Perspectives économiques de l'OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-29100-8
328 pages

p. 151 à 159
doi: en cours

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no 69 2001/1

2001 Perspectives économiques de l’OCDE

III. Évolution dans un certain nombre d’économies non membres de l’OCDE

La croissance économique mondiale a été exceptionnellement forte en 2000, malgré l’apparition de certaines tensions dans plusieurs régions en fin d’année, qui tiennent dans une large mesure au ralentissement observé aux États-Unis. En général, la croissance dans les régions non membres s’est appuyée sur une demande vigoureuse à l’exportation, la reprise de la consommation intérieure et, dans une grande partie de l’Asie, des politiques macroéconomiques expansionnistes. Cela a aidé les pays importateurs de pétrole à absorber la hausse des prix du pétrole. Le tassement du coût de l’énergie a atténué les risques pour cette année, les producteurs de pétrole continuant à tirer avantage de la hausse de leurs recettes d’exportation.
La croissance dans la zone hors OCDE devrait faiblir en 2001. Pour beaucoup d’économies d’Asie, l’ajustement mondial des marchés des technologies de l’information et des communications est le principal facteur à l’œuvre, mais les problèmes liés à la restructuration des entreprises et du secteur bancaire, dont on peut se demander si elle est suffisante, risquent aussi d’avoir des effets négatifs. Tout en étant moins exposés à ces évolutions mondiales, la Russie et certains pays en transition de la région seraient vulnérables face à une forte baisse des prix des produits de base pouvant résulter d’un ralentissement de la croissance mondiale. En Amérique du Sud, les effets positifs du repli des taux d’intérêt aux États-Unis pourraient compenser une partie des risques liés à un tassement de la croissance des exportations, à condition que les facteurs intérieurs n’entraînent pas une dégradation de la confiance des marchés.
L’évolution dans les trois grands pays est également fonction de la situation interne. En Chine, la reprise s’appuie sur la consommation et la relance budgétaire, mais se limite pour une large part aux zones urbaines, alors que les résultats économiques restent extrêmement médiocres en zone rurale. La croissance devrait se poursuivre en Russie, tout en s’affaiblissant nettement du fait de l’appréciation persistante du rouble en termes réels et de la capacité limitée de certaines industries. Au Brésil, le cercle vertueux actuel de croissance et d’assainissement budgétaire pourrait perdurer, bien que les incertitudes politiques et les nuages qui pèsent encore sur la croissance dans la région puissent créer certains risques.
La croissance s’affaiblit par rapport à son rythme exceptionnel de l’an dernier, du fait du ralentissement de grands marchés mondialisés comme celui des TIC
L’an dernier, la croissance a été exceptionnellement forte et généralisée dans l’économie mondiale. Toutefois, avec le récent ralentissement observé aux États-Unis, il faut s’attendre globalement à des perspectives modérées de croissance. En particulier, le net recul de l’investissement et des anticipations des entreprises dans deux des secteurs les plus mondialisés, l’automobile et les technologies de l’information et des communications (TIC), a des répercussions négatives sur les pays hautement exposés à ces marchés. La reprise dans les pays non membres d’Asie pourrait être retardée si la contraction de la demande mondiale de produits électroniques persiste au-delà du ralentissement actuel. Les risques pour les échanges et les investissements directs étrangers régionaux qui résultent de l’affaiblissement de l’économie japonaise alimentent dans la région de nouvelles tensions qui sont accentuées dans plusieurs cas par des turbulences politiques et par l’incertitude qui pèse quant à la persistance des réformes structurelles en cours. Si les évolutions qui interviennent aux États-Unis devaient avoir un impact plus marqué que prévu sur l’Union européenne, les pays en transition d’Europe centrale et orientale seraient eux aussi touchés. En Amérique du Sud, ces risques externes sont plus équilibrés, car les répercussions du recul des exportations du fait du ralentissement du commerce mondial pourraient être en partie compensées par les effets bénéfiques de la baisse des taux d’intérêt internationaux.
Les tensions mondiales sont particulièrement importantes pour les perspectives de croissance en Asie…
Le ralentissement aux États-Unis a commencé à toucher les économies non membres d’Asie au deuxième semestre de 2000, les importations et les exportations s’étant nettement ralenties en rythme mensuel (corrigé des variations saisonnières). La croissance du PIB réel s’est elle aussi affaiblie, plus particulièrement à Singapour, au Taipei chinois et en Thaïlande, alors qu’elle s’est largement maintenue en Chine. L’impact du ralentissement de l’économie américaine est nettement amplifié par la spécialisation de plusieurs pays d’Asie dans la production de semi-conducteurs et d’autres produits du secteur de l’électricité, pour lesquels la demande se ralentit bien plus rapidement que la demande aggrégée de l’économie américaine. La Malaisie, Singapour et le Taipei chinois, où ces produits représentent entre 45 et 65 pour cent des exportations totales, sont particulièrement vulnérables à cet égard. Au total, la croissance moyenne du PIB en termes réels dans les économies dynamiques d’Asie devrait tomber de 7 pour cent environ en 2000 à entre 4 et 5 pour cent en 2001. La croissance des importations devrait se ralentir encore plus fortement, car le tassement des exportations entraîne des déstockages. Les risques liés à l’affaiblissement de la demande extérieure sont d’autant plus grands que la reprise de la demande intérieure n’est pas encore bien établie. Le redressement naissant des dépenses d’équipement connaît une baisse au moins temporaire, à laquelle pourrait succéder un recul plus durable. La croissance dans les économies non membres d’Asie pourrait rebondir en 2002 si l’économie des États-Unis se redresse et si la demande d’ordinateurs et d’autres produits électriques retrouve son dynamisme une fois réalisé l’ajustement dans ces secteurs.
