2004
Outre - Terre
Israël, centre du monde
L’avenir d’Israël, dix ans après : difficiles prédictions
Manfred Gerstenfeld
président du Board of Fellows du Jerusalem Center for Public Affairs, coéditeur du Jerusalem Viewpoints et de Post-Holocaust and Anti-Semitism.
On produit, en ces temps d’incertitude majeure, de nombreux pronostics sur
l’avenir d’Israël. Impossible d’en restituer la validité en détail. Par contre : on
peut analyser, de façon à obtenir un aperçu de ces matières, les prévisions réalisées il y a dix ans pour caractériser la situation à venir aujourd’hui du pays.
Il aurait été utile, à l’époque des accords d’Oslo, qu’on dispose de sondages
détaillés sur l’attente des Israéliens. Cela aurait permis de se faire une idée des
réponses aux questions suivantes : en vertu de quels critères peut-on se fier aux
Palestiniens ? Quels sont les dossiers majeurs pour Israël, à l’intérieur comme à
l’extérieur ? Quel rôle joueront les immigrants russes ? Comment les relations
entre les Juifs et les Arabes israéliens vont-elles évoluer ?
Mais le terrain, même sans pareils sondages, n’est pas entièrement vierge.
L’auteur, quelques mois après les accords d’Oslo, a demandé à seize personnalités israéliennes ce que l’avenir allait apporter. Il en résulta le livre
Israel’s New
Future : Interviews
[1]. Presque tous faisaient partie du juste milieu. On n’inclut
pas d’hommes politiques en fonctions, de façon à obtenir des évaluations objectives et non politiciennes.
À la relecture, il s’agit d’un tableau assez large des attentes, à cette époque,
en Israël. On constate que certains développements cruciaux de la décennie
passée n’ont absolument pas été imaginés et d’autres, au mieux, mentionnés en
passant.
Remarque encore plus pertinente : ce qui saute aux yeux du lecteur, dans ce
livre qui date désormais de dix ans, dépend du moment où on le relit. C’est la
troisième fois que je soumets les pronostics qu’il contient à une analyse rédigée
[2]. Chaque évaluation pourrait être considérée, superficiellement, comme
qualifiant la perspicacité de chacun des interviewés. Mais ce serait en tirer de
fausses conclusions. L’écart entre des évaluations réalisées à intervalles considérables dans le temps démontre seulement une chose : des analyses qui
passaient pour pénétrantes à une époque ont pu se révéler peu de temps après
erronées ; un indicateur du rythme auquel les réalités du Moyen-Orient et les
représentations qu’on en a dans la région évoluent.
Le catastrophisme et les réalités
La première partie de Israel’s New Future traitait des relations extérieures du
pays, la seconde s’occupant des développements internes. Une division qui
reflète assez bien les priorités passées et présentes dans son histoire. Il arrive
souvent, en effet, que des événements d’ordre extérieur dictent l’ordre du jour
national, comme cela a été à peu près le cas durant les quatre années qui précèdent à partir du nouveau soulèvement palestinien à l’automne 2000. Les affaires
intérieures l’emportant fréquemment durant des périodes de calme extérieur.
On a souvent entendu formuler des pronostics catastrophistes, ces dernières
années, quant à une fin possible d’Israël. Plus souvent que ça n’était le cas
durant la période des accords d’Oslo : ce qui indique assez la profondeur de la
déception produite ou bien, en sens inverse, l’étendue de l’échec.
Mais il convient de rester prudent. Le parti travailliste n’a jamais obtenu
moins de sièges aux élections qu’à celles de 2003 à la XVI
e Knesset : 19 députés. Certaines grandes figures, comme Ehoud Barak, l’ancien ministre des
Affaires étrangères Shlomo Ben-Ami et l’ex-président de la Knesset, Avraham
Burg, ont depuis abandonné la politique. Ce que nombre d’observateurs ont
interprété comme une perte de confiance dans les capacités du parti à retourner
au pouvoir
[3]. Une crise chez les travaillistes qui peut être considérée comme en
disant long sur ce que pensent les Israéliens des architectes d’Oslo.
Mais, une fois de plus, les analyses peuvent nous égarer. Qui aurait prédit il
y a seulement dix-huit mois que l’octogénaire Shimon Peres – l’un, sinon l’architecte des accords d’Oslo – allait de nouveau conduire le parti travailliste.
Cette rémanence de Peres, le grand perdant électoral du passé, indique assez à
quel point Israël est politiquement imprévisible.
On peut également arguer que la défaveur dans laquelle se trouvent actuellement les travaillistes traduit au moins dans une large mesure une opinion
négative de l’ex-Premier ministre Ehoud Barak qui avait emmené le gouvernement de 1999 à 2001. C’est lui qui a fait des propositions de paix allant très loin
aux Palestiniens, lesquels les ont rejetées. Ce après quoi le soulèvement a eu
lieu.
Toujours prêts à défendre notre existence
En octobre 2000, Moshé Landau, l’ancien président de la Cour suprême,
déclarait dans un article souvent cité qu’il craignait pour la survie de l’État.
