Outre-Terre
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I.S.B.N.2-7492-0612-X
500 pages

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no 15 2006/2

2006 Outre - Terre

De Pékin à Beijing

Michel Korinman
2006 : la Chine est désormais quatrième puissance mondiale. Elle a dépassé le Royaume-Uni et n’a plus devant elle que les États-Unis, le Japon et l’Allemagne. Croissance de 9,9 % en 2005 (10,1 % l’année précédente) [1].
D’où la formulation de plus en plus criante, aux États-Unis, d’un « péril jaune » bis, d’un « risque-Chine » encore tout récemment alimenté par la loi anti-sécession du 14 mars 2005 qui autorise la République populaire à user de moyens « non pacifiques » pour contrecarrer les velléités d’indépendance de Taiwan, ou encore la violence nationaliste des manifestations de masse, la même année, à propos d’un manuel scolaire japonais révisionniste.
Pékin dénonce à l’inverse la théorie du second containment (endiguement) historique (après celui de l’Union soviétique, initié par Harry S. Truman en 1947) tel que le prônait déjà le « Blue Team » conservateur du Congrès américain s’opposant à la fin des années 1990 aux thèses chinoises de Clinton sur la démocratie qui va nécessairement de pair avec le développement économique ; de même, les néoconservateurs de Bush seraient restés englués dans les orientations de la guerre froide : ils souffrent d’un syndrome d’absence d’ennemi et ne parviennent pas à penser la Chine telle qu’elle est, soit un pays en voie de développement dont les moyens militaires ont simplement été modernisés à des fins défensives ; dans les termes du Premier ministre Zhu Rongji en 1999, la Chine en tant que chance et non comme menace pour les Occidentaux. Conclusion des « anticritiques » de Pékin : la nouvelle théorie du péril « jaune » ignore les réalités chinoises, sans compter qu’elle risque d’aliéner à la Chine non seulement ses voisins, mais les investisseurs potentiels [2]. D’ailleurs, comme s’en explique l’ancien numéro deux de l’Armée populaire de libération (APL), ce sont les Américains, principaux bénéficiaires de la théorie du « risque-Chine », qui constituent la véritable menace à venir pour la paix [3].
Apparaît cependant un curieux décalage, particulièrement bien mis en exergue dans les travaux de William A. Callahan (Manchester), entre les articles « antichinois » aux États-Unis et les réponses chinoises à semblable offensive :
  • le volume de la production chinoise « anti-antichinoise », à partir de 1992, dépasse de loin tout ce qui se publie en Occident sur le second péril « jaune » ;
  • ce discours s’amplifie précisément en 2002-2003, à un moment où la théorie
  • antichinoise » retombe ;
  • la déconstruction des « théories » occidentales prime de manière écrasante sur la mise en garde devant l’islamisme ;


IMGIMGDiscussion du « risque-Chine » 
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Discussion du « risque-Chine » dans les organes de presse universitaires chinois 1994-2004 Année péril chinois péril islamique 199 5 1 1995 3 1 1996 16 1 1997 24 1 1998 10 0 1999 16 1 2000 16 0 2001 10 0 2002 26 0 2003 49 0 2004 (1er trimestre) 15 0 Source: Base de données sur les organes de presse universitaires chinois, recherche par mot clef en août 2004
de données sur les organes de presse universitaires chinois, recherche par mot clef en août 2004

