Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 11 à 33
doi: en cours

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Volume 57 2002/1

2002 Population

Un mariage, deux divorces ?

Cohérence et incohérences des réponses masculines et féminines à des enquêtes sur le divorce en Russie

Patrick Festy  [*] Patrick Festy, Institut national d’études démographiques, 133 bd Davout, 75980 Paris Cedex 20, France, tél. : 33 0(1) 56 06 22 01, fax : 33 0(1) 56 06 21 99 Irina Kortchagina  [**]
On rapproche les réponses d’hommes et de femmes divorcés à des questionnaires similaires, lors de deux enquêtes en Russie, en 1993 et 1998. Il ne s’agit pas d’anciens maris et femmes permettant une confrontation individuelle, mais d’hommes et femmes tirés d’une même base de sondage composée de couples divorcés; une comparaison statistique est donc possible.
La cohérence des réponses masculines et féminines est généralement forte, en particulier sur les informations factuelles, qu’elles concernent le couple dissous ou les anciens conjoints. Sur un point de désaccord, le nombre d’enfants issus du mariage, on est surpris de vérifier que la réponse des hommes est plus fiable que celle des femmes.
Un désaccord systématique sépare hommes et femmes chaque fois que la question traite du rôle respectif de l’un et de l’autre (ou de leurs familles). La place que s’attribuent les répondants est toujours plus large que celle qui leur est reconnue par « l’autre ». Serait-ce parce qu’il s’agit de couples ayant été en conflit ?
En este artículo contrastamos las respuestas de hombres y mujeres divorciados a cuestionarios similares correspondientes a dos encuestas llevadas a cabo en Rusia en 1993 y 1998. Los hombres y mujeres que analizamos no son antiguos cónyuges cuyas respuestas pretendemos contrastar individualmente, sino hombres y mujeres extraídos de una misma base de sondeo compuesta de parejas divorciadas. Una comparación estadística es, por consiguiente, posible. En general, las respuestas masculinas y femeninas son muy coherentes, especialmente cuando se trata de informaciones factuales relativas a la pareja disuelta o al ex – cónyuge. Sorprendentemente, la respuesta de los hombres relativa al número de hijos es más fiable que la respuesta de las mujeres.
Entre hombres y mujeres también existe un desacuerdo sistemático en lo relativo al papel específico del uno y el otro (o de sus familias). El papel que se atribuyen los encuestados siempre es más amplio que el papel que “el otro” les reconoce. ¿El hecho de que se trata de parejas con problemas explica este desacuerdo ?
Dans les résultats des enquêtes conduites sur échantillon représentatif, l’exactitude de certaines réponses est parfois vérifiable au moyen de sources externes : les estimations du nombre des naissances, des mariages ou des divorces que l’on peut en déduire pour les années récentes, par exemple, doivent être en accord avec les statistiques de l’état civil. D’autres données ne sont pas vérifiables, parce qu’il n’existe pas de statistiques à leur sujet (la répartition des tâches ménagères au sein du couple, par exemple) ou parce qu’il s’agit d’appréciations purement subjectives. Quand on interroge à la fois des hommes et des femmes vivant en couple, même s’ils ne font pas partie des mêmes couples, il est possible de vérifier la cohérence de certaines réponses, soit parce que la personne interrogée a aussi répondu à des questions relatives à son conjoint, soit parce qu’il s’agit de caractéristiques du couple. C’est ce qu’ont fait Patrick Festy et Irina Kortchagina à partir d’une enquête auprès de personnes ayant divorcé. Ils constatent un assez grand accord pour tout ce qui touche à l’histoire du couple avant la rupture, mais un plus grand désaccord pour ce qui concerne la gestion de l’après-divorce. L’histoire – commune – du mariage se scinde alors en deux histoires distinctes de divorcés...
En intitulant un article récent de Population « Les réponses des hommes valent-elles celles des femmes ? », Véronique Hertrich (1997) résume la conclusion essentielle des travaux sur la fiabilité comparée des réponses masculines et féminines dans les interrogations à caractère démographique : les informations fournies par les femmes sont généralement plus complètes, plus précises et plus pertinentes que celles fournies par les hommes, en particulier lorsqu’elles touchent à des faits familiaux vécus ensemble au sein d’un couple (Poulain, Riandey et Firdion, 1991). Plus directement encore, des auteurs américains et anglais traitent des « déclarations incomplètes des hommes sur leur fécondité », par référence aux déclarations féminines supposées complètes (Rendall, Clarke, Peters, Ranjit et Verropoulou, 1997). Ils concluent que les réponses des hommes sur leur histoire féconde sont fiables (c’est-à-dire aussi fiables que celles des femmes) pour les naissances survenues au cours du mariage actuel, mais qu’elles sont entachées d’omissions pour les naissances hors mariage (un tiers en Grande-Bretagne et la moitié aux États-Unis) et pour les naissances issues de mariages aujourd’hui rompus (plus d’un tiers dans les deux pays). De même, au Canada, la concordance des réponses qui s’observe lorsqu’on interroge des hommes et des femmes vivant en couple contraste avec une sous-déclaration masculine de 40 % en cas de séparation. Ces omissions touchant en priorité les enfants avec qui les pères ont des contacts rares et dont ils se sont séparés récemment, « le portrait des enfants ne vivant pas avec leurs deux parents biologiques, dessiné à partir d’enquêtes rétrospectives, risque de différer sensiblement selon le sexe du parent répondant » (Juby et Le Bourdais, 1997).