Ajoutant que les périls internes lui semblaient encore plus menaçants, compte
tenu du sentiment général de désorientation et de désagrégation sociale du pays.
Et puis : « Il y a le manque de volonté nationale, de préparation au combat pour
défendre notre existence. L’illusion que la paix nous débarrassera de la nécessité de nous battre et de nous défendre nous-mêmes. Ces choses ne me laissent
pas de repos. Elles m’empêchent réellement de dormir et affectent ma santé
physique
[4]. »
Nombre d’interviewés d’il y a dix ans se sont radicalement trompés, mais
cette appréciation aussi, beaucoup plus récente, ne s’est pas avérée juste. Les
prédictions néfastes n’ont pas empêché Israël de rester une démocratie qui fonctionne. La capacité de la population à résister a dépassé toutes les attentes.
Attentats à la voiture piégée, kamikazes, roquettes n’ont pas entraîné de restrictions aux libertés civiques. Le système juridique et parlementaire continuant à
fonctionner.
Un exemple : la Cour suprême a ordonné en juin 2004 au gouvernement de
modifier le tracé de la clôture séparant les Israéliens des Palestiniens pour
raisons humanitaires, même au prix d’un risque accru pour la population d’Israël. Une décision impopulaire de justice qu’ont pourtant acceptée Sharon et ses
ministres
[5].
Volonté de prendre des risques
Même les groupes d’extrême gauche et des journalistes hypercritiques, alliés
de facto des Palestiniens, continuent de s’exprimer librement. La même chose
valant pour certains des députés arabes de la Knesset, parmi lesquels Ahmed
Tibi, autrefois conseiller de Yasser Arafat. Voilà qui aurait été impensable dans
les pays occidentaux pendant la Seconde Guerre mondiale.
Israël a élaboré un système inégalé où que ce soit dans le monde en matière
d’action militaire. Par exemple le code enseigné aux soldats des Forces de
Défense inclut des matières telles que la façon de se comporter aux barrages,
lors des fouilles et pendant les émeutes. Les Américains demandant plus tard à
l’armée israélienne de traduire ce code en anglais pour les soldats en Irak
[6]. Il est
arrivé, comme durant l’opération « Mur de protection », au printemps 2002, que
l’on mette en danger la vie de soldats israéliens pour éviter des pertes civiles
côté palestinien. Dans bien d’autres cas, Israël s’est abstenu de tuer des gens qui
avaient préparé des attaques parce qu’ils se trouvaient parmi des civils. Il n’est
que de comparer avec les méthodes des alliés en Irak pour apprécier la retenue
des Israéliens. Je doute que d’autres démocraties supportent les assauts meurtriers que subit Israël sans restreindre considérablement les libertés civiques.
Après les accords d’Oslo, cependant, les personnes interviewées n’étaient
pas préoccupées par une apocalypse imminente. Si des catastrophes venaient à
être mentionnées, c’était sur le long terme. Par exemple Mordechai Abir, aujourd’hui professeur émérite d’études islamiques et moyen-orientales à l’Université
hébraïque : « Nous devons garder à l’esprit que l’État OLP dans les territoires
pourrait bien se transformer en État fondamentaliste rejetant ouvertement tout
droit à l’existence pour un État juif dans la région
[7]. » Cependant : les Palestiniens veulent aujourd’hui pour une bonne part d’entre eux rayer Israël de la
carte, quelle que soit la paix signée à venir.
On en a pris conscience durant la dernière décennie : le fondamentalisme
musulman est devenu le péril numéro un pour Israël et pour l’humanité. Un
dossier pourtant peu évoqué par les autres interviewés.
L’ancien ministre travailliste des Affaires étrangères Abba Eban notait, lui,
que le traité avec l’Égypte avait renforcé les capacités logistiques d’Israël et
qu’il en avait fait un espace plus sûr pour les individus et la nation. Ajoutant :
« Une guerre avec l’Égypte est si éloignée de nos esprits que les deux camps ne
se préparent même pas à semblable éventualité
[8]. » Ce qui n’a pas empêché le Premier ministre Barak, fin 2000, d’avertir le public, à plusieurs reprises, que
l’édifice des accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie pouvait s’effondrer si
Israël rejetait les propositions de Clinton.
Et puis il y a des aspects importants qui reviennent couramment aujourd’hui
et que les interviewés n’avaient même pas évoqués dix ans auparavant. Pour
nombre d’observateurs, aujourd’hui, la manière dont l’Autorité palestinienne
éduque les enfants constitue l’indicateur clef de ses véritables intentions. Le
contenu de l’enseignement dispensé chez les Palestiniens étant connu depuis
des décennies, on aurait pu s’attendre à ce que les analystes perçoivent ici un
facteur décisif. Le fait que des Israéliens éminents aient été incapables d’anticiper sur ces évolutions donne à s’interroger en profondeur sur les pronostics ; de
même le faible écho de l’éducation systématique à la haine, chez les Palestiniens, dans l’opinion internationale.
