2003
Recensions
Recensions
GARBARINI Joëlle
« Former à la relation d’aide en travail social »
Issy-les-Moulineaux, 2002 (Actions sociales / Société)
Être travailleur social, aujourd’hui, c’est s’engager dans une voie complexe par essence.
Car il faut à la fois être apte, avec tout le désir que cette démarche contient, à créer une
relation avec le(s) usager(s), mais aussi à s’en distancier affectivement. De quelle façon
la formation des travailleurs sociaux peut-elle aider le futur professionnel à créer une relation d’aide avec l’usager, une relation qui se situe entre une inévitable implication de lui-même et une « bonne » distance à trouver avec celui qui demande attention et soutien ?
Dans la première partie de cet ouvrage, deux recherches effectuées auprès de formateursterrain en service social accueillant des stagiaires révèlent l’aspect affectif de la relation pédagogique sur le terrain et donnent à réfléchir sur la nature de la relation d’aide qui
se noue avec les usagers.
Dans la deuxième partie, nous avons jugé nécessaire d’apporter à la formation des travailleurs sociaux une approche conceptuelle et méthodologique de cette relation d’aide.
Par ailleurs, nous proposons un travail pédagogique utilisant comme support la littérature
qui constitue un outil à la fois novateur et pertinent pour assimiler ces connaissances
«abstraites ». De plus, des temps d’analyse de pratique permettent également aux étudiants de repérer leur implication au sein des relations professionnelles.
Enfin, en termes de perspectives, des remarques et des propositions à la fin de l’ouvrage
alimentent une réflexion sur la nécessaire articulation entre les deux lieux de formation
afin de permettre un recentrage autour de l’étudiant dans le cadre d’un projet individuel
de formation.
Cet ouvrage s’adresse aux étudiants de service social et éducatif, aux professionnels en
poste, aux formateurs, à tous ceux qui sont soucieux de formation, et à tous les partenaires du secteur social.
MORASZ Laurent
« Comprendre la violence en psychiatrie »
Approche clinique et thérapeutique
Chaque professionnel du champ psychique (médecin, infirmier, psychologue…) est confronté régulièrement à la déliaison et à la destructivité que la violence génère. Mais derrière le chaos semé par cette violence se trouve aussi la vie.
Cet ouvrage nous entraîne au cœur de cette dynamique complexe et passionnante :
- il détaille les différentes formes d’expression de la violence en psychiatrie ;
- il rappelle la place et le destin de la violence fondamentale dans le développement psychique ;
- il dévoile les facteurs déterminants qui précipitent l’acte violent;
- il approfondit les liens entre la psychopathologie et l’expression violente (dans les fonctionnements limites, psychotiques, névrotiques et addictifs);
- il met en évidence la violence psychique propre à tout lien soignant ;
- il décrit l’impact des processus violents sur les dynamiques individuelles et institutionnelles ;
- enfin, il organise les principes d’une prise en charge efficace de ces phénomènes par le
biais d’une approche clinique et thérapeutique spécifique et systématisée.
Largement illustré d’exemples concrets, ce livre trace les lignes directrices d’une approche
relationnelle adaptée à la prise en charge au quotidien de l’agir et de la violence.
Il nous aide ainsi dans ce qui fait la force de notre mission : maintenir une pensée face à
l’acte, dans un mouvement subjectivant garant de l’humanité et de la légitimité de nos pratiques.
WACJMAN Claude
« Les adolescents en institut de rééducation »
Prise en charge éducative, pédagogique et thérapeutique
Les enfants et les adolescents difficiles sont à tel point inclassables psychologiquement
qu’ils en deviennent incasables socialement. Ce sont ces jeunes qu’on retrouve aux
marges de la violence, des conduites à risque ou de la délinquance, souvent aussi au
seuil des consultations psychiatriques.
Les instituts de rééducation ont vocation à leur accueil, lorsque sont reconnues des difficultés qui les éloignent des cursus scolaires ordinaires ou aménagés. Les spécialistes qui
y travaillent assurent les modalités d’une éducation globale, celle de l’enfant destiné à
devenir un adulte citoyen, et les modalités d’une éducation spécifique dans un projet institutionnel, qui permettra une insertion ou une réinsertion scolaire, professionnelle et
sociale.
