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| Outre-Terre 2006/4 (no 17) | 25 € |
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S'inscrire Alertes e-mail - Outre-Terre Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezMigrations et discours de migration à l’ère de la mondialisation
AuteurAttila Melegh du même auteur
, Institut démographique de l’Office central des statistiques de Hongrie. De courts extraits de ce texte, révisés infra, ont été publiés dans Attila Melegh, « Globalisation and Migration in Eastern and Central Europe », in Julianna Traser (éd.), A Regional Approach to Free Movement of Workers : Labour Migration Between Hungary and its Neighbouring Countries, Szeged, Klebelsberg Kuno Egyetemi Kiadó, 2006, p. 119-130.La mondialisation constitue une phase nouvelle dans l’histoire du capitalisme mondial. Elle a eu à ce titre un impact majeur sur les migrations internationales. Plus précisément, la mondialisation n’est pas une phase absolument nouvelle, mais un cycle nouveau dans l’histoire du capitalisme global ; les relations préexistantes entre migration et fonctionnement du monde n’ont pas changé sur le fond[1] [1] Cf. Christopher Chase-Dunn, « Globalization : Aworld-systems...
suite. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, la mondialisation se présente comme un nouvel ordre thématique et social fondé sur la conservation du système financier mondial ; elle met fin à la compétition entre projets capitaliste et socialiste de modernisation dans le cadre des États existants et des blocs comme le COMECON et la Communauté économique européenne[2] [2] Cf. Attila Melegh, On the East/ West Slope. Globalization,...
suite. Ce changement n’a pas seulement affecté l’« Occident », mais aussi bien le « monde socialiste », en raison des liens forts que ce dernier entretenait avec le capitalisme mondial[3] [3] Cf. P. McMicheal, « Globalization : Myth and Realities »,...
suite. On peut même dire que l’expérience socialiste a pris fin dès lors que le capitalisme a pénétré à l’intérieur des économies planifiées et des systèmes sociaux qui leur correspondaient. Dans ce contexte de mutations dramatiques, les migrations ont joué un rôle d’autant plus important que ces mouvements de population étaient une conséquence de la réorganisation des structures mondiales de pouvoir, sinon un vecteur de celle-ci[4] [4] Cf. , entre autre littérature sur la mondialisation et les...
suite.
2 Le nœud du problème, c’est que le capitalisme mondial a toujours été organisé, depuis qu’il a émergé dans les débuts de l’histoire moderne, comme un système hiérarchique avec sa configuration en centres, semi-périphéries et périphéries. Nous allons montrer ici comment les migrations opèrent au sein de pareil système ou, mieux, à l’intérieur de la hiérarchie qui a réémergé en Europe de l’Est à partir des années 1980, dès lors que le socialisme d’État y était disloqué et remplacé par un modèle d’économie à faible taux d’épargne et à dépendance plutôt élevée de l’investissement étranger. Autrement dit, nous nous intéressons à la migration et au discours des migrants en tant que réflexion individuelle sur la traduction en termes de vie de cette réinscription des pays d’Europe de l’Est dans un système capitaliste mondial que ceux-ci avaient abandonné durant la période de socialisme d’État.
3 Les aspects principaux de notre étude sont les suivants :
- La mondialisation est un nouveau cycle dans l’histoire du capitalisme global où sont accentuées macrostructurellement les inégalités et la hiérarchie globale et où sont consolidés les liens avec la migration. Seront considérés les différents rapports entre les mouvements du capital et du travail.
- De quelle (étroite) marge de manœuvre les migrants disposent-ils dans cette articulation de l’État, du capital, de la classe sociale, de la race (de l’ethnicité) et du genre ?
- Comment le cours de la vie et la perspective de vie des migrants s’articu-lent-ils dans ces macrostructures et ces microstructures ?
