2002
Dossier
Du jeu théâtral
comme (re)construction du lien social.
Luc Godart
Luc GODART est infirmier responsable de l’hôpital de jour « Le Guéret » à la clinique Sainte-Thérèse à Montignies-sur-Sambre. Psychodramatiste ; licencié en politique et pratiques de formation d’adultes (UCL). Des questions cruciales et multiples
sont posées : les rapports thérapie / théâtre, la place dans des lieux « espaces de
tranquillité », la construction du lieu, l’atelier théâtral comme espace de rencontre.
« L’être devient humain quand il invente le théâtre»
AUGUSTO BOAL
Prologue
Noir ou presque, juste une petite lumière bleutée.
Serrés l’un contre l’autre,
serrés entre les corps, serré dans les corps
Du silence entre nous, c’est convenu, il l’a rappelé pendant les répétitions,
du silence dans les coulisses, des regards dans la pénombre où se lisent le
trac, le trac mêlé au plaisir presque excessif.
L’angoisse est presque pour tous une compagne quotidienne atrocement fidèle,
elle a accompagné des mises à mort de soi et des autres, des enfouissements
dans les cryptes délirantes, des barricades contre les vampires imaginaires.
Mais, ce soir, est-ce de l’angoisse ?
Elle est mêlée, précède la chaleur et l’éblouissement de la scène, et peut-être
du public…
Silence donc, pénombre aussi.
Chut, la salle se remplit, combien aujourd’hui ?
Bruit des pas, son de paroles étouffé par les pendillons et le rideau.
Le son pas l’image, bientôt le son et l’image rien que pour nous.
Quitter ses images intérieures, celles qui envahissent le réel, ne leur laisser
que leur fonction première, celles de la couleur, la couleur du lien à l’autre, la
couleur de l’éprouvé, la couleur du rôle, costume d’un soir.
Ici, je suis un autre, il y en a tant que j’essaie de taire en moi.
Noir bleuté, son étouffé, regards mêlés, couleurs multiples.
Un de ces moments où on ne peut plus reculer parce que le silence fait lien,
dans une construction, un assemblage.
« Création collective »
Oui collective et assemblage, à chacun sa part, être juste dans le rôle, tenir
l’ensemble avec des pleins, des creux, et du jaillissement improvisé, de nouvelles colorations imprévues, de la mémoire trouée, effraction par l’image quotidienne, trop fidèle angoisse oublie-moi sur scène.
Pour contrer le trou, il y a le filet des autres, celui de la connivence, pour la
création collective, celui qui borde le gouffre, repêche la chute, d’une parole,
d’un geste, d’une création spontanée,
mais un filet à risque : « il fallait que je termine ma vaisselle avant de venir,
puis il était trop tard »
Pourtant le public était là.
Et dans un autre lieu, la vaisselle attendait…
Chut, des voix familières dans la salle, ils sont là, venus me voir, venus nous
voir.
Ce moment important où le nous du lien permet un je par le contraste des
couleurs des rôles.
« Ça fait désordre, vos sorties de scène, ce n’est pas propre » net, différencié,
pas l’un dans l’autre, mais l’un à côté de l’autre, des assemblages de places
multiples et changeantes, nécessité de la situation.
La musique change, celle de la pièce, c’est le signal, on ne fait plus les trois
coups, une autre ambiance pour le public, pour le plaisir de la peur ?
Noir bleuté, il gagne la salle
Son étouffé, 200 personnes entrent dans notre silence
Plus de mélange dans nos regards, il faut y aller
Pleins feux sur la scène.
Petite histoire du théâtre au Guéret…
Un guéret est une terre labourée, prête à être ensemencée.
« Le Guéret » est un hôpital de jour faisant partie d’un hôpital général situé
dans la périphérie de Charleroi. L'atelier théâtre est né en 1989, dix ans après la
création de l’hôpital de jour. La vie quotidienne constitue sa trame : rencontrer
l’autre, construire une place, remplir des tâches, tenir des rôles, pour ensuite
explorer l’origine, la fonction de ces places et tenter d'en expérimenter d'autres.
Mise au travail de ses relations au sein du groupe hétérogène quant aux âges,
pathologies, appartenances socioculturelles.