Malgré leur généralité, ces conclusions ne sont pas pour autant systématiques. Véronique Hertrich montre par exemple que « du point de vue matrimonial, les déclarations masculines paraissent de meilleure qualité [que celles des femmes] ». Elle l’attribue au fait que « la plupart des populations africaines s’organisent, comme celle des Bwa, “autour des hommes” ». De même, M. Poulain, B. Riandey et J.-M. Firdion concluent qu’en matière migratoire, « la différence de restitution entre les époux n’est pas finalement significative […]. La confrontation des conjoints conduit en particulier à restaurer une date “raisonnable” à des événements très antidatés dans la mémoire individuelle, mais selon une intensité assez semblable entre l’homme et la femme ».
La date de départ des enfants du foyer fait même l’objet d’une discordance telle entre conjoints que cela « va à l’encontre d’une interprétation en termes d’erreur de mémoire. Les mères auraient une perception plus tardive et plus formelle de l’émancipation de leurs enfants ». Généralisant ces conclusions, tout en restant comme nous l’avons fait jusqu’à présent dans le champ rétrospectif, Nadia Auriat (1996) a élaboré une « théorie des empreintes, […] fondée sur le caractère social de la mémoire; elle soutient que les erreurs de mémoire prennent des formes non aléatoires qui varient avec la nature et les caractéristiques précises des événements à mémoriser ».
Dans le présent article, nous restons dans cette ligne de pensée en comparant les réponses d’hommes et de femmes divorcés à des questions de contenu identique dans deux enquêtes en Russie. Les interrogations ont été, pour l’essentiel, rétrospectives, puisque la majorité des informations recueillies se réfèrent à des périodes passées de la vie des individus : le temps de leur mariage aujourd’hui rompu, la période de leur séparation et de leur divorce, puis la phase de l’après-divorce, qui se prolonge jusqu’à la date de l’enquête. Les renseignements fournis par les enquêtés sont généralement factuels : des dates (de naissance, de mariage, de divorce, etc.), des nombres d’enfants, des diplômes obtenus, des professions exercées, etc. Les questions d’opinion sont peu nombreuses (par exemple : « avez-vous, et votre conjoint a-t-il, été satisfait des décisions concernant les enfants, prises au moment du divorce ? » ou : « quelle influence le père a-t-il eue sur ses enfants ? »), mais diverses questions factuelles ont un contenu moins précis que celles listées plus haut à titre d’illustration (par exemple : « qui effectuait les travaux ménagers pendant votre mariage ? » ou : « qui a pris l’initiative de la séparation ? »). On dispose ainsi d’un éventail large de questions qui vont d’une rétrospective longue (par exemple : « au moment de votre mariage, votre conjoint avait-il déjà eu des enfants ? ») à une rétrospective courte (au cours des douze derniers mois…), ou encore de questions factuelles précises à de pures questions d’appréciation subjective.
Dans ce dernier cas, il n’y a pas de réalité objective à laquelle confronter les réponses des hommes et des femmes pour juger de leur fiabilité, mais il n’y a pas non plus de référence disponible qui nous permette de montrer qui est le plus proche de la vérité sur de nombreuses questions factuelles qui contiennent une part importante d’appréciation. Dans tous ces cas, on devra se contenter d’une mesure de la cohérence ou de la discordance entre réponses masculines et féminines. Il en ira de même pour la plupart des autres questions factuelles, en l’absence d’une mesure statistique indépendante permettant de fixer la « bonne » réponse. Le seul exemple de confrontation avec une source extérieure que nous pourrons proposer (sur le nombre d’enfants du mariage rompu) permettra alors de saisir la fiabilité des réponses fournies par les hommes et les femmes.
À défaut de pouvoir enfermer les éventuelles discordances entre hommes et femmes dans l’alternative commode du juste et du faux, nous chercherons si la frontière qui sépare réponses cohérentes et incohérentes dessine des ensembles homogènes faciles à caractériser et nous nous demanderons en particulier si le groupe des discordances suggère l’existence d’une image masculine du divorce distincte de l’image féminine.
 
