Parlement[s], Revue d'histoire politique
L'Harmattan

I.S.B.N.sans
164 pages

p. 135 à 144
doi: en cours

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n° 8 2007/2

2007 Parlement[s] Sources

Entretien avec François Baroin  [1]

Réalisé par  Alexandre Niess
Q : Vous vous êtes engagé très jeune en politique : quelles ont été vos premières motivations ?
FB : D’abord être utile aux autres. Ensuite une certaine idée de servir, une volonté d’agir et d’avoir des responsabilités et puis une passion pour le débat d’idées. Il est vrai que la politique est de ce point de vue un bon lieu d’expression. Ensuite, j’ai eu la chance d’exercer des responsabilités importantes relativement jeune [2], ce qui a évidemment donné encore plus de passion à cet amour de la chose publique que j’ai eu pour partie grâce à mon éducation et à la chance que j’ai eue de grandir dans des cercles où le débat d’idées, où l’expression et la confrontation des idées faisaient partie du quotidien.
Q : Vous venez d’évoquer votre éducation familiale. Peut-on considérer que votre père [3] ait été un vecteur ou un moteur de votre engagement ?
FB : Malheureusement, non. Parce que lorsque mon père est mort, j’avais à peine plus de 20 ans [4]. J’étais à la faculté, je n’avais pas du tout envisagé de faire de la politique. Le débat d’idées me passionnait mais j’étais plutôt sur la ligne d’être journaliste, comme je l’ai été en radio, ce qui est une autre manière de s’exprimer. Malheureusement, mon père n’a pas été mon parrain en politique. Je dis, malheureusement, car ses valeurs sont les miennes et que j’essaie de les véhiculer. Ces valeurs sont en moi, ce sont des valeurs humanistes, profondément républicaines, je crois très respectueuses de l’identité de chacun avec un sens de l’action et une volonté de s’engager.
Mon parrain en politique est plutôt Jacques Chirac. Il m’a fait confiance. Il m’a donné confiance en moi et dans mes capacités à m’engager dans ce débat politique. Au-delà du soutien politique qu’il a pu m’apporter, comme à tant d’autres, c’est la qualité de la relation et des conseils qu’il a pu me donner sur le plan personnel qui a été déterminante et utile. Être aux côtés de Jacques Chirac, sur le plan politique, au moment de la conquête élyséenne, et puis exercer des responsabilités ministérielles, je dirai que c’est d’une autre nature que ces valeurs paternelles. Mais on peut dire que mes relations avec Chirac ont été personnelles avant d’être politiques.
Q : Ce parrainage en politique semble donc être important quand on est jeune en politique. Néanmoins, cette tutelle n’est-elle pas parfois un poids difficile à porter ou à supporter ?
FB : On peut tout dire là-dessus. Il y a un côté « sois sage, quand tu seras grand on te récompensera. » Il y a un côté, peut-être, prison dorée. Mais je crois qu’il est inutile de s’excuser de son âge. Je ne me suis jamais excusé de mon âge ; je ne me suis jamais excusé de quoi que ce soit. En politique, on se présente au suffrage universel. Cette légitimité, elle, n’a pas d’âge. Les gens vous font confiance ou ne vous font pas confiance. Ils vous font confiance une fois et, si vous n’êtes pas bon, ils ne vous font plus confiance. S’ils vous font confiance une seconde fois, c’est que vous avez fait vos preuves.
La seule légitimité est celle du suffrage universel et ne réside pas dans les relations personnelles que j’ai pu entretenir avec Jacques Chirac. La question de la jeunesse n’entre que peu en ligne de compte, elle vient après les qualités et le travail ; ensuite ce sont les électeurs qui décident.
Q : Que pensez-vous de la politisation des jeunes ?
FB : Nous sommes dans un monde extraordinairement médiatisé. Avec le développement des nouvelles technologies (Internet, chat, etc.), tout le monde parle de tout. Les politiques sont devenus des people. Donc forcément les jeunes regardent un peu plus les politiques ; ils les connaissent un peu mieux parce qu’en réalité les politiques glissent sur des vecteurs qui touchent un peu plus les jeunes. Nicolas Sarkozy, par son sens de l’image et de la communication, a très largement déplacé les lignes. Et c’est vrai qu’il y a eu de la part de jeunes, voire de très jeunes, un intérêt pour la dernière campagne présidentielle. Des enfants de 12 ou 13 ans parlaient de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal dans les cours de récréation, ce qui est au final formidable. Même s’ils ne savent pas s’il est à gauche ou à droite, ni quel est son projet ou son programme (ce qui est évident). De toute façon c’est formidable parce que cela fait porter un intérêt sur la responsabilité politique, sur le fait qu’il y ait en France un Président de la République et que les gens choisissent.