… en particulier parce que le secteur financier interne reste fragile
L’éventualité d’un ralentissement plus marqué que prévu en Europe et au Japon, ou d’une forte baisse du dollar, pèse aussi sur les perspectives de croissance des économies non membres d’Asie. L’affaiblissement de la croissance a mis en évidence les problèmes aigus qui subsistent du côté de l’endettement du secteur privé et d’autres problèmes structurels qui, dans certains cas, paraissent plus graves que prévu. L’optimisme antérieur quant aux paramètres économiques fondamentaux du Taipei chinois est bien compromis du fait de l’augmentation des prêts improductifs en 2000. Ces prêts représentent toujours près de 19 pour cent de l’ensemble des prêts bancaires en Thaïlande et de 10 pour cent en Malaisie. Cette proportion pourrait augmenter à nouveau au fur et à mesure du ralentissement économique (voir l’encadré III.1). La forte baisse du cours des actions dans un grand nombre de pays d’Asie depuis le début de 2000 traduit les préoccupations des investisseurs face aux problèmes structurels persistants, mais risque aussi de freiner la demande de consommation lorsque les ménages détiennent un portefeuille substantiel d’actions, en particulier au Taipei chinois et à Hong-Kong, Chine. Malgré ces risques, le retour à une situation critique reste improbable, vu les amples excédents de balance courante, l’importance des réserves internationales et la très nette amélioration du niveau et de la composition de la dette extérieure par rapport à la période précédant la crise de 1997. Bien que la politique budgétaire subisse les contraintes de l’accroissement des dépenses et des déficits dû à la crise de 1997, la plupart des pays conservent une marge de manœuvre pour maintenir, voire renforcer, une politique monétaire expansionniste, cette marge de manœuvre s’étant d’ailleurs élargie du fait de la baisse des taux d’intérêt aux États‑Unis.
Il y a eu reprise en Amérique du Sud, mais un soutien financier important a été nécessaire en Argentine pour restaurer la confiance
La croissance a repris dans la plupart des pays d’Amérique du Sud l’an dernier, mais avec une intensité variable. Alors que l’activité a été forte au Brésil et au Chili, l’expansion économique n’a pas été très marquée dans la plupart des autres pays du fait de l’effort d’assainissement budgétaire. Ce sont surtout la forte croissance du commerce international et la hausse des prix à l’exportation qui ont contribué à la reprise. De plus, les exportations augmentant plus vite que les importations en Amérique du Sud, le déficit de balance courante de la région s’est contracté et les entrées de capitaux étrangers ont continué à financer la différence, en particulier sous forme d’investissements directs. Au Venezuela et, dans une certaine mesure, en Colombie, les recettes pétrolières ont contribué à équilibrer le budget et le solde extérieur, ce qui a éliminé certains freins à la croissance et atténué les problèmes sociaux et politiques. En Équateur, la vigueur des recettes pétrolières facilite également le passage à la « dollarisation ». Toutefois, en Argentine, la surévaluation du taux de change a encore érodé la compétitivité et laissé subsister un ample déficit extérieur. Dans le même temps, la rigueur a été nécessaire sur le plan macroéconomique pour respecter les contraintes de l’organisme d’émission (currency boards). Dès lors, l’économie a stagné. A la fin de 2000, l’Argentine, menacée par une crise financière, a dû négocier un plan de mesures d’aide fianncière exceptionnelle [1]. Pour restaurer la confiance, une nouvelle équipe économique a été désignée à la fin de mars 2001 ; elle a annoncé un plan d’amélioration de la compétitivité de l’économie.
Encadré III.1 La restructuration du secteur bancaire dans les pays les plus touchés par la crise asiatique de 1997
L’an dernier, les trois pays d’Asie non membres de l’OCDE les plus touchés par la crise de 1997 – l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande – ont accompli de nets progrès dans l’assainissement de leur système bancaire. Les solutions adoptées pour la restructuration des banques ad hoc de gestion des actifs bancaires jouant désormais un rôle clé dans les trois pays pour régler les problèmes concernant les prêts improductifs. La restructuration des banques s’accompagne de mesures destinées à améliorer les normes de prudence et la gouvernance d’entreprise. Le paysage bancaire évolue profondément, de nombreuses banques fusionnant, cessant leur activité ou faisant l’objet d’un renforcement des participations étrangères. Mais le processus de restructuration n’est pas achevé et des risques de recul existent, étant donné les progrès plus limités accomplis dans le règlement des problèmes d’endettement des entreprises non financières. Les autres grands enjeux à l’avenir sont la cession des prêts improductifs repris des banques, la reprivatisation des établissements bancaires acquis par l’État à la suite de la crise de 1997 et le coût même de la restructuration bancaire, qui ne cesse de s’alourdir.
