Perspectives économiques de l'OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-29162-3
286 pages

p. 139 à 145
doi: en cours

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no 72 2002/2

2002 Perspectives économiques de l’OCDE

III. Évolutions dans un certain nombre d’économies non membres de l’OCDE

La nette reprise de la croissance du PIB réel dans les économies d’Asie au premier semestre 2002 a été déclenchée par une remontée des exportations manufacturières vers les États‑Unis, à quoi s’est ajouté un raffermissement de la demande intérieure régionale. Le redéploiement en cours des capacités de production régionales vers la Chine stimule également les échanges à l’intérieur de la région. En dépit du rétablissement observé en 2002, la demande interne de plusieurs économies est vulnérable aux risques de dégradation résultant de la persistance de tensions financières internes et d’autres problèmes structurels. En Chine, ces difficultés sont susceptibles de conduire à un affaiblissement progressif de la demande intérieure et de la croissance du PIB réel au cours des prochaines années, à moins que ne soient entreprises de nouvelles réformes s’ajoutant à celles qui sont officiellement programmées à l’heure actuelle.
La croissance économique en Europe du Sud-Est et dans les nouveaux États indépendants, dont le commerce dépend principalement des pays européens, n’a guère profité de la reprise aux États-Unis et continue de s’appuyer sur une forte expansion de la demande interne. La croissance réelle devrait rester robuste en 2002, aux environs de 4 pour cent en Russie comme dans la région. Pour la Russie, une croissance de cet ordre peut s’avérer viable dans le moyen terme, principalement du fait d’une meilleure gestion des grandes entreprises privées russes et d’une amélioration de la politique macroéconomique. Cependant, la stabilité du cadre macroéconomique dépend encore de manière critique d’une gestion efficace et prudente des rentrées exceptionnelles de recettes budgétaires et de devises découlant du niveau élevé actuel des prix du pétrole, l’objectif étant d’éviter la formation d’importants déséquilibres courants et budgétaires en cas de fléchissement des cours pétroliers.
Les problèmes de l’Argentine et du Brésil, et leurs répercussions sur les pays voisins, se sont traduits par une performance économique médiocre de l’Amérique du Sud en 2002. Au Brésil, le PIB réel a stagné, du fait en partie de l’incertitude politique entourant les élections d’octobre. La crise argentine est peut-être en train de se dénouer, même si les signes de reprise sont fragiles. Le redressement économique dépend, au Brésil, d’une transition politique sans heurts et du maintien de politiques macroéconomiques prudentes, et, en Argentine, de l’avancée des réformes.
Les économies asiatiques se sont redressées en 2002, grâce à la vigueur des exportations…
L’activité économique dans les économies asiatiques a vivement rebondi en 2002 sous l’effet d’une forte remontée des exportations alimentée par le redressement de la demande aux États‑Unis. Le PIB réel des Économies dynamiques d’Asie a augmenté de 2.4 pour cent en glissement annuel au premier semestre 2002, après avoir décru légèrement en 2001. La croissance du PIB réel de la Chine s’est également renforcée. La Malaisie, Singapour et le Taipei chinois, qui sont relativement spécialisés dans les produits électroniques et qui avaient subi en conséquence des ralentissements particulièrement sévères en 2001, ont enregistré les reprises les plus fortes cette année. La croissance des exportations et importations asiatiques se trouve également stimulée avec l’impulsion donnée aux échanges intrarégionaux par le redéploiement en cours des activités d’assemblage et d’autres opérations de production régionales vers la Chine. Par conséquent, et sous réserve que les économies de l’OCDE se rétablissent comme prévu, les exportations devraient continuer de croître à un rythme soutenu jusqu’en 2004.