I. Méthode
 
 
Les enquêtes masculine et féminine ont été conduites auprès de deux échantillons indépendants tirés de la même base de sondage et selon les mêmes principes [1]. Six villes de Russie occidentale ont été désignées par choix raisonné pour faire partie de l’échantillon. Les listes de mariages dissous tenues à l’échelon municipal ont servi de base de sondage; elles ont été stratifiées par année de divorce et ont fait l’objet d’un tirage systématique. Dans chaque ville, des sous-échantillons de taille voisine ont été interrogés dans les enquêtes masculine et féminine, pour un total de 1 249 hommes et 1 214 femmes.
Les questionnaires adressés aux hommes et aux femmes ont la même structure, qui suit à peu près le déroulement de la vie familiale en décrivant successivement le mariage rompu, la procédure de divorce, l’après-divorce et la situation présente. On s’est cependant écarté parfois de cette logique, par exemple en associant aux premières questions sur la profession exercée au moment du mariage les autres questions sur la carrière professionnelle, jusqu’à la date de l’enquête.
Les enquêtés de chaque sexe ont été interrogés sur de nombreux points qu’ils partagent ou ont partagés avec leur ex-conjoint : par exemple, la date de leur mariage ou de leur divorce, le nombre de leurs enfants, le mode de fonctionnement de leur couple ou le déroulement de leur divorce. La symétrie des questions posées aux hommes et aux femmes résulte ici de la position même de l’objet de l’interrogation. Il en va différemment lorsqu’on recueille une information relative à un seul des conjoints : par exemple, sa date de naissance, sa profession ou son opinion sur tel sujet. Dans ce cas, la symétrie a été construite par l’introduction, en parallèle, de questions identiques relatives au conjoint. Les hommes ont ainsi été interrogés sur la date de naissance de leur ex-épouse, sa profession ou son opinion sur tel sujet.
Il est donc possible de comparer les réponses des hommes et des femmes sur des sujets communs et les réponses de l’un sur lui-même aux réponses de l’autre sur son ex-conjoint. Cependant, dans aucun des deux cas, la confrontation ne peut être effectuée à l’intérieur des couples, car les échantillons ne sont pas constitués d’anciens époux et de leurs ex-épouses mais d’hommes et de femmes divorcés, statistiquement appariés par l’utilisation d’une procédure de tirage identique dans une même base de sondage, constituée de mariages dissous. La cohérence des réponses masculines et féminines sera ainsi mesurée par la comparaison des distributions de réponses dans les échantillons masculin et féminin. L’identité des fréquences d’un même item traduira une cohérence entre hommes et femmes; l’inégalité témoignera de l’incohérence.
Nous recourrons donc à des tests statistiques pour vérifier si les distributions des réponses des hommes et des femmes à des questions identiques sont, ou non, « significativement différentes ». En général, nous utiliserons le test t, appliqué à des fréquences [2] ou à des moyennes [3]; quand l’ensemble des réponses possibles est complexe [4], nous utiliserons le test du χ2. Quand t sera supérieur à 1,96 ou que le χ2 sera supérieur à sa valeur critique, nous accepterons l’hypothèse d’une différence significative entre les réponses masculines et féminines, malgré un risque d’erreur de 5 %.
 