Quelque 200 articles de 1994 à début 2003, la plus grande partie sortant après le 11-Septembre, donc pendant une période d’ambivalence : Pékin, qui a rejoint le camp de la guerre au terrorisme, se félicite d’une marge de manœuvre plus étendue au Xinjiang, d’une part ; mais les Chinois ne sont pas sans se rendre compte que les Américains – campagne d’Afghanistan – s’installent en Asie centrale. D’où probablement l’inflation d’articles indignés et condamnant la théorie « antichinoise » du « risque-Chine ».
Mieux : les auteurs chinois scrutés par Callahan soumettent les textes considérés à une critique globale, comme s’il s’agissait, plutôt que de réfuter les arguments produits, de tracer une ligne symbolique de démarcation entre la Chine et l’étranger [4]. Les discours américains ont beau illustrer globalement le « choc des civilisations » ou apporter la démonstration d’une « Chine puissance très relative », ils sont indifféremment classés dans la catégorie « risque-Chine ». De même, l’origine variable de l’argument : Japon, Inde, Russie, Sud-Est asiatique ou… États-Unis importe peu. Encore plus clairement : tout se passe comme si la théorie, étrangère, du « risque-Chine » permettait de fabriquer en retour des « risque-USA », « risque-Japon », « risque-Inde » qu’une puissante identité nationale, désormais indispensable, aurait pour fonction de battre en brèche.
En somme et dans les termes de Callahan, « les textes chinois sur le “risque-Chine” reproduisent vigoureusement la menace qu’ils prétendent récuser [5]. » Le « pacifisme » historiquement assigné aux Chinois par leurs propres théoriciens s’en trouvant gommé au bénéfice d’une image conquérante du pays.
La Chine, c’est néanmoins le pays aux sept pieds d’« argile [6] » :
  • urbanisation à gérer de 300/500 millions d’individus d’ici 2020 ;
  • une moitié de la population vit avec deux dollars par jour; même si l’effet des réformes se fait sentir, 400 millions de Chinois ayant franchi le seuil d’extrême pauvreté à moins d’un dollar ;
  • inégalités croissantes entre ville et campagne, régions côtières et intérieur ; si le revenu de 550 millions de Chinois a été multiplié par huit en vingt ans, celui de 750 millions de ruraux stagne, quand il ne décline pas, après avoir fortement augmenté à la suite de la décollectivisation ;
  • un chômage estimé à quelque 8 % dans les zones urbaines où la croissance ne réussit pas à produire de l’emploi pour les nouvelles générations ; mais à 30/35 % au Nord-Est, au Nord-Ouest et au Centre-Ouest avec une problématique réforme des secteurs hérités du communisme; de même pour l’impossible intégration d’une « avalanche humaine » de plus de 100 millions d’individus ;
  • au moins 740 000 diplômés sans emploi, malgré un niveau de plus en plus élevé et une formation souvent adéquate aux normes internationales ;
  • une déforestation annuelle de 700 000 hectares ; 30 % du réseau hydraulique des villes pollués ; huit des dix villes écologiquement les plus dégradées au monde ;
  • une corruption érigée en système qui grève massivement la privatisation du domaine public.
Le FMI pose cependant qu’une croissance annuelle continue à hauteur de 8 % permettrait de canaliser le chômage. D’autant que les avantages combinés d’une main-d’œuvre trente fois moins coûteuse que dans les pays les plus développés d’Europe de l’Ouest et d’investissements directs étrangers massifs vont se maintenir et générer en soi semblable croissance dans les années qui suivent [7]. La Chine n’a pas plus explosé à la japonaise qu’elle n’a implosé selon le modèle soviétique.
Projection complémentaire dans certains think tanks US : la Chine « émerge », pour puiser dans le glossaire de la « science politique », mais elle aurait besoin de temps, et tout autant d’alliés, pour contrecarrer les stratégies américaines censées entraver sa montée en puissance ; d’où la formation d’une « Indo-Chine », noyau dur de l’intégration asiatique, qui s’amorcerait dans les visites d’État du Premier ministre chinois Wen Jiabao en avril 2005 à Delhi et du secrétaire d’État indien aux Affaires étrangères, Shyam Saran, à Pékin en janvier 2006. Cette représentation tournant au cauchemar insoutenable dès lors que le binôme se transforme en triangle Pékin-Delhi-Moscou au nom de la bien réelle volonté sino-russe de bouter les Américains hors d’Asie centrale [8].
Pourtant, cette représentation à une très petite échelle, celle des continents, traduit une aporie : si la fusion « inter-nationale » pose déjà des problèmes de taille, celle d’« États-civilisation » – mode(s) de production des richesses, ensemble d’institutions sociales et économiques, vision profane et sacrée du monde, soit de « communautés géopolitiques » où s’associent de multiples unités politiques et linguistiques relève de la gageure [9]. Sans compter que ces dernières se pensent, prises séparément, comme si elles étaient le monde.
Certes, l’ascension exponentielle de leur commerce bilatéral a rapproché les deux pays, Inde et Chine, qui ont l’ambition de passer du volume actuel de 13,6 milliards de dollars à 30 milliards de dollars en 2010 [10]. Mais, même révisée à la baisse dans le sens d’une « coopération », d’un « mariage d’intérêts », voire d’une « entente » sino-indienne, la thèse ne vaut que dans la construction de blocs tactiques : collaboration énergétique au coup par coup ; combinaison de secteurs industriels ; projet de zone de libre-échange [11]. L’« Indo-Chine », elle, se heurte à des obstacles parfaitement mis en lumière par Sanjib Baruah (New York/New Delhi) [12] :