Ce livre a pour but :
- d’examiner sur le plan administratif et de comprendre sur le plan clinique la situation de
ce secteur important de l’action sociale
- de parcourir sur les plans éducatif, pédagogique et thérapeutique les questions
majeures, les concepts émergents (démarche qualité, mise en réseau complémentaire de
soins) et les approches théoriques de la psychologie et de l’anthropologie à l’œuvre dans
ce domaine.
- Cet ouvrage est destiné aux professionnels du secteur médico-social, à leurs collègues
de l’Éducation nationale, qui sont au premier rang de leurs prescripteurs, à ceux des services de mineurs de la justice. Les parents y trouveront les fondements et les informations
concernant les méthodes de travail des professionnels de l’éducation spécialisée.
MARTY François et al.
« Transactions narcissiques à l’adolescence »
On connaît la fragilité narcissique qui résulte de l’effraction pubertaire chez le sujet adolescent. Mais on insiste insuffisamment sur le fait que ce passage ne s’effectue pas de
façon linéaire, le narcissisme le disputant constamment au pubertaire, à l’occasion de
relations conflictuelles dont l’issue est incertaine.
Dans cet ouvrage, les auteurs décrivent les transactions narcissiques auxquelles le conflit pubertaire donne lieu.
François Richard analyse les intrications du narcissisme et du masochisme dans le
processus de subjectivation à l’adolescence. Anne Tassel en donne une illustration avec
le Tag-trace de soi, entre rature et signature, construction subjectivante ou ratage. Jean-Bernard Chapelier et Catherine Matha abordent la question de l’activité fantasmatique
dans les groupes d’adolescents, mettant en évidence le recours aux fantasmes d’autoengendrement comme condition préalable au processus d’individualisation. François
Marty étudie le processus de génitalisation et ses aléas, lorsque le narcissisme l’emporte
dans sa résistance à l’investissement génital. Philippe Givre propose une approche de
l’anorexie mentale, envisagée comme un encapsulement narcissique pour faire face à la
menace que représente l’entrée en puberté. Enfin, Florian Houssier présente ses travaux
sur l’analogie processuelle entre fraternité et adolescence.
ROUZEL Joseph
« Le transfert dans la relation éducative »
Psychanalyse et travail social
Les éducateurs fabriquent de l’humain, et comme le disait Fernand Deligny, « c’est
autrement difficile que de monter une expédition au pôle Nord avec des chiens de
traîneaux ». On a beau essayer de neutraliser, de maîtriser la relation éducative en la
parant des habits du management, de la gestion des populations ou de l’ingéniérie
sociale, l’acte éducatif repose toujours sur une rencontre humaine.
S’appuyant sur sa triple expérience d’éducateur, de formateur et de psychanalyste, l’auteur propose de mettre à nu ce qui se noue dans la relation éducative, notamment ce que
l’éducateur met en jeu et ce qui l’affecte. Il étudie l’apport de la psychanalyse dans la
réflexion sur la relation éducative. Des analyses d’August Aïchhorn, commentées par
Freud : « J’avais fait mien très tôt le bon mot qui veut qu’il y ait trois métiers impossibles
– éduquer, soigner, gouverner », jusqu’à l’affirmation lacanienne : « Le transfert, c’est de
l’amour ».
La psychanalyse, en effet, apporte non seulement des concepts opératoires dans le
domaine du social (transfert, pulsion, sujet, besoin, demande, désir, etc.), mais elle permet surtout de soutenir un questionnement sur le sens des actes éducatifs et de la
dynamique institutionnelle où ils s’inscrivent. C’est tout le sens de la seconde partie de cet
ouvrage, où l’on voit que la démarche analytique débouche sur un positionnement éthique
et clinique dans la relation éducative.
Cet ouvrage s’adresse à tous les éducateurs, enseignants et professionnels du champ
social et médico-social soucieux d’enrichir leur pratique quotidienne d’une relecture critique, informée par les acquis de la psychanalyse.
JAMOULLE Pascale
« La débrouille des familles ».