… mais la demande intérieure s’est également raffermie…
Le rebond des exportations s’est accompagné d’une reprise de la demande intérieure privée, alimentée dans les Économies dynamiques d’Asie par un raffermissement des dépenses de consommation et une remontée de l’investissement, effets renforcés dans plusieurs pays (en particulier Singapour et la Thaïlande) par des mesures de relance budgétaire. La demande intérieure et la croissance du PIB réel devraient s’accélérer de nouveau en 2003. Toutefois, la persistance de tensions dues à la dette privée intérieure implique des risques de dégradation significatifs dans un certain nombre d’économies, tandis que la déflation constitue un risque à Hong‑Kong, Chine.
… comme en Europe du Sud-Est et dans les nouveaux États indépendants
L’Europe du Sud‑Est et les nouveaux États indépendants ont connu un ralentissement de l’activité économique au premier semestre 2002, dû pour partie à une demande extérieure morose et pour partie à des problèmes structurels persistants. La croissance économique de la région devrait atteindre environ 4 pour cent en 2002 grâce à la vigueur persistante de la demande interne – surtout en Russie. La croissance a bénéficié d’une amélioration de la gestion macroéconomique et, dans les Balkans, de l’arrêt des conflits armés. Pour la région dans son ensemble, un renforcement de la stabilité macroéconomique lié à de nouveaux progrès sur le front des réformes structurelles, entre autres des améliorations du cadre de l’investissement direct étranger (IDE), seront indispensables pour maintenir la croissance en termes réels au-delà de 2002.
L’Amérique du Sud souffre de la faiblesse de l’économie brésilienne et de la crise en Argentine
La crise argentine paraît avoir atteint son maximum, même si les signes de reprise sont faibles. Après une contraction du PIB de 15 pour cent au premier semestre, l’activité économique semble se redresser lentement. L’inflation s’est ralentie au cours des derniers mois et le taux de change est stable depuis juillet. Au Brésil, les incertitudes politiques à la veille de l’élection présidentielle ont suscité de fortes pressions à la baisse sur le taux de change et sur les prix des obligations. Ces conditions financières défavorables, et peut‑être une perte de confiance plus générale, ont affaibli la demande de consommation et d’investissement en 2002. Les turbulences dans la région ont altéré la performance économique du Chili, où la croissance de la demande interne et celle des exportations se sont l’une et l’autre enlisées. La région dans son ensemble a également souffert d’une nette contraction de l’investissement direct étranger. La reprise économique au Brésil est tributaire d’un changement de gouvernement raisonnablement ordonné et du maintien de politiques macroéconomiques prudentes. En Argentine, la paralysie du système bancaire et la morosité de la demande de consommation handicapent la reprise économique à court terme. Il y a peu de chances que les réformes majeures nécessaires soient engagées avant les élections de mars 2003.
 
