Perspectives économiques de l'OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-29161-X
314 pages

p. 139 à 145
doi: en cours

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no 71 2002/1

2002 Perspectives économiques de l’OCDE

III. Évolutions dans un certain nombre d’économies non membres de l’OCDE

Les perspectives économiques des économies non membres se sont améliorées avec les signes manifestes de reprise de l’activité aux États‑Unis, étant donné que la croissance a probablement cessé de se ralentir en Europe. La mesure dans laquelle ces économies bénéficieront de la reprise de la demande mondiale variera en fonction de leur ouverture aux échanges de produits liés aux technologies de l’information et des communications et de leur dépendance à l’égard des cours mondiaux des produits de base ; elle dépendra aussi de facteurs régionaux comme la crise en Argentine, dans le cas de l’Amérique latine, et la reconfiguration des courants d’échange et d’investissement en Asie à la suite de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce. Globalement, les tensions persistantes au sein des économies nationales et les contraintes pesant sur les politiques macroéconomiques se traduiront probablement aussi, à des degrés divers, par une reprise qui restera relativement modérée jusqu’à la fin de 2003.
Ce sont les économies asiatiques non membres de l’OCDE qui semblent devoir le plus bénéficier de la reprise mondiale en raison du rôle que devrait y jouer le redressement du secteur des technologies de l’information et des communications, lequel devrait largement compenser les conséquences de l’affaiblissement du yen. Néanmoins, les problèmes du secteur bancaire et les difficultés financières des entreprises ont fait tache d’huile dans la région et, conjugués à la nécessité d’une certaine rigueur budgétaire, risquent d’émousser la reprise et de compromettre ces prévisions. En Chine, la croissance est demeurée relativement soutenue mais elle va devenir de plus en plus tributaire de l’avancement des réformes structurelles.
La croissance a bien résisté en Russie, mais en partie du fait de facteurs temporaires dont l’effet devrait s’atténuer en 2002. Au‑delà de 2002, les perspectives dépendent de l’avancement du programme de réformes internes.
En Amérique du Sud, le principal événement a été la crise argentine dont le point culminant a été l’abandon du conseil monétaire (currency board). Néanmoins, les effets de contagion au niveau régional ayant été limités, on peut espérer que les cadres d’action mis en place dans des pays comme le Brésil ou le Chili sont aujourd’hui plus aptes à résister que ce n’était précédemment le cas et qu’ils soutiendront la croissance dans les années à venir.
Les Économies dynamiques d’Asie, qui ont été les plus durement touchées en 2001, sont maintenant sur le point de se redresser en même temps que l’activité mondiale
Les Économies dynamiques d’Asie (EDA) ont été les plus durement touchées par la récession mondiale. En 2001, leurs exportations ont diminué de près de 10 pour cent. Les pays les plus exposés aux échanges dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC), notamment Singapour, le Taipei chinois, la Malaisie et Hong-Kong, Chine, ont enregistré une croissance négative ou nulle du PIB réel sur l’ensemble de 2001, les opérations de déstockage et un recul de l’investissement fixe intérieur ayant aggravé l’impact du ralentissement des exportations. L’Indonésie et les Philippines, ainsi que la Chine, ont été beaucoup moins affectées, dans la mesure où ces pays sont moins tributaires du secteur des TIC et où la demande intérieure y est relativement forte. Les premiers signes apparus à la fin de l’an dernier d’une stabilisation des exportations et d’une reprise de l’activité dans le secteur électronique de certains pays donnent à penser que la conjoncture a cessé de se dégrader et que la croissance est sur le point de repartir parallèlement au redressement de l’activité économique mondiale.
Le mouvement de reprise risque cependant d’être freiné par des tensions internes persistantes
