2002
Revue philosophique de la France et de l’étranger
Le temps dans l’antiquité
Monique Dixsaut
Les articles composant ce numéro reprennent certaines communications présentées au séminaire de philosophie antique de l’Université Paris I. Denis O’Brien et moi-même, qui en étions responsables, avions choisi le thème du temps, car, si de nombreuses et savantes études traitent de ce problème chez l’un ou l’autre des grands auteurs de l’Antiquité, aucun ouvrage, en revanche, ne l’envisage dans son ensemble. Ce qui suit a donc pour ambition de mettre en perspective quelques approches de cette chose étrange dont Aristote, dans ses apories sur le temps, dit qu’on a pu soutenir soit qu’ « elle n’existe absolument pas », soit qu’elle n’existe qu’ « à peine et d’une manière obscure ».
On pourra voir que, si la question du mode d’existence du temps est primordiale (en particulier chez des doxographes comme Sextus Empiricus qui ont repris le traitement aporétique d’Aristote) – est-il cosmique ou psychologique, objectif ou subjectif, substantiel ou accidentel, linéaire ou cyclique ? –, elle est, pour les philosophes anciens, inséparable de celle de savoir comment sont, ou ne sont pas, affectés les êtres qui sont dans le temps. Du Parménide de Platon aux Stoïciens en passant par Aristote et Épicure, ce sont les effets du temps qui passent au premier plan. On pourrait même dire que toute ontologie grecque se construit pour arracher le temps à sa conception tragique et tente, chacune à sa façon, de nous proposer des moyens de nous soustraire à sa contingence et à son essentielle inquiétude.
La Rédaction de la Revue adresse à Mme Monique Dixsaut ses biens vifs remerciements pour le travail qu’elle a fourni dans la constitution de ce numéro.
LA REDACTION.