Ce numéro.
Papier et électronique
| Outre-Terre 2005/4 (no 13) | 23 € |
Versions papier et électronique : le numéro est expédié par poste.
Il est également accessible immédiatement en ligne.
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Outre-Terre Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezFiche technique n ˚1
Les brigades des martyrs d’al-aqsaAuteurFaysal Lahar du même auteur
Organisation affiliée au Fatah, les Brigades des martyrs d’al-Aqsa sont une mouvance dont la fonction avérée est de mener des opérations armées au nom de ce parti politique laïque, mais qui est beaucoup plus complexe.
Genèse
2 Fondées en octobre 2000, quelques jours après le début de l’Intifada al-Aqsa, par référence aux dizaines de « martyrs » des manifestations contre la venue d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées, les Kataeb Chuhada al-Aqsa renvoient aux Kataeb Ezzedine al-Qassam du Hamas et aux Saraya al-Quds du Djihad islamique, mais, à la différence de celles-ci, elles ne sont qu’une étiquette coiffant des groupes issus du Tanzim, la milice armée du Fatah[1] [1] Étiquette d’ailleurs non exclusive puisque d’autres...
suite.
Liens entre les Brigades et le Fatah
3 Ils sont revendiqués par les acteurs eux-mêmes. Pour l’ex-secrétaire général du Fatah et du Tanzim en Cisjordanie, Marwan Barghouti[2] [2] Membre du Conseil d’autonomie palestinien, il était considéré...
suite, aujourd’hui incarcéré en Israël, les Brigades sont ce qu’il y a de plus glorieux dans l’histoire du Fatah depuis sa création. De même pour Abou Moujahid [’Ab…Mujæhid : Père du combattant], porte-parole autoproclamé des Brigades : la seule différence entre celles-ci et le Fatah, c’est que le second négocie alors que les premières combattent.
D’un acteur mineur au fer de lance de la lutte armée
4 Dès la première année de l’Intifada al-Aqsa, les Brigades adoptent le profil relativement classique de la guérilla urbaine, leurs actions se ramenant à des attaques ponctuelles de colons et de soldats dans les Territoires, en particulier en Cisjordanie. Mais c’est au début de 2002 qu’elles deviennent l’acteur majeur de la lutte armée, au point de supplanter pour un temps les mouvements islamistes.
5 Le cessez-le-feu de décembre 2001, décrété par Yasser Arafat, l’échec de l’émissaire américain Anthony Zinni, censé rétablir le dialogue entre les protagonistes, et, surtout, l’élimination croissante de membres des Brigades convainquent les activistes du Fatah, selon les termes mêmes du cadre Hussein al-Sheikh, de reprendre le soulèvement en main : l’Autorité palestinienne (AP) recule en faveur du retour à une base qui souhaite en découdre avec Israël.
6 La liquidation, le 14 janvier 2002, de Raed Karmi, leader du Tanzim, va déclencher une montée en puissance des Brigades, qui revendiquent dès lors non seulement la plupart des attaques anti-israéliennes dans les Territoires, mais également une dizaine d’attentats en Israël, fait sans précédent dans l’histoire du Fatah et qui va bien au-delà de la résistance armée traditionnelle à l’occupation.
7 Les opérations de guérilla effectuées par les Brigades – destruction de chars lourds Merkava, attaques contre des checkpoints, attentats dans les principales colonies – sont des succès militaires qui modifient le rapport de force sur le terrain. Si les attaques font en soi l’unanimité au Fatah, c’est en revanche sur le bien-fondé d’attentats en Israël que l’organisation est très divisée : faut-il en particulier prendre pour cibles des civils israéliens, comme le veulent une grande partie des jeunes activistes, en représailles contre le « terrorisme d’État » ? Selon, par exemple, l’« ingénieur » Aqaba, spécialiste en explosifs, considéré comme un leader extrêmement compétent de la mouvance, les opérations de commando sont une arme de dissuasion efficace parce que ce mode opératoire embarrasse l’armée israélienne. La méthode préconisée est le harcèlement – attaque et retrait, « frappe et meurs en martyr » : faire en sorte que les forces israéliennes ne puissent élaborer de plan général[3] [3] Al-Quds al-Arabi, 18 mars 2002, p. 6. ...
suite.
Coordination entre les factions de la résistance
8 Dès l’automne 2001, les Brigades se présentent comme un intermédiaire local entre les groupes. Plusieurs opérations conjointes sont menées : la première à Afoula, le 27 novembre, revendiquée par le Mouvement du Djihad islamique palestinien (connu sous le sigle MJIP) ; la seconde contre un autobus de colons à Immanuel, le 12 décembre, revendiquée par le Hamas.
