Pensée plurielle
De Boeck Université

I.S.B.N.
150 pages

p. 81 à 92
doi: 10.3917/pp.004.0081

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Dossier

no 4 2002/1

2002 Dossier

Divers intervenants en création culturelle et travail social  [1] : des expériences, des contacts, et des adresses

ÉRIC CORYN (Bruxelles)
Éric Coryn, philosophe, est chargé de cours aux universités de Tilburg (Pays-Bas) et à la VUB. À Tilburg, il enseigne un cours intitulé « Les sciences des loisirs » et dirige à la VUB deux postgraduats :
  • Programme in European leisure Studies ;
  • Programme in Urban Cultures.
  • Il enseigne également en Espagne et en Angleterre.
Il a mené diverses recherches sur la question du rôle de la culture dans la revitalisation urbaine et sur la ville qu’il considère comme le premier rempart contre les méfaits de la mondialisation et de la dérégulation. Il a été également impliqué dans la préparation de Bruxelles 2000.
Il est également actif dans la société civile, notamment comme fondateur de Charta 91 et lors de ses moments de liberté, il s’adonne à la sculpture.
Contact : Eric Coryn
Rue Lorand 20 1050 Bruxelles Tél. : 02/511 66 93 FRÉDÉRIC RUYMEN - HOBO (Bruxelles)
Frédéric Ruymen est né en 1960. Il a été formé à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (Bruxelles) et à la Kleine Academie (formation d’acteurs de type Jacques Lecoq - Bruxelles). Également musicien, il a développé une pratique théâtrale mariant texte et musique.
Il a notamment créé : Œdipe-Rock (d’après Œdipe à Colone de Sophocle), Consolation de la philosophie (d’après Boèce), Par les villagesde Peter Handke et, en 1996, L’Aventure des bionautes(spectacle conçu à partir de l’œuvre du sociologue et anthropologue Edgar Morin). Ce spectacle en deux parties (1996 : L’Aventure, 1998 : L’Utopie) a connu un vif succès et poursuit sa carrière en Belgique et en France.
Sa rencontre avec Y oshi Oîda a été déterminante pour son approche de la direction d’acteurs. Il enseigne à la Kleine Académie et anime de nombreux stages et ateliers d’entraînement de l’acteur, il participe également à un projet d’ateliers-théâtre avec des personnes ayant un handicap mental, ainsi qu’à un projet théâtral avec des personnes ayant été sans abri. « Nous pouvons transmettre quelque chose au public. Nous sommes un petit bout d’humanité. Si notre façon de vivre et de travailler est dotée d’une certaine qualité, cette qualité est perçue par le public et le public sort confusément contaminé par cette expérience de travail que nous avons vécue. C’est peut-être la petite chose que nous avons à transmettre à l’humanité. » (Peter Brook)
HOBO (Hoofdstedelijk Overleg Brusselse Onthaaltehuizen) est une asbl qui tente de mener une approche intégrée dans l’aide aux sans-abri. Elle chapeaute à présent 13 centres d’accueil et fut créée afin de couvrir des domaines de la vie qui ne pouvaient être suffisamment abordés lors de l’accompagnement psychosocial proposé dans les centres d’accueil. En 1992, elle lança donc un projet d’intégration des sans-abri qui travaille à l’insertion de ceux-ci à différents niveaux dont celui de l’intégration socioculturelle. Cette partie du projet prit corps grâce à la création d’un atelier théâtral et à un atelier créatif destiné à l’apprentissage des arts plastiques. Pour eux, le droit à la culture est une condition pour atteindre une citoyenneté complète. Le projet tente d’éliminer les préjugés et les stéréotypes concernant les sans-abri. Les animateurs essaient également de motiver le public à participer à la vie culturelle bruxelloise.
Contact : Frédéric Ruymen
Rue des Patriotes 46 1040 Bruxelles Tél. : 02/734 13 95
Rita Wyverkens
HOBO Place de Ninove 10 1000 Bruxelles Tél. : 02/514 26 93 LORENT WANSON (Bruxelles)
Lorent Wanson est né en 1967. Diplômé de l’INSAS, il a mis en scène à ce jour une dizaine de spectacles dont Un ennemi du Peuple de Ibsen, au Théâtre National de la Communauté française de Belgique, CQFD, création collective sur la sécurité sociale et Sainte Jeanne des Abattoirsde Brecht, créé au Théâtre Royal de Mons. Tous ses spectacles s’interrogent principalement sur le rapport entre l’individu et la société, la liberté et la solidarité, la réalité et l’utopie. Il est par ailleurs chargé de cours d’Art dramatique au Conservatoire Royal de Liège et interprète ses chansons en s’accompagnant à l’accordéon.
