Perspectives économiques de l'OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-29100-8
328 pages

p. 2 à 49
doi: en cours

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no 69 2001/1

 
Résumé de la situation actuelle et des perspectives
 
 
Les perspectives de la croissance mondiale se sont dégradées
L’activité économique mondiale se ralentit
L’activité économique mondiale s’est affaiblie depuis l’automne 2000. Sous l’effet d’un ralentissement prononcé dans les secteurs de l’automobile et des technologies de l’information et des communications, la croissance a marqué le pas aux États‑Unis vers la fin de l’année dernière, avec des répercussions sensibles au Canada et au Mexique, pays voisins. D’autres partenaires commerciaux importants, notamment en Asie, ont eux aussi été affectés. En particulier, cette perte de dynamisme a aggravé la faiblesse désormais évidente de l’économie japonaise, renforçant par là même la dégradation de la situation mondiale. En Europe, l’expansion s’est également ralentie et les signes de faiblesse continuent d’être présents cette année. Globalement, l’économie mondiale a progressé beaucoup plus lentement au début de 2001 qu’on ne le prévoyait il y a seulement six mois, ce qui a conduit les prévisionnistes privés, ainsi que l’OCDE, à revoir nettement à la baisse leurs anticipations concernant la croissance à court terme (graphique I.1).
Graphique I.1
Dégradation des perspectives de croissance pour 2001 1
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Dégradation des perspectives de croissance pour 2...IMGIMF
1.
Enquête sur les prévisions des banques privées.
Source : The Economist, divers numéros.
Les facteurs qui exercent des pressions à la baisse sur la croissance devraient se dissiper au cours du présent semestre et, à l’exception du Japon, une reprise modérée devrait s’installer plus tard dans l’année. Dans ce scénario, le ralentissement de l’activité aux États-Unis, bien que prononcé, serait de relativement courte durée. Au sein de l’Union européenne, la croissance semble moins affectée et devrait se stabiliser à un niveau très légèrement supérieur à son taux potentiel. Le tassement de l’activité pourrait en revanche persister plus durablement au Japon. Cette projection, qui pourrait bien pécher par optimisme, impliquerait une croissance dans la zone de l’OCDE légèrement supérieure à 2 pour cent en 2001 (soit la moitié du taux de l’an dernier), avec une accélération à 2¾ pour cent en 2002 (tableau I.1).

Tableau I.1
Croissance de la production
Pourcentage de variation du PIB réel par rapport à la période précédente
IMGIMG1999	2000	2001	2002	États-Unis	4.2	5...IMGIMF
1999 2000 2001 2002 États-Unis 4.2 5.0 1.7 3.1 Japon 0.8 1.7 1.0 1.1 Zone euro a 2.6 3.4 2.6 2.7 Union européenne 2.6 3.3 2.6 2.7 Total OCDE 3.2 4.1 2.0 2.8 a) La Grèce a intégré la zone euro le 1er janvier 2001. Afin que les données de la zone euro soient comparables dans le temps, la Grèce a été introduite dans le calcul des données agrégées pour la zone euro sur toute la période. Source : OCDE.

La faiblesse de l’activité dans les secteurs de haute technologie est devenue générale et freine le commerce mondial
Bien que largement prévu, le ralentissement de la conjoncture aux États-Unis a surpris par son intensité. Les températures exceptionnellement basses des derniers mois de 2000 n’ont sans doute pas été étrangères au brutal tassement de l’activité observé vers le mois de novembre, mais des forces plus profondes ont été également à l’œuvre. La baisse des marchés d’actions a renforcé l’effet de freinage exercé sur la demande de consommation par la hausse des prix de l’énergie, les achats de voitures ayant très fortement chuté. En même temps, la longue période de forte expansion des investissements dans les technologies de l’information et des communications [1] (TIC) semble s’être traduite, pour bon nombre d’entreprises, par des dépenses excessives. Cela a entraîné à son tour une révision à la baisse des prévisions de profits, une chute du prix des actions, des compressions d’effectifs et des licenciements. La majeure partie du secteur manufacturier a été affectée de près ou de loin. Certains de ces facteurs, notamment dans les secteurs de haute technologie, ont été à l’œuvre dans d’autres pays de la zone de l’OCDE, notamment en Europe où les bilans du secteur des télécommunications se sont dégradés et la demande des téléphones mobiles s’est essoufflée, accompagnée de nombreuses annonces de licenciements. Les dépenses des secteurs des technologies de l’information et des communications se ralentissant, les pays Membres et non membres de l’OCDE qui sont très spécialisés dans la fabrication de ce type d’équipement pourraient à leur tour être affectés, étant donné le maillage très serré des liens commerciaux intrasectoriels. De fait, l’impulsion fournie par la demande d’importations des États-Unis s’affaiblissant, les échanges mondiaux se sont sensiblement ralentis (tableau I.2), les pays les plus touchés étant ceux de l’ALENA, le Japon et les économies de marché émergentes d’Asie [2].

Tableau I.2
Résumé du commerce international
Pourcentage de variation par rapport à la période précédente
IMGIMG1999	2000	2001	2002	Échange de march...IMGIMF
1999 2000 2001 2002 Échange de marchandises en volume Commerce international a 6.2 13.1 7.2 8.0 dont: Produits manufacturés 7.1 14.2 7.3 8.3 Exportations de la zone de l’OCDE 5.4 12.0 6.5 7.9 Importations de la zone de l’OCDE 8.8 12.7 6.7 7.4 Exportations des pays non membres de l’OCDE 6.7 15.1 8.0 8.8 Importations des pays non membres de l’OCDE 0.1 15.8 9.8 9.6 Pour mémoire : Commerce intra-OCDE b 7.8 11.6 6.0 7.3 Exportations de la zone OCDE vers les pays non membres de l’OCDE 1.8 16.0 9.5 9.3 Importations de la zone OCDE en provenance des pays non membres de l’OCDE 7.5 14.3 7.7 8.5 Prix du commerce extérieur Exportations de la zone de l’OCDE c –2.5 –3.7 –1.2 0.8 Importations de la zone de l’OCDE c –2.8 –1.4 –0.8 0.5 Termes de l’échange de l’OCDE avec le reste du monde d –0.9 –6.9 0.2 0.9 Note : Les agrégats régionaux incluent le commerce intra-régional. a) Taux de croissance de la moyenne arithmétique des importations et exportations mondiales en volume. b) Moyenne arithmétique des importations et exportations intra-OCDE en volume, telle qu’elle ressort du volume du commerce total de la zone de l’OCDE et des flux commerciaux estimés entre les zones OCDE et non OCDE. Les données sont basées sur la structure des échanges en valeur de 1995. c) Valeurs unitaires moyennes en monnaie locale. d) Les termes de l’échange de l’OCDE représentent le ratio des prix à l’exportation de l’OCDE sur les prix à l’importation de l’OCDE, à l’exclusion des échanges intra-zone. Source : OCDE.

