Politix 2008/4
Politix
2008/4 (n° 84)
198 pages
Editeur
Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

I.S.B.N. 9782200924898
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Vous consultezUne tentative manquée de conversion politique au Maroc

L’échec électoral de l’ancien « patron des patrons » (2001-2007)

AuteurMyriam Catusse du même auteur

docteur en science politique et chercheur au CNRS, en poste à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) à Beyrouth depuis mai 2006. Elle dirige actuellement, au sein de cet institut, le programme de recherche « Le “développement” : fabrique de l’action publique dans le monde arabe ? ». Elle est l’auteur de Le temps des entrepreneurs. Politiques et transformations du capitalisme au Maroc (Maisonneuve et Larose, 2008) et coéditrice, avec M. Bennani-Chraïbi et J.-C. Santucci, de Scènes et coulisses des élections. Les législatives de 2002 au Maroc, Paris, Karthala, 2004. mcatusse@hotmail.com

Résumé

Les déboires de l’aventure électorale de A. Lahjouji, au cours de la dernière décennie sont instructifs pour démêler les relations à géométries variables entre le milieu des affaires et la politique partisane. « Patron des patrons marocains dans les années 1990, celles de la libéralisation économique du Royaume, il avait réformé le syndicat patronal derrière le slogan de « l’entreprise citoyenne » et s’était fait le porte-parole des « entrepreneurs » dans les années 1990, En 2001, il crée un parti politique « libéral », Forces citoyennes, et se présente aux élections législatives de 2002 puis de 2007. Il échoue néanmoins dans une circonscription fort disputée de Casablanca. Il en est de même pour la plupart des candidats de son parti. Cette expérience tronquée, à mettre en miroir avec d’autres trajectoires plus heureuses de nombreux hommes d’affaires marocains, questionne la reconversion de ressources entrepreneuriales et associatives en capitaux politiques.





The failure of an attempted political conversion in Morocco: the electoral loss of the former “patron des patrons” (2001-2007)
The disappointments of A. Lahjouji’s recent electoral adventure are instructive in revealing the adaptable relationships between business politics. At the head of the employers union during the last decade – the years of economic liberalization – Lahouji reshaped the organization under the slogan of “civic business” and was the spokesman of the “entrepreneurs”. In 2000, he founded a political party, Forces citoyennes, ran for national election in 2002 and 2007 and lost, as did most the members of his party. This failed political experience stands in sharp contrast with the more successful electoral experience of other Moroccan businessmen and as a result raises questions about the conversion of entrepreneurial and corporative resources into political and electoral success.

PLAN DE L'ARTICLE

  • « Entrepreneurisation » du politique ?
    • Une libéralisation économique par le haut
    • Les nouvelles représentations de l’entrepreneur
    • L’économique au service du politique ?
  • De « l’entreprise citoyenne »…
    • L’arrivée d’un outsider dans l’arène syndicale
    • Porter la parole des entrepreneurs
  • … Au « libéralisme solidaire »
    • Forces citoyennes : un nouveau parti pour les entrepreneurs ?
    • Les défauts de notabilité du candidat
    • L’absence de soutien partisan
  • Conclusion
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