Le théâtre est devenu pour beaucoup une forteresse pour initiés et suscite l’incompréhension et parfois même le mépris. C’est dans le but d’ouvrir le plus largement possible et de la façon la plus diversifiée que l’équipe de Sainte Jeanne des Abattoirs et leur metteur en scène, Lorent Wanson, ont mis en place différentes initiatives tendant à rentrer en contact avec la « vraie vie » et plus précisément avec ceux qui subissent l’« horreur économique » dans une région socialement sinistrée, le Borinage. Cette démarche n’avait pas simplement pour but d’amener cet « autre public » dans les salles qui lui semblent hostiles, mais de chercher par ces rencontres et ces débats la légitimité artistique de la parole théâtrale face à la réalité qu’elle est sensée raconter.
Contact : Lorent Wanson
Rue Fossé aux Loups 27 A 1000 Bruxelles 02/218 46 90 MOURAD BOUCIF - KAMEL (Bruxelles)
Kamel, film de fiction, est le fruit d’un travail d’amateur qui raconte la descente aux enfers d’un jeune du quartier, fils d’immigré, devenu toxicomane. « Les faits sont réels, seuls les personnages sont fictifs ».
Au cœur de Bruxelles, carrefour entre richesse et pauvreté, Kamel (M. Maimuni) vit heureux entouré de sa famille et de ses amis. Sportif, beau gosse, Kamel défend les valeurs familiales avec force et conviction. Mais un jour qu’il attend le bus s’arrête une grosse cylindrée : un copain d’enfance fait irruption dans sa vie et l’entraîne dans la spirale des plaisirs immédiats, pour lesquels l’argent est une impérieuse nécessité. Commence alors pour Kamel la descente sans rémission vers l’abîme de la drogue…
Il s’agit du deuxième film amateur réalisé en Hi8 par des jeunes de la maison de quartier du Quartier Maritime à Molenbeek-Saint-Jean. Le film fut réalisé avec peu de moyens mais surtout avec une formidable énergie, une extraordinaire force de conviction pour s’assurer de la collaboration bénévole des uns et des autres : services de police, ambulanciers, pouvoirs publics locaux… Car l’enjeu est de taille : la prévention de la toxicomanie. « C’est un fléau omniprésent qui prend de plus en plus d’ampleur. Avant, par exemple, la drogue n’entrait pas dans les écoles primaires, mais aujourd’hui, vu les dégâts, ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas d’outils pédagogiques dans les écoles » ,insistent les auteurs du film.
Ce film s’inspire du vécu des habitants du quartier ; cru, décapant et pudique aussi, jamais sordide afin qu’il puisse être vu en famille, selon l’intention explicite des réalisateurs, c’est un film qui sonne juste. Il est porteur d’une parole vraie, de l’intérieur, interne au ghetto. Il s’agit de dire ce qu’on connaît le mieux. « Nous n’avions pas de script, mais un simple découpage en scènes, 26 au total, sur deux pages, avec quelques indications de l’action. Pour le reste, tous les dialogues du film sont de l’improvisation pure. On faisait plusieurs prises de la même scène, sous différents angles, et on arrêtait dès qu’on sentait que la scène était crédible…»
Contact : Quartier Maritime Rue Vanmeyel 41
1080 Bruxelles Tél. : 02/426 10 08 JEAN-MICHEL MONTFORT - Agence “Faut Voir “ (Paris)
Jean-Michel Montfort suivit une formation universitaire en économie (Dess 1978 de Paris 1 en économie-« aménagement du territoire et politiques publiques »). Suite à celle-ci, il devint consultant junior dans un cabinet de marketing dédié au tourisme social (1978-1979), il fut ensuite directeur du service de l’urbanisme de la ville de Châtillon-Hauts-de-Seine (1980-1982) et responsable de formations « OPHLM et collectivités territoriales » d’un organisme mutualiste de formation.
Ces expériences professionnelles et un engagement soutenu dans l’action culturelle (administrateur bénévole d’un centre culturel) l’ont conduit à créer en 1983 l’agence "Faut Voir", association spécialisée en action culturelle et artistique ainsi que dans le conseil en développement culturel.
