Mémoire et réconciliation nationale au Maroc
Khadija Mohsen-Finan
La mise sur pied par le roi Mohammed VI d’une instance Équité et réconciliation vise à faire la lumière sur les violences des « années de plomb », et à accompagner l’ouverture politique du régime. Mais la focalisation exclusive sur les événements et sur les victimes, sans qu’il soit question de désigner les responsabilités – celle de l’État au plus haut niveau – et les coupables, limite la portée de ce processus voué à débarrasser la monarchie de son image autoritaire.Mots-clés :
Maroc, monarchie, système politique, réconciliation.
The creation by King Mohammed VI of an Equity and Reconciliation Commission aims to shed light on the violence of the ″years of lead″ and to accompany the political opening of the regime. But the exclusive focus on the events and the victims, without assigning the responsibilities—notably of the state at the highest level—and the culprits, limits the impact of this process, which aims to change monarchy’s authoritarian image.
• La « réconciliation », vecteur d’intégration démocratique
• La vérité sans visage et sans nom
• Une violence d’État