2004
La souffrance de la jeune fille violée : de la barbarie de
l'acte... au poids de l'indifférence et de la
suspicion
Corine Briche
[1]
Il est impossible de nier aujourd'hui que le viol porte
gravement atteinte à la dignité de la l'individu et que ses répercussions
psychologiques, morales et sociales sur la vie des victimes sont considérables.
Tout abus sexuel constitue une violation de l'intégrité de la personne et
provoque toujours un traumatisme. Or, dans notre société, le viol demeure un
crime " marginal " et les violeurs sont, parmi tous les criminels, «
ceux qui jouissent de la plus grande impunité » : une minorité de viols fait
l'objet d'une plainte, les condamnations demeurent peu fréquentes et
les peines prononcées sont souvent dérisoires, malgré l'adoption au cours
des deux dernières décennies de lois plus répressives mais qui restent
empreintes d'un sexisme latent. Et les jeunes filles piégées par les «
tournantes », viols collectifs perpétrés dans les cités délaissées, souffrent
particulièrement de l'indifférence et de la suspi~cion, eu égard notamment
aux rapports complexes et souvent ambigus entretenus entre les victimes et
leurs agresseurs.Mots-clés :
viol collectif, «tournante », abus sexuel, barbarie, victime, souffrance, déni, enquête, justice, réputation, honte, indifférence, impunité.
Corine BRICHE « The suffering of the young girl that has been
raped : from the barbarity of the action to the weight of indifference and of
suspicion »
Nowadays, it is impossible to deny that rape strikes a blow at
the dignity of a person and that its psychological, moral and social
repercussions on the victims' lives are really important. Any sexual abuse
constitutes a violation of the integrity of a person and always provokes a
traumatism. However, in our society, rape is still a "marginal" crime
and the rapists are, among all the criminals, those who benefit from the
greatest impunity: a minority of rapes gives rise to a complaint, sentences are
not frequent and are generally derisory in spite of the adoption, during the
two last decades of more repressive laws but that are still influenced by a
latent sexism. And the young girls who have been victims of the
"tournantes" i.e. the collective rapes that take place in abandoned
cities, suffer especially from the indifference and from the suspicion: this is
mainly related to the fact that the relationship between the victims and their
aggressors is often ambiguous and complex. Keywords :
collective rape, « tournante », sexual abuse, barbarity, victim, suffering, denial, investigation, justice, reputation, shame, indifference, impunity.
« Voilà le viol : il tue la femme
en la forçant à survivre, à inventer un système qui attisera sa propre
souffrance .»
[2] À Samira BELLIL
Le viol est un crime et
selon l'article 222-223 du code pénal : «Tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature
qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte,
menace ou surprise, est un viol. »
La grande modification apportée par la loi de décembre 1980 est
la désignation précise du viol en tant que pénétration sexuelle (qu'elle
soit vaginale, anale, orale ou pénétration par la main et les objets), ce qui
le distingue des agressions sexuelles qui sont des délits et relèvent du
tribunal correctionnel.
Le viol est passible d'une peine d'emprisonnement de
quinze ans, mais les auteurs d'un viol aggravé encourent une peine de
vingt années. Le viol aggravé est qualifié quand l'acte est commis sur
mineur de moins de quinze ans, sur personne vulnérable, par ascendant naturel
ou adoptif, par personne ayant autorité, avec menace ou usage d'une arme,
par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteurs ou de complices
(viol collectif), accompagné de tortures ou ayant entraîné mutilation,
infirmité ou mort.
Une victime adulte dispose d'un délai de dix ans après les
faits pour porter plainte en cas de viol et de trois ans pour agression
sexuelle.
Si le viol a été commis alors que la victime était mineure au
moment des faits, la prescription se compte à partir de la majorité de celle-ci
et elle a été portée à vingt ans par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 (elle
était auparavant de 10 ans).
Beaucoup d'auteurs s'accordent sur le fait que
l'histoire des lois françaises relatives aux violences sexuelles est
marquée par la domination des hommes dans notre société.
Sous l'ancien régime, « les jugements pour viol
aboutissent le plus souvent à une mise hors de cour. La plainte est peu
entendue, les faits peu approfondis, l'accusé peu interrogé, surtout
lorsque la victime est une femme adulte, surtout aussi lorsqu'il n'y
a eu ni meurtre, ni blessure grave
[3] ». En outre, on ne considère pas à cette époque que
le viol d'une femme par un homme seul soit possible et l'absence de
consentement de la victime n'est pas considéré. Les textes prévoient
toutefois une sévérité plus grande lorsque la virginité de la victime est
avérée avant les faits.
Au XVIIIe siècle, la femme est toujours appréhendée en fonction
de sa place sociale dans un univers patriarcal et masculin, sans bénéficier du
pouvoir de dire non à une sexualité imposée. Le viol reste rarement puni dans
un univers où le vol apparaît davantage préjudiciable à l'ordre
social.
