Revue philosophique de la France et de l'étranger
P.U.F.

I.S.B.N.9782130534501
144 pages

p. 79 à 101
doi: en cours

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Tome 128 - n° 1 2003/1

Francis Bacon : réforme de l’Etat ou réforme de la société ?

Didier Deleule
Bacon fait partie de ces rares penseurs qui ont eu des responsabilités politiques à la hauteur de leur ambition intellectuelle. Ce n’est pas pour autant que la réforme du savoir qu’il propose aurait pour but essentiel, comme une grande partie de la critique baconienne le suggère, de mettre les sciences au service de la grandeur de l’Angleterre et, d’une façon plus générale, de la volonté de puissance de l’État absolu à l’âge classique. Bien au contraire, pour Bacon, c’est l’État lui-même qui doit servir l’augmentation et le rayonnement des sciences en vue de refonder l’empire du savoir que l’humanisme du siècle précédent n’avait su maintenir. Bacon belongs to those few thinkers who had quite a few political responsibilities parallel to their intellectual ambition. Yet the reform of knowledge doesn’t necessarily, when all is said, and as suggested by the major part of the Baconian criticism, aim first and foremost as to put sciences at the service of the greatness of England, and, more generally, of the will for power of the absolute State of the Renaissance. Quite reversely it is the very State which is meant to serve the rise and influence of sciences meant as they are to re-establish a supremacy of knowledge which the humanism of the previous century had been unable to keep alive.


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