Revue philosophique de la France et de l'étranger
P.U.F.

I.S.B.N.9782130534525
128 pages

p. 279 à 292
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Tome 128 - n° 3 2003/3

2003 Revue philosophique de la France et de l’étranger

Entre métaphysique, mathématique, optique et physiologie : la psychométrie au XVIIIe siècle

Wolf Feuerhahn
Psychologues et philosophes partagent une même lecture de l’histoire de la psychologie selon laquelle le recours aux mathématiques pour constituer une psychométrie au XIXe siècle aurait été l’indice évident d’une séparation définitive entre psychologies scientifique et philosophique. Le présent article montre que le projet d’une psychométrie est nettement plus ancien et qu’il est au contraire né dans un espace des savoirs dans lequel métaphysique, mathématique, optique et physiologie n’étaient pas séparés. Both psychologists and philosophers share a very same reading of the history of psychology according to which the recourse to mathematics in order to build psychometrics in the 19th century were to have been the obvious indication of an outmost separation between scientific and philosophical psychologies. This paper shows that the project of a psychometrics is far older, born as it was in an environment of knowledge in which metaphysics, mathematics, optics and physiology were not separated.
Il est délicat d’établir la date de naissance de la psychologie. Ebbinghaus a, pour cette raison, distingué son « passé » de son « histoire » :
« La psychologie a un long passé, mais une histoire courte. Elle a toujours été présente et a vieilli au cours des millénaires, mais elle n’a pu jouir à des époques plus anciennes d’une progression constante et continuelle vers une forme plus mûre et plus riche. [...] Ce n’est que dans [un] passé récent que se produit une évolution de la psychologie, d’abord à un rythme plus lent, puis, dernièrement, plus rapide. » [1]
Ebbinghaus inaugure par ces mots l’historiographie officielle de la psychologie, laquelle relègue dans la « préhistoire » la psychologie philosophique et attribue un rôle fondateur aux mesures psychophysiques de Fechner ainsi qu’à la création d’un laboratoire de psychologie expérimentale par Wundt à Leipzig en 1879. Ce couple théorico-institutionnel symbolise l’élévation de la psychologie au statut de science. La mathématisation est, avant même l’expérimentation, le critère de scientificité retenu pour affirmer la rupture entre recherches scientifiques et quêtes métaphysiques.
Cette historiographie ne fait pas l’objet de contestations de la part des philosophes. Pour ces derniers, en effet, l’avènement de la psychométrie est bien le signe d’un divorce entre science et métaphysique. Ils soulignent l’étrangeté des travaux des psychologues dits « scientifiques ». Depuis la deuxième moitié du XIXe siècle coexistent ainsi parallèlement psychologies scientifique et philosophique. Michel Foucault a décrit cette spécificité de la psychologie au sein des sciences du XXe siècle : « Un des a priori historiques de la psychologie, dans sa forme actuelle, c’est cette possibilité d’être, sur le mode de l’exclusion, scientifique ou non. » [2] Cette séparation entre psychologies scientifique et philosophique semble satisfaire les membres de ces deux disciplines, les uns pouvant mépriser les autres pour leur absence d’exactitude ou de sens spéculatif. Cette représentation de l’histoire de la psychologie présuppose que sa longue préhistoire a, du jour au lendemain, été oubliée, effacée. Comme si la longue durée de la psychologie avait brusquement cessé de structurer les recherches scientifiques. Mais les faits sont plus complexes. L’opposition entre psychologies scientifique et philosophique ressemble davantage à un artefact construit a posteriori pour pacifier des rapports de force institutionnels qu’à une catégorie historique féconde [3]. Perçue par les uns comme le paradigme du progrès scientifique et par les autres comme la caricature d’une pratique réductionniste de la science, la psychométrie doit faire l’objet d’une enquête. Il s’agit d’interroger la représentation commune selon laquelle elle serait née ex nihilo d’un projet scientifique et non métaphysique.
 
La « psychometria » wolffienne et la monadologie physique
 
 
La notion de « psychometria » est apparue en 1732, dans la Psychologia empirica et la Philosophia practica universalis de Christian Wolff (1679-1754), bien avant ce que l’on considère comme la phase d’autonomisation de la psychologie mathématisée. Son contexte n’est pas celui d’un positivisme antimétaphysique, mais d’un espace des savoirs fortement déterminé par l’enquête métaphysique. Il faut se garder ici de toute illusion rétrospective, éviter tout anachronisme et comprendre ce que signifie ce nouveau terme pour Wolff.
La connaissance mathématique de l’esprit humain
Wolff affirme dès 1728, dans le Discursus praeliminaris [4], introduction à son œuvre latine, qu’une connaissance mathématique des activités de l’esprit est possible. Il définit au § 14 la connaissance mathématique comme « la connaissance de la quantité des choses » et en donne quatre exemples : la connaissance mathématique de la chaleur du soleil de midi, du mouvement d’un fleuve dans son lit, de celui de planètes sur leurs orbites et, enfin, de l’attention. Ce dernier exemple montre que l’une des facultés supérieures de l’esprit (sur l’attention, cf. Deutsche Metaphysik, § 268-272) peut faire l’objet d’une connaissance mathématique comme les phénomènes physiques. Il suffit pour cela d’avoir « perçu le rapport entre l’attention que requiert une démonstration plus longue et celle qui suffit à une plus courte » (DP, § 14). La connaissance mathématique est donc la connaissance de rapports.