Sur le tissage de la vie quotidienne, dés 1982, viennent se greffer parmi les
activités des groupes de psychodrame centrés sur l'imaginaire et l'histoire des
personnes.
Cependant toutes les manifestations de la souffrance psychique ne supportent pas cette « analyse » de sa situation subjective en relation directe avec
d'autres. Le psychodrame est angoissant pour certains.
Beaucoup de médiateurs étaient possibles mais notre histoire spécifique
sur l'analyse et l'expérimentation des rôles nous a conduit au théâtre, suite
logique de notre démarche.
Rencontre avec un comédien de profession prestant son service civil à
l’hôpital. Georges Volral est engagé dans l’équipe de l’hôpital de jour, et à côté
du psychodrame et des sociodrames animés à l’hôpital de jour, se développe
l’atelier théâtre.
Parti de l’espace même du centre de jour où les premières représentations
publiques s’y sont déroulées, nous avons migré vers différents lieux « publics »
de la cité, joué dans des salles paroissiales, centres culturels, école… l’atelier de
l'intérieur s'ouvrant à l'extérieur.
Aujourd’hui, l’atelier théâtre est ouvert toute l’année à raison de deux matinées par semaine. Il se déroule dans une classe d’académie communale, et
selon les nécessités dans une ancienne salle de théâtre, à proximité de l’hôpital
de jour. Les représentations publiques se font aujourd’hui au centre culturel de
Charleroi, avec lequel nous développons de nouvelles collaborations : stages,
participation à d’autres représentations, etc.
Le théâtre implique un espace et un déplacement par le fait de jouer un rôle
différent du sien, travail de décalage limitant les possibilités d'intrusion de l'autre.
De plus, il permet par le plaisir de jouer, d'ouvrir des facettes cachées appartenant aux personnalités des acteurs.
Paradoxe de la pratique théâtrale : se découvrir des potentialités ignorées
en prenant un autre rôle.
L'apprentissage d'un texte, la mobilisation du corps sur scène, la structuration du temps et de l'espace d'une pièce, de la scène, mais aussi du rythme des
répétitions sont tous des éléments facilitant un travail de structuration propre à la
réalité collective.
Quelques balises pour le parcours des trajectoires.
Le travail à l’atelier théâtre n’est pas une thérapie. Il se conjugue avec la
rigueur propre à la création artistique et le plaisir du jeu.
Dans la pratique de l'atelier théâtre, il s’agit de soutenir l'exigence d'un travail artistique et pas d’un travail thérapeutique.
D’emblée, la « fonction » théâtre est différenciée des autres activités
proches du théâtre (psychodrame, sociodrames). L’animateur théâtral poursuit et
défend les objectifs artistiques et ludiques propre à l’atelier théâtre à côté et en
tension avec d’autres activités à visée psychothérapeutiques. Au moment des
représentations publiques, le souci est constant de présenter un spectacle de
qualité pour ne pas risquer de verser dans l'apitoiement du public ou au contraire
dans sa critique destructrice.
Il s’agit de prendre soin des acteurs de la troupe et du spectacle, alors qu’à
l’hôpital de jour, le prendre soin concerne les patients, le groupe en référence à
la souffrance psychique. Au théâtre, chacun aura à déposer ses plaintes psychopathologiques en dehors. Celles-ci pourront être abordées dans d’autres
lieux «de soin ».
La multiplicité des rôles, des places et des statuts est liée aux définitions (pas
que géographiques) du lieu.
La différenciation des places de chacun est essentielle dans une équipe
pluridisciplinaire pour laquelle la cohésion ne vient pas d’un consensus massifiant, mais d’une mise en tensions contradictoires faisant lien. Comment alors
cette tension peut-elle garder sa potentialité créative sans basculer dans un conflit paralysant ou même destructeur, celui que la plupart des usagers de l’hôpital
de jour connaissent dans leur propre réseau social ?
Ici intervient la «fonction soignante » de l’institution qui assemble ou plutôt
agence l’équipe en tant que collectif.
Il en ira me semble-t-il de cet agencement d’équipe comme de la troupe de
théâtre : le roi, dans les coulisses, n’est jamais qu’un comédien au même niveau
que les autres, alors que sur scène et dans l’histoire de la pièce, il est souverain.
