2004
Parlement[s]
Recherche : L’espace des chercheurs – Dossier : l’Europe
Le PPE dans les années 1970 et 1980 : les mutations d’un parti démocrate-chrétien européen.
Vers un pôle conservateur ?
Anne Leboucher-Sebbab
[*]
Le Parti populaire européen, PPE, fédération des partis démocrates-chrétiens de la Communauté européenne, est créé en juillet 1976. Il rassemble alors douze partis issus de sept pays de la Communauté : la Christlich-Demokratische Union (CDU) et son aile bavaroise la Christlich-Soziale Union (CSU) pour l’Allemagne, la Democrazia Cristiana (DCI) et le Südtiroler Volkspartei (SVP) pour l’Italie, le Christelijke Volkspartij (CVP) flamand et le Parti social-chrétien (PSC) francophone pour la Belgique, le Katholieke Volkspartij (KVP), l’Anti-revolutionaire partij et la Christelijk Historische Unie pour les Pays-Bas (ces partis fusionnant dans le Christen Democratisch Appèl, CDA), le Christlich-Soziale Volkspartei (CSV) pour le Luxembourg, le Centre des démocrates sociaux (CDS) pour la France, enfin, le Fine Gael pour l’Irlande.
Cette création s’inscrit dans la perspective de l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, prévue pour l’année 1979. Afin de mieux coordonner la campagne électorale et le travail programmatique, ce parti européen vient appuyer le groupe démocrate-chrétien qui rassemble déjà les représentants de cette famille politique depuis l’Assemblée de la CECA en 1953 et qui, avant 1979, est le second groupe au Parlement européen en nombre de députés derrière les socialistes. Le PPE s’ajoute aussi à l’Union européenne des démocrates-chrétiens (UEDC), qui rassemble, elle, en une « internationale » régionale, les démocrates-chrétiens du continent et non pas seulement de l’Europe communautaire. Sa création participe également au mouvement de fondation des fédérations européennes de partis puisque sont créées, en 1974, l’Union des partis socialistes et, en 1976, la Fédération des partis libéraux.
Depuis ces années soixante-dix, le PPE demeure le représentant d’une famille politique influente puisque son groupe au Parlement européen est encore l’un des deux plus importants. Mais il a également connu d’importantes mutations. Tout d’abord, largement méconnu à ses débuts, étranger aux citoyens européens, il s’est peu à peu affirmé. Aujourd’hui les médias français, par exemple, y font davantage référence et les images des leaders participant à ses réunions y sont plus connues. Surtout, fédération de partis démocrates-chrétiens, son identité s’est profondément modifiée puisqu’une ouverture aux partis conservateurs a été réalisée. Aujourd’hui, les démocrates-chrétiens y sont minoritaires. Le PPE peut ainsi être présenté comme une formation de centre-droit, voire de droite.
Les études des fédérations européennes de partis se multiplient
[1] et les différentes approches – politiques et historiques – comme les différents niveaux d’études – nationaux et européens – permettent d’apporter des réponses aux questions suscitées par l’évolution du PPE qu’elles soient relatives à la nature de ce « parti européen » ou à l’ouverture aux conservateurs. Le choix d’une approche historique, centrée sur les premières années d’existence de cette formation européenne, permet de comprendre les débuts à la fois de l’affirmation de la fédération et de sa politique d’ouverture
[2]. L’étude se situe donc avant les signes les plus visibles de l’ouverture telle l’entrée des conservateurs britanniques au groupe du PPE en 1992. Elle se situe également en amont du processus de reconnaissance des partis européens, notamment par le traité de Maastricht en 1992. Il s’agit de s’intéresser au processus de construction de ce parti européen
[3].
Le débat sur les fédérations européennes de partis demeure ouvert, et la nature même du PPE pose encore question : qu’est-ce qu’un parti politique européen ? Il est évident que le système européen ne fonctionne pas comme les systèmes politiques nationaux. Le pouvoir y est disséminé, partagé. Il n’y a pas de gouvernement directement déterminé par des échéances électorales ; quant aux élections européennes, elles se déroulent davantage au niveau national qu’européen. Ce système politique de l’Union européenne se présente comme une structure décisionnelle à niveaux de pouvoirs multiples, « un système politique complexe de pouvoirs dispersés
[4] ». Ainsi, les partis européens ne peuvent avoir le même rôle que celui des partis nationaux. Il est également évident que le système politique européen étant en évolution, les fédérations européennes de partis sont elles-mêmes en devenir et cherchent à s’adapter aux mutations européennes. Dès lors, pour définir le PPE dans les années 1970 à
1980, la question n’est pas tant de savoir si cette fédération est un parti ou est susceptible de le devenir, mais plutôt de savoir comment elle peut se définir et trouver un rôle propre.