Chine
 
 
La croissance du PIB réel s’est accélérée en 2002
Aux second et troisième trimestres 2002, la croissance du PIB réel de la Chine a atteint 8 pour cent en glissement annuel, contre 6.8 pour cent en moyenne au second semestre 2001. Les exportations, tirées par la reprise de la demande aux États‑Unis et dans les autres économies asiatiques, ont augmenté de 19.4 pour cent en glissement annuel sur la période janvier-septembre et ont alimenté le raffermissement de la croissance du PIB réel. Toutefois, les importations ont aussi fortement progressé et la contribution nette de la demande externe devrait être légèrement négative pour 2002 dans son ensemble. La demande interne s’est accélérée, sous l’effet principalement d’une vive hausse de l’investissement fixe, qui a bondi de 24 pour cent au cours des neuf premiers mois de 2002 par rapport à la période correspondante de 2001.
La croissance des exportations a été stimulée par des gains de parts de marché
Outre la reprise sur ses marchés extérieurs, la forte croissance des exportations de la Chine reflète des gains de parts de marché chez ses principaux partenaires commerciaux. Ces gains dus à la solide position concurrentielle internationale de la Chine ont été confortés par l’expansion rapide de l’investissement direct étranger dans ses secteurs exportateurs. Le transfert en Chine de moyens de production en provenance d’autres économies asiatiques, notamment le Japon, la Corée et le Taipei chinois, est en train de transformer la Chine en une grande plate‑forme régionale d’exportation. L’investissement étranger dans les entreprises chinoises a largement contribué à l’essor des exportations, mais il a aussi dopé les importations de biens d’équipement et de biens intermédiaires. L’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce devrait soutenir et même accentuer ce processus. Les entrées d’investissements directs étrangers ont grimpé en flèche après l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, pour afficher une hausse de 22.5 pour cent en taux annuel sur les neuf premiers mois de 2002.
La demande intérieure a été tirée par l’investissement public
En 2002, la formation de capital fixe a été le principal moteur de la demande interne, stimulée par les dépenses publiques d’infrastructure qui se sont concentrées sur le premier semestre de l’année. Elles se sont sans doute modérées au second semestre, afin que soit respecté l’objectif de fin d’année pour le déficit budgétaire total, qui ne doit pas dépasser 3 pour cent du PIB. En revanche, les dépenses en capital des entreprises nationales ont été beaucoup plus faibles, car une grande partie du secteur industriel se caractérise par des bénéfices médiocres, un accès limité au crédit externe, des capacités excédentaires et des prix en baisse.
La croissance de la consommation se ralentit
La croissance de la consommation, qui a été un des piliers majeurs de la demande intérieure, se ralentit également, en dépit des mesures prises ces dernières années pour la stimuler. Les dépenses des ménages ont bénéficié de la progression des revenus urbains, des hausses de salaire dans le secteur public, des programmes de prêts au titre du logement et de la baisse des prix des automobiles et d’autres biens de consommation durables. Néanmoins, la confiance des consommateurs s’effrite et l’épargne des ménages augmente avec la montée du chômage. Celui‑ci devrait s’aggraver car des unités de production sont fermées pour réduire les excédents de capacité et les entreprises chinoises continuent d’alléger leurs coûts de main-d’œuvre.
La politique macroéconomique ne peut offrir qu’un soutien limité…
La capacité de la politique macroéconomique de neutraliser les effets déflationnistes de ces problèmes structurels est au mieux limitée. La politique monétaire ne peut guère s’assouplir davantage, puisque le taux servi sur les dépôts à un an atteint déjà un point bas de 2 pour cent. Malgré ce faible taux créditeur, les taux débiteurs sont relativement élevés en termes réels, étant donné la baisse des prix et la forte marge entre taux débiteur et taux créditeur que les autorités ont maintenue, en partie pour conforter les bénéfices des banques. Celles-ci, qui s’efforcent en priorité d’éviter l’apparition de nouvelles créances douteuses, se sont montrées réticentes à prêter à une fraction importante des entreprises, et en particulier aux PME. Les possibilités de nouvelles mesures de relance budgétaire s’estompent également, notamment si l’on considère les coûts futurs considérables que l’État devra prendre en charge pour recapitaliser convenablement les institutions financières et pour mener à bien d’autres réformes économiques.

Tableau III.1
Prévisions pour la Chine a
IMGIMGCroissance du PIB réel 	2001 	2002 2...IMGIMF
Croissance du PIB réel 2001 2002 2003 2004 7.3 7.9 7.5 6.9 Inflation 0.7 -0.7 -0.2 0.0 Solde budgétaire (en % du PIB) -2.6 -3.0 -3.2 -3.3 Balance des opérations courantes (milliards de dollars) 17.4 18.4 14.7 10.1 Balance des opérations courantes (en % du PIB) 1.5 1.5 1.1 0.7 a) Les données relatives au PIB et à l’inflation sont des pourcentages de variation par rapport à la période précédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation. Source :Les chiffres pour 2001 sont des données finales de source nationale. Les chiffres pour 2002-04 sont des estimations et prévisions de l’OCDE.