Également consultant en développement local, notamment en développement social urbain, il a constitué et dirigé de 1992 à 1995 une équipe de DSQ-Contrat de Ville en Val de Marne, intervenant en appui communautaire.
Une double expérience professionnelle qui relie d’une part l’activité concrète de terrain en développement social urbain ainsi qu’en intervention culturelle et artistique autour de l’idée de "création partagée", et d’autre part des missions d’études, d’évaluation ou d’appui méthodologique, lui a permis de construire et de partager avec d’autres intervenants un certain regard sur les réalités du développement local et de la lutte contre les exclusions.
Il en résulte une activité au service du développement local, notamment articulée sur l’intervention communautaire des habitants, le rôle des facteurs culturels dans le changement et la mise en œuvre de processus de création comme dimension du changement.
L’agence Faut Voir développe ses activités dans divers domaines :
- dans l’action culturelle et artistique, autour des idées de création artistique et de "création partagée" associant artistes et publics, autour de la mise en place d’ateliers de création finalisés sur des productions (éditions, CD audio, CD Rom, spectacle vivant, graphisme…) ;
- dans les actions d’évaluation culturelle, d’appui méthodologique aux villes et aux institutions, de conseil en développement culturel et local ;
- dans la formation, notamment sur la dimension culturelle du développement local ;
- dans l’approfondissement de la notion de « relation aux publics », tant du point de vue des institutions (muséales, culturelles, sociales) dans leur recherche de développement des publics que des publics eux-mêmes, du point de vue de leur implication civique, citoyenne et culturelle.
Publications : « Ville, culture et développement/L’art de la manière », J-M. Montfort et Hugues de Varine, Éd. Syros, 1995 et « Un autre regard sur l’action culturelle et artistique en France » - Rapport d’évaluation de « Projets Culturels de Quartiers », 1996, DIV et Ministère de la Culture, 1998.
Contact : Jean-Michel Montfort - Agence Faut Voir
Rue des Frères d’Astier de la Vigerie 10 F-75013 Paris (France)
Tél. : 00 33 1 45 42 26 37 Fax : 00 33 1 45 40 76 01 FRANÇOIS MATARASSO - Comedia ((Notttingham)
François Matarasso est un des membres principaux de l’agence Comedia. Spécialisé dans les questions de politiques culturelles, il a travaillé par le passé dans plusieurs organisations artistiques. Il est directeur du programme de recherches « The social impact of cultural activity », qui réalise des études en Grande-Bretagne, en Finlande, aux États-Unis et en Irlande. Parmi d’autres projets récents, il a entrepris des études concernant le problème des églises désaffectées, la position de la culture dans la régénération urbaine et l’avenir des parcs et des bibliothèques publiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Use or Ornament ? The Social Impact of Participation in the Arts, Comedia, London, 1997.
Ce dernier fait le point sur les recherches de Comedia sur les impacts sociaux de la participation aux activités artistiques. Première étude de ce genre en Grande-Bretagne, Use or Ornament ?marque peut-être le début d’un nouveau chapitre dans les rapports entre les politiques sociales et culturelles. Le rapport tente d’offrir aux artistes des méthodes d’évaluations plus rigoureuses et aux professionnels des preuves concrètes de la valeur des arts dans le contexte du développement et des problèmes sociaux d’aujourd’hui.
Comedia est un centre d’études indépendant, fondé en 1978. Comprenant quatre collaborateurs principaux, cette organisation se concentre sur des questions de culture et d’urbanisme, dans un contexte international. Ses recherches sur les bibliothèques publiques, les industries culturelles et les politiques urbaines, entre autres, ont été influentes dans différents pays. Comedia travaille pour son propre compte, mais aussi pour des gouvernements nationaux, des Conseils municipaux, des fondations et organisations telles que le Conseil de l’Europe et la World Bank.
Contact : François Matarasso
89 Julian Road, West Bridgford, Nottingham, NG2 5 AL (England)
Tél. et fax : 00 44 115 9826330 Comedia
The Round, Bournes Green, Striud, Glos, GL6 7NL (England)
Tél. : 00 44 1 452 770624 Fax : 00 44 1 451 770596 85 CLAIRE HOUART - PHILIPPE DUMOULIN -”La Fine Fleur” (Braine-Le-Comte)
Philippe Dumoulin fut enseignant pendant 4 ans. Fondateur et directeur de la Compagnie du Brocoli durant 17 ans. Fondateur du Théâtre du Public. Acteur dans plus de 12 pièces différentes. Animateur de plus de 50 ateliers. Metteur en scène de 4 pièces de théâtre. Prédilection pour le théâtre-forum d’August Boal. Ateliers en milieux socialement et culturellement défavorisés (prisons, chômeurs, minimexés, immigrés, analphabètes, jeunes en réinsertion…). Travail théâtral en connexion avec la prévention (sida, toxicomanie…). Formateur aux techniques du Théâtre de l’Opprimé en Palestine-Gaza et au Burkina Faso.