Dès sa création, le PPE affiche sa volonté de se définir comme un parti européen. Il s’agit de participer à l’évolution européenne et les démocrates-chrétiens sont les seuls à utiliser le mot « parti » dès 1976. L’Italien Mariano Rumor affirme : « une nouvelle étape de la collaboration européenne des partis démocratiques d’inspiration chrétienne s’ouvre ainsi. Aujourd’hui les démocrates-chrétiens de la CEE ont constitué un parti communautaire, ayant des pouvoirs limités mais réels et non pas un simple mécanisme de liaison
[5]. » Toutefois, si aujourd’hui encore l’appellation de « parti » pose question, elle est évidemment plus limitée encore dans les années 1970 et 1980 alors que les évolutions institutionnelles n’ont pas encore donné un rôle important au Parlement européen.
Dès l’origine également, au-delà des déclarations, est présente la conviction que la nécessité première est de faire perdurer cette création, ce qui, en soi, n’a rien d’évident. Or, chez les quelques hommes clefs de la période de formation du PPE, les Belges Wilfried Martens et Léo Tindemans ou encore les Allemands Egon Klepsch et Hans-August Lücker, il y a une réelle volonté de définir et d’affirmer le rôle du nouveau parti. Les premiers combats du PPE ne sont finalement pas de savoir s’il est ou non un parti mais bien d’exister. Pour cela, la première des conditions est de faire venir des représentants des partis membres aux réunions, de multiplier ces rencontres, d’avoir une activité visible. Les convocations aux réunions montrent sans cesse cette volonté d’impliquer au maximum les membres et se terminent souvent pas le rappel de leur nécessaire participation. Or, pour être capable de mobiliser ses membres, il lui faut leur offrir quelque chose et s’affirmer par rapport aux structures existantes.
Le PPE ne peut en effet continuer son existence que s’il présente un intérêt réel pour les partis nationaux qui en sont membres. Or son but, selon les statuts adoptés en 1976, est d’assurer « une collaboration étroite et permanente entre les partis et équipes membres afin de réaliser leur politique commune dans la construction d’une Europe fédérale ». Son rôle est précisé : la participation aux élections du Parlement européen, la réalisation d’une démocratie pluraliste sur la base d’un programme commun, la poursuite et le renforcement du processus d’intégration européenne en vue d’une Europe fédérale et, enfin, la promotion, la coordination et l’organisation des actions de ses membres sur le plan européen. Il doit donc se donner les moyens d’assumer cette fonction.
Mais, au-delà de ces textes, quel rôle réel peut avoir le PPE dans les décennies 1970 et 1980 ? La crédibilité du PPE se joue autour de ce qu’il peut offrir. Compte tenu des spécificités du système européen, ce que le PPE peut alors apporter c’est, d’une part, une structure de réflexion, de mise en commun d’idées ou d’expériences donc une possibilité de rencontrer des homologues européens et de dialoguer avec eux. Or, ce dont les partis nationaux ont besoin au niveau européen, c’est précisément de structure de dialogue. Si les partis nationaux, les gouvernements demeurent maîtres du jeu, il est bien évident que la concertation permet de faire passer ses idées avec plus de facilité pour ceux qui sont au pouvoir et de continuer à les diffuser pour ceux qui sont dans l’opposition. Cette possibilité de rencontre, d’échanges, devient de plus en plus importante à mesure que la Communauté progresse. D’autre part, et là encore les choses se mettent progressivement en place, le PPE offre une nouvelle image en quelque sorte, la possibilité pour les partis de se présenter auprès de leurs électeurs comme membres d’une famille européenne puissante. Enfin, ce sont aussi des moyens que le PPE peut procurer, en particulier lors de la campagne électorale et, même s’ils demeurent limités, les partis en sont demandeurs. Ainsi le rôle du PPE s’inscrit davantage dans une recherche d’influence politique que dans celle de postes gouvernementaux ou de voix d’électeurs.