Lieu commun, actuellement, que d’apprécier le système pédagogique des
Palestiniens, indépendamment de l’éventualité de négociations, comme crucial
et devant faire l’objet d’un suivi : la propagande génocidaire contre Israël va-t-elle disparaître ? Va-t-on continuer ou non d’enseigner l’assassinat aux enfants ?
Les assassins de civils israéliens seront-ils toujours glorifiés ou pas ? Les cartes
scolaires vont-elles désormais inclure Israël ou continuer de s’y référer en tant
que Palestine occupée
[9] ?
Des décideurs qui n’écoutent pas
Maints problèmes d’interaction entre Israéliens et Palestiniens ont été parfaitement identifiés au moment des accords d’Oslo. Mais ceux qui les ont soulignés
n’avaient pas l’oreille du pouvoir. Commentaire du politologue Yehezkel Dror
quant aux accords : « La déclaration par de nombreux décideurs de très haut
niveau selon laquelle beaucoup de problèmes rencontrés pendant la phase d’exécution de l’accord avec l’OLP constituaient une surprise est le grave symptôme
d’une prise rudimentaire de décision sur des questions qui engagent l’avenir
[10]. »
Dror soulignant qu’il a soutenu le processus d’Oslo. Mais émettant de
profondes réserves quant à la profondeur des analyses des hommes politiques
israéliens de haut niveau. Il assignait à ceux-ci une stature d’homme d’État
quand il fallait de l’initiative, mais leur reprochait l’absence d’une équipe de
consultation et la volonté de ne pas s’entourer.
La décennie qui précède a montré que le processus de décision s’est à peine
amélioré. Début 1996, le quotidien
Yediot Aharonot rapportait que le ministre à
la Sécurité intérieure et à la Police Moshé Shahal avait soumis en avril 1995 au
gouvernement un plan de prévention ou de réduction du terrorisme dont on
repoussa indéfiniment l’exécution
[11].
Le chef de la police d’alors, Assaf Hefetz, rapporte que lui et ses collègues
avaient mis en garde, depuis les accords d’Oslo, quant aux catastrophes qui
pouvaient subvenir de la négligence de l’Autorité palestinienne : « La police a
eu de multiples rencontres avec les décideurs de l’armée et des forces de sécurité. Elle leur a expliqué qu’on démantelait à Gaza de vieilles mines et qu’on en
faisait des bombes nouvelles, que les terroristes collectaient ces matériels, que
personne ne les empêchait. J’ai moi-même été présent lors des entretiens où ces
choses ont été dites
[12]. »
Le général Uri Saguy, ancien chef du renseignement militaire, déclara lors
d’un entretien avec le quotidien
Ma’ariv avoir expliqué tant au Premier ministre
Rabin qu’au ministre des Affaires étrangères Shimon Peres que tout allait à
Gaza dans le sens d’une libanisation. Réponse de Peres : « Vous êtes en train de
me liquider la paix. » Ce à quoi Saguy rétorqua : « Je vous apporte un message
négatif et vous tirez sur le messager. Il n’est pas dans mes attributions de
construire ou de détruire votre paix. J’ai à vous brosser un tableau réaliste des
choses
[13]. »
Quant à la qualité de la préparation antérieure, la situation, en matière de
négociations, n’a pas évolué depuis la fatidique rencontre de Camp David II à
l’été 2000. Même après ces conversations, les chefs négociateurs israéliens
continuaient à s’avouer incapables de déchiffrer Arafat. Le
Jerusalem Post écrivant : « Il n’est pas de négociateur qui ait passé plus d’heures à négocier avec
les Palestiniens, Arafat inclus, sous le contrôle de Barak que Gilead Sher. » Et
Sher de répliquer de façon à la fois candide et glaçante : « Pour vous dire la
vérité, Arafat reste pour nous une énigme. Je crois qu’il est aussi bien une
énigme pour d’autres leaders palestiniens. Je ne suis pas sûr qu’il viendra, au
moment crucial, prêt à signer. Je ne suis pas sûr qu’il viendra saisir la main que
Barak lui tendra. Je ne suis pas sûr
[14]… »
Un nouveau président aux États-Unis
Autre sujet important de discussion avec plusieurs interviewés de 1994 : le
rôle futur des États-Unis dans le conflit moyen-oriental. Si l’on veut se faire une
idée des difficultés qu’il y a à anticiper sur l’approche d’un président américain
à venir, il n’est que de penser aux attentes qui accompagnèrent Clinton dès lors
qu’il s’impliquait, durant les mois qui suivirent les accords d’Oslo.