Elle peut s’appliquer à l’attention, car, selon Wolff, « tout ce qui est fini jouit d’une certaine quantité » (DP, § 13), toute réalité finie pouvant être augmentée ou diminuée. Wolff regroupe parmi les réalités finies aussi bien des réalités matérielles (la vitesse de l’eau, la trajectoire orbitale d’une planète) que des « réalités immatérielles ». Ainsi, il existe des degrés divers d’attention, de vertus ou de péchés, variables en fonction de la diversité des sujets humains (DP, § 13). On peut en outre exercer son attention pour la rendre plus vive (DM, § 270). Une connaissance mathématique des phénomènes psychiques est donc légitime. Elle répond d’ailleurs au souhait de Wolff qui souligne dès le premier chapitre de ses œuvres latines (DP, chap. 1) le lien nécessaire entre philosophie et mathématiques. Il distingue trois types de connaissances. La connaissance historique est connaissance de ce qui est et advient dans le monde matériel comme dans les substances immatérielles (DP, § 3) ; la connaissance philosophique dégage la raison d’un fait (DP, § 6), la connaissance mathématique détermine la quantité des choses (DP, § 14). Mais elles sont articulées les unes avec les autres. Alors que la connaissance historique « confirme » la connaissance philosophique (DP, § 26), la connaissance mathématique la « rend certaine » (§ 27). Les mathématiques permettent de démontrer que la quantité d’un effet est proportionnelle aux forces des causes (§ 27). Le lien entre ces deux types de connaissances est donc nécessaire pour atteindre « la plus haute certitude possible » (§ 28), « or rien ne nous tient plus à cœur que la certitude » (§ 28). Cette foi en la certitude permet de comprendre sa recherche d’une connaissance mathématique de toutes les réalités finies. La trajectoire de Wolff n’est pas pour rien dans cette foi, puisqu’il a longtemps été professeur de mathématiques à Leipzig (1703-1706) et Halle (1707-1714) avant d’obtenir une chaire en philosophie. Wolff a, d’autre part, lu la Medicina mentis (1687) de Tschirnhaus (1651-1708) avant même l’œuvre de Leibniz. Cela explique l’adoption du modèle mathématique en philosophie [5]. En l’appliquant aux « réalités immatérielles », Wolff affirme cette filiation contre le piétisme concurrent de Lange (1670-1744) à Halle [6]. La psychologie mathématique reste certes programmatique dans le Discursus Praeliminaris puisque Wolff ne précise pas comment il mesure le degré d’attention ou de vertu atteint. Mais la validité universelle de ce nouvel usage des mathématiques lui importe avant tout.
La « psychometria » qui apparaît aux § 522 et 616 de la Psychologia empirica, ainsi qu’aux § 607 et 608 de la Philosophia practica universalis, est présentée ainsi :
« Si l’on voulait présenter ces théorèmes sous une forme mathématique, il faudrait dire : 1 / Le plaisir est en proportion des perfections dont nous sommes conscients, et de la certitude de nos jugements sur ces perfections. 2 / La peine est en proportion des imperfections dont nous sommes conscients, et de la certitude de nos jugements sur ces imperfections [...]. Le plaisir ou la peine sont proportionnels à la perfection ou à l’imperfection, dont nous sommes conscients. Ces théorèmes aboutissent à une psychométrie qui fournit une connaissance mathématique de l’esprit humain, et est jusqu’ici désirée. Dans celle-ci même il convient de faire voir combien la grandeur de la perfection et de l’imperfection ainsi que la certitude du jugement ne doit pas moins être mesurée, jusqu’à constituer une mesure de la perfection et de l’imperfection de même que de la certitude des jugements : en effet ces théorèmes ne peuvent pas être utilisés avant que chacune de ces mesures soit inventée. Ces recherches ne sont pas conduites par moi pour une autre fin que de faire comprendre qu’une connaissance mathématique de l’esprit humain, et donc une psychométrie, est possible, et que l’âme apparaît aussi dans ces vérités mathématiques, c’est-à-dire dans l’arithmétique et dans la géométrie, qui s’occupent de quantité, qui suivent des lois mathématiques : ces vérités mathématiques ne sont pas moins mêlées aux choses contingentes dans l’esprit humain, qu’elles ne le sont dans le monde matériel. » [7]
Le § 522 montre que la psychométrie de Wolff combine un projet ancien, celui, scolastique, de quantifier les formes [8] et celui, plus récent, hérité de Tschirnhaus. Wolff occupe une position spécifique qui peut expliquer cette combinaison à première vue hétéroclite. D’un côté, il a été formé à Breslau, son lieu de naissance, en Silésie, zone marginale, où résistait encore à la philosophie moderne une scolastique très soucieuse de savoirs empiriques (cf. Wundt, p. 125-126). Il hérita donc de la scolastique à une époque où son enseignement est délaissé en Allemagne. D’un autre côté, il acquit un intérêt pour les mathématiques à travers la lecture de Tschirnhaus notamment. La psychométrie ou mesure des perfections de l’esprit peut être considérée comme le fruit de ce double héritage [9]. La psychométrie est la connaissance mathématique de l’esprit humain tout entier. Elle permet de connaître toutes les facultés : les facultés de connaissance supérieures (l’attention, DP, § 14) et inférieures (la mémoire, § 242 de la Psychologia rationalis) comme les facultés de désirer supérieures (la liberté, Philosophia practica universalis I, § 607-608) et inférieures (le plaisir, le déplaisir, § 522, ou la joie, § 616, Psychologia empirica). L’applicabilité des mathématiques à l’ensemble des réalités finies rend possible l’idée d’une mesure de l’activité des facultés humaines. Mais ce double héritage ne suffit pas à expliquer la genèse de la psychométrie. Wolff l’a accompagné d’un renouvellement métaphysique.
