Outre-Terre 2005/4
Outre-Terre
2005/4 (no 13)
445 pages
Editeur
I.S.B.N. 2749204593
DOI 10.3917/oute.013.0113
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Vous consultezLe Grand Moyen-Orient des Russes

AuteurJulia Snegur du même auteur

doctorante, Paris-Sorbonne, Paris IV.

Le projet de remodelage grand-moyen-oriental, présenté à la communauté arabophone pour la première fois le 13 février 2004 dans le journal al-Hayat (Londres), s’ancrait dans le Rapport sur le développement humain dans le monde arabe ( 2002-2003) du Programme des Nations unies pour le développement, qui révélait des carences gigantesques : 40% d’analphabètes, 50 millions de jeunes risquant le chômage d’ici 2010, paupérisation rampante, endettement élevé et limitations sérieuses des libertés[1] [1] Cf. Bichara Khader, « Grand Moyen-Orient, télé-évangélisme...
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.

L’Amérique, ce n’est pas le monde

2 Déjà, le maître de la géographie politique russe du XIXe siècle, N. Ja. Danilevskij, avait reconnu l’extrême importance du point de recoupement entre Asie, Europe et Afrique[2] [2] Cf. N. Ja Danilevskiy, Rossija i Evropa, Saint-Pétersbourg,...
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. Pour aller vite, les Russes pensent que les États-Unis disposent de la puissance, mais qu’il leur manque la capacité de se mouvoir dans une région du monde qu’ils ne connaissent pas. D’une part, la modernisation du Grand Moyen-Orient (GMO ) de la Mauritanie au Pakistan, « initiative purement américaine », ne manquerait pas d’arguments : affronter le terrorisme international ; lutter contre la criminalité transnationale ; promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance. Certains observateurs pointent en outre le caractère humanitaire du projet. Mais il ne faudrait pas qu’il tourne à l’ingérence[3] [3] Vladimir Poutine, conférence de presse après le sommet...
suite
.

3 Le problème reste que les Américains inventent des stratégies sans avoir l’expérience de la « cuisine moyen-orientale », dans laquelle les représentations, en particulier religieuses, se mêlent aux considérations économiques et militaires ; ils risquent de rendre la région plus instable encore qu’elle ne l’est, ce qui aura des conséquences pour le monde entier[4] [4] ·amil’Sultanov, membre du comité aux Affaires internationales...
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. Depuis l’intervention en Irak, il ne s’agit d’ailleurs plus, même de leur point de vue, de « moderniser » le « Grand Moyen-Orient », mais d’éviter que celui-ci ne s’effondre entièrement.

4 La question de fond est que la démocratie n’est pas affaire de simple technique électorale : elle réclame de l’épaisseur historique. Or, les réformes proposées dans la région sont copiées sur celles qui sont mises en œuvre dans les États ex-communistes d’Europe de l’Est, sans que soient prises en compte les particularités civilisationnelles et culturelles, les mentalités et les traditions. Le pouvoir central, fort et charismatique, est perçu par les sociétés civiles, ici, non pas comme autocratique, mais comme un attribut naturel : régime autoritaire en Égypte, parti Baas en Syrie et en Irak, militaires algériens, monarchies parlementaires du Maroc et de Jordanie, sans parler de l’Arabie saoudite. Ni l’« occidentalisation » par le biais de régimes « constitutionnels » ni la « soviétisation » n’ont pu y changer grand-chose[5] [5] Aleksandr Aksenenok, ex-ambassadeur de la Fédération de...
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. En somme, la démocratie ne s’exporte pas, d’autant que c’est à la puissance exportatrice, même sous couleur de démarche humanitaire, que vont d’ordinaire les bénéfices de la transaction[6] [6] Cf. Sergej Kortunov, « O mehanizme prinjatija vne‰nepolitiãeskih...
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. Le néoimpérialisme américain masqué en plan Marshall, qui consiste à imposer aux Arabes un système de valeurs qui n’est pas le leur, humilie ces derniers et sera en définitive contre-productif[7] [7] Les journaux russes sont émaillés d’articles indignés...
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. Mieux, la stratégie de Washington est transparente : on cherche d’abord, en braquant les esprits sur le GMO et ses « foyers de démocratie », à détourner l’attention de l’Irak et de la Palestine. L’essentiel reste que la « démocratisation » pourrait offrir une échappatoire au bourbier irakien, soit le retrait, qui n’apparaît plus du tout absurde, d’un pays au moins neutralisé, avec des pertes circonscrites.