Si la confiance s’est nettement affaiblie aux États-Unis, la dégradation est moins sensible ailleurs
Aux États-Unis, la confiance des entreprises et des consommateurs s’est nettement détériorée depuis la fin de 2000 (graphique I.2). L’une des raisons pourrait en être l’effondrement du cours des actions, qui a principalement concerné les secteurs de moyenne et haute technologie, dans lesquels les multiples de capitalisation étaient devenus clairement excessifs. Cette chute a contribué à modifier les impulsions des agents économiques, une large partie du patrimoine des ménages étant désormais constituée de titres et les émissions d’actions ayant été une importante source de financement pour les secteurs de haute technologie. Il est cependant également probable que les annonces très médiatisées de licenciements ont, elles aussi, joué un rôle non négligeable. Dans les autres pays, le moral n’a jusqu’à présent guère été entamé, bien que les indicateurs soient difficiles à interpréter. Au Japon, la confiance des consommateurs s’est stabilisée pendant le second semestre 2000, après s’être renforcée pendant les deux années précédentes, et, plus récemment, la confiance des entreprises s’est affaiblie. En Europe, la confiance des ménages se maintient à un niveau exceptionnellement élevé, les perspectives d’emploi demeurant satisfaisantes dans bon nombre de pays. Néanmoins, les entreprises de plusieurs pays, principalement l’Allemagne et dans une moindre mesure la France, révisent actuellement à la baisse leurs prévisions de production.
Graphique I.2
Indicateurs de confiance et indicateurs composites avancés
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Indicateurs de confiance et indicateurs composite...IMGIMF
1.
Écart par rapport à la valeur attendue de 50.
2.
Courbe lissée, taux de variation sur 6 mois (annualisés).
Source : OCDE, Principaux indicateurs économiques.
Un certain nombre de facteurs soutiennent l’activité
La détente des conditions monétaires, des taux d’intérêt bas à long terme…
Deux « contre-chocs » pourraient intervenir pour limiter le ralentissement mondial de l’activité économique. Premièrement, la politique monétaire s’est sensiblement détendue aux États-Unis et plus modérément dans un certain nombre d’autres pays Membres, notamment l’Australie, le Canada, le Japon et le Royaume-Uni. Les prévisions établies par l’OCDE laissent de la marge pour un peu d’assouplissement de la politique monétaire (encadré I.1). Aux États-Unis, la détente déjà intervenue a renforcé la tendance à la baisse des taux d’intérêt à long terme qui s’était amorcée vers le milieu de l’an dernier, tendance qui a commencé récemment à s’inverser (graphique I.3). Les rendements des obligations publiques à dix ans sont revenus juste au-dessus du niveau de 5 pour cent relevé il y a deux ans, et ils pourraient se redresser davantage avec le raffermissement de l’activité économique. Les taux longs ont également reculé dans la zone euro au cours de l’année écoulée, mais plus modérément, et depuis la fin mars, les rendements se sont encore améliorés. Cependant, sur la période des prévisions, les taux à long terme devraient rester en moyenne relativement stables. Au Japon, les rendements obligataires à long terme ont commencé à baisser à la fin de l’année dernière lorsque la faiblesse de l’économie devenait manifeste et ils se sont rapprochés de leur niveau historiquement le plus bas de 1 pour cent. Depuis la fin mars, ils sont remontés à environ 1½ pour cent, niveau auquel ils sont supposés rester, en partie en réponse à des craintes que des augmentations importantes de besoins de financements publics pourraient être nécessaires (voir plus loin).
Graphique I.3
Deux facteurs soutenant l’activité économique
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Deux facteurs soutenant l’activité économique
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Note : Les données pour le mois d’avril sont estimées par l’OCDE.
Source : OCDE, Principaux indicateurs économiques.
… et la baisse des prix du pétrole soutiendront la demande et l’activité
Un deuxième facteur, quoique d’importance plus limitée, qui soutient l’activité est la baisse des prix du pétrole qui est intervenue récemment. Les prix au comptant du brut de qualité Brent ont effectivement baissé de 10 dollars le baril par rapport au point haut de l’an dernier et s’établissaient aux alentours de 25½ dollars à fin avril 2001. Étant donné que le ralentissement de la croissance économique devrait réduire la demande mondiale de pétrole, les baisses de production de l’OPEP (égales à 2½ millions de barils par jour, soit environ 10 pour cent de la production de l’OPEP en mars 2001) ne devraient pas perturber outre mesure le marché pétrolier ; il devrait être en fait possible de reconstituer quelque peu les stocks, actuellement très faibles, à des prix proches de leurs niveaux actuels. A partir d’un prix moyen estimé à 26 dollars dans la première moitié de 2001, le prix moyen à l’importation de la zone de l’OCDE (caf) est supposé se réduire légèrement à un peu moins de 25 dollars le baril à la fin de 2002 [3]. Par comparaison avec le prix moyen de 30 dollars le baril à la fin de 2000, la diminution supposée de 5 dollars le baril du prix à l’importation dans la zone de l’OCDE se traduirait par une augmentation de l’ordre de ¼ pour cent des revenus disponibles des ménages dans l’ensemble de la zone de l’OCDE.
Encadré I.1. Hypothèses de politique économique et autres hypothèses sous-tendant les prévisions
Les hypothèses de politique budgétaire se fondent sur les mesures prises et sur les intentions déclarées des pouvoirs publics, dès lors que celles-ci s’inscrivent dans des programmes bien définis [1]. Pour la zone de l’OCDE dans son ensemble, on prévoit que l’orientation des politiques budgétaires, à en juger par la variation des soldes budgétaires structurels, sera globalement neutre sur la période de prévisions, dans la mesure où l’orientation nettement restrictive en vigueur ces dernières années prendra fin. Cette évolution masque toutefois des tendances divergentes : malgré des réductions immédiates d’impôts, resserrement de la politique budgétaire aux États-Unis en 2001, suivi d’un relâchement en 2002 lorsque l’impact des réductions d’impôts sera pleinement ressenti ; orientation essentiellement neutre au Japon en 2001 puis, une fois tenu compte des augmentations exceptionnelles de recettes liées à l’imposition des intérêts produits par les dépôts postaux et sur la base de l’hypothèse qu’il n’y aura pas de nouveau budget supplémentaire, resserrement modeste en 2002 ; enfin, dans l’Union européenne, plusieurs pays, notamment l’Allemagne, mettent en œuvre des réductions d’impôts mais la politique budgétaire restera globalement neutre sur la période de prévisions.
Les taux d’intérêt directeurs sont conformes aux objectifs déclarés des autorités monétaires en matière d’inflation et, dans certains cas, de soutien de l’activité ou de taux de change. Pour les États-Unis, le taux des fonds fédéraux, qui a été abaissé, en quatre étapes, de 200 points de base au début de 2001, devrait être réduit de 25 points de base supplémentaires pendant l’été. A la fin de la période de prévisions, on s’attend à ce que cette dernière baisse soit annulée à mesure que la reprise se renforce. Le maintien de la stabilité des prix à moyen terme est le principal objectif de la politique monétaire dans la zone euro [2]. Bien que la hausse des prix à la consommation soit supérieure à l’objectif, l’estimation de l’OCDE de l’inflation sous-jacente demeure en dessous de 2 pour cent, et on s’attend à ce que la Banque centrale européenne abaisse son principal taux directeur de ½ point de pourcentage avant le milieu de 2001, ce qui permettrait aux taux du marché monétaire à trois mois de se stabiliser autour de 4½ pour cent et de se maintenir à ce niveau jusqu’à la fin de 2002. Au Japon, la déflation se poursuivant, les taux directeurs ont été réduits à la fin de février, et, au milieu du mois de mars, un nouveau cadre quantitatif a été annoncé pour la politique monétaire qui devraient avoir pour effet de maintenir les taux d’intérêt à court terme à un niveau proche de zéro en 2001 et 2002.
Les prévisions supposent que les taux de change restent inchangés par rapport aux taux en vigueur le 12 avril 2001 ; en particulier, un dollar des États-Unis est égal à 123.3 yen et à 1.121 euro. L’hypothèse de fixité des taux de change est modifiée pour la Hongrie de manière à prendre en compte une dépréciation continue, reflétant l’interprétation faite par l’OCDE de la politique « officielle » de ce pays en matière de change. Pour la Turquie, le taux de change est supposé se dégrader de manière continue, mais moins que le taux d’inflation prévu, de sorte qu’environ la moitié de la dévaluation récente sera compensée en termes réels.
Les prix du pétrole sont tombés à des niveaux nettement inférieurs à ceux retenus dans les prévisions arrêtées il y a six mois à peine, le brut de qualité Brent s’établissant en moyenne à 25½ dollars le baril sur les quatre mois se terminant en avril 2001. La demande mondiale d’énergie devrait se détendre avec le ralentissement de l’activité économique, mais les deux baisses du plafond de production de l’OPEP qui ont eu lieu au début de l’année (représentant au total 2½ millions de barils/jour) devraient empêcher les prix du pétrole de tomber très en dessous de 25 dollars le baril d’ici la fin de 2002. Après s’être inscrits en hausse pendant les six premiers mois de 2000, les prix des produits de base non pétroliers s’affaiblissent à nouveau et, du fait du ralentissement de la croissance de l’activité économique mondiale, devraient au mieux se stabiliser dans le deuxième semestre de 2001. En 2002, on suppose qu’ils évolueront au même rythme que les prix des exportations de produits manufacturés des pays de l’OCDE.
Les prévisions ont été établies à partir des données collectées jusqu’au 19 avril 2001.

Prix du pétrole et des autres produits de base
IMGIMG1998	1999	2000	2001	2002	En pourcent...IMGIMF
1998 1999 2000 2001 2002 En pourcentage de variation Prix du pétrole à l’importation dans la zone de l’OCDE (caf) –34.2 37.3 62.1 –8.0 –3.9 Prix des autres produits de basea –13.7 –7.1 3.0 –3.4 1.3 Pour mémoire : Prix du pétrole à l’importation dans la zone de l’OCDE (caf, dollar/baril) b 12.5 17.3 28.0 25.8 24.8 a) Indice global des prix des produits de base de l’Institut de Hambourg, hors énergie. Prévisions de l’OCDE pour 2001 et 2002. b) Les données historiques pour les prix à l’importation du pétrole brut dans la zone de l’OCDE sont des moyennes des prix unitaires caf et calculés l’Agence internationale de l’énergie. Ceux-ci incluent les coûts, l’assurance et le fret mais excluent les droits à l’importation. Prévisions de l’OCDE pour 2001 et 2002. Source : Institut de recherche économique de Hambourg (HWWA), Agence internationale de l’énergie et OCDE.

1.
Le détail des hypothèses concernant les pays pris individuellement est présenté dans les notes par pays au chapitre II, « Évolution dans les pays Membres de l’OCDE ».
2.
La stabilité des prix est définie par la Banque centrale européenne comme une hausse annuelle de l’indice harmonisé des prix à la consommation inférieure à 2 pour cent.