Différents interviewés illustrant plutôt cette opinion. Par exemple Abba
Eban croyait que l’effondrement de l’URSS allait provoquer un recentrage sur
eux des États-Unis : « Dans semblable situation de passivité, Israël devra aborder la question de son dispositif de sécurité avec beaucoup plus de rigueur. On
avait auparavant toujours le sentiment que les Américains allaient intervenir
[… ] L’administration Clinton ne donne pas l’impression de se préoccuper beaucoup des relations extérieures. Impossible de savoir réellement ce que ferait
l’Amérique si Israël avait des ennuis sérieux
[15]. »
Dror, pour sa part, estimait qu’un président américain oriente son attention
en partie en fonction des pressions extérieures et en partie selon ses goûts
personnels. Ajoutant qu’Israël, compte tenu des bouleversements à l’Est de
l’Europe, allait probablement faire l’objet d’un intérêt moins soutenu
[16].
Enfin l’ancien ministre Likoud aux Affaires étrangères et à la Défense
Moshé Arens qui avait à l’époque quitté la politique, mais allait plus tard faire
son retour au parlement, de noter : « Même si l’Amérique avait traversé des
périodes d’isolationnisme dans le passé, on considérait depuis la Seconde
Guerre mondiale que les États-Unis devaient adopter une position de responsabilité en matière de relations internationales et que ces problèmes n’avaient pas
moins d’importance que les problèmes intérieurs. » Pour ajouter : « Il y a une
tentative de changer de politique, vu les difficultés évidentes que recontrent les
États-Unis dans leur expérience de la mondialisation économique et de
problèmes sociaux apparemment inconnus ces dernières années. Le sentiment
général est que le président doit se concentrer sur les problèmes de l’Amérique
[17]. »
Clinton voulait-il jouer un rôle majeur dans le processus de paix dès les
débuts de son mandat ? Ou bien sa position a-t-elle progressivement évolué, le
dossier de la paix au Proche-Orient devenant un sujet clef de la présidence ? Le
débat est ouvert. Ce que l’on peut retenir, c’est qu’il est impossible de prévoir
les attitudes d’un président en début de mandat – en particulier s’il va le rester
huit ans. Voilà qui devrait inspirer la prudence aux leaders israéliens avant de
procéder à des mouvements téméraires fondés sur l’appui des États-Unis.
Semblables méprises intervinrent aussi au moment où George W. Bush entra
en fonctions au mois de janvier 2001. On s’attendait à ce qu’un personnage
aussi peu expérimenté au plan international n’ait pas l’intention de s’impliquer
dans le processus de paix au Moyen-Orient.
Et peu de gens imaginaient que l’engagement de Bush dans les campagnes
post-11 septembre d’Afghanistan et d’Irak dépasserait tout ce qui avait jamais
été programmé pour le conflit israélo-palestinien.
Après l’élection de Bush, Martin Indyk, l’ambassadeur en Israël, devait
déclarer : « Je crois qu’il y aura continuité dans l’approche américaine des relations avec Israël et le processus de paix. Il y a selon moi un soutien bipartisan à
l’idée de jeter les fondations d’un processus de paix réussi. Je crois que le président Bush poursuivra les mêmes objectifs bipartisans
[18]. »
D’autres développements concernant Israël ont fait l’objet de présentations
équitables et de commentaires tout à fait corrects. Ainsi le politologue Dan Segre
qui énumère de façon convaincante, dans l’interview de 1994, quatre raisons
fondant l’attitude négative des Européens durant les dernières décennies.
Le rêve de l’État idéal incarné par Israël, irréaliste dès les origines, devait
fatalement s’évanouir. Israël n’a pas voulu jouer les végétariens dans un monde
de carnivores. Mieux : le monde arabe s’est enrichi, compte tenu de l’incapacité
des Occidentaux à gérer le choc pétrolier de 1973. Troisième facteur : la combinaison des propagandes arabe et communiste contre le sionisme. Quatrième
élément : les liens d’Israël avec les États-Unis, soit l’impérialisme américain
dans les termes de la propagande gauchiste. Conclusion de Segre : « L’antisémitisme de type marxiste a eu un impact profond sur la gauche européenne. »
Pour ajouter : « Israël a démontré en quarante-cinq ans de son histoire qu’un
pays sous-développé pouvait se moderniser, alors que les anciennes colonies des
pays européens s’effondraient. Une irritation de plus pour les leaders du continent, même si c’est rarement explicité de la sorte
[19]. »
Le malaise des Juifs en Europe
Bien que les tensions entre Israël et l’Europe restent caractérisées pour l’essentiel de la même manière, des facteurs nouveaux ont émergé. C’est par
exemple le poids électoral des musulmans qui excède de loin celui des Juifs
dans différents pays d’Europe à partir du début des années 1990. Un phénomène
qui n’était alors pas perçu comme déterminant dans les attitudes des démocraties européennes à l’égard d’Israël.
Plusieurs pays d’Europe connaissent désormais un antisémitisme, majoritairement arabe, devenu violent pendant ces dernières années. Un phénomène qui
s’est traduit par la plus vaste campagne d’attaques contre les institutions et les
individus juifs depuis la Seconde Guerre mondiale. Démontrant aussi l’impuissance des polices et des justices européennes à combattre la criminalité antijuive
dans les pays concernés, alors que les leaders de ces pays ne cessent de faire la
leçon à Israël sur la manière dont cet État devrait résoudre son problème.