Dans le code pénal de 1791, le viol est inscrit dans la
catégorie des crimes contre les personnes, qualifié comme une atteinte à
l'intégrité et à la dignité de la victime, ce qui confère une
reconnaissance plus grande de son identité personnelle. Pourtant, « le viol se
prouve encore davantage par l'état de l'hymen dont témoigne le
médecin légiste que par la plainte de la victime
[4] ». En outre, une distinction apparaît entre les
crimes et les délits, identifiant des violences « inférieures » à celles du
viol comme l'attentat à la pudeur ou l'outrage public à la pudeur.
Les procès pour viol restent très rares, les faits étant souvent
déqualifiés.
La loi de 1832 criminalise les attentats à la pudeur sans
violence contre les enfants et en 1857,
«
l'arrêt Dubas inscrit pour la première fois dans la jurisprudence la
violence morale exercée contre une femme adulte comme constitutive du viol. Le
principe de la femme comme sujet de droit émerge lentement. Le viol consiste
dans le fait d'abuser une personne contre sa volonté. La victime
s'éloigne peu à peu de l'opprobre qui englobait agresseur et
agressée
[5]
».Dans son ouvrage, Georges Vigarello aborde cependant la difficulté pour les
gendarmes et les magistrats de visualiser alors le traumatisme.
Parallèlement, à la fin du XVIIIe siècle, l'opinion
publique assimile les agresseurs d'enfants « à des monstres frustres issus
du monde rural ou aux nobles libertins (Sade, Fronsac) », puis au XIXe siècle,
à « l'ouvrier misérable étranger au quartier, se déplaçant des villes vers
les campagnes », puis apparaissent « l'instituteur pédophile, le père
incestueux ou le meurtrier d'enfants », pour enfin soutenir, à la fin du
XIXe siècle que le danger est partout et que « l'agresseur est monsieur
tout le monde ; le pervers est un homme ordinaire intégré parmi ses concitoyens
».
La fin du XIXe siècle marque un moment clé dans l'histoire
du viol et comme le développe Georges Vigarello : « La définition du crime,
celle qui prend clairement en compte la violence physique et la violence
morale, précisant chantage, menace ou surprise, y est acquise pour plusieurs
décennies ». La psychologie de l'individu est davantage étudiée et des
distinctions importantes apparaissent comme celle entre le viol d'adulte
et le viol d'enfant, celle faite entre les perversions et celle faite
entre la responsabilité et l'irresponsabilité.
Mais au début du XXe siècle, le viol n'est toujours pas
reconnu comme une menace sociale. En outre, les viols de femmes et
d'enfants restent perçus différemment : « la presse et la médecine légale
s'intéressent davantage aux figures monstrueuses des violeurs
d'enfants qu'à la réalité sans doute beaucoup plus tolérée par les
hommes des crimes sexuels contre les femmes. »
En 1978, lors du retentissant procès pour viol à Aix en
Provence
[6], Gisèle
Halimi énonce des notions fondamentales relatives au viol : « Toutes les
agressions sexuelles supposent un type de rapport de domination homme/femme
symptomatique d'un certain choix de société. Consciemment ou
inconsciemment, un certain nombre de valeurs masculines a, en fait, justifié le
viol par ‘‘la naturelle virilité agressive ’’de l'homme et la ‘‘passivité
masochiste ’’de la femme.» Comme le commente un article relatif au viol dans
son rapport avec la justice
[7], dans la société des années 70, les valeurs machistes
s'imposaient encore à la majorité de la population avec « toute la force
des évidences ».
Le viol est alors défini comme «
la manifestation sexuelle d'un rapport de domination » et son
caractère politique est exacerbé puisqu'il est présenté comme résultant
d'un choix de société.
Le viol collectif n'est pas un phénomène récent et il
était plus facilement reconnu autrefois que l'acte d'un homme seul,
car en ne considérant que la violence physique, le viol par un seul auteur a
longtemps était supposé impossible.
Jusque dans les années cinquante, le viol collectif était
encore jugé comme un délit et non comme un crime et ceux qui le commettaient se
caractérisaient par une absence quasi totale de sentiment de culpabilité. Le
viol, complètement banalisé, semblait être vécu comme une sorte de jeu, de rite
initiatique pour les auteurs.
Les viols collectifs constituent la plus grosse partie de la
criminalité juvénile traitée dans les années soixante. Dans les années 80, des
bandes organisées sévissaient dans les quartiers : le viol collectif était
devenu comme une mode. Aujourd'hui, les viols en réunion commis sur une
jeune fille sont appelés les « tournantes » dans les cités délaissées. Elles
sont davantage médiatisées parce qu'elles impliquent très souvent des
mineurs. Après avoir relaté plusieurs témoignages relatifs à ce phénomène, nous
confirmerons qu'il se caractérise souvent par « la rencontre de deux
fragilités. La victime est très souvent une cible vulnérable, souffrant
d'instabilité affective. Les agresseurs évoluent très souvent dans un
milieu déstructuré
[8] ».