Réinscrire l’Europe de l’Est dans les hiérarchies mondiales 1981-2001
4 L’histoire tardive du socialisme d’État peut se décrire comme la réintégration progressive des économies planifiées au sein du système capitaliste sous parapluie civilisationnel et idéologique Est-Ouest. Ces économies d’Europe de l’Est étaient liées à l’« économie globale » par des dettes financières contractées dans le contexte du choc pétrolier des années 1970; cette situation avait entraîné des réformes allant dans le sens de l’économie de marché et une « double dépendance » – « Ouest » et « Est » – des États plutôt petits d’Europe orientale[5] [5] Cf. József Böröcz, op. cit. ...
suite. À cet égard, les transformations au sein de l’économie politique mondiale – passage d’un scénario de modernisation fondé sur les États-nations à un scénario de mondialisation dominé par les aspects financiers – fournissent le cadre approprié à une interprétation de la chute du socialisme.

PIB par habitant dans un certain nombre de pays de l’Est
PIB par habitant dans un certain nombre de pays de l’Est
5 Comme il ressort clairement de la figure 1, tous les États européens ont été frappés par une grave crise économique qui a commencé en 1989 et s’est prolongée au moins jusqu’en 1996. Le point essentiel, ici, c’est que cette crise a provoqué l’effondrement et la restructuration des économies socialistes d’État, en particulier dans le secteur industriel. L’effondrement a « libéré » un grand nombre de salariés, spécialement dans les « campagnes », et certaines communautés régionales ont mis en place des réseaux migratoires pour assurer de l’emploi temporaire : en direction de l’Ouest, les territoires les plus à l’est étant ceux de la Roumanie, de l’Ukraine occidentale et de la Moldavie, et en direction de l’Est, soit de la Russie.
6 La frontière Est/Ouest borne l’Ukraine, la Moldavie et la Roumanie. Ce sont les pays qui ont touché le fond (au moins dans les années 1990 et jusqu’au début des années 2000) en termes d’écart croissant entre les PIB. Ces écarts existaient déjà dans les années1980 entre économies socialistes d’État, mais ils se sont creusés; il semble que les pays concernés figurent désormais à différents niveaux sur une « échelle » graduelle de la prospérité. En effet, les pays d’Europe de l’Est ont été réinscrits dans la hiérarchie du capitalisme mondial, ce que reflètent d’ailleurs très bien les représentations construites de l’échelle Est-Ouest[6] [6] Cf. Attila Melegh, On the East/ West Slope…, op. cit. ...
suite.
Inégalités mondiales et régionales devant la migration (seconde moitié des années 1990)
7 La distinction vue plus haut est presque directement liée aux migrations. Afin de réintégrer les économies socialistes d’État, on a « déserté » des secteurs entiers de l’industrie et « abandonné à leur sort » des groupes nombreux, dont certains se sont retrouvés globalement impliqués dans les migrations transnationales. Des pays comme la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne, soit des pays d’émigration, sont devenus destination pour des immigrés d’Ukraine, de Russie, de Roumanie et même d’un Orient plus lointain (Chine, Viêt-nam). La migration est un phénomène extrêmement complexe et, même si les causalités historiques restent bien sûr cruciales, il semble que l’inégalité mondiale joue ici un rôle majeur et que la réinscription de l’Europe de l’Est dans une hiérarchie capitaliste différenciée ait été un moteur essentiel.
8 Nous pouvons illustrer cela par la relation entre la Roumanie et la Hongrie, deux pays historiquement liés. Comme le montre la figure 2 pour les citoyens roumains en Hongrie, l’immigration (flux) et l’admission sur le marché hongrois du travail suivent la courbe de l’écart entre les PIB.
Migration de Roumains en Hongrie et écart entre les PIB par habitant (à parité de pouvoir d’achat) de 1995 à 2000
9 L’inégalité régionale ne saurait être isolée des inégalités planétaires; dans la mesure même où l’intégration des économies régionales au capitalisme mondial se renforce, le poids de certains modèles sur les migrations s’alourdit. Comme il a été signalé plus haut, les économies d’Europe de l’Est sont largement dépendantes de l’investissement de capital étranger, en particulier sur les vestiges d’économies socialistes d’État qui se sont écroulées du fait de la réinscription au sein des hiérarchies du capitalisme mondial.