Le PPE doit également prouver qu’il peut assumer son rôle sans recourir aux structures démocrates-chrétiennes existantes et justifier par là-même sa spécificité. Il lui faut s’affirmer dans la pratique face à l’UEDC et au groupe parlementaire européen, face aussi aux partis nationaux. Il s’agit de trouver sa place au sein du système européen. Un long travail d’affirmation, aux multiples facettes, se met en place. L’affirmation face à l’UEDC est rapide et aisée, la création du PPE se fait même à ses « dépens » et le rôle de l’UEDC s’amoindrit. La question des rapports entre le groupe et le parti est plus délicate. Elle n’est pas réglée dans les années 1970 et 1980 mais se construit au gré des circonstances. L’antériorité du groupe et son rôle réel au Parlement le mettent en position de force face à la jeunesse d’un parti dont le rôle reste à définir. Surtout, financièrement le PPE dépend des partis nationaux certes mais aussi du groupe, qui lui fournit par ailleurs divers avantages matériels. Conclure à la supériorité du groupe serait toutefois trop simple puisque le parti peut lui apporter des avantages et notamment lui permettre de ne pas être qu’un groupe parlementaire limité aux travaux du Parlement, il peut également éviter aux députés européens un trop grand isolement. Ainsi, lors de la création du PPE, le groupe participe pleinement et est désireux de disposer d’un organe qui puisse, au-delà du travail quotidien, définir une ligne programmatique. Enfin, le PPE demeure surtout largement dépendant des partis nationaux. Les élections européennes l’illustrent avec évidence, le PPE ne participe même pas à la constitution des listes qui s’élaborent à l’échelon national. Ce sont bien les partis nationaux qui participent au pouvoir au niveau national comme au niveau européen. Les relations avec les partis membres sont alors faites d’incitations permanentes pour susciter leur participation et, de fait, celle-ci est effective même si ce ne sont pas toujours les leaders qui sont mobilisés.
Il apparaît de plus très tôt que, pour s’affirmer davantage, le PPE doit non seulement gérer ses liens avec les partis nationaux, l’UEDC et le groupe, mais il doit surtout dépasser ces relations et créer des liens vers l’ensemble du système institutionnel européen. C’est ainsi qu’il peut innover, afficher sa spécificité. Il développe alors des relations avec le Conseil, la Commission et le Parlement. Ainsi, dès l’origine, est prévue la participation des membres démocrates-chrétiens de la Commission aux travaux du PPE, de même se mettent rapidement en place les importantes réunions des leaders démocrates-chrétiens qui, certes ne sont reconnues dans les statuts que tardivement, mais se déroulent dès les années 1980. En novembre 1983, à la veille du sommet européen d’Athènes, se réunit ainsi un sommet du PPE à Bruxelles auquel participent cinq chefs de gouvernement : Helmut Kohl, Wilfried Martens, le néerlandais Ruud Lubbers, l’irlandais Garret Fitzgerald, le luxembourgeois Pierre Werner et de nombreux leaders nationaux. Réunir juste avant les sommets européens, les chefs de gouvernement démocrates-chrétiens, ceux là même qui vont participer au sommet et y contribuer directement à la décision, et les chefs des partis, offre une image de poids incontestable.
La volonté d’affirmation est nette et le travail commencé dès 1976 porte ainsi peu à peu ses fruits. Mais le PPE demeure dans ces années 1970 et 1980 un parti en devenir. Il développe son importance mais ne parvient pas à influencer directement le système décisionnel européen ni à établir un contact direct avec l’électeur. C’est par ses relations avec les partis et surtout avec les leaders qu’il peut éventuellement agir sur le processus décisionnel.
Un parti démocrate-chrétien ?
La seconde mutation fondamentale que connaît le PPE concerne son identité. Il a été créé comme une fédération démocrate-chrétienne ; or, aujourd’hui cette tradition politique y est en minorité. Cette évolution s’explique par l’ouverture aux forces conservatrices. Elle pose la question de son enjeu réel : s’agit-il de la traduction de l’impossible existence d’une force démocrate-chrétienne européenne compte tenu de l’absence de cette famille dans de nombreux pays et donc sa nécessaire collaboration avec d’autres forces ? S’agit-il d’une évolution de la démocratie-chrétienne elle-même qui, confrontée en particulier à la sécularisation de la société et à la bipolarisation croissante du système européen, ne pourrait survivre et tend à se dissoudre dans le courant conservateur ? S’agit-il d’une évolution conjointe du conservatisme lui-même
[6] ?
