La France, la construction européenne et les limites de la conversion à la « libre concurrence » (1945-1992)
Laurent Warlouzet
La construction européenne est souvent considérée comme un « cheval de Troie » de la libéralisation économique, imposée à une France réticente. Cet article vise à montrer que la construction européenne s’est développée sur une base libérale de 1945 à 1992 à travers la promotion du libre-échange commercial d’une part, et de la politique de la concurrence d’autre part. Les décideurs français ont été pleinement associés aux décisions qui ont mené à la création de cet ordre libéral européen mais ils n’en ont pas toujours mesuré toutes les conséquences : leur conversion à la « libre concurrence » reste donc partielle.Mots-clés :
France, Communauté économique européenne (CEE), union douanière, politique de la concurrence, protectionnisme.
European Integration has often been seen as a “Trojan Horse”, a proxy designed to spread free-market rules to a reluctant France. This article aims to demonstrate that the European Integration has indeed a liberal economic basis and that French decision-makers were fully associated to this development. From 1945 to 1992, they have accepted the strenghtening of a free-market economic order based on two pillars: commercial liberalization and competition policy. However, their understanding of this evolution was not complete, therefore limiting their acceptance of this free-market European order.Keywords :
France, European Economic Community (EEC), custom union, Competition Policy, protectionism.
• Le soutien français à la libération des échanges par la construction européenne
• L’incompréhension française de la politique de la concurrence communautaire
• Les limites de l’acceptation des logiques concurrentielles par la France, l’exemple des années 1956-1962