  • Il y a d’abord les contentieux historiques. Avril 2005 : les Chinois ont levé leur refus de reconnaître l’annexion du Sikkim par l’Inde en 1975, de même que les Indiens ont admis que le Tibet fait partie intégrante de la Chine. Mais Pékin et New Delhi ne sont toujours pas arrivés à se mettre d’accord, en sept manches de négociations depuis 2003, sur 125 000 km2 de territoire montagneux contesté [13]. Les actions de New Delhi traduisent fréquemment de l’ambivalence, sans parler d’une opinion publique hostile. Pékin refusant par ailleurs de concéder aux Tibétains un statut de véritable autonomie qui donnerait satisfaction à toutes les parties concernées.
  • Ensuite, l’entente indo-américaine proclamée le 18 juillet 2005 (visite d’État du Premier ministre Manmohan Singh à Washington) et consacrée début mars 2006 va bien au-delà de l’accord sur le nucléaire en vertu duquel l’Inde se trouve légitimée par les Américains « à l’israélienne » : la nature du régime primant sur la détention des armements [14] et d’une sortie définitive de la situation d’exception dans lequel le pays était confiné depuis le premier test nucléaire de 1974. Nul doute que, dans le cadre du congagement néoconservateur de la Chine, c’est-à-dire l’endiguement (containment) par le biais d’un cordon sanitaire de pays-partenaires voisins et en même temps le renforcement des relations économiques (engagement) avec cette dernière, l’Inde sera une maillon essentiel du dispositif [15]. Plus précisément, les alliés traditionnels de l’Amérique en Asie – Japon, Corée du Sud, Australie – n’ont pas la taille qui leur permettrait de faire pièce à la Chine. Sans compter la proximité géographique de l’Inde aux foyers de crise pakistanais, afghan et iranien, tout comme son expérience des 150 millions de musulmans indiens qui en font un partenaire indispensable au plan de la guerre au terrorisme. Si New Delhi a pris le risque d’une sérieuse confrontation à l’intérieur même du gouvernement (départ des deux ministres des Affaires étrangères, Natwar Singh, et du Pétrole, Mani Shankar Aiyar) ainsi que celui de brusquer les communistes, sans la tolérance desquels Manmohan Singh ne serait plus aux commandes, c’est que Washington reconnaît désormais à l’Inde, dans les termes de George W. Bush, une fonction « dirigeante » dans les affaires du monde [16].
  • Enfin, la sécurisation des routes de l’océan Indien demeure un axe prioritaire de New Delhi. Sans qu’il soit question de recomposer un Indian Lake sur le modèle du British Lake d’antan, l’Inde a acquis dernièrement le porte-avions russe Amiral Gorshkov (arrivée prévue en 2008-2009) et six sous-marins français de la classe Scorpène. Or, bien que les Chinois aient un problème de sécurité analogue, la construction par ces derniers d’un port en eau profonde à Gwadar, au Pakistan, à l’entrée du golfe Arabo-Persique, n’est pas sans inquiéter les Indiens [17].
Ce qui n’implique nullement une quelconque soumission indienne aux États-Unis, comme en ont témoigné les discussions à l’OMC, New Delhi s’opposant sans ambages aux positions US. Mais le scénario le plus favorable aux tenants de la thèse « indo-chinoise » reste un système fluide d’équilibre entre Inde, Chine et USA.
Source d’enrichissement pour l’analyse géopolitique, le travail des anthropologues. En particulier celui de Tong Chee Kiong sur les représentations « nationales » des Chinois de Singapour : 77 % de la population versus 14 % de Malais et 8 % d’Indiens. Noyau dur de l’enquête : les informateurs mobilisent très largement le « marqueur » du sang indépendamment de leur âge, de leur lieu de naissance, de leur langue, de leur niveau d’éducation et de leur statut socioéconomique. Les Chinois continuent à se déclarer chinois dès lors que leur bagage culturel et linguistique s’amenuise : « Logique extrême du raisonnement, on reste chinois avec ou sans culture [chinoise] [18]. » Une « incapacité » à distinguer les nuances (de peau) qui irrite d’ailleurs passablement l’enquêteur. Imparable argument : on peut être malais et apprendre le chinois sans devenir Chinois pour autant. Le mariage avec des non-Chinois équivaut d’ailleurs dans l’esprit des sondés à une voie de désinisation. Au fond, et même si cela hérisse l’humanisme de l’observateur, non seulement l’ethnie n’est pas « négociable », mais la perte des repères culturels, au lieu d’induire un métissage « national », renforce le paramètre « racial ». Inflexion, cependant. Le recensement de 1921 donnait 98 % de Chinois singapouriens se revendiquant de l’une ou l’autre des traditions religieuses de la Chine ; ils ne sont plus que 67,2 % en 1990 : 39 % de bouddhistes, 28,2% de taoïstes, un bloc de 14,2% de chrétiens; 18,3 % sans religion [19]. 85,3 % des bouddhistes et des taoïstes revendiqués célèbrent au moins cinq fêtes du calendrier chinois (sur neuf) par an ; 90,4 % de chrétiens moins de quatre. Ce qui est d’autant plus intéressant que le christianisme passait traditionnellement pour contraire et opposé aux coutumes chinoises. Le phénomène de déboîtement (disembedding), de fragmentation, de fluidité s’accentue plus généralement avec les générations et l’école anglophone (anglais première langue) [20]. Et même parmi les jeunes Chinois qui se réclament du taoïsme il y a déclin des pratiques traditionnelles. Nombre d’entre eux n’ont plus le sens d’une Chine jamais visitée et se présentent désormais comme des « Chinois de Singapour », de même qu’il y a des Chinois de Taiwan, de Hong Kong…, déterritorialisés par rapport au Continent.
 