5 Pour les journalistes russes, le pays a toujours été favorable aux partenariats avec les États-Unis, mais sans rechercher d’amitié exclusive, Moscou aspirant dans tous les cas de figure à l’équilibre « très subtil » entre Europe et Amérique[8] [8] Cf. Mihail Margelov, président du comité aux Affaires...
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.

6 Ce raisonnement a dès lors toute sa logique. La Russie ne peut ignorer que les États-Unis sont aujourd’hui le leader incontesté de la planète et le gendarme du monde, qu’ils sont la seule superpuissance en lice. Même si elle cultive la nostalgie de sa grandeur et de son aura passées, elle n’a pas les moyens financiers d’orienter les affaires internationales. Elle peut cependant tenter d’intervenir au mieux de ses intérêts. Surtout, elle bénéficie dans le GMO d’une bien meilleure image que l’Amérique, ce qui peut au passage lui permettre d’y renforcer ses positions économiques[9] [9] Cf. Valerija Siãeva, « Zapadu ne oboitis’ bez Rossii...
suite
. Sa force sera de mobiliser ce capital de sympathie pour fédérer les parties, les centres de gravité du Grand Jeu, tout en restant aussi neutre que possible afin de ne vexer personne[10] [10] Cf. Vladimir Salmin, Svetlana Babaeva, « Ostrov sporov »,...
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7 C’est ce qui explique la visite officielle de Vladimir Poutine au Caire, en 2005 (une première depuis quarante ans), l’Égypte ayant l’intention de signer prochainement un accord de coopération avec Moscou dans le domaine de l’énergie atomique[11] [11] Confirmation d’Aleksandr Rumjancev, président de ROSATOM,...
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.

8 L’atout de la Russie est d’être en mesure de dialoguer avec toutes les parties prenantes du conflit israélo-arabe, car elle est liée à chacun des deux camps. Au demeurant, la sensibilité de Moscou aux intérêts d’Israël, pays démocratique et que le président n’a pas oublié sur son parcours, ne relève pas seulement de l’altruisme : d’abord, un million d’Israéliens sont russes d’origine et de culture ; ensuite, Israël est une source de technologie moderne dont les organismes russes de sécurité ont besoin, moins chère que dans d’autres pays et plus facile à importer, alors qu’en Russie le complexe militaro-industriel (Voennopromi‰lennyj Kompleks, VPK ) ne peut suivre la cadence en matière d’innovation technique ni même de productivité ; en outre, l’expérience des Israéliens en matière de lutte antiterroriste peut être utile aux Russes ; enfin, un important partenariat pourrait se mettre en place sur le plan de la technologie militaire[12] [12] Cf. Ruslan Puhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies...
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.

9 Cependant, à l’inverse des Américains, qui tentent de faire « voler en éclats » le consensus de la Ligue arabe[13] [13] Cf. Mihail Margelov, « Evrokvadrat », op. cit. ...
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, la Russie, qui entretient une tradition d’amitié politique avec les Palestiniens, s’en tient à l’impartialité et l’a prouvé en annulant leur dette, qui s’élevait à 1 million de dollars, en construisant deux écoles sur la rive occidentale du Jourdain, en organisant des stages pour les diplomates palestiniens dans les universités russes, en attribuant à des étudiants palestiniens le tiers des bourses accordées à des étrangers.

10 Toutefois, ce bilatéralisme entre la Russie et Israël peut achopper sur les transactions commerciales d’armements avec, par exemple, la Syrie, comme en témoigne le vif émoi suscité en Israël par les projets de vente de CA-18IGL 2A et de missiles ISKANDER; émoi d’autant plus grand que Damas, avec lequel la Russie souhaite donc continuer d’entretenir, selon l’expression de l’ancien Premier ministre Evgenij Primakov, une relation « amicale et chaleureuse », apparaît dans la région comme un pôle de l’antiaméricanisme.

11 Il faut enfin compter avec l’Iran, qui, d’après le Pentagone, a connu de 1992 à 2002 une croissance de 4,15% et a culminé en 2003 à 7,1%, chiffre qu’il faut comparer à ceux de l’Arabie saoudite – 0,8 % – et du Pakistan – 3,1 % – la même année[14] [14] Cf. D. V. Suslov, directeur adjoint à la Recherche du Conseil...
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. L’Iran, qui a le potentiel économique, culturel, politique et militaire nécessaire pour être une puissance régionale du Grand Moyen-Orient, peut devenir leader de la région ou bien avec l’aval de l’Occident, ou bien, compte tenu qu’il dispose, à terme, de l’arme nucléaire, en adoptant une position d’hostilité envers celui-ci.