Parmi ces trois pays, la Malaisie est la plus avancée dans la restructuration des banques. Danaharta, l’organisme de gestion des actifs bancaires créé par les pouvoirs publics en 1998, a achevé en 2000 l’acquisition des prêts improductifs des banques (environ 12 pour cent du total des prêts des banques commerciales). A la fin de 2000, les prêts improductifs ne représentaient plus, hors provisions, que 9.6 pour cent du total des prêts bancaires. Danaharta a également bien progressé dans la restructuration des actifs acquis auprès des banques et le taux de recouvrement est en augmentation. Des injections de fonds publics de 7.6 milliards de RM (2 milliards de dollars) ont permis de relever le ratio de fonds propres de base des banques à 12.1 pour cent en janvier 2001, soit nettement au‑dessus du minimum de la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Malgré plusieurs échecs, le plan ambitieux du gouvernement pour la restructuration du secteur bancaire a bien avancé en 2000 avec la mise en place de six des dix grands groupes financiers envisagés. Les progrès sont nets, mais moins prononcés, dans la restructuration de la dette des entreprises, entravée par la protection que le gouvernement a accordée à plusieurs entreprises stratégiques et par les restrictions imposées aux prises de participation étrangères dans certains secteurs.
Par rapport à la Malaisie, la restructuration des banques privées thaïlandaises tient davantage aux efforts des banques elles-mêmes. C’est aux banques privées qu’il a incombé de créer des sociétés de gestion d’actifs pour éliminer les prêts improductifs. La plupart des banques ont choisi de lever des capitaux sur le marché pour respecter les normes de plus en plus strictes fixées par les autorités de contrôle, plutôt que de participer au programme volontaire de recapitalisation mis en place par les pouvoirs publics. De fait, les banques ont levé avec succès des capitaux d’origine nationale et étrangère et elles ont pu porter leur ratio de fonds propres à 11.4 pour cent à la fin de 2000. Les prêts improductifs des banques ont diminué progressivement, tout en restant supérieurs à 30 pour cent du total des prêts bancaires à la fin d’août 2000. Depuis lors, ils ont marqué une baisse sensible, à moins de 20 pour cent, les banques ayant transféré des actifs aux sociétés de gestion nouvellement créées et l’échéance des prêts antérieurement rééchelonnés ayant été prorogée. Mais les prêts improductifs restant sont de plus en plus difficiles à restructurer, de nouveaux prêt deviennent improductifs et les banques se montrent réticentes à déprécier leurs créances douteuses. En outre, la restructuration de la dette des entreprises non financières progresse moins vite et certaines sociétés continuent à pratiquer la « rétention stratégique » de remboursements d’emprunts alors qu’elles ont les moyens de rembourser.
Malgré ses problèmes économiques d’une extrême acuité, l’Indonésie a elle aussi beaucoup progressé dans le rétablissement de la solidité financière de ses banques. Fin 2000, l’Indonesia Bank Restructuring Agency (IBRA), créée par les pouvoirs publics, avait repris 82.6 pour cent des prêts improductifs du secteur bancaire, ce qui ramenait la proportion globale de ces prêts à 18.8 pour cent. Toutefois, moins de 3 pour cent des actifs acquis avaient pu être cédés au début de l’année en cours. Le programme d’injection de fonds publics dans trois banques d’État et trois banques privées s’est achevé en octobre 2000, mais il n’a pu porter le ratio moyen de fonds propres de ces établissements qu’à 4 pour cent, soit la moitié du minimum fixé par la BRI. La faiblesse de l’économie et, plus particulièrement, l’endettement excessif des entreprises non financières freinent toujours la restructuration des banques. Dans le secteur des entreprises, la restructuration des dettes s’accélère, mais l’endettement demeure massif.
Le ralentissement aux États‑Unis devrait avoir un impact limité sur la région
Le ralentissement de la croissance aux États-Unis, l’affaiblissement enregistré dans les technologies de l’information et des communications ainsi que les effets mondiaux dus aux ajustements dans ce secteur sont moins importants, directement, pour l’Amérique du Sud que pour l’Asie. Mais, bien entendu, une récession économique mondiale aurait d’amples retombées. Dans le cas du Chili et du Pérou, en particulier, le ralentissement de la demande en Asie pourrait peser sur l’évolution économique en raison de ses fortes répercussions sur les exportations de produits primaires de ces pays. Une baisse marquée des prix du pétrole constituerait également un risque majeur pour les pays exportateurs de pétrole d’Amérique du Sud. Elle déclencherait des déséquilibres budgétaires et externes au Venezuela, en Équateur et en Colombie et pourrait provoquer des désordres politiques et sociaux. Pour l’ensemble de la région, l’impact d’un ralentissement de la croissance mondiale pourrait être contrebalancé, voire plus que compensé, par une baisse des taux d’intérêt mondiaux. En Argentine, en particulier, un repli du dollar pourrait nettement améliorer la situation financière, actuellement très délicate.
 