Claire Houart, psychologue clinicienne, travaille au service d’Insertion du CP AS de Braine-Le-Comte depuis 1995. Elle participe à la mise en place de groupes d’information, d’échanges, d’alphabétisation, d’expression, de création professionnelle et de recherche active d’emploi ainsi qu’à la mise en place de formations diverses et d’étude de projets ayant comme objectif de permettre aux personnes, dans un lieu suffisamment structuré, de pouvoir retrouver leurs potentialités. Ensuite, elle les aide à identifier ces dernières afin de leur permettre de les insérer dans leur quotidien. Grâce à cette réappropriation individuelle à travers un travail collectif, elle souhaite donner la possibilité à ces personnes de se situer comme actantes et agissantes au sein de la société et dans leur environnement. Claire Houart aide aussi à contextifier l’environnement individuel dans la sphère collective afin de permettre aux personnes d’acquérir des notions suffisantes à la compréhension des systèmes en interaction (politique, social, économique…). « La Fine Fleur ». Ce spectacle est parti du désir de personnes inscrites dans différents groupes du service d’insertion d’exprimer à la population locale les injustices et les humiliations subies quotidiennement. L’occasion leur a été donnée lors d’une semaine organisée à Braine-Le-Comte en octobre 1996 et qui visait à combattre toute forme d’exclusion.
Aux trois spectacles au ton humoristique créés en 1996, un quatrième fut ajouté en 1997. Un journal est distribué à la fin du spectacle, comprenant des visées plus larges face à cette société en mutation. La trentaine de représentations, suivie à chaque fois d’un débat, a créé de nombreux contacts et a intensifié un important réseau de solidarité. Au travers de difficultés et de désespoirs, de rires et de délassement, ce projet est porté par les comédies amateurs du CP AS de Braine-Le-Comte.
Contact : Claire Houart - CP AS de Braine-Le-Comte
Rue de la Bienfaisance 12 A 7090 Braine-Le-Comte Tél. 067/55 57 21
Philippe Dumoulin - Théâtre du Public
Rue Willemijns 221 1070 Bruxelles Tél. 0495/48 94 92 BRUNO COLIN - LUC DE LARMINAT - Opale (Paris)
Licencié en philosophie, Bruno Colin a créé de 1981 à 1985 une entreprise d’insertion par l’économique de jeunes en difficulté. De 86 à 90, il fut membre d’une société de production audiovisuelle et, pendant deux ans, coorganisateur d’un festival international de télévision pour enfants. En 1990, il fonda et devint directeur de l’association OP ALE, développant des travaux divers d’ingénierie culturelle et sociale, aboutissant notamment à partir de 1996 à la publication de la revue Culture et Proximité.
Luc de Larminat a une maîtrise de cinéma et d’audiovisuel et participa à de nombreuses expériences associatives et communautaires. Depuis 1990, il travaille au sein d’OP ALE, suit les études d’ingénierie culturelle et sociale, le programme cafémusiques et la revue Culture et Proximité.
La revue Culture et Proximitéest éditée par l’association OP ALE, bureau d’études et d’ingénierie culturelles. Consacrée à la réflexion et à l’action des acteurs culturels locaux, avec comme principe fondateur : leur donner la parole, Culture et Proximitéest dédiée à tous ceux qui œuvrent à l’ombre des médias, favorisant ainsi le développement du secteur culturel associatif. Consacrée à des témoignages et des échanges de point de vues, cette lettre trimestrielle se veut un instrument de liaison entre tous ceux qui ont fait le pari de placer l’expression artistique au centre des projets de développement local dans les quartiers et dans les villages.
Elle est composée de quatre parties principales : visites d’initiatives culturelles dans une région ; dossiers proposant des réflexions sur les liens culturels pris dans leur dimension socio-économique ; actualité des cafés-musiques ; débats sur des projets de lois. Elle apporte également des éclairages européens, des points de vue théoriques, des appels de lecteurs à lecteurs.