Tableau I.3
Soldes financiers des administrations publiques a
En pourcentage du PIB/PIB potentiel
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1999 2000 2001 2002 États-Unis Solde effectif 1.0 2.2 2.1 1.4 Solde structurel 0.7 1.7 2.1 1.5 Solde structurel primaire 3.5 4.3 4.4 3.5 Japon Solde effectif –7.0 –6.3 b –6.3b –6.9 Solde structurel –6.2 –5.5 b –5.4 b –5.9 Solde structurel primaire –4.9 –4.3 b –4.2 b –4.6 Zone euro Solde effectif –1.3 0.3 –0.6 –0.4 Solde structurel –0.6 –0.6 –0.7 –0.5 Solde structurel primaire 3.3 3.1 2.8 3.0 Union européenne Solde effectif –0.7 0.6 –0.2 –0.1 Solde structurel –0.3 –0.1 –0.3 –0.2 Solde structurel primaire 3.4 3.4 3.0 3.0 OCDEc Solde effectif –0.8 0.4 0.0 –0.3 Solde structurel –0.7 –0.2 0.0 –0.3 Solde structurel primaire 2.2 2.6 2.5 2.1 a) Les soldes effectifs sont en pourcentage du PIB nominal, les soldes structurels en pourcentage du PIB potentiel. Les soldes structurels excluent les recettes ponctuelles provenant de la vente de licenses de téléphonie mobile. Les soldes structurels primaires sont les soldes structurels moins les intérêts de la dette. b) Inclut les paiements d’impôts différés sur les comptes d’épargne postaux s’élevant respectivement à 0.8 et 0.9 pour cent du PIB en 2000 et 2001. c) Les chiffres du solde effectif de l’OCDE total ne comprennent pas le Mexique, la Suisse et la Turquie. Ceux du solde structurel excluent les pays précédemment cités, mais également la Corée, la Hongrie, le Luxembourg, la Pologne et la République tchèque. Source : OCDE.

La politique budgétaire est devenue largement neutre…
La politique budgétaire de la zone de l’OCDE dans son ensemble, mesurée par le solde budgétaire structurel, devrait être largement neutre en 2001-2002 (tableau I.3), mettant ainsi un terme à près d’une décennie d’assainissement régulier des finances publiques. En 2001, la politique budgétaire aux États-Unis est supposée se resserrer légèrement malgré les réductions d’impôts qui sont prises en compte dans les prévisions (voir plus loin). La politique budgétaire de l’Union européenne est supposée être globalement neutre. Au Japon, compte non tenu des recettes procurées par le rachat des dépôts d’épargne postale [4], la politique budgétaire sera neutre en 2001. L’an prochain, les réductions d’impôts donneront un léger coup de fouet supplémentaire à la demande aux États-Unis, mais cette évolution sera compensée, en l’absence de nouveaux budgets supplémentaires, par le début d’un effort d’assainissement des finances publiques au Japon. En Europe, la politique budgétaire devrait rester globalement neutre en 2002.
… et le yen s’est affaibli, notamment par rapport à l’euro
Les mouvements des taux de change observés depuis que les prévisions du no 68 des Perspectives économiques de l’OCDE ont été arrêtées à la fin du mois d’octobre ont entraîné un sensible affaiblissement du yen et un raffermissement de l’euro. En termes effectifs, le taux de change supposé du yen sur la période de prévisions est plus faible de 11 pour cent qu’il ne l’était en octobre 2000, alors que l’euro est plus fort de 8 pour cent. Le taux de change effectif du dollar s’est apprécié sur la même période d’un peu moins de 2 pour cent. Le fléchissement du yen pourrait aider à limiter le ralentissement des exportations du Japon et soutenir ainsi la demande globale, alors même que la demande intérieure reste atone. Le redressement de l’euro a réduit l’une des rares sources de tensions inflationnistes dans la zone euro, donnant par là même une plus grande marge de manœuvre à la Banque centrale européenne au cas où l’activité s’essoufflerait. Bien que modeste, l’appréciation effective du dollar pourrait limiter le déplacement souhaité de la demande globale des sources intérieures aux sources extérieures.
Le ralentissement mondial de l’activité économique pourrait être de relativement courte durée
L’économie des États-Unis pourrait se redresser à relativement brève échéance…
A ce stade, le pessimisme auquel portent les indicateurs de confiance et l’effondrement du prix des actions aux États-Unis est peut-être plus accusé que ne le justifient les données économiques réelles. La forte révision à la baisse des prévisions de dépenses des entreprises semble correspondre à un ajustement rapide, facilité par la large diffusion des technologies de l’information ces dernières années, face à la constatation que, dans beaucoup de secteurs, les capacités augmentaient trop rapidement. Les efforts engagés pour remédier au gonflement non voulu des stocks ont également joué un rôle non négligeable. Jusqu’à présent, bon nombre d’importants indicateurs économiques, tels que l’emploi et les dépenses de consommation, ont continué de s’inscrire en hausse, même si la tendance s’est ralentie. De plus, le soutien de l’activité assuré par la détente monétaire pourrait être renforcé en cas de besoin, étant donné que les tensions s’atténuent sur le marché du travail et au niveau de l’inflation. Compte tenu de ces facteurs, l’activité économique paraît devoir se redresser au cours du second semestre de l’année, même si ce n’est qu’avec lenteur, le processus d’ajustement des stocks qui freine actuellement les dépenses des entreprises arrivant à son terme. Globalement, la production réelle devrait s’accroître de 1¾ pour cent en 2001 et de 3 pour cent l’an prochain.
… alors que la croissance au Japon pourrait rester peu soutenue
L’augmentation des exportations étant traditionnellement le principal élément moteur des reprises économiques au Japon, le brusque ralentissement de l’activité aux États-Unis est intervenu à un moment malencontreux. Ceci est d’autant plus vrai que, dans ce pays, la consommation privée n’a guère de chances de stimuler sensiblement la demande intérieure, étant donné l’aggravation de la situation sur le marché du travail. Dans le même temps, la faiblesse de la production industrielle et des carnets de commande laisse penser que l’investissement des entreprises ne pourra pas compenser intégralement la plus grande faiblesse des exportations nettes. La mauvaise santé du secteur financier – largement liée à l’encours toujours élevé de créances irrécouvrables et aux mauvais performances du marché boursier – est une source supplémentaire de faiblesse. Dans ce contexte, la croissance restera probablement lente, de 1 pour cent seulement en moyenne au cours de la période considérée.
L’Union européenne a cependant été moins affectée par le ralentissement de l’activité aux États-Unis
Bien que l’Union européenne ne puisse éviter totalement le contre-coup du ralentissement de l’activité aux États-Unis, la croissance devrait rester soutenue. Dans la zone euro, le solde extérieur devrait stimuler l’activité économique globale beaucoup moins en 2001 et 2002 qu’en 2000, la progression des importations des États-Unis s’essoufflant et le commerce mondial se ralentissant. Ce tassement de la croissance pourrait être partiellement compensé par des réductions d’impôts dans certains pays, encore que la politique budgétaire reste assez neutre dans l’ensemble et la baisse des prix du pétrole contribuera à soutenir la consommation privée. Par ailleurs, après avoir rapidement progressé ces dernières années, l’investissement des entreprises pourrait ne se ralentir que légèrement, des efforts continuant d’être faits dans la majeure partie de la zone pour atténuer les contraintes de capacité. Les fortes disparités de croissance observées à l’intérieur de la zone devraient se réduire, la plupart des pays affichant des taux de 2 à 3 pour cent, mais elles ne disparaîtront pas totalement, dans la mesure où l’activité restera un peu plus soutenue en Finlande, en Grèce, en Irlande et au Luxembourg. Dans la zone euro dans son ensemble, la croissance pourrait être de 2½ pour cent cette année et de 2¾ pour cent l’an prochain, ce qui impliquerait la disparition des capacités inutilisées d’ici 2002. Dans les pays de l’Union européenne non membres de la zone euro (Danemark, Suède et Royaume-Uni), la croissance, relativement dynamique l’an dernier, devrait généralement accuser une certaine décélération en conformité avec les tendances de la zone euro.
Les perspectives de croissance dans les autres pays de l’OCDE sont mitigées
Les perspectives concernant les autres pays de l’OCDE sont disparates. Les pays les plus directement touchés par le ralentissement de l’activité aux États-Unis sont le Canada et le Mexique, les autres membres de l’Accord de libre-échange nord‑américain (ALENA), et la Corée, pays où le secteur des TIC est très développé. Néanmoins, ces pays devraient être les premiers à bénéficier du redressement de l’activité aux États-Unis. En Turquie, la demande intérieure se contractera à la suite de la forte hausse, imputable à la crise, des taux d’intérêt réels, mais les exportations nettes devraient bénéficier de la dévaluation du taux de change et contribuer ainsi à limiter la dégradation de la production. L’activité devrait se modérée après des performances relativement fortes en 2000 en Suisse et, surtout, en Islande, où les mesures restrictives décidées pour faire face à la surchauffe restent en vigueur. En revanche, l’activité des pays en transition (République tchèque, Hongrie, Pologne et République slovaque) devrait rester relativement dynamique et on prévoit un raffermissement de la croissance en Australie et en Nouvelle-Zélande l’an prochain, le léger ralentissement actuellement observé arrivant à son terme.
Le ralentissement de la croissance économique devrait atténuer les tensions sur le marché du travail dans la majeure partie de la zone de l’OCDE…
L’activité économique se ralentissant dans la zone de l’OCDE, la baisse du chômage observée dans l’ensemble de la zone au cours des huit dernières années arrive à son terme (tableau I.4). La principale raison en est les prévisions concernant les États-Unis, où la forte hausse des premières demandes d’indemnisation au titre du chômage depuis le milieu de l’an dernier est le signe manifeste d’un affaiblissement du marché du travail. Dans ce pays, le chômage n’est déjà plus à son point bas et il devrait augmenter d’environ 1½ million de personnes au cours de la période sous revue, le taux de chômage revenant de ce fait aux alentours de 5 pour cent – ce qui correspond grosso modo, semble-t-il, à son niveau structurel. Le chômage pourrait également commencer à s’aggraver dans plusieurs autres pays, comme l’Australie, le Mexique, la Pologne et la Turquie. Au Japon, il devrait rester élevé par rapport aux normes du passé, en raison de l’atonie persistante de l’activité économique. Le chômage devrait reprendre sa tendance à la baisse dans l’Union européenne, et le taux de chômage devrait également baisser en République tchèque, en Hongrie et en République slovaque. L’augmentation de l’offre de main-d’œuvre dans l’ensemble de la zone se ralentissant avec la conjoncture, le taux global de chômage des pays de l’OCDE pourrait cependant ne guère se modifier par rapport au chiffre de 6¼ pour cent atteint l’an dernier.