9 Preuve d’une possible coordination entre les factions, celles-ci ont été capables de faire respecter le cessez-le-feu du 16 décembre 2001 au 10 janvier 2002 sur l’ensemble des Territoires ; Raed Karmi, considéré comme le chef des Brigades à Tulkarem, était le principal artisan de la trêve dans la région[4] [4] Son élimination soulevant alors nombre d’interrogations...
suite.
Structure et organisation
10 À la différence des branches armées des mouvements islamiques, les Brigades sont une réalité hétéroclite de groupes locaux très autonomes : 15 à 50 activistes liés personnellement à un chef local dont l’aura reste forte. Les groupes se répartissent géographiquement : quartiers, zones rurales, camps de réfugiés. On en ignore le nombre, mais plusieurs dizaines ont pu être observés à Ramallah, Jénine, Naplouse, etc., de même qu’il y en a au moins cinq au camp de Qalandiya et une dizaine à Balata. Dissensions d’un quartier à l’autre, luttes entre clans ou familles sont autant de pierres d’achoppement à toute perspective réelle d’unification.
11 Les Brigades sont dépourvues de chef suprême qui donnerait des instructions respectées par la base, la structure horizontale excluant tant la hiérarchie que la décision collective. Pour autant, des personnalités plus charismatiques ont pu émerger durant l’Intifada, tel, justement, Raed Karmi à Tulkarem, ou encore de véritables « seigneurs de la guerre » à Bethléem et à Naplouse. Aussi apparaît-il simpliste de présenter des hommes comme Mustafa Barghouti et Hussein al-Sheikh à Ramallah, ou bien Mohammed Dahlan, l’ancien chef du Service de sécurité préventive de Gaza (principale branche militaire de l’AP dans la bande), en tant que têtes pensantes des Brigades : s’ils entretiennent, bien sûr, des liens avec les chefs locaux et appellent le plus souvent à la poursuite de la « résistance héroïque », ils ne sont en aucun cas ces chefs militaires qui planifieraient des actions sur le terrain. En revanche, ils peuvent, par des propos ambigus, couvrir implicitement des attentats contre l’État hébreu.
Une sociologie hétéroclite
12 Les membres des Brigades viennent de tous les horizons. Âgés de seize à trente-cinq ans, ils peuvent être étudiants[5] [5] En particulier issus du mouvement étudiant du Fatah, la...
suite, employés de l’AP (fonctionnaires ou membres des services de sécurité) ou chômeurs des camps de réfugiés. On retrouve donc parmi eux à la fois les petits délinquants et les jeunes leaders locaux, les désespérés d’Oslo et les futurs cadres de la Palestine. Ce sont pour l’essentiel des hommes, même si les Brigades comptent désormais l’unité de femmes kamikazes « Wafæ’’Idrƒs[6] [6] Du nom de la première Palestinienne à avoir effectué...
suite ».
Collusion avérée avec les services de sécurité de l’Autorité palestinienne
13 Les liens officieux avec l’AP sont très étroits, les activistes les plus efficaces des Brigades ayant été formés à l’école de la Force 17 (l’ancienne garde personnelle d’Arafat), à la Sécurité préventive ou aux renseignements généraux palestiniens[7] [7] Le tireur embusqué du checkpoint de l’implantation d’Ofra...
suite.
14 Même s’ils ne pouvaient structurellement les diriger, Mohammed Dahlan et son adjoint de l’époque, Abou Shabbak, avaient une influence considérable au sein des Brigades (et du Tanzim) de Gaza.
15 Nombre d’opérations – attaques contre les Merkava et tirs de mortiers ou de roquettes Qassam – ont été organisées conjointement par des membres des services de sécurité et par des activistes armés.
Contrôle par l’Autorité palestinienne des groupes armés liés au Fatah
16 L’AP a prouvé fin décembre 2001 qu’elle était en mesure de contrôler les activistes liés au Fatah. Mais après la fin du cessez-le-feu, ces derniers deviennent, au même titre que ceux du Hamas et du MJIP, les cibles des frappes et des arrestations par les forces israéliennes. C’est alors le désir de représailles qui prime. Par exemple, l’attentat du 21 mars 2002 est destiné à venger Ayman Halawa, responsable militaire à Naplouse, liquidé par tir de roquette sur son véhicule le 22 octobre 2001. Le problème du cessez-le-feu octroyé ne se pose de toute manière plus dès lors qu’Arafat est confiné dans la Muqæta‘a à Ramallah : les jeunes n’allaient de toute manière pas tenir compte de cessez-le-feu dictés sous la pression[8] [8] Cf. Pierre Prier, op. cit. ...
suite, et un ordre formel n’aurait pas été respecté par certains groupes, notamment à Rafah et à Jabaliya dans la bande de Gaza, ainsi qu’à Jénine et à Balata, au nord de la Cisjordanie, où Fatah et AP n’avaient plus guère d’influence.