Elle apporte ainsi des outils de réflexion et d’action aux élus, aux représentants de l’État, aux associations gérant des lieux culturels de proximité ainsi qu’aux professionnels de la culture ou encore aux travailleurs sociaux. La revue est disponible par abonnement.
Contact : OP ALE
Rue des Cinq Diamants 46 F - 75013 Paris (France)
Tél. : 00 33 1 45 65 20 00 Fax : 00 33 1 45 65 23 00
Courriel : oopale@ club-internet. fr DA VID CONTI - Théâtre en Scène (Roubaix)
Le « Théâtre en Scène » est installé dans un gymnase de Roubaix. Fondateurs de la compagnie à la sortie de l’École d’Art Dramatique de Lille, Vincent Goethals et David Conti, acteurs et metteurs en scène furent remarqués dès leurs premières créations. Car leur travail de création ne se conçoit pas sans actions culturelles. « Il y a une urgence : le théâtre doit se faire avec les gens d’aujourd’hui, raconter quelque chose à la ville et à la société dans laquelle on vit. Il faut prendre des risques, combattre le ‘culturellement correct’trop présent tel un refuge facile, rassurant. »
Contact : Théâtre en Scène Rue Général Chanzy 5
F - 59100 Roubaix (France) Tél. : 00 33 3 20 73 34 37 CLAIRE LENGRAND - ARA (Roubaix)
Depuis plus de 10 ans, l’ARA multiplie les initiatives innovantes en faveur des pratiques amateurs et professionnelles des musiques actuelles avec un objectif très clair d’aménagement du territoire. Outre une école, de nombreux ateliers (rap…), des salles de répétitions, des événements, l’ARA est l’inventeur des « Busrock » (1992), studio de répétition itinérant insonorisé, édite « Feuille de Ch’Rock » (journal intercommunal) et mène une réflexion sur un fonds de soutien à la création de nouveaux emplois culturels.
Contact : L’ARA
Tél. : 00 33 3 20 73 09 36 JEAN-PIERRE NOSSENT - Communauté française (Bruxelles)
De 1985 à 1988, Jean-Pierre Nossent fut inspecteur pour la Culture en région liégeoise. Mais avant d’assurer cette responsabilité de fonctionnaire, il avait exercé différentes charges de mission le conduisant notamment à mettre en œuvre le décret du 08/04/1976 sur les organisations volontaires d’éducation permanente des adultes et à participer à divers cabinets ministériels. Il avait également été animateur culturel dans le secteur des maisons de jeunes et enseignant.
Depuis 1988, Jean-Pierre Nossent est chargé de l’Inspection générale de la Culture et de la Communication. Ce travail implique l’animation et la coordination d’une équipe d’une vingtaine d’inspecteurs principaux, chefs de service, inspecteurs ou chargés de mission qui ont pour tâche le développement culturel d’un territoire, en ce compris la mise en place de réseaux d’actions culturelles, la représentation de la Communauté française dans les centres culturels, la mise en place de réseaux de lecture publique, le décloisonnement des différents secteurs d’activités culturelles…
Depuis 1990, il est représentant de la Communauté française au Comité Culture du Conseil de l’Europe. Il est intervenu dans divers colloques et formations de cadres culturels européens.
Depuis 1997, il est également chargé du secteur de la Formation de cadres culturels de la Direction Générale de la Culture au Ministère de la Communauté française.
Contact : Jean-Pierre Nossent
Ministère de la Communauté française
Boulevard Léopold II 44 1080 Bruxelles Tél. : 02/413 22 57 MICHEL TANNER (Mons)
Diplômé de l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (I.N.S.S.A.S.), Michel Tanner fut dès 1978 adjoint à la Direction Générale des Affaires Culturelles du Hainaut et devint en 1985 directeur du service de diffusion théâtrale et responsable de Promotion Théâtre pour la province de Hainaut (théâtre scolaire). En 1985, il devint également président du Centre Dramatique Hennuyer situé à Mons, pour en devenir ensuite le directeur artistique. Il est également réalisateur de plusieurs mises en scène dont les plus récentes sont « Ultima Verba » de Marcel Moreau, « Les bacchantes » adapté de Paul Edmond et « La contrebasse » de P. Suskind.
Contact : Michel Tanner La Fabrique de Théâtre
Rue de l’Industrie 128 7080 La Bouverie Tél. : 065/61 34 60
Les Ateliers du Solbosch - Atelier de peinture du CA TS, dirigé par
JEAN DALEMANS - Présentation d’œuvres de Dany, Samuel, Yvan et Zora.