II. Les principales discordances
 
 
En première analyse, deux ensembles se dessinent. Le premier regroupe des questions qui appellent à choisir entre l’enquêté et son conjoint (ou entre la famille de l’enquêté et celle de son conjoint) comme acteur principal à divers stades de la vie familiale. Sur ces questions, que nous qualifierons de « duelles » par commodité, la discordance est généralement sensible. Le second ensemble est constitué d’interrogations factuelles relatives au passé, sur lesquelles la cohérence des réponses masculines et féminines est satisfaisante.
Au tableau 1A, on a fait figurer quelques questions du premier groupe. Elles sont de trois types.
— Les discordances sur le partage des tâches au sein du ménage pendant la vie de couple se répètent dans les diverses formes qu’a prises cette question. Nous en avons retenu trois qui font toutes apparaître une prédominance de l’activité féminine beaucoup plus marquée dans les réponses des femmes que dans celles des hommes. Les tâches ménagères et les soins aux enfants sont déclarés comme une exclusivité féminine par la moitié des femmes et seulement par un homme sur dix. Dans les deux cas cependant, les hommes reconnaissent une prédominance féminine, plus marquée pour les travaux domestiques que pour le temps consacré aux enfants. En revanche, les décisions importantes font l’objet d’une revendication contestée, chacun des deux sexes s’attribuant un rôle prépondérant.
— L’initiative de la séparation (ou de la procédure de divorce) est majoritairement le fait des femmes, selon celles-ci, mais elle est bien mieux partagée entre les deux sexes, selon les hommes. Les écarts sont un peu moins nets au moment du divorce qu’à celui de la séparation, car les hommes reconnaissent une légère majorité d’initiatives féminines dans la procédure. En croisant les réponses aux deux étapes de la décision de divorce, Lidia Prokofieva et Marie-France Valetas (1999) font apparaître une plus grande « détermination » des femmes : celles-ci « déclarent avoir eu la maîtrise des deux démarches au moins trois fois plus souvent que leur ex-mari, alors que les hommes déclarent avoir conservé l’initiative un peu moins souvent que leur ex-femme ».
— Au contraire des exemples précédents, les intentions de « refaire sa vie avec quelqu’un » ne sont pas un domaine partagé entre les anciens époux. Aussi la question a-t-elle été posée deux fois, aux hommes comme aux femmes : pour eux-mêmes et pour leur ex-conjoint. Dans chaque cas, les intentions de refaire sa vie sont moins nombreuses dans les déclarations des intéressés que dans les réponses que leurs anciens conjoints donnent pour eux. Toutefois, les questions relatives à l’autre laissent une place importante aux non-réponses, qui compliquent la comparaison. Par exemple, 45,2 % des femmes qui répondent pensent que leur ex-mari connaissait quelqu’un avec qui il voulait refaire sa vie, mais elles ne représentent que 31,1 % des femmes interrogées. Ce dernier pourcentage reste cependant significativement supérieur à la réponse des hommes pour eux-mêmes, soit 26,8 %. De même, la discordance subsiste pour les femmes, après la prise en compte des non-réponses, puisqu’au moins 23,7 % des hommes contre seulement 13,7 % des intéressées disent qu’elles voulaient refaire leur vie [5].

Tableau 1A
De grandes différences sur les informations « duelles » relatives aux anciens époux
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Distribution des réponses (en %) Valeur du test t ou du χ2 Femmes (n1 =1214) Hommes (n2 =1249) Qui s’occupait des travaux ménagers ? χ2 =165,98 (valeur critique =7,81) Lui toujours 0,2 3,8 Lui le plus souvent 1,3 4,9 Lui et elle 18,9 34,7 Elle le plus souvent 19,8 36,5 Elle toujours 49,2 11,4 Quelqu’un d’autre 10,5 8,6 des décisions importantes χ2 =376,7 (valeur critique =11,07) Lui toujours 3,0 20,0 Lui le plus souvent 11,2 10,7 Lui et elle 40,0 50,9 Elle le plus souvent 14,4 10,3 Elle toujours 26,0 4,2 Quelqu’un d’autre 5,3 3,8 des loisirs des enfants (n1 =1069) (n2 =923) χ2 =226,91 (valeur critique =7,81) Lui toujours 0,5 2,7 Lui le plus souvent 1,5 4,7 Lui et elle 22,5 49,8 Elle le plus souvent 20,8 29,6 Elle toujours 50,2 7,7 Quelqu’un d’autre 4,5 5,5 Qui a pris l’initiative de la séparation ? Lui 21,3 41,0 10,8 Elle 64,8 41,9 11,7 Les deux 13,9 17,1 2,1 Qui a pris l’initiative du divorce ? Lui 22,8 36,6 7,6 Elle 64,9 46,1 9,9 Les deux 12,3 17,3 3,5 Connaissait-elle quelqu’un avec qui refaire sa vie ? (n2 =899) Oui 13,7 32,9 12,0 Non 86,3 67,1 Connaissait-il quelqu’un avec qui refaire sa vie ? (n1 =837) Oui 45,2 26,8 9,4 Non 54,8 73,2 Source: enquêtes russes auprès des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Les informations présentées au tableau 1B révèlent d’autres discordances dans les réponses masculines et féminines, mais impliquant les familles des anciens conjoints plutôt qu’eux-mêmes. Les deux exemples traitent d’aides reçues par le couple pendant la vie commune. Après une question relative à l’aide elle-même, une autre précise l’origine de cet éventuel soutien. Le désaccord porte sur le second point, mais pas nécessairement sur le premier.

