2008
Pensée plurielle
Éditorial
Les neuf premiers textes de cette publication sont une version, quelque peu remaniée par les auteurs, de communications présentées lors du second congrès international des formateurs en travail social des professionnels francophones de l’intervention sociale, qui s’est tenu à Namur (Belgique) en juillet 2007. Ce congrès s’est articulé autour d’une question centrale « Quelles formations aux métiers du social pour quel travail social ? »
En effet, le champ d’action du travail social se diversifie et se complexifie dans un contexte où les forces de la globalisation rencontrent celles d’espaces locaux. Tant les traditionnelles logiques d’intégration et de contrôle que celles de l’émancipation sociale en sont affectées. L’action de l’État « moderne » avait été dénoncée comme productrice d’une logique d’enfermement et de domination ; la montée du néo-libéralisme pose d’autres défis. La question sociale, les besoins sociaux et les politiques publiques se redéfinissent. Des effets d’exclusion et de destruction des solidarités s’observent en même temps qu’émergent des pratiques novatrices de solidarisation et d’action collective. Comment les professionnels institués de la formation et de la pratique du travail social accueillent-ils ces transformations et y répondent-ils ? Quelles sont les nouvelles pratiques sociales, comment émergent-elles, comment se diffusent-elles ? Quels sont les nouveaux métiers du social qui fleurissent aujourd’hui ? Comment y accède-t-on ? Par quelles formations ? En quoi le sens même du travail est-il questionné ? Quelles perspectives développer ? Quel rôle peuvent jouer les dispositifs de formation ?
Face à cette interrogation d’ensemble, ce deuxième congrès a réuni des contributions, a organisé des débats et discussions autour de trois problématiques plus spécifiques :
- les transformations des modes d’action publique et la formation ;
- les mutations des pratiques du travail social et la formation ;
- les évolutions du champ de la formation.
Les deux premiers textes traitent de pratiques du travail social, les sept suivants de l’évolution du champ de la formation. Les rapports entre la théorie et la pratique, l’articulation entre la recherche, la formation et la pratique, la prise en considération du vécu personnel dans le contexte de la formation, les effets de la formation sur certaines modalités du travail social, les rapports aux savoirs « théoriques » et « de terrain », le travail sur l’identité professionnelle, la place de l’expression créatrice dans la formation, les rapports entre l’université et les formations au social sont quelques-unes des questions relatives au champ de la formation qui ont été traitées lors de ce congrès.
Deux autres articles traitent des transformations du « social ». L’un interroge le développement des pratiques et du discours sur l’accompagnement, l’autre présente sous forme de questions/réponses, le sujet traité par Michel Chauvière dans son dernier ouvrage Trop de gestion tue le social.
Dans la rubrique « Paroles diverses », un tout autre thème est abordé : celui des associations écologiques en Tunisie.