L’effet bénéfique qu’exercera la reprise de la demande mondiale sur les pays asiatiques sera limité, à des degrés divers, par des tensions financières internes persistantes et d’autres contraintes. Les problèmes financiers des banques et des entreprises, qui restent sérieux en Indonésie et en Thaïlande (et dans une moindre mesure en Malaisie) et qui se sont aggravés au Taipei chinois et aux Philippines, constituent, au plan interne, la principale menace pesant sur la reprise. En raison de ces tensions financières, ainsi que de l’atonie des marchés immobiliers et de la faible utilisation des capacités dans certains secteurs, les dépenses d’équipement ne devraient guère reprendre avant 2003. Après avoir été expansionniste pendant la période de fléchissement de l’activité, la politique budgétaire va devoir s’orienter vers la rigueur dans un certain nombre de pays (notamment la Thaïlande, les Philippines et l’Indonésie) pour réduire les déficits des finances publiques et contenir le niveau déjà élevé de la dette publique. L’intensification de la concurrence de la Chine à la suite de l’entrée de ce pays dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) constitue une sérieuse incertitude à moyen terme pour le Taipei chinois, où le secteur des TIC risque de se réduire encore au profit des concurrents chinois. Globalement, la croissance dans les EDA ne devrait se raffermir que modérément en 2002 et, bien que s’accélérant en 2003, elle restera dans la plupart des cas inférieure aux taux potentiels à long terme.
La croissance a bien résisté en Russie et dans les nouveaux États indépendants mais elle pourrait ralentir en 2002
Malgré le ralentissement de l’activité économique mondiale, la Russie et la plupart des nouveaux États indépendants (NEI) ont enregistré une croissance relativement soutenue, de plus de 5 pour cent en 2001. L’augmentation de la demande intérieure et l’affaiblissement des taux de change depuis les turbulences financières de 1998 et du début de 1999 ont soutenu l’activité dans un certain nombre de pays de la région. Certains des facteurs qui sous-tendent la croissance sont cependant transitoires, et l’expansion de l’activité ralentira sans doute légèrement en 2002.
La crise en Argentine influe sur la situation en Amérique du Sud…
Malgré différentes réformes visant à redonner des bases plus solides à la politique budgétaire et à compenser l’impact de l’appréciation de la monnaie de réserve, le sentiment des marchés à l’égard de l’Argentine a continué de se dégrader tout au long de l’année 2001, comme en témoignent l’élargissement des écarts de rémunération des obligations, les retraits de dépôts bancaires et la perte de réserves internationales. En décembre, des contrôles ont été imposés sur les dépôts bancaires pour éviter que les banques ne soient éventuellement prises d’assaut et empêcher de nouvelles diminutions des réserves de la Banque centrale. Cette violation des règles de convertibilité de l’organisme d’émission a aggravé la crise de confiance et débouché sur une pure et simple cessation de paiements. Au début de février, il a été décidé de laisser librement flotter le taux de change. La très forte dépréciation qui en résulte laisse craindre une spirale inflationniste. Ceci aggraverait la récession déjà sérieuse que connaît le pays depuis maintenant quatre ans, et rendrait la situation encore plus difficile pour la population. Le gouvernement s’efforce actuellement de maîtriser le déficit budgétaire, ce qui est manifestement une priorité essentielle. On ignore cependant encore quelle sera l’incidence de la dépréciation du taux de change sur l’endettement du secteur privé, et quelle sera l’ampleur des mesures d’assainissement qui devront être prises pour y remédier.
… mais les effets de contagion financière ont cependant été limités dans la région
C’est peut‑être parce que la crise argentine avait été largement anticipée et prise en compte par les marchés qu’elle n’a eu qu’une incidence financière limitée sur les autres pays de la région. Les pressions sur le taux de change se sont atténuées tant au Brésil qu’au Chili pendant le second semestre de 2001, et la croissance reprend à un rythme modéré dans ces deux pays. Ce découplage financier pourrait aider à limiter les réticences des investisseurs à s’engager sur les marchés émergents de la région et détourner la menace très redoutée d’une forte baisse des flux de capitaux privés. La reprise de l’activité dans les pays de l’OCDE, notamment aux États‑Unis, créerait aussi des conditions favorables. En particulier, un redressement de la demande d’énergie aurait des effets positifs pour les pays exportateurs de ressources naturelles et d’énergie – comme le Venezuela – qui ont souffert de la récession mondiale.
 