Chine
 
 
La croissance du PIB réel s’est accélérée en Chine en 2000
La croissance du PIB réel s’est accélérée en Chine en 2000 pour la première fois depuis 1992 ; elle a atteint 8 pour cent, contre 7.1 pour cent en 1999. Le moteur de cette accélération a été l’industrie, avec une expansion particulièrement forte dans l’industrie lourde et les branches axées sur l’exportation comme l’électronique et les équipements destinés aux télécommunications. En revanche, l’agriculture a connu un recul de 9 pour cent de la production de céréales, du fait de graves catastrophes naturelles et d’une diminution persistante des terrains cultivés. Les exportations ont augmenté de 28 pour cent en valeur en 2000 par rapport à l’année précédente, à la faveur d’une demande mondiale vigoureuse et d’une nette progression des parts de marché. Toutefois, la croissance des exportations s’est sensiblement ralentie au dernier trimestre de 2000, à cause d’une décélération de la demande extérieure, principalement en provenance des États-Unis et des autres pays d’Asie. Sous l’effet de la demande d’infrastructures publiques et d’achats accélérés de biens d’équipement étrangers par les entreprises en prévision de l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les importations ont même augmenté plus vite que les exportations, en progressant au cours de 2000 de 36 pour cent en valeur. Du fait de cette plus vive croissance des importations, le solde commercial et le solde des opérations courantes se sont dégradés l’an dernier, tout en restant positifs.
… à la faveur du redressement de la demande intérieure
L’accélération de l’investissement et le redressement prolongé de la demande de consommation ont également stimulé la reprise (tableau III.1). Plusieurs facteurs ont contribué à l’expansion de la demande intérieure : le programme de relance budgétaire, l’assouplissement des conditions monétaires, la hausse des bénéfices des entreprises et le raffermissement de la confiance des entreprises et des consommateurs. La tendance déflationniste des deux années précédentes a finalement été stoppée, l’évolution de l’indice des prix à la consommation étant positive depuis le milieu de 2000, avec, pour la première fois depuis 1998, une hausse sur l’ensemble de l’année (0.4 pour cent). Cette hausse tient essentiellement à celle des prix du pétrole et des services, les prix de détail continuant de baisser.