La différenciation des lieux s’accompagne d’une différenciation des fonctions. À
chacun des lieux, auxquels est attachés l’une ou l’autre activité correspond le
désir (professionnel) d’un soignant qui le placera en responsable (dans le sens
de répondant) et en position d’autorité dans son activité. Chaque membre de
l’équipe occupe des places différentes dans plusieurs territoires reliés, agencés
par des trajectoires.
Cette fonction de liens, de trajectoires, s’établit sur base du respect des
places d’autorité de chacun. La garantie de ce respect doit être tenue par la position du chef d’équipe.
Dans ce sens, les tensions ne seront pas «amorties » ou engluées dans
une pure position horizontale du groupe ce qui amènerait à une massification
indifférenciée. Elles ne sont pas non plus situées dans une stricte organisation
verticale avec de fréquents effets polémiques et revendicateurs ou sous son
autre versant, avec les effets d’immobilisme de la soumission masochiste ou de
la position de victime.
À l’atelier théâtre, la responsabilité et l’autorité appartiennent au metteur en
scène. Les membres de la troupe y ont tous le statut de comédiens plus ou moins
avancés dans leur formation, pas celui de patients ou soignants.
Les lieux de la pratique théâtrale ne sont pas les lieux de pratique «de soins »
même s’ils sont reliés.
Le lieu peut faciliter la détermination des places, indépendamment de sa
fonction logistique. Cependant, il ne fait que soutenir ou ponctuer une parole de
l’animateur : ici on fait du théâtre !
Mais cette différence de lieu, de cadre, des places et des fonctions est en
situation analogique au fonctionnement social « en dehors ». Expérimenter dans
un milieu micro-social différentes places en fonction du lieu où l’on se trouve est
une occasion potentielle de créer d’autres rôles plutôt que de répéter partout les
mêmes.
Notre hypothèse est que le fonctionnement multiple et hétérogène du dispositif du Guéret est également susceptible de faire résonance pour les membres
(usagers et professionnels) dans leur propre tissu relationnel. Le tissu social est
le plus souvent appréhendé soit comme un tout menaçant, soit comme provoquant l’exclusion.
Les différents lieux font donc partie d’un dispositif créé en chemin qui permet une mobilisation (pas que physique) sur des trajectoires. « Le chemin se fait
en marchant » écrit le poète, ce qui constitue probablement la philosophie
générale de nos pratiques sociales, d’animation ou de soin.
Il en a été ainsi pour la construction de l’hôpital de jour parti d’un minimum
de moyens, traversé de courants multiples, de variation d’humeurs qui ont donné
le style de l’agencement actuel.
C’est en quelque sorte avec ce qui se ramasse sur la route, la précarité des
rencontres que pourra ou non se reconstruire quelque chose d’une trame
sociale. Ces «bouts de ficelles », éléments d’une construction potentielle sont
soutenus par le désir des intervenants et d’autres tout au long de ces trajets. Ils
pourront faire trace s’il y a rencontre entre deux humains, s’il émerge quelque
chose du désir de l’un, éveil possible du désir de l’autre.
La construction d'une place singulière dans les lieux «espaces de tranquillité »,
est un point de départ possible pour du lien.
C’est à partir de la construction d'une place qu’un trajet sera possible.
Un lieu de soin doit permettre ce processus de construction de place
Il se différencie d'autres lieux de vie comme l'école, l'académie, le club
sportif qui ont des objectifs à atteindre.
La priorité du lieu de soin ne serait pas d'atteindre des objectifs, même si
cela fait partie de sa définition, mais de se centrer sur un processus, celui de la
vie du lieu, de l'agencement des places, que ce soit des usagers ou des professionnels.
Le lieu hôpital de jour est dans notre dispositif, lieu de vie et de soin, le lieu
du théâtre est un lieu de formation et de création. Il n'y a pas d'ailleurs à opposer ces lieux mais à en dessiner une carte des trajectoires, de circulation.
Un lieu nécessite d'être composé d'éléments hétérogènes à agencer pour
y construire sa place, usagers et organisateurs, avec comme balise : l'analyse du
processus, c'est à dire la carte à tracer comme plan de surface et l'histoire à
dérouler comme chronologie verticale.