12 Une agression frontale contre l’Iran aurait des répercussions gigantesques sur la région tout entière. Aussi les Russes estiment-ils qu’il convient de regarder les réalités en face : Téhéran peut légitimement se considérer comme assiégé, puisque, d’une part, l’Arabie saoudite, reine de l’OPEP, et la Turquie ne lui dissimulent pas leur agacement et que, d’autre part, le golfe Persique se trouve désormais en état d’occupation partielle[15] [15] Ibid. ...
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. Que l’on n’aille surtout pas exaspérer des pays à réputation douteuse par des mécanismes de sanction et par des pressions psychologiques ! Ce serait le meilleur moyen de créer des complications supplémentaires de taille, puisque ces pays n’auraient alors rien à perdre et deviendraient réellement dangereux : il faut somme toute les former au compromis[16] [16] Evgenij Primakov, cité par V. Siãeva, « Trojka, ãetverka,...
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.

13 En outre, la Russie a des intérêts stratégiques et économiques en Iran et ne saurait assister passivement à une intervention militaire dans ce pays[17] [17] Radjab Safarov, directeur du Centre de recherches sur l’Iran,...
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. L’idéal serait que la bonne gouvernance y soit introduite sans intervention des États-Unis, qui sont étrangers à la zone, sous la houlette d’un tuteur « nommé » par Washington : ce pourrait être la Russie ou l’Union européenne, la première ayant pour elle ses contacts économiques et politiques avec Téhéran ainsi que la proximité géographique, la seconde étant capable d’ouvrir des perspectives économiques beaucoup plus intéressantes à un Iran en quête de progrès social[18] [18] Cela explique, soit dit en passant, la jalousie maladive...
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14 Pour le VPK (soviétique) russe, le marché grand-moyen-oriental a été et reste important. En 2002, seulement 11,8 % des exportations d’armements russes allaient vers le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Afrique et l’Amérique du Sud, contre 74 % vers l’Asie méridionale et orientale, principalement l’Inde et la Chine, et 14,2 % vers l’Europe. Mais aujourd’hui, dans une conjoncture stimulée par les crises yougoslave et irakienne, la Russie a la ferme intention d’élargir cette base : ce sont désormais l’Algérie, le Maroc, le Soudan, la Syrie, l’Iran, le Yémen et même l’Arabie saoudite qui figurent sur les tablettes de prospection du VPK. Cela répond à un besoin vital[19] [19] Cf. Konstantin Makienko, rédacteur en chef de la revue...
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qu’accentue le fait que le remodelage du monde entraîne une redéfinition du marché militaire, dont la sécurisation et la protection de sites, voire de pays entiers, constituent désormais un secteur à part entière et d’autant plus ouvert que les Américains, quant à eux, vendent conjointement, quitte à perdre des clients, démocratie et soutien militaire.

Russie d’Asie

15 Comme Churchill en son temps, Zbigniew Brzezinski, ancien assistant aux Affaires de sécurité nationale de Jimmy Carter, avait compris dès le milieu des années 1980 que l’Asie centrale et le Caucase formaient le « ventre mou » (« the soft underbelly ») de l’URSS et que les républiques d’Asie centrale étaient elles-mêmes devenues des États-pivots (« geopolitical lichpin states ») susceptibles de faire évoluer l’environnement dans un sens ou dans l’autre et recelant en outre un potentiel de « 55 millions de musulmans soviétiques » que Washington n’avait pas encore su utiliser[20] [20] Cf. Zbigniew Brzezinski, Game Plan, New York, 1986, p.  64-65,220. ...
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. Cette réflexion allait déboucher en 1997 sur le concept de « Balkans eurasiens[21] [21] Cf. id. , The Grand Chessboard. American Primacy and Its...
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 ». Dès 1994, de jeunes faucons assignaient aux États-Unis l’objectif d’interdire à la Russie de (re)devenir la grande puissance de la région[22] [22] Cf. Vladimir Maksimenko, « Central’naja Azija i Kavkaz :...
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; à la même époque commençait la première guerre du Caucase[23] [23] Ibid. ...
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16 Pour les promoteurs du concept de Balkans eurasiens, l’ex-empire colonial de la Russie, puis de l’URSS, en Asie centrale et dans le Caucase – Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan – constituait une zone grise, un « vide[24] [24] Cf. Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard…, op. cit. ,...
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 », bordé par la Russie, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan et la Chine, dont la superpuissance américaine allait s’assurer le contrôle et où elle serait l’« arbitre suprême », certains auteurs allant même jusqu’à combiner ce « Greater Central Asia » avec le Moyen-Orient classique[25] [25] Cf. Robert L. Canfield, « The Collision of Evolutionary...
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.