Q : Cette politisation est-elle plus ou moins importante qu’auparavant ?
FB : Chaque génération – celles des années 1960, 1970, 1980 ou 1990 – s’investit en fonction de l’actualité et de ses sujets de crainte. Mais en règle générale, et toutes générations confondues, les 18-25 ans se sont toujours engagés en faveur des droits de l’Homme, des organisations non gouvernementales, de l’aide humanitaire, de l’aide au développement. Il y a une générosité, un esprit de solidarité, un esprit très humaniste chez les 18-25 ans.
En dehors de cela, il existe des curseurs qui se déplacent en fonction de l’époque. Nous voyons bien aujourd’hui que l’environnement est un thème susceptible de provoquer l’engagement d’une bonne partie de la jeunesse française ou européenne. Sur le plan politique, le refus des extrêmes est aussi un thème fédérateur et moteur ; et en ce sens la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 a quand même provoqué une prise de conscience politique pour une génération, qui à ce moment-là était, soit tout juste en âge de voter, soit un peu trop jeune ; et ces jeunes ont dit qu’ils ne voulaient plus voir cela. La peur des pouvoirs trop forts et extrémistes est un élément fédérateur.
Je ne crois pas que l’on puisse dire qu’il y ait dépolitisation de la jeunesse. Aujourd’hui, il y a plus de jeunes dans les partis politiques parce que ces derniers utilisent les techniques modernes de communication et que le développement d’Internet favorise le rapprochement avec la politique. La politique parvient à montrer qu’elle est utile, même si tout le monde n’adhère pas au projet ou au programme. J’ai été frappé, lors des meetings de gauche ou de droite de la dernière campagne, par le fait qu’il y avait énormément de monde et énormément de jeunes. Les jeunes ne se se sont pas contentés de chatter sur Internet, ils se sont déplacés et ont participé au débat.
Q : Nous avons vu lors des dernières élections des différences fondamentales en terme de participation. Celle-ci a été très forte pour la présidentielle et très faible pour les législatives [5]. Les instituts de sondage entre les deux tours des législatives ont parlé d’une désaffection des jeunes. Quel est votre sentiment sur cette question ?
FB : Nous sommes véritablement entrés dans un régime présidentiel avec le quinquennat présidentiel et le quinquennat législatif calqué sur le même calendrier. L’élection présidentielle guide l’ensemble, donc la mobilisation s’est faite sur l’élection dominante. Trois semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy, la participation a donc été plus faible. Je ne sais si les jeunes sont moins allés voter que les autres tranches d’âge. Néanmoins, la campagne présidentielle a suscité un vaste débat dans lequel la jeunesse a largement pris sa place et sa part.
Q : Vous étiez un jeune RPR. Quelles différences faites vous entre cette période et ce que représentent aujourd’hui les ‘Jeunes populaires’ [6] ?
FB : Chaque génération est portée par ce qui la forme. Quand Mitterrand est arrivé au pouvoir, j’avais 16 ans. J’ai grandi avec Mitterrand au pouvoir, donc je me suis construit avec le regard que je portais sur l’action de la gauche au pouvoir et aux responsabilités. Je me suis aussi construit en fonction de ce que la société me proposait.
Aujourd’hui, la jeune génération a accès à une foultitude d’informations avec beaucoup moins d’efforts que nous en avions à produire. C’est une chance, c’est plus facile, mais il est plus difficile d’en faire sa propre synthèse. Du point de vue des inquiétudes, j’appartiens à la génération SIDA ; aujourd’hui il y a d’autres menaces, d’autres peurs. Le débat sur les religions, sur le plan mondial avec les éventuelles confrontations entre les fondamentalistes et les civilisations occidentales ne faisait pas vraiment partie du champ politique quand moi j’avais le même âge que les jeunes d’aujourd’hui. Aujourd’hui, personne ne peut échapper à une réflexion sur le fait religieux, sur la place de l’Islam dans des sociétés à dominante chrétienne. Cette réflexion sur le vivre ensemble se nourrit et se forge, et la jeune génération actuelle est en train de se construire sur ces bases là. D’autres domaines sont également centraux dans la construction politique des jeunes d’aujourd’hui : l’environnement, le fait mondial, les interrogations sur le nucléaire, sur la protection de la planète ; mais aussi le fait de trouver un emploi. La définition du bonheur se construit à chaque génération sur des critères parfois très différents.