Chine
 
 
La croissance du PIB réel de la Chine a ralenti dans les derniers mois de 2001 mais tend maintenant à se raffermir
Les exportations de la Chine ont progressivement ralenti au cours de l’année 2001, n’augmentant que de 7 pour cent en dollars sur l’ensemble de l’année contre près de 29 pour cent en 2000. La croissance des importations s’est elle aussi affaiblie, mais la contribution globale de la demande extérieure à la croissance a été probablement négative sur l’ensemble de l’année. Les effets du ralentissement extérieur sur l’économie chinoise sont devenus manifestes au quatrième trimestre, où le taux de croissance du PIB réel est tombé à 6.4 pour cent en glissement annuel, soit nettement moins que le taux de 8.0 pour cent enregistré en 2000. Néanmoins, selon de récentes données, la demande extérieure comme la demande intérieure commenceraient à se raffermir. La production industrielle a progressé de 9 pour cent en décembre 2001 en glissement annuel, et les exportations avaient commencé à se redresser dès le mois de novembre. Les augmentations de salaires et les primes de fin d’année accordées aux fonctionnaires à la fin de l’an dernier ont vraisemblablement dopé la consommation et la production industrielle au début de 2002.
La croissance est devenue plus tributaire des dépenses des ménages et des entreprises
Si la croissance globale en termes réels a ralenti depuis 2000, sa composition s’est en même temps modifiée. Les contributions du secteur extérieur et du budget de l’État se sont contractées, les exportations ayant faibli et les dépenses publiques d’infrastructure ayant marqué un palier. La contribution du budget à la croissance ne sera probablement que limitée en 2002, malgré l’augmentation prévue de plus de 10 pour cent des dépenses militaires. En revanche, la demande de consommation, notamment au titre du logement et des biens s’y rapportant, s’est raffermie depuis 2000, et les dépenses d’équipement des entreprises publiques se sont accélérées. La compétitivité extérieure de la Chine demeure forte, comme en témoigne le fait que les exportateurs ont continué de gagner des parts de marché en 2001. Les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 15 pour cent l’an dernier, et les contrats d’IDE – indicateur précurseur des entrées futures – ont fortement augmenté en janvier 2002, avec une hausse de 33 pour cent en glissement annuel.
Il sera difficile à la Chine de conserver une croissance satisfaisante après son entrée à l’OMC
Malgré ces atouts, la Chine devra relever de sérieux défis à moyen terme pour préserver des taux de croissance réelle analogues à ceux qu’elle enregistre actuellement, compte tenu des ajustements qu’elle devra opérer en raison de sa récente entrée à l’OMC. La contribution nette du commerce extérieur restera probablement négative, les importations accusant une forte hausse du fait de l’abaissement des droits de douane et autres obstacles commerciaux au cours des prochaines années. La croissance intérieure est inégale, la progression des revenus demeurant nettement plus lente dans les zones rurales que dans les zones urbaines, et de vastes pans du secteur des entreprises enregistrant des taux de profit faibles ou négatifs et étant lourdement endettés. Les moyens dont disposeront les institutions financières pour aider les entreprises à procéder aux restructurations rendues nécessaires par l’adhésion à l’OMC seront limités par l’ampleur des créances douteuses, la faible rentabilité, et la place encore insuffisante accordée aux activités commerciales. De même, il ne sera sans doute guère possible de faire appel aux politiques macroéconomiques pour soutenir la croissance. Fin février, la Banque populaire de Chine a réduit de 50 points de base le taux des avances bancaires à un an, le ramenant à 5.35 pour cent (première réduction de ce genre depuis juin 1999). Néanmoins, cette mesure n’aura probablement qu’un effet limité, les banques restant peu enclines à consentir des prêts en raison des problèmes de créances douteuses ; comme, par ailleurs, les taux des dépôts à vue sont désormais inférieurs à 1 pour cent, il ne sera guère possible de procéder à de nouvelles réductions. Le niveau déjà élevé du déficit budgétaire de l’État réduit la marge de manœuvre disponible pour de nouvelles mesures budgétaires de relance, de même que la perspective de voir la dette publique augmenter fortement du fait de l’assainissement des bilans des institutions financières et des autres réformes qui seront probablement nécessaires au cours des prochaines années.