Tableau III.1
Prévisions pour la Chine a
IMGIMG1999	2000	2001	2002	Croissance du PI...IMGIMF
1999 2000 2001 2002 Croissance du PIB réel 7.1 8.0 7.5 7.8 Inflation –1.4 0.4 0.8 1.2 Solde budgétaire (en % du PIB) –2.1 –2.8 –2.7 –2.6 Balance des opérations courantes (en milliards de dollars) 15.7 9.8 5.3 0.7 Balance des opérations courantes (en % du PIB) 1.5 0.9 0.5 0.1 a) Les données relatives au PIB et àl’inflation sont des pourcentages moyens de variation par rapport àla période précédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix àla consommation. Source : Les chiffres pour 1999 et 2000 sont des données finales de source nationale, sauf celui pour la balance des opérations courantes en 2000, qui est une estimation de l’OCDE. Les chiffres pour 2001 et 2002 sont des prévisions de l’OCDE.

La reprise a été inégale…
Toutefois, la reprise de l’économie en 2000 n’a pas été uniforme et s’est doublée d’une inégalité des revenus de plus en plus marquée. Le ralentissement de la croissance des revenus des populations rurales, qui avait débuté en 1997, s’est poursuivi l’an dernier ; les revenus des ruraux n’ont augmenté que de 2.1 pour cent, contre 7 pour cent pour les citadins. Les revenus agricoles ont été durement touchés par la forte baisse de la production de céréales l’an dernier. En conséquence, la croissance de la consommation privée a surtout concerné les grandes villes en forte expansion du littoral, alors que la consommation en zone rurale ne s’est accrue que faiblement. D’autres secteurs de l’économie, dont la majeure partie des entreprises d’État et des entreprises collectives, sont restés à la traîne par rapport aux entreprises dynamiques à participation étrangère et aux quelques grandes entreprises d’État de certaines branches comme le pétrole, l’électricité, les télécommunications et l’électronique.
… et a encore bénéficié des mesures de relance budgétaires
L’État a encore pratiqué à haute dose la relance budgétaire l’an dernier ; il a émis des bons du Trésor extrabudgétaires d’un montant de 150 milliards de RMB (18 milliards de dollars) et on estime que ces émissions ont contribué pour 2 points de pourcentage à la croissance du PIB l’an dernier. Ces mesures de relance ont fortement creusé le déficit budgétaire, qui est passé de 2.1 pour cent du PIB en 1999 à 2.8 pour cent en 2000. Le gouvernement s’est engagé à émettre le même niveau de bons du Trésor en 2001, ce sera la quatrième année consécutive de dépenses budgétaires massives visant à maintenir la croissance et l’emploi. Comme en 2000, les mesures budgétaires de cette année serviront surtout à la construction d’infrastructures, en particulier dans les régions occidentales relativement sous‑développées.
La croissance de la production demeurera forte
Les effets directs de la relance budgétaire devraient s’estomper ces deux prochaines années, de sorte que la croissance sera davantage tributaire de la consommation privée et de l’investissement des entreprises. La progression du PIB réel devrait se ralentir cette année à 7½ pour cent environ, les exportations nettes et l’investissement public jouant un moindre rôle. Malgré tout, la hausse des bénéfices des sociétés en 2000 et la progression prévue des entrées d’investissements directs étrangers devraient soutenir les dépenses d’investissement en 2001. La croissance de la consommation privée est appelée à rester stable, avec une forte augmentation des revenus en zone urbaine et un raffermissement de la confiance des consommateurs, mais les revenus s’amélioreront peu en zone rurale. L’activité économique devrait s’accélérer en 2002, car les exportations augmenteront grâce à la reprise de la demande extérieure et à la vigueur persistante de la demande intérieure. La croissance des importations, à la faveur des achats de biens d’équipement étrangers, restera supérieure à celle des exportations. Il faut s’attendre à ce que l’excédent de balance courante se contracte à mesure que le solde commercial se dégradera pour les biens et services. Au-delà du court terme, les perspectives de croissance sont fonction des progrès qui seront accomplis dans la mise en œuvre des réformes économiques structurelles, en particulier la rationalisation des secteurs industriel et financier détenus par l’État. Les possibilités de nouvelles mesures de relance budgétaire sont moindres puisque le déficit se creuse, les recettes publiques se situent à un niveau relativement faible et de nouvelles demandes au titre de la sécurité sociale et des réformes économiques ne vont pas manquer de se faire jour.
 