17 Il n’empêche qu’Arafat et le Tanzim continuent d’appointer les fonctionnaires tout comme les membres des services de sécurité et qu’ils restent maîtres de l’approvisionnement en armes de la plupart des groupes locaux ; ils pourraient donc contraindre les activistes au cessez-le-feu. Cet argument du « cordon de la bourse » et celui de la collusion patente de membres très proches du raïs avec les Brigades seront mis en exergue par les autorités israéliennes, qui produisent nombre de documents compromettants trouvés lors des opérations. Cela vaut aussi bien pour l’arraisonnement du Karine-A, navire marchand intercepté dans les eaux internationales en mer Rouge, le 3 janvier 2002, par un commando israélien, avec à son bord 50 tonnes d’armes en provenance d’Iran et destinées aux Palestiniens. Il ne s’agit pas là d’un cas isolé, puisque le Abou Hassan, propriété de pêcheurs égyptiens, sera également arraisonné dans la nuit du 20 au 21 mai 2003 : très certainement affrété par une milice libanaise, il transportait du matériel permettant de fabriquer des engins explosifs.
18 Et il y a des cas où les services de sécurité palestiniens auraient pu prendre le risque d’arrêter quelques récalcitrants, fût-ce pour satisfaire Israël et les États-Unis, qui avaient fait circuler des listes de suspects.
19 La présentation des Brigades des martyrs d’al-Aqsa comme « branche militaire » du Fatah ne reflète donc pas vraiment la réalité du terrain, même si les divergences entre ligne politique et sécuritaire de l’AP, d’une part, et l’action des groupes armés, de l’autre, se sont progressivement effacées au fur et à mesure que la lutte s’intensifiait. Mais, plus généralement, c’est toute la jeunesse combattante et militante qui s’est sentie en rupture avec une AP considérée comme dépassée par les événements et soumise à la passivité devant le diktat israélien. Sans compter la défiance grandissante à l’égard des hiérarques de tous bords, qui n’avaient pas trop à souffrir de la conjoncture et envoyaient souvent leurs enfants auprès de familles de la diaspora.
20 Qui plus est, il n’est pas impossible que les Brigades aient constitué un organisme politique clandestin rassemblant entre autres des universitaires, des intellectuels et des cadres chargés de missions spécifiques, soit une élite de combattants dont Aqaba serait le porte-parole ; ce qui expliquerait le découplage entre les groupes les plus dynamiques et l’AP[9] [9] Al-Quds al-Arabi, op. cit. : il y aurait même, selon...
suite. Cette « centrale » politique argumenterait en faveur d’une coopération avec des comités récemment apparus et revendiquant leur identité respective dans des communiqués de presse, telles la « Résistance populaire à Gaza » ou les « Brigades du retour ».
Après le 11 septembre : quel avenir pour quelles brigades ?
21 Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Brigades des martyrs d’al-Aqsa figurent sur la liste américaine des organisations terroristes au même titre qu’al-Qaïda ou que les mouvements palestiniens islamistes comme le Hamas ou le MJIP. Marwan Barghouti a d’ailleurs qualifié cette mesure d’acte de terrorisme des États-Unis contre le peuple palestinien et sa juste cause : c’étaient Israël et son gouvernement qui devaient être placés en tête des organisations terroristes de la planète.
22 Sans doute la démarche américaine a-t-elle pu apparaître comme contre-productive à de nombreux observateurs. Les Brigades, en se mettant à la tête de l’Intifada al-Aqsa, supplantaient les islamistes, et ce, paradoxalement, dans l’intérêt à terme d’Israël puisqu’elles militaient en soutien d’un Fatah laïque et représentant, en définitive, le seul camp possible de la paix à l’intérieur d’une Palestine à venir. D’après certains analystes, les « chefs de guerre » du moment pouvaient devenir les faiseurs de paix du lendemain. C’est d’ailleurs à ce titre que beaucoup considéraient Marwan Barghouti, avant son arrestation, comme un interlocuteur indispensable compte tenu du fait qu’il avait plaidé pendant sept ans en faveur du processus d’Oslo et semblait en outre capable de maîtriser la violence[10] [10] Il passait de la même manière pour un successeur possible...
suite. Cela valait dans une même mesure pour Nasser Naji Abou Hamid, en qui les autorités israéliennes voyaient le fondateur des Brigades et qui fut définitivement mis à l’écart après son inculpation en juillet 2002[11] [11] Nasser Naji Abou Hamid était accusé de « meurtres et...
suite.