De la monade spirituelle à la monade physique [10]
Contrairement à l’idée reçue, Wolff a vivement protesté contre l’expression de « leibniziano-wolffianisme » [11]. Il s’est toujours refusé à cet amalgame, non par souci d’originalité, mais parce qu’il ne partageait pas l’une des thèses ontologiques centrales de Leibniz, selon laquelle toutes les monades sont douées de perception. La hiérarchie leibnizienne des monades n’implique pas de saut qualitatif. Toutes sont douées d’appétition et de perception. Ne varie que la clarté de leur perception. Wolff récuse ce continuisme et affirme que les éléments des corps ne sont pas doués de perceptions confuses [12]. Seules les monades les plus élevées le sont. Il institue ainsi un dualisme inexistant chez Leibniz. Les « monades brutes » ne sont pas des entités spirituelles capables de perceptions, mais de simples centres de forces [13]. Wolff rompt avec l’entr’expression idéale leibnizienne, avec l’harmonie universelle, et fonde ce qui sera nommé, par Kant notamment, une monadologie physique. Les relations entre substances simples ne sont plus d’entr’expression, mais d’interaction physique : les monades simples ont ouvert portes et fenêtres.
Toutefois, ce dualisme ontologique ne conduit pas à un dualisme épistémologique. Les éléments des choses matérielles devenus centres de forces constituent désormais le dénominateur commun des substances. La physique mathématique sert de modèle d’explication pour toutes les réalités finies, matérielles et immatérielles. La psychométrie a pour objectif de mesurer les degrés des activités de l’esprit. La monadologie physique autorise métaphysiquement à saisir l’activité des facultés comme des forces physiques. Mais c’est de la convergence entre le projet d’une connaissance mathématique de l’esprit humain, l’évolution de la monadologie en monadologie physique et les recherches photométriques que naquit vraiment la psychométrie.
 
Le modèle photométrique
 
 
Wolff cite plusieurs travaux d’optique mesurant les degrés de la lumière pour expliquer que nous percevons plus ou moins une source lumineuse. Au § 76 de la Psychologia empirica il fait référence aux travaux d’Alhazen ou Ibn al-Haytham (965-1039), mathématicien arabe fondateur de l’ « optique physiologique » [14]. Il cherche à aborder mathématiquement la question de la vision qu’il conçoit comme un processus de réception . Wolff renvoie (PE, § 76 rem.) au livre I de son Optique [15], dans lequel il procède à plusieurs expérimentations de « sensitométrie visuelle » [16]. Il démontre qu’un éclairage trop faible, trop fort ou l’interposition de flammes rend les objets invisibles ou fait disparaître certaines de leurs caractéristiques. Son but est de mesurer la perceptibilité d’un objet. Dans sa propre Optique publiée en 1606 [17], Risner a prolongé ces recherches et démontre (lib. 2, n. 20) le principe selon lequel « ce qui est plus visible fait obstacle à ce qui l’est moins » [18]. Wolff reprend et approfondit cette loi et affirme qu’ « une sensation plus forte obscurcit une plus faible de telle sorte que nous ne pouvons plus percevoir une perception plus faible » (PE, § 76). Il répond ainsi implicitement à la question de la mesure de la force d’une sensation. Il existe des sensations aux degrés variables. La perception peut donc jouer le rôle de repère pour mesurer la force des sensations.
L’influence de Bouguer est perceptible dans ces lignes [19]. Pierre Bouguer (1698-1758), fondateur de la photométrie, une technique de mesure de la lumière, cite, lui aussi, les travaux d’Alhazen et de Vitellion dans la préface à son Essai d’optique sur la gradation de la lumière (1729, XIII). Bouguer a mesuré en 1725 la lumière de la pleine lune en la comparant à celle d’une bougie. Il utilisa l’œil humain comme mesure de zéro pour déterminer l’égale ou l’inégale clarté de deux surfaces. Pour atteindre l’égalité, Bouguer s’appuya sur la loi de Kepler, selon laquelle « la force de la lumière est comme l’inverse du carré de la distance de la source à l’écran » (ibid., 3) [20]. L’œil ne peut certes pas mesurer le rapport entre deux impressions inégales, mais il peut aider à établir l’égalité entre deux surfaces juxtaposées, ce que Bouguer appelle « mesure de zéro ». Il utilisa cette méthode dans son Essai (1729) afin de comparer la force de deux sources lumineuses et déterminer la force nécessaire pour qu’une lumière puisse en obstruer une autre :
« Pour découvrir [...] combien la lumière d’un certain flambeau est plus forte que celle d’une bougie, on s’éloignera du flambeau, ou l’on s’approchera de la bougie jusqu’à ce qu’ils paraissent éclairer également ; et supposé qu’on soit obligé de se rapprocher 4 fois davantage de la bougie, on conclura que sa lumière était 16 fois plus faible, puisqu’il faut la faire augmenter 16 fois, par une distance 4 fois plus petite, pour la rendre égale à l’autre » (ibid., 4).
