on veut la paix, il faut réunir les anciens belligérants pour leur faire prendre des décisions communes. L’information se propageant aujourd’hui très vite, surtout dans un domaine aussi ouvert que l’eau, le partage de l’information est le premier préalable d’un climat de confiance.
Phases suivantes, les échanges et l’achat d’eau, ainsi que la conduite en commun de grands projets.
Pour Israël, rendre la terre, c’est manquer d’eau. Considérer que les accords sont fondés sur la propriété des sources, c’est perpétuer d’incessants conflits. Israël, le pays le plus avancé en matière de mise en valeur et de gestion des ressources en eau, aura inévitablement la responsabilité d’inventer les solutions.
Assurer la paix, c’est garantir à Israël et à la Jordanie mais aussi aux Palestiniens toute l’eau qui leur est nécessaire : le premier travail de la paix, c’est de l’évaluer proprement, c’est-à-dire sans se limiter à la survie, avec le développement technique en perspective, sans dissocier l’eau de l’énergie.
Il reste donc à accroître les disponibilités globales en eau de la région. Par chance, Israël entretient d’excellentes relations avec la Turquie dont les ressources en eau sont une clé à long terme. Les relations cordiales avec l’Égypte et la Jordanie ayant été établies avec Anouar al-Sadate et le roi Hussein, puis démontrées à Charm el-Cheikh au Sommet des Bâtisseurs de la Paix, ne demandent qu’à fructifier. L’apport de l’eau de Turquie, le canal de la mer Rouge à la mer Morte seraient des chances interétatiques : électricité, eau potable et sans doute amélioration du microclimat.
Quelles que soient les solutions adoptées, elles doivent, pour devenir pérennes, éviter le principal risque : la disproportion en quantité d’eau réparties de part et d’autre d’un fleuve ou d’une limite administrative.
Abandonner l’un ou l’autre des futurs partenaires à son sort, c’est s’éloigner de la paix. L’amener à rejoindre les autres, c’est stabiliser l’avenir comme cela a été fait en Europe.
 
NOTES
 
[1] Ressources en eau : utilisations concurrentielles et priorités humaines, Yves Emsellem, Plan Bleu. Le Plan Bleu ou CARPB est un plan d’action pour la protection de la Méditerranée.
[2] Les grandes découvertes israéliennes en matière d’irrigation ont été longtemps boycottées par les pays arabes. Il a fallu inventer des noms chrétiens au goutte-à-goutte. C’est à partir des accords d’Oslo qu’on admit l’apport de la technologie israélienne à la paix.
[3] 200 km déjà construits sur 700.
[4] La tête ou le chef des Montagnes.
[5] Connu autrefois surtout sous le vocable de désert du Néguev.
[6] Palestine était le nom du territoire sous mandat britannique avant 1948.
[7] Presription de la Bible : on ne relève pas impunément l’eau pour éviter la salinisation des terres, ce qui s’est hélas produit sur la rive gauche de l’Indus après des aménagements aussi pharaoniques qu’imprudents.
[8] « On ne fait la paix qu’avec ses ennemis », Yitzhak Rabin.
[9] Shimon Peres insiste volontiers sur la complexité des mécanismes régissant la vie en Orient.
[10] Paradoxalement, il a fallu longtemps aux centres de recherche israéliens pour entreprendre la mise au point de modèles de simulation de l’eau salée en trois dimensions dont ils ne disposaient pas en 1995.
[11] Nous avions montré à cette date que la France aurait trois millions de chômeurs en 1985, mais le Plan fut justement alors supprimé.
[12] Red-Dead et Med-Dead sont les sigles des deux projets.
[13] Le chiffre officiel de 2 milliards sera forcément, comme d’habitude, dépassé.
[14] Écologistes qui, comme c’est parfois le cas, pensent à la nature avant de penser aux hommes.
[15] Les deux pays ont largement évoqué le projet de canal entre mer Rouge et mer Morte au Sommet mondial de Johannesburg et lors du Forum économique mondial extraordinaire de Shouneh.
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