Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 91 à 119
doi: en cours

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Volume 57 2002/1

Loi mathématique ou conjecture spéculative ?

Un débat des années 1920 sur la méthodologie des projections démographiques

Henk A. de Gans
L’entre-deux-guerres a vu l’apparition, la diffusion et l’adoption universelle de la méthode dite « des composantes » pour le calcul des projections de population. On a fait jouer l’interaction entre la structure par sexe et âge de la population et les taux par sexe et âge des composantes du mouvement démographique (la mortalité, la fécondité et la migration) pour indiquer l’évolution future la plus vraisemblable des populations nationales. Mais, dès le début, cette approche fondée sur l’analyse démographique a été concurrencée par une résurgence de la théorie selon laquelle l’effectif futur de la population est déterminé par une loi. Cette croyance s’appuyait sur la (re)découverte d’un modèle homéostatique, la « loi logistique » de la croissance démographique. L’approche logistique des projections de population a été développée et préconisée par le généticien américain Raymond Pearl dans les années 1920. Elle a alors supplanté la loi malthusienne de la croissance géométrique, qui avait régné au XIXe siècle. La décennie des années 1920 vit donc s’affronter l’approche « par la loi logistique » et l’approche « par l’analyse démographique ». Cet article présente les antécédents et le contexte de l’affrontement entre les deux méthodes, ses enjeux et l’issue du débat. La discussion sur les méthodes de projection de population opposa tout d’abord la biologie et la démographie. La controverse se développa dans des congrès, des articles et des ouvrages, aux frontières du domaine qui avait vu naître les innovations techniques. La méthode des composantes trouva aisément sa place dans le champ de la planification. Elle permettait une compréhension précise des facteurs qui expliquent la dynamique de la population, et elle fournissait un profil détaillé de la structure par sexe et âge de la population future. El “método de componentes principales”, utilizado para llevar a cabo proyecciones de población, apareció, se difundió y se adoptó universalmente en el periodo de entre-guerras. El método se basa en la interacción entre la estructura por edad y sexo de la población y las tasas por edad y sexo de los componentes de la dinámica demográfica (mortalidad, fecundidad y migración) para proyectar la evolución futura más verosímil de las poblaciones nacionales. Sin embargo, desde sus inicios, este método basado en el análisis demográfico compitió con una teoría según la cual los efectivos futuros de población están determinados por una ley. Esta teoría se basaba en el (re)descubrimiento de un modelo homeostático, la “ley logística” del crecimiento demográfico. La teoría logística de las proyecciones de población, desarrollada y preconizada por el genetista americano Raymond Pearl en los años veinte, reemplazó la ley maltusiana de crecimiento geométrico, dominante durante el siglo XIX. La década de los años veinte vivió el enfrentamiento entre la teoría “de la ley logística” y el método “del análisis demográfico”. Este artículo presenta los antecedentes y el contexto del enfrentamiento entre estos dos métodos, las posturas respectivas y el inicio del debate. Para empezar, la discusión sobre los métodos de proyección demográfica enfrentó a la biología con la demografía. La controversia tomó forma a través de congresos, artículos y estudios, en los límites de la disciplina que había dado lugar a las innovaciones técnicas. El método de componentes principales dominó claramente las áreas de planificación, ya que permitía una comprensión precisa de los factores que explican la dinámica demográfica, y daba un perfil detallado de la estructura por sexo y edad de la población futura.
• Une dangereuse fascination ?
• La redécouverte de la loi de la croissance logistique de la population
— Le darwinisme social et le mouvement eugéniste
— La courbe logistique et son pouvoir de séduction
— Les critiques contemporaines
• Une approche concurrente : l’apparition et la diffusion des méthodes de projection fondées sur l’analyse démographique
— Apparition et diffusion des projections basées sur l’analyse démographique dans les années 1920
— La peur des spéculations
• Loi logistique contre spéculation démographique
— Le concept de loi : deux interprétations
— Londres, 1924
— Genève, 1927
— Pourquoi la méthode des composantes l’a emporté
• Conclusions
• RÉFÉRENCES


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