Tableau 1B
Des discordances également fortes sur les informations « duelles » relatives aux parents et beaux-parents
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Distribution des réponses (en%) Valeur du test t ou du χ2 Femmes (n1 =1214) Hommes (n2 =1249) Quelqu’un les aidait-il en gardant les enfants (hors vacances) ? (n1 =1064) (n2 =920) Oui 68,6 69,0 0,2 Non 31,0 30,2 0,4 Ne sait pas 0,4 0,8 Qui les aidait ? (n1 =737) (n2 =640) Ses parents (à lui) 15,6 56,9 χ2 =265,37 (valeur critique =7,81) Ses parents (à elle) 67,8 38,0 D’autres parents 10,3 3,3 Des amis 6,1 1,7 Autre 0,1 0,2 Quelqu’un les aidait-il en cas de problèmes financiers ? Oui 80,7 66,5 8,1 Non 18,9 32,6 7,9 Ne sait pas 0,3 0,9 Qui les aidait ? (n1 =980) (n2 =831) Sa famille (à lui) ? Oui 22,6 65,6 14,1 Non 77,4 34,4 Sa famille (à elle) ? Oui 80,3 44,2 18,8 Non 19,7 55,8 Source: enquêtes russes auprès des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Ainsi, hommes et femmes s’accordent sur la proportion de ceux qui ont eu besoin d’aide pour faire garder leurs enfants (autour de 69 %), mais les femmes déclarent plus souvent que les hommes avoir eu besoin d’un soutien financier (80,7 % contre 66,5 %). En revanche, dans chacun des deux cas, hommes et femmes donnent une nette prédominance à l’aide de leur famille sur l’aide apportée par la famille de l’ex-conjoint. Toutefois, les hommes attribuent une moindre prépondérance au soutien de leur famille que les femmes n’en attribuent à la leur. Par exemple, sur l’aide financière, quand les hommes opposent les apports de leur famille et de leur belle-famille à raison de 43,6 % contre 29,4 %, les femmes le font à 64,8 % contre 18,2 % [6]. La différence est du même ordre pour la garde des enfants.
Ces discordances sont le fait d’hommes et de femmes qui ont en commun d’avoir été en conflit avec leur ex-conjoint. La plupart portent sur des points qui cristallisent souvent les difficultés au sein des couples : la contribution à l’économie domestique, le rôle respectif de la famille et de la belle-famille, l’infidélité et le souhait de changer de vie. On ne saurait cependant conclure que ces éléments et les divergences de vue des époux sur eux ont été des facteurs de divorce. Il faudrait pour cela montrer que des couples unis apportent des réponses plus cohérentes aux mêmes questions que celles adressées aux divorcés. L’impossibilité d’une telle analyse nous conduit plutôt à comparer cet ensemble de questions à celles qui révèlent une cohérence entre hommes et femmes, pour apprécier la spécificité des unes et des autres.
 
III. Cohérence et incohérences sur les faits du passé
 
 
Les informations factuelles relatives au mariage rompu et à ses antécédents sont généralement fournies de manière concordante par les hommes et les femmes. On a regroupé un certain nombre de ces cohérences au tableau 2A. Le classement est chronologique, de l’avant-mariage jusqu’au divorce. Les informations utilisées sont de nature diverse.
— Des dates ont été nécessaires au calcul de la durée écoulée entre le mariage et le divorce et à celui de l’âge des époux au moment de leur divorce. La date de divorce ayant été relevée dans l’acte administratif qui a servi de base de sondage, les événements ici pris en compte de façon cohérente par les hommes et les femmes sont la naissance de chaque époux et leur mariage.
— Les niveaux d’instruction, comme les dates de naissance, ont été déclarés de façon cohérente par les hommes et les femmes pour chacun des conjoints.
— Il y a également cohérence sur les nombres d’enfants que l’époux a eus avant son mariage et que les conjoints ont eus ensemble pendant leur mariage (mais pas sur le nombre d’enfants que l’épouse a eus avant son mariage ni sur l’absence d’enfants pendant le mariage).
— De même, le statut matrimonial de l’époux à la veille de son mariage est l’objet d’une déclaration cohérente des hommes et des femmes, mais il en va différemment pour l’épouse.