NOTES
 
[1]Cf. Riccardo Sorrentino, « Cina quarta potenza mondiale », Il Sole-24 Ore, 26 janv. 2006.
[2]Cf. William A. Callahan, « The Rise of China How to understand China : The dangers and opportunities of being a rising power », Review of International Studies, 31,2005, p.706 sq.; Wu Pu, « “Zhongguo weixielun” keyi xiuyi », Renmin ribao, 10 oct. 1992, p. 6.
[3]Cf. Fang Zhi, « Daodi shui weixie shui ?… Yu Xin tan “Zhongguo weixielun” » [Qui menace qui ?… Le général Yu Xin à propos de la théorie du « risque-Chine »], Liaowang, 8-9,1996, p. 49.
[4]Cf. William A. Callahan, Identity, Security and Chinese Foreign Policy, à paraître (2006).
[5]Cf. William A. Callahan, « The Rise of Chine… », op. cit., p. 10.
[6]Gianni Salvini, « Il colosso cinese ha sette piedi d’argilla », Il Sole-24 Ore, 23 mai 2005, qui se fonde sur un rapport de l’Académie chinoise des sciences sociales. Et ibid., 27 nov. 2005, Rita Fatiguso, « Cina fuori controllo, l’Europa deve difendersi », pour les trois chiffres extrêmement parlants : 16 % (21 % secteur public inclus) d’ouvriers couverts par un régime de retraite ; 6 % assurés contre les accidents du travail ; 5 % des ouvrières indemnisées pendant la maternité.
[7]Cf. le titre révélateur de Jean-Jacques Mevel dans le Figaro du 15 mars 2006, « Pékin fait taire le débat sur la croissance ».
[8]Cf. id., « Asie centrale Pékin et Moscou veulent un retrait américain », Le Figaro, 6 juil. 2005.
[9]Cf. Ravinder Kumar, « L’Inde : “État-nation” ou “État-civilisation” ? », Hérodote, L’Inde et la question nationale, 4/1993, p. 44-46.
[10]Cf. Cassie Biggs, « China, India hold strategic talks in Beijing », South China Morning Post, 9 janv. 2006.
[11]« Il segreto di Pansak », Limes, 4/2005, Cindia La sfida del secolo, p. 15-16.
[12]Cf. Sanjib Baruah, « India and China : Debating Modernity », à paraître in Outre-Terre, n° 17, Asies occidentales.
[13]Cf. Cassie Biggs, op. cit.
[14]« Il segreto di Pansak », op. cit., p. 13.
[15]Cf. Sanjib Baruah, op. cit., p. 10.
[16]Cf. Jochen Buchsteiner, « “Wichtiger als der Atomtest” Indien feiert das Abkommen mit den Vereinigten Staaten », Frankfurter Allgemeine Zeitung, 3 mars 2006.
[17]Cf. Arnaud de La Grange, « Le sous-continent indien, un contrepoids stratégique à la Chine », Le Figaro, 20 févr. 2006.
[18]« One face, many masks : The singularity and plurality of Chinese identity », Diaspora, n° 10,3,2001 (souligné par l’auteur).
[19]Contrairement aux Malais, qui restent musulmans.
[20]Les Chinois élevés à l’école sinophone (chinois première langue) rangeant ceux de l’école anglophone dans une catégorie inférieure en termes de « sinitude » ; métaphore de la banane : jaune à l’extérieur, blanche à l’intérieur ; les « WOG », « western oriental gentleman ». Une conception paradoxalement suivie par les Chinois visés, qui n’adhèrent pas à la notion de décadence de l’Occident mais concèdent une sorte de « manque » et se sentent comme échoués entre l’Est et l’Ouest.
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Cf. William A. Callahan, « The Rise of Chine… », op. cit., ...
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Cf. Sanjib Baruah, « India and China : Debating Modernity »...
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« Il segreto di Pansak », op. cit., p. 13. Suite de la note...
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