Les Juifs qui s’identifient comme tels se sentent mal à l’aise en Europe. Un
phénomène qu’on ne prévoyait pas, disons, il y a quatre ans et que nos interviewés ne pouvaient en aucun cas imaginer en 1994. Les Juifs une fois de plus
un indicateur des échecs de l’Europe. Ce n’est pas seulement l’image d’Israël
qui s’est détériorée ces dernières années en Europe ; c’est la sécurité des Juifs
qui s’y amoindrit grandement dans la plupart des pays.
En France, soit le pays où la violence antijuive est au zénith, les gouvernements sont passés par diverses phases qui se sont elles-mêmes succédé rapidement : rétention d’informations sur les violences, déni puis reconnaissance de leur
caractère antisémite, enfin volonté de trouver et de poursuivre les auteurs des
crimes, la justice française se montrant jusqu’ici incapable d’y réussir vraiment.
Autre dossier qui reste caractérisé de la même manière sur une décennie,
celui de l’attitude des médias étrangers à l’égard d’Israël. Comme l’analysait
déjà il y a dix ans David Bar-Illan : « La vraie raison de la présence accentuée
du conflit israélo-palestinien aux informations réside dans la complète disproportion entre les deux camps. Il y a de l’autre côté non seulement les Palestiniens, mais vingt-deux États arabes qui disposent d’un pouvoir étendu et de
ressources majeures. Ces pays fournissent à l’Ouest un marché important et
constituent donc une force considérable en termes de politique mondiale. S’ils
n’étaient derrière la cause palestinienne, les gens s’en soucieraient exactement
autant que des Basques espagnols, c’est-à-dire pas du tout
[20]. »
Mais analyser la situation ne change rien à l’affaire. L’Israël que présentent
les médias étrangers diffère considérablement de la situation complexe dans
laquelle le pays se trouve. Une information télévisée brève, violente et binaire,
sans compter le contexte dans lequel on filme, produisent un cadre social pour
le message. Ce type de reportage transforme les représentations d’Israël. Les
gens qui ne connaissent pas le pays ne peuvent plus juger que par les images ou
les articles à leur disposition.
Les partis pris de la presse étrangère à l’égard d’Israël se sont encore renforcés durant les quelques années qui précèdent. Plusieurs membres de cette presse
fournissent en permanence du reportage pro-palestinien. Il est pourtant rare que
le gouvernement israélien ait pris des mesures contre eux : un indicateur de plus
que les libertés, dans ce pays, n’ont pas été restreintes bien que la situation s’y
apparente à une situation de guerre. On s’est contenté de rompre les relations
officielles avec la
BBC en juillet 2003 pendant quelques mois. Des études menées
par l’avocat britannique Trevor Assersson ont détaillé, par ailleurs, les partis pris
anti-israéliens de la chaîne
[21].
La seconde partie du livre témoigne également d’une mauvaise appréciation
de la situation intérieure à l’époque de nos interviews. Plusieurs d’entre les
interviewés, en revanche, ont correctement analysé en particulier l’affrontement
culturel entre les communautés religieuses et laïques qui s’est accentué durant
la dernière décennie.
L’ancien ministre du Travail et aux Affaires sociales Israël Katz allait formuler un pronostic perspicace quant aux immigrants russes : « Ils vont démontrer
leur force en politique et dans d’autres domaines, et ceci beaucoup plus vite que
d’autres groupes d’immigrants par le passé. » Restait à savoir si leur activité
politique s’exercerait dans le cadre politique existant ou bien au sein de partis
spécifiques.
Le pronostic de Katz est d’autant plus remarquable qu’il l’a émis à une
époque où les immigrants de Russie venaient d’échouer à obtenir un seul siège
au parlement. C’est aux élections de 1996 qu’Israel B’Aliyah, le parti de Natan
Sharansky, allait emporter sept sièges. Or, les deux scénarios de Katz s’avérèrent exacts. Les leaders russes opérèrent d’abord principalement à travers leurs
L’avenir d’Israël, dix ans après : difficiles prédictions 305
propres organisations. Mais aujourd’hui les parlementaires russes sont membres
des grands partis. Aux élections à la XVIe Knesset, Israel B’Aliyah n’obtint que
deux sièges et devait s’intégrer à court terme dans le Likoud.
Lors d’un colloque de 2000 en mémoire du fondateur du Jerusalem Center
for Public Affairs, Daniel Elazar, l’ancien ministre à l’Intégration Yuli Edelstein
allait souligner l’extraordinaire rythme d’intégration des Russes. Déclarant que
même si beaucoup d’Israéliens ne le réalisaient pas, les choses auraient pu tourner différemment : « Nous aurions pu nous retrouver confrontés à tout un
groupe de Panthères blanches
[22]. »
Doutes sur la viabilité de la démocratie
Un sujet qui allait prévaloir dans les premières années de ce siècle est passé
complètement inaperçu auprès de nos interviewés.
