2001
Perspectives économiques de l’OCDE
II. Évolution dans les pays membres de l’OCDE
Le ralentissement économique anticipé depuis longtemps s’est finalement amorcé au deuxième semestre de 2000, mais il a été beaucoup plus prononcé que prévu, en raison surtout d’une brusque dégradation de la confiance sur les marchés financiers. Cette décélération ne se fera sans doute sentir dans toute son ampleur qu’au premier semestre de 2001, à mesure que les stocks s’ajusteront face au ralentissement de la consommation et que l’investissement baissera. Cependant, grâce à une orientation plus souple de la politique économique, une reprise va probablement se dessiner au second semestre. Globalement, la croissance devrait atteindre environ 1¾ pour cent cette année et 3 pour cent l’an prochain. Compte tenu d’une augmentation probable du chômage, le taux d’inflation sous-jacente devrait rester stable. En revanche, le déficit de la balance courante ne semble guère devoir se réduire sensiblement.
La politique monétaire soutient désormais la demande, mais en raison de possibles effets contraires sur la consommation dus à la forte baisse du prix des actions, la reprise pourrait être plus tardive, ce qui justifierait une nouvelle réduction modeste des taux d’intérêt. Les détails d’un programme important de réductions d’impôts, comprenant des réductions pour le futur immédiat, sont en train d’être discutés au Congrès, mais l’administration fédérale pourrait néanmoins devenir créancier net d’ici la fin de la décennie. Il n’en demeure pas moins que des réformes s’imposent en ce qui concerne la sécurité sociale et le programme d’assistance médicale en faveur des personnes âgées.
Un changement marqué de l’opinion des chefs d’entreprises a provoqué un ralentissement de la croissance…
L’activité s’est fortement ralentie au second semestre de 2000. Cette décélération semble être liée au net revirement des anticipations concernant l’évolution future des bénéfices des entreprises qui s’est produit dans l’ensemble de l’économie sous l’effet d’une baisse substantielle des valeurs boursières en particulier dans le secteur des entreprises à forte intensité technologique. Les entreprises ont sensiblement revu à la baisse leurs investissements. Le secteur de haute technologie a subi les conséquences d’un ralentissement des achats de matériel informatique, tandis que le secteur traditionnel de l’économie a été frappé de plein fouet par une baisse des achats de véhicules. La confiance des consommateurs s’est aussi fortement dégradée entrainant un fort ralentissement de la consommation, notamment un recul des achats d’automobiles. Cette faiblesse à la fois de la demande des entreprises et des ménages a provoqué une diminution de la production manufacturière totale au quatrième trimestre de 2000 et au premier trimestre de 2001.
États-Unis
1.
Le graphique mesure la variation de la moyenne semestrielle de l’indice Standard and Poors 500 par rapport au semestre précédent à taux annuel.
Le chiffre pour le premier semestre de 2001 suppose que le marché des actions restera inchangé par rapport à son niveau du 20 avril.
2.
Taux d’intérêt à court terme moins inflation sous-jacente.
Sources : Bloomberg et OCDE.
États-Unis : Emploi, revenu et inflation
Pourcentages de variation
Emploi a 1998 1999 2000 2001 2002 2.2 1.9 1.8 0.6 0.8 Taux de chômage b 4.5 4.2 4.0 4.6 5.0 Indice du coût de l’emploi 3.5 3.2 4.5 4.3 4.4 Rémunération par salarié c 4.9 4.3 4.5 4.7 4.4 Productivité c 2.3 2.6 3.5 1.1 2.6 Coûts unitaires de main-d’œuvre c 2.5 1.6 1.0 3.5 1.8 Déflateur du PIB 1.3 1.5 2.0 2.3 1.9 Déflateur de la consommation privée 1.1 1.8 2.4 1.9 1.6 Revenu disponible réel des ménages 4.8 3.2 2.8 3.0 4.3 a) Ensemble de l’économie, pour plus de détails voir «Sources et méthodes». b) En pourcentage de la population active. c) Dans le secteur des entreprises. Source: OCDE.
… mais dans un premier temps le marché du travail est resté tendu
Le fléchissement initial de l’investissement et de la consommation s’est rapidement accentué sous l’effet du ralentissement de la croissance de l’emploi. Les licenciements sont devenus plus nombreux, et la confiance des ménages s’est encore dégradée. Cependant, le taux de chômage n’a pas augmenté en 2000, car la croissance de la population active s’est ralentie. Par conséquent, le marché du travail est resté relativement tendu, et la progression de la rémunération par salarié s’est même accélérée. En revanche, l’inflation a baissé, sous l’effet de la stabilisation des prix de l’essence et l’appréciation du dollar en termes effectifs au second semestre de 2000 a rendu difficile la répercussion des hausses de coûts. De ce fait, et compte tenu d’un ralentissement des gains de productivité, les marges de profit ont été légèrement comprimées.
États-Unis
1.
Stocks privés non agricoles exprimés en nombre de mois de ventes finales de biens et structures.
2.
Investissement fixe non résidentiel net par rapport au produit intérieur net.
Sources : Bureau of Economic Analysis et OCDE.
Des facteurs temporaires ont aggravé la situation à la fin de l’année, mais la demande de stocks pourrait rester faible
A la fin de 2000, plusieurs facteurs temporaires sont venus aggraver la situation économique. L’hiver très rigoureux a non seulement eu un effet défavorable sur les ventes au détail et freiné les mises en chantier de logements, mais il a aussi pesé sur le revenu disponible, les prix du gaz naturel accusant de fortes hausses qui se sont aussi soldées par des coupures d’électricité, par suite du mauvais fonctionnement de la réglementation en Californie. Les entreprises avaient aussi commencé à réduire la formation de stocks face à la baisse de la demande, mais le rapport des stocks aux ventes a néanmoins augmenté. Les effets défavorables des conditions météorologiques sur l’activité économique ont été résorbés, mais la formation de stocks restera vraisemblablement peu soutenue au premier semestre 2001, ce qui, ajouté à la contraction de l’investissement, pourrait prolonger la période de croissance très lente. L’accroissement du taux de chômage, phénomène observé dans les premiers mois de 2001, devrait donc se poursuivre.
Les entreprises vont sans doute revoir leurs investissements à la baisse…
Avec des perspectives de rentabilité réduite, il semble que les bilans d’entreprise de certains secteurs spécifiques se détériorent, notamment dans le domaine des télécommunications. Néanmoins, le déficit financier des entreprises non financières ne dépassait que légèrement sa moyenne de longue période avant le ralentissement de la croissance de la production à la fin de l’année. Bien que l’endettement des entreprises ait atteint un nouveau sommet par rapport à la production, les paiements d’intérêts nets ne représentent encore que 13 pour cent de la marge brute, chiffre en net recul par rapport aux années 80. En dépit d’une forte augmentation des dépenses consacrées aux technologies de l’information, les produits correspondants étant aujourd’hui estimés à 6 pour cent du stock de capital en valeur nominale, l’évidence d’un excédent des capacités globales était difficile à détecter en raison de l’accroissement rapide de la demande au milieu de l’année 2000. De fait, le secteur des semi-conducteurs fonctionnait à des niveaux d’utilisation jamais connus. Cependant, le coefficient de capital a commencé à s’accroître une fois que la production s’est ralentie. La croissance du stock de capital est restée soutenue à la fin de 2000 et la part de l’investissement net dans la production nette a atteint un niveau élevé, ce qui donne à penser que l’investissement restera déprimé tant que la croissance de la production restera faible.
États-Unis : Indicateurs financiers
Taux d’épargne des ménages a 1998 1999 2000 2001 2002 4.2 2.2 -0.1 0.0 1.0 Solde financier des administrations publiques b 0.3 1.0 2.2 2.1 1.4 Balance des opérations courantes b -2.5 -3.6 -4.4 -4.2 -4.0 Taux d’intérêt à court terme c 5.5 5.4 6.5 4.6 4.4 Taux d’intérêt à long termed 5.3 5.6 6.0 5.1 5.3 a) En pourcentage du revenu disponible. b) En pourcentage du PIB. c) Euro-dollar à 3 mois. d) Obligations d’État à 10 ans. Source: OCDE.
… et les ménages vont probablement essayer de réduire le poids du service de la dette
La situation financière des ménages a commencé à faiblir, incitant ces derniers à modérer leurs dépenses. Leur déficit financier s’est accru beaucoup plus vite, pendant la phase d’expansion, que celui des entreprises. Le recul de 1.6 point des taux d’intérêt hypothécaires par rapport au sommet atteint l’an dernier n’a permis qu’une réduction très limitée du service de la dette. En outre, le patrimoine des ménages a été frappé de plein fouet par la baisse persistante des valeurs boursières. A la mi-avril 2001, en dépit d’une reprise marquée, l’indice Wilshire 5000 accusait un recul de 23 pour cent par rapport à son plus haut sommet et effaçait ainsi la quasi-totalité des gains enregistrés depuis décembre 1998.