17 Plus concrètement, les Russes ont bien compris que, depuis dix ou quinze ans, Washington tend à transformer leur arrière-cour en centre du nouvel ordre mondial. La guerre contre le terrorisme en Afghanistan a permis aux Américains de s’installer en Asie centrale. Partout, on remplace les élites. Certains pays, comme la Géorgie, sont devenus un « polygone », c’est-à-dire un champ d’expérimentation (et de tir) des États-Unis. Le défi est planétaire.

18 La vulnérabilité de son flanc sud rend le gouvernement russe soucieux d’éviter la pénétration d’une puissance étrangère dans la région.

19 Premièrement, les pays voisins sont déchirés par des problèmes sociaux, économiques et humanitaires qui alimentent non seulement les phobies ethniques et religieuses, mais aussi le développement de criminalités de tous ordres, ce qui a de sérieuses conséquences en termes de trafic d’armes et de drogues, de recrutement de combattants et de migrations illégales. Les analystes russes restent particulièrement préoccupés par les conflits afghan et tadjik, dont ils craignent l’extension aux autres républiques d’Asie centrale et, pour finir, à la Fédération de Russie elle-même.

20 Deuxièmement, la Fédération de Russie abrite une forte minorité musulmane au Tatarstan, au Bachkortostan et au nord du Caucase, et Moscou perçoit la propagation de l’islam radical dans la région comme une menace essentielle pour sa sécurité au sens premier du terme, c’est-à-dire du point de vue militaire. Les Russes ont développé leur propre version de la théorie des dominos : l’épidémie gagnerait le territoire de la Fédération à proprement parler après avoir contaminé toute l’Asie centrale. Moscou est donc intervenu au Tadjikistan dans le cadre de la guerre civile ( 1992-1997) et continue d’assurer la protection de sa frontière avec l’Afghanistan contre le radicalisme islamique. Du point de vue des Russes, les frontières de la Communauté des États indépendants, la CEI, constituent une première ligne de défense, et l’Asie centrale comme le Caucase font partie de leur périmètre stratégique.

21 Avec leur base de Karshi Khanabad, en Ouzbékistan, d’où les autorités ont exigé leur départ à la fin de juillet 2005 ; avec celle de Manas, au Kirghizstan, maintenue après des discussions – ce qui marque une victoire diplomatique sur Moscou et Pékin –, à partir de laquelle ils peuvent observer la Chine, l’Inde et le Pakistan, mais également des régions comme la Tchétchénie ; avec les bases aériennes de Douchanbé et de Kul’ab, au Tadjikistan, auxquelles vient s’ajouter le radar de Skrunda, en Lettonie, implanté sur le site fermé par les Russes en août 1998 et destiné à surveiller la Russie sur une profondeur de 400 kilomètres[26] [26] Site des Affaires militaires russes, w www. militaryaffairs. ru. ...
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, il n’est pas impossible que les Américains soient en mesure de collecter des informations sur des sites russes sensibles comme Baïkonour (cosmodrome), Sari-Saghan (lancement de missiles), Balkhash (radar) au Kazakhstan, ou encore la station d’observation Okno au Tadjikistan. La présence de l’OTAN en Asie centrale équivaut donc à une « atteinte à la sécurité de la Russie[27] [27] Le communiste Gennadij Zjuganov sur la chaîne de télévision...
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 ».

22 Cela est d’autant plus vrai que les militaires américains semblent s’établir dans la région malgré des manifestations de franc mécontentement de Moscou. Tom Daschle, leader de la majorité démocrate au Sénat, n’annonçait-il pas que cette présence serait consolidée à long terme parce qu’elle sert les intérêts nationaux des États-Unis[28] [28] w www. cssfund. ru. ...
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 ?

23 Moscou, cependant, n’entend pas renoncer aussi facilement. Les territoires en question, notamment le Kazakhstan, jouent un rôle important dans la défense du territoire russe à proprement parler. Dans l’hypothèse, par exemple, d’une dégradation des relations avec la Chine, ils formeraient en effet une sorte de bouclier stratégique. L’établissement d’une nouvelle ligne de défense le long de cette frontière entraînerait des coûts insupportables pour une économie russe déjà précaire, ce qui explique le maintien d’une coopération militaire étroite avec Astana en particulier, mais plus généralement avec tous les États de la zone.

24 Les résultats sont pour le moins mitigés : hormis le Tadjikistan, la Russie est militairement présente au Kazakhstan et au Kirghizstan ; mais l’Ouzbékistan, qui caresse également des ambitions de puissance régionale, n’a pas accepté de base russe sur son territoire et le Turkménistan n’abrite que des gardesfrontières russes faisant fonction de conseillers.