Tableau 2A
Peu de différences sur les informations factuelles relatives au passé
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Distribution des réponses Valeur du test t Femmes (n1 =1214) Hommes (n2 =1249) L’époux avait-il déjà été marié ? (en %) (n1 =1194) Oui 14,5 14,2 0,26 Non 85,5 85,8 Avait-il eu des enfants ? (en %) (n1 =1195) (n2 =1244) Oui 9,5 8,6 0,78 Non 90,5 91,4 Niveau d’instruction de l’épouse (au mariage) (en %) (n2 =1233) 1. Enseignement supérieur 56,3 58,2 0,80 2. Enseignement professionnel 36,4 35,3 0,62 3. Formation inachevée 7,3 6,4 0,90 Niveau d’instruction de l’époux (au mariage) (en %) 1. Enseignement supérieur 53,8 56,7 1,45 2. Enseignement professionnel 34,4 35,6 0,62 3. Formation inachevée 11,8 7,8 2,01 Durée moyenne du mariage au divorce (en années) 8,66 8,87 0,62 Combien d’enfants ont-ils eus ensemble ? (en %) (n1 =1039) (n2 =924) Un enfant 72,8 72,1 0,35 Deux enfants 25,6 25,3 0,15 Trois enfants ou plus 1,7 2,6 Âge moyen de l’épouse au moment du divorce (en années) (n2 =1141) 31,10 31,55 1,36 Âge moyen de l’époux au moment du divorce (en années) 33,02 33,46 1,65 Source: enquêtes russes auprès des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Les exceptions à la cohérence générale sont présentées au tableau 2B. Elles portent sur l’avant-mariage de l’épouse (statut matrimonial et nombre d’enfants) et sur l’absence d’enfants nés du couple rompu. Les trois variables pourraient bien être liées.

Tableau 2B
Quelques incohérences sur les informations factuelles relatives au passé, principalement liées aux enfants
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Distribution des réponses (en %) Valeur du test t Femmes (n1 =1214) Hommes (n2 =1249) L’épouse avait-elle déjà été mariée ? (n2 =1244) Oui 5,1 15,4 8,6 Non 94,9 84,6 Avait-elle eu des enfants ? (n2 =1248) Oui 5,0 11,4 6,4 Non 90,5 88,6 Ont-ils eu des enfants ensemble ? Oui 85,6 74,0 7,2 Non 14,4 26,0 Source: enquêtes russes auprès des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Une faible proportion de femmes enquêtées déclarent avoir été mariées ou avoir eu des enfants avant l’union qui aboutira au divorce étudié : environ 5 %. Selon les hommes, une proportion beaucoup plus importante de leurs épouses avaient été mariées (15,4 %) ou avaient eu des enfants (11,4 %). La relation entre les deux écarts est évidente, car les femmes qui ont été mariées avant le mariage rompu sont plus susceptibles que les autres d’avoir eu des enfants.
En sens inverse, les femmes déclarent plus souvent que les hommes avoir eu des enfants pendant le mariage rompu. Ce résultat mérite à divers titres qu’on s’y arrête.
— Il contredit la cohérence que nous avons notée précédemment entre réponses masculines et féminines sur le nombre d’enfants que les ex-époux avaient eus ensemble, lorsque ce nombre était positif. Or ce résultat pouvait surprendre, quand on le compare à ceux obtenus au Canada, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, qui révélaient tous une sous-déclaration des naissances par les hommes, une fois le mariage rompu. Le haut niveau relatif d’infécondité déclarée par les hommes nous ramène dans la ligne de ces observations anglo-saxonnes.
— Par ailleurs, l’absence d’enfants est une des seules informations de nos enquêtes que nous puissions comparer à une source extérieure, pour en apprécier la fiabilité, au moins pour les déclarations masculines. L’éclairage de ce second point permettra de revenir ensuite sur le premier.
L’enquête auprès des hommes s’est accompagnée du relevé de quelques informations disponibles dans les actes de divorce qui en constituaient la base de sondage. Il s’agissait de l’âge des époux au divorce et de leur nombre d’enfants mineurs. La première variable faisant apparaître une cohérence des réponses masculines et féminines, elle est moins intéressante que la seconde.
Dans l’ensemble des actes désignés pour faire partie de l’échantillon, 32,8 % des couples n’avaient pas d’enfant au moment de leur divorce (tableau 3). Une proportion importante de ces jugements n’ont pas pu être exploités pour des raisons qui seront détaillées par la suite (enquêté absent ou émigré hors de la ville de son divorce); la proportion de couples sans enfant n’y était pas sensiblement différente de l’ensemble (34,1 %). En revanche, les hommes qui ont refusé de répondre, soit près du quart des adresses exploitables, étaient nettement plus souvent sans enfant (42,4 %) tandis que seuls 27,7 % des répondants n’avaient pas d’enfant mineur au moment de leur divorce. Les biais dus aux non-réponses conduisent donc à sous-estimer l’absence d’enfants d’environ cinq points.