Tableau I.4
Chômage, écarts de production et inflation
IMGIMG1999	2000	2001	2002	En pourcentage	C...IMGIMF
1999 2000 2001 2002 En pourcentage Croissance de l’emploi États-Unis 1.5 1.3 0.4 0.4 Japon –0.8 –0.2 –0.1 0.2 Zone euro a 1.8 2.2 1.5 1.3 Union européenne 1.7 2.0 1.3 1.2 Total OCDE 1.1 1.2 0.6 0.9 En pourcentage de la population active Taux de chômage États-Unis 4.2 4.0 4.6 5.0 Japon 4.7 4.7 4.9 4.8 Zone euro a 9.9 9.0 8.3 7.8 Union européenne 9.1 8.2 7.7 7.3 Total OCDE 6.7 6.3 6.3 6.3 Millions Niveaux de chômage États-Unis 5.9 5.7 6.5 7.1 Japon 3.2 3.2 3.3 3.3 Zone euro a 13.6 12.4 11.6 11.0 Union européenne 15.7 14.3 13.5 13.0 Total OCDE 34.1 32.0 32.5 32.6 En pourcentage Écarts de production b États-Unis 1.3 2.2 0.0 –0.4 Japon –3.1 –3.0 –3.4 –3.8 Zone euro a –1.3 –0.3 –0.1 0.1 Union européenne –1.0 –0.2 0.0 0.1 Total OCDE –0.4 0.4 –0.6 –0.7 Inflation c États-Unis 1.5 2.0 2.3 1.9 Japon –1.4 –1.7 –1.2 –0.4 Zone euro a 1.2 1.2 2.2 2.1 Union européenne 1.4 1.4 2.2 2.1 OCDE moins la Turquie 1.5 1.7 2.1 1.9 Total OCDE 2.4 2.5 3.0 2.6 a) La Grèce a intégré la zone euro le 1er janvier 2001. Afin que les données de la zone euro soient comparables dans le temps, la Grèce a été introduite dans le calcul des données agrégées pour la zone euro sur toute la période. b) Pourcentage du PIB potentiel. c) Pourcentage de variation de l’indice implicite de prix du PIB par rapport à l’année précédente. Source : OCDE.

… et permettre à l’inflation de rester modérée dans l’ensemble de la zone
Sous l’effet conjugué du ralentissement de la croissance dans l’ensemble de la zone de l’OCDE et de la baisse présumée des prix du pétrole, l’inflation devrait rester jugulée. Le fait est que l’évolution de la conjoncture au cours des deux dernières années s’est caractérisée par une surprenante insensibilité de l’inflation sous-jacente à la montée des prix de l’énergie. Ceci tient dans une large mesure à l’existence de mécanismes bien maîtrisés de formation des prix et des salaires dans la plupart des pays de l’OCDE. Exception faite de la Turquie, où persiste une très forte inflation, la hausse des prix dans la zone de l’OCDE devrait être en moyenne à environ 2 pour cent au cours de la période sous revue.
Toutefois, les déséquilibres des balances des opérations courantes restent importants
L’important déficit de la balance des opérations courantes des États-Unis devrait persister, même s’il se réduit modérément, pour passer de 4½ pour cent du PIB en 2000 à 4 pour cent l’an prochain (tableau I.5). Son maintien à un niveau aussi élevé, malgré le sensible ralentissement de la croissance aux États-Unis, tient à un certain nombre de facteurs : la décélération de la croissance des marchés d’exportations et en particulier la baisse temporaire de la demande mondiale de produits de haute technologie, qui constituent une part importante des exportations des États-Unis ; et la médiocrité relative des résultats à l’exportation, la compétitivité souffrant de la fermeté persistante du taux de change. Comme cela a été le cas au cours des trois dernières années, les excédents qui constituent la contrepartie du déficit des États-Unis ne peuvent être complètement identifiés et l’on ne prévoit aucune modification importante de la configuration mondiale des déséquilibres extérieurs. Le Japon, les principaux producteurs de pétrole d’Afrique, le Moyen-Orient et l’ex-Union soviétique, ainsi que les économies dynamiques d’Asie continuent d’enregistrer des excédents de l’ordre de 230 milliards de dollars, soit un peu plus de la moitié du déficit des États-Unis. En revanche, les comptes de l’Union européenne, de la Chine et d’autres pays d’Asie non membres de l’OCDE et d’Amérique latine devraient faire état de déficits peu importants. De ce fait, l’”écart mondial” semble devoir passer de 180 milliards en 2000 aux environs de 250 milliards de dollars cette année, pour y rester en 2002.

Tableau I.5
Balances des opérations courantes
IMGIMG1999	2000	2001	2002	En pourcentage d...IMGIMF
1999 2000 2001 2002 En pourcentage du PIB États-Unis –3.6 –4.4 –4.2 –4.0 Japon 2.4 2.5 2.2 2.7 Zone euro a 0.4 –0.1 –0.2 –0.1 Union européenne 0.3 –0.3 –0.4 –0.4 OCDE –0.8 –1.3 –1.3 –1.2 En milliards de dollars États-Unis –331.5 –435.4 –431.8 –430.8 Japon 106.9 117.2 91.3 114.0 Zone euro a 29.7 –8.8 –13.3 –5.4 Union européenne 25.1 –25.5 –34.4 –30.3 OCDE –201.7 –329.4 –343.3 –313.0 Pour mémoire : Économies dynamiques d’Asieb 75.0 52.1 33.8 26.4 Chine et autres pays d’Asie 7.5 –1.8 –7.7 –12.9 Pays d’Amérique latine –35.6 –25.1 –33.9 –38.6 Pays d’Afrique et du Moyen-Orient –9.6 95.2 78.9 69.0 Pays d’Europe centrale et orientale 16.5 28.5 24.6 21.0 Monde –148.0 –180.5 –247.5 –248.1 a) La Grèce a intégré la zone euro le 1er janvier 2001. Afin que les données de la zone euro soient comparables dans le temps, la Grèce a été introduite dans le calcul des données agrégées pour la zone euro sur toute la période. b) Taipei chinois ; Hong-Kong, Chine ; Indonésie; Malaisie; Philippines ; Singapour et Thaïlande. Source : OCDE.