25 Le Caucase méridional et l’Asie centrale s’intègrent progressivement à la sphère euroatlantique. Le premier est devenu, avec la base américaine implantée en Géorgie, un pont entre l’Organisation et le GMO, soit le « flanc sud-est de l’Europe et de l’OTAN », et a été apprécié de la sorte au sommet d’Istanbul de juin 2004. C’est que les pays du Caucase sont confrontés à de sérieux problèmes territoriaux, ce qui facilite la pénétration extérieure sous couvert de financement d’infrastructures locales, de rentrées assurées de devises affectées à des budgets précaires, sans oublier la création d’emplois.

26 L’Azerbaïdjan comme la Géorgie recherchent de l’aide sécuritaire auprès des États-Unis, de la Turquie et de l’OTAN. Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire de l’Organisation, effectuant une visite en Arménie, en Géorgie et en l’Azerbaïdjan les 4 et 5 novembre 2004, prônait la coopération, « nécessité stratégique » dans la lutte contre le terrorisme et contre la propagation des armes de destruction massive. Au sommet de l’OTAN de novembre 2002, la Géorgie avait officiellement fait acte de candidature; le Georgia Train and Equip Program (GTEP), lancé la même année et proclamé permanent après la « révolution des Roses », a pour objectif la modernisation des forces géorgiennes et leur adaptation aux normes de l’Organisation en matière d’interopérabilité. L’Azerbaïdjan est candidat depuis le sommet d’avril 2003 et a été associé à l’useucom (commandement américain en Europe) dès l’été de la même année, l’OTAN organisant dans ce pays des manœuvres baptisées « Cooperative Effort-2004 » en janvier de l’année suivante.

27 Azerbaïdjan et Géorgie ont mis leur territoire à disposition de l’OTAN pour faciliter le transit vers les Balkans, l’Afghanistan ou l’Irak. Même l’Arménie, qui continue de tabler sur la Russie, ne néglige pas le « Partnership for peace ». Les trois (!) pays ont envoyé de petits contingents militaires en Irak.

28 La Russie est aujourd’hui l’obstacle principal au déploiement global des forces de l’OTAN dans le Caucase. Elle a dans la région ses propres forces opérationnelles : 8000 soldats, 153 chars, 241 véhicules blindés, 140 unités d’artillerie ; il lui reste également, en Azerbaïdjan, une station d’observation radio, et elle conserve ses bases en Arménie et en Géorgie, qu’elle pourrait quitter en 2008[29] [29] Déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères...
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, et des gardes-frontières en Arménie ; les « casques bleus » de la CEI déployés en Abkhazie et en Ossétie du Sud sont en grande partie des soldats russes[30] [30] Cf. Dina Maly‰eva, « Mostostroitel’stvo na Kavkaze »,...
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. Même s’il est clair que l’Occident veut écarter la Russie du règlement des conflits en cours, Washington tente de tempérer l’irritation palpable de Moscou en insistant sur le caractère provisoire de sa présence dans la région.

29 Soucieux de ménager les parties en présence, Bakou et Tbilissi mènent leurs négociations avec l’OTAN et non pas directement avec les États-Unis, ou avec la Turquie, membre de l’OTAN, ce qui permet aux Américains de maintenir leur présence sans risquer d’être mis en cause par l’opinion internationale pour ingérence, sous prétexte de démocratie, dans les affaires de pays souverains.

30 L’objectif premier est ici de garantir la sécurité de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyan (angle sud-est de la côte turque en Méditerranée). La Caspian Guard, association jusqu’ici plutôt formelle entre États-Unis, Azerbaïdjan et Kazakhstan, doit servir à « muscler » le système de sécurité dans le bassin de la Caspienne et nécessite des financements en conséquence[31] [31] Cf. Vladimir Muhin, Vladimir Ivanov, « Kavkazskij straÏprimerjaet...
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. Les littoraux russes de la Caspienne et de la mer Noire tout comme le territoire de la région militaire caucasienne limitrophe du GMO (Tchétchénie incluse) seront finalement passés sous surveillance étrangère.

31 Au fur et à mesure que la percée de l’OTAN s’approfondira, le sentiment d’être dans une forteresse assiégée gagnera en intensité chez les Russes. Certains observateurs, à Moscou, vont jusqu’à penser qu’un GMO ne comprenant pas le Caucase et l’Asie centrale pourrait être une bonne chose dans la mesure où l’attention des Américains s’en trouverait détournée vers le sud. Mais les pessimistes, en Russie, apportent à l’inverse des arguments tendant à établir qu’il s’agit d’une véritable guerre d’influence. Peut-être sont-ce là des réalistes bien informés[32] [32] Depuis le 11 septembre, l’Institut militaire des langues...
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.