Tableau 3
Proportion de couples sans enfant mineur au moment du divorce
IMGIMGD’après les jugements de divorce de ...IMGIMF
D’après les jugements de divorce de l’échantillon (n =4013) 32,8% Les jugements où l’enquêté n’a pas été retrouvé (n =2383) 34,1% Les jugements où l’enquêté a refusé (n =391) 42,4% Les jugements où l’enquêté a répondu (n =1239) 27,7% D’après les réponses des enquêtés (n =1239) 30,5% Source: enquête russe auprès des hommes divorcés (1998) et jugements de divorce.

D’une part, les réponses fournies par les enquêtés au cours des entretiens surestiment d’environ trois points les résultats tirés des actes de divorce, pour les mêmes personnes (30,5 % contre 27,7 %); la modération de cette disparité témoigne de la fiabilité des réponses fournies par les hommes divorcés. D’autre part, la discordance est en sens inverse et d’environ deux points lorsqu’on compare les déclarations des enquêtés et le résultat attendu, sur la base de l’échantillon total (30,5 % contre 32,8 %); également faible, cet écart témoigne de l’efficacité de la procédure d’enquête. La proportion tirée de l’enquête est ainsi encadrée par celles observées dans les jugements de divorce, dans une fourchette relativement étroite.
Or on s’accorde généralement à penser, sans malheureusement pouvoir le vérifier précisément, que la fraction d’échantillon inexploitable et le taux de refus ont été moins forts dans l’enquête féminine que dans l’enquête masculine. La fourchette de valeurs tirée de la base de sondage ne devrait donc pas être plus large que celle obtenue pour les hommes, et les valeurs encadrantes devraient être à des niveaux voisins : par exemple 28 %-32 %, pour fixer les idées.
Les résultats de l’enquête féminine, soit 19 %, sont clairement hors de cet intervalle. L’écart de plus de onze points entre les proportions de couples sans enfant calculées à partir des déclarations masculines et féminines résulterait ainsi d’une forte sous-estimation par les femmes, alors que les hommes donneraient une mesure adéquate du phénomène [7].
Les incohérences du tableau 2B pourraient ainsi avoir quelque logique : les femmes déclareraient à l’enquête que leurs enfants les plus âgés sont nés du mariage rompu, alors qu’ils sont issus d’un mariage antérieur; elles sous-estimeraient ainsi la fécondité de ces premières unions – voire leur existence – et elles surestimeraient la fécondité du couple divorcé. Le partage serait sans doute mieux fait par les hommes, sans que, pour autant, l’un ou l’autre sexe donne une image erronée de la fécondité totale des femmes. La conclusion est radicalement différente de celle tirée des enquêtes britanniques et nord-américaines.
 
IV. Autres discordances factuelles
 
 
D’autres discordances ont été enregistrées entre les réponses masculines et féminines. Elles sont surtout fréquentes dans les phases ultérieures, au moment du divorce ou après celui-ci. Ces incohérences pourraient ne pas être dues aux enquêtés mais à la procédure d’enquête, sur des points que nous n’avons pas encore précisés. Tout d’abord, les deux opérations n’ont pas été simultanées : les femmes ont été interrogées en 1993 et les hommes en 1998. Ensuite, le nombre de cohortes de divorce est différent : vingt dans l’enquête féminine et seulement douze dans l’enquête masculine. Enfin, le travail sur le terrain a été limité aux six villes où étaient constitués les échantillons de divorcés, excluant ainsi des enquêtes les personnes qui avaient émigré depuis le jugement.
Le décalage de cinq ans fausse les comparaisons entre déclarations masculines et féminines, lorsque celles-ci portent sur des variables qui ont évolué au cours du temps. L’inégalité du nombre de cohortes implique une plus grande ancienneté des divorces au moment de l’enquête féminine; elle affecte les comparaisons portant sur des grandeurs qui se modifient quand on s’éloigne du divorce. Les effets de la limitation aux sédentaires sont plus complexes. En effet, la mobilité des hommes est plus forte que celle des femmes; il « manque » donc plus d’hommes dans l’enquête de 1998 que de femmes dans l’enquête de 1993, mais les femmes enquêtées (dans la ville de leur divorce) sont plus souvent éloignées de leur ex-mari que les hommes enquêtés ne le sont de leur ex-épouse. Les comparaisons entre déclarations masculines et féminines sont donc faussées lorsqu’elles portent sur des variables sensibles à la sélection par la migration ou sur des variables liées à la distance entre anciens conjoints.
Le tableau 4A donne l’exemple d’informations discordantes entre hommes et femmes, qui ne le sont pas lorsqu’on limite la comparaison aux années de divorce communes aux deux échantillons (tableau 4B).