C’est à partir d’une place construite dans ces lieux de tranquillité, qu’il sera
possible aux «porteurs de la souffrance psychique et sociale » d’expérimenter de
nouveaux trajets vers d’autres lieux. En tout cas, c’est l’expérience que nous
avons : l’investissement du lieu «théâtre » n’est généralement possible qu’après
avoir pu reconstruire une place dans un autre «lieu de tranquillité ».
Le mouvement inverse à la réinsertion sociale classique : c'est l'atelier théâtral
qui en prenant place géographiquement et culturellement dans la cité convoque
la population "normale" à s'y insérer.
Les lieux associatifs (ex. : club sportif, cours de promotion sociale, etc.) ont
des exigences qui s'accordent souvent mal avec les problèmes psychiques des
personnes, sans doute par la volonté d'aboutir aux objectifs plutôt que de s'appuyer sur le processus, par l'impossible agencement « d'éléments de bord »,
marginalisés…
Il ne s'agit donc pas de tenter une insertion dans des groupes existants, dits
« normaux » pour lesquels le poids de la souffrance psychique provoque le plus
souvent le rejet. C'est dans l'après-coup, que nous pouvons constater des interconnexions du tissu social à celui de la cité.
Notre dispositif tente un retournement : la réinsertion des gens dits « normaux » vers les lieux des «différents », avec l'idée (ou l'utopie ?) que les troubles
psychiques aient quelque chose à enseigner à la normalité.
L'argument dépasse d'ailleurs la mission du soin pour prendre une dimension plus politique visant à tracer des interconnexions, des ponts comme passages plutôt que de cloisons.
Les lieux de soin ont alors mission d’investir ou infiltrer d'autres lieux dans
des établissements à vocation culturelle ou d'enseignement ; et en miroir, à l'ouverture dans l'établissement hôpital de lieux qui n’auraient pas de visée directe
de soin thérapeutique : l’atelier d’improvisation théâtral se déroule au sein de
l’hôpital, est ouvert aux personnes hospitalisées, mais aussi au public extérieur.
Il s'agit donc de penser la réinsertion sociale comme une alternance de
mouvements centripète et centrifuge :
De l'intérieur vers l'extérieur. Il s’agit du mouvement d’ouverture de l'aliénation psychique vers le lien social en dehors de l'institution, en se rendant du
Guéret vers l'académie (parfois tout simplement en prenant le bus pour s'y rendre), en multipliant les contacts organisationnels indispensables pour préparer
les représentations publiques : la publicité, les contacts avec les techniciens de
la salle, etc.
De l'extérieur vers l'intérieur institutionnel. Il s’agit d’inviter la société dite
normale vers des lieux de soin, pour démystifier le « mystère », l'étrangeté, les
peurs et préjugés que véhicule généralement la souffrance psychique. Ce mouvement consiste à venir voir la pièce, mais aussi à participer au « cours de
théâtre » du Guéret (nous avons reçu quelques demandes). Il s’agit là de faire
partager le savoir-faire des comédiens de la troupe, d'apprendre à des personnes dites normales à découvrir ensemble le plaisir du théâtre.
Aujourd’hui, des comédiens venus d’autres troupes amateurs de la région
échangent leur pratique théâtrale avec nous, entre autres en complétant la distribution des acteurs pour un spectacle. Ce qui se passe aussi dans l’autre
sens : des comédiens du Guéret se produisent dans d’autres troupes sur
d’autres scènes.
Bien sûr, il ne s’agit pas de former tout le monde au théâtre…
Marie est entrée à l'hôpital de jour, il y huit ans.
Pendant une dizaine d'année, elle fit des aller-retour entre l'hôpital psychiatrique
et le domicile de ses parents, alternant des périodes de mutisme et de fuite de la
réalité.
Après un trimestre de fréquentation de l'hôpital de jour où elle réapprend entre
autres l'usage des transports en commun, elle se décide à participer à l'atelier
théâtre, soutenue par l’équipe et par des membres de la troupe.
Ses débuts sont lents, mais sa mémoire est infaillible. Marie quittera l'hôpital de
jour environ un an et demi plus tard, mais continuera l'atelier théâtre et participera
comme comédienne à nos quatre premières représentations publiques. Pendant
cette période, elle quitte le domicile des parents, s'installe dans un appartement
et trouve un travail à mi-temps comme secrétaire dans une administration.