Q : Est-il selon vous plus difficile d’affirmer sa politisation quand on est jeune et de droite ? Lors de la dernière campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a appelé de ses vÅ“ux une droite qui s’assume. Les Jeunes populaires d’aujourd’hui s’assument-ils davantage que leurs prédécesseurs ?
FB : La séparation entre la droite et la gauche trouve son origine sous la Révolution française, au moment du débat sur le maintien du droit de veto pour Louis XVI. Les notions de progressistes et de conservateurs naissent de là. Au cours des XIXe et XXe siècles, les leaders progressistes, avec des figures tout à fait remarquables, ont très habilement surfé sur l’idée que la gauche incarnait le progrès, la solidarité, le social et que l’égalité en fait était promise par une gauche au pouvoir et aux responsabilités. La réalité est toute différente. Cette différence est amplifiée par le fait qu’il y ait eu le mur de Berlin, par le fait que l’une des utopies de gauche dominée par le marxisme et le communisme se soit effondrée et que beaucoup en France ne l’ont pas accepté. Tout cela fait, au final, qu’il n’y a plus strictement aucune raison, si tant est qu’il y en ait eu une, de s’excuser d’être de droite, républicain et en même temps habité par un esprit de liberté et soucieux de solidarité. Cette évolution montre que le progrès fait partie des projets politiques. Par ailleurs, les Français s’en rendent bien compte puisque l’UMP apparaît comme le parti le plus progressiste. La grande révolution que la gauche devra faire vis-à-vis d’elle-même, c’est de savoir comment retrouver cette vertu du progrès sur laquelle elle a surfé pendant si longtemps.
Je ne crois pas qu’il soit plus difficile pour un jeune d’être de droite. C’est un tabou qui est tombé. De ce point de vue, je crois que Nicolas Sarkozy a beaucoup fait dans sa campagne présidentielle. C’est fini ; je crois que là-dessus le problème est à gauche et pas à droite. On peut être parfaitement jeune et UMP, ils sont d’ailleurs très nombreux.
Q : Quels sont les points centraux autour desquels peuvent se retrouver les jeunes en politique, quelles que soient leurs convictions, qu’ils soient de droite ou de gauche ?
FB : Il y a aujourd’hui énormément de sujets très largement dépolitisés, sur lesquels se dégagent clairement des majorités d’idées : l’environnement et la protection de la planète ce n’est ni de gauche ni de droite, c’est une exigence de tout le monde ; la gauche – à travers les Verts, dans le cadre de la gauche plurielle – a voulu en toucher les droits d’auteur, mais elle a échoué. La santé publique ne peut être un sujet pris en otage, les retraites non plus, l’expression de la solidarité même. Il n’y a plus de différence. Les lignes de marquage politiques se focalisent donc plus sur des questions comme l’orientation économique, sur plus de dettes, plus d’impôts, moins de déficit, plus de déficit, des services publics en direct sous l’autorité de l’État ou alors une régulation plutôt proposée par la droite qui n’abîme pas le service public mais qui fait que l’État est un peu plus moderne.
Les lignes de fracture sont là, mais elles ne sont plus, de notre point de vue, dans l’idéologie. Elles le sont peut-être encore dans l’esprit de nombreux responsables de gauche, c’est peut-être aussi là leur faute puisque certains puisent dans l’idéologie les raisons de leur combat politique.
Q : Vous nous avez dit que vous ne vous étiez jamais excusé de votre âge, néanmoins est-ce difficile d’être jeune et de mener une carrière politique ?
FB : Je ne sais si je suis le mieux placé pour dire cela. La jeunesse est une maladie dont on guérit chaque jour davantage, mais ce qui est vrai c’est qu’il y a une suspicion soit d’immaturité soit d’irresponsabilité, surtout quand on démarre très tôt et qu’on vous confie des responsabilités. Nombreux sont ceux qui se demandent si vous allez être capable. Cela montre qu’il y a un acte de courage de la part des électeurs à confier des responsabilités à des gens plus jeunes, donc ayant peut-être moins d’expérience. Mais là aussi, les temps ont changé. L’énergie au service des autres est tout aussi importante que l’expérience acquise, quand on a la chance d’être élu. Et il faut saluer le courage des électeurs qui font un pari sur l’avenir. On se fixe comme exigence de ne jamais décevoir cette confiance, donc cela vous pousse à être encore meilleur, encore plus concentré, encore plus attentif. L’élection d’un jeune confère une exigence supplémentaire et cela tire vers le haut.