Les prévisions sont relativement optimistes mais les risques de baisse sont significatifs
Les perspectives générales décrites ici peuvent être considérées comme relativement optimistes. Les principales forces à l’œuvre sont supposées être spécifiques et se limiter à la correction observée dans une grande partie du monde dans les secteurs des technologies de l’information et des communications et, aux États-Unis, également dans le secteur automobile. L’un des principaux risques serait l’existence de déséquilibres plus fondamentaux, soit aux États-Unis, soit ailleurs, qui exigeraient un ajustement plus long et plus important ou qui pourraient être sérieusement aggravés par ce qui pourrait n’être sans cela qu’un léger ralentissement. La plupart des déséquilibres potentiels entrant dans cette catégorie sont liés à des variables financières : prix du marché ou éléments de bilans. Un deuxième risque majeur est que les effets d’un ralentissement aux États-Unis débordent davantage les frontières de ce pays qu’on ne l’envisage dans les prévisions. Il pourrait se concrétiser si le ralentissement devait être plus accentué ou plus durable ou si son incidence internationale était plus forte que ne le suggèrent les prévisions. Ces risques sont examinés dans les deux sections suivantes. La dernière section est consacrée aux impératifs de politique économique dans les principales régions de l’OCDE, compte tenu des perspectives et des incertitudes qui les entourent.
Risques financiers dans une économie mondiale affaiblie
Les excès des marchés financiers pourraient exiger une longue période d’ajustement
Les périodes de croissance dynamique ont souvent débouché sur des excès ou des déséquilibres financiers qui ont rendu nécessaires de longues périodes de douloureux ajustements. Les risques qui pourraient apparaître si les prix des actions faisaient naître un optimisme excessif ont été largement reconnus pendant la phase de vive expansion des dernières années et ont été discutés dans de précédents numéros des Perspectives économiques de l’OCDE. Aujourd’hui, où l’activité économique mondiale s’est ralentie et où les cours boursiers ont été corrigés, des craintes sont de plus en plus exprimées concernant un certain nombre d’autres développements qui pourraient être à l’origine de sérieuses tensions financières. Si l’apparition de telles tensions exigeait un effort général d’austérité pour assainir les bilans, le ralentissement serait probablement plus accusé et plus durable qu’on ne le prévoit ici. Globalement, la situation est relativement rassurante, mais les risques sont suffisamment sérieux pour qu’on ne puisse les ignorer, et il existe un petit nombre de sujets de préoccupation. Il faut en particulier régler les problèmes du secteur bancaire au Japon et dans un certain nombre d’économies de marché émergentes. Les paragraphes qui suivent examinent les principales interrogations et préoccupations liées à cette question.
Les marchés boursiers baisseront-ils encore avec l’affaiblissement de l’activité ?
Une importante correction a été opérée sur les marchés boursiers…
Une importante correction est intervenue sur les marchés boursiers mondiaux depuis le sommet atteint aux alentours de mars de l’an dernier (graphique I.4.). Un retournement du sentiment des investisseurs à l’égard des sociétés du secteur de la haute technologie a fait chuter les cours de leurs actions de plus de moitié aux États‑Unis et de près de la moitié en Europe. Néanmoins, les prix des titres d’autres secteurs étant restés fermes jusqu’au mouvement massif de désengagement du mois de mars 2001, la baisse des indices boursiers globaux sur ces marchés n’était à la fin de mars que de l’ordre d’un quart de leur valeur et au moins d’avril les marchés d’actions se sont quelque peu raffermis. Le marché boursier japonais a lui aussi fortement chuté sur les douze mois se terminant fin mars, l’impact de l’éclatement de la bulle technologique étant renforcé par des ventes liées au dénouement de prises de participations croisées et à l’ébranlement de la confiance. En dehors des principaux marchés, on a observé des chutes particulièrement accusées des prix des actions au cours des six derniers mois en Corée et en Turquie.
Graphique I.4
Évolution du prix des actions
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Évolution du prix des actions
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Source : Bloomberg
… et les prix des actions se sont rapprochés des valeurs fondamentales
La correction des marchés boursiers mondiaux devrait atténuer les craintes concernant une apparente surévaluation des prix des actions. Les gains des sociétés de haute technologie ayant résisté raisonnablement pendant cette période de correction des marchés boursiers, le multiple de capitalisation dans ce secteur a diminué d’environ la moitié tant aux États-Unis qu’au Japon [5], entraînant une forte baisse du multiple de l’ensemble du marché dans ces deux pays. Bien qu’il soit très difficile de dire ce que devrait être une évaluation adéquate ou viable, il est évident que les surévaluations qui pouvaient exister ont été sensiblement réduites.
Néanmoins, les sociétés font encore l’objet d’une évaluation plus généreuse par rapport à leurs gains que ce n’était le cas avant 1995. Aux États-Unis, l’augmentation des coefficients de capitalisation est le reflet d’une accélération probable des gains des sociétés, liée à l’élévation du taux de croissance potentiel de l’ensemble de l’économie. Les valeurs européennes paraissent très bien cotées par rapport au passé si l’on en juge d’après les coefficients de capitalisation relativement élevés des principaux marchés européens, la raison en étant, là encore peut-être, l’anticipation d’une certaine amélioration de la croissance potentielle. Au Japon, à 200, le multiple de capitalisation du Topix vers la fin avril reste très élevé, malgré la forte baisse du cours des actions au cours des dix dernières années. L’interprétation de ce ratio est cependant compliquée par l’existence de multiples participations croisées.
De nouvelles corrections pourraient intervenir si le ralentissement de l’activité devait affecter fortement les bénéfices
A supposer que le ralentissement de la croissance affecte plus fortement les bénéfices que l’on ne s’accorde généralement à le penser, les prix des actions pourraient encore baisser et les conséquences négatives pour le patrimoine et la confiance pourraient avoir sur la consommation des effets dont il n’est pas tenu compte dans les prévisions de l’OCDE. Aux États-Unis, les marges bénéficiaires (bénéfices avant impôt rapportés aux ventes) se sont rapprochées de leur niveau le plus élevé depuis 20 ans dans le secteur manufacturier exposé à la concurrence au début du ralentissement et sont restées assez confortables malgré un tassement au quatrième trimestre ; au Japon, elles n’ont dépassé leur niveau actuel que lors de la bulle de la fin des années 80 (graphique I.5). Il serait donc possible de réduire les marges pour maintenir les ventes face à la montée des pressions de la concurrence, ce qui pourrait décevoir les opérateurs s’ils tablaient sur une extrapolation de la tendance récente à l’amélioration. Des facteurs analogues pourraient intervenir en Europe, où le marché unique et l’introduction de l’euro ont contribué à intensifier les pressions de la concurrence.
Graphique I.5
Bénéfices aux États-Unis et au Japon en pourcentage des ventes totales
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Bénéfices aux États-Unis et au Japon en pourcenta...IMGIMF
Sources : États-Unis : Census Bureau, Quarterly Financial Statistics ; Japon : ministère des Finances, Financial Statement Statistics.
Dans quelle mesure l’accès aux marchés financiers est‑il limité ?
Les émissions de titres se sont fortement contractées aux États-Unis dans les derniers mois de 2000…
Le ralentissement de l’activité au second semestre 2000 aux États-Unis s’est accompagné d’une contraction des nouvelles émissions d’actions et d’obligations dans le compartiment le plus spéculatif du marché financier, bien que l’activité totale d’émissions sur le marché obligataire soit restée soutenue (tableau I.6). Pendant la dernière partie des années 90, la facilité d’accès aux marchés financiers avait été l’une des caractéristiques de l’expansion économique aux États-Unis et aussi en Europe. Néanmoins, l’émission d’emprunts obligataires à haut risque et à rendement élevé aux États-Unis semble ralentir depuis un certain temps. Bien que les introductions en bourse dans le compartiment plus spéculatif du marché soient restées soutenues tant aux États-Unis qu’en Europe dans les premiers mois de 2000, le marché s’est pratiquement asséché pendant le second semestre de l’année.

Tableau I.6
Émission globale de titres
IMGIMGÉtats-Unis (milliards de dollars)	Zo...IMGIMF
États-Unis (milliards de dollars) Zone euro (milliards d’euros) Obligations émises par des sociétés non financières Émission publique d’actions Titres à long terme émis par des sociétés non financières 1995 156.8 73.2 1996 167.9 122.0 1997 222.6 117.9 1998 307.9 126.8 1999 294.0 131.6 62.0 2000 244.1 134.9 65.2 1er trimestre 69.3 50.7 9.6 2e trimestre 58.3 33.6 21.0 3e trimestre 58.3 27.3 16.3 4e trimestre 56.6 23.3 18.3 Janvier 14.6 11.5 0.6 Février 26.6 22.3 4.4 Mars 28.1 16.9 4.6 Avril 8.1 21.0 8.0 Mai 20.8 4.7 4.5 Juin 29.4 7.9 8.5 Juillet 15.9 8.0 8.7 Août 17.9 12.9 4.0 Septembre 24.5 6.4 3.6 Octobre 12.5 9.1 5.7 Novembre 25.8 11.5 8.1 Décembre 18.2 2.7 4.5 Source : Réserve fédérale des États-Unis, Banque centrale européenne.