On exprime depuis quelques années des doutes, lors d’entretiens privés,
quant à la viabilité de la démocratie israélienne. Ces sentiments d’insatisfaction
concernant l’ordre politique et social en Israël sont vagues et faiblement articulés. Et ceux qui les expriment ne savent pas par quel autre système remplacer la
démocratie ou comment procéder au changement.
De nombreuses explications à ce phénomène peuvent être fournies. L’une
établissant un lien avec le catastrophisme largement répandu. Autre raison, le
sentiment que dans un contexte aussi peu démocratique et violent que le Moyen-Orient, les contrôles et les équilibres de la pleine démocratie sont un handicap
trop lourd pour la confrontation avec les dictatures du voisinage. Beaucoup d’Israéliens considèrent que les lois internationales et les droits de l’homme servent
surtout à protéger les sociétés arabes pro-terroristes des actions d’Israël.
Même si ces doutes sur la viabilité de la démocratie israélienne semblent
avoir quelque peu cédé le pas.
Pareille insatisfaction quant à l’efficacité de la démocratie reflète également
la contradiction entre les politiques que les démocraties occidentales prônent
dans des conditions incomparablement plus douces et les actions qu’Israël
considère comme nécessaires.
Composante toute autre d’une situation aussi complexe, les déclarations à la
fois des ultra-orthodoxes et des extrémistes nationalistes religieux : en cas de
conflit entre la loi juive et celle de l’État, c’est la première qu’ils respecteront.
Un point qui ne cesse de revenir dans différents contextes. Cas typique : les
soldats qui ont reçu instruction de ne pas bouger si on leur donne l’ordre d’évacuer des colonies
[23].
L’un des rabbins concernés est Avigdor Neventzal de la Vieille Ville de Jérusalem. Il a déclaré en 2004 que quiconque cédait des parties du territoire d’Israël risquait une sentence de mort ; pour ajouter, certes, qu’on n’avait plus autorité, de nos jours, à légiférer dans ce sens. Un grand nombre de rabbins
condamnent les paroles de Neventzal, mais différents rabbins, en Judée et en
Samarie, avaient défendu des positions similaires avant l’assassinat du Premier
ministre Yitzhak Rabin en 1995
[24].
Ce sont à l’opposé sur l’échiquier politique des groupes petits mais bruyants
qui sont apparus dans les années qui précèdent et refusent de servir dans l’armée. Ils ont un certain soutien parmi les universitaires d’extrême gauche. Autre
affaire de nature similaire : les universités subventionnées par le gouvernement
continuent d’employer des universitaires titulaires qui ont signé des pétitions
internationales appelant au boycott des institutions académiques israéliennes où
ils travaillent
[25].
Peu d’analystes ont saisi l’importance du changement de système électoral
à l’époque des accords d’Oslo. On a également, depuis Oslo, de moins en moins
confiance dans les leaders politiques, le sentiment étant très répandu qu’ils
négligent le pays. Un manque de confiance qui s’applique aussi à la relation
établie entre les fonctions et la qualité des hommes qui les assument.
La séparation des procédures entre l’élection au poste de Premier ministre et
les législatives, pratiquée pour la première fois en 1996, a eu des conséquences
imprévues. On abolira cette innovation en 2003, mais le Premier ministre allait
jouir jusque-là de beaucoup plus de pouvoir qu’auparavant, ce qui devait bouleverser l’équilibre entre le gouvernement et la Knesset.
Autre facteur important : la perte grandissante de confiance dans l’honnêteté
intellectuelle des hommes politiques. Les Premiers ministres se font élire sur
L’avenir d’Israël, dix ans après : difficiles prédictions 307
une plate-forme dont ils ne respectent pas les points essentiels. C’était particulièrement clair dans le cas de Barak, mais aussi vrai pour ses prédécesseurs
Netanyahou ( 1996-1999) et Rabin ( 1992-1995). Durant l’élection au poste de
Premier ministre où s’affrontaient Ariel Sharon et Ehoud Barak, en février 2001,
les deux candidats promirent qu’ils apporteraient la paix, alors qu’il était clair
pour tout un chacun que cela dépendrait largement de l’attitude des Palestiniens.
Les récents plans de désengagement de Sharon contredisent la plate-forme de
son parti pendant les dernières élections.
Autre dossier majeur non pris en considération par les interviewés : la position de nombreux Arabes israéliens. Or, leur compassion pour les frères palestiniens apparaît dans des déclarations au moment où un sondage conduit par le
think-tank Jerusalem Media and Communications Center révèle que les deux
tiers des Palestiniens approuvent les attaques-suicides
[26]. Et pour une bonne
partie de l’opinion israélienne, ces déclarations de leaders arabes, surtout après
les émeutes de Galilée et d’ailleurs qui ont en partie tourné au soulèvement
arabe en 2000, sont au mieux un signe à peine voilé : nombre d’Arabes israéliens partagent les objectifs des Palestiniens.