Tableau 4A
Exemples d’incohérences sur les échantillons totaux
IMGIMGDistribution des réponses (en %)	Val...IMGIMF
Distribution des réponses (en %) Valeur du test t Femmes Hommes Avaient-ils vécu ensemble avant de se marier ? (n1 =1214) (n2 =1249) Oui 11,0 15,0 2,9 Non 89,0 85,0 Profession de l’épouse au moment du divorce (n1 =1037) (n2 =985) Cadre supérieur (et profession libérale) 30,9 24,5 4,19 Cadre moyen 26,3 28,4 1,28 Employée 24,9 30,8 2,96 Ouvrière 17,9 16,3 0,93 L’épouse était-elle satisfaite de la carrière professionnelle de son mari ? (n1 =1214) (n2 =1249) Oui 78,2 68,6 Non 21,8 31,4 5,4 Le juge a-t-il fixé une pension alimentaire pour les enfants ? (n1 =1034) (n2 =830) Oui 72,1 63,4 4,5 Non 14,3 13,7 0,9 Accord entre les conjoints 11,4 20,8 6,6 Versement d’un capital 2,2 2,0 0,3 Source: enquêtes russes auprès des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).


Tableau 4B
Cohérence sur la période commune aux échantillons (divorces en 1986-1993)
IMGIMGDistribution des réponses (en %)	Fem...IMGIMF
Distribution des réponses (en %) Femmes Hommes Avaient-ils vécu ensemble avant de se marier ? (n1 =548) (n2 =776) Oui 11,5 13,4 Non 88,5 86,6 Avaient-ils vécu ensemble avant de se marier ? Divorce avant 1986 (n1 =666) Divorce après 1993 (n2 =473) Oui 10,5 17,5 Non 89,5 82,5 Profession de l’épouse au moment du divorce (n1 =445) (n2 =644) Cadre supérieur (et profession libérale) 26,5 24,1 Cadre moyen 27,0 27,0 Employée 27,4 29,8 Ouvrière 19,1 19,1 Profession de l’épouse au moment du divorce Divorce avant 1986 (n1 =592) Divorce après 1993 (n2 =351) Cadre supérieur (et profession libérale) 34,1 27,3 Cadre moyen 25,8 30,2 Employée 23,0 31,8 Ouvrière 17,1 10,6 L’épouse était-elle satisfaite de la carrière professionnelle de son mari ? (n1 =548) (n2 =776) Oui 75,7 73,3 Non 24,3 26,7 L’épouse était-elle satisfaite de la carrière professionnelle de son mari ? Divorce avant 1986 (n1 =666) Divorce après 1993 (n2 =473) Oui 80,2 60,9 Non 19,8 39,1 Le juge a-t-il fixé une pension alimentaire pour les enfants ? (n1 =472) (n2 =531) Oui 67,6 68,5 Non 13,8 13,4 Accord entre les conjoints 16,3 15,6 Versement d’un capital 2,3 2,4 Le juge a-t-il fixé une pension alimentaire pour les enfants ? Divorce avant 1986 (n1 =561) Divorce après 1993 (n2 =299) Oui 76,1 54,2 Non 14,6 14,3 Accord entre les conjoints 7,1 30,1 Versement d’un capital 2,1 1,3 Source: enquêtes russes auprès des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Le dernier exemple est le plus caractéristique d’une évolution temporelle qui masque la cohérence entre les réponses des hommes et celles des femmes. Au fil des années, les divorces se sont accompagnés d’une proportion sans cesse croissante d’accords entre anciens époux sur une pension alimentaire pour les enfants, évitant ