BOUSSARD Valérie et MAUGERI Salvatore (sous la dir.)
Du politique dans les organisations
Sociologies des dispositifs de gestion
Paris : L'Harmattan, 2003 (Logiques sociologiques)
Cet ouvrage réunit les travaux de sociologues ayant apprivoisé la gestion, son vocabulaire, ses outils, ses démarches… Ces éléments disparates, fortement articulés les
uns aux autres dans les pratiques managériales concrètes, forment des dispositifs
qui constituent l'objet d'analyse central de l'ouvrage. Issus de recherches empiriques,
les textes rassemblés ici rappellent que toute « technique de gestion» est une
construction sociohistorique dont la nécessité n'a rien d'absolu.
L'intérêt d'une telle posture est de montrer que les choix de gestion et les instruments
développés pour les déployer dans l'entreprise ou l'organisation ont leur source dans
des jeux sociaux dont l'essence fondamentale est d'ordre politique. La déconstruction
des dispositifs de gestion révèle ainsi les soubassements et appropriations politiques
dans lesquels tout acte de gestion se trouve engagé, loin des visées optimatrices que
leur prête le discours managérial. Dans cette perspective, les choix de gestion ne
peuvent plus être vus comme le fruit d'une rationalité technique, économique ou
organisationnelle parfaite et surplombante, mais comme le produit de la rencontre
aléatoire des rationalités croisées des membres de l'organisation.
Avec l'étude des dispositifs de gestion, l'analyse sociologique retrouve et approfondit
les principes d'une approche des organisations centrée sur les acteurs et leurs interactions, en les replaçant dans le cadre naturel qui est le leur, celui de structures de
part en part animées par des instruments et des techniques chargés d'organiser les
activités.
NEYRAND Gérard et ROSSI Patricia
Monoparentalité précaire et femme sujet
Ramonville Saint-Agne, 2004 (Pratiques du champ social)
L'augmentation de la monoparentalité va de pair avec une précarisation accrue de
beaucoup de femmes élevant seules leurs enfants. Pour elles, occuper la position de
« chefs de famille » est d'autant plus difficile qu'elles n'y ont généralement pas été
préparées, et que la précarité économique se conjugue avec un isolement relationnel
et une fragilisation psychologique.
Cette évolution pose la question de la place des femmes dans la démocratie ainsi
que celle de la maternité et du féminin, et de leur lien à la paternité, pour les
psychismes individuels. Elle nécessite de concevoir un soutien qui ne soit pas seulement économique, mais qui intègre les dimensions sociale et psychologique.
Dans cet ouvrage, les auteurs articulent sociologie et psychanalyse pour rendre
compte de la complexité de ce problème social, mais surtout, ils explorent les pistes
possibles pour une meilleure prise en charge de ces femmes chefs de famille par les
intervenants sociaux.
GALLAND Olivier
Sociologie de la jeunesse
Paris, Armand Colin, 2004 (3e édition)
La jeunesse est une catégorie aux contours incertains. À quel âge commence-t-elle,
à quel âge finit-elle ? Cette simple question soulève un ensemble de difficultés
théoriques et pratiques. Plutôt que de chercher une définition autour de l'âge
biologique, objective, mais forcément arbitraire, la sociologie doit montrer comment
l'âge est une production sociale qui a évolué au cours de l'histoire et qui varie en fonction des situations sociales.
Cette incertitude entourant la définition de la jeunesse s'est accrue avec l'affaiblissement des rites de passage, l'allongement des transitions professionnelles et la prolongation du temps des expériences qui tendent à repousser toujours plus tard l'âge
d'accès à un plein statut adulte.
Cette troisième édition propose une relecture et une reconstruction sociologiques de
la jeunesse. Mais, au-delà de la réflexion sur cette catégorie, l'ouvrage en teste l'efficacité pour décrire et analyser la situation des jeunes dans la société française.
Cette exploration permet également de passer en revue les principaux concepts
élaborés par les sociologues pour comprendre le rôle de l'âge dans les sociétés.
FOUCART Jean
Sociologie de la souffrance
Bruxelles, De Boeck et Larcier, 2003
Si la thématique de la souffrance est, en sociologie, de plus en plus abordée au
travers des recherches sur la violence, le harcèlement et la souffrance au travail, elle
n'a toujours pas vraiment fait l'objet d'une approche spécifique. L'ouvrage que voici
offre une vision transversale, essaie de combler un vide. Il se construit autour de
l'idée de la souffrance comme aspect spécifique d'une rupture transactionnelle ou
rupture des conditions de la confiance. L'individu est dans l'impossibilité de construire
les microcompromis pratiques structurant la quotidienneté ou d'adopter des stratégies doubles. Des concepts tels que «transaction», «civilités», «paradoxe», «symbolique», «interstice», «forme», s'avèrent décisifs.
Les questions de la confiance, de l'angoisse, du respect, du mal, du don sont au
cœur de l'analyse. Des récits, des situations variées de la vie quotidienne sont à la
base de la construction.