… car les investisseurs ont pris davantage conscience des risques…
La chute de l’activité d’émission s’est accompagnée d’une plus grande aversion des investisseurs pour le risque, comme en témoigne le fort élargissement des marges de risque sur le marché des obligations de sociétés aux États-Unis jusqu’à la fin de 2000, aussi bien pour les titres de la catégorie investissement que pour les titres à rendement élevé (graphique I.6). Des élargissements identiques des marges ont été observés en Europe. L’une des raisons de ce phénomène dans le secteur des obligations de la catégorie investissement paraît être la probabilité effective et accrue de décotes futures, notamment pour les sociétés de télécommunications dont l’endettement a fortement augmenté. Dans le compartiment spéculatif du marché, l’élargissement des marges, pourtant déjà importantes, semble tenir à la crainte grandissante de voir continuer d’augmenter les taux de défaillance, notamment si l’économie venait à s’essouffler. Dans ce contexte d’appréhension des investisseurs, les sociétés ont préféré retarder les nouvelles émissions de titres.
Graphique I.6
Écart de rendement entre les obligations des entreprises
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Écart de rendement entre les obligations des entr...IMGIMF
Source : Bloomberg.
… mais elles ont repris fortement dans les premiers mois de 2001
Ce resserrement des marchés financiers a contribué à la faiblesse actuelle des dépenses de haute technologie, les sociétés à risque élevé, essentiellement dans le secteur lié à l’Internet, n’ayant pas été en mesure de lever des capitaux extérieurs. Il se pourrait cependant que le pire soit maintenant passé. Au cours des premiers mois de 2001, les émissions d’obligations à haut risque de sociétés sur les marchés financiers des États-Unis ont fortement repris, les marges de risque se détendant. En Europe, les émissions sur le marché à fort rendement ont elles aussi atteint des niveaux records au début de 2001. Il ne semble donc pas que les sociétés soient sérieusement empêchées d’accéder aux marchés de capitaux, même si elles doivent encore payer un prix relativement élevé pour compenser l’aggravation des risques.
L’endettement du secteur privé est-il excessif ?
Les soldes financiers du secteur privé se sont dégradés aux États-Unis et en Europe…
L’expansion aux États-Unis et en Europe s’est accompagnée d’une dégradation des soldes financiers du secteur privé (graphique I.7). Aux États-Unis, le secteur privé est passé d’un excédent financier non négligeable au début des années 90 à un déficit financier considérable en 2000. Dans la zone euro, le basculement a été moins spectaculaire, mais la chute d’environ 6 points de pourcentage du PIB dans la dernière partie des années 90 a entraîné la disparition de l’important excédent habituel. L’aggravation des soldes financiers dans les deux régions est allée de pair avec une forte croissance du crédit au secteur privé, qui s’est accélérée pour se situer aux alentours de 10 pour cent en 1999 et 2000. Cette forte accumulation de la dette fait craindre que l’endettement des ménages et des entreprises non financières ne soit devenu excessif, ce qui pourrait avoir des effets particulièrement négatifs dans une économie donnant des signes de faiblesse.
Graphique I.7
Soldes financiers du secteur privé
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Soldes financiers du secteur privé
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Note : Les soldes financiers du secteur privé représentent la contrepartie de la balance courante et du besoin de financement des administrations publiques.
Source : OCDE.
… mais il y a peu de signes d’un endettement excessif dans ce secteur
La forte progression de la dette aux États-Unis n’a pas donné lieu à l’apparition des graves problèmes qu’auraient pu susciter un endettement excessif de l’ensemble du secteur des entreprises non financières, bien que les bilans des ménages soient désormais plus tendus (graphique I.8) :
  • Dans le secteur des entreprises non financières, l’endettement brut a nettement diminué par rapport aux fonds propres évalués aux prix du marché, ce qui donne à penser que la dette est faible comparée aux perspectives de revenus du secteur. Ces perspectives pourraient être quelque peu optimistes, mais toutefois la part des paiements d’intérêts dans la trésorerie des entreprises n’a jamais été aussi faible depuis le milieu des années 70, ce qui indique que la capacité de remboursement de la dette du secteur s’est accrue.
  • Dans le secteur des ménages, la hausse tendancielle de l’endettement brut par rapport au revenu disponible a persisté ces dernières années. Cependant, à la fin de 2000, cette dette était encore plus faible par rapport au patrimoine net qu’en 1995, malgré la correction intervenue l’an dernier sur le marché boursier, mais le patrimoine net s’est dégradé depuis et si cela devait continuer, on pourrait craindre quelques difficultés. La charge globale du service de la dette à la fin de 2000 a aussi atteint des niveaux inégalés depuis le milieu des années 80, bien que les opérations de refinancement hypothécaires intervenues au moment où les coûts d’emprunt ont diminué aient contribué à contenir la hausse des paiements d’intérêts sur la dette.
Graphique I.8
Indicateurs de la dette aux États-Unis
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Indicateurs de la dette aux États-Unis
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Note : Par ménages on entend le secteur des ménages et les organisations sans but lucratif au service des ménages.
La trésorerie représente les gains des entreprises comprenant l’évaluation des stocks et l’ajustement de la consommation du capital, ainsi que la consommation de capital fixe (définition NIPA).
Sources : Federal Reserve Board, Flow of Funds ; Bureau of Economic Analysis, National Accounts.
Les données globales sur les bilans peuvent masquer des faiblesses dans certains petits segments très endettés du secteur privé. Cependant, même si ces secteurs connaissent une situation difficile à mesure que l’économie s’affaiblit, il est peu probable que cela ait des effets importants sur l’ensemble de l’économie.
On observe peu de signes d’un endettement excessif dans le secteur privé des grands pays européens pour lesquels on dispose de données. Les niveaux d’endettement ont augmenté par rapport à la trésorerie et au revenu disponible dans le secteur des entreprises non financières et dans celui des ménages. Cependant, comme aux États-Unis, les ratios dette/fonds propres et dette/patrimoine net ont diminué du fait de la forte hausse du prix des actifs ces dernières années et les paiements d’intérêts ont généralement représenté une part moindre des encaisses. L’accumulation de la dette des sociétés de télécommunications a suscité des préoccupations, mais il reste à voir dans quelle mesure la macroéconomie sera affectée par les mesures prises dans ce secteur pour s’ajuster à des niveaux plus élevés d’endettement.
Le Japon continue de souffrir de graves problèmes d’endettement
Contrairement à la situation observée aux États-Unis et dans les grands pays européens, le secteur des entreprises au Japon souffre encore de graves problèmes de bilan hérités de la période de forte expansion des années 80 (graphique I.9). Pratiquement aucun progrès n’a été réalisé pour remédier au problème de l’endettement excessif des sociétés depuis l’éclatement de la bulle au début des années 90. Ainsi, le rapport de l’endettement aux ventes ne montre pas encore beaucoup de signes d’un recul tendanciel par rapport au niveau élevé enregistré durant cette période et l’encours de la dette reste très important par rapport aux fonds propres évalués au prix du marché. Ce fort endettement des sociétés n’a pu persister jusqu’ici que grâce au très faible niveau des taux d’intérêt, aux garanties de crédit accordées par l’État et à la possibilité offerte aux emprunteurs de reporter sur les exercices ultérieurs leurs dettes venues à échéance, mais la multiplication récente des faillites d’entreprises donne à penser que les débiteurs sont confrontés à des pressions financières de plus en plus fortes. Dans les années 90, l’endettement des ménages est aussi resté inchangé, représentant un pourcentage record du revenu disponible, et la capacité de remboursement de la dette des ménages japonais a été réduite par la forte baisse des prix fonciers depuis 1990 et la diminution correspondante du rapport du patrimoine net au revenu disponible.
Graphique I.9
Indicateurs de la dette au Japon
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Indicateurs de la dette au Japon
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Note : Par ménages on entend le secteur des ménages et les organisations sans but lucratif au service des ménages.
Sources : Ministère des Finances, Statistiques financières ; OCDE.
Le secteur bancaire présente-t-il des faiblesses ?
Les systèmes bancaires des États-Unis et des grands pays européens semblent bien préparés à faire face à un ralentissement de l’activité…
Les bilans de ses débiteurs semblant être raisonnablement satisfaisants, le système bancaire des États-Unis paraît bien placé pour affronter un ralentissement de l’activité économique. La capacité des banques de résister à une situation difficile a aussi été renforcée dans le courant des années 90 (tableau I.7), car les ratios de fonds propres ont été augmentés bien au-delà du minimum de 8 pour cent. Par ailleurs, il n’y a guère de raison de penser qu’au cours de la phase d’expansion des années 90 les banques aient assoupli leur politique de crédit au point d’affecter la santé de leurs bilans. Ainsi, les banques et les institutions d’épargne aux États-Unis avaient, au moment du retournement de 2000, un pourcentage de créances improductives exceptionnellement faible (graphique I.10) et des réserves pour pertes sur prêts dépassant largement le montant de ces créances [6]. Si le tassement de l’activité aux États-Unis s’est accompagné d’une augmentation des créances improductives et d’une réduction du pourcentage couvert par les réserves [7], le durcissement des critères de prêt des banques au cours de cette période [8] devrait contribuer à limiter la dégradation de la qualité des portefeuilles de crédit. Dans ces conditions, la reprise de l’activité pourrait être quelque peu freinée à court terme, mais la probabilité d’un ajustement sur une plus longue période pour remédier au problème des bilans du secteur bancaire est assez réduite.

Tableau I.7
Coefficient de solvabilité des systèmes bancaires dans un certain nombre de pays de l’OCDE
Fonds propres en pourcentage des actifs pondérés des risques
IMGIMG1991	1995	1999	États-Unis	Banque com...IMGIMF
1991 1995 1999 États-Unis Banque commerciales 10.4 12.9 12.2b Institutions d’épargne 10.6 15.7 15.1c Japon Banques commerciales n.d. 9.3 12.5 Italie Ensemble des banques 12.0a 12.8 14.1 Royaume-Uni Banques commerciales n.d. 12.0 14.1 Belgique Ensemble des banques n.d. 16.1 20.1 Pays-Bas Ensemble des banques 11.7 12.0 11.0 Suède Banques commerciales 13.8 19.6 18.9 Institutions d’épargne 10.4 23.7 22.2 Suisse Ensemble des banques n.d. 12.0 13.1 a) 1992. b) 2000. c) 1998. Source : OCDE, Rentabilité des banques – Compte des banques, 2000, Paris.

Graphique I.10
Créances douteuses brutes aux États-Unis
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Créances douteuses brutes aux États-Unis
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Source : Federal Deposit Insurance Corporation.
Les banques européennes semblent aussi être en mesure de faire face à un ralentissement de l’activité économique, si celui‑ci intervenait, mais leur solidité financière diffère quelque peu d’un pays à l’autre de la zone. Les banques ont pu augmenter leur ratio de fonds propres dans tous les pays de l’Union européenne pour lesquels on dispose de données de ce type au niveau agrégé en utilisant une partie des importantes plus-values réalisées ces dernières années [9].
… mais le problème des créances improductives paraît grave
Dans plusieurs autres pays, de graves problèmes pourraient accentuer le ralentissement économique. Au Japon, la quantité de créances improductives dans l’ensemble du secteur bancaire reste élevée. L’ampleur du problème dépasse vraisemblablement ce que les chiffres officiels concernant les créances sous surveillance laissent supposer, les analyses faites par les banques elles-mêmes du montant des prêts pour lesquels des provisions sont requises étant deux fois plus importants que les créances en question (voir tableau I.13 ci-après). D’importantes annulations ont été consenties à l’occasion de l’injection de capitaux publics dans le système bancaire il y a quelques années, mais les importants transferts de créances dans la catégorie de créances sous surveillance a maintenu l’encours des prêts improductifs à un niveau élevé, plus de 6 pour cent du PIB à la fin septembre 2000. Par le passé, les banques ont utilisé leurs plus-values mobilières pour gonfler leurs recettes et passer encore plus de prêts par profits et pertes, tout en conservant des bénéfices comptables et en préservant leurs actifs. Cependant, avec la diminution des cours des actions, elles auront désormais plus de mal à procéder ainsi et le montant des créances douteuses pourrait s’accroître, en particulier si de nouvelles créances de ce type continuaient d’affluer dans une économie en voie d’affaiblissement. Si les banques sont obligées de continuer à purger leurs bilans des créances douteuses sans bénéfices d’exploitation supplémentaires ni gains compensateurs sur leurs portefeuilles de valeurs mobilières, leurs fonds propres pourraient ne pâtir. En outre, les banques devant passer à l’évaluation aux prix du marché à compter de l’exercice 2001, les pertes au titre des portefeuilles d’actions devront être comptabilisées, ce qui contribuera également à éroder leurs fonds propres. Ces facteurs pourraient réduire les ratios de fonds propres des banques et ainsi leur capacité d’accorder des crédits.
Les problèmes bancaires sont graves aussi dans certains pays Membres à économie de marché émergente
Les systèmes bancaires de certains pays de l’OCDE à économie de marché émergente sont aussi confrontés à de graves problèmes, qui pourraient s’aggraver en cas de ralentissement mondial de l’activité. En Turquie, les crises de novembre 2000 et de février 2001 ont éclaté alors même que la situation du système bancaire était jugée de plus en plus préoccupante. Les problèmes bancaires ont aussi été fortement exacerbés par le choc combiné des taux d’intérêt et de change et par la faiblesse économique qui a suivi. En Corée, les banques d’État avec d’importants engagements vis-à-vis des chaebol ploient encore sous la charge d’un énorme volume de créances douteuses, malgré les efforts faits par les autorités pour faire disparaître ces créances des bilans des banques. Compte tenu de la faiblesse des bilans d’un grand nombre de chaebol, un tassement de l’économie mondiale pourrait affaiblir ces banques encore plus. Au Mexique, la santé du système bancaire s’est améliorée après les réformes financières de 1998-99, mais la part des créances improductives est toujours importante. Enfin, avec plus d’un quart de ses créances considérées comme douteuses, le système bancaire de la République tchèque est confronté à de graves difficultés, le creusement des déficits budgétaires limitant considérablement la possibilité qu’ont les autorités de remédier à ces problèmes.
 