Cette exposition d’œuvres anonymes n’est acceptable que dans le lieu précis et particulier de ce colloque. Celle-ci ne serait pas possible pour le grand public. En effet, étant donné leur situation, il est nécessaire de protéger la vie privée des exposants. Ceux-ci ont cependant accepté de porter témoignage de leur activité créatrice dans le cadre d’une cure de désintoxication.
Tôt ou tard, il se pourrait que l’on retrouve ces œuvres hors de ce contexte comme pour toute personne ayant suivi des cours en académie, école, etc. Le risque serait alors que serait reconnu le style ou la « patte » de l’artiste déjà manifeste lorsque ce dernier exposait sous le label du CA TS. (Jean Dalemans).
Comme l’atelier théâtre, l’atelier peinture, animé par Jean Dalemans (peintresculpteur), a lieu une fois par semaine au CA TS pendant deux heures. C’est le plus ancien des deux, il existe depuis plus de quatre ans. C’est aussi celui qui a tenu le coup le plus longtemps au sein de l’institution. Il ne faut pas y voir un intérêt particulier des « toxicomanes » pour la peinture ; son succès tient bien plus à la personnalité de Jean Dalemans qui a su allier, dans la rencontre avec les résidents, deux approches fondamentales :
- une ouverture, une disponibilité de départ qui permettent d’accueillir les capacités, la culture et les ressources naissantes des « élèves » telles qu’elles se manifestent ;
- une conception très exigeante de l’art, éloigné du passe-temps, de l’occupationnel et même du thérapeutique.
Dans le processus de travail de l’atelier, le duo (peinture réalisée par J. Dalemans et un élève) est souvent un moment initial où le résident a encore besoin de la participation d’un guide. Plus tard, il passera à une élaboration plus solitaire, plus singulière, jusqu’à travailler dans l’atelier plusieurs fois par semaine, en dehors de la présence de Jean.
L’évolution des parcours des résidents au sein de l’atelier peinture est faite d’alternance de progressivité et de moments de rupture où l’on observe des changements de niveaux. Jean Dalemans est très vigilant à ne pas freiner inutilement certains changements brusques dans l’investissement des résidents, mais il veut aussi éviter qu’ils s’emballent, croyant que quelques peintures, la bienveillance du cadre et une exposition ont fait d’eux des artistes accomplis. Se découvrir artiste est le fruit d’un désir parfois ardent, mais aussi d’un long mûrissement. Il ne s’agit pas tant de changer d’image que de supporter en soi, et dans la solitude, un rapport au vide dont parfois émerge le plein d’une œuvre. (Didier Robin)
Contact : CA TS - Centre d’Accueil et de Traitement du Solbosch
Directeur thérapeutique : Didier Robin
Avenue A. Buyl 110 B 1050 Bruxelles Tél. : 02/649 79 01
Partenaire : Art et pensée asbl
Rue des Artisans 1 1348 Louvain-la-Neuve Tél. : 010/45 46 27 CREAHM -Atelier d’arts plastiques (Bruxelles)
Fondé en 1983, le CREAHM-Bruxelles propose des ateliers créatifs à des personnes motivées par un travail artistique et qui présentent un handicap mental.
Les disciplines pratiquées sont la peinture, la sculpture, le théâtre, la musique. À ces types d’expression viennent se joindre ponctuellement des enseignements parallèles comme la photo, le chant, la gravure… afin d’enrichir les techniques artistiques des participants et de répondre à la diversité des motivations.
L’objectif principal du CREAHM-Bruxelles est de susciter (atelier de formation) et de permettre (atelier de création) l’expression propre à chaque personne.
Son originalité s’inscrit dans l’approche de la personne qui est avant tout considérée comme un artiste à part entière. Au-delà des techniques, les animateurs - eux-mêmes artistes - privilégient le plaisir de la création. Tout atelier est un geste ludique par lequel s’exprime le plus profond de chaque personne. Ainsi, des personnalités vont se dévoiler et leur identité sera reconnue par le grand public dans des expositions et/ou des spectacles promotionnés dans le circuit culturel classique.
La personne handicapée se révèle ainsi un créateur capable de fasciner l’œil du spectateur par son art.