Là encore l’étude du processus dans les années 1970 et 1980 peut apporter certaines réponses. Certes, l’ouverture est alors plus discrète, mais elle est toutefois la question fondamentale qui conditionne la création et les premières années du PPE. Elle est présente dès les travaux préparatoires, puisque déjà le choix se fait entre une formation ouverte ou centrée sur la démocratie chrétienne. Elle apparaît au grand jour dans le choix du nom de la fédération. L’adjectif démocrate-chrétien n’apparaît, en effet, que dans le sous-titre exprimant là un compromis évident entre les partisans d’une identité démocrate-chrétienne claire qui refusent l’ouverture aux conservateurs, et des positions plus nuancées, qui donnent au PPE un nom qui le rattache, certes, à la démocratie chrétienne par le biais de la tradition du popularisme mais qui permet, en même temps, l’ouverture. Dès 1976, la participation du Fine Gael irlandais qui n’est pas démocrate-chrétien, sans ouvrir à proprement parler aux partis conservateurs, illustre la volonté d’avoir des correspondants dans tous les pays et donc potentiellement des partis non démocrates-chrétiens. Quelques années plus tard, ce sont la Nouvelle Démocratie grecque puis le Partido popular espagnol qui sont intégrés, nouveaux signes d’ouverture.
L’enjeu est bien sûr l’influence des démocrates-chrétiens au sein de l’Union européenne. De fait, les partisans de l’ouverture se référent à la configuration politique dans l’hémicycle européen, et affichent leur volonté d’influence politique, de domination par rapport aux autres forces et, plus précisément, au groupe socialiste. Dès lors, cette ouverture se fait vers les forces opposées aux socialistes, donc en priorité vers les conservateurs. Le discours de la CDU est clair : il faut que le PPE et les démocrates-chrétiens soient une force qui compte et pour cela il n’y a pas d’autre solution qu’un élargissement. Les opposants évoquent eux, comme point de départ, l’équilibre des forces politiques européennes, mais leur but n’est pas tant le poids du PPE que son identité. Ils ne s’opposent pas nécessairement à toute perspective d’alliance mais bien à l’intégration, au sein du PPE, de partis non démocrates-chrétiens. Ils sont conscients de la nécessité de l’ouverture pour compter, mais expliquent leur position par l’exigence de préserver l’identité démocrate-chrétienne comme par le fait que leurs électeurs ne comprendraient pas ces alliances. Ils se basent également sur les conceptions européennes de partis conservateurs. De fait, le PPE est ouvertement favorable à une Europe fédérale. Les projets européens sont ainsi éminemment distincts. Wilfried Martens notamment, acteur essentiel de la création du parti et actuel président du PPE, s’intéresse très tôt à l’ouverture. Il met alors en relief la collaboration entre socialistes et communistes, notamment dans l’Europe latine, constate l’isolement des démocrates-chrétiens surtout en Allemagne et en Autriche, mais s’interroge et craint alors « qu’une telle polarisation amène la démocratie chrétienne à s’intégrer dans un bloc anti-socialiste, ce qui nuirait à l’évolution future de la démocratie chrétienne, qui doit sauvegarder son identité et son idéologie.
[7] » La question est bien là, l’ouverture aux conservateurs tend à constituer un pôle anti-socialiste, or la démocratie chrétienne ne se définit pas uniquement comme anti-socialiste. La bipolarisation qui s’instaure sur la scène européenne remet en question le positionnement original de la démocratie chrétienne.