Q : Vous nous dites qu’élire un jeune lui permet d’être tiré vers le haut, est-ce qu’il tire aussi son parti vers le haut ?
FB : Bien sûr, la jeunesse tire le parti vers haut.
Q : Il y a quelques semaines, Dominique Strauss-Kahn au micro de Jean-Pierre Elkabbach évoquait la nécessaire rénovation du Parti socialiste, cette dernière passant par le rajeunissement de l’équipe dirigeante. Que peut apporter un jeune dans un parti politique ? Dans la structure dirigeante d’un parti ?
FB : Il faut régulièrement un renouvellement des générations, c’est indispensable. Et après c’est une question de tempérament. Il y a aussi les circonstances politiques. Et puis il y a le courage ou pas de s’engager, d’affronter l’adversaire politique et la sanction du suffrage universel. Il y a des générations dans lesquelles certains sortent du lot, parfois non. Il faut beaucoup de paramètres pour faire un homme politique, il n’y a pas que la jeunesse.
Dans le cadre du parti, il faut du renouvellement pour montrer qu’on est dans le mouvement et que chacun peut trouver sa place, y compris rapidement, mais être jeune n’est pas un critère. Il faut ainsi intégrer l’ensemble des critères pour que l’homme politique soit complet.
L’état civil n’intervient en rien dans la qualité de l’homme politique. On peut être jeune et mauvais politique, on peut être jeune et très bon politique. On peut être très expérimenté et commettre de nombreuses erreurs, on peut être très inexpérimenté et avoir une bonne intuition. Enfin, tout dépend du caractère et du tempérament. La politique, c’est très humain au fond.
Q : Vous étiez, un temps, pressenti pour devenir président de l’Assemblée Nationale à la suite de Jean-Louis Debré. Votre « jeunesse » a-t-elle été un argument défavorable à votre candidature ?
FB : Non, pas du tout. J’ai été vice-président de l’Assemblée pendant 3 ans, alors que je n’avais que 36 ou 37 ans, donc non [7]. Cela répond à d’autres critères, plus politiques. Nous avions un président de groupe [8] qui avait beaucoup travaillé et qui, en qualité de président de groupe, n’était jamais entré au gouvernement. Il méritait d’occuper cette fonction. Donc, j’ai fait le choix de ne pas me présenter, non pas parce que je ne le pouvais pas, ni parce que je ne le voulais pas ; simplement, parce que j’ai considéré que dans l’équilibre de la nouvelle majorité et au regard des trajectoires des uns et des autres, cela était mieux. D’autre part, je ne cours pas après les postes.
Q : Vous avez une image de « jeune » qui vous colle à la peau, dont le vecteur dans l’opinion publique est sans aucun doute votre marionnette des « Guignols de l’Info ». Vous avez aujourd’hui 42 ans, plus de 20 ans d’engagement et de responsabilités politiques, mais cette dernière ne semble pas vieillir en même temps que vous. Comment avez-vous appréhendé cette marionnette à sa sortie ? Comment l’appréhendez-vous aujourd’hui ? Véhicule-t-elle aujourd’hui une fausse image de jeunisme, de vous et de votre action politique ?
FB : Tout d’abord la caricature fait partie du jeu politique. J’ai reçu cette marionnette avec le sourire ; aujourd’hui je pense qu’il faut être très détaché, cela fait partie du jeu. Comme je le disais, je ne me suis jamais excusé d’être jeune. En vieillissant, je ne m’excuse toujours pas d’être jeune. Il n’y a pas d’un côté quelqu’un qui ne vieillit pas et de l’autre un portrait qui, lui, marque ses cicatrices au fur et à mesure des épreuves de la vie. On ne maîtrise pas, contrairement à ce que l’on pense, son image. Je ne suis pas aussi lisse que l’image extérieure ou mon physique peuvent le laisser penser. On n’est jamais vraiment tel que l’image publique vous présente, tout est beaucoup plus complexe.