Wolff semble avoir transposé le questionnement photométrique dans le cadre de la psychologie. De même que l’œil permet de comparer la force de deux sources lumineuses, la perception humaine normale permet au psychométricien de comparer la force des différentes sensations. La rigueur mathématique doit permettre d’atteindre la certitude. Mais la psychométrie hérite aussi d’un problème. Bouguer conclut de la nature de la perception de la lumière à la nature de la lumière. Notre perception a valeur de référent objectif. Il initie une tradition photométrique oublieuse de la différence entre « lumen », l’agent physique externe, et « lux », l’effet psychique interne, pour laquelle la lumière est quelque chose d’extérieur à l’observateur. Bouguer était conscient de cette différence, mais sa « mesure de zéro » donna l’impression à ses successeurs qu’ils faisaient des mesures physiques, alors qu’ils exécutaient des expériences psychologiques [21]. Cette question du référent, qui constitue l’un des problèmes cruciaux de la validité des mesures de processus psychiques, est donc implicitement présente dès les balbutiements de la psychométrie.
En tout état de cause, la psychométrie wolffienne n’était pas une science instituée, elle n’était encore qu’un programme, une hypothèse [22] mentionnée de manière marginale. Aucune méthode de mesure n’avait été découverte, or « ces théorèmes ne peuvent pas être utilisés, avant que chacune de ces mesures soit inventée » (PE, § 522). Il s’agissait d’indiquer un idéal, ce que prouvent les § 522 de la Psychologia empirica ( « jusqu’ici désirée » ) et 607 de la Philosophia practica universalis ( « hactenus desiderata » ). La détermination de la nature en langage mathématique n’excluait pas les phénomènes de l’esprit, elle ne nécessitait pas de lois spéciales ; mais la question de sa réalisation restait entière. Un embryon de champ de recherche psychométrique se constitua toutefois très vite.
 
Un champ de recherches psychométriques au XVIIIe siècle
 
 
Le champ de la pensée allemande du XVIIIe siècle est structuré par l’opposition entre le piétisme et le rationalisme, illustrée par les cabales aboutissant à l’expulsion de Wolff de Prusse en 1723. Son rappel à Halle en 1740 par Frédéric II fut un moment d’apogée du wolffianisme. Pour le critiquer, il ne suffisait plus alors d’affirmer la prééminence du cœur sur la raison comme l’avait fait Lange. Le débat se déplaça de Halle à Leipzig sur le terrain plus proprement philosophique avec Adolf Friedrich Hoffmann (1703-1741) et son élève Christian August Crusius (1715-1775). Crusius ne rejette pas la philosophie wolffienne, il la discute [23]. Il place au fondement de sa métaphysique la « Wirklichkeit » ou réalité effective et critique l’usage trop important fait par les wolffiens du principe de contradiction [24]. La domination du wolffianisme dans les années 1740 est manifeste si l’on analyse les remarques de Crusius sur la possibilité de mesures psychométriques. Dans un passage de l’Anweisung vernünftig zu leben (1744, § 55), où il veut savoir pourquoi l’homme agit parfois mal alors qu’il connaît le bien, Crusius remarque certes que les « activités de l’âme ne peuvent être calculées à l’aide de nombres », même si elles entretiennent entre elles le même rapport que les nombres, et qu’il nous manque une unité de mesure capable de déterminer la grandeur de ces activités, mais choisit de justifier son propos à l’aide de nombres :
« On se représente une personne, laquelle, en s’éveillant le matin, pense qu’il serait bien mieux de se lever et d’attendre des tâches nécessaires que de jouir plus longtemps de l’agrément du sommeil. Posons que l’efficacité causée maintenant par les représentations des tâches nécessaires soit égale à 100, la liberté à 20, par contre le désir de dormir à 200, il sera déterminé de façon passive à préférer rester allongé en supposant également qu’il soupirera en même temps sur sa paresse et sa servitude. Ou bien, si l’on suppose dans le même cas que le désir est égal à 80, il pourra aussi librement décider de rester allongé même s’il considère que le fait de se lever est, pour ainsi dire, meilleur de 20 degrés » (§ 55).
L’usage des mathématiques en philosophie morale indique combien le wolffianisme a structuré le champ philosophique allemand [25]. Les mathématiques sont perçues par les wolffiens et leurs opposants comme un critère de rigueur. Crusius défend toutefois l’irréductibilité de la liberté humaine, ironise dans la dernière phrase sur le caractère déterminant des désirs et récuse la possibilité d’une psychométrie sans instrument de mesure.
La psychométrie est alors développée [26] par des médecins wolffiens formés à Halle, influencés par le professeur de médecine Friedrich Hoffmann (1660-1742), proche de Wolff [27].
Gottlieb Friedrich Hagen (1710-1769), docteur en philosophie de l’Université de Halle pour sa thèse sur la mesure du son articulé, y travailla avant d’enseigner la philosophie au gymnase de Bayreuth (1737-1742). Grand admirateur de Wolff [28], il explore la voie tracée par celui-ci dès la publication de la Psychologia empirica. Il publie en 1733 à Giessen une Dissertatio mathematica de mensurandis viribus propriis atque alienis et en 1734 à Halle-Magdeburg un Programma de mensurandis viribus intellectus. Hagen développe des techniques psychométriques différentes en fonction des facultés mesurées. Il propose de mesurer l’ampleur de l’attention (1733, § 12) en énumérant les idées auxquelles une personne est capable de penser et en mesurant la durée pendant laquelle il est possible de contempler une idée de façon continue et de la décomposer. Le degré de perfection de la raison dépend du degré de confiance dans les démonstrations. Son plus bas degré réside dans la simple compréhension des démonstrations, le degré intermédiaire dans leur imitation, le plus élevé dans leur invention autonome (1733, § 14). La psychométrie s’applique aussi aux facultés appétitives (1733, § 15-17) [29].
