2005
Parlement[s]
Les tempéraments politiques
L’Aquitaine politique vue par ses parlementaires
Bernard Lachaise
[*]
Pour appréhender le regard des parlementaires aquitains sur l’identité aquitaine et sur la culture politique régionale, une enquête orale a été réalisée, au cours de l’année 2004-2005, auprès d’élus d’hier et d’aujourd’hui. La sélection du « corpus » de députés et de sénateurs a été effectuée selon quatre critères : une longue expérience du Parlement, le poids politique local et national, la représentation des grandes familles politiques régionales, l’équilibre entre les cinq départements aquitains. Ainsi, quinze parlementaires des IVe et Ve Républiques ont été choisis, présentés ici selon la date de leur entrée au Parlement :
Nom et prénom Date de naissance Famille politique Département d’élection Mandats au Parlement Autres fonctions importantes Caillavet (Henri) 1914 Radical Lot-et-Garonne Député 1946-1958 et sénateur 1967-1983 Ministre sous la IVe République Ranoux (Roger) 1921 Commu niste Dordogne Député 1956-1958 Guéna (Yves) 1922 Gaulliste Dordogne Député 1962-1981 puis 1986-1989 et sénateur 1989-1997 Ministre ; Maire de Périgueux ; président du Conseil constitutionnel Inchauspé (Michel) 1922 Gaulliste Pyrénées-Atlantiques Député 1967-2002 Ministre Labarrère (André) 1928 Socialiste Pyrénées-Atlantiques Député depuis 1967 Maire de Pau ; président du Conseil régional d’Aquitaine ; ministre Valleix (Jean) 1927 Gaulliste Gironde Député 1967-2002 Maire du Bouscat Madrelle (Philippe) 1937 Socialiste Gironde Député 1968-1980 et sénateur Président du Conseil général de Gironde Valade (Jacques) 1930 Gaulliste Gironde Député 1970-1972 et sénateur depuis 1980 1er adjoint au maire de Bordeaux ; ministre ; président du Conseil régional d’Aquitaine Bonnet (Alain) 1934 Radical Dordogne Député 1973-1993 Nom et prénom Date de naissance Famille politique Départe ment d’élec tion Mandats au Parlement Autres fonctions importantes Sainte-Marie (Michel) 1938 Socialiste Gironde Député 1973-1993 et depuis 1997 Maire de Mérignac ; président du Conseil régional d’Aquitaine Emmanuelli (Henri) 1945 Socialiste Landes Député depuis 1978 Président du Conseil général des Landes ; ministre François-Poncet (Jean) 1928 Centriste Lot-et-Garonne Sénateur depuis 1983 Ministre ; président du Conseil général de Lot-et-Garonne Labeyrie (Philippe) 1938 Socialiste Landes Sénateur depuis 1983 Maire de Mont-de-Marsan Alliot-Marie (Michèle) 1946 Gaulliste Pyrénées-Atlantiques Députée depuis 1986 Ministre ; maire de Saint-Jean-de-Luz Bayrou (François) 1951 Centriste Pyrénées-Atlantiques Député depuis 1986 Président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques ; ministre
Trois n’ont pas répondu à la demande d’entretien (Michel Inchauspé, Jean Valleix et Michèle Alliot-Marie). Quatre ont répondu mais l’entretien n’a pas été possible (André Labarrère, Philippe Madrelle, Henri Emmanuelli, Philippe Labeyrie). Les autres parlementaires ont accordé leur témoignage, soit par entretien (les propos d’Henri Caillavet ont été recueillis par Jacques Puyaubert ; ceux d’Yves Guéna et de Jacques Valade par Bernard Lachaise ; ceux de Michel Sainte-Marie par Christine Bouneau et de Jean François-Poncet par Matthieu Trouvé), soit par courrier (Roger Ranoux, Alain Bonnet et François Bayrou). Que les parlementaires qui ont pris sur le temps pour participer à cette enquête soient ici très vivement remerciés. Ils nous semblent représenter assez fidèlement l’Aquitaine politique depuis 1945 dans la diversité de ses sensibilités (un communiste, un socialiste, deux radicaux de gauche, deux centristes, deux gaullistes), de ses terroirs à l’exception des Landes (trois élus périgourdins, deux girondins, deux lot-et-garonnais, un des Pyrénées-Atlantiques) et des générations (deux élus de la IVe République, six élus de la Ve République dont quatre des années 1960-1970 et deux des années 1980).