23 À l’inverse, la question qui se posait à l’AP, dès lors que le plan Tenet du 13 juin 2001[12] [12] Du nom de l’ancien chef de la CIA. ...
suite – arrêt total des violences – ne pouvait plus s’appliquer, était celle du démantèlement ou du désarmement des Brigades, scellés par les autorités américaines. Mais la marge de manœuvre de Yasser Arafat restait étroite. Une éventuelle mise au pas du réseau n’eût été possible que par un large consensus au sein du Fatah ; or nombreux étaient ceux qui, à l’intérieur de l’organisation, estimaient que l’avenir même de celle-ci passait par la lutte armée, seul moyen de conserver le soutien de l’opinion et de neutraliser le danger d’islamisation complète de la société palestinienne. En outre, les Brigades, certes hétérogènes mais bien armées, jouissaient dans un contexte de dure répression israélienne d’une légitimité populaire.
24 De même, les liens noués entre Tanzim et les services de sécurité, d’une part, et les Brigades, de l’autre, étaient à double tranchant : ils permettaient bien sûr aux premiers de surveiller les secondes, voire d’en contrôler politiquement une fraction ; mais il y avait aussi le risque qu’il soit impossible de réprimer des « frères d’armes ». Jibril Rajoub, chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie, actuellement conseiller pour la sécurité nationale à la présidence de l’AP, en a fait l’expérience cuisante : après qu’il eut tenté de dissoudre les Brigades, il lui a fallu subir des menaces d’Arafat et revoir ses positions, allant jusqu’à démentir publiquement en avril 2002 toute velléité d’action en ce sens. Quant au démantèlement complet, il ne pouvait avoir lieu que dans le cadre d’un État palestinien souverain doté d’une armée et de forces de police pleinement légitimes, et, surtout, de moyens appropriés.
Perspectives
25 La force et l’endurance des Brigades des martyrs d’al-Aqsa s’est contradictoirement fondée sur leur caractère anarchique et spontané, de même que sur une étonnante faculté de régénération du réseau. L’éradication de tel ou tel groupe local par Tsahal, à court terme efficace, n’a fait qu’entraîner chaque fois l’émergence d’autres foyers. Peut-être les Israéliens ont-ils raison d’analyser le phénomène comme la conséquence de déplacements de terroristes d’une région à une autre, mais on n’écartera pas l’hypothèse de l’apparition de nouveaux groupes : généralement une dizaine de personnes, liées par des relations de famille ou d’amitié politique.
26 La société palestinienne a par ailleurs témoigné, dans un contexte où ces groupes fonctionnent au charisme, d’une forte capacité à produire des « chefs de guerre », ce qui augure d’une pérennité de la mouvance.
27 La réalité conjoncturelle, en particulier à Gaza depuis le départ des forces de sécurité israéliennes, place les Brigades des martyrs d’al-Aqsa devant des responsabilités nouvelles. C’est pourquoi Abou Shaker, chef local des Brigades à Gaza, s’il ne peut envisager de déposer les armes qu’une fois l’indépendance réellement acquise, entend livrer par la suite le vrai combat, celui du développement et du service de l’État[13] [13] L’Humanité, rubrique internationale, 29 août 2005. ...
suite. Mais cela n’ira pas de soi : s’ils veulent devenir l’acteur sécuritaire majeur au sein de la Palestine qu’ils appellent de leurs vœux, la plupart des leaders excluent totalement de désarmer. Certes, ils soutiennent le président Abbas, lequel fait prévaloir une période d’accalmie après le retrait des Israéliens, mais ils ont mis celle-ci à profit pour parfaire l’entraînement des opérationnels des Brigades en vue de toute mission d’intervention future ; c’est pour cette raison que l’on pouvait récemment apercevoir jusqu’à 800 soldats s’entraîner sans relâche dans un camp de Gaza.
28 Exigence première : un statut de résistant, avec garantie d’immunité physique, de même que la libération des prisonniers[14] [14] Ce point peut à terme devenir une pierre d’achoppement...
suite.