… et plus de réformes structurelles sont nécessaires à une croissance suffisante
Dans ces conditions, et en l’absence d’autres réformes structurelles que celles qui sont aujourd’hui officiellement programmées, la demande intérieure et la croissance du PIB réel devraient se ralentir progressivement ces des deux prochaines années. Pour éviter pareille issue, il faut engager d’urgence des réformes et s’attaquer au cercle vicieux inhérent aux problèmes financiers actuels des banques et des entreprises chinoises [*]. Cela exigera une recapitalisation des banques accompagnée de réformes plus énergiques pour faire en sorte que les établissements bancaires fonctionnent comme des entités commerciales à but lucratif qui respectent les normes prudentielles et qui sont capables d’imposer une discipline financière adéquate à leur clientèle d’entreprises. Parallèlement, d’autres initiatives s’imposent pour renforcer le gouvernement d’entreprise, en particulier en réduisant l’intervention de l’État dans la gestion des entreprises publiques, pour stimuler la concurrence dans certains secteurs et pour réduire le protectionnisme régional.
 
Fédération de Russie
 
 
La croissance du PIB s’est ralentie pour atteindre ce qui pourrait être son taux potentiel
L’économie russe a continué de progresser, mais à un rythme un peu plus lent qu’en 2001. La croissance, alimentée principalement par une vigoureuse demande interne, devrait avoisiner 4 pour cent en 2002. Les fortes majorations de salaire et les ajustements administratifs des prix intérieurs de l’énergie et des transports (toujours contrôlés) ont continué de peser sur la rentabilité de bon nombre d’entreprises industrielles russes, ce qui a freiné sensiblement la croissance de l’investissement. En même temps, la restructuration de certains pans du secteur des grandes entreprises privées a pu finalement induire des gains d’efficience, et neutraliser dans une certaine mesure les pressions des coûts de main‑d’œuvre et des autres coûts sur la compétitivité. Certaines de ces entreprises s’emploient désormais à diversifier leurs activités dans la région et sont en passe de devenir des sociétés multinationales.
L’important excédent commercial de la Russie continue de fondre rapidement
Dans le contexte d’une dollarisation encore intense, l’appréciation réelle continue du rouble face au dollar a favorisé le processus de désinflation. Toutefois, la compétitivité extérieure globale n’a guère été altérée : en raison de la dépréciation du rouble vis‑à‑vis de l’euro, le taux de change réel effectif (pondéré en fonction des échanges internationaux) de la Russie est resté presque inchangé en 2002. Néanmoins, l’augmentation du volume des exportations en 2002, alimentée en partie par une hausse de la production dans le secteur pétrolier, a été effacée par une forte expansion continue du volume des importations. En conséquence, l’important excédent commercial a continué de décroître rapidement, et au cours des neuf premiers mois de 2002 il a perdu près de 20 pour cent par rapport à la période correspondante de l’année précédente.

Tableau III.2
Prévisions pour la Fédération de Russie a
IMGIMGCroissance du PIB réel 	2001 	2002 2...IMGIMF
Croissance du PIB réel 2001 2002 2003 2004 5.0 4.0 4.5 3.5 Inflation 18.6 15.0 12.0 10.0 Solde budgétaire (en % du PIB) b 2.9 1.6 0.6 0.5 Balance des opérations courantes (milliards de dollars) 34.6 27.5 18.5 10.0 Balance des opérations courantes (en % du PIB) 11.1 7.8 4.7 2.3 a)Les données relatives au PIB sont des pourcentages de variation par rapport à l’année précédente. L’inflation est mesurée par l’indice des prix à la consommation en fin d’année. b)Ce chiffre inclut les budgets des administrations fédérale, régionales et locales. Source :Les chiffres pour 2001 sont des données finales de source nationale. Les chiffres pour 2002-04 sont des estimations et prévisions de l’OCDE.