En préambule aux questions sur l’identité de l’Aquitaine et sur la culture politique régionale, chaque parlementaire a été interrogé sur son entrée en politique. Pour certains, l’héritage familial est déterminant, en particulier chez les radicaux. Henri Caillavet explique son engagement « par éducation, par fidélité, par philosophie » : fils d’un franc-maçon, membre du parti radical, il a connu tout jeune Caillaux, Clemenceau, Herriot, Daladier et en a été « impressionné ». Tel est aussi le cas d’Alain Bonnet : « toute ma famille qu’elle soit paternelle ou maternelle a été dans la mouvance radicale… Il était naturel que je poursuive le choix de mes ancêtres » et de citer son père Georges Bonnet, député de la Dordogne sous les IIIe, IVe et Ve Républiques ; Eugène Pelletan son arrière-grand-père ; Camille Pelletan, son grand oncle ou Maurice Ordinaire, son grand-père maternel. Pour lui, l’engagement est précoce, dès 1951, quand son père entame son retour politique après la guerre et l’exil en Suisse. Pour le socialiste Michel Sainte-Marie, fils d’instituteurs pourtant « nullement militants », « le choix – du socialisme – est un peu inné » et l’engagement précoce, chez les Étudiants socialistes, « qui étaient à ce moment-là en rupture plus ou moins ouverte avec les adultes comme on disait, c’est-à-dire le parti SFIO lui-même qui était en fin de vie d’ailleurs ».
Pour d’autres, ce sont des circonstances historiques qui s’avèrent déterminantes. Ainsi, pour Yves Guéna, entré en gaullisme dès la première heure par son engagement dans la France libre en juin 1940, puis dans la politique au début de la Ve République pour « servir le général de Gaulle ». Il en va de même pour Jacques Valade, professeur des Universités, jeune doyen de la faculté des sciences de Bordeaux, sans appartenance politique, auquel Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre, demande en 1970 de devenir son suppléant lors de l’élection législative partielle due au décès de Jacques Chabrat.
L’alliance des communistes, des socialistes et des radicaux élaborée au début des années 1970 oblige des personnalités « centristes », comme Jean François-Poncet ou François Bayrou, à faire un choix. Jean François-Poncet, entré en politique au centre gauche, du côté des radicaux, à la fin des années 1960, évolue vers le centre droit sous l’effet d’une double conjoncture : la « radicalisation » du discours de gauche et l’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing. François Bayrou ex-plique : « il y a trente ans, j’avais le sentiment qu’avec l’union de la gauche, le socialisme était soumis aux grands choix historiques des communistes, et même aux mécanismes de leur pensée. Les communistes c’était non, donc l’union de la gauche, c’était non. Entre les deux, il y avait ce que l’on appelait à l’époque les réformateurs : ils étaient faibles, petits. C’était le parti de Jean-Jacques Servan-Schreiber, à la figure attrayante mais à la réalité moins élaborée. Et puis, il y avait le centre démocrate de Jean Lecanuet, qui était l’humanisme chrétien. C’est là que je suis allé ».
Profession de foi de François Bayrou, candidat de l’UDF à l’élection présidentielle en 2002.
Les parlementaires interrogés se sentent-ils « aquitains » ? La majorité d’entre eux répondent par la négative. Seuls le socialiste Michel Sainte-Marie et l’UDF François Bayrou affirment leur appartenance aquitaine et pour des raisons identiques. Pour eux, l’identité aquitaine est ressentie comme le fruit d’une histoire à la fois familiale – les origines géographiques des parents – et personnelle – un itinéraire d’études et de vie professionnelle – qui les lie à plusieurs départements de la Région. Michel Sainte-Marie explique : « né à Bayonne, je me définis comme parfaitement aquitain, totalement… Je suis certes basque même si j’ai un nom qui n’est pas basque… Je suis basque, landais par ma mère, donc typiquement bayonnais… gascon et basque par mon père. Mais comme je suis depuis l’âge de 17 ans en Gironde, malgré moi je suis devenu un peu girondin… Professeur à l’École Normale d’Agen… Les Landes, j’y ai travaillé un petit peu aussi… Il n’y a que la Dordogne où je n’ai pas sévi ! ».
François Bayrou insiste aussi sur l’ancienneté de sa vie en Aquitaine : « Je suis né à Bordères, en Béarn, j’y ai grandi et j’y vis toujours avec ma famille. J’ai fait mes études à Bordeaux où, à la mort accidentelle de mon père, j’ai dû reprendre l’exploitation agricole familiale, tout en enseignant au lycée de Nay. Depuis 1986, je siège au Palais-Bourbon où je représente la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. En 1992, j’ai présidé le Parlement de Navarre pendant une décennie et aujourd’hui encore je représente le canton de Pau-sud au Conseil général, sans interruption depuis vingt ans. Alors, oui, je me sens aquitain ! Et pour être plus précis, je me sens citoyen français, profondément béarnais, pyrénéen, aquitain et par-dessus tout européen »
Pour les autres, qu’ils soient originaires de la région – Alain Bonnet, Henri Caillavet, Roger Ranoux, Jacques Valade – ou pas – Yves Guéna ou Jean François-Poncet –, l’identité aquitaine est discutable voire inexistante. Ce qui n’exclut pas une expérience personnelle familiale « aquitaine », chez Jacques Valade, par exemple, né à Bordeaux où il a toujours vécu mais dont la famille est originaire de Dordogne et l’épouse originaire du Pays basque.
Les témoignages d’Henri Caillavet de Roger Ranoux, deux élus de l’Aquitaine intérieure, soulignent la délicate question des frontières de l’Aquitaine. L’élu radical de Lot-et-Garonne déclare : « Il y a plusieurs Aquitaines. » Il se définit comme « d’abord gascon par mon père, provençal par ma mère… » et comme marqué par « le milieu culturel toulousain » où il fit ses études. « En Aquitaine, il y a des terroirs », avant de conclure qu’il se sent « d’abord de son “pays” et non aquitain » et d’ajouter « de culture rugbystique ». Il illustre le positionnement du Lot-et-Garonne, tiraillé entre l’Aquitaine d’un côté et Midi-Pyrénées de l’autre, et la référence au rugby renvoie à une culture commune dans le Sud-Ouest, toulousain ou languedocien tout autant qu’aquitain.
L’élu communiste de Dordogne, Roger Ranoux, natif de l’extrême limite orientale de la Dordogne, évoque un autre découpage régional : « je n’ai pas l’âme d’un Aquitain… Attaché comme peut l’être un Périgourdin à son département ; par ailleurs, l’essentiel de mes relations anciennes… l’ont été dans les départements regroupés au sein d’une direction inter-départementale Dordogne-Corrèze-Haute-Vienne-Creuse-Lot ». Il trace ainsi une région plus limousine où le communisme est puissant et où, depuis les débuts du PCF, les militants regardent plus vers Limoges que vers Bordeaux.
Si l’identité aquitaine n’est pas reconnue, c’est aussi parce que la vieille institution « département » fait de la résistance face à la jeune institution « région » ! Le Breton Yves Guéna, devenu Périgourdin par mariage et par enracinement au fil des élections à compter de 1962, avoue qu’il ne ressent pas l’identité régionale car il est « trop jacobin pour cela », en ajoutant ce cri du cĹ“ur : « Périgourdin oui ! Aquitain non ! » Un autre élu périgourdin, Alain Bonnet écrit : « mon enracinement départemental l’emporte sur celui de la Région ». Quant à Jacques Valade, ancien Président de la Région Aquitaine, il confirme en des termes sans aucun doute inspirés par l’expérience, le poids des départements : « il n’y a pas d’entité aquitaine… Les hobereaux locaux – en Dordogne, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques – ne peuvent pas supporter l’idée que quelqu’un puisse régner sur notre région… » tout en estimant qu’« il y a un tempérament aquitain… ».
De ce scepticisme dominant face à l’identité aquitaine découle la réponse que donnent beaucoup de parlementaires à la question : « si vous deviez retenir une de vos actions au service de l’Aquitaine, laquelle retiendrez-vous ? ». Ceux qui acceptent de faire un choix – difficile certes… – retiennent une réalisation locale, à l’exception de François Bayrou qui cite : « la défense incessante de l’autoroute Bordeaux-Pau » dont on peut considérer qu’elle est véritablement une action d’intérêt régional, pour l’Aquitaine. Alain Bonnet retient « le classement en zones de rénovations rurales de la Dordogne, premier département de France à obtenir des avantages considérables », Michel Sainte-Marie « tout ce qui concerne l’aéronautique, l’espace… » – très important sur sa commune de Mérignac et dans sa circonscription –, Jean François-Poncet « l’action en faveur de l’aménagement du territoire et du développement du Lot-et-Garonne », en rappelant qu’il se sent plus élu de Lot-et-Garonne que d’Aquitaine, et Yves Guéna « l’implantation de l’imprimerie du timbre-poste en Dordogne et l’aménagement de la ville de Périgueux ».
Yves Guéna à l’Assemblée nationale.
Ph © D.R.
Une culture politique aquitaine ?
S’il existe un « tempérament politique aquitain » selon Jacques Valade, existe-t-il une spécificité politique aquitaine générale et dans chaque famille politique ? Les parlementaires sont partagés sur ce point, en dehors de tout clivage politique.