Cependant, la banalisation du viol occulte fréquemment les faits douloureux
décrits par les jeunes filles, quand elles osent le faire, et de très
nombreuses victimes souffrent, en plus de la violence des actes, de la défiance
et du scepticisme ambiants.
III. Des témoignages dramatiques
En 2002, le témoignage « coup de
poing » de Samira Bellil
[9], victime de plusieurs viols collectifs, dévoile la
violence sexuelle qui s'est installée et banalisée dans les cités et les
banlieues où, dit-elle, tout se réduit à des rapports de force et de
domination. Après les premières agressions à Sarcelles à l'âge de 14 ans,
la jeune fille se dit rongée par la culpabilité et le dégoût ; détruite par
l'ostracisme à son égard et se réfugie notamment dans la drogue et dans
l'alcool. Quinze ans après sa seconde agression à l'âge de 17 ans,
elle engage la rédaction de son livre qui fut pour elle douloureuse mais
libératrice :
« C'était très important
d'être lucide, et de montrer que je l'étais. Parce que généralement,
quand les gens souffrent, on met ce qu'ils disent sur le compte de la
souffrance et de la haine. »
Et l'auteur dénonce le fait que dans un environnement
aussi dégradé que celui de certaines cités, la torture que subissent les filles
est physique, mais également morale : réputation brisée, honte et humiliation
sont leur lot quotidien, mais « on prend ce
qu'il y a à prendre, on ne se dit pas qu'on peut faire un choix et
dire non. La plupart des jeunes filles se disent qu'elles ne peuvent pas
être plus exigeantes. Cela a été mon cas pendant longtemps
».
En outre, lors de débats auxquels elle a participé, elle lutte
contre les partis pris des gens imprégnés « de ce qui se dit médiatiquement sur
les viols collectifs, sur le consentement des filles…
[10] ». La jeune femme insiste :
« Lorsque j'ai fait un débat à Lille, les
gens ne se rendaient pas compte du calvaire que subissait Sarah, une gamine de
15 ans, victime d'une affaire de viol collectif dans la région. Hors de la
cité, personne ne se rend compte ; Dans la cité, tout le monde sait et tout le
monde se tait. Les gens se rangent du côté des loups… »
Le calvaire de Sarah, collégienne roubaisienne de 13
ans,a duré quatre longs mois au cours desquels elle a été violée
sous la menace presque quotidiennement et a supporté de multiples violences,
quinze adolescents étant mis en cause dans cette affaire sordide. Le procès des
onze mineurs impliqués s'est tenu en octobre 2003 à Lille et dans sa
plaidoirie, son avocate a lu les quelques mots rédigés par la jeune fille :
« Vous aurez peut-être mal en allant en prison,
mais moi j'aurai mal toute ma vie. Pour oublier, il faudrait
m'enlever un morceau de mon cerveau. »
Bien que huit des onze avocats de la défense aient plaidé la
relaxe, partant du principe que leurs clients avaient jugé la jeune fille
consentante, tous les mineurs, âgés de 13 à 16 ans au moment des faits, ont été
reconnus coupables et condamnés, avec prison ferme et mandat de dépôt pour les
trois protagonistes principaux du dossier, baptisé «
La tournante de Roubaix».
Peu avant, aux assises des mineurs
d'Évry
[11], onze jeunes ont comparu pour avoir, six mois
durant, violé deux gamines de treize ans dans une cave de leur cité. Sept
autres jeunes appartenant au même groupe autoproclamé « La mafia des crocos »,
ont comparu devant le tribunal pour enfants quelques semaines plus
tard.
Comme souvent, la loi du silence a ajouté au sordide de
l'affaire et quatre mois seront nécessaires aux policiers pour que les
jeunes filles, terrorisées à l'idée des représailles, daignent
s'accorder le statut de victimes et avouer les agressions qu'elles
ont subies : « Pour garantir l'omerta, les
agresseurs menaçaient les petites de montrer à leurs familles des photos prises
lors de ces séances de tortures sexuelles. »
Un enquêteur a raconté à l'AFP, pointant la « barbarie du
non-dit » que «certains mercredis, les gens de la
cité voyaient les jeunes faire la queue devant les caves »,
précisant encore la souffrance et le déchirement de l'une des victimes : «
Envoyée chez sa grand-mère, la jeune fille fera
une tentative de suicide. Son père s'est pendu cet été dans l'église
du village où il passait ses vacances, a priori usé par les pressions
systématiques des proches des accusés, certains parents n'hésitant pas à
faire circuler dans l'établissement où les protagonistes étaient
scolarisés des pétitions déclarant que les jeunes filles étaient
consentantes.