Q : Considérez-vous aujourd’hui votre engagement comme trop prématuré ? Parce que, certes, vous êtes encore un jeune homme politique, à seulement 42 ans, mais vous faites aussi déjà figure de vieux routier.
FB : Non, j’ai une chance fantastique. J’ai été député à 27 ans ; je suis entré au gouvernement à 29 ans [9]. J’ai une chance formidable d’être maire de Troyes, dans des responsabilités magnifiques, très difficiles. J’ai eu des responsabilités gouvernementales dernièrement au ministère de l’Outre-Mer et au ministère de l’Intérieur dans des conditions et un contexte passionnants. On apprend à servir l’État. Il n’y a rien de plus beau que de servir l’État. Alors non seulement je n’ai aucun regret, mais je considère que j’ai beaucoup de chance.
Q : Si vous deviez faire un bilan des 14 dernières années passées à l’Assemblée Nationale et au sein des différents gouvernements auxquels vous avez participé, quel serait-il ?
FB : C’est allé très vite.
Q : Quel peut être aujourd’hui votre rôle auprès des jeunes ?
FB : Je me suis toujours refusé à être le porte-étendard des intérêts de la jeunesse. D’abord parce que je suis venu avec mes valeurs, somme toute personnelles, et je n’ai pas la prétention de vouloir incarner la jeunesse. Mon comportement, mon caractère, ma façon d’agir, ce que je fais tout simplement, mes actions suffisent éventuellement de référence si cela intéresse, à servir de point d’appui sur ce qui ne marche pas ou à servir de rejet, mais les porter en bandoulière, je m’y refuse. Je n’ai jamais voulu porter les intérêts de la jeunesse, je m’y suis toujours refusé. J’aurai pu le faire, mais j’ai trop de respect pour ceux de ma génération qui font des choses formidables et dont on parle moins. Et puis j’ai évolué dans un univers qui n’est pas forcément représentatif. Cela ne veut pas dire nous ne pouvons pas nous battre pour nos valeurs personnelles et vouloir les faire partager par le plus grand nombre, mais pas sur la base du porte-étendard d’une génération.
Q : Quel peut être aujourd’hui votre rôle auprès des jeunes entrant en politique ? Pensez-vous, vous aussi, jouer le rôle de mentor ?
FB : Alors que j’étais plus jeune, des très jeunes sont venus me voir pour obtenir des conseils et pour que je les aide. Je l’ai fait, je continuerai à le faire et je considère que c’est de mon devoir.
Q : Comment vous voyez-vous dans dix ans ?
FB : C’est impossible à dire. Le temps passe trop vite. Ce sont des métiers difficiles. Tout peut changer du jour au lendemain. J’ai actuellement pour objectif de bien terminer avec mon équipe le mandat municipal et de bien préparer le prochain mandat.
Le 6 septembre 2007
 
NOTES
 
[1]François Baroin est député-maire de Troyes.
[2]Né le 21 juin 1965, il a été conseiller municipal de Nogent-sur-Seine de 1989 à 1995. Il est député de la 3ème circonscription de l’Aube depuis 1993 et maire de Troyes depuis 1995.
[3]Ami personnel de Jacques Chirac, Michel Baroin fut successivement commissaire de police, secrétaire général de la préfecture de l’Aube (1964-1971), chef de cabinet des présidents de l’Assemblée nationale Achille Peretti et Edgard Faure et président de la GMF à partir de 1974. Il fut élu maire de Nogent-sur-Seine en 1983.
[4]Michel Baroin disparaît accidentellement le 5 février 1987.
[5]Taux d’abstention lors de l’élection présidentielle de 2007 : 16,2 % au 1er tour, 16 % au 2e tour. Lors des législatives qui ont suivi : 39,5 % au 1er tour, 40 % au 2e tour.
[6]La fédération des « Jeunes populaires » regroupe les militants de l’UMP âgés de 16 à 30 ans.
[7]François Baroin a été vice-président de l’Assemblée nationale du 26 juin 2002 au 2 juillet 2005.
[8]Bernard Accoyer est député de la 1ère circonscription de Haute-Savoie et président de l’Assemblée nationale depuis le 26 juin 2007.
[9]François Baroin a été secrétaire d’État auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement du 18 mai au 7 novembre 1995, ministre de l’Outre-Mer du 2 juin 2005 au 26 mars 2007 et ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire du 27 mars au 15 mai 2007.
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[3]
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