Depuis, beaucoup d’Israéliens juifs considèrent leurs concitoyens arabes,
dans une large mesure, comme une cinquième colonne. Même si le politiquement correct interdit de le proclamer publiquement la plupart du temps. Il n’y
avait pas, à l’époque des accords d’Oslo, une représentation juive aussi déterminée à cet égard.
Note surprenante dans les
Yediot Aharonot il y a quelques années, au
passage : le pilote de l’hélicoptère qui transportait Ariel Sharon un jour d’élection et survolait la Galilée évita la région de Wadi’Ara, expliquant que c’était
devenu une habitude depuis le soulèvement des Arabes israéliens
[27]. Un sujet qui
n’a pas refait surface dans les médias par la suite.
Le politiste et vétéran de la presse Yosef Goell, qui passe pour un centriste
pragmatique lançait dans le
Jerusalem Post, après le soulèvement des Arabes
israéliens, l’avertissement suivant : « Umm al-Fahm se trouve sur l’une des
artères de sécurité les plus névralgiques du pays, la route de Wadi’Ara. Tous les
parents d’Umm al-Fahm doivent savoir que la moindre tentative d’« innocents
villageois », fût-elle légère, d’entraver, en cas de guerre à venir, la marche des
réserves en direction du front, se solderait par l’éradication du village et des
pertes massives en vies humaines
[28]. »
L’auteur anonyme d’un pareil texte, six mois plus tôt, aurait été classé à l’extrême droite et il est très improbable que le Jerusalem Post ou un quelconque
quotidien israélien l’eût publié. Encore une indication du rythme auquel changent les réalités et les représentations qu’on en a en Israël.
Compte tenu du manque de confiance dans les hommes politiques, une alternative morale pourrait venir de la société civile, à l’extérieur du gouvernement
et hors de la Knesset. La présidence figurant comme une source potentielle,
mais ni l’actuel titulaire de la fonction, Moshé Katzav, ni son prédécesseur Ezer
Weizman, ne sont en position. Le président de la Cour suprême, Aharon Barak,
a essayé de combler le vide, mais son autorité morale et celle de la Cour s’en
sont trouvées quelque peu érodées, surtout en raison de sa politique souvent
coupée de la base.
Son prédécesseur le juge Landau explique à propos de Barak que ce dernier
entraîne la Cour suprême dans une mauvaise direction. Il ajoute que son successeur n’accepte pas la juste place que devrait occuper la Cour au sein des institutions du pays. Il l’a même accusé d’exercer une sorte de dictature judiciaire.
Et pourtant : les autorités exécutent bien les décisions de la Cour, ce qui est un
signe de vigueur pour la démocratie israélienne.
La polarisation de la société israélienne a fait qu’un autre personnage considéré comme au-dessus des partis, l’avocat général du gouvernement, a vu son
image également sapée. Illustration typique après les propositions de paix de
Clinton. L’avocat général Elyakim Rubinstein rendit publique une lettre au
Premier ministre Barak dans laquelle il s’interrogeait sur l’autorité morale de ce
dernier à négocier à si peu de temps d’une échéance électorale : « Surtout quand
il s’agissait d’un gouvernement minoritaire avec à sa tête un Premier ministre
démissionnaire
[29]. »
L’avenir d’Israël, dix ans après : difficiles prédictions 309
Autre motif à commentaires sur les raisons politiques sous-jacentes, la décision du successeur de Rubinstein, Menachem Mazuz, de ne pas poursuivre
Sharon dans un cas de corruption en juin 2004. Le tout accompagné d’une
attaque de Mazuz sur le traitement de Sharon par l’ex-procureur général et
depuis juge à la Cour suprême, Edna Arbel.
L’absence de confiance dans les hauts fonctionnaires est généralisé. Toute
personne publique est dorénavant soupçonnée d’argumentation politicienne
plutôt qu’objective ou juridique. Les conseillers de Barak ont été accusés
d’avoir fabriqué l’impression, durant la campagne électorale de 2001, qu’on
pouvait en finir avec toutes les menaces de guerre en s’entendant avec les Palestiniens sur la base des propositions de Clinton.
Le leadership religieux, lui aussi, aurait pu essayer de remplir le vide subsistant. Le pape n’a-t-il pas démontré qu’il pouvait rassembler des foules massives
au-delà des croyants, toutes controversées qu’aient été ses thèses. Mais les
rabbins israéliens disposent au mieux d’une base politique limitée. Leurs
opinions ne comptent pas au-delà de leur contexte spécifique.
La pauvreté des pronostics émis quant à la plupart des sujets cruciaux qui
concernent Israël amène un certain nombre de conclusions. D’abord : même des
gens éminents peuvent ignorer dans leurs pronostics des questions de taille et
qui auraient pu être imaginées.
Exemple convaincant du dossier de l’éducation chez les Palestiniens.
D’autres sujets cruciaux, comme les positions des présidents américains
durant leur mandat, n’étaient, eux, pas susceptibles d’anticipation.
