2002
Dossier
Le plaisir de la création
CRÉAHM - BRUXELLES
[1]
Fondé en 1983, le CREAHM - Bruxelles propose des ateliers créatifs à des personnes motivées par un travail artistique et qui présentent un handicap mental. Les
auteurs nous présentent les différents ateliers : arts plastiques, théâtre, musique.
Enfin, une série d'événements marquants jalonnent l'histoire de cette institution.
Fondé en 1983, le CREAHM - Bruxelles propose des ateliers créatifs à des personnes motivées par un travail artistique et qui présentent un handicap mental. Les
auteurs nous présentent les différents ateliers : arts plastiques, théâtre, musique.
Enfin, une série d'événements marquants jalonnent l'histoire de cette institution.
Les disciplines pratiquées sont la peinture, la sculpture, le théâtre. Un atelier de musique a été mis sur pied en avril 1997.
À ce type d’expression viennent se joindre ponctuellement des enseignements parallèles comme la photo, le chant, la gravure… afin d’enrichir les techniques artistiques des participants et de répondre à la diversité des motivations.
L’objectif principal du Créahm - Bruxelles est de susciter (atelier de formation) et de permettre (atelier de création) l’expression propre à chaque personne.
Son originalité s’inscrit dans l’approche de la personne qui est avant tout
considérée comme un artiste à part entière.
Au-delà des techniques, les animateurs - artistes eux-mêmes - privilégient
le plaisir de la création. Tout atelier est un geste ludique par lequel s’exprime le
plus profond de chaque personne. « On "est" à l’atelier comme on "est" dans sa
peinture ou dans son théâtre : le plus proche de soi-même ».
Ainsi, des personnalités vont se dévoiler et leur identité sera reconnue par
le grand public dans des expositions et/ou des spectacles promotionnés dans le
circuit culturel classique.
La personne handicapée se révèle ainsi un créateur capable de fasciner
l’œil du spectateur par son art.
L’atelier arts plastiques
L’atelier propose différentes techniques telles qu'acrylique, pastel, fusain,
gouache, crayons… terre, pierre, papier mâché…
Notre démarche ne se veut pas académique, mais plutôt une démarche
sensible. Ce qui est important c’est la différence de l’approche de la personne
handicapée aux arts plastiques. Elle porte un regard différent sur le monde qui
l’entoure. C’est cette différence qui est particulièrement intéressante. Elle aborde
la peinture généralement de manière plus directe que le plus commun des mortels, sans référence culturelle, plus spontanée.
Quand une nouvelle personne arrive dans l’atelier, un temps de découverte
réciproque s’impose. Ensuite, le choix de la ou des technique(s) est une
recherche qu’entreprend l’animateur en guidant la personne handicapée dans
l’apprentissage des différentes techniques, leurs possibilités d’utilisation…
Il faut se donner le temps de découvrir le caractère, le style propres à chacun …
Ce moment peut être plus ou moins long en fonction du rythme de chacun.
L’intervention de l’animateur se situe dans l’enrichissement des productions. La
difficulté principale étant d’intervenir tout en respectant la personnalité de celui
qui peint.
L’important chez certaines personnes se situe dans l’acte de peindre. Le
seul plaisir de peindre, de sculpter, leur suffit et certaines d’entre elles se désintéressent totalement du résultat final de l’œuvre.
Des personnalités se découvrent au travers de la production artistique.
La mise en place d’expositions est l’objectif principal de cet atelier.
L’atelier théâtre
Le théâtre avec des personnes handicapées mentales est avant tout un
théâtre de recherche. Son but n’est pas de s’inscrire à tout prix dans l’une des
formes que peut prendre le théâtre ni de s’en exclure, d’ailleurs. Le spectacle
prend la forme qui met le mieux en valeur l’expression des comédiens. La mise
en scène est entièrement à son service.
Pour construire un spectacle, des comédiens issus des ateliers de formation se réunissent deux fois par semaine pour développer, sous l’œil attentif d’un
metteur en scène, un travail de création. Parallèlement, des formations spécifiques au projet leur sont proposées comme, par exemple, le chant, le trapèze…
Ces formations constituent pour les comédiens de nouveaux outils qui leur permettent d’élargir leur créativité.