» En 1999,
dans un quartier de la
banlieue strasbourgeoise, six adolescents ont violé à plusieurs
reprises une lycéenne de seize ans dans une cave de cette cité
[12]. Le premier auteur est
allé chercher le lendemain des copains pour qu'ils abusent également de la
jeune fille en la menaçant de lui couper les veines si elle ne se laissait pas
faire. Ce leader de la bande, condamné à huit ans de prison, répétera au procès
que la jeune fille était consentante, ajoutant qu'après un échange sexuel,
il s'était endormi la tête sur ses genoux et précisant que la porte
n'était fermée que par un bout de bois. S'estimant innocent, il a
fait appel, soutenu par sa mère et sa petite amie :
« Il est gentil, il n'aurait jamais fait de
mal à personne » ; « Je le connais assez bien pour savoir que c'est
quelqu'un de bien.»
La Cour d'Assises des mineurs du
Doubs
[13] a
infligé en mars 2000 des peines de 2 ans et demi à 6 ans de prison ferme à sept
jeunes âgés de 17 à 22 ans qui avaient violé deux adolescentes pendant
plusieurs jours dans les caves du quartier de Planoise à Besançon. Les deux
jeunes filles, en crise avec leur famille, venaient de fuguer et pensaient
avoir trouvé refuge auprès de l'un d'eux : «
Dès le premier jour, elles ont dû subir des actes
qualifiés de viol par la justice. Ensuite, elles étaient livrées en quelque
sorte à la bande de copains qui leur faisaient subir les pires
turpitudes.»
La Cour d'Assises des mineurs de
Pontoise
[14] a condamné en septembre 2002 avec une sévérité sans
précédent (de cinq à douze années de réclusion criminelle) les auteurs de viols
collectifs sur une jeune fille de quinze ans, traquée, séquestrée et violée à
plusieurs reprises par dix-huit jeunes différents. Dans son article, Mohammed
COLIN analyse la situation : «
Le récit de cette
ado met en évidence une trame commune à toutes celles victimes de viols
collectifs. La victime, après avoir été surprise d'avoir échangé quelques
baisers dans un escalier avec son nouveau petit ami en marge d'une soirée,
est immédiatement cataloguée de fille facile. La sacralité que donnent les
garçons auteurs de tournantes à leur mère et leurs sœurs, ils l'enlèvent
complètement à leur victime, si bien qu'elle devient une chose à leurs
yeux. À partir de cette représentation, commence le calvaire infernal. Menaces,
séquestration, fellations, sodomies - prenant soin d'éviter une grossesse
à leur victime -, toutes ces horreurs sont perpétrées très régulièrement (…).
En proie à une « sidération psychique », la victime revenait de manière
incompréhensible sur les lieux où se trouvaient les violeurs. Pour les accusés,
c'est clair à leurs yeux, c'était « une meuf facile » et
aujourd'hui, pour des raisons qu'ils ignorent, elle veut leur causer
des ennuis …»
IV. Analyse du phénomène des viols collectifs
Ce phénomène est difficile à analyser, car les rapports entre
les individus sont très complexes.
1. Les codes sexuels des
adolescents
Les travaux sociologiques d'Hugues Lagrange invitent à
resituer les atteintes sexuelles dans un contexte social, en décrivant comment
les trajectoires de vie personnelles des délinquants s'articulent avec
l'histoire et les mutations de la société (difficultés d'accéder à
une qualification professionnelle, chômage, redéfinition de l'ensemble des
rapports entre les hommes et les femmes). Les atteintes sexuelles et les viols
seraient des tentatives de réaffirmation de leur masculinité.
Caroline V aissière explique que
[15] «
l'univers sexuel des jeunes garçons est délimité par un code sexuel. Il
repose sur une ‘‘ taxinomie ’’des filles, établie par eux, qui induit presque
totalement leur attitude et leurs représentations. Le code est connu de tous et
partagé par tous ».
Cette catégorisation n'est pas seulement établie sur des
faits mais aussi sur des réputations. Il s'agit donc pour les filles de
faire en sorte que les règles de leur cité leur soient favorables.
« Une fille convenable peut
tolérer de façon limitée des baisers et des caresses sans compromettre sa
réputation. Elle ne doit pas être une ‘‘allumeuse’’ (‘‘ teaser’’),
c'est-à-dire quelqu'un qui s'efforce d'exciter un garçon
autant qu'elle peut, sans lui accorder une satisfaction sexuelle. La
virginité d'une allumeuse est vue comme une affaire sans importance et
lorsqu'elle est violée, elle a eu ce qu'elle méritait. Autrement, la
virginité d'une fille doit être protégée. Les filles convenables sont le
genre de filles avec qui se marier
[16] .»