Troisièmement : le traitement erroné par les autorités israéliennes de
nombreux dossiers est largement connu ; et la situation évolue en Israël à un
rythme qui dépasse celui de l’apprentissage des leçons ; il n’empêche que,
même s’ils en sont conscients, les dirigeants israéliens ne s’attaqueront pas aux
problèmes d’une adéquate préparation des négociations avec les Palestiniens, de
l’élaboration de techniques de dialogue à l’égard de l’Europe ou encore de la
confrontation au parti pris des médias étrangers.
Les décisions inappropriées peuvent être extrêmement coûteuses pour la
nation. Et les hommes politiques qui ignorent sciemment les avertissements sont
punis le plus souvent par une défaite aux élections. C’est le cas à peu près
constamment depuis la guerre du Kippour.
Conclusion possible des analyses qui précèdent : si l’exercice était répété
aujourd’hui, on s’apercevrait probablement de la même manière, dans quelques
années, d’un échec à déterminer correctement l’avenir.
Un arrière-plan, donc, qui enjoint une grande prudence. C’est seulement
dans les circonstances désespérées qu’un pays peut raisonnablement spéculer
sur son avenir. Israël est loin de se trouver dans pareille situation. Mieux vaut,
si les risques ne peuvent être proprement évalués, s’en tenir au statu quo que de
produire une quelconque avancée dans un processus désormais discrédité lequel
porte Israël de concession en concession, mais ne le rapproche jamais d’aucune
paix qui soit.
Traduit de l’anglais par Yéhuda Sobel
[1]
Cf. Manfred Gerstenfeld,
Israel’s New Future : Interviews, Jérusalem, Rubin Mass/Jérusalem, Centre for Public Affairs, 1994.
[2]
Cf. Manfred Gerstenfeld, « Apocalyptic fears now, unforseen risks tomorrow : Israel’s
poorly predicted future »,
Jerusalem Viewpoints n° 449,1
er mars 2001 et du même auteur,
« Yisrael Hizuy L’or Heawar »,
Kivunim Hadashim n° 5, octobre 2001.
[3]
Par exemple Aryeh Dayan, « A party, dismembered »,
Ha’aretz, 7 juillet 2004.
[4]
Entretien avec Moshé Landau,
Ha’aretz, 6 octobre 2000.
[5]
Cf. Dan Izenberg, « Court orders changes in fence route »,
Jerusalem Post, 1
er
juillet 2004.
[6]
Cf. Arieh O’Sullivan, « IDF training software to go to US forces in Iraq »,
Jerusalem Post,
18 septembre 2003.
[7]
Entretien avec Mordechai Abir, dans M. Gerstenfeld,
op.
cit., p. 82.
[8]
Entretien avec Abba Eban, dans M. Gerstenfeld,
op. cit., p. 27.
[9]
Voir en l’occurrence Center for Monitoring the Impact of Peace,
Manuels scolaires de
l’Autorité palestinienne, novembre 1999.
[10]
Entretien avec Yéhezkel Dror, dans M. Gerstenfeld,
op.
cit., p. 45-46.
[11]
Résumé du projet chez M. Gerstenfeld, « Those who are guilty »,
Jerusalem Post,
27 mars 1996.
[14]
Gilead Sher cité par le
Jerusalem Post, 15 décembre 2000.
[15]
Entretien avec Abba Eban, dans M. Gerstenfeld,
op. cit., p. 29.
[16]
Entretien avec Yéhezkel Dror, dans M. Gerstenfeld,
op.
cit., p. 38.
[17]
Entretien avec Moshé Arens, dans M. Gerstenfeld,
op.
cit., p. 52.
[18]
Cf. Herb Keinon, « Bush would welcome a Clinton mideast deal »,
Jerusalem Post,
15 décembre 2000.
[19]
Entretien avec Dan Segre, dans M. Gerstenfeld,
op.
cit., p. 63.
[20]
Entretien avec David Bar-Illan, dans M. Gerstenfeld,
op.
cit., p. 111.
[21]
Cf. Manfred Gerstenfeld, entretien avec Trevor Asserson, « What went wrong at the BBC :
a public monopoly abusing iIts charter through bias against Israel »,
Jerusalem Viewpoints,
n° 511,15 janvier 2004.
[22]
Rencontre du JCPA en mémoire de Dan Elazar, 17 décembre 2000.
[23]
Cf. par exemple Yoel Esteron, « My God – Yesha Rabbis oppose evacuation »,
Ha’aretz,
1
er juillet 2004.
[24]
Cf. Nadav Shragai, « Top rabbi : Din rodef on anyone ceding land »,
Ha’aretz, 30 juin
2004.
[25]
Cf. Manfred Gerstenfeld, « The Academic Boycott against Israel »,
Jewish Political
Studies Review, 15,3 & 4, automne, 2003, p. 9-70.
[26]
Cité par le
Jerusalem Post du 10 janvier 2001 (contre 26% en mars 1999).
[27]
Yediot Aharonot, 9 février 2001.
[28]
Jerusalem Post, 10 octobre 2000.
[29]
Jerusalem Post, 2 janvier 2001.