Mais la politique monétaire a été assouplie…
Face aux signes d’un fléchissement prononcé de la demande, les autorités monétaires ont réagi rapidement. La politique restrictive menée au second semestre de 2000 a été abandonnée au cours des quatre premiers mois de 2001, lorsque l’objectif concernant le taux de l’argent au jour le jour a été abaissé de 2 points au total, en quatre réductions d’égale importance, les taux nominaux revenant ainsi à 4½ pour cent.
… et des réductions d’impôt sont mises en place
La politique budgétaire est restée restrictive mais un assouplissement est prévu. Le produit de l’impôt fédéral sur le revenu des personnes physiques a augmenté deux fois plus vite que les revenus des ménages en 2000, ce qui a contribué à accroître de plus de 10 pour cent les recettes publiques. Les dépenses n’augmentant que de 4½ pour cent en termes nominaux, l’excédent du budget fédéral a atteint 2.4 pour cent du PIB dans l’optique des comptes nationaux. Cet excédent semble avoir encore augmenté au début de 2001, en dépit du ralentissement de l’activité, et l’accroissement de l’excédent structurel des administrations publiques entre 1999 et 2001 est estimé à près de 1¾ point de PIB. Les prévisions tiennent compte du projet de budget de la nouvelle Administration pour la prochaine période de dix ans. La plupart des baisses d’impôts devraient être mises en place d’ici 2007; les impôts seront alors presque 1½ pour cent du PIB plus bas qu’ils ne l’auraient été autrement. Une partie seulement de cette réduction à long terme interviendra durant l’exercice 2002 qui commencera en octobre 2001. Cependant les prévisions assument qu’il y aura des réductions d’impôt supplémentaires de 60 milliards de dollars à court terme, faisant écho à la plupart des dernières propositions. Simultanément, les dépenses totales devraient augmenter de 4 pour cent avec la mise en œuvre de quelques nouveaux programmes compensées seulement en partie par des mesures restrictives dans un certain nombre de domaines. En conséquence, l’excédent du budget fédéral pourrait revenir à moins de 2 pour cent du PIB l’année prochaine.
États-Unis : Demande et production
1997 1998 1999 2000 2001 2002 prix courants Pourcentages de variation, en volume milliards de $ (prix de 1996) Consommation privée 5 529.3 4.7 5.3 5.3 2.8 3.1 Consommation publique 1 223.3 1.5 2.1 2.0 1.7 2.4 Formation brute de capital fixe 1 592.3 10.7 9.2 8.8 0.9 2.7 Secteur public 264.7 5.3 9.1 6.3 4.7 4.7 Secteur privé: résidentiel 328.3 8.3 6.4 -0.5 -1.7 0.6 Secteur privé: autres 999.4 13.0 10.1 12.6 0.8 2.8 Demande intérieure finale 8 344.9 5.4 5.6 5.5 2.2 2.9 variation des stocksa 62.9 0.2 -0.4 0.2 -0.4 0.2 Demande intérieure totale 8 407.8 5.5 5.2 5.7 1.9 3.1 Exportations de biens et services 966.4 2.3 2.9 9.0 4.3 7.6 Importations de biens et services 1 055.8 11.9 10.7 13.5 4.8 6.7 exportations nettes a - 89.4 -1.3 -1.2 -1.0 -0.3 -0.2 PIB aux prix du marché 8 318.5 4.4 4.2 5.0 1.7 3.1 Note: Les données de comptabilité nationale étant basées sur des indices chaîne, il existe un écart statistique dans l’identité comptable entre le PIB et les composantes de la demande réelle. Voir «Sources et méthodes». a) Contributions aux variations du PIB en volume (en pourcentage du PIB en volume de l’année précédente), montant effectif dans la première colonne. Source: OCDE.
États-Unis : Indicateurs extérieurs
Exportations de biens 1998 1999 2000 2001 2002 Milliards de $ 670.3 684.4 773.3 809 877 Importations de biens 917.2 1 029.9 1 222.8 1 255 1 322 Balance commerciale - 246.9 - 345.6 - 449.5 - 446 - 446 Solde des invisibles 29.7 14.1 14.1 14 15 Balance des opérations courantes - 217.1 - 331.5 - 435.4 - 432 - 431 Exportations de biens en volume a Pourcentages de variation 2.2 4.0 11.7 4.9 8.0 Importations de biens en volumea 11.8 12.5 13.9 4.8 6.7 Résultats à l’exportation b - 1.1 - 2.5 - 1.5 - 2.5 - 0.3 Termes de l’échange 3.0 - 1.5 - 3.3 1.7 1.6 a) Statistiques douanières. b) Ratio du volume des exportations sur le marché correspondant pour le total des biens. Source: OCDE.
Ainsi, après une période de stagnation, une reprise modérée pourrait se dessiner…
L’activité ne devrait progresser que de 1¾ pour cent en 2001, contre 5 pour cent l’an dernier. Les consommateurs pourraient recommencer à épargner. Les entreprises semblent devoir réduire la formation de stocks et les achats d’équipements, ce qui devrait suffire à freiner sensiblement la croissance du stock de capital et ouvrir ainsi la voie à un redressement des dépenses des entreprises en 2002. D’ici là, les ménages devraient aussi avoir bénéficié des réductions d’impôts prévues. Globalement, bien que l’on s’attende à une accélération de la croissance au second semestre de cette année et à une expansion de 3 pour cent en 2002, le taux de chômage pourrait monter à 5 pour cent, tandis que l’inflation, mesurée par l’indice implicite des prix de la consommation privée, tomberait à 1½ pour cent en taux annuel. Compte tenu de la croissance moins soutenue de la demande intérieure, l’augmentation des importations devrait se modérer et le déficit de balance courante pourrait diminuer légèrement – sans toutefois tomber au-dessous de 4 pour cent du PIB.
… mais celle-ci pourrait être plus tardive si les ménages prennent des mesures radicales pour ramener leur taux d’épargne à un niveau plus souhaitable
Les principaux risques qui pèsent sur la situation économique actuelle tiennent aux mesures que les entreprises et les ménages pourraient prendre pour contrebalancer leur besoin de financement croissant eu égard au niveau actuel des dépenses. Plus particulièrement, si les ménages renonçaient à accroître encore le coût de leurs emprunts, à un moment où la valeur de leur patrimoine a diminué, les dépenses de consommation et les investissements en logements pourraient stagner pendant une période plus longue que prévu. Simultanément, si la demande nette de placements en dollars de la part des investisseurs étrangers venait à diminuer nettement plus vite que le déficit de la balance courante, une dépréciation sensible du dollar et les pressions inflationnistes qui l’accompagneraient pourraient compliquer la tâche des autorités monétaires.
Après un ralentissement au second semestre de 2000, l’activité a manifesté de nouveaux signes de faiblesse. Les signes d’un fléchissement des exportations sont devenus plus manifestes au début de l’année et, étant donné la faiblesse des cours des actions et l’attitude de plus en plus prudente des détenteurs de capitaux, les perspectives d’investissement se sont détériorées. Les restructurations d’entreprises continuent à exercer des pressions à la baisse sur les salaires et le mouvement de déflation se poursuit. Le faible niveau des cours des actions a aussi aggravé les craintes concernant la stabilité financière, notamment dans le système bancaire, et c’est là le risque le plus important qui pèse sur les prévisions. Le PIB devrait progresser d’environ 1 pour cent en 2001 et en 2002, en dépit d’un taux de change plus favorable et de l’amélioration prévue de la conjoncture internationale l’an prochain.
Il importe que les autorités s’attachent sans retard à bien faire comprendre dans quelle direction elles veulent orienter leur action. Cela suppose qu’elles accélèrent les réformes structurelles, en donnant la priorité à celles qui permettraient d’ouvrir de nouvelles possibilités pour le secteur des entreprises et qui faciliteraient une réaffectation des ressources. Dans le secteur financier, il faut s’attaquer de front au problème des créances douteuses, en allant jusqu’à la mise en faillite et/ou la restructuration des emprunteurs défaillants. Dans ces conditions, la politique monétaire devra être aussi expansionniste que nécessaire pour mettre un terme à la déflation. Les nouvelles procédures de la Banque du Japon, annoncées le 19 mars, vont dans ce sens et devraient contribuer à stabiliser les anticipations de prix. Compte tenu des effets du dernier budget additionnel, la politique budgétaire sera pratiquement neutre en 2001, mais sans de nouvelles mesures de relance, elle sera plus restrictive en 2002. Une période d’assainissement régulier des finances publiques sera nécessaire ensuite afin d’éviter un alourdissement automatique de la dette publique.
L’investissement marque le pas face au ralentissement des exportations
L’activité s’est ralentie tout au long du second semestre de 2000 sous l’effet d’un fléchissement des exportations et d’un retour de l’investissement public à des niveaux plus normaux. L’investissement privé a continué de soutenir l’activité grâce à la bonne tenue des bénéfices, notamment dans les secteurs liés aux technologies de l’information et des communications (TIC). De fait, la moitié de la hausse de la production industrielle et 30 pour cent de l’augmentation totale des exportations entre 1999 et 2000 ont été imputables à ce secteur, dont les commandes d’équipement ont stimulé l’investissement dans les industries manufacturières. Le fléchissement des exportations au début de cette année s’est soldé par un vif recul de la production industrielle, en particulier dans les secteurs des TIC, ainsi que par une réduction prononcée des commandes d’équipement. La révision à la baisse des perspectives de croissance a entraîné une détérioration de la confiance des entreprises, laquelle a été accentuée par le faible niveau des cours des actions.