2. La réputation des
filles
De nombreux adolescents se montrent insensibles à
l'abomination des viols collectifs et vont jusqu'à chercher sa
justification dans la nature de l'homme, les circonstances ou
l'attitude provocatrice des filles :
« Une
meuf qu'a tourné, c'est une meuf qu'on peut serrer, comme ça,
pour s'amuser. Elle s'est fait une réputation…
[17] ». Le terme « serrer »
signifie « sortir avec une fille », essentiellement dans le but d'avoir
une relation sexuelle avec elle. Pour les adolescents, une fille « qui a tourné
» est une fille facile, qui a la réputation d'avoir de nombreux
partenaires sexuels, qui est assignée à un rôle d'objet, considérée comme
un jouet sexuel avec lequel tout est permis, et elle n'a pas droit au
respect : «
Une fille qui se fait tourner sur le
quartier, c'est elle qui l'a cherché… dans le quartier, il y a deux
genres de filles : celles qui ont une bonne réputation, qui sont respectées,
posées… et celles qui traînent dehors, fument, veulent faire comme les garçons,
parler comme une racaille et qui s'habillent pour provoquer les gars. Si
une fille a mauvaise réputation, c'est elle qui l'a cherché. Mais
moi, je ne force personne. Une fille qui se fait tourner sur le quartier, on ne
la force pas, c'est elle qui veut. T out le monde le sait. Des fois, elle
dit qu'elle s'est fait violer parce qu'elle est enceinte ou que
tout le monde en parle. On lui a fait une mauvaise réputation alors elle a
honte. Elle porte plainte pour se venger
[18]. »
3. Le contexte
social
Comme l'analyse Safia Lebdi, «
le viol collectif révèle un contexte de misère
sexuelle
[19] » chez les jeunes, due à un manque de connaissance
et une mauvaise compréhension de la sexualité : l'enseignement scolaire
n'approfondit certainement pas suffisamment le sujet, les familles pour la
plupart ont baissé les bras par impuissance et les médias modèlent
« une vision particulièrement décalée de la femme
et de son statut ».
Le docteur Maurice Titran, pédiatre à l'hôpital de
Roubaix, souligne que «ces adolescents vivent
pour la plupart dans des familles qui n'ont pas la possibilité de
réfléchir de manière complexe sur de longues périodes parce qu'elles
doivent constamment gérer l'urgence où les plonge leur précarité. Quand
vous ne savez pas vous structurer dans le temps et dans l'espace, vous ne
pouvez transmettre les références morales, religieuses ou philosophiques
indispensables à l'éducation et à l'épanouissement d'un
enfant ». Cette vision quelque peu fataliste est partagée par
beaucoup de médecins et d'éducateurs qui dénoncent par ailleurs la
prolifération de films pornographiques, visionnés par des adolescents de plus
en plus jeunes qui s'initient de cette manière à la sexualité.
À l'âge du « porno » et de la porno-pub omniprésents, il
ne semble pas que la prise de conscience du viol comme crime sexiste ait
considérablement progressé, surtout pas chez les jeunes qui appréhendent la
définition actuelle du viol avec beaucoup de réserves. Dans le discours des
jeunes, les « tournantes » sont complètement banalisées : c'est une
pratique courante, normale, et ce n'est pas un viol.
Les jeunes sont de plus en plus tôt initiés à la sexualité
par les films pornographiques et le docteur Michel Libert, pédopsychiatre à
Lille, explique
« que la société, fondée sur la
consommation et la satisfaction immédiate de ses désirs, propose des repères
très contradictoires et ambigus aux jeunes. Surtout lorsqu'on ne leur a
pas appris à avoir la distance qui permet de prendre ou de rejeter le modèle
proposé. De plus en plus d'adolescents, et même d'adultes, ont du mal
à comprendre, par exemple, que l'encouragement à la permissivité et
l'incitation au plaisir immédiat diffusés par les médias, et en
particulier par la publicité et la pornographie, sont pour une bonne part
illusoires. D'où les transgressions et les passages à
l'acte
[20].»
4. Le déni de l'acte
criminel
Dans les viols collectifs, la sexualité de groupe apparaît
comme une consommation d'objet par les hommes et non comme une relation
d'un homme avec une femme. En outre, la responsabilité individuelle est
diluée dans le groupe.
Les adolescents sont d'accord pour dire que le viol est
un crime et doit être puni par la loi, mais ils le définissent comme un acte où
l'agresseur a forcément recours à la violence physique au sens strict. Par
conséquent, ils ne conçoivent pas que le viol puisse être commis sous la
contrainte, la menace ou l'intimidation. Et la fellation ne constitue pas
pour eux un viol, tout au plus une agression sexuelle.
Sur sept adolescents rencontrés au FAE
[21], trois ont déclaré avoir une « femme »
qui est «
vierge, sérieuse, va à
l'école…», avec laquelle ils souhaitent se marier et des «
copines, meufs ou tapés » avec lesquelles ils ont des relations sexuelles et «
font des trucs qu'ils ne feront jamais avec
leur femme ».
Lorsqu'il leur est signifié qu'ils commettent une
infraction criminelle, l'incompréhension est souvent totale. Peu réalisent
qu'ils ont transgressé les règles sociales et la loi. La réalité de la
procédure judiciaire ne suffit pas à leur faire prendre conscience de la faute
commise et certains se réfugient dans le déni qu'ils manifestent
fortement. Les psychologues œuvrant dans le cadre de la PJJ privilégie le refus
de la qualification criminelle au déni des faits.