Les perspectives macroéconomiques à court terme restent favorables…
En 2003, de nouvelles et fortes hausses de salaire dans le secteur public et l’encadrement des prix de l’énergie et des transports dans la perspective des élections législatives et présidentielles devraient favoriser une croissance vigoureuse et persistante de la demande interne. L’expansion du PIB réel en 2003 sera aussi stimulée par la reprise de l’économie mondiale. Il n’est toutefois pas certain que la demande intérieure puisse alimenter la croissance du PIB réel au rythme actuel après 2003.
… mais les risques à moyen terme se sont accrus
Une demande interne élevée et un taux de change réel raffermi continueront d’alimenter la croissance des importations, ce qui, même si les prix du pétrole et du gaz se maintiennent à leurs niveaux élevés actuels, réduira davantage l’excédent courant (encore substantiel) de la Russie. Tandis que la réalisation de l’excédent budgétaire prévu sera plus difficile en 2003 que les années précédentes, étant donné le cycle électoral et la charge exceptionnellement lourde que les obligations au titre de la dette extérieure exercent sur le budget fédéral, la politique macroéconomique restera raisonnablement saine. Aux niveaux actuels, l’excédent courant comme l’excédent budgétaire peuvent encore jouer un effet amortisseur substantiel dans l’éventualité d’une baisse des prix du pétrole. A moyen terme, toutefois, il existe un plus grand risque de voir une forte baisse des cours pétroliers engendrer de graves déséquilibres budgétaires et courants.
 
Brésil
 
 
La croissance a stagné et le taux de change s’est déprécié…
Au premier semestre 2002, l’économie brésilienne a continué de souffrir d’une conjoncture extérieure défavorable et de l’incertitude entourant les élections présidentielles. La croissance du PIB a stagné, avec une contraction prononcée de l’investissement (–7 pour cent par rapport à la période correspondante de l’année précédente) et une baisse plus légère de la consommation privée (–1 pour cent). La crise actuelle en Argentine et la croissance médiocre chez quelques autres grands partenaires commerciaux ont entraîné un recul des exportations de 5 pour cent en volume. Mais les importations ont accusé un repli encore plus marqué (18 pour cent) dû principalement à la stagnation de la demande intérieure et à la dépréciation de plus de 30 pour cent du real. En conséquence, la balance commerciale et la balance des opérations courantes ont affiché une amélioration tendancielle. En dépit des efforts du gouvernement pour rétablir la confiance et malgré un montage financier de 30 milliards de dollars du Fonds monétaire international conclu fin juillet (6 milliards de dollars cette année, le reste l’an prochain), les marchés de capitaux sont restés très fébriles. Au total, la croissance du PIB pour l’année civile 2002 sera quelque peu décevante, aux environs de 1.2 pour cent.
… ce qui a conduit la Banque centrale à durcir la politique monétaire…
Pour 2002 on prévoit une inflation de l’ordre de 9 pour cent, ce qui signifie que le taux visé (5.5 pour cent cette année) sera dépassé pour la seconde année consécutive. Confrontée à une économie morose, mais aussi à une forte dépréciation du taux de change et aux pressions inflationnistes potentielles connexes, la politique monétaire s’est d’abord employée à stimuler modérément l’activité économique. Cependant, les pressions accrues sur le taux de change et l’inflation ont conduit la Banque centrale à changer de cap et à restreindre les liquidités en portant le taux d’intérêt à court terme de 18 à 21 pour cent à la mi‑octobre.
… qui s’est appuyée sur des objectifs budgétaires stricts
L’évolution des finances publiques reste conforme aux prévisions, l’excédent budgétaire primaire ayant atteint 4 pour cent du PIB pour les trois premiers trimestres de 2002. Néanmoins, le refinancement de la dette publique est devenu plus difficile, et l’État a été contraint de raccourcir encore l’échéance moyenne. La hausse de 9 points du ratio dette publique/PIB qui a atteint 62 pour cent (fin juillet) s’explique essentiellement par la dépréciation du real au premier semestre 2002. Il convient de noter que, dans une proportion de près de 30 pour cent, la dette publique nette totale est libellée en monnaies étrangères ou indexée sur le dollar des États‑Unis.
Un changement de gouvernement sans heurts peut favoriser l’activité économique en 2003…
Le nouveau gouvernement entrera en fonctions le 1er janvier 2003. La transition semble se faire en douceur et une certaine continuité des politiques paraît assurée. Premièrement, le président nouvellement élu a annoncé son intention de mener une politique budgétaire prudente, et en particulier de maintenir l’excédent primaire à son niveau actuel. L’obtention par le Brésil des 24 milliards de dollars de fonds du FMI en 2003, nécessaires pour assurer le service de la dette extérieure, est subordonnée au maintien de politiques macroéconomiques saines. Deuxièmement, l’actuelle administration a mis en place un « projet de transition présidentielle » qui crée les conditions d’un changement de gouvernement relativement harmonieux et transparent. D’autres dispositions institutionnelles existantes, notamment la loi de responsabilité budgétaire, garantissent un plafonnement des dépenses publiques à tous les niveaux d’administration. Autre signe positif, le président élu s’est engagé à lancer d’urgence des réformes structurelles concernant les systèmes de retraite et de sécurité sociale et le marché du travail. Dans ces conditions, la croissance devrait se redresser quelque peu au second semestre 2002 et en 2003, en particulier sous l’impulsion de la demande privée et des exportations.