Récits de vies traversées par la drogue et les conduites à risque
Bruxelles : De Buck Université, 2002 (Oxalis)
Fruit d’un travail de terrain de longue haleine avec des familles de milieu populaire
touchées par les conduites à risque (addictions, violences, micro-trafics, tentatives de suicide, automutilation, anorexie/boulimie…), l’ouvrage livre leur vécu intime et collectif.
L’auteur a cherché à recomposer leurs réalités quotidiennes, leurs parcours et le sens des
gestuelles de risques qui traversent les foyers.
Par immersion douce, le lecteur entre dans les univers domestiques, la rue, les écoles et
l’épaisseur transgénérationnelle des sagas familiales. Les récits de parents, fratries et
proches se croisent sur des désordres familiaux, socio-économiques, scolaires et judiciaires. Ils décrivent l’espace social décalé qu’offre aux jeunes l’économie parallèle très
implantée dans leur environnement.
Les tensions et les mises en danger de la jeunesse sont souvent des comportements
d’adaptation au fonctionnement de leurs lieux de socialisation.
Sous la pression des crises qu’elles vivent, des familles se débrouillent, sortent du
mutisme et de l’isolement. Elles trouvent des ressources dans leur environnement et font
preuve d’ingéniosité pour faire face à leur condition. Elles explorent les appuis qu’elles ont
trouvés dans le réseau social et les dispositifs d’aide pour faire évoluer leurs modes de
vie et leurs relations familiales. À partir de leurs expériences, elles ont réfléchi à la prévention et aux modes d’intervention adaptés.
Adapté à un large public qui souhaiterait mieux comprendre les parcours de risques de la
jeunesse et le vécu des familles éprouvées, cet ouvrage intéressera tout particulièrement
les professionnels et les étudiants des secteurs psycho-médico-sociaux, socio-anthro-pologiques, éducatifs et judiciaires.
HACOURT Gilles
« Ecstasy, pilules sans ordonnances »
Usages et usagers de nouvelles drogues de synthèse
Paris : L’harmattan, 2002.
Quelles sont les caractéristiques sociales, économiques et culturelles des consommateurs d’ecstasy et autres « nouvelles drogues de synthèse » ? Pourquoi, où, quand, de
quelle manière en font-ils usage ? Contrôlent-ils leur consommation ? Prennent-ils des
risques pour leur santé ?
Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, l’auteur nous propose un voyage dans
le monde peu ou mal connu des usagers de ces produits. Il nous livre les résultats d’une
étude scientifique réalisée par des moyens qualitatifs et quantitatifs, visant la compréhension et la mesure de ce phénomène. Les données ont été collectées en Communauté
Française de Belgique. Sans nul doute, les analyses nuancées qu’il présente devraient
alimenter le débat en dehors de ces frontières.
L’ouvrage s’adresse à tous les acteurs impliqués dans ce sujet. Les instances chargées
des politiques et actions de prévention et de réduction des risques liés à la consommation
d’ecstasy trouveront une source d’information et de réflexion précieuse. L’auteur a voulu
aussi interpeller les usagers eux-mêmes, en étant soucieux de leur rendre compte de ce
qu’ils lui ont dit et donné à voir au long de ses travaux. Enfin, l’entourage des usagers
(potentiels) pourra découvrir une réalité dégagée d’idées reçues et de principes réducteurs.
LALLEMAND Alain
« Le cannabis expliqué aux parents.
Version mise à jour avec les nouvelles propositions légales.
Bruxelles, Luc Pire, 2001
Mon enfant consomme du cannabis ou je le soupçonne d’en consommer et cette nouvelle
épreuve me désarçonne : par quel biais aborder le problème ? Comment en discuter avec
lui ? Où en est la dépénalisation annoncée par le gouvernement ? En définitive, que dit la
loi ?
À deux reprises, en 1998 et 2001, la Belgique a modifié son comportement judiciaire et
sanitaire vis-à-vis du cannabis. Conséquence : nombre de parents et d’éducateurs sont
désorientés par les stratégies de l’État, plus intéressantes pourtant que tout ce qui fut
essayé auparavant. Plus que jamais, les parents ont besoin d’une information simple,
débarrassée de toute idéologie, qui les aide à réagir de manière adéquate et sans excès.
N’oubliez pas ce sésame : votre enfant est mieux informé que vous.