Fédération de Russie
 
 
L’économie russe a connu une forte croissance, qui semble toutefois s’être ralentie à partir du dernier trimestre de 2000
L’économie russe a connu une forte expansion en 2000 pour la première fois depuis le début de la transition économique. Les estimations préliminaires font état d’une croissance de près de 8 pour cent, la formation de capital fixe augmentant de 17 pour cent. La croissance de la production a été largement répartie entre un grand nombre de secteurs et de branches de l’économie, alors que l’investissement s’est surtout concentré dans l’énergie et les transports. Les entreprises russes ont bénéficié de la faiblesse du rouble, du niveau élevé des prix à l’exportation (notamment du prix du pétrole) et de l’augmentation de la demande intérieure. Les revenus des ménages ont progressé selon les estimations de 9 pour cent en cours d’année, tout en restant inférieurs de presque 20 pour cent à leur valeur juste avant la crise économique de 1998. Les indicateurs avancés et les anticipations des entreprises laissent néanmoins prévoir, depuis la fin de 2000, un ralentissement possible du rythme d’activité économique en 2001. Un grand nombre d’entreprises manufacturières paraissent avoir été touchées par la hausse relative des prix intérieurs de l’énergie et des transports et par l’appréciation du rouble en termes réels (plus de 10 pour cent en 2000).
Un excédent record de la balance courante a été enregistré et les tensions inflationnistes ont été largement maîtrisées
Grâce à la bonne tenue des prix à l’exportation et à des importations qui restent un peu faibles, l’excédent de la balance courante de la Russie a atteint 46 milliards de dollars en 2000 (tableau III.2), contre 25 milliards en 1999 et seulement 1 milliard en 1998. Dans ce contexte, les réserves brutes en devises et en or de la banque centrale ont plus que doublé en 2000, atteignant 29 milliards de dollars à la fin de l’année. Toutefois, selon les estimations de la banque centrale, plus de 10 milliards de dollars ont encore quitté le pays en 2000 par des moyens légaux ou illégaux, ces fuites de capitaux reflétant un climat d’investissement qui reste très fragile. Les sorties de capitaux, l’excédent budgétaire fédéral (voir ci-après) et les remboursements de la dette extérieure ont contribué à atténuer l’impact des fortes entrées au titre des opérations courantes sur l’inflation, vu les mesures prises pour préserver la stabilité du taux de change nominal. Néanmoins, au début de 2001, l’inflation et les anticipations inflationnistes se sont légèrement accélérées. Les prix à la consommation se sont accrus de plus de 7 pour cent au premier trimestre de 2001 et les taux d’intérêt ont augmenté aussi.