Johann Gottlob Krüger (1715-1759), docteur en philosophie (1737) et médecine (1742) de l’Université de Halle, y devint professeur ordinaire de médecine (1743) avant d’être nommé professeur ordinaire de philosophie et de médecine à l’Université de Helmstedt ; il dédia à Wolff sa thèse de médecine qui traitait de la sensation [30]. Il publia entre 1740 et 1749 une Naturlehre préfacée par Friedrich Hoffmann, dont le deuxième volume est consacré à la physiologie [31]. Un chapitre entier traite de la sensation (16, § 291-336), dans lequel il explique que la sensation naît de la vibration des membranes nerveuses, l’effet étant proportionnel à la cause. La force de vibration des nerfs dépend premièrement de la force du corps qui a excité le nerf et deuxièmement de la tension des nerfs. Krüger formalise en une équation mathématique le fait que, à tension des nerfs égale, la force des sensations est la même que la force des corps qui les ont causées (§ 316).
Les sources sont très pauvres concernant Christian Albrecht Körber, maître en philosophie de l’Université de Halle [32]. Il a publié un traité de psychométrie en 1746 [33], dont l’objectif immédiat est de mesurer les sensations, les images, l’attention et l’abstraction. L’attention n’est pour lui qu’une clarification plus intense des idées conditionnée par le fait que nos pensées, nos sentiments accélèrent le mouvement de certains fluides nerveux. La psychométrie y suit le modèle de la physique mathématique.
La psychométrie wolffienne a donné lieu à d’autres travaux, indépendants des développements cités plus haut, qui en sont restés à la combinaison wolffienne de la métaphysique et de la photométrie. Baumgarten (1714-1762) a ainsi salué, dès 1739, les propositions du maître Wolff en proposant une « anthropométrie » restée toutefois sans lendemain [34]. Le philosophe et mathématicien Lambert (1728-1777), auteur d’une Photometria (1760) dans laquelle il développait la mathématisation de la science fondée par Bouguer, propose dans sa métaphysique, l’Anlage zur Architectonic (1771), de développer une « agathométrie ». Son raisonnement repose sur une analogie entre les représentations et les forces. Comme chez Wolff, le vocabulaire est celui de la physique mathématique : les représentations sont des forces qui donnent sa direction et sa vitesse à la volonté (§ 110).
Kant, qui tente, comme Lambert, de dépasser le conflit entre Crusius et Wolff, entre « empiristes » et « noologistes » (CRP, A 854), défend une monadologie physique et s’intéresse aux projets de psychologie mathématique. En 1763, dans l’Essai pour introduire en philosophie le concept de grandeurs négatives, il reproche à Crusius (Pléiade I, p. 263) de n’avoir pas saisi que le concept de « grandeurs négatives » permettait de combiner rigueur mathématique et ontologie de la Wirklichkeit. Car « les grandeurs négatives ne sont pas des négations de grandeurs positives [...] mais quelque chose de vraiment positif en soi qui est seulement opposé à l’autre. Et, de la sorte, l’attraction négative n’est pas le repos, comme il le soutient, mais la vraie répulsion » (p. 264). De là il conclut leur possible usage en psychologie (p. 275-278). Après avoir montré que le déplaisir n’est pas un manque, mais « une sensation positive », Kant illustre comment on peut calculer le plaisir éprouvé :
« On apporte à une mère spartiate la nouvelle que son fils dans le combat s’est battu héroïquement pour la patrie. L’agréable sentiment du plaisir envahit son âme. On ajoute qu’il a souffert une mort glorieuse. Cette nouvelle diminue considérablement ce plaisir et le place à un degré inférieur. Désignez par 4a le degré du plaisir causé d’abord, si le déplaisir est une simple négation = 0, après la réunion des deux, la valeur de la satisfaction est de 4a + 0 = 4a, comme si, par conséquent, l’annonce de la mort n’avait pas diminué le plaisir, ce qui est faux. Que donc le plaisir éprouvé au récit de la bravoure soit = 4a et que ce qu’il en reste, après le déplaisir causé ensuite, soit = 3a, le déplaisir est alors = a, et il est la négative du plaisir, c’est-à-dire – a, d’où 4aa = 3a » (275-276).
Plaisir et déplaisir sont des grandeurs intensives et peuvent donc faire l’objet d’une connaissance mathématique. Bizarrement, cette participation de Kant aux recherches psychométriques de son époque n’est mentionnée par aucun historien de la psychologie, philosophe ou psychologue, comme si elle ne cadrait pas avec l’opposition présentée en introduction entre psychologies philosophique et scientifique. Par contre, nombreux sont les auteurs qui citent la préface des Premiers principes métaphysiques des sciences de la nature (1786) dans laquelle Kant, sans faire la moindre allusion à son œuvre de jeunesse, réfute la possibilité d’élever la psychologie au rang de science. La connaissance mathématique nécessite une synthèse de l’appréhension qui ramènerait la successivité temporelle du phénomène psychologique à l’unité d’un moment. La spécificité temporelle des processus psychiques serait donc niée. Cette objection ne semblait pas gêner le jeune Kant, dont l’exemple était précisément temporel. Kant semble avoir oublié la deuxième dimension des phénomènes psychiques, leur grandeur intensive qui, elle, peut faire l’objet d’un calcul [35]. Herbart, lointain héritier de Wolff [36], répondra à Kant, dans une conférence en 1822 portant sur « la possibilité et la nécessité d’employer les mathématiques en psychologie ” [37], que les mathématiques ne s’appliquent pas uniquement à des objets dans l’espace, que des forces dont l’intensité varie dans le temps peuvent être mesurées (96). La psychologie mathématisée doit avoir pour objet « la force de chaque représentation » et « le degré d’empêchement [Hemmung] entre elles » (102) [38].