Tableau III.1
Prévisions pour la Chine a
IMGIMG2000 2001 2002 2003	Croissance du PI...IMGIMF
2000 2001 2002 2003 Croissance du PIB réel 8.0 7.3 7.1 7.6 Inflation 0.4 0.8 0.8 1.4 Solde budgétaire (en % du PIB) –2.8 –2.7 –3.3 –3.0 Balance des opérations courantes (en milliards de dollars des États-Unis) 20.5 17.5 15.2 8.9 Balance des opérations courantes (en % du PIB) 1.9 1.5 1.2 0.7 a) Les données relatives au PIB et à l’inflation sont des pourcentages de variation par rapport à la période précédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation. Source : Les chiffres pour 2000 sont des données finales de source nationale. Les chiffres pour 2001-03 sont des estimations et prévisions de l’OCDE.

Il sera essentiel de faire encore progresser les réformes structurelles
Comme le souligne une nouvelle étude de l’OCDE [*], les réformes structurelles internes seront essentielles pour que la Chine puisse recueillir les fruits de son adhésion à l’OMC. Au cours des prochaines années, il importera de réduire les divers obstacles, notamment ceux imposés par les pouvoirs publics, à la restructuration des entreprises, d’assainir la situation financière des banques pour qu’elles puissent mieux accompagner les ajustements de l’économie réelle, et d’améliorer la viabilité des finances publiques. Bien que des progrès soient déjà en cours dans ces différents domaines, les autorités ont préféré ne pas annoncer d’importantes nouvelles initiatives de réforme avant le changement de l’équipe gouvernementale au début de 2003.
 
Fédération de Russie
 
 
La croissance se poursuit en Russie, mais elle ralentit
En 2001, l’économie russe a connu une nouvelle année de croissance (à 5 pour cent), stimulée par la progression de la demande intérieure et les prix élevés du pétrole et du gaz pendant la majeure partie de l’année. Néanmoins, l’appréciation persistante de la monnaie en termes réels, les relèvements des prix intérieurs réglementés de l’énergie (qui restent encore artificiellement bas) et l’alourdissement des coûts salariaux ont réduit les marges de profit dans l’industrie russe. La production industrielle corrigée des variations saisonnières est restée pratiquement stationnaire pendant les derniers mois de 2001 et le début de 2002.

Tableau III.2
Prévisions pour la Fédération de Russie a
IMGIMG2000 2001 2002 2003	Croissance du PI...IMGIMF
2000 2001 2002 2003 Croissance du PIB réel 9.0 5.0 3.5 4.0 Inflation 20.2 18.6 15.0 10.0 Solde budgétaire (en % du PIB) b 2.0 2.5 2.0 0.0 Balance des opérations courantes (en milliards de dollars des États-Unis) 46.3 35.0 30.0 25.0 Balance des opérations courantes (en % du PIB) 16.0 10.0 8.0 6.0 a) Les données relatives au PIB sont des pourcentages de variation par rapport à l’année précédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation en fin d’année. b) Ce chiffre inclut les budgets des administrations fédérale, régionales et locales. Source : Les chiffres pour 2000 sont des données finales de source nationale. Les chiffres pour 2001-03 sont des estimations et prévisions de l’OCDE.