Tableau III.2
Prévisions pour la Fédération de Russie a
IMGIMGCroissance du PIB réel (en % annuel)...IMGIMF
Croissance du PIB réel (en % annuel) 1999 2000 2001 2002 3.5 7.7 3.0 4.0 Inflation 36.7 20.2 20.0 15.0 Solde budgétaire (en % du PIB)b –2.0 3.0 0.0 0.0 Balance des opérations courantes (en milliards de dollars) 25.0 46.3 40.0 30.0 Balance des opérations courantes (en % du PIB) 14.0 18.0 14.0 9.0 a) Les données relatives au PIB sont des pourcentages de variation par rapport àl’année précédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation en fin d’année. b) Ce chiffre inclut les budgets des administrations fédérale, régionales et locales. Source : Les chiffres pour 1999 sont des données finales de source nationale. Les chiffres pour 2000 sont des estima-tions préliminaires de source nationale ou des estimations de l’OCDE. Les chiffres pour 2001 et 2002 sont des prévisions de l’OCDE.

Le déficit fédéral et le déficit budgétaire consolidé ont été éliminés
Pour la première fois depuis le début de la transition, la Russie a dégagé en 2000 un excédent budgétaire fédéral et un excédent de son budget consolidé, actuellement estimés à 2½ et 3 pour cent du PIB respectivement. L’élément qui a le plus contribué au retournement du solde budgétaire fédéral est la progression des recettes fiscales, surtout pour les taxes à l’exportation, les droits d’accise et les impôts sur les bénéfices. La situation budgétaire demeure plus complexe au niveau régional et local. A l’échelon infranational, le solde budgétaire a bénéficié des très sévères restrictions pour les emprunts et plusieurs régions réalisent encore une forte proportion de leurs opérations budgétaires au moyen de divers substituts monétaires. La Russie a adopté sa première loi d’équilibre budgétaire au niveau fédéral pour 2001.
La croissance économique devrait se poursuivre à court terme, mais à un rythme moins rapide
La croissance économique devrait se poursuivre en Russie cette année et l’an prochain, mais à un rythme moins rapide du fait d’un raffermissement du rouble, d’une hausse relative des prix des facteurs de production des entreprises manufacturières, d’une moindre expansion de la demande et de vives contraintes de capacité dans certaines branches. Un ralentissement de la croissance dans les pays de l’OCDE pourrait également avoir un impact négatif sur la demande d’exportations russes et les prix de ces exportations. La stabilité financière de la Russie ne paraît pas devoir être menacée dans l’immédiat, mais le taux d’inflation en 2001 sera fonction de la conduite future de la politique monétaire et de taux de change, qui n’a pas encore été bien clarifiée. Il pourrait être difficile de réaliser l’objectif officiel d’inflation (décembre à décembre) de 12 à 15 pour cent en 2001. Dans l’intervalle, la balance des opérations courantes devrait rester solide. Les perspectives à moyen et plus long terme restent tributaires des progrès qui seront accomplis dans la mise en œuvre des éléments clés de la réforme structurelle, en particulier les mesures destinées à améliorer l’environnement de l’investissement, l’esprit d’entreprise et la concurrence. A cet égard, la Douma d’État examine actuellement plusieurs projets de loi.
 
Brésil
 
 
Une large reprise…
L’économie a poursuivi son redressement l’an dernier (tableau III.3). L’amélioration de l’emploi et une augmentation graduelle des salaires réels a stimulé la demande de consommation, tandis que le raffermissement de la confiance des entreprises ainsi que la baisse des taux d’intérêt favorisent la formation de capital fixe. La production industrielle a fortement progressé à la fin de 2000 : de 39 pour cent pour la production de biens durables et de 62 pour cent pour l’automobile en glissement annuel. L’emploi était en hausse en moyenne de 4 pour cent en 2000 par rapport à 1999 et, surtout, la croissance de l’emploi au deuxième semestre de 2000 a principalement touché le secteur formel, la part du secteur informel se contractant en conséquence. Le Brésil n’est pas parvenu à améliorer sa balance commerciale – ce dont on peut être déçu – mais cela tient essentiellement à la vigueur des importations, car les exportations en volume ont nettement augmenté. Jusqu’à présent, le déficit des opérations courantes a été plus que financé par l’investissement direct étranger.