La préface aux Premiers principes métaphysiques des sciences de la nature de Kant a durablement marqué le débat entre philosophie et psychologie. En excluant la psychologie des sciences mathématisées, Kant l’a reléguée au rang de connaissance historique. Il a, de la sorte, favorisé l’oubli des recherches psychométriques du XVIIIe siècle, auxquelles il avait lui-même participé. L’historiographie officielle de la psychologie scientifique a entériné ce jugement comme représentatif du siècle des Lumières [39] et considère que les premiers travaux psychométriques apparaissent dans l’œuvre de Fechner. L’histoire est ici prétexte à la délimitation de territoires disciplinaires. Il s’agit, pour les promoteurs d’une psychologie scientifique, de marquer leurs distances avec la métaphysique tandis que les défenseurs d’une psychologie philosophique soulignent l’écart entre leur pratique de la psychologie et la psychométrie réductionniste. Un travail d’anamnèse qui ne se contente pas d’une lecture décontextualisée des seuls « grands » auteurs permet de reconstituer l’histoire réelle de la psychologie mathématique dès le XVIIIe siècle et de se rendre compte que la psychométrie naît de la convergence entre des recherches qui nous semblent de nos jours inconciliables : métaphysique, mathématique, optique et physiologique.
 
NOTES
 
[1] Ebbinghaus, Abriss der Psychologie, Veit, 1908, 1.
[2] Foucault, « La recherche scientifique et la psychologie » (1957), Dits et écrits, I, Gallimard, « Quarto », 2001, 166.
[3] Indice de la réalité de ces rapports de force institutionnels, la pétition rédigée en 1913 signée par 107 philosophes germanophones, dont Natorp, Husserl, Rickert, Windelband, Riehl et Eucken exigeant « dans l’intérêt de la psychologie comme de la philosophie » qu’il n’y ait plus de chaires de philosophie attribuées à des psychologues expérimentaux. Cf. Kusch, Psychologism, Routledge, 1995, 190 cité in J. Benoist « Qu’y a-t-il au-delà de la psychologie ? », Revue philosophique de la France et de l’étranger, no 3/1999, 345.
[4] Nous participons à la traduction du Discursus de Wolff conduite par le groupe de travail sur « la philosophie allemande au XVIIIe siècle » du CERPHI animé par J.-F. Goubet.
[5] Cf. Max Wundt, Die deutsche Schulphilosophie im Zeitalter der Aufklärung, Tübingen, Mohr, 1945, 150.
[6] Lange, opposant de Wolff à Halle, avait intitulé son ouvrage comme celui de Tschirnhaus : Medicina mentis (1704), pour critiquer la surestimation du rôle des mathématiques en métaphysique. Wundt, op. cit., 75-82.
[7] Psychologia empirica, § 522, trad. Braunstein et Pewzner, Histoire de la psychologie, Armand Colin, 1999, 30.
[8] Je dois cette remarque à Anne-Lise Rey que je remercie vivement. Sa thèse sur la dynamique chez Leibniz suit très minutieusement le destin de ce projet : après avoir transposé ce projet scolastique pour la résolution de questions physiques, Leibniz l’appliqua en retour à l’action. L’originalité de Leibniz est de faire de l’action une notion ambivalente (physique et métaphysique), mais dont l’une des premières acceptions est la dimension physique : la dynamique propose une estime chiffrée de l’action comme pour la force.
[9] Cf. M. Wundt (p. 126), lequel montre aussi que l’influence de Tschirnhaus a été plus déterminante que celle de Leibniz (p. 127). La complexité méconnue de la pensée wolffienne, à la fois mathématique et empirique, se lit dans la tripartition des connaissances (historique, philosophique et mathématique) au début du DP. Ces deux apports s’articulent en une philosophie originale du « connubium rationis et experientiae ».
[10] Cf. Feuerhahn, « Comment la psychologie empirique est-elle née ? », Archives de philosophie, 65, 2002, 47-64.
[11] Wolff, Lebensbeschreibung, p. 140-143. L’expression se trouve pour la première fois dans les Bedenken über die wolffianische Philosophie de Budde (1724, § 13, p. 104). Cf. M. Wundt, p. 150, n. 1.
[12] « Même si l’on soutient avec Leibniz – thèse que nous ne faisons pas nôtre – que les monades qui constituent les éléments des corps sont douées de perceptions confuses, cependant il ne faut pas, pour cela, dire que dans son hypothèse les âmes proviennent d’un élément corporel » (Psychologia rationalis, § 712, trad. Belaval, Études leibniziennes, Gallimard, p. 164-165 ; nous soulignons).
[13] Belaval, op. cit., p. 162 : « Ainsi donc, simples, inétendus, les atomi naturae sont des centres de forces. »
[14] Cf. Ronchi, Histoire de la lumière, trad. J. Taton, éd. J. Gabay, 1996 (1re éd. : A. Colin, 1956), p. 33 ; Hamon, Voir et connaître à l’âge classique, PUF, 2002, p. 30-36.
[15] Opticae thesaurus Alhazeni Arabis libri septem, nunc primum editi. Eiusdem liber de Crepusculis et Nubium ascensionibus. Item Vitellionis Thuringopoloni Libri X. Omnes instaurati, figuris illustrati et aucti, adiectis etiam in Alhazenum commentariis, a Frederico Risnero, Basilae, 1572, lib. I, n. 32, p. 20. Il n’est pas établi comment l’Optique d’Alhazen s’est diffusée ; elle fut publiée en latin par le mathématicien allemand Frédéric Risner (?-1580/1581) en 1572 avec l’Optique de Vitellion (XIIIe siècle) qui reprenait sans les citer les résultats d’Alhazen.