Les conséquences mondiales d’un ralentissement de l’activité aux États-Unis
 
 
Le ralentissement aux États‑Unis tendra à freiner la croissance dans le reste du monde…
Après avoir soutenu la demande globale dans le reste du monde au cours d’une grande partie de la dernière décennie, l’économie américaine pourrait nuire au dynamisme de l’activité mondiale à court terme. La mesure dans laquelle la performance économique des pays sera affectée par un affaiblissement de l’économie des États‑Unis dépend beaucoup de la composition par régions et par produits de leurs exportations. Les effets directs des échanges pourraient être amplifiés si les marchés des actifs cédaient encore du terrain en cas de correction supplémentaire des marchés boursiers américains. Les autres pays du monde seront vraisemblablement aussi affectés par les modifications induites des termes de l’échange (y compris ceux liés aux taux de change) et les gains directs qu’ils pourraient tirer d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis.
… et la composition régionale des exportations donne à penser que les pays voisins et les pays d’Asie seront les plus durement touchés
Compte tenu de la structure globale des échanges, c’est dans les pays voisins membres de l’ALENA et dans les économies asiatiques que le ralentissement économique aux États-Unis sera le plus durement ressenti (graphique I.11). Les quatre cinquièmes de leurs exportations totales étant destinés au marché des États-Unis, le Canada et le Mexique sont très fortement exposés, bien que le contenu élevé en importations de leurs exportations puisse limiter l’incidence sur le PIB. Les exportateurs des pays Membres d’Asie sont aussi fortement tributaires du marché américain. En Corée, l’impact sur le PIB (c’est-à-dire, en excluant les réponses induites) de la décélération prévue des importations aux États-Unis en 2001 (d’environ 9 points de pourcentage de croissance du PIB) pourrait représenter pas moins de ¾ de point de pourcentage (compte tenu de la part dans le PIB des exportations destinées aux États‑Unis). Au Japon, l’impact pourrait se limiter aux alentours de ¼ de point en raison de la part relativement peu importante des exportations dans le PIB. Malgré l’important degré d’ouverture des économies nationales en Europe, l’incidence de l’affaiblissement prévu de la demande d’importations aux États-Unis en 2001 sur le PIB, la croissance devrait être limitée à ¼ de point de pourcentage environ, du fait du pourcentage relativement faible des exportations de ces pays à destination des États-Unis. Toutefois, les effets d’ensemble (c’est-à-dire, incluant les réponses induites) seraient nettement plus forts. En dehors de la zone de l’OCDE, la part des États-Unis dans les exportations des économies dynamiques d’Asie et de la Chine est substantielle.
Graphique I.11
Exportations vers les États-Unis en 1999
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Exportations vers les États-Unis en 1999
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Source : OCDE.
Les pays d’Asie seront particulièrement affectés du fait de leur spécialisation dans les ordinateurs et les produits connexes
Le ralentissement aux États-Unis étant fortement corrélé aux réductions des dépenses au titre des produits de haute technologie, les pays se spécialisant dans les ordinateurs et les produits connexes seront fortement touchés. Dans la zone de l’OCDE, le Japon et la Corée figurent parmi les premiers pays exportateurs de technologies de l’information (graphique I.12) alors que les ordinateurs et les semi-conducteurs jouent un rôle relativement peu important dans les exportations européennes, sauf pour l’Irlande, la Hongrie et les Pays-Bas (qui dirigent vraisemblablement la majeure partie de leurs exportations vers les autres pays européens). Les économies dynamiques d’Asie et la Chine sont aussi fortement tributaires des exportations de produits électroniques, la part de ces produits dans les exportations totales de marchandises dépassant 40 pour cent en Malaisie, aux Philippines et à Singapour (tableau I.8).
Graphique I.12
Exportations d’ordinateurs en 1999 (en pourcentage du total des biens exportés)
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Exportations d’ordinateurs en 1999 (en pourcentag...IMGIMF
Note : Sont considérés comme ordinateurs les appareils et unités de traitement automatique de données et partant les pièces et accessoires pour les appareils de traitement automatique de données, les circuits électroniques intégrés et microprocesseurs.
Source : OCDE.

Tableau I.8
Exportations de machines de bureau et d’équipements de télécommunications en provenance des pays non membres d’Asie
En pourcentage du commerce total des marchandises
IMGIMGChine	15.4a	Hong-Kong, Chine	22.0b	I...IMGIMF
Chine 15.4a Hong-Kong, Chine 22.0b Indonésie 6.1 Malaisie 52.4a Philippines 63.0a Singapour 52.8b Taipei chinois 37.1 Thaïlande 26.1 a) Comprend d’importantes exportations en provenance des zones de fabrication. b) Exportations domestiques et ré-exportations. Source : Organisation mondiale du commerce.

Outre qu’elle aggrave la réduction des exportations liée à l’affaiblissement de l’économie des États-Unis, cette spécialisation des économies asiatiques a aussi des effets négatifs sur les termes de l’échange de ces pays. Confrontés à une surcapacité et à des stocks excédentaires de produits devenant rapidement obsolètes, les producteurs pourraient décider de procéder à des réductions radicales des prix pour s’assurer des débouchés sur des marchés en perte de vitesse. C’est ce qui est arrivé lorsque les producteurs asiatiques ont été confrontés à une surcapacité après l’éclatement de la crise en 1997-98 et, si cela se répétait, l’effet négatif sur le revenu national serait amplifié bien au-delà de l’effet en volume.
Des pressions pourraient s’exercer aussi sur les prix des produits de base
Les pays producteurs de produits de base pourraient aussi souffrir de variations négatives des termes de l’échange du fait du fléchissement de l’activité économique américaine. Les États-Unis absorbent une part très importante de l’offre globale de matières premières (tableau I.9) et toute réduction significative de la demande de ce pays tendra à peser sur les prix si l’offre mondiale n’est pas réduite. Les prix des produits de base ont diminué sensiblement depuis l’apparition d’un ralentissement dans l’économie américaine, bien que, sur le marché pétrolier, le temps froid qui a sévi dans certaines régions, conjugué aux faibles stocks et à la décision de l’OPEP de réduire sa production, ait contribué à soutenir les prix. Si la plupart des pays de l’OCDE sont dans une large mesure des importateurs de produits de base et bénéficieraient du recul des prix de ces produits, plusieurs autres seraient gravement touchés. Les pays de l’OCDE les plus exposés seraient le Canada, le Mexique, les pays européens producteurs de pétrole et l’Australie. Les principaux perdants seraient bien entendu les pays riches en produits de base en dehors de la zone de l’OCDE, tandis que les importateurs des produits de base en dehors de la zone OCDE (parmi lesquels la plupart des économies de marché émergentes en Asie) seraient les gagnants.

Tableau I.9
Consommation de matières premières des États-Unis
En pourcentage de l’offre globale
IMGIMGPétrole brut (1999)	26.1	Charbon (19...IMGIMF
Pétrole brut (1999) 26.1 Charbon (1998) 23.2 Minerai de fer (1998) 25.4 Aluminium affiné (1996) 26.4 Cuivre affiné (1996) 21.7 Nickel affiné (1996) 16.5 Source : OCDE ; Agence internationale de l’énergie; World Bureau of Metal Statistics, World Metal Statistics Yearbook1997.