10 On peut montrer dans le cas de la Hongrie (pays plutôt exigu et homogène) qu’il y a une forte relation (bien que parfois aberrante) entre la présence de capital étranger souscrit et la distribution de migrants étrangers résidents. Le Centre, où le niveau du capital étranger souscrit est le plus élevé, est également la région où il y a le plus fort taux de résidents migrants par rapport aux résidents non migrants. Même si dans certaines régions il y a eu un investissement lourd de capital étranger alors que la migration était peu fréquente et vice versa, il n’empêche que le lien entre capital et migration est nettement établi. On peut même soutenir que l’expression régionale d’inégalités mondiales fonde aussi structurellement la migration internationale en Europe de l’Est.
11 Il est encore d’autres biais par lesquels l’immigration des Européens de l’Est traduit les inégalités mondiales[7] [7] Cf. id. , « La liste d’aptitude », op. cit. ...
suite. Des inégalités se développent entre résidents migrants et détenteurs de permis de travail en termes de sociologie du travail. Un pays comme la Hongrie accueille des migrants de l’« Est » faiblement qualifiés ou « déqualifiés », avec une niche spéciale de l’économie mondiale/régionale pour la diaspora chinoise. De l’Ouest, c’est une sorte d’élite secondaire qui vient résider en Europe orientale pour y acquérir des biens immobiliers, sinon pour s’y marier ou y trouver un emploi. Même s’ils se rencontrent rarement, ces différents groupes de migrants se retrouvent en Europe centrale.
Thématisation et récits de migrants : imagination hiérarchique dans un monde hiérarchisé
12 Les migrants sont pris dans un tissu discursif qui, à l’inverse, fonde leur action. Les discours constituent des centres de pouvoir en ce sens qu’ils fournissent des cadres interprétatifs pour l’action sociale et les identités. Les migrants y sont particulièrement sensibles dans la mesure où ils passent d’un espace à l’autre et doivent s’adapter aux différents discours. Dans le cas de l’Europe de l’Est, le tournant cognitif majeur est lié aux transformations politicoéconomiques. Depuis le début des années 1980, l’imaginaire géopolitique et géoculturel est de nouveau celui d’une échelle « civilisationnelle » Est-Ouest ; c’est là que s’articule le cadre interprétatif majeur pour la réorganisation internationale et sociopolitique des régimes de la partie orientale du continent européen. C’est un processus de « normalisation » et de « transition » qui voit presque tous les acteurs politiques et sociaux de l’« Est » et de l’« Ouest » se localiser eux-mêmes sur une échelle qui descend de la « civilisation » à la « barbarie », du statut du « développement » à celui du « non-développement ». Ce discours se formule dans des formes et des espaces variés de la connaissance et est utilisé par des acteurs/locuteurs fort différents, allant de l’Union européenne aux propriétaires de restaurants et aux migrants[8] [8] Cf. id. , On the East/ West Slope…, op. cit. ...
suite. Cette représentation d’échelle a un impact majeur sur la perception et la « gestion » de la migration : les migrants sont perçus et se perçoivent eux-mêmes comme se déplaçant sur semblable échelle à partir d’un échelon donné en direction d’un autre. Mieux, le migrant, à cet égard récepteur social, se construit à travers un tissu de regards portés sur l’échelle. Plus encore, l’identité du migrant et sa perspective de vie sont le fait d’un véritable travail d’invention ; les individus migrants ont à trouver le moyen de légitimer leur présence dans le tissu de représentations diverses, hiérarchiquement liées entre elles[9] [9] Cf. id. , « Globalisation and migration… », op. cit. ;...
suite.
13 Cette hiérarchie représentationnelle est clairement reflétée dans la caricature des migrants de travail de l’« Est » en Hongrie.