29 Se pose aussi la question immédiate des luttes intestines entre Brigades et islamistes, en particulier le Hamas.
30 Sans compter les inévitables règlements de compte qui suivent une évacuation de territoire, comme en a tout de suite attesté l’assassinat de Moussa Arafat, ancien chef de la sécurité palestinienne et neveu du raïs décédé, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 septembre 2005. L’AP n’aura évidemment pas la capacité de faire face à une multiplication d’actes sanglants. Une situation qui fait redouter aux habitants de Gaza une guerre civile rappelant celle du Liban.
31 Alternative au fond historique : les Brigades des martyrs d’al-Aqsa peuvent ou bien incarner la « paix des braves », ou bien se retrouver au centre de nouveaux affrontements à l’intérieur et avec Israël.
Notes
[ 1] Étiquette d’ailleurs non exclusive puisque d’autres groupes armés locaux du Fatah ont choisi de se nommer brigades Atef Abayat, brigades Raed Karmi, etc. De même, il y a depuis 2001 les brigades Ali Abou Mustafa, du nom du leader du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) liquidé par Israël en août de la même année. 
[ 2] Membre du Conseil d’autonomie palestinien, il était considéré comme l’un des inspirateurs de la seconde Intifada et l’avocat de la lutte armée contre l’occupation israélienne ; capturé en avril 2002 lors d’un raid de l’armée israélienne, il a été inculpé pour « meutres, complicité de meurtres, appartenance à une organisation terroriste, détention d’armes et d’explosifs » ; il a été condamné le 6 juin 2004. 
[ 3] Al-Quds al-Arabi, 18 mars 2002, p. 6. 
[ 4] Son élimination soulevant alors nombre d’interrogations parmi les leaders palestiniens quant aux attentats contre la population civile en Israël. 
[ 5] En particulier issus du mouvement étudiant du Fatah, la Chabiba, où Mohammed Dahlan, son fondateur à Gaza, est très influent. 
[ 6] Du nom de la première Palestinienne à avoir effectué un attentat, à Jérusalem, le 27 janvier 2002. Le 4 mars 2002, Abou Wadea (l’homme tranquille), présenté comme l’un des chefs en Cisjordanie méridionale, déclarait lors d’un entretien avec Pierre Prier, envoyé spécial du Figaro : « Tous les Palestiniens sont en danger de mort. Pour ceux qui en ont décidé ainsi, autant le faire. Et nous sommes un mouvement laïque, chez nous les femmes sont les égales des hommes. » 
[ 7] Le tireur embusqué du checkpoint de l’implantation d’Ofra ( 25 balles, 10 victimes et une dizaine de blessés), le 31 décembre 2000, aurait été formé par la CIA dans le cadre de la coopération interservices lors de l’installation de l’AP. 
[ 8] Cf. Pierre Prier, op. cit. 
[ 9] Al-Quds al-Arabi, op. cit. : il y aurait même, selon Aqaba, un commandement central clandestin de l’intérieur et de l’extérieur. 
[ 10] Il passait de la même manière pour un successeur possible du raïs palestinien. 
[ 11] Nasser Naji Abou Hamid était accusé de « meurtres et autres charges liées au terrorisme », en l’occurrence de l’assassinat au mois de novembre 2000, en Cisjordanie, de Binyamin Kahane, dirigeant d’un groupuscule d’extrême droite, et de son épouse ; L’Orient Le Jour, 20 juil. 2002, p. 10. 
[ 12] Du nom de l’ancien chef de la CIA.
[ 13] L’Humanité, rubrique internationale, 29 août 2005. 
[ 14] Ce point peut à terme devenir une pierre d’achoppement tant avec les Israéliens qu’avec l’Autorité palestinienne. 
PLAN DE L'ARTICLE
- Genèse
- Liens entre les Brigades et le Fatah
- Coordination entre les factions de la résistance
- Structure et organisation
- Une sociologie hétéroclite
- Collusion avérée avec les services de sécurité de l’Autorité palestinienne
- Contrôle par l’Autorité palestinienne des groupes armés liés au Fatah
- Après le 11 septembre : quel avenir pour quelles brigades ?
- Perspectives
POUR CITER CET ARTICLE
Faysal Lahar « Fiche technique n ˚1 », Outre-Terre 4/2005 (no 13), p. 269-276.
URL : www.cairn.info/revue-outre-terre-2005-4-page-269.htm.
DOI : 10.3917/oute.013.0269.