L’énorme excédent de la balance commerciale russe commence à se réduire
La rapide progression des importations (18 pour cent en 2001) et la légère baisse des prix du pétrole et du gaz finissent par entamer l’énorme excédent de la balance commerciale de la Russie. La balance courante s’est affaiblie de 10 milliards de dollars en 2001 par rapport à 2000, mais a encore dégagé un excédent de 35 milliards de dollars. Bien que la Banque centrale ait continué d’accumuler des réserves extérieures, les sorties nettes de capitaux, tant au titre du service de la dette extérieure qu’au titre d’investissements privés à l’étranger, demeurent la principale contrepartie de l’important excédent de la balance courante.
La politique macroéconomique demeure restrictive en raison de la persistance de tensions inflationnistes
Les achats de devises pour maintenir la stabilité du taux de change ont alimenté les tensions inflationnistes en Russie. Le taux annuel d’inflation, mesuré par l’indice des prix à la consommation, s’est établi à 19 pour cent en 2001. L’inflation mensuelle s’est accélérée à 3 pour cent en janvier 2002, bien que cela tienne essentiellement à des facteurs saisonniers et non récurrents. La politique budgétaire demeure restrictive, et le gouvernement russe s’est déclaré déterminé à éviter un déficit budgétaire en 2002 même en cas de baisse des prix du pétrole.
Les perspectives à court terme sont favorables
Grâce à l’accélération de la demande intérieure, la croissance économique de la Russie devrait se poursuivre en 2002, mais plus lentement qu’en 2001. La progression des importations demeurera probablement assez rapide compte tenu du renforcement de la demande et de l’appréciation du rouble, de sorte que l’excédent de la balance courante devrait encore diminuer en l’absence de hausses sensibles des prix du pétrole et du gaz. Le budget fédéral dégagera probablement un nouvel excédent en 2002, malgré les paiements exceptionnellement élevés prévus pour 2003 au titre de la dette extérieure, qui pourraient compliquer la situation budgétaire ultérieure en cas de faiblesse des prix du pétrole. Les facteurs transitoires qui ont soutenu la croissance économique de la Russie ces dernières années continuent de faiblir, de sorte que les perspectives à moyen et long terme dépendent de plus en plus de la réalisation de réformes visant à améliorer le climat des affaires et des investissements dans le pays. Le gouvernement russe a bien avancé sur la voie de ces réformes, mais d’énormes problèmes devront encore être réglés à l’avenir.
 
Brésil
 
 
La croissance du PIB a faibli tout au long de 2001…
La croissance du PIB a fortement ralenti tout au long de 2001 avant de devenir négative. Au quatrième trimestre, la production était inférieure d’environ 0.7 pour cent à son niveau d’un an auparavant. Cette baisse a principalement concerné le secteur industriel. Sur l’ensemble de l’année 2001, la croissance du PIB a été très modérée, ne dépassant probablement guère 1½ pour cent. Néanmoins, comparativement aux autres pays de la région, l’économie brésilienne a relativement bien résisté aux chocs intérieurs et extérieurs. Au plan interne, les risques de sévères pénuries d’énergie ne se sont pas concrétisés. La poursuite du programme d’économies d’énergie, l’utilisation plus systématique des mécanismes de prix, l’augmentation du potentiel d’importation d’électricité et la construction de nouvelles centrales thermiques et hydrauliques sont les principaux moyens auxquels le gouvernement a fait appel pour rationner la consommation d’énergie au début de mars 2002.
… mais le Brésil a bien résisté à la contagion financière dans la région
La contagion financière de la crise argentine a été contenue. La forte demande d’instruments de couverture émanant des opérateurs brésiliens s’est calmée et le taux de change vis-à-vis du dollar, qui s’était déprécié de plus de 30 pour cent entre janvier et septembre 2001, s’est stabilisé. En raison de la baisse du taux de change réel, la balance commerciale a, pour la première fois depuis 1995, dégagé un excédent en 2001 (2.6 milliards de dollars). Ce résultat a aidé à contenir le déficit de la balance courante à moins de 5 pour cent du PIB. Le risque d’un brusque assèchement des flux de capitaux à la suite des attentats du 11 septembre aux États-Unis a été évité, et le financement extérieur de l’économie brésilienne est demeuré satisfaisant. Malgré un net recul des flux mondiaux d’investissements privés, le Brésil a reçu en 2001 quelque 23 milliards de dollars d’investissements directs étrangers, soit à peu près le même montant que le déficit de la balance courante. Globalement, si les effets de contagion financière de la crise argentine ont été limités, c’est grâce semble‑t‑il au regain de confiance des marchés internationaux dans l’économie brésilienne.