Certains s’efforcent de décrire les traits originaux de l’Aquitaine politique. Ainsi, François Bayrou écrit : « l’Aquitaine prédispose davantage que d’autres régions à la tolérance, à la compréhension de l’autre et il y a même une complicité entre élus d’opinions différentes ». C’est aussi d’une certaine façon le sentiment de Michel Sainte-Marie : « oui, ça existe… certaines valeurs de relative tolérance… une certaine modération… » et même, en partie, celui d’Yves Guéna. L’ancien parlementaire gaulliste de la Dordogne, s’il ne croit pas à une spécificité politique aquitaine, estime que les communistes en Périgord sont « de bons gars, moins sectaires ». Ne faut-il pas voir dans cette affirmation la conséquence des liens tissés dans la Résistance entre communistes et gaullistes qu’Yves Guéna – comme Roger Ranoux – n’ont cessé de mettre en avant ? Yves Guéna, ancien des Forces Françaises Libres, remettant à Roger Ranoux, lieutenant-colonel Hercule, ancien chef départemental des FFI, les insignes d’officier de la Légion d’honneur, le 12 octobre 2002, ne déclare-t-il pas : « nous n’avons pas en tout point la même vision de la société, mais l’essentiel nous réunit… oui, nous nous retrouvons au coude à coude sur les champs de bataille quand la France est en péril. Et si la République est menacée, nous nous retrouvons même parfois dans les urnes… » ?
Mais la plupart des parlementaires nient l’existence d’une spécificité politique aquitaine. Henri Caillavet l’explique : « je n’y crois pas… la Région est très diversifiée, composée d’une multitude de cultures : le Périgord n’est pas le Béarn ! Il y a des sensibilités locales… Certes, un état d’esprit commun : on est du midi mais pas un esprit aquitain en dehors de sa famille politique ». La réponse de Jean François-Poncet est tout aussi claire : « il n’y a absolument aucune spécificité politique aquitaine »… tout en expliquant qu’« il existe réellement une place pour le centrisme en Aquitaine ». Alain Bonnet est également catégorique : « je ne pense pas qu’il y ait une forte spécificité politique aquitaine… je ne pense pas qu’il existe dans notre région un “communisme”, “un socialisme”, un “radicalisme”, un “gaullisme” spécifique ».
Malgré tout, les élus aquitains se retrouvent-ils dans la référence à d’éminentes personnalités politiques régionales, d’hier ou du xxe siècle ? Bref, qui feraient-ils entrer dans un panthéon régional ?
Jacques Chaban-Delmas est le nom le plus fréquemment cité. Presque tous les parlementaires le désignent, avec plus ou moins d’arguments et d’enthousiasme : « il aura marqué le xxe siècle » écrit François Bayrou qui a vu en la personne du député-maire de Bordeaux, devenu Premier ministre en 1969, un représentant de la modernité : « après l’épisode Chaban, on a eu l’impression que l’on avait tourné le dos à un appel à l’ouverture, à la respiration, à la modernité, que le maire de Bordeaux, d’une certaine manière, avait représenté, avec son style » ; « j’avais une grande affection pour lui ; il a été radical-socialiste » (H. Caillavet) ; « le personnage… le rassembleur… pour son charisme personnel plus que comme incarnation de l’Aquitaine » (J. Valade).
Pour des temps plus anciens, François Bayrou et Jacques Valade se rejoignent pour évoquer Montesquieu, le député du Béarn, ajoutant Montaigne et bien sûr, Henri IV. Chez les autres parlementaires, ce sont des figures politiques départementales des xixe-xxe siècles qui sont citées. En tête arrive Armand Fallières, spontanément nommé par les deux élus de Lot-et-Garonne, Henri Caillavet et Jean François-Poncet : il est vrai que l’illustre Lot-et-garonnais est le seul Aquitain à avoir accédé depuis 1870 aux plus hautes fonctions de la République. Yves Guéna cite Pierre Magne qui, au xixe siècle, a réalisé une belle carrière locale et nationale, comme parlementaire et ministre sous le Second Empire et la IIIe République. Il ajoute pour le xxe siècle trois autres Périgourdins ayant connu des destins nationaux : Yvon Delbos, Georges Bonnet et Robert Lacoste.
Quelle vision de l’Aquitaine politique contemporaine émerge des entretiens avec ces huit parlementaires aquitains ?
Force est de constater que ces élus, quelle que soit leurs sensibilités politiques, leurs origines géographiques et leur appartenance générationnelle, se rejoignent très largement sur l’absence d’une identité politique aquitaine et sur la difficulté de cerner une culture politique aquitaine. Leurs explications soulignent l’importance de l’appartenance au département voire au « pays » qui l’emporte largement sur le sentiment régional, y compris dans leur panthéon politique local. Seul Chaban, pour le xxe siècle, semble disposer du statut de personnalité aquitaine, en tant que symbole de « rassemblement » au-delà des étiquettes partisanes et sans doute aussi – même si ce n’est pas dit – par l’envergure nationale de sa carrière politique, même si elle s’est brisée sur les marches de l’Élysée en 1974.
[*]
Professeur à l’Université de Bordeaux 3.