Tableau III.3
Prévisions pour le Brésil a
IMGIMGCroissance du PIB réel 	2001 	2002 2...IMGIMF
Croissance du PIB réel 2001 2002 2003 2004 1.5 1.2 2.0 3.5 Inflation 7.7 9.0 9.0 7.0 Solde budgétaire (en % du PIB) b -5.3 -3.5 -3.2 -4.5 Solde budgétaire primaire (en % du PIB) 3.8 3.9 3.8 3.5 Balance des opérations courantes (milliards de dollars) -23.2 -11.0 -9.0 -10.0 Balance des opérations courantes (en % du PIB) -4.6 -2.9 -2.2 -2.2 a)Les données relatives au PIB et à l’inflation sont des pourcentages moyens de variation par rapport à la période précédente. L’inflation se réfère à l’indice des prix à la consommation (IPCA). b)Sur la base d’un nouveau concept harmonisé qui ne tient pas compte des réévaluations de la dette publique dues aux variations du taux de change. Source :Les chiffres pour 2001 sont de source nationale. Les chiffres pour 2002-04 sont des estimations et prévisions de l’OCDE.

… mais la dynamique de la dette publique doit être contestée
Un risque sérieux de dégradation tient à la viabilité de la dynamique de la dette, à supposer que la confiance dans la poursuite d’une politique macroéconomique saine ne soit pas rapidement restaurée et que les marchés de capitaux continuent de faire preuve d’une grande instabilité. Un scénario négatif consisterait pour le gouvernement à maintenir les taux d’intérêt réels à des niveaux artificiellement bas en contraignant la banque centrale à mener une politique monétaire plus expansionniste. La réduction des taux d’intérêt réels pourrait alléger temporairement le fardeau de la dette lié au taux d’intérêt à court terme, mais pareille stratégie aboutirait probablement à un cercle vicieux marqué par la montée de l’inflation, l’érosion de la confiance et la dépréciation de la monnaie. La dépréciation du real alourdirait la charge interne du service de la dette liée au dollar des États‑Unis, et par là même entamerait davantage la confiance, ce qui rendrait en fin de compte plus difficile le refinancement de la dette publique. Une issue plus positive se dessinera si le nouveau gouvernement parvient à restaurer rapidement la confiance sur les marchés, atténuant ainsi les tensions sur le taux de change et l’impact négatif sur le ratio dette libellée en dollars/PIB.
 
NOTES
 
[*] Pour une analyse approfondie des priorités des réformes économiques en Chine, voir OCDE, La Chine dans l’économie mondiale : les enjeux de politique économique intérieure, Paris, 2002.
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