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Philosophia Scientiæ

2016/3 (20-3)

  • Pages : 170
  • Affiliation : Revue affiliée à Revues.org

  • ISBN : 9782841747726
  • Éditeur : Editions Kimé

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Résumé

Français

Dans cet article j’examine la situation de la Nouvelle Académie dans la classification du scepticisme élaborée par Jules Vuillemin. Celui-ci, dans une étude intitulée « Une morale est-elle compatible avec le scepticisme ? », a distingué quatre types de scepticisme : le scepticisme radical, celui de Pyrrhon ; le scepticisme esthète ou raffiné, celui d’Aristippe ; le probabilisme individuel, celui de Carnéade ; et le probabilisme démocratique, celui de Hume. Or cette classification présente de multiples difficultés. Est-il légitime de faire usage à propos de la Nouvelle Académie du concept de « scepticisme » qui la définit beaucoup plus par rapport au néopyrrhonisme d’Enésidème et de Sextus Empiricus que par rapport à ses racines platoniciennes ? Comment ignorer le fait que les arguments de Carnéade n’étaient pas formulés propria persona, mais dans un processus dialectique anti-stoïcien ? Et que dire de tous les textes qui, notamment sur la question du plaisir, ne correspondent pas à son analyse ? Et pour terminer, le fait que Villemin cite pour l’essentiel le témoignage cicéronien, pose le problème des différences sémantiques entre le latin et le grec.

English

Jules Vuillemin, Pyrrhonism and Carneades ‪The purpose of this article is to analyze the place of the New Academy in the classification of Scepticism elaborated by Jules Vuillemin. In his 1985 paper “Une morale est-elle compatible avec le scepticisme?”, Vuillemin distinguished four types of Scepticism: the radical kind embodied by Pyrrho; the aesthetic or sophisticated kind represented by Aristippus; the individual probabilism of Carneades; and the democratic probabilism incarnated by Hume. This classification raises several difficulties. Is it legitimate to apply the concept of Scepticism to the New Academy which did not exist at the time of Carneades? By using this concept, ‪ ‪Vuillemin characterizes the New Academy by referring to the neo-Scepticism of Enesidemus and Sextus Empiricus rather than to the Platonic roots of the New Acedemy. How can it be ignored that the Carneadian arguments were not asserted ‪ ‪propria persona‪ ‪ but instead in the framework of a dialectic anti-Stoic process? What about all the texts which do not correspond to Vuillemin’s analysis—especially those on the problem of the pleasure? Last, but not least, the fact that Vuillemin works almost exclusively on Ciceronian passages raises the problem of the semantic differences between Greek and Latin.‪
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