[16] Ronchi, op. cit., p. 36.
[17] Risnerus, Opticae libri quatuor ex voto Petri Rami novissimo per Fridericum Risnerum ejusdem in Mathematicis adjutorem olim conscripti e situ et tenebris in usum et lucem publicam producti, Casellis, 1606.
[18] « Visibile majus officit minori », PE, note § 76.
[19] Nous n’avons, à ce jour, pas trouvé mention des travaux de Bouguer dans les œuvres de Wolff. Toutefois leurs fortes diffusions respectives incitent à penser qu’ils se sont lus. Je remercie beaucoup Marc Ratcliff et D. Fauque pour leur aide dans cette recherche.
[20] Kepler, Paralipomènes à Vitellion (1604), chap. 1, 9, trad. C. Chevalley, Les fondements de l’optique moderne, Vrin, 1980 : « La force de la lumière décroît comme l’inverse du carré de la distance séparant la source de l’écran qu’elle éclaire », cité in M. Saillard, « Introduction » à Lambert, Photométrie, Paris, L’Harmattan, 1997, VIII.
[21] Ronchi, op. cit., p. 228-229.
[22] Wolff parle de « fictio » (PE, § 528 rem.).
[23] Arnaud et Feuerhahn, « Un postwolffien anti-wolffien : Christian August Crusius », DATA 27, 1999, p. 13-23.
[24] Jean École (La métaphysique de Christian Wolff, Olms, 1990) et J..P. Paccioni (« L’aptitude à exister et la métaphysique wolffienne », Archives de philosophie, 65, 2002, p. 65-80) réfutent la réduction de la pensée wolffienne à un logicisme. Les wolffiens comme les anti-wolffiens combinent connaissance historique ou empirique et mathématique. La différence entre leurs systèmes réside, selon nous, dans la place respective attribuée à ces deux types de connaissances.
[25] Christian Thomasius (1655-1728) avait déjà évoqué cette possibilité, in « Erfindung der Wissenschaft, anderer Menschen Gemüt zu erkennen » (1692) et « Weitre Erlänterung durch unterschiedene Exempel des unlängst getanen Vorschlags wegen der neuen Wissenschaft, anderer Menschen Gemüt erkennen zu lernen » (1692).
[26] Dessoir, Geschichte der neueren deutschen Psychologie, 2e éd. (1902), Bonset, 1964, 364-367 ; Ramul, « The problem of measurement in the psychology of the eighteenth century », The American Psychologist, April 1960, vol. 15, number 4, 256-265 ; Métraux, « An essay on the early beginnings of psychometrics », Eckardt et Sprung (ed.), Advances in Historiography of Psychology, Deutscher Verlag der Wissenschaften, 1983, 241-247 ; Hatfield, « Remaking the science of mind. Psychology as Natural Science », Inventing Human Science. 18th Century Domains, Fox, Porter, Wokler (ed.), University of California Press, 1995, 184-228.
[27] Mühlpfordt, « Die organischen Naturwissenschaften in Wolffs empiriorationalistischer Enzyklopädistik », Il cannocchiale 2-3, 1989, 77-106.
[28] Hagen traduira plusieurs œuvres latines de Wolff, dont ses travaux de physiologie : Christian Wolfens gesammelte kleine philosophische Schriften, welche besonders zu der Naturlehre und den damit verwandten Wissenschaften, nemlich der Mess- und Arzneykunst, gehören, 6. Theile, Leipzig, 1736-1740.
[29] Hagen a également publié à Halle une Epistola de mensurandis viribus voluntatis (1734 ?).
[30] Krüger, Dissertationem sollemnem de sensatione pro honoribus doctoris, Halle, 1742.
[31] Krüger, Naturlehre, 2. Theil, Halle, 1re éd. : 1742, 2e éd. : 1748. Nous avons utilisé cette seconde édition.
[32] Cf. Jöcher, Allg. Gelehrten-Lexicon, Fortsetzungen und Ergänzungen von Adelung, Bd 3, 1810. Ramul, op. cit., considère Körber comme un wolffien.
[33] Körber, Versuch einer Ausmessung menschlicher Seelen und aller einfachen endlichen Dinge überhaupt, wie solche der inneren Beschaffenheit derselben gemäss ins Werck zu richten ist, wenn man ihre Kräfte, Vermögen und Würckungen recht will kennen lernen, Halle, 1746.
[34] Metaphysica, § 747. Je remercie vivement S. Buchenau de m’avoir indiqué l’existence d’une lettre de Baumgarten dans laquelle il souligne la fécondité de la formalisation mathématique en philosophie telle qu’elle est promue par Wolff. Il y esquisse un calcul de la force des mobiles (Triebfeder) d’une action : Baumgarten, Philosophische Briefe von Aletheophilus, Frankfurt und Leipzig, 1741, p. 17-20.
[35] Cf. Wilhelm Wundt, Grundzüge der physiologischen Psychologie, 6. Aufl, 1. Bd, Engelmann, 1908, 39-42 ; Hatfield, « Empirical, rational and transcendental psychology : Psychology as science and as philosophy », Cambridge Companion to Kant, Guyer (ed.), p. 217-227. Kant n’a pas changé d’avis en 1786 puisque dans la deuxième édition (1787) de la CRP (B 207) il affirme que toute sensation a un degré, une grandeur intensive.
[36] Johann Friedrich Herbart (1776-1841) est le petit-fils du recteur wolffien d’Oldenburg Johann Michael Herbart (1703-1768) ; cf. M. Wundt, 245, 274, 338-339 ; J. Croizer, Les héritiers de Leibniz, L’Harmattan, 2001.