L’atelier d’arts plastiques propose différentes techniques telles que acrylique, pastel, fusain, gouache, crayons, terre, pierre, papier mâché…
La démarche ne se vaut pas académique, mais sensible. L’important, c’est la différence de l’approche de la personne handicapée aux arts plastiques. Elle porte généralement un regard différent sur le monde qui l’entoure. Elle aborde généralement la peinture de manière plus directe, plus spontanée, sans référence culturelle.
Quand une nouvelle personne arrive dans l’atelier, un temps de découverte réciproque s’impose. Ensuite, le choix de la ou des techniques et une recherche qu’entreprend l’animateur en guidant la personne handicapée dans l’apprentissage des différentes techniques, leur possibilité d’utilisation… Il faut se donner le temps de découvrir le caractère, le style propres à chacun.
La mise en place d’expositions est l’objectif principal de cet atelier.
Contact : Véronique Chapelle - CREAHM-Bruxelles
Rue Louis Coenen 12 1060 Bruxelles Tél. : 02/537 78 02 Art-Métal (Flémalle) « Art-Métal », tel est le nom de l’atelier de création de structures métalliques mis sur pied par la section des Faucons Rouges, organisation de jeunesse, de Ivoz-Ramet. Destiné aux adolescents flémallois, cet atelier souhaite ouvrir les participants à une meilleure compréhension de l’art moderne en leur apprenant à sculpter grâce à la soudure. Car leur but est bien de créer de véritables objets d’art et non de simples objets utilitaires.
Un des axes de travail choisi est le travail sur l’espace public et ce pour de multiples raisons : confrontation avec un public extérieur, réflexion selon un lieu précis, discussion avec le pouvoir communal et la population.
Le projet, sous la direction du responsable des Faucons Rouges, Philippe Heuschen, et réalisé en collaboration avec le Centre Culturel de Flémalle, est implanté dans des quartiers difficiles qui reflètent bien les difficultés que connaît la Région de Haute Meuse (chômage, revenus peu élevés, vandalisme…).
Souhaitant travailler avec un matériau qui ait un sens pour les participants au projet, P. Heuschen a choisi le métal, la région abritant de nombreuses industries métallurgiques.
La réalisation a comporté plusieurs phases : de décembre à février 97 tout d’abord avec la formation d’une équipe de cinq animateurs relais (âgés de 17 à 20 ans), chargés d’assister Eric Jacques, le ‘sculpteur métallique’pour l’encadrement des stagiaires tant sur le plan de la sécurité que sur celui de la technique. Ensuite, dès février 97, la mise en place des ateliers et l’initiation d’une quinzaine de jeunes (dont une moitié de filles) stagiaires.
Après avoir appris à maîtriser les différentes techniques (la soudure, le travail de la forge, le boulonnage…), ces jeunes sont entrés dans une phase de création comportant plusieurs niveaux. Tout d’abord la réalisation d’une série de sculptures personnelles sous le thème de l’animal fantastique pour aboutir, finalement, à la création de plusieurs sculptures monumentales qui s’inscriront dans un projet de groupe et dans l’espace public. « Mon rôle consiste surtout à assurer l’encadrement créatif du groupe, par la discussion à partir des idées des jeunes, explique Eric Jacques, le sculpteur. Ma démarche d’animateur, c’est de chercher le pouvoir créatif du jeune et de l’aider à trouver sa manière de s’exprimer. Ils ont d’abord travaillé sur un premier projet personnel, car c’est intéressant qu’ils puissent emporter une première œuvre à la maison ».
Trois créations collectives, des scènes préhistoriques, sont déjà prévues pour le préhistosite de Ramioul :
- une à installer sur la voie rapide Liège-Huy ;
- une sur la nationale Flémalle-Engis ;
- et une sur le préhistosite même.
Une autre création monumentale est destinée au nouveau rond-point Ivoz-Ramet.
D’autres projets existent déjà :
- des panneaux d’affichage culturels métalliques à installer dans divers lieux de la commune ;
- des boîtes aux lettres pour la Maison de la Culture de Marche ; la réalisation d’un char musical pour le groupe de percussions métalliques des Faucons…
Contact : Philippe Heuschen
Faucons Rouges Route de France 158
4400 Flémalle Tél. : 04/336 94 13
Rue des Eaux 4 4577 Modave Tél. : 085/41 24 29 Paroles de Jardins (Bruxelles)
Cette exposition est le fruit d’une année de travail d’apprenants de groupes de niveaux différents dans leur apprentissage en français lecture-écriture.