32 Quiconque s’assurera du Moyen-Orient disposera de 66 % des réserves mondiales de pétrole (plus 6 % avec l’Asie centrale et le Caucase) et contrôlera le développement énergétique du monde. Mais la Russie possède des réserves de pétrole estimées à 69,1 milliards de barils ; elle a également les premières réserves de gaz naturel prouvées au monde avec 1 680 milliards de milliards de mètres cubes (deux fois plus que l’Iran, qui vient au second rang). L’un des objectifs de Poutine est d’utiliser ce formidable potentiel comme vecteur d’influence pour restaurer les positions de la Russie sur la scène internationale et compenser ses retards dans d’autres domaines ; d’où la proposition de coopération énergétique à grande échelle adressée aux États-Unis, coopération qui permettrait aux Américains d’échapper à une trop grande dépendance à l’égard d’un Moyen-Orient instable, et à la Russie de ne pas être marginalisée par l’Amérique et l’Union européenne sur le plan de l’énergie.

33 Même si les États-Unis (ainsi que l’Europe, la Chine et le Japon) confirment leur intérêt pour un partenariat avec Moscou, les Russes doivent élaborer une véritable diplomatie en termes d’exportation d’énergie, car ils ont mal identifié l’action des Américains dans ce secteur : ceux-ci veulent à la fois maintenir la compétitivité de leur production et diminuer la facture énergétique du pays. Lorsque les prix ne sont plus acceptables, Washington fait pression sur l’OPEP pour obtenir une hausse de la production, et donc un ajustement mécanique à la baisse[33] [33] Cf. Jean-François Tacheau, Stratégie d’expansion du...
suite
. Mais l’appréciation portée sur l’Arabie saoudite, premier producteur mondial de pétrole, a évolué depuis le 11 septembre 2001, les Américains s’inquiétant d’une éventuelle déstabilisation du régime. D’où l’évolution prudente vers une diversification des sources d’approvisionnement en énergie et les contacts noués avec la Russie. On a très vite su, à Washington, que l’arrivée des Russes sur le marché changerait la donne établie pour faire place à un désordre concurrentiel qui permettrait aux pays consommateurs, y compris à l’Europe, d’acheter le pétrole moins cher et d’être alors en mesure de s’opposer aux Américains. Voilà pourquoi ces derniers cherchent, dans un contexte de grandes manœuvres liées au GMO, à apprivoiser Moscou.

34 Mais la Russie reste confrontée à une série de problèmes :

  • l’état général des infrastructures : 30 % des pipelines seraient hors d’usage ;
  • l’épuisement de certains sites ;
  • une capacité de raffinage notoirement insuffisante ;
  • la qualité du pétrole russe, inférieure à celle du pétrole du Proche-Orient ;
  • le partage du réseau d’oléoducs entre ex-républiques soviétiques ;
  • des gisements excentrés, ce qui rend plus onéreux l’acheminement du matériel, la maintenance et le transport.

La Russie, qui se positionne au deuxième rang des producteurs mondiaux derrière l’Arabie saoudite, produit en moyenne 7,65 millions de barils par jour de pétrole. Mais elle ne sera pas capable d’aller au-delà de 10 millions de barils par jour à l’horizon de 2010 et ne peut donc se substituer aux producteurs moyen-orientaux. Si elle veut ne serait-ce que maintenir sa production à son niveau actuel, il lui faut attirer chaque année entre 8 et 10 milliards de dollars d’investissements étrangers. D’autant qu’elle n’exporte pas plus de 70 % de sa production, soit 5,8 millions de barils par jour[34] [34] Cf. Cédric de Lestrange, Christophe-Alexandre Paillard,...
suite
.

35 Qui plus est, la Russie a profité de l’envol des prix lié à la période d’instabilité au Proche-Orient, mais cette situation n’est pas sans risque :

  • des prix trop élevés augmentent l’intérêt pour d’autres produits énergétiques, et les pays dotés de réserves de charbon (États-Unis, Chine, Afrique du Sud) et de schistes ou de sables bitumineux (Canada) deviennent des concurrents sérieux ;
  • la tolérance des Américains a ses limites ; dans leur concertation avec l’OPEP, les Russes devront peut-être, à court terme, passer sous les fourches caudines des Américains si ces derniers parviennent à structurer le GMO;
  • dans ce secteur, la concurrence exige des investissements considérables et va s’intensifier ; il sera de plus en plus difficile de fidéliser le réseau des clients ;
  • on ne peut bâtir une économie nationale saine sur l’exportation d’énergie et négliger les autres secteurs, sauf à s’enfermer dans la niche des simples « fournisseurs d’énergie » à destination des pays riches d’Occident.