Le travail de création s’articule autour d’une proposition de départ (par
exemple :
- pour « Ce n’est pas du cirque » : exploration de l’univers sonore d’objets
de récupération ;
- pour « Watcha, I love you » : le monde des contes de fée ;
- pour « l’Espace d’en haut » : l’exploration de cet espace).
- travail, les comédiens vont partir de cette proposition pour l’enrichir et la
travailler à leur façon. Leurs gestes, leurs mouvements, leurs mots, leurs chants,
vont progressivement plonger le metteur en scène dans leur univers dont le scénario final sera, et c’est important, le juste reflet.
L’atelier musique
L’atelier musique est avant tout un atelier de recherche, d’improvisations
structurées.
oit se doter de tous les instruments, qu’ils soient à cordes, à vent et à percussions.
Ce qui permettrait de jouer avec des sonorités et timbres nouveaux et de
ce fait sortir d’un éternel contexte xylo-tambour. Techniquement, nous ne pensons pas à un apprentissage d’instrument précis, sauf dans le cas où une personne aurait cette possibilité. Les instruments à embouchure (trompette - tuba -
cor - trombone) peuvent être utilisés à l’état brut. Le simple souffle et le jeu des
doigts sur les pistons ou coulisses permettent de jouer et de composer avec des
effets sonores, des combinaisons, entre les musiciens, ainsi que d’éventuelles
transformations des sons avec l’emploi d’un enregistreur, micros, table de mixage. Les instruments à clavier (l’accordéon) permettent des manipulations plus
simples, mais offrent d’autres registres sonores.
La diversité instrumentale offre et permet à chaque participant la découverte, l’essai et la manipulation de chaque instrument. Nous jouerons avec deux
situations : l’une à l’état brut, l’autre dans un contexte plus personnalisé avec une
connaissance un peu plus technique sans devoir tomber dans un académisme
qui effacerait beaucoup de spontanéité.
Constituer un groupe de musique est un de nos objectifs : « on ne joue pas
pour rien ».
Événements marquants
• 1986
« Tranches de vie » : première réalisation théâtrale
• 1988
« Ce n’est pas du cirque » : création théâtrale
• 1989
Exposition consacrée à Pascal Vincke à la galerie « Art en marge »
Participation de Pascal Vincke à l’exposition « Planète Couleur »-Tour Eiffel
• 1992
Création d’un dessin animé avec le Studio Robert
• 1993
« Watcha, I love you » reçoit le prix d’encouragement du jeune théâtre de la Cocof
• 1994
Exposition « Dix, Place de l’Yser, 10 ».
Une quinzaine d’artistes handicapés et d’artistes professionnels vont se côtoyer pendant les
deux mois d’été, partager leurs expériences picturales, confronter leurs univers.
Spectacle « L’espace d’en haut »
Dernière exposition du « Projet 12 » au Centre d’Art Différencié (Liège)
Cette exposition itinérante européenne réunissait divers artistes européens handicapés dont P.
Vincke, D. Sterkx et P. Ladrière du Créahm- Bruxelles.
• 1995
Participation de 8 comédiens issus des ateliers théâtre au tournage du film de Jaco Van
Dormael : « Le huitième jour »
• 1996
Spectacle « La grande semaine »(Ce spectacle est joué au Théâtre National en décembre
1995)
• 1997
« Un Noël pas comme les autres » : film d’animation et de prises de vue réelles. Coproduction
Silence/RTBF-CPB/Créahm-Bxl/Studio Robert
Sans oublier notre participation aux expositions de « Special Olympics » chaque année et à «
Parcours d’artistes » tous les deux ans.
En dehors de ces projets exceptionnels, le Créahm- Bruxelles continue à organiser, durant
toute l’année, une quinzaine d’ateliers par semaine avec 72 handicapés mentaux. Différents
stages sont également à prévoir pour juillet-août.
Contact :
Véronique Chapelle
Rue Louis Coenen, 12 1060 Bruxelles
Tél. : 02/537 78 02 Fax : 02/538 55 98
[1]
Cet article reprend le texte (sans les photos) du dépliant par lequel le CREAHM-
Bruxelles se fait connaître. Nous l’insérons ici avec l’aimable autorisation de Madame
Véronique Chapelle que nous remercions vivement.