Marie est venue en tant que spectatrice à chacune des représentations suivantes, continue ponctuellement à participer aux sorties organisées par les membres de la troupe : soupers cinémas, spectacles extérieurs.
Selon ses occupations, elle nous offre sa participation pour un petit rôle… parce
qu'aujourd'hui, il s'agit de bien équilibrer ses différentes activités professionnelles
et familiales. Le théâtre, qui était central pendant quatre ans, est devenu une
activité accessoire ou occasionnelle.
Rideau.
« Fin de saison », un parcours pas nécessairement «brillant » ou spectaculaire, mais celui d’un moment d’éveil…
La carte des trajets de Martine comprend une autre institution de soin de la
ville. Martine a trente ans et trois années de participation à l’atelier théâtre, elle
vit chez ses parents et ne compte plus ses hospitalisations antérieures. Raide
dans ses attitudes, un effet secondaire probable de son traitement médicamenteux, Martine «fonctionne », se protège d’émotions sans doute trop violentes, « toujours obéissante », elle fait tout et exactement ce qu'on lui dit de
faire.
Le metteur en scène l'invite au début à jouer des rôles qu'il s'agit d'interpréter avec un flegme évident, un « détachement » important, de ces rôles où
mine de rien elle dirige ses antagonistes.
Par sa mémoire remarquable, elle nous apprend à reprendre la bonne
place sur scène, à nous resituer dans le texte, comme une fonction de guide.
Ailleurs dans d’autres lieux bien à elle, Martine commence à sortir, elle rencontre un jeune homme avec qui commence une histoire affective tout en gardant une distance prudente.
Martine jouera deux années de suite devant public, toujours très fidèle au
texte, aux consignes, à la limite de la rigidité.
Lors de la deuxième pièce, elle se trompe dans une de ses tirades, et par
la suite se permettra d'en rire… Quelque chose de l'émotion, oubliée depuis si
longtemps, l'émotion éveillée par le plaisir de jouer, l'émotion comme nouveau
lien humain d'une relation qui se construisait à l'extérieur.
Toute sa famille était venue l'applaudir la première année, étonnée de la
découvrir dans un rôle inconnu.
L'année suivante, après la pièce alors qu’elle s'ouvre à l'amour au-dehors,
Martine réintègre la maison familiale et « décide » de ne plus participer au théâtre.
Pression familiale ou désir trop intense ? Nos visites à domicile n'ont pas pu venir
à bout de la décision de se refermer à nouveau. Un changement trop rapide ? Une
étape dans le parcours de vie de Martine, un moment qui fera trace ?
S’il fallait situer des courants de pensée qui ont jalonné cet article, mais aussi ces années de
route, je citerais volontiers :
·
pour la distinction entre art et thérapie : Florence Jean, art et thérapie, liaison dangereuse?
Publications des Facultés Universitaires de Saint-Louis, Bruxelles, 1997 ;
·
pour soutenir la réflexion sur la place de l’autorité et du lien social actuel : Lebrun Jean-Pierre, Un monde sans limite, essai pour une clinique psychanalytique du social, Érès, point
hors ligne, 1997 ; Lebrun Jean-Pierre, Les désarrois nouveaux du sujet, Érès, point hors ligne,
2001;
·
pour l’ouverture du prendre soin de l’institution, situer statut et rôle, lieu, création et construction : Oury Jean, Psychiatrie et psychothérapie institutionnelle, traces et configurations
précaires, Payot, Paris, 1977 ; Oury Jean, Le collectif, séminaire de Ste Anne, Éd. du Scarabée,
Paris, 1986 ;
·
pour la réflexion sur l'individu et le collectif : Benasayag Miguel, Le mythe de l’individu,Éd.
La découverte, Paris, 1998 ;
·
pour la cartographie des lieux et du réseau : Deleuze Gilles, Guattari Félix, Rhizome, in Mille
Plateaux,Les éditions de minuit, 1980 ; Deligny Fernand, a comme asile, nous et l’innocent,
Éd. Dunod, Paris, 1999.