Il est normal que la Russie soit tentée de réduire sa dépendance à l’égard des consommateurs en développant un « axe oriental », c’est-à-dire en renforçant ses exportations d’énergie en direction de la Chine et de l’« État voyou » de Corée du Nord (objet de litige entre Américains et Russes). Mais, au projet d’oléoduc Angarsk-Daqing (nord-est de la Chine), Moscou a préféré celui qui partira d’Angarsk et aboutira à Nakhodka (Extrême-Orient russe), sur la mer du Japon[35] [35] Actualités russes, hebdomadaire du service d’information...
suite
. Il est par ailleurs probable que la Chine et l’Inde, de plus en plus dépendantes du Golfe pour leurs importations de pétrole, se rapprocheront de la Russie du point de vue énergétique si le GMO devait voir le jour et les placer en situation d’infériorité grandissante par rapport aux États-Unis, ce qui, à l’inverse, déséquilibrerait la politique commerciale russe en direction de l’Orient.

36 En somme, la Russie a énormément à perdre… ou à gagner dans l’affaire du GMO. Son cauchemar, c’est la disqualification. La diplomatie russe, affaiblie mais volontaire, semble décidée à tenir sa place au Moyen-Orient, sans nostalgie et avec pragmatisme, l’objectif étant à tout le moins que les positions actuelles ne soient pas encore plus remises en cause.

 

Notes

[ 1] Cf. Bichara Khader, « Grand Moyen-Orient, télé-évangélisme ou fenêtre d’opportunité », conférence à l’Université catholique de Louvain, 28 juin 2004, w www.infomedi.it.Retour

[ 2] Cf. N. Ja Danilevskiy, Rossija i Evropa, Saint-Pétersbourg, 1995, p. 310. Retour

[ 3] Vladimir Poutine, conférence de presse après le sommet du G 8, Kommersant, 11 juin 2004 ; Aleksandr Jakovenko, représentant officiel du ministère des Affaires étrangères, cité par Andrej Denisov, « La queue fait le huit », Vremja Novostej, 8 juin 2004. Retour

[ 4] ·amil’Sultanov, membre du comité aux Affaires internationales de la Douma, entretien avec le journaliste Vladimir Averin dans l’émission « Bol’‰oj bliÏnij Vostok », sur Radio Majak, 24 mars 2005,15 h 15. Retour

[ 5] Aleksandr Aksenenok, ex-ambassadeur de la Fédération de Russie, « Bol’‰oj bliÏnij Vostok : ne navredi », ibid., 28 mai 2004. Retour

[ 6] Cf. Sergej Kortunov, « O mehanizme prinjatija vne‰nepolitiãeskih re‰enij », Vestnik analitiki, n° 15,1-2004 ; Sergej Demidenko, « Operacija v Irake : naibolee agressivnaja forma gumanitarnoj intervencii », ibid., w www.gazeta.ru,27 avr. 2005. Retour

[ 7] Les journaux russes sont émaillés d’articles indignés de la presse arabe et européenne. Retour

[ 8] Cf. Mihail Margelov, président du comité aux Affaires internationales de la Douma, cité par Oleg Odnokolenko, « Evrokvadrat », Itogi, 22 avr. 2005. Retour

[ 9] Cf. Valerija Siãeva, « Zapadu ne oboitis’ bez Rossii pri razre‰enii problem BBV », Itogi, 8 mars 2005. Retour

[ 10] Cf. Vladimir Salmin, Svetlana Babaeva, « Ostrov sporov », Izvestija, 10 juin 2004. Retour

[ 11] Confirmation d’Aleksandr Rumjancev, président de ROSATOM, qui faisait partie de la délégation. Retour

[ 12] Cf. Ruslan Puhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies, « Izrail’moÏet stat’ vaÏnym voenno-tehniãeskim partnerom Rossii », 24 juin 2005, w www.polit.ru.Retour

[ 13] Cf. Mihail Margelov, « Evrokvadrat », op. cit. Retour

[ 14] Cf. D. V. Suslov, directeur adjoint à la Recherche du Conseil de Politique extérieure et de Défense, « Iranskij kljuãk mirovoj stabil’nosti », Rossija v global’noj politike, n° 1,2005. Retour

[ 15] Ibid. Retour

[ 16] Evgenij Primakov, cité par V. Siãeva, « Trojka, ãetverka, tuz », Itogi, n° 10,2005. Retour

[ 17] Radjab Safarov, directeur du Centre de recherches sur l’Iran, sur radio Eho Moskvy, 10 avr. 2003,19 h 10. Retour

