Les Nations unies et l’humanitaire: un bilan mitigé
Sylvie Brunel
Les Nations unies sont, depuis la fin de la guerre froide, la première puissance humanitaire de la planète. L’ONU et ses institutions spécialisées ont mis en œuvre une impressionnante diplomatie de la compassion. Mais, loin de permettre le développement et la paix, cet activisme engendre rancœurs et désillusions dans les populations « bénéficiaires ». Les échecs enregistrés soulignent que, pour garantir la sécurité collective, l’action humanitaire ne peut à elle seule tenir lieu de politique.Mots-clés :
ONU, humanitaire, opérations de maintien de la paix, ONG.
Because the job of the United Nations is to assure world security, it has above all been, since the end of the Cold War, the first humanitarian power of the planet. On all fronts, the UN and its numerous specialized institutions have put in place, with impressive means, a new diplomacy of compassion. Far from allowing development and peace, this activism has generated resentment and disillusions in the heart of “benefiting” populations. The recorded setbacks demonstrate that humanitarian action alone cannot replace politics to guarantee collective security.
• Un nouveau « droit d’ingérence » qui tourne court
— Un nouveau droit d’ingérence ?
— Des réponses tragiquement humanitaires
• L’ONU, supplétif humanitaire
— Un activisme intense
— L’ONU cantonnée aux opérations humanitaires
• L’échec de la sécurité collective
— Un droit d’ingérence à géométrie variable
— Une industrie internationale de l’aide
— L’immense déception des « bénéficiaires » de l’aide humanitaire
• Une nécessité : restaurer l’ONU dans sa mission première