Tableau III.3
Prévisions pour le Brésil a
IMGIMGCroissance du PIB réel 2000 2001 200...IMGIMF
Croissance du PIB réel 2000 2001 2002 2003 4.5 1.6 2.5 3.0 Inflation 6.0 7.7 5.0 4.0 Solde budgétaire (en % du PIB) b –1.2 –3.0 –3.5 –3.0 Solde budgétaire primaire (en % du PIB) 3.5 3.7 3.5 3.5 Balance des opérations courantes (en milliards de dollars des États-Unis) –24.7 –23.0 –22.0 –20.0 Balance des opérations courantes (en % du PIB) –4.2 –4.6 –4.1 –3.5 a) Les données relatives au PIB et à l’inflation sont des pourcentages moyens de variation par rapport à la période précédente. L’inflation se réfère à l’indice des prix à la consommation (IPCA). b) Sur la base d’un nouveau concept harmonisé qui ne tient pas compte des réévaluations de la dette publique dues aux variations du taux de change. Source : Les chiffres pour 2000 sont de source nationale. Les chiffres pour 2001-2003 sont des estimation et prévisions de l’OCDE.

Les politiques macroéconomiques soutiennent une reprise modérée de l’activité économique en 2002‑2003…
L’objectif d’inflation pour 2001 a été dépassé, la hausse des prix à la consommation atteignant 7.7 pour cent (en glissement annuel) en décembre. Ce dérapage a tenu à la fois à la faiblesse du taux de change et aux augmentations des prix réglementés. Malgré cela, en février, la Banque centrale a opté pour une certaine détente monétaire en réduisant pour la première fois de 0.25 pour cent le taux d’intérêt de référence à court terme, après l’avoir maintenu à 19 pour cent depuis mars 2001. Tout en évitant de donner à la politique monétaire une orientation exagérément restrictive, la Banque juge son action actuelle compatible avec un taux de hausse des prix à la consommation conforme à la fourchette d’objectif (3.5 ± 2 pour cent) d’ici la fin de 2002. Surtout, l’assainissement prévu des finances publiques a été poursuivi, l’excédent primaire s’établissant à la fin de 2001 à 3.75 pour cent alors que l’objectif initial était de 3.35 pour cent. Ainsi, le cadre législatif de la politique budgétaire (essentiellement la loi de responsabilité budgétaire) mis en place après la crise de change de 1999 continue de porter ses fruits. Le fait est que l’excédent primaire a tenu aux efforts d’assainissement menés aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau des États, ces derniers contribuant pour environ 1 pour cent du PIB à l’excédent.
… à condition que les facteurs de risques restent maîtrisés
Le taux de croissance du PIB devrait remonter à 2½â€‘3 pour cent en 2002 et 2003. Le taux de change étant relativement stable, et en l’absence de toute nouvelle augmentation importante des prix réglementés, le taux d’inflation se rapprochera sans doute progressivement de l’objectif de la Banque centrale. L’ajustement extérieur devrait lui aussi se poursuivre, quoiqu’à un rythme plus modéré. Les principaux risques qui entourent ces prévisions tiennent au poids du ratio dette publique/PIB, qui a augmenté de 4 points de pourcentage pour atteindre plus de 53 pour cent en décembre, en raison de l’effet négatif de la dépréciation du taux de change et du niveau élevé des taux d’intérêt réels. Pour que les finances publiques restent maîtrisées, il faudra que l’effort d’assainissement budgétaire soit résolument poursuivi aussi bien avant qu’après les élections d’octobre. La réduction du ratio dette extérieure‑exportations relativement élevé exigera elle aussi une rapide progression des recettes d’exportation. Cette amélioration ne se fera pas du jour au lendemain, étant donné que le renforcement de la compétitivité internationale des entreprises tient principalement à des facteurs structurels. Dans l’intervalle, le financement de la balance des paiements pourrait être soumis à certaines tensions si les flux internationaux de capitaux privés restaient limités. Les incertitudes politiques liées aux élections présidentielles domineront probablement les perspectives au cours des prochains mois, mais la bonne tenue de l’actuel cadre d’action face aux différents chocs qui ont affecté l’économie brésilienne est indubitablement un facteur positif.
 
NOTES
 
[*] La Chine dans l’économie mondiale : les enjeux de politique économique intérieure, OCDE, avril 2002. Un rapport de synthèse a été publié en mars 2002.
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