Les jeunes ne reconnaissent pas l'acte criminel en
particulier si la victime n'a pu manifester son refus, n'a pas porté
plainte immédiatement ou lorsqu'ils n'ont pas usé de violence
physique. De même, la minimisation voire le déni de l'acte par les
familles, pour ne pas reconnaître l'existence de pulsions sexuelles et la
violence de leur fils, accentue l'absence du sentiment de culpabilité. En
outre, les familles recherchent souvent une explication dans l'influence
du groupe ou de l'attitude provocante de la victime.
5. Le poids de la rumeur dans les
cités
La rumeur apparaît comme l'une des composantes
essentielles du problème des viols collectifs dans les cités, associée à la
notion de réputation et on y insiste beaucoup sur le consentement de la
victime. Sur ce sujet, Samira Bellil reste très caustique : «
Lorsqu'on entend des mères déclarer à la
presse que ‘‘quatre ans pour une fellation, c'est cher payé ’’, on voit
bien qu'elles adhèrent aux rumeurs de la cité. Moi, je réponds à cette
dame, elle n'a qu'à faire des fellations, entraînée dans une cave
avec des coups dans la gueule, on verra si elle estime que les quatre ans de
prison pour son agresseur lui paraîtront suffisants !» En outre, les
viols collectifs laissent souvent planer un doute pernicieux à l'encontre
des jeunes filles au regard des relations parfois amicales qui ont pu exister
entre elles et les agresseurs appuyant la thèse de relations sexuelles
consenties.
Interrogés sur leurs actes, beaucoup d'adolescents
n'intègrent pas le fait que la victime n'était pas consentante : «
Elle n'a pas dit oui, elle n'a pas dit
non. Je pensais qu'elle était d'accord. » Mais le silence
des victimes s'explique par la pression psychologique que les agresseurs
exercent sur elles. Et la peur et la honte de raconter ce qu'elles
subissent sont des obstacles importants, surtout pour les toutes jeunes
filles.
V. La souffrance des victimes
« La violence qui est faite aux filles n'est pas que
physique. En plus du traumatisme du viol, elles ont à affronter la violence
morale qu'est une réputation brisée, la honte, l'humiliation et la
peur des représailles si elles osent porter plainte. »
La victime est souvent très jeune et, en général, elle est
proche des agresseurs. Dans une interview récente, Samira Bellil confiait que
« les filles qui sont en rupture, qui
n'acceptent par les lois de la maison, qui sortent dehors, qui traînent
tard le soir… »constituent de cibles idéales :
« Les mecs savent très bien quand des filles sont
en cassure avec la famille et ils en profitent, ils profitent de cette
vulnérabilité. »
Mais un autre cas de figure typique est celui de «
la jeune fille amoureuse d'un caïd qui
accepte qu'il la prête à ses copains parce qu'elle est sous son
emprise ». Samira Bellil a rencontré Jaïd à treize ans, un caïd de
la cité et pensait, dit-elle, avoir trouvé l'amour :
« Sauf que lui, pour se satisfaire, l'emmène
dans une cave. Samira devient une ‘‘ fille à cave ’’, une ‘‘ tapé ’’.
Réputation vite faite pour une fille qu'on massacre à coups de pieds et de
poings avant de la violer, histoire d'éteindre le dernier effort de
résistance
[22] .» Sarah également a été « vendue » par son petit
ami.
Ensuite, un rapport de violence s'installe entre la
victime et les membres du groupe. La fille est alors complètement réduite à un
enjeu de pouvoir.
1. La violence physique et le
sentiment d'impuissance
Dans son dernier ouvrage, Jean Foucart
[23] décrit la violence comme un événement
particulièrement contraignant, moyen de domination évident tant la souffrance
de la victime est inéluctable : «
Car la violence
déclenche chez elle des réactions qui accablent : peur de la souffrance,
désespoir et sentiment d'abandon (…). La violence n'est pas seulement
un processus physique et extérieur. Elle transperce toute la personne. Elle ne
peut plus s'opposer à la peur et à la souffrance pas plus qu'elle ne
peut parer le prochain coup. Elle ne peut rien faire contre son propre corps
qui la domine (…). Même s'il doit survivre, l'être humain ne sera
plus jamais celui qu'il était. » L'auteur, en référence au
texte de Wolfgang Sofsky, précise que ce qui est pour l'auteur un acte de
liberté et de puissance, n'est pour la victime qu'humiliation et
honte. L'épanouissement du premier anéantit l'autre. En outre, le
désespoir et l'impuissance tout comme la peur et le sentiment
d'abandon sont inhérents à la souffrance. Et associée aux notions de
violence et de traumatisme, l'angoisse ou la perte de confiance en soi
constituent une propriété majeure de la souffrance.
2. Le parcours des victimes de viol
reste souvent très pénible.
L'une des responsables d'une permanence créée par
le Collectif féministe contre le viol énonçait
[24] que lorsque «
la victime a décidé de porter plainte, son attente est
intense par rapport à la justice et sa déception à la mesure de cette
attente ».
L'instruction est très souvent mal vécue : la victime se
sent interrogée comme une coupable ou envoyée rapidement à l'expert
psychiatrique pour un examen qui ressemble davantage à une expertise de
crédibilité de la parole de la femme ou de la jeune fille et d'évaluation
de sa fragilité antérieure au viol, plutôt qu'à une évaluation des
dommages subis, conséquences directes du viol. Cela constitue une souffrance
supplémentaire indéniable.
La justice ne peut certes condamner sans preuve, mais les
travailleurs sociaux insistent sur l'existence de stéréotypes ancrés dans
les mentalités qui entraînent une certaine forme de banalisation du viol et qui
permettent d'occulter ou de minimiser les violences subies par les
victimes ou d'en faire une lecture en leur défaveur.
Alors même si une victime de viol ne peut que souhaiter que
justice lui soit rendue et que soit proclamée publiquement la culpabilité de
son agresseur, la honte et la peur jalonnent son parcours, car aujourd'hui
encore, «
être victime d'un viol vous rend
suspecte, presque coupable »
[25].»
Au risque de voir l'affaire classée sans suite, la
victime d'un viol ne peut se soustraire aux nombreuses expertises ou
contre expertises (médicales, psychiatriques, psychologiques, et de crédibilité
-le viol est le seul crime pour lequel celle-ci est imposée à la victime),
vécues souvent comme une forme de harcèlement, après les auditions policières
antérieures.
Pourtant, le procès est une pièce essentielle du processus de
reconstruction de la victime. Il peut l'aider à retrouver son intégrité
psychologique en lui permettant de se libérer de sa culpabilité, de sortir de
la honte, de son sentiment d'impuissance face à la trahison et donc de sa
souffrance.
Odon V allet, juriste, écrivait, dans un article paru dans
Le Monde en juin 2002 que «
depuis 1980, la fellation est tenue pour un viol
passible de la cour d'assises, alors que de nombreux jeunes ne la
considèrent pas comme un véritable rapport sexuel». Et il ajoute : «
Entre le permis et le défendu, la barrière légale
est une fracture sociale pour de nombreux jeunes des cités. Ils ne comprennent
pas que ce qui est permis dans les sous-sols des clubs échangistes soit
interdit dans les caves des immeubles ‘‘sociaux’’, comme si la population des
HLM n'avait pas droit aux plaisirs bourgeois. Quant à la notion de
consentement, elle ne leur semble pas toujours définie avec précision (…)
Peut-on promettre la prison aux auteurs moins chanceux de caresses furtives et
d'échanges brutaux ?» Ce texte a provoqué de vives réactions
comme celle de Mathieu Arbogast de l'association « Chiennes de garde » qui
s'exprime en ces termes : «Odon Vallet
récuse la question du consentement à plusieurs reprises. Une fellation forcée
est un viol et se réfugier derrière un argument culturel de mauvais aloi
n'est qu'une manière supplémentaire de ne s'intéresser
qu'au violeur en évacuant la souffrance de la victime, en la niant (…). De
quel droit cet homme, qui est pourtant un juriste, accorde-t-il si peu de
crédit à la parole des victimes ? (…) Personne ne peut nier qu'il se passe
en France quelque chose d'une immense gravité, que de nombreux garçons ont
une vision tragiquement déformée de la sexualité et des femmes. Nul ne peut
nier l'urgence d'un effort d'éducation, (…) mais il est
également évident que des voix toujours plus nombreuses minimisent la
souffrance des victimes et relativisent le viol au point de le nier.
»
Ces deux auteurs traduisent en quelques lignes le malaise qui
persiste dans les représentations et dans l'analyse du phénomène des viols
collectifs perpétrés dans les cités dégradées sur des jeunes filles de plus en
plus jeunes. La souffrance des victimes est cependant indéniable, décuplée par
le rejet dont elles font l'objet. Mais cette souffrance est finalement
trop peu considérée, souvent diluée dans des considérations d'ordre
culturel ou dans l'expression d'un fatalisme latent face à une
réalité sociale complexe et particulièrement inquiétante, dans laquelle les
agresseurs comme les victimes nécessiteraient un accompagnement éducatif à la
mesure des maux identifiés.
·
BELLIL Samira (2002),Dans
l'enfer des tournantes,Récit, Paris, Éditions
Denoël.
·
BORDEAUX Michèle, HAZO Bernard et LORVELLEC Soizic (1990),
Qualifié viol, Éditions Médecine et
Hygiène, Collection Déviance et Société.
·
FOUCART Jean (2003), Sociologie
de la souffrance,Bruxelles, Éditions de Boeck.
·
LAGRANGE Hugues (1997), L'entrée dans la sexualité, Paris, La
découverte.
·
LAGRANGE Hugues (1999), Les
adolescents, le sexe et l'amour,Syros.