[37] Herbart, Sämtliche Werke, Kehrbach & Flügel hrsg., Bd 5, Scientia Verlag Aalen, 1989, 91-122.
[38] Sur les fondements de la psychologie mathématique de Herbart, cf. Ribot, La psychologie allemande contemporaine, Alcan, 5e éd., 1898 (1re éd., 1879), 1-57 ; C. Maigné, « Le réalisme de J.-F. Herbart, une ambition critique », Revue de métaphysique et de morale, 3, 2002, 317-335.
[39] Il existe toutefois d’autres travaux actuels qui remettent en cause cette lecture notamment de Hatfield (cf. supra), Ratcliff, « Le concept d’intensité dans la psychologie de Ch. Bonnet », Revue d’histoire des sciences, 1997, 50 (4), 421-446 et de Fernando Vidal : « Psychology in the 18th century : A view from encyclopaedias », History of the Human Sciences, 6, 1993, 89-119 ; « La psychologie empirique et son historicisation pendant l’Aufklärung », Revue d’histoire des sciences humaines, 2, 2000, 29-55.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Ebbinghaus, Abriss der Psychologie, Veit, 1908, 1. Suite de la note...
[2]
Foucault, « La recherche scientifique et la psychologie » ...
[suite] Suite de la note...
[3]
Indice de la réalité de ces rapports de force institutionn...
[suite] Suite de la note...
[4]
Nous participons à la traduction du Discursus de Wolff con...
[suite] Suite de la note...
[5]
Cf. Max Wundt, Die deutsche Schulphilosophie im Zeitalter ...
[suite] Suite de la note...
[6]
Lange, opposant de Wolff à Halle, avait intitulé son ouvra...
[suite] Suite de la note...
[7]
Psychologia empirica, § 522, trad. Braunstein et Pewzner, ...
[suite] Suite de la note...
[8]
Je dois cette remarque à Anne-Lise Rey que je remercie viv...
[suite] Suite de la note...
[9]
Cf. M. Wundt (p. 126), lequel montre aussi que l’influence...
[suite] Suite de la note...
[10]
Cf. Feuerhahn, « Comment la psychologie empirique est-elle...
[suite] Suite de la note...
[11]
Wolff, Lebensbeschreibung, p. 140-143. L’expression se tro...
[suite] Suite de la note...
[12]
« Même si l’on soutient avec Leibniz – thèse que nous ne f...
[suite] Suite de la note...
[13]
Belaval, op. cit., p. 162 : « Ainsi donc, simples, inétend...
[suite] Suite de la note...
[14]
Cf. Ronchi, Histoire de la lumière, trad. J. Taton, éd. J....
[suite] Suite de la note...
[15]
Opticae thesaurus Alhazeni Arabis libri septem, nunc primu...
[suite] Suite de la note...
[16]
Ronchi, op. cit., p. 36. Suite de la note...
[17]
Risnerus, Opticae libri quatuor ex voto Petri Rami novissi...
[suite] Suite de la note...
[18]
« Visibile majus officit minori », PE, note § 76. Suite de la note...
[19]
Nous n’avons, à ce jour, pas trouvé mention des travaux de...
[suite] Suite de la note...
[20]
Kepler, Paralipomènes à Vitellion (1604), chap. 1, 9, trad...
[suite] Suite de la note...
[21]
Ronchi, op. cit., p. 228-229. Suite de la note...
[22]
Wolff parle de « fictio » (PE, § 528 rem.). Suite de la note...
[23]
Arnaud et Feuerhahn, « Un postwolffien anti-wolffien : Chr...
[suite] Suite de la note...
[24]
Jean École (La métaphysique de Christian Wolff, Olms, 1990...
[suite] Suite de la note...
[25]
Christian Thomasius (1655-1728) avait déjà évoqué cette po...
[suite] Suite de la note...
[26]
Dessoir, Geschichte der neueren deutschen Psychologie, 2e ...
[suite] Suite de la note...
[27]
Mühlpfordt, « Die organischen Naturwissenschaften in Wolff...
[suite] Suite de la note...
[28]
Hagen traduira plusieurs œuvres latines de ...
[suite] Suite de la note...
[29]
Hagen a également publié à Halle une Epistola de mensurand...
[suite] Suite de la note...
[30]
Krüger, Dissertationem sollemnem de sensatione pro honorib...
[suite] Suite de la note...
[31]
Krüger, Naturlehre, 2. Theil, Halle, 1re éd. : 1742, 2e éd...
[suite] Suite de la note...
[32]
Cf. Jöcher, Allg. Gelehrten-Lexicon, Fortsetzungen und Erg...
[suite] Suite de la note...
[33]
Körber, Versuch einer Ausmessung menschlicher Seelen und a...
[suite] Suite de la note...
[34]
Metaphysica, § 747. Je remercie vivement S. Buchenau de m’...
[suite] Suite de la note...
[35]
Cf. Wilhelm Wundt, Grundzüge der physiologischen Psycholog...
[suite] Suite de la note...
[36]
Johann Friedrich Herbart (1776-1841) est le petit-fils du ...
[suite] Suite de la note...
[37]
Herbart, Sämtliche Werke, Kehrbach & Flügel hrsg., Bd 5, S...
[suite] Suite de la note...
[38]
Sur les fondements de la psychologie mathématique de Herba...
[suite] Suite de la note...
[39]
Il existe toutefois d’autres travaux actuels qui remettent...
[suite] Suite de la note...