14 Le contexte de cette caricature est celui de l’octroi aux Roumains de permis de travailler en Hongrie indépendamment de l’ethnie à laquelle ils appartiennent. Claire et nette hiérarchie dans l’opposition entre le paysan hongrois, « propre » et dur au travail (n’existant d’ailleurs plus nulle part dans les sociétés postcommunistes), d’une part, et, de l’autre, le paysan roumain, pris de boisson et mal habillé. Les stratégies de légitimation des migrants ont pour objectif de contrebalancer ces clichés hiérarchisants.
15 Cette invention hiérarchique apparaît aussi, au demeurant, dans la thématisation de leur propre histoire par les migrants eux-mêmes[10] [10] Cf. Éva Kovács, Attila Melegh, « “It could have been...
suite. Le point important, ici, c’est qu’il s’agit d’un ensemble limité de scénarios de légitimation. Apparaît rarement la perspective d’assimilation ou d’intégration, cette exigence fondamentale des sociétés « civilisées » en matière de migration. On a au contraire du mal à rapporter des histoires de subordination, de répression et de traumatismes.
16 Résultat fondamental des enquêtes : les migrants (femmes et hommes) décrivent leur histoire comme une expérience passive ; ils ont été « emportés » vers leur destination, ce qui est un signe majeur d’oppression culturelle et sociale. Mais quand ils « redécouvrent » leurs origines, ils s’emploient souvent à se présenter sous une identité ethnique qui ne les marquait pas avant le départ. Le « fondamentalisme » des migrants est une invention postmigratoire (interaction entre migrants et sociétés d’accueil), et non pas un produit de la société émettrice. On soulignera que les migrants s’évertuent souvent à présenter une histoire de refuge, soit probablement le seul et unique biais par lequel vraiment légitimer leur présence dans les sociétés européennes. Quand ils le peuvent, c’est pour eux un moyen de s’affirmer davantage. Le phénomène de subordination reste néanmoins l’arrière-plan des relations de lutte contre les discriminations ; il compte beaucoup dans les « récits notés » où les histoires de vie s’articulent sur le modèle de sagas de légitimation au sein des sociétés d’accueil.
Conclusion
17 Le discours des Européens sur la migration est extrêmement simplifié en ce sens que les migrants y apparaissent comme des hôtes entre lesquels il faut nécessairement choisir. Nous avons montré que, en ce qui concerne l’Europe de l’Est, un tel discours demeure trompeur dans la mesure où la migration est un phénomène complexe, provoqué par des transformations majeures au sein de l’économie mondiale (interactions entre capital planétaire et capital régional, d’une part, l’État, le migrant et la société émettrice, d’autre part). Je pense qu’il faut considérer le tableau dans son ensemble, sauf à vouloir purement et simplement négliger des aspects importants, voire à figer de fait le migrant dans un statut de semi-criminel, de semi-civilisé qui vient nous déranger. Il s’agit d’une approche plus générale et susceptible d’intégrer les combats individuels menés par les migrants ; c’est à partir d’elle que nous pourrons résoudre certains des conflits qui émergent culturellement et socialement et qui « déstabilisent » de plus en plus nos sociétés.
18 Traduit de l’anglais par Aude Buckingham
Notes
[ 1] Cf. Christopher Chase-Dunn, « Globalization : Aworld-systems perspective », Journal of World-Systems Research, vol. 5, n° 2, print. 1999, <http ://csf.colorado.edu/wsystems/ jwsr.htm>. 
[ 2] Cf. Attila Melegh, On the East/West Slope. Globalization, Nationalism, Racism and Discourses on Eastern Europe, Budapest/New York, CEU Press, 2006.
[ 3] Cf. P. McMicheal, « Globalization : Myth and Realities », in T. Roberts, A.Hite (éd.), From Modernization to Globalization. Perspectives on Development and Social Change, Malden (Mass.)/Oxford (RU), Blackwell, 2000, p. 274-292. 