Le thème en est les jardins et les parcs de Bruxelles. En effet, nous souhaitions tracer ensemble un parcours à travers les différentes communes de la capitale pour, bien sûr, y prendre un certain nombre de photos insolites, mais aussi pour donner l’occasion aux participants de sortir de leurs repères géographiques habituels et y aller avec le regard du chasseur d’images, de sensations et de poésie.
Pour certains participants, ce travail représentait la continuité d’un travail commencé l’année antérieure et dont le point d’orgue fut l’exposition « Le chemin de la lettre » à la maison Pelgrims (Saint-Gilles). Pour les autres, tant la prise de vue que la rédaction des textes furent une découverte et un projet audacieux : nombre parmi eux ne connaissaient pas l’alphabet en débutant l’année. Il y avait donc un pari certain à vouloir ainsi dire et écrire sur les photos produites en commun et ce, d’autant plus que nous souhaitions produire des textes poétiques, genre réputé difficile. Dans les ateliers d’écriture que nous avons organisés, nous nous sommes - entre autres - servis des haïkus, ces très courtes poésies japonaises de deux ou trois vers seulement. En les lisant aux participants, nous avons vu ensemble qu’avec une grande économie de mots, il était tout à fait possible d’écrire un texte à forte teneur poétique.
Les textes plus longs sont les productions de participants déjà plus avancés dans leur apprentissage et donc déjà plus familiarisés avec le monde de l’écrit.
Au terme de ce voyage à travers la ville et l’écrit, nous espérons que cette exposition donnera au lecteur l’envie de parcourir lui aussi les parcs et jardins de notre vile et d’y trouver à son tour d’autres points de vue étonnants. (Jean Przyklek)
Contact : Jean Przyklek / Alpha-Signes
Rue Piers 48 1080 Bruxelles Tél. : 02/414 74 78 ou 02/732 33 67 Club Antonin Artaud (Bruxelles)
Il s’agit ici d’un ensemble de gravures réalisées au Club Antonin Artaud (Centre de jour pour adultes en difficultés psychologiques) dans l’atelier animé par Chris Delville lors d’un projet-événement intitulé « Utopie », organisé par la Fondation Jacques Gueux.
Ce projet avait comme paramètre de « socialiser » l’art, la création, en rassemblant dans une même aventure des jeunes de milieux défavorisés et des personnes marginalisées. Le thème proposé, l’utopie, était un point de départ possible, tremplin de la création. Dans ce cas particulier, ce n’est pas le thème qui a mobilisé les énergies, mais bien le projet concret, le désir de prendre part et de contribuer à un événement collectif.
C’est le résultat d’une année de travail, avec des personnes qui, au départ, étaient des néophytes en gravure. Pour ce qui est de l’animation, l’accent a principalement été porté sur l’expression personnelle et le lien sensible à la matière, en l’occurrence le lino et le cuivre. (Chris Delville)
Contact : Dr F. Tirtiaux
Club Antonin Artaud Rue du Grand Hospice 6
1000 Bruxelles Tél. : 02/218 46 34 La Colonie Musicale - IRSA (Uccle) « Suite pour peaux, bois et autres sonnailles ». Fruit de trois années d’improvisation autour des instruments à percussion, la Colonie musicale réunit aujourd’hui 9 musiciens aveugles et malvoyants, tous jeunes de l’I. M. P. du Prince d’Orange.
Si les rythmes trouvent souvent leur origine dans les folklores africains, cubains et brésiliens, leur composition, adaptation, transposition et interprétation résultent de l’imaginaire et du savoir-faire de l’ensemble du groupe, du vécu de chaque percussionniste et de sa sensibilité… Il s’agit donc ici de leur propre culture, celle de la « colonie musicale »…
Contact : Didier Melchior
IMP du Prince d’Orange Chaussée de Waterloo 1504
1180 Bruxelles Tél. : 02/373 52 11 Fax : 02/373 52 09
 
NOTES
 
[1] L’article qui suit est constitué par la liste des orateurs présents au Colloque organisé conjointement par Culture et Démocratie et laFondation Roi Baudouin au Centre Culturel d’Auderghem le 10 juin 1998. Le colloque s’intitulait "Art 23 - Culture et Emancipation Sociale". La liste a été remise aux participants du Colloque mais ne fait pas partie des Actes. Nous remercions vivement Monsieur Ivo Janssens de Cultuur en Democratie qui nous a autorisé à publier ici cette liste.
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