[ 18] Cela explique, soit dit en passant, la jalousie maladive des Russes devant chaque succès de l’UE sur le chemin de la réintégration de l’Iran dans la communauté internationale, Moscou ayant eu une attitude extrêmement réservée quand le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne passèrent avec Téhéran, en novembre 2004, un accord aux termes duquel les Iraniens cessaient d’enrichir le plutonium en contrepartie du blocage du « dossier » au Conseil de sécurité de l’ONU. Retour

[ 19] Cf. Konstantin Makienko, rédacteur en chef de la revue Eksport vooruÏenija, dans l’hebdomadaire VPK, n° 50, oct. 2004 ; Vne‰njaja politika Rossijskoj Federacii 1992-1999, manuel du MGIMO, l’Institut de relations internationales de Moscou, Éditions de Moscou, 2000, p. 270.Retour

[ 20] Cf. Zbigniew Brzezinski, Game Plan, New York, 1986, p. 64-65,220.Retour

[ 21] Cf. id., The Grand Chessboard. American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, New York, 1997. Retour

[ 22] Cf. Vladimir Maksimenko, « Central’naja Azija i Kavkaz : osnovanie geopolitiãeskogo edinstva », Central’naja Azija i Kavkaz, 2000, n° 9, w www.ca-c.org.Retour

[ 23] Ibid. Retour

[ 24] Cf. Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard…, op. cit., p. 123-124. Retour

[ 25] Cf. Robert L. Canfield, « The Collision of Evolutionary Process and Islamic Ideology in Greater Central Asia », in Mila Hauner, Robert L. Canfield (éd.), Afghanistan and the Soviet Union : Collision and Transformation, Boulder, Westview Press, 1989, p. 13-39 ; id., « Restructuring in Greater Central Asia : Changing political configurations », Asian Survey, vol. XXXII, n° 10, oct. 1992, p. 875-887 ; V. Maksimenko, « Rossija i Azija ili anti-BrzeÏinski », Revue de l’Orient, vol. 1,2000, p. 56. Retour

[ 26] Site des Affaires militaires russes, w www.militaryaffairs.ru.Retour

[ 27] Le communiste Gennadij Zjuganov sur la chaîne de télévision RTR, le 9 février 2002. Retour

[ 28] w www.cssfund.ru.Retour

[ 29] Déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères de Géorgie et de la Fédération de Russie, 30 mai 2005, w www.mid.ru.Retour

[ 30] Cf. Dina Maly‰eva, « Mostostroitel’stvo na Kavkaze », 15 févr. 2005. Retour

[ 31] Cf. Vladimir Muhin, Vladimir Ivanov, « Kavkazskij straÏprimerjaet amerikanskuju formu », Nezavisimoe voennoe obozrenie, 22 avr. 2005 : le quartier général se trouvera à Bakou, et Washington se prépare à investir 10 millions de dollars dans les dix années à venir. Retour

[ 32] Depuis le 11 septembre, l’Institut militaire des langues étrangères, situé en Californie (centre linguistique de la Défense), a ajouté à son programme dix langues, dont le tchétchène, l’ouzbek, l’arménien et l’ourdou ; dans le même temps, le nombre d’étudiants des sections de persan et d’arabe a augmenté, respectivement, de 70 % et de 40 %. L’OTAN veut créer au Caucase un Collège régional de Défense sur le modèle de celui qui existe dans les pays Baltes (BAILDEFCOL). Il est enfin prévu, pour valoriser le Caucase méridional, de nommer des experts politiques et militaires issus de la région pour assister le secrétaire général de l’Organisation et de créer une Commission spéciale pour la sécurité dans le Caucase méridional. Retour

[ 33] Cf. Jean-François Tacheau, Stratégie d’expansion du nouvel empire global, Paris, L’Âge d’Homme, 2001. Retour

[ 34] Cf. Cédric de Lestrange, Christophe-Alexandre Paillard, Pierre Zelenko, Géopolitique du pétrole : un nouveau marché, de nouveaux risques, des nouveaux mondes, Paris, Éditions Technip, 2005. Retour

[ 35] Actualités russes, hebdomadaire du service d’information de l’ambassade de la Fédération de Russie en France, n° 1449,1er mars 2003, p. 17. Retour

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POUR CITER CET ARTICLE

Julia Snegur « Le Grand Moyen-Orient des Russes », Outre-Terre 4/2005 (no 13), p. 113-123.
URL :
www.cairn.info/revue-outre-terre-2005-4-page-113.htm.
DOI : 10.3917/oute.013.0113.