Tableau III.3
Prévisions pour le Brésil a
IMGIMGCroissance du PIB réel	1999	2000	200...IMGIMF
Croissance du PIB réel 1999 2000 2001 2002 0.8 4.5 4.0 4.5 Inflation 5.0 7.0 5.3 4.0 Solde budgétaire (en % du PIB) –10.0 –4.6 –4.0 –3.5 Solde budgétaire primaire (en % du PIB) 3.2 3.4 3.0 3.0 Balance des opérations courantes (en milliards de dollars) –25.1 –24.6 –26.8 –27.4 Balance des opérations courantes (en % du PIB) –4.7 –4.2 –4.4 –4.2 a) Les données relatives au PIB et à l’inflation sont des pourcentages moyens de variation par rapport àla période pré-cédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix àla consommation. Source : Les chiffres pour 1999 et 2000 sont de source nationale. Les chiffres pour 2001 et 2002 sont des prévisions de l’OCDE.

… s’est appuyée jusqu’à présent sur la baisse des taux d’intérêt et une politique budgétaire responsable
La banque centrale a adopté une politique prudente et les objectifs d’inflation ont été respectés, malgré les tensions dues à la hausse des prix du pétrole et des prix administrés. Après le lent repli des taux directeurs de 3¾ points depuis le milieu de 1999, la banque centrale, réagissant aux pressions du marché dues en particulier à la situation en Argentine, a procédé à un relèvement de ½ point de pourcentage à la fin de mars 2001 et à un nouveau relèvement de ½ point de pourcentage en avril, le taux directeur s’établissant à 16.25 pour cent à cette date. Élément positif, les objectifs budgétaires ont encore été atteints et le ratio dette/PIB s’est stabilisé à moins de 50 pour cent. Cette attitude responsable sur le plan des objectifs budgétaires et de l’exécution du budget devrait étayer la confiance des marchés, en diminuant les risques qu’une évolution défavorable des marchés financiers internationaux peut faire courir à l’économie intérieure.
Les perspectives à court terme restent positives…
Il faut s’attendre à une poursuite de la croissance, tirée par la demande intérieure. L’investissement fixe devrait créer les capacités productives nécessaires pour faire face à l’expansion de l’activité sans pressions sur les prix. Les gains de productivité pourraient permettre une certaine progression des salaires réels qui, à son tour, confortera la demande de consommation. Le tassement des prix du pétrole et l’absence de pressions en provenance des prix administrés devraient contribuer à modérer la hausse des prix et à maintenir l’inflation dans la fourchette prévue (+/– 2 pour cent) en 2001 et 2002.
… malgré les incertitudes qui entourent l’évolution politique et la confiance dans l’ensemble de la région
L’un des aléas majeurs tient au retard accusé dans la mise en œuvre de réformes structurelles impérieuses et à un possible relâchement dans l’exécution des objectifs budgétaires avant l’élection présidentielle de 2002. En outre, la vigueur de la demande intérieure pourrait creuser le déficit commercial, affaiblir le taux de change et faire monter l’inflation. Le nouveau dispositif de politique monétaire pourrait ainsi être soumis à des pressions aboutissant à un nouveau relèvement des taux d’intérêt. De plus, la situation fragile de l’Argentine pourrait constituer un risque si elle conduisait à une dégradation plus généralisée de la confiance dans l’ensemble de la région. Le durcissement des contraintes financières externes qui peut en résulter pourrait alors compromettre la croissance. L’annonce récente de rationnements dans la demande d’électricité sont en train de créer des risques additionnels, même si leur impact potentiel sur la croissance reste assez incertain.
 
NOTES
 
[1] Les mesures financières préventives, d’un montant de 40 milliards de dollars sur deux ans (2001-2002), ont fait intervenir un large éventail de prêteurs : le Fonds monétaire international (13.7 milliards de dollars), la Banque mondiale (2.5 milliards de dollars), la Banque interaméricaine de développement (2.5 milliards de dollars), l’État espagnol (1 milliard de dollars) ainsi que les investisseurs institutionnels et les teneurs de marché locaux qui ont souscrit des titres publics (à hauteur de 20 milliards de dollars).
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