[ 4] Cf., entre autre littérature sur la mondialisation et les migrations, R. Staring, « Flows of People : Globalization, Migration, and Transnational Communities », in D. Kalb et al. (éd.), The Ends of Globalization : Bringing society back in, Lanham (Md.)/Boulder, Rowman & Littlefield, 2000 ; S. Sassen, Losing Control ? Sovereignty in an Age of Globalization, New York, Columbia University Press 1996 ; id., Guests and Aliens, New York, The New Press, 1999 ; id., The global city. New York, London, Tokyo, Princeton/Oxford, Princeton University Press, 2001 ; M. Orozco, « Globalization and migration : The Impact of Family Remittances in Latin America », Latin American Politics and Society, vol. 44, n° 2, été 2002, p. 41-66 ; J. H. Mittelman, Globalization Syndrome. Transformation and Resistance, Princeton, Princeton University Press, 2000; H. Lutz, « At your service Madam ! The globalization of domestic service », Feminist Review, n° 70, print. 2002, p. 89-104 ; M. Okólski, « Migrations pressures on Europe », in D. van de Kaa et al. (éd.), European Populations. Unity in Diversity, Dordrecht/Boston/Londres, Kluwer Academic Publishers, 1999 ; A. Forsander (éd.), Immigration and Economy in the Globalization Process : The Case of Finland, Vantaa, Sitra (Sitra Reports Series, 20), 2002 ; József Böröcz, « Ahatár : társadalmi tény », Replika, n° 47-48, juin 2002, p. 133-42; Attila Melegh, « La liste d’aptitude », Outre-Terre, n° 7, Attention Europe !, avr. 2004 ; Z. Baumann, « From Pilgrim to Tourist – a Short History of Identity », in Stuart Hall, Paul Du Gay (éd.), Questions of Cultural Identity, Londres, Sage, 1996; U. Beck, What is Globalization ?, Malden (Mass.), Polity Press, 2000; A. Appadurai, Modernity at Large : Cultural Dimensions of Globalization, Minneapolis/ Londres, University of Minnesota Press, 1996. 
[ 5] Cf. József Böröcz, op. cit.
[ 6] Cf. Attila Melegh, On the East/West Slope…, op. cit.
[ 7] Cf. id., « La liste d’aptitude », op. cit.
[ 8] Cf. id., On the East/West Slope…, op. cit. 
[ 9] Cf. id., « Globalisation and migration… », op. cit. ; Adrienn Hegyesi, Attila Melegh, « “Immár nem mi vagyunk a szegény rokon a nemzetközi világbana”. Astátustörvény és az Orbán-Nastase-egyezmény vitájának sajtóbeli reprezentációja és diksurzív rendje », in Erika Sárközy, Nóra Schleicher (éd.), Kampánykommunikáció, Budapest, Akadémiai, 2003, p. 135-171. 
[ 10] Cf. Éva Kovács, Attila Melegh, « “It could have been worse, we could have gone to America”. Migration Narratives in the Transylvania-Hungary-Austria Triangle », in Pál Nyíri, Judit Tóth, Maryellen Fullerton (éd.), Diasporas and Politics, Budapest, MTA Politikai Tudományok Intézete Nemzetközi Migráció Kutatócsoport Évkönyve, 2001, p. 108-138; id. « Avándorlást elbeszélŒnarratívák neme avagy nŒk és férfiak elbeszélései – nŒi és férfi elbeszélésmódok », in Andrea PetŒ(éd.), A társadalmi nemek képe és emlékezete Magyarországon a 19.-20. században, Budapest, NŒk a Valódi EsélyegyenlŒségért Alapítvány, 2004, p. 175-198. 
PLAN DE L'ARTICLE
- Réinscrire l’Europe de l’Est dans les hiérarchies mondiales 1981-2001
- Inégalités mondiales et régionales devant la migration (seconde moitié des années 1990)
- Thématisation et récits de migrants : imagination hiérarchique dans un monde hiérarchisé
- Conclusion
POUR CITER CET ARTICLE
Attila Melegh « Migrations et discours de migration à l'ère de la mondialisation », Outre-Terre 4/2006 (no 17), p. 393-401.
URL : www.cairn.info/revue-outre-terre-2006-4-page-393.htm.
DOI : 10.3917/oute.017.0393.