Japon
1.
Pourcentage de variation en glissement annuel.
Sources : Ministère des Finances et Economic and Social Research Institute.
Japon : Emploi, revenu et inflation
Pourcentages de variation
Emploi 1998 1999 2000 2001 2002 -0.7 -0.8 -0.2 -0.1 0.2 Taux de chômage a 4.1 4.7 4.7 4.9 4.8 Rémunération des salariés -1.0 -1.6 0.5 0.3 0.6 Coûts unitaires de main-d’œuvre 0.1 -2.3 -1.1 -0.7 -0.5 Revenu disponible des ménages 1.1 -0.2 -0.6 0.4 2.0 Déflateur du PIB -0.1 -1.4 -1.7 -1.2 -0.4 Déflateur de la consommation privée -0.1 -0.7 -1.2 -0.7 -0.5 a) En pourcentage de la population active. Source: OCDE.
Le mouvement de déflation s’est poursuivi et les ménages sont inquiets pour leurs emplois
Bien que le marché du travail ait bénéficié de la croissance l’an dernier, avec une forte augmentation des heures supplémentaires, les revenus du ménages n’ont guère progressé. Rompant avec le passé, ni les primes d’été ni les primes d’hiver n’ont reflété l’amélioration des bénéfices. La baisse des prix à la consommation – reflétant le mouvement général de déflation et certains changements structurels comme la déréglementation et l’augmentation du taux de pénétration des produits importés – a néanmoins contribué à soutenir le revenu réel des ménages et, probablement, la consommation, la confiance des consommateurs restant généralement bonne. Cependant, au début de cette année, certains indicateurs avancés du marché du travail, comme les offres d’emploi et les heures supplémentaires, ont manifesté des signes de fléchissement, tandis que les défaillances d’entreprises sont restées nombreuses, ajoutant ainsi aux inquiétudes concernant la sécurité de l’emploi et entraînant une hausse du pessimisme des consommateurs. Le mouvement de déflation s’est donc poursuivi, cependant la dépréciation depuis novembre du yen devrait, dans une certaine mesure, atténuer la baisse des prix.
Japon
1.
Indice de l’opinion des entreprises sur les conditions actuelles. Solde des réponses optimistes et pessimistes, en pourcentage.
2.
Pourcentage de variation en glissement annuel.
3.
Ajusté pour l’annulation des créances douteuses à partir du troisième trimestre 1998.
Sources : Ministère des Finances et Banque du Japon.
Le ralentissement met en lumière la fragilité financière de certains secteurs
Le ralentissement de l’activité dans les secteurs de pointe et le faible niveau des cours des actions mettent en lumière la fragilité financière de certaines parties de l’économie. Certaines entreprises en bonne santé ont continué de restructurer leur bilan, d’où une diminution du crédit bancaire. Ce sont ces entreprises qui devraient contrebalancer les pressions déflationnistes et soutenir une reprise de l’activité. Cependant, de nombreuses entreprises non financières subissent encore les effets d’un endettement excessif, de la baisse des prix des actifs et d’un manque de rentabilité dont l’ampleur véritable apparaît au grand jour avec l’adoption de normes comptables plus rigoureuses. Les demandes croissantes de remise de dettes et l’augmentation des passifs sous l’effet des faillites engendrent à leur tour de nouvelles créances improductives, en particulier dans le secteur bancaire. Parallèlement, le faible niveau des cours des actions a réduit les plus-values latentes des banques sur leurs portefeuilles d’actions, lesquelles constituaient jusqu’à présent une source de financement importante lorsque des créances étaient passées par profits et pertes. De plus, l’adoption d’une comptabilité reflétant intégralement les prix du marché au cours de l’exercice 2001 (qui commence en avril 2001) obligera à tenir compte de toutes les pertes sur actifs financiers, d’où le risque d’un resserrement du crédit si les capitaux propres des banques se révèlent insuffisants.
La Banque du Japon a réagi au ralentissement de l’activité et au resserrement des conditions financières
Devant les signes d’un ralentissement de l’activité et d’un resserrement des conditions financières sous l’effet de la baisse des cours des actions et de l’augmentation des marges sur les concours au secteur privé, la Banque du Japon a pris en février un certain nombre de mesures destinées à atténuer les pressions déflationnistes. L’objectif retenu pour le taux de l’argent au jour le jour a été abaissé de 10 centièmes de point, à 0.15 pour cent. Le taux applicable aux opérations de réescompte, qui sont devenues une facilité de crédit automatique de type Lombard, a aussi été abaissé, à 0.35 pour cent, ce qui a eu pour effet de limiter toute augmentation des taux à court terme et de faciliter le financement des banques et des maisons de titres en proie à des difficultés financières. La Banque du Japon a annoncé le 19 mars de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, notamment un accroissement de la monnaie centrale, grâce en partie à une augmentation des achats directs d’obligations d’État. Ainsi, le taux de l’argent au jour le jour est à nouveau tombé un niveau pratiquement égal à zéro. La Banque s’est déclarée résolue à maintenir cette politique tant que l’évolution de l’indice des prix à la consommation en glissement annuel (hors produits alimentaires) ne redeviendrait pas durablement positive.
Japon : Indicateurs financiers
1998 1999 2000 2001 2002 Taux d’épargne des ménages a 11.8 11.1 11.1 11.7 12.8 Solde financier des administrations publiques b,e -5.5 -7.0 -6.3 -6.3 -6.9 Balance des opérations courantes b 3.1 2.4 2.5 2.2 2.7 Taux d’intérêt à court terme c 0.7 0.2 0.2 0.3 0.2 Taux d’intérêt à long terme d 1.5 1.7 1.7 1.4 1.6 a) En pourcentage du revenu disponible. b) En pourcentage du PIB. c) Certificats de dépôt de 3 mois. d) Obligations d’État à10 ans. e) Le déficit de 1998 aurait augmenté de 5.4 points de pourcentage si l’on prenait en compte la dette des chemins de fer et de l’office national des forêts, absorbée par le gouvernement central. Source: OCDE.
La politique budgétaire pourrait être neutre cette année, mais l’investissement public va marquer un recul
Bien que le budget de l’administration centrale pour l’exercice 2001 soit fondé sur le budget initial de l’an passé, l’investissement public devrait bénéficier, au premier semestre de cette année, de l’effet de report du programme budgétaire de novembre dernier, avant de marquer un net recul ensuite. La consommation publique devrait progresser vigoureusement au cours de la période considérée sous l’effet de l’augmentation des dépenses de protection sociale. L’orientation de la politique budgétaire restera donc pratiquement neutre en 2001 : abstraction faite des paiements d’impôts non récurrents sur les comptes d’épargne postale arrivés à échéance, le déficit budgétaire corrigé des influences conjoncturelles devrait se maintenir aux alentours de 6½ pour cent du PIB en 2001. En l’absence de mesures budgétaires supplémentaires d’ici la fin de cette année et compte tenu d’une réduction persistante des investissements des collectivités locales, le déficit budgétaire corrigé des influences conjoncturelles devrait ensuite tomber aux alentours de 6 pour cent en 2002, tandis que la dette brute atteindrait 138 pour cent du PIB.
Les dernières mesures économiques annoncées n’ont pas été prises en compte
Le gouvernement a annoncé, le 6 avril, un programme de mesures économiques d’urgence, correspondant sans plus à un plan type de politiques destinées à réagir à la pression à la baisse de la Bourse due à la vente des actions détenues par les banques, à accélérer la cession directe des créances douteuses et à revigorer les transactions de titres et de patrimoine. Comme les mesures concrètes sont encore à définir, les prévisions ne prennent pas en compte ce programme mais assument implicitement que les banques vont continuer à se défaire des créances douteuses au rythme observé ces dernières années.
La croissance économique devrait se ralentir en 2001 et se stabiliser en 2002
Les prévisions reposent sur l’hypothèse d’une quasi-stabilité des cours des actions à leur niveau actuel pendant la période considérée, ce qui signifie que les indices de confiance resteront assez médiocres (entreprises et consommateurs). La détérioration de la confiance des entreprises et le ralentissement de l’économie mondiale devraient entraîner un recul de l’investissement fixe des entreprises au second semestre de 2001. Le programme budgétaire de novembre devrait compenser la dégradation de la conjoncture internationale au premier semestre de 2001, mais un vif recul de l’investissement public au second semestre devrait accentuer le ralentissement. Le PIB devrait progresser de 1 pour cent cette année après une augmentation de 1¾ pour cent en 2000. Avec le raffermissement, au cours de l’année à venir, de l’économie mondiale et, selon l’hypothèse d’un taux de change plus faible (taux stable de 123.3 yen pour 1 dollar), les exportations devraient se redresser et contribuer à atténuer les vents contraires provoqués par les restructurations. Les salaires continueront sans doute de progresser très lentement, si bien que la consommation privée ne devrait augmenter que légèrement en 2001 et 2002. Les pressions déflationnistes ne se résorberont que lentement. Au total, le PIB devrait augmenter aussi d’environ 1 pour cent en 2002.