·
V AISSIERE Caroline (2002), Les
sociabilités adolescentes dans les quartiers difficiles,VEI, Enjeux
n° 128, mars.
·
VIGARELLO Georges (1998), Histoire du viol XVIe-XXe siècle,Paris,
Seuil.
·
WELZER-LANG Daniel (2002), Virilité et virilisme dans les quartiers populaires en
France,VEI, Enjeuxn° 128,
mars.
·
WHYTE W.F (1943), « A slum sexe code »,
The americana journal of sociologie,
n° 49, trad. française de BIZEUL Daniel.
[1]
Docteur en Sciences de l'Éducation et pratiques de
formation. Chargée de cours au centre régional de la Protection Judiciaire de
la Jeunesse de Lille. Assesseur au Tribunal pour enfants de Lille. - 27, rue
Pasteur, 59175 Templemars (France). Tél. 06.73.23.93.09, courriel
corine.dubus- briche@
wanadoo. fr et
corinebriche@ yahoo. fr
[2]
DRILLON Jacques, du «Nouvel Observateur», présentant le livre
d'Hélène DUFFAU :
Vivre après le
viol, Éd. Gallimard, 2003.
[3]
VIGARELLLO Georges (1998),
Histoire du viol, XVIe-XXe,Paris,
Seuil.
[4]
FERRON Laurent, article relatif à l'ouvrage de Georges
Vigarello, paru dans «Clio», revue fran- cophone d'histoire des femmes, n°
9, 1999.
[6]
De janvier à mai, procès d'Aix : deux jeunes filles
violées par trois hommes à plusieurs reprises. Gisèle Halimi plaide, au nom du
collectif juridique «Choisir», avec la solidarité très forte de groupes
féministes. Procès houleux où les victimes, les femmes et les féministes, sont
ouvertement attaquées, voire agressées physiquement.
[7]
SPORENT A,
Procès pour viol :
justice est faite, « Chiennes de garde », octobre
2001.
[8]
Analyse produite par COLIN Mohammed, dans son article « Signal
fort contre les viols collectifs», 28 septembre 2002,
SaphirNet.info, Presse Alternative et
actualité.
[9]
Nous avons appris le 7 septembre dernier le décès de Samira
BELLIL, 33 ans, au terme d'une douloureuse maladie, auteur du livre
Dans l'enfer des tournantes, Éd.
Denoël, octobre 2002.
[10]
Interview de Samira Bellil, réalisé par Sporenda, association «
Chiennes de garde », mai 2003.
[11]
Faits relatés dans un article de l'
Humanité,rubrique Société, édition du 17
septembre 2003, rédigé par Sophie BOUNIOT.
[12]
Les faits sont relatés par Annick WOEHL du journal
L'Alsace - Le Pays, édition du 25
septembre 2001.
[13]
Les faits sont relatés par le journal
L'Alsace - Le Pays -
Franche-Comté, édition du 25 mars 2000.
[14]
Les faits sont relatés et commentés par Mohammed COLIN le 28
septembre 2002,
SaphirNet.info, Presse
Alternative et actualité.
[15]
V AISSIERE Caroline (2002),
Les
sociabilités adolescentes dans les quartiers difficiles,VEI, Enjeux
n° 128.
[16]
WHYTE W.F (1943), « A slum sex code »,
The americana journal of sociologie,
n° 49, traduit par Daniel BIZEUL.
[17]
BORDEAUX Michèle, HAZO Bernard, LORVELLEC Soizic,
Qualifié viol,Éditions Médecine et
Hygiène, 1990, Collection Déviance et Société.
[18]
Propos recueillis par Émeline BRIGHTON, stagiaire de la P.J.J.
dans le cadre de sa formation au C.R.F. de Lille, auprès d'un adolescent
de 17 ans, accueilli en F.A.E. (Foyer d'Action Éducative).
[19]
LEBDI Safia, vice-présidente de « Ni putes, ni soumises »,
interviewée par Judith AUDIN, pour
l'Humanité, article paru dans la rubrique
Société, 17 septembre 2003.
[20]
Cité par Mohammed COLIN dans son article « Signal fort contre
les viols collectifs »,
SaphirNet.info, Presse Alternative et actualité,
septembre 2002.
[21]
Par Émeline BRIGHTON qui a réalisé en 2003 une petite étude
relative un viol collectif.
[22]
WURTZ Laurence,
Figures de la
marche. La deuxième vie de Samira,mis en ligne par libertad, janvier
2002, dans la rubrique
" le privé est
politique ".
[23]
FOUCART Jean,
Sociologie de la
souffrance, Bruxelles, Éditions de Boeck, 2003.
[24]
Dans un article intitulé « Viol : les mentalités évoluent…
lentement », paru dans les «
Actualités Sociales
Hebdomadaires », avril 1997.
[25]
« Viols femme information, 8 ans d'écoute et d'appel
», 1994, Collectif féministe contre le viol.