La baisse des taux d’intérêt aux États-Unis apportera un peu d’oxygène aux pays lourdement endettés
Si la zone hors OCDE peut être sérieusement touchée à la fois par la plus grande faiblesse de la demande des biens qu’elle produit et la chute des prix à l’exportation, certains pays bénéficieront directement de la baisse des taux d’intérêt aux États-Unis. Les principaux d’entre eux sont les pays lourdement endettés (tableau I.10) dont la dette est à court terme et libellée pour l’essentiel en dollars des États-Unis. On ne dispose pas de données complètes sur la structure par devises et par échéances de la dette des pays non membres de l’OCDE. Cependant, pour prendre un exemple, si on suppose que la dette extérieure de l’Argentine et du Brésil est pour l’essentiel libellée en dollars des États-Unis, la réduction des taux d’intérêt au titre de la dette à court terme pourrait compenser dans une large mesure les pertes de recettes réelles liées à la baisse des exportations vers les États-Unis. En outre, étant donné qu’une partie de la dette à long terme est assortie de taux d’intérêt variables, ces deux pays feraient aussi des économies sur le service de leur dette. Les gains seraient beaucoup moindres dans les autres grandes économies émergentes, où la dette nette est moins importante.

Tableau I.10
Dette extérieure dans certaines économies de marché émergentes
Fin 1999
IMGIMGDette extérieure totale % du revenu ...IMGIMF
Dette extérieure totale % du revenu des exportations a Dette extérieure due au titre de l’année % de la dette extérieure Brésil 301.6 23.9 Argentine 420.7 30.7 Chine 59.8 17.7 Indonésie 198.5 18.8 Malaisie 36.6 25.3 Thaïlande 99.0 23.0 Fédération de Russie 120.7 11.6 a) Revenus des exportations de biens et services, et revenus des facteurs reçus de l’étranger. Source : OCDE et FMI, International Financial Statistics.

Si une récession frappait les États-Unis à court terme…
Un ralentissement de l’activité plus profond et plus prolongé aux États-Unis aurait de graves conséquences pour l’économie mondiale. Pour en évaluer les conséquences pour le reste du monde, l’OCDE a établi divers scénarios sur la base de ses prévisions à court terme et du scénario de référence à moyen terme correspondant (voir appendice) en utilisant le modèle INTERLINK. Tout d’abord, l’hypothèse d’une baisse des prix des actions et d’une réduction des investissements des entreprises aux États-Unis se traduirait par un recul du PIB réel aux deuxième et troisième trimestres de l’année en cours, la croissance en rythme annuel pour l’exercice dans son ensemble étant proche de zéro en l’absence de mesures de correction des autorités (graphique I.13, panneau A). L’incidence d’un tel scénario aux États-Unis sur le reste du monde dépend de la question de savoir si la répercussion intervient uniquement par la voie des relations commerciales normales ou si des effets supplémentaires sont probables du fait d’un affaiblissement de la confiance qui pèserait sur les prix des actifs et sur l’investissement des entreprises. En outre, la répercussion sera fortement influencée par les mesures de correction qui seront prises par les pouvoirs publics et par la réaction des taux de change.
Graphique I.13
Scénario avec une récession aux États-Unis en 2001
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Scénario avec une récession aux États-Unis en 200...IMGIMF
Note : Dans les deux scénarios le ralentissement est supposé commencer aux États-Unis où l’investissement du secteur des entreprises est réduit de 10 pour cent et le prix des actions de 20 pour cent en 2001 par rapport au scénario de référence. Le scénario d’un ralentissement isolé aux États-Unis (panneau A) est donné dans deux variantes : une sans réponse des taux de change et des taux d’intérêt nominaux et une où les taux d’intérêt aux États-Unis sont réduits de 3/4 de point de pourcentage en 2002 et le dollar se déprécie d’environ 10 pour cent en termes effectifs nominaux. Les taux d’intérêt aux États-Unis commencent à augmenter de nouveau à partir de 2003. Ailleurs, les taux d’intérêt sont réduits de 2 points de pourcentage (sauf au Japon) pour atténuer l’effet du ralentissement aux États-Unis et de la dépréciation du dollar.
Source : OCDE.
… le jeu des relations commerciales normales répercuterait le choc dans l’ensemble de l’économie mondiale
Faute d’une action correctrice sur le front monétaire, une récession aux États‑Unis durant l’année [10] pourrait, sous le jeu des relations commerciales normales, réduire la croissance annuelle au Japon et dans l’Union européenne d’environ ½ point de pourcentage. Les importations aux États-Unis stagneraient en termes réels à la suite de la perte de vitesse de l’économie, ce qui, compte tenu des effets sur les pays tiers, conduirait à stopper la croissance des exportations du Japon et à réduire le dynamisme des exportations de l’Union européenne. Cependant, à mesure que l’économie des États‑Unis se redresse, les taux élevés de croissance des importations donneraient une forte impulsion au reste du monde.
… mais des mesures de correction en atténueraient l’incidence dans la plupart des régions
Les mouvements induits des taux de change et des mesures de correction des autorités monétaires pourraient modérer sensiblement le ralentissement aux États‑Unis. On fait deux hypothèses : i) que la Réserve fédérale diminue encore les taux d’intérêt de 75 points de base – au-delà du léger assouplissement incorporé dans les prévisions – avant la fin de l’année et ii) que la perte de confiance des investisseurs internationaux dans l’économie américaine se traduit par une baisse de 10 pour cent du taux de change. Selon ces hypothèses, une récession aux États-Unis serait évitée pendant l’année, même si la croissance globale du PIB en 2001 ne dépassait pas 1 pour cent. En outre, une part importante de l’effet négatif sur la croissance en 2002 serait compensée par la réaction contre-cyclique ; la progression de la production dépassant les taux du scénario de référence, les mesures de stimulation monétaire pourraient être progressivement levées à compter de 2003. La conjugaison de la baisse des taux d’intérêt aux États-Unis et d’un dollar plus faible ne suffisait pas à protéger le reste du monde du ralentissement de l’activité américaine et les autorités monétaires des autres pays auraient à assouplir leur politique pour compenser le choc extérieur. Les autorités monétaires de l’Union européenne devront réduire sensiblement les taux d’intérêt pour contrer l’incidence de l’affaiblissement de l’économie des États-Unis et d’une dégradation de la compétitivité. Cependant, n’ayant pratiquement pas de marge de manœuvre pour réduire les taux d’intérêt par rapport à leur faible niveau actuel, la Banque du Japon serait démunie pour réagir aux facteurs entraînant l’activité à la baisse, sa seule option étant des mesures vigoureuses « non conventionnelles », comme des achats importants d’obligations d’État. Pour la zone de l’OCDE dans son ensemble, si les taux d’intérêt et de change réagissent, la croissance de la production sera juste inférieure à 1¼ pour cent en 2001 mais sera pratiquement revenue au taux retenu dans les prévisions à court terme en 2002.
Les conséquences mondiales d’un affaiblissement de l’économie des États-Unis seraient amplifiées en cas d’incidence négative sur la confiance dans le monde
Les conséquences mondiales de la faiblesse de l’activité aux États-Unis seraient aggravées en cas d’incidence négative sur la confiance au niveau mondial. En fait, des retombée négatives supplémentaires sont probablement inévitables dans une économie mondiale de plus en plus intégrée (tableau I.11). Ainsi, une forte baisse des prix des actions aux États-Unis aurait vraisemblablement des répercussions dans le reste du monde, mais les effets négatifs correspondants sur le patrimoine y seraient plus faibles du fait de la moindre importance des actifs boursiers. En outre, la dégradation de la confiance pourrait se manifester par une plus grande prudence des entreprises en matière de dépenses d’équipement. Cela pourrait être particulièrement le cas au Japon, où le rapport entre l’investissement des entreprises et le PIB est encore relativement élevé, surtout si l’on tient compte du faible rythme de croissance de la production, et où la confiance des entreprises est déjà fragile. En revanche, compte tenu de la confiance encore relativement solide en Europe, les retombées négatives sur les décisions d’investissement des entreprises y seraient plus atténuées.

Tableau I.11
Indicateurs d’évaluation des liaisons économiques internationales
IMGIMGÉtats-Unis	Japon	Union européenne	Pa...IMGIMF
États-Unis Japon Union européenne Part des exportations de biens et services destinés aux États-Unis en 1999 En pourcentage des exportations totales – 27.3 20.0 En pourcentage du PIB – 2.7 3.4 Investissements directs des États-Unis à l’étranger en 2000 Sorties de capitaux, en % du total – 5.5 41.6 Sorties de capitaux, en % du PIB des pays d’accueil – 0.2 0.7 Entrées de capitaux, en % du total – 4.1 70.7 Marchés boursiers Niveau à fin mars 200a (janvier 1995 = 100) 247.0 87.0 280.0 Capitalisation à fin 2000 (% du PIB) 172.0 73.0 99.0b Investissement des entreprises en 2000 A prix constants (1995 = 100) 173.0 115.0 133.0 En pourcentage du PIB 13.7 14.9 13.0c a) États-Unis : S&P 500, Japon : Topix, Europe : Dow Jones Eurostoxx. b) Moyennes pondérées pour les pays de l’Union européenne (non compris l’Irlande, le Luxembourg et le Portugal) pour 1997, extrapolée en utilisant l’accroissement de l’indice Dow Jones Eurstoxx et du PIB. c) Moyennes pondérées pour les pays de l’Union européenne (Luxembourg et Portugal exclus). Source : OCDE, Réserve fédérale des États-Unis, Bureau of Economic Analysis, Banque du Japon, Bloomberg.

Un scénario tenant compte de ces retombées négatives à l’échelle mondiale amène à penser que le taux de croissance du PIB dans l’ensem