Japon : Demande et production
1997 1998 1999 2000 2001 2002 prix courants mille milliards de yen Pourcentages de variation, en volume (prix de 1995) Consommation privée 287.2 0.1 1.2 0.5 0.5 1.2 Consommation publique 79.2 1.9 4.0 3.6 3.1 2.7 Formation brute de capital fixe 146.6 -4.0 -0.9 1.1 1.1 -1.4 Secteur public a 39.8 -2.1 4.9 -5.6 -3.8 -7.4 Secteur privé: résidentiel 23.7 -13.7 1.1 1.5 -2.5 -1.3 Secteur privé: autres 83.1 -2.3 -4.2 4.4 4.3 1.1 Demande intérieure finale 513.0 -0.8 1.0 1.2 1.1 0.7 variation des stocks b 3.2 -0.6 -0.2 0.1 0.1 0.0 Demande intérieure totale 516.1 -1.5 0.9 1.3 1.2 0.7 Exportations de biens et services 56.1 -2.3 1.4 12.0 3.4 8.3 Importations de biens et services 50.3 -6.8 3.0 9.7 5.7 5.3 exportations nettes b 5.8 0.3 -0.1 0.4 -0.1 0.5 PIB aux prix du marché 521.9 -1.1 0.8 1.7 1.0 1.1 a) Y compris les entreprises publiques. b) Contributions aux variations du PIB en volume (en pourcentage du PIB en volume de l’année précédente), montant effectif dans la première colonne. Source: OCDE.
Japon : Indicateurs extérieurs
Exportations de biens 1998 1999 2000 2001 2002 Milliards de $ 374.0 403.5 459.2 444 480 Importations de biens 251.5 280.2 342.3 356 373 Balance commerciale 122.5 123.3 116.8 88 107 Solde des invisibles - 1.5 - 16.3 0.3 4 7 Balance des opérations courantes 121.0 106.9 117.2 91 114 Exportations de biens en volume a Pourcentages de variation - 1.2 2.1 9.4 1.5 8.7 Importations de biens en volume a - 5.3 9.6 10.9 5.2 5.8 Résultats à l’exportation b - 3.1 - 7.8 - 7.0 - 5.8 - 0.1 Termes de l’échange 6.5 4.8 - 5.2 - 3.7 0.4 a) Statistiques douanières. b) Ratio du volume des exportations sur le marché correspondant pour le total des biens. Source: OCDE.
Les risques entourant les prévisions semblent à peu près équilibrées
Les risques qui entourent les prévisions semblent à peu près équilibrées. D’un côté, une forte reprise de l’économie mondiale ouvrirait des perspectives plus favorables, mais la croissance manquerait encore d’assise, comme les deux années précédentes. D’un autre côté, le ralentissement met en évidence des problèmes structurels qui existent depuis longtemps. Le risque le plus manifeste tient aux problèmes de bilan du secteur bancaire. Une liquidation accélérée des créances improductives aura sans doute des effets déflationnistes supplémentaires, mais tout retard se traduirait probablement par de nouvelles pertes, qui ne feraient qu’aggraver les risques à l’avenir.
L’économie a connu une vigoureuse expansion en 2000, la croissance du PIB réel atteignant 3 pour cent. Cependant, l’activité s’est ralentie au second semestre, sous l’effet d’une diminution de la contribution du secteur extérieur due à une accélération des importations, et par suite d’un fléchissement de la demande intérieure. Compte tenu de la décélération des échanges mondiaux, la croissance reviendra probablement à 2¼ pour cent en 2001. Néanmoins, l’amélioration de la compétitivité et l’augmentation du revenu disponible résultant des réductions d’impôts sur le revenu et sur les sociétés intervenues en 2001, ainsi que l’amélioration des termes de l’échange, devraient favoriser une réaccélération de l’activité vers la fin de cette année et l’an prochain.
Du fait des réductions d’impôts, la politique budgétaire aura une orientation expansionniste en 2001. Par conséquent, pour respecter les objectifs d’assainissement des finances publiques retenus par les autorités pour cette année et les années suivantes, les dépenses devront être rigoureusement maîtrisées étant donné la baisse substantielle des recettes fiscales et les risques qui pèsent sur le budget, aussi bien du côté des dépenses que de celui des recettes. Face au ralentissement de l’expansion économique, il est encore plus indispensable de poursuivre les réformes structurelles de manière à accroître le potentiel de croissance de l’économie allemande.
La croissance du PIB s’est ralentie au second semestre de 2000
Le PIB a progressé de 3 pour cent en 2000, sous l’effet d’une croissance vigoureuse des exportations et des investissements en machines et outillage. Cette progression a été due à une amélioration prononcée de la compétitivité par suite de la dépréciation de l’euro en 2000 et l’année précédente, les coûts unitaires de main-d’œuvre s’étant parallèlement maintenus à un niveau à peu près constant. Cependant, l’activité s’est ralentie, son expansion revenant d’environ 4 pour cent en rythme annuel au premier semestre de 2000 à 2 pour cent au second semestre. Bien que les exportations soient restées très soutenues tout au long de l’année, l’augmentation des importations a réduit la contribution du secteur extérieur à la croissance au second semestre. La demande intérieure s’est ralentie en raison des effets défavorables de l’augmentation des prix de l’énergie et des importations sur les revenus disponibles réels et, partant, la consommation, et les bénéfices des entreprises en ont aussi pâti. L’investissement en machines et outillage a progressé de plus de 10 pour cent au premier semestre de 2000, mais son expansion s’est ralentie ensuite. La construction est retombée en récession en 2000, en raison principalement du tassement persistant de l’activité de ce secteur dans les nouveaux Länder.
Allemagne
1.
Industries manufacturières, sauf alimentation.
2.
Industries manufacturières, en volume.
Sources : Ifo Institut für Wirtschaftsforschung ; Deutsche Bundesbank et OCDE.
Allemagne : Emploi, revenu et inflation
Pourcentages de variation
Emploi 1998 1999 2000 2001 2002 0.9 1.1 1.5 0.9 0.8 Taux de chômage a 8.9 8.3 7.8 7.3 6.8 Rémunération des salariés 1.9 2.4 3.0 2.7 3.1 Coûts unitaires de main-d’œuvre -0.1 0.8 0.0 0.5 0.6 Revenu disponible des ménages 2.8 2.6 2.9 4.5 3.5 Déflateur du PIB 1.1 0.9 -0.4 1.1 1.4 Déflateur de la consommation privée 1.1 0.3 1.4 1.8 1.5 a) En pourcentage de la population active. Source: OCDE.
Le climat des affaires s’est dégradé et les commandes, jusqu’alors très soutenues, ont commencé à diminuer récemment
Alors que, dans les industries manufacturières, les commandes avaient été très soutenues durant l’automne et l’hiver 2000 – grâce à la fermeté de la demande extérieure –, les commandes intérieures et étrangères ont marqué un recul au début de 2001. Le climat des affaires s’est aussi détérioré au second semestre de 2000 et durant les premiers mois de 2001. Cependant, les taux d’utilisation des capacités dans les industries manufacturières sont restés nettement supérieurs à la moyenne, et d’après les enquêtes, les entreprises souhaitent toujours accroître leurs capacités.
La croissance de l’emploi a continué mais plus lentement
La croissance de l’emploi, qui s’est ralentie, a été due dans une large mesure à la progression de l’emploi à temps partiel. Les coûts unitaires de main-d’œuvre sont restés à peu près constants en 2000, grâce à une modération des hausses de salaires, à des gains de productivité plus importants et à des réductions des taux des cotisations de sécurité sociale, compensées largement par un relèvement des taxes sur l’énergie.
L’inflation sous-jacente a augmenté
L’inflation sous-jacente a augmenté et la hausse de l’indice des prix à la consommation a continué de s’accélérer, atteignant environ 2½ pour cent au premier trimestre de 2001. L’augmentation des taxes sur l’énergie en janvier a contribué à la hausse des prix à la consommation. Cependant, avec la baisse des prix de l’énergie, l’inflation devrait se ralentir dans le courant de l’année. La courbe des rendements s’est presque entièrement déplacée vers le bas au cours des derniers mois, et les taux d’intérêt réels restent historiquement faibles.
Allemagne
1.
Données désaisonnalisées, chômage déclaré.
Sources : Deutsche Bundesbank et OCDE.
Allemagne : Indicateurs financiers
1998 1999 2000 2001 2002 Taux d’épargne des ménages a 10.2 9.9 9.8 10.2 9.9 Solde financier des administrations publiques b -2.1 -1.4 1.5 -1.7 -1.2 Balance des opérations courantes b -0.3 -0.9 -1.1 -1.3 -0.8 Taux d’intérêt à court terme c 3.5 3.0 4.4 4.4 4.3 Taux d’intérêt à long terme d 4.6 4.5 5.3 4.8 4.7 a) En pourcentage du revenu disponible. b) En pourcentage du PIB. c) Taux interbancaire à 3 mois. d) Obligations d’État à 10 ans. Source: OCDE.
Après une pause en 2001, l’assainissement des finances publiques va reprendre en 2002
Le solde budgétaire des administrations publiques s’est fortement redressé, l’excédent atteignant 1.5 pour cent du PIB en 2000, grâce aux recettes non récurrentes dues à la vente aux enchères de licences de téléphonie mobile de la troisième génération (UMTS), qui ont représenté 2.5 pour cent du PIB. Abstraction faite de ces recettes, le déficit a diminué de 0.4 pour cent du PIB, revenant ainsi à 1 pour cent, tandis que le solde structurel (corrigé des influences conjoncturelles) est resté à peu près inchangé. En 2001, le budget des administrations publiques sera expansionniste, compte tenu des moins-values de recettes liées à la réforme des impôts sur le revenu et sur les sociétés. Les restrictions de dépenses dans certains domaines donnent une marge de manœuvre aux autorités, mais le déficit des administrations publiques devrait augmenter de l’équivalent d’environ ¾ pour cent du PIB par rapport à 2000, après déduction du produit de la vente des licences UMTS. Ce déficit sera à peu près conforme à l’objectif énoncé dans le Programme de Stabilité de l’Allemagne (1½ pour cent du PIB). L’assainissement budgétaire reprendra en 2002, si bien que déficit structurel devrait diminuer légèrement. La dette devrait tomber à environ 58 pour cent (suivant la définition de Maastricht) en 2002. Cependant, avec le ralentissement de l’activité, le prolongement de certains programmes sociaux dans divers domaines et le risque d’une perte imprévue de recettes fiscales par suite de la réforme des impôts sur le revenu et des taxes sur l’énergie, une stricte maîtrise des dépenses sera nécessaire pour respecter les objectifs d’assainissement fixés par les autorités. Cette maîtrise des dépenses devrait s’accompagner de nouvelles réformes structurelles, afin notamment d’assurer un contrôle plus efficace des dépenses sociales, de réduire les subventions et de mettre en œuvre des mesures de nature à améliorer l’efficience du secteur public.
Allemagne : Demande et production
1997 1998 1999 2000 2001 2002 prix courants Pourcentages de variation, en volume milliards de DM (prix de 1995) Consommation privée 2 112.3 2.0 2.6 1.6 2.2 2.2 Consommation publique 713.3 0.5 -0.1 1.4 0.5 0.5 Formation brute de capital fixe 784.6 3.0 3.3 2.4 2.1 2.9 Secteur public 69.2 0.1 5.4 -2.2 0.2 0.4 Secteur privé: résidentiel 276.2 0.3 -0.2 -2.9 -1.7 0.2 Secteur privé: autres 439.2 5.2 5.0 6.1 4.3 4.6 Demande intérieure finale 3 610.1 1.9 2.2 1.7 1.9 2.1 variation des stocksa 6.2 0.4 0.2 0.2 0.2 0.0 Demande intérieure totale 3 616.4 2.4 2.4 2.0 2.0 2.0 Exportations de biens et services 1 021.1 7.0 5.1 13.2 8.7 7.4 Importations de biens et services 971.0 8.6 8.1 10.2 8.4 6.4 exportations nettesa 50.1 -0.3 -0.8 1.0 0.2 0.5 PIB aux prix du marché 3 666.5 2.1 1.6 3.0 2.2 2.4 PIB aux prix du marché en milliards d’euros 1 874.7 Pour mémoire Investissement en équipement et outillage 303.5 9.4 7.4 9.0 6.1 6.1 Investissement en construction 481.1 -1.0 0.5 -2.5 -1.2 0.1 a) Contributions aux variations du PIB en volume (en pourcentage du PIB en volume de l’année précédente), montant effectif dans la première colonne. Source: OCDE.
Allemagne : Indicateurs extérieurs
1998 1999 2000 2001 2002 Milliards de $ Exportations de biens 542.4 542.9 550.0 596 646 Importations de biens 464.7 472.0 494.0 540 579 Balance commerciale 77.8 71.0 56.0 56 67 Solde des invisibles - 84.5 - 88.9 - 76.5 - 79 - 82 Balance des opérations courantes - 6.7 - 18.0 - 20.5 - 24 - 15 Exportations de biens en volume a Pourcentages de variation 5.7 6.3 12.5 7.4 7.5 Importations de biens en volume a 11.0 6.7 10.2 6.9 6.5 Résultats à l’exportation b - 2.4 0.1 - 0.2 - 0.5 - 0.4 Termes de l’échange 3.3 - 0.2 - 6.2 - 1.2 0.3 a) Statistiques douanières. b) Ratio du volume des exportations sur le marché correspondant pour le total des biens. Source: OCDE.
Compte tenu du ralentissement du commerce mondial, la croissance du PIB devrait marquer le pas temporairement, mais son recul devrait être limité par les conditions favorables sur le plan intérieur…
Compte tenu du ralentissement attendu des échanges mondiaux cette année, la contribution du secteur extérieur à la croissance semble devoir diminuer. En 2002, la croissance des exportations devrait se raffermir sous l’effet du redressement prévu des échanges mondiaux. Une demande intérieure soutenue stimulera probablement la croissance cette année et l’an prochain. La consommation privée devrait progresser sensiblement en 2001, grâce à l’augmentation du revenu disponible réel résultant de la réduction des impôts sur le revenu et de la baisse des prix de l’énergie et des prix à l’importation. Le recul du chômage devrait aussi soutenir la consommation. Les investissements en machines et outillage continueront semble-t-il d’augmenter fortement, grâce aux réductions d’impôts (malgré un resserrement des règles d’amortissement), à la persistance d’un taux d’utilisation des capacités élevé dans les industries manufacturières et aux conditions favorables que représente, pour l’investissement, la modération salariale prévue par les conventions collectives qui resteront en vigueur pour la plupart jusqu’au printemps 2002. Le secteur de la construction devrait en revanche rester en récession cette année, et il est peu probable qu’il contribue à la croissance en 2002. Globalement, la croissance du PIB devrait revenir à 2¼ pour cent en 2001 avec une reprise modérée à 2½ pour cent en 2002. Le taux de chômage devrait passer de 7.8 pour cent en 2000 à 6¾ pour cent l’an prochain.
… mais la situation intérieure aussi bien qu’extérieure n’est pas exempte de risques
Les incertitudes qui entourent ces prévisions sont à peu près équilibrées tant que l’activité économique mondiale ne ralentit pas davantage que prévu. Une baisse persistante du chômage pourrait intensifier les pressions salariales, lesquelles risqueraient à leur tour de freiner l’investissement. En revanche, les réductions d’impôts pourraient finalement entraîner une progression de la consommation privée plus prononcée que prévu et engendrer ainsi une croissance plus soutenue.
Jusqu’à présent, la France a échappé dans une large mesure au ralentissement de l’activité observé dans d’autres pays de l’OCDE. La croissance de la production est restée vigoureuse, les créations d’emplois ont été soutenues et le chômage est tombé à son plus bas niveau depuis dix ans. Qui plus est, l’expansion a surtout été tirée par l’investissement des entreprises et les exportations. D’après les dernières enquêtes de conjoncture, la croissance de la production industrielle pourrait se modérer quelque peu dans les mois à venir, mais les enquêtes auprès des ménages font état d’un optimisme persistant de la part des consommateurs. Dans ces conditions, bien que la conjoncture économique internationale soit un peu moins favorable, l’économie devrait connaître une expansion légèrement supérieure à son taux de croissance potentiel en 2001-2002.
Les autorités ont commencé à mettre en œuvre un programme pluriannuel de réduction d’impôts. Elles ont également pris des mesures pour mieux « valoriser » le travail et pour faciliter la réinsertion des chômeurs. La poursuite des réformes structurelles sera nécessaire pour réduire davantage le chômage. En particulier, les prélèvements obligatoires qui font obstacle à la réinsertion des chômeurs pourraient être progressivement supprimés, le nouveau système de primes pour l’emploi pourrait être ciblé davantage sur les salariés à bas revenu, et l’âge du départ en retraite pourrait être modulé en fonction des préférences individuelles dans le contexte d’un système de retraite actuariellement neutre.
La croissance de la production a été soutenue en 2000
L’économie française a achevé l’année 2000 dans un climat de forte croissance. Après s’être légèrement tassées à la suite de la hausse des prix de l’énergie, les dépenses des ménages se sont redressées sous l’impulsion de créations d’emplois soutenues, d’une diminution des prélèvements obligatoires et d’une grande fermeté de la confiance des consommateurs. L’investissement fixe des entreprises a été lui aussi vigoureux, les entreprises accroissant leurs capacités pour faire face à des taux d’utilisation élevés et pour incorporer les nouvelles technologies. De bons résultats à l’exportation ont été enregistrés, avec un volume important de ventes hors de la zone euro. Dans ce contexte globalement favorable, les activités liées aux technologies de l’information et des communications semblent avoir été particulièrement dynamiques.
Les capacités de production sont proches de la saturation dans l’industrie, mais les hausses de prix sont restées modérées
La production s’inscrivant sur une tendance en forte augmentation, des tensions de plus en plus nombreuses sont apparues au niveau des capacités de production. Les entreprises manufacturières et les entreprises de construction ont indiqué avoir des difficultés à accroître leur production, l’utilisation des capacités a atteint des niveaux records dans le secteur manufacturier et les employeurs ont eu de plus en plus de mal à embaucher. Néanmoins, les hausses de prix sont généralement restées modérées, grâce à l’influence de plusieurs facteurs. Premièrement, le taux de pénétration des importations (importations en proportion du PIB) a fortement augmenté, en particulier en ce qui concerne les produits manufacturés, contribuant ainsi à combler l’écart entre la demande et la production. Deuxièmement, la hausse des prix à la consommation a été atténuée par des réductions d’impôts (taxe à la valeur ajoutée, taxes sur les carburants), par une intensification de la concurrence sur différents marchés (notamment télécommunications) et par des mesures administratives (médicaments). Troisièmement, les augmentations de salaire sont généralement restées modérées dans le contexte d’une plus grande flexibilité du marché du travail. Grâce à des investissements soutenus, les tensions sur les capacités de production ont cessé de s’accentuer au début de 2001.
France
1.
Glissement annuel à prix constants.
Source : Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).
France : Emploi, revenu et inflation
Pourcentages de variation
Emploi 1998 1999 2000 2001 2002 1.4 1.4 2.4 1.6 1.5 Taux de chômage a 11.8 11.2 9.7 8.6 8.1 Rémunération des salariés 3.9 3.9 4.4 4.4 4.6 Coûts unitaires de main-d’œuvre 0.5 0.7 1.1 1.7 1.9 Revenu disponible des ménages 3.7 3.0 4.2 4.2 4.2 Déflateur du PIB 0.7 0.2 0.5 1.5 1.9 Déflateur de la consommation privée 0.5 0.4 1.2 1.4 1.5 a) En pourcentage de la population active. Source: OCDE.
La situation continue de s’améliorer sur le marché du travail
Le chômage a continué de baisser durant les premiers mois de 2001, revenant à moins de 9 pour cent – son plus bas niveau depuis dix ans. Un million d’emplois ont été créés au cours des deux dernières années dans le secteur des entreprises, grâce à la croissance soutenue de la production, mais aussi grâce aux mesures gouvernementales en faveur de l’emploi, comme les réductions importantes de cotisations de sécurité sociale qui ont accompagné le passage à la semaine de 35 heures. Plusieurs réformes structurelles récentes visent aussi à améliorer le fonctionnement du marché du travail. En particulier, les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur un nouveau programme destiné à faciliter la réinsertion des demandeurs d’emploi, et les autorités ont décidé d’instituer une prime pour l’emploi afin de mieux « valoriser » le travail dans le cas des ménages à bas revenus. Ces mesures structurelles devraient permettre de réduire le coin fiscal et encourager les exclus du marché du travail à reprendre une activité.
France
1.
Importations en pourcentage de la production manufacturière.
2.
Recettes des licences UMTS incluses, en pourcentage du PIB.
Sources : Eurostat et Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).
Moins de consolidation budgétaire
Les autorités ont commencé à mettre en œuvre un programme triennal de réduction d’impôts se traduisant par un abaissement progressif des taux de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et par une diminution de l’impôt sur les sociétés. Par ailleurs, les partenaires sociaux ont décidé de réduire les cotisations à la caisse d’assurance chômage (UNEDIC). En 2001, les mesures discrétionnaires se solderont par des réductions de prélèvements obligatoires équivalentes à 1 pour cent du PIB, de nouvelles réductions étant programmées pour 2002. Le programme pluriannuel adopté par les autorités en ce qui concerne les finances publiques limite à 1.8 pour cent cette année et 1.6 pour cent l’an prochain l’augmentation des dépenses des administrations publiques en termes réels. Cependant, ces plafonds pourraient être dépassés en raison de l’augmentation rapide des dépenses de soins de santé. Par ailleurs, les initiatives qui ont été prises en faveur de l’emploi et dans le domaine de la protection sociale – notamment le financement de la réduction de la durée hebdomadaire du travail à 35 heures – pèsent sur le budget de l’État. Dans le secteur agricole, les nouvelles mesures liées à l’encéphalopathie spongiforme bovine et à la fièvre aphteuse pourraient donner lieu à des dépassements de dépenses. Globalement, la consolidation budgétaire serait d’une ampleur limitée en 2001, et le resserrement ne devrait être que modéré en 2002. Jusqu’à présent, le produit de la vente des licences de téléphonie mobile de troisième génération n’atteint que la moitié du montant initialement prévu, les candidats n’ayant pas été suffisamment nombreux. Les sommes correspondantes (0.5 pour cent du PIB en 2001) serviront principalement au désendettement de l’État.
La croissance de la production accuse un léger ralentissement
Bien que la conjoncture internationale devienne moins porteuse, l’économie française devrait continuer à connaître une croissance légèrement supérieure à son potentiel en 2001-2002, grâce à la fermeté persistante de la demande intérieure. La consommation privée devrait être soutenue par une progression robuste du revenu disponible réel, à la faveur de créations nettes d’emplois, de réductions des impôts sur le revenu des personnes physiques et d’une progression un peu plus rapide des salaires réels. Après des années de faiblesse au cours de la dernière décennie, l’investissement fixe des entreprises s’est redressé et devrait rester vigoureux au cours de la période à venir. Les entreprises industrielles investissent afin de résorber les goulets d’étranglement dus à des taux d’utilisation des capacités élevés et afin d’intégrer les nouvelles technologies de l’information et des communications. Les bénéfices nets atteignent des niveaux historiques, ce qui ouvre la voie à une poursuite de l’expansion du stock de capital. En revanche, les exportations devraient se ralentir quelque peu sous l’effet du fléchissement de la demande extérieure. Globalement, comme le laissent prévoir les enquêtes de conjoncture dans l’industrie, la croissance de la production va sans doute marquer un peu le pas, mais elle devrait néanmoins rester légèrement supérieure à la tendance. Dans ces conditions, les créations d’emplois devraient rester soutenues et le chômage devrait encore baisser, mais à un rythme moins rapide qu’au cours de la période récente. Compte tenu de la baisse des prix de l’énergie et de l’augmentation modérée des coûts salariaux unitaires, l’inflation sous‑jacente et la hausse de l’indice des prix à la consommation devraient rester inférieures à 2 pour cent en rythme annuel.
France : Indicateurs financiers
1998 1999 2000 2001 2002 Taux d’épargne des ménages a 15.6 15.5 16.1 16.3 16.0 Solde financier des administrations publiques b -2.7 -1.6 -1.3 -0.5 -0.8 Balance des opérations courantes b 2.6 2.6 1.9 1.7 1.4 Taux d’intérêt à court terme c 3.6 3.0 4.4 4.4 4.3 Taux d’intérêt à long terme d 4.7 4.6 5.4 4.9 4.8 a) En pourcentage du revenu disponible. b) En pourcentage du PIB. c) Taux interbancaire à 3 mois. d) Emprunts phare d’État à 10 ans. Source: OCDE.
France : Demande et production
1997 1998 1999 2000 2001 2002 prix courants Pourcentages de variation, en volume milliards de FF (prix de 1995) Consommation privée 4 509.0 3.6 2.7 2.4 2.6 3.0 Consommation publique 1 986.1 0.3 2.6 1.8 1.6 1.5 Formation brute de capital fixe 1 473.0 6.6 7.3 6.7 5.0 3.8 Secteur public 243.2 2.8 2.2 4.1 0.7 1.0 Secteur privé: résidentiel 374.3 3.6 8.3 5.7 1.3 0.9 Secteur privé: autres 855.6 9.0 8.3 7.8 7.4 5.4 Demande intérieure finale 7 968.1 3.4 3.6 3.1 2.8 2.8 variation des stocks a - 7.0 0.6 -0.3 0.2 0.1 0.1 Demande intérieure totale 7 961.2 4.0 3.2 3.3 2.9 2.9 Exportations de biens et services 2 093.2 7.7 4.0 13.6 7.4 6.5 Importations de biens et services 1 849.2 11.3 4.0 14.7 8.7 7.5 exportations nettes a 244.0 -0.6 0.1 0.1 -0.2 -0.1 PIB aux prix du marché 8 205.2 3.3 3.2 3.2 2.6 2.7 PIB aux prix du marché en milliards d’euros 1 250.9 a) Contributions aux variations du PIB en volume (en pourcentage du PIB en volume de l’année précédente), montant effectif dans la première colonne. Source: OCDE.
Le risque le plus important serait que le fléchissement soit plus prononcé
Deux facteurs pourraient contribuer à une dégradation des perspectives à court terme. Premièrement, le fléchissement de la conjoncture internationale pourrait être plus prononcé que prévu, notamment si la reprise attendue en Amérique du Nord ne se révélait pas aussi rapide et soutenue qu’escompté ou si le manque de dynamisme mis en évidence par les indicateurs récents en Allemagne venait à persister. On ne peut donc exclure une progression moins vigoureuse des échanges mondiaux, qui risquerait de peser sur la croissance dans la zone euro et d’affaiblir les exportations françaises et les anticipations des entreprises. Jusqu’à présent, les carnets de commandes à l’exportation semblent être encore relativement bien garnis, mais un ralentissement plus prononcé n’est pas exclu. Le deuxième facteur qui pourrait contribuer à un tassement de l’activité serait une forte contraction de la demande de produits du secteur de l’information et des communications. Les difficultés récemment rencontrées pour attirer les acquéreurs de licences téléphoniques de troisième génération montrent que la demande future de cette catégorie de produits est difficile à prévoir et que les consommateurs et les investisseurs pourraient réduire leurs dépenses dans ce domaine. Il est certes difficile de chiffrer ce risque avec précision, mais l’économie française ne serait pas épargnée en cas de fléchissement durable de la demande de produits technologiques sur le marché intérieur et sur les marchés internationaux.
France : Indicateurs extérieurs
1998 1999 2000 2001 2002 Milliards de $ Exportations de biens 302.8 298.1 293.6 313 337 Importations de biens 278.0 278.4 290.6 314 342 Balance commerciale 24.8 19.8 2.9 - 1 - 5 Solde des invisibles 13.3 17.8 21.8 23 25 Balance des opérations courantes 38.2 37.5 24.7 22 19 Exportations de biens en volume a Pourcentages de variation 8.8 4.0 14.0 7.2 6.7 Importations de biens en volume a 12.3 4.9 15.9 8.8 7.7 Résultats à l’exportation b - 0.2 - 2.1 1.7 - 1.0 - 0.6 Termes de l’échange 1.5 - 1.1 - 4.3 - 0.2 - 0.2 a) Statistiques douanières. b) Ratio du volume des exportations sur le marché correspondant pour le total des biens. Source: OCDE.
Après une croissance soutenue du PIB en 2000, le rythme d’expansion semble devoir revenir aux alentours de 2¼ pour cent cette année, en raison surtout d’un fléchissement des exportations. La dépense privée se ralentit aussi quelque peu, mais elle reste néanmoins soutenue par la progression de l’emploi et du revenu réel, ainsi que par une situation macroéconomique favorable. A mesure que les exportations se redresseront, la croissance du PIB réel devrait s’accélérer en 2002, tandis que le taux de chômage continuera de baisser. Bien qu’en recul, l’inflation restera sans doute supérieure à la moyenne de l’Union européenne.
De nouveaux progrès dans la voie de la réforme des marchés de produits et du marché du travail seront indispensables pour atteindre les objectifs de la stratégie de développement adoptée pour le Sud, pour résorber l’écart de taux d’inflation vis-à-vis des autres pays de la zone euro et pour accroître la compétitivité extérieure de l’ensemble du territoire. Si l’on veut réduire comme prévu le poids de la fiscalité, il va absolument falloir maîtriser les dépenses publiques, surtout dans le cadre des dépenses concernant la santé et la sécurité sociale.
L’activité économique s’est raffermie en 2000…
L’activité économique s’est raffermie en 2000, la vigueur des exportations et l’amélioration du marché du travail contribuant à soutenir la confiance des entreprises et des ménages, en dépit de la contribution négative de la formation de stocks et de la forte progression des importations. La croissance du PIB a atteint 2.9 pour cent, soit près de deux fois le taux de croissance annuel moyen enregistré durant les années 90. L’écart entre la production effective et la production potentielle est tombé à son plus bas niveau depuis 1996.
… soutenant la progression de l’emploi…
L’emploi a fortement augmenté en 2000, en raison surtout du redressement de la production et d’un recours accru à des contrats de travail temporaire et à temps partiel. Le nombre de demandeurs d’emploi continuant à diminuer, le taux de chômage a décliné jusqu’à 10 pour cent au premier trimestre de 2001, contre 11.4 pour cent un an auparavant. Les facteurs qui expliquent cette amélioration n’ont toutefois pas eu des effets uniformes : dans le Nord, le taux de chômage est tombé à 4.2 pour cent, laissant présager de nouvelles tensions sur le marché du travail ; dans le Sud, bien que déclinant, il a atteint encore 20.3 pour cent, tandis que le taux de chômage des jeunes est resté supérieur à 50 pour cent.
Italie
1.
Données corrigées des variations saisonnières.
2.
Pourcentage de variation en glissement annuel.
Source : OCDE.
Italie : Emploi, revenu et inflation
Pourcentages de variation
Emploi 1998 1999 2000 2001 2002 1.1 1.2 1.9 1.6 1.7 Taux de chômage a 11.9 11.5 10.7 10.0 9.2 Rémunération des salariés -0.2 3.6 4.5 4.0 4.5 Coûts unitaires de main-d’œuvre b -2.0 2.0 1.5 1.7 2.0 Revenu disponible des ménages 3.2 3.0 4.5 4.3 4.5 Déflateur du PIB 2.7 1.6 2.2 2.8 2.5 Déflateur de la consommation privée 2.1 2.1 2.9 2.7 2.2 a) En pourcentage de la population active. b) Les données de 1998 reflètent l’introduction de la taxe régionale (IRAP) qui était accompagnée de l’exemption partielle des contributions obligatoires des employeurs au système de santé. Source: OCDE.
… à la faveur d’un renforcement des exportations
Sur le plan extérieur, l’excédent commercial a encore diminué en 2000, l’augmentation du prix du pétrole et la faiblesse de la monnaie ayant entraîné une dégradation des termes de l’échange qui a plus que contrebalancé l’amélioration du solde commercial en volume. Abstraction faite de la composante pétrolière, l’excédent commercial s’est accru en 2000, à la faveur d’exportations particulièrement soutenues de machines et d’outillage, de meubles, de textiles et d’habillement – gammes de produits dans la fabrication desquels les exportateurs italiens sont très spécialisés.
L’inflation s’est accélérée récemment
Après être resté stable pendant plusieurs mois, le taux d’inflation annuel, mesuré par l’indice des prix à la consommation, est monté à 3.0 pour cent au début de 2001, contre 2.2 pour cent un an auparavant. Comme la hausse des prix à l’importation intervenue en 2000 n’aurait pas encore produit tous ses effets, des pressions inflationnistes résiduelles pourraient persister au deuxième semestre de l’année. La progression des salaires a été relativement modérée, avec un rattrapage pratiquement négligeable au titre des pertes de pouvoir d’achat subies en 2000. Compte tenu des gains de productivité importants enregistrés dans le secteur des entreprises, les coûts unitaires de main-d’œuvre ont donc augmenté de façon très modérée en 2000 (moins de 1 pour cent dans les industries manufacturières).
Italie
1.
Corrigé de l’inflation de l’indice des prix à la consommation.
2.
Taux d’intérêt à long terme moins taux d’intérêt à court terme.
Source : OCDE.
Italie : Indicateurs financiers
1998 1999 2000 2001 2002 Taux d’épargne des ménages a 12.8 11.5 10.3 9.7 9.5 Solde financier des administrations publiques b -2.8 -1.8 -0.3 -1.3 -1.2 Balance des opérations courantes b 1.8 0.7 -0.4 -0.3 -0.1 Taux d’intérêt à court terme c 5.0 3.0 4.4 4.4 4.3 Taux d’intérêt à long terme d 4.9 4.7 5.6 5.1 5.0 a) En pourcentage du revenu disponible. b) En pourcentage du PIB. c) Taux interbancaire à 3 mois. d) Obligations d’État à10 ans. Source: OCDE.
Les conditions monétaires restent favorables…
Les conditions monétaires restent relativement favorables. En dépit d’une légère appréciation au cours de la période récente, le taux de change réel s’est affaibli depuis deux ans, tandis que les taux d’intérêt réels à court terme, de l’ordre de 2 pour cent si l’on tient compte de l’inflation actuelle, sont historiquement bas, à près d’un demi-point en dessous de la moyenne de la zone euro. La baisse des rendements des obligations d’État s’est traduite par une diminution des coûts d’emprunt pour les entreprises et les ménages.
… et la politique budgétaire semble aussi prendre un tour expansionniste
En 2000, le déficit des administrations publiques a atteint 1.5 pour cent du PIB (ou 0.3 point de PIB si l’on prend en compte le produit de la vente de licences de téléphonie mobile de la troisième génération – UMTS). Ce chiffre dépasse de 0.2 pour cent l’objectif qui avait été fixé, bien que la croissance ait été plus soutenue que prévu. Pour 2001, l’OCDE prévoit un nouveau dérapage par rapport aux objectifs officiels (1.0 pour cent du PIB). Ceci reflète des perspectives moins optimistes en ce qui concerne la maîtrise des dépenses courantes (dans le domaine de la santé notamment) et la perspective d’une croissance du PIB réel plus lente que ne le supposent les prévisions officielles. Compte tenu de l’impulsion résultant du budget de 2001 (réductions d’impôts pour les ménages et les entreprises, augmentation des prestations en faveur des groupes à bas revenus et reprise de projets de travaux publics), les calculs de l’OCDE font ressortir une baisse de l’excédent structurel primaire de près d’un demi-point de PIB. Sur la base d’hypothèse de politiques économiques inchangées, le déficit global devrait à nouveau diminuer, atteignant 1.2 pour cent du PIB en 2002.
Italie : Demande et production
1997 1998 1999 2000 2001 2002 prix courants mille milliards de L Pourcentages de variation, en volume (prix de 1995) Consommation privée a 1 170.9 3.1 2.3 2.9 2.3 2.5 Consommation publique 361.0 0.3 1.5 1.6 1.4 1.4 Formation brute de capital fixe 362.8 4.3 4.6 6.1 3.0 4.2 Équipement et outillage 203.5 7.8 6.0 7.8 4.1 5.4 Construction 159.3 -0.2 2.8 3.6 1.4 2.4 Construction de logements 88.8 -0.6 1.8 2.5 1.5 2.3 Autres 70.5 0.3 4.1 5.1 1.4 2.5 Demande intérieure finale 1 894.7 2.8 2.6 3.3 2.3 2.6 variation des stocks b 12.0 0.3 0.4 -1.0 -0.2 0.1 Demande intérieure totale 1 906.7 3.1 3.0 2.3 2.0 2.7 Exportations de biens et services 524.1 3.6 0.0 10.2 8.2 6.1 Importations de biens et services 443.6 9.0 5.1 8.3 7.7 7.1 exportations nettes b 80.5 -1.2 -1.3 0.6 0.3 -0.2 PIB aux prix du marché 1 987.2 1.8 1.6 2.9 2.3 2.5 PIB aux prix du marché en milliards d’euros 1 026.3 a) Consommation finale des ménages sur le marché intérieur. b) Contributions aux variations du PIB en volume (en pourcentage du PIB en volume de l’année précédente), montant effectif dans la première colonne. Source: OCDE.
Italie : Indicateurs extérieurs
Exportations de biens 1998 1999 2000 2001 2002 Milliards de $ 245.5 236.1 238.3 261 281 Importations de biens 209.2 212.4 227.5 253 273 Balance commerciale 36.4 23.6 10.9 8 9 Solde des invisibles - 14.6 - 15.0 - 14.8 - 12 - 10 Balance des opérations courantes 21.8 8.6 - 3.9 - 4 - 2 Exportations de biens en volume a Pourcentages de variation 2.6 1.8 10.2 8.2 6.2 Importations de biens en volume a 8.5 7.9 8.3 9.9 7.5 Résultats à l’exportation b - 6.5 - 4.0 - 2.4 0.5 - 1.3 Termes de l’échange 3.7 0.8 - 7.4 - 0.6 1.1 a) Statistiques douanières. b) Ratio du volume des exportations sur le marché correspondant pour le total des biens. Source: OCDE.
La croissance du PIB réel devrait se ralentir en 2001, avant de se raffermir en 2002…
La croissance du PIB réel devrait tomber aux alentours de 2¼ pour cent en 2001, les effets du fléchissement des exportations n’étant que partiellement compensés par une consommation privée relativement fortes et des dépenses d’équipement relativement fortes. Le secteur privé devrait bénéficier des taux d’intérêt réels toujours bas et du soutien de la demande par la politique budgétaire. La croissance de l’emploi, certes moins vigoureuse, mais encore forte, jointe à l’augmentation des revenus des ménages, devrait contribuer elle aussi à soutenir la consommation privée. L’activité devrait s’accélérer en 2002, grâce au dynamisme persistant de la demande intérieure et au raffermissement de la demande mondiale. Le taux de chômage devrait baisser au cours de la période considérée, pour s’établir à près de 9 pour cent en 2002. Les effets du choc pétrolier récent devraient se dissiper, mais le taux d’inflation, mesuré par l’indice implicite des prix de la consommation, pourrait ne marquer en 2001 qu’un léger recul par rapport à 2000. L’inflation tendancielle ne baissera probablement pas pendant la période couverte par les projections. Une réduction du déficit de la balance des invisibles contribuera à l’amélioration graduelle de la balance courante, en dépit de l’impact d’un nouvel effritement de l’excédent commercial.
… mais la conjoncture internationale et la situation intérieure comportent certains risques
L’une des principales incertitudes est liée à un ralentissement éventuel de la croissance des exportations. Une grande partie des exportations des entreprises italiennes ont pour destination les États-Unis et les marchés asiatiques, et sont donc vulnérables. Sur le plan intérieur, il se pourrait que les tensions sur le marché du travail entraînent des revendications salariales importantes, spécialement dans le Nord, avec un risque de contagion vers le Sud, ce qui pourrait compromettre la reprise qui s’amorce dans cette région. Il existe des risques sur le plan budgétaire, également. Des progrès dans la discipline fiscale pourraient résulter des recettes budgétaires plus importantes que prévu, mais des pressions sur les dépenses pourraient avoir comme conséquence un relâchement dans le programme d’assainissement des finances publiques avec des effets négatifs sur la confiance.
La croissance s’est quelque peu ralentie, dans le contexte d’un marché du travail tendu et d’une inflation remarquablement faible. L’expansion devrait cependant se poursuivre à un rythme soutenu, à la faveur d’un assouplissement des conditions monétaires, de réductions d’impôt et d’une accélération des dépenses publiques.
Ces perspectives apparemment favorables sont toutefois sujettes à certains risques qui pourraient justifier une nouvelle réduction de taux d’intérêt à titre de précaution. Sur le plan budgétaire et structurel, il va falloir veiller à ce que les ressources budgétaires supplémentaires affectées aux services publics soient utilisées de façon efficiente et permettent des améliorations véritables. D’une manière plus générale, la politique structurelle devra continuer de viser à accroître les gains de productivité afin de réduire l’écart vis-à-vis des autres économies avancées.
L’activité s’est ralentie
Si le PIB a progressé de 3 pour cent sur l’ensemble de 2000, la croissance de la production s’est sensiblement ralentie au second semestre, revenant au quatrième trimestre à un niveau nettement inférieur au potentiel. La faiblesse observée durant l’automne a pu être accentuée par un temps exceptionnellement humide et par des perturbations dans les transports ferroviaires. Elle s’explique aussi par un recul très prononcé de la production dans le secteur pétrolier et gazier. En revanche, la confiance et la consommation des ménages sont restées fermes et la demande intérieure totale a été remarquablement soutenue au second semestre, en dépit d’une certaine baisse des stocks. La croissance des exportations est aussi restée vigoureuse, mais la croissance des importations a fait de même, si bien que le solde extérieur a continué d’exercer une influence négative non négligeable. Le déficit de la balance des biens et services a atteint 2 pour cent du PIB en 2000, en dépit du gonflement des ventes nettes de pétrole sous l’effet de l’augmentation des cours.
Le chômage et l’inflation sont tombés à des niveaux historiquement bas
Le chômage a continué de baisser, revenant à des niveaux sans précédent depuis de nombreuses années. Sur la base de l’enquête sur la population active, le taux de chômage est tombé à 5.2 pour cent. Simultanément, la hausse des prix de détail hors intérêts sur les prêts hypothécaires est elle aussi revenue à des niveaux historiquement bas, se maintenant en deçà de l’objectif officiel de 2½ pour cent depuis près de deux ans. Sur une base harmonisée, la hausse des prix à la consommation a continué de fluctuer aux alentours de 1 pour cent seulement, taux le plus bas de l’Union européenne. L’influence des tensions du marché du travail sur les prix est limitée par plusieurs facteurs, notamment les effets retardés de la livre forte, l’intensification de la concurrence sur certains marchés de produits, les premiers signes d’une accélération des gains de productivité attendue depuis longtemps et certaines mesures concernant les impôts indirects. La pression des salaires s’est néanmoins accentuée ces derniers mois, provoquant une légère accélération des gains et des accords de salaire.
Royaume-Uni
1.
PIB réel, pourcentage de variation en glissement annuel.
2.
Total sauf les intérêts des prêts hypothécaires, pourcentage de variation en glissement annuel.
Sources : Office national de la statistique (ONS) et OCDE.
Royaume-Uni : Emploi, revenu et inflation
Pourcentages de variation
Emploi 1.1 1.3 1.0 0.6 0.4 Taux de chômage a 5.9 6.0 5.5 5.4 5.5 Rémunération des salariés 7.1 6.4 5.8 5.4 5.2 Coûts unitaires de main-d’œuvre 4.3 4.0 2.7 2.8 2.6 Revenu disponible des ménages 2.5 5.2 4.0 5.0 4.9 Déflateur du PIB 3.0 2.3 1.8 2.2 2.4 Déflateur de la consommation privée 2.4 1.6 0.8 1.9 2.2 a) En pourcentage de la population active. Source: OCDE.
Les conditions monétaires se sont assouplies
Devant des indices de plus en plus nombreux d’un ralentissement de la demande extérieure, le Monetary Policy Committee de la Banque d’Angleterre a réduit de 50 points de base son taux directeur cette année, le ramenant à 5½ pour cent, en deux mouvements de 25 points de base en février puis en avril. La baisse de février constituait la première mesure depuis le relèvement, un an auparavant. L’assouplissement des conditions monétaires a aussi été alimenté par la dépréciation de plus de 4 pour cent en termes effectifs de la livre entre novembre 2000 et mars 2001, imputable essentiellement au redressement de l’euro. Néanmoins, la plupart des estimations