Ainsi apparaissent les divergences entre les positions plus « droitières » de la CDU et celles des autres partis dont certains s’allient volontiers avec les socialistes. Alors qu’elle est encore temporisée, les évolutions des années 1970 et 1980 permettent de saisir le processus d’acceptation de l’ouverture. Les positions très hostiles dominent encore, c’est le cas des démocrates-chrétiens d’Italie et du Benelux. Leur attitude est déterminée par leur situation nationale. Ils ne peuvent avoir une alliance au niveau national et une autre totalement différente au niveau européen. Mais le PPE est une arène politique où se jouent les relations entre les partis membres, or le rapport de force entre ces membres évolue. Le rôle central de la CDU s’affirme à mesure que la position des autres membres est plus délicate. La DCI est encore influente mais connaît de premières difficultés, quant aux partis du Benelux leurs positions politiques et électorales commencent à s’éroder. La CDU ne souhaite alors pas renoncer à sa participation au PPE, mais elle n’entend pas non plus renoncer au dialogue avec les conservateurs. Le PPE demeurant démocrate-chrétien, la CDU poursuit ce dialogue à travers la création, dès le milieu des années 1970, de l’UDE, Union démocratique européenne, qui rassemble certains membres du PPE telle la CDU-CSU, et des partis comme le RPR ou encore les conservateurs britanniques
[8]. Cette création suscite d’intenses débats internes au PPE où la quasi-totalité des membres la refuse, toutefois l’UDE existe tout en demeurant moins structurée que le PPE
Il est encore trop tôt, dans ces premières années, pour que l’influence des partis non démocrates-chrétiens se fasse réellement sentir sur le programme lui-même d’un parti qui se présente toujours comme démocrate-chrétien, même si l’étude plus fine mérite de souligner de premières évolutions. Mais l’entrée de nouveaux partis augure déjà d’évolutions futures et d’une perte évidente d’identité.
L’étude du PPE dans les années 1970 et 1980 permet de mettre en évidence la volonté d’affirmation de ce parti européen, sa stratégie pour dépasser le stade d’une internationale de partis, comme sa dépendance face aux partis et au groupe. Elle montre également les débuts de la stratégie d’ouverture qui, sans être aussi évidente qu’elle l’est à partir des années 1990, n’en est pas moins réelle et progressive. L’étude montre surtout que les deux évolutions sont intimement liées.
Le PPE se veut un parti et non une internationale mais, par-là même, il souhaite approfondir les relations entre partis membres et également peser sur la scène politique européenne. Or, dès lors qu’il ne se contente plus de simples réflexions communes, il se trouve confronté à la réalité politique, à la nécessaire recherche d’influence et c’est alors que l’ouverture s’impose. Ainsi, en voulant renforcer l’influence des démocrates-chrétiens, il court le risque de diluer leur identité. Les positionnements de ces partis sont très différents d’une scène politique à l’autre. Surtout ils ne peuvent affronter la bipolarisation et, dès lors, le PPE perd son identité démocrate-chrétienne à mesure qu’il s’affirme.
[*]
Agrégée d’histoire, doctorante à Paris IV-Sorbonne.
[1]
Voir en particulier P. Delwit, E. Külahci, C. Van de Walle,
Les fédérations européennes de partis. Organisation et influence, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2001, ouvrage qui propose une réflexion récente sur ce sujet et fournit des éléments bibliographiques.
[2]
C’est le choix dans le cadre de notre thèse de doctorat sur le PPE en cours, sous la direction du Professeur J.‑M. Mayeur. Sources principales : archives du PPE (Bruxelles et Fondation K. Adenauer), publication du PPE, de l’UEDC et du groupe, témoignages écrits et oraux des acteurs.
[3]
Cf. notamment T. Jansen,
The European People’s Party. Origins and development, Basingstoke, Mac Millan Press, 1998 et R. Papini,
L’internationale démocrate-chrétienne, 1925-1968, Paris, Cerf, 1988.
[4]
C. Lord, « Quel type de concurrence imparfaite », p. 42, dans P. Delwit, E. Külahci, C. Van de Walle,
Les fédérations européennes de partis. Organisation et influence,
op. cit.
[5]
M. Rumor, « Présentation »,
Panorama démocrate-chrétien, n° 2-3, avril-septembre 1978, p. 2-3.
[6]
Voir P. Delwit (éd.),
Démocraties chrétiennes et conservatismes en Europe. Une nouvelle convergence ?, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2003.
[7]
Archives de la Fondation K. Adenauer, ACDP, PPE, IX-007-001. Comité politique des partis démocrates-chrétiens des pays membres des Communautés européennes, 26 septembre 1975.
[8]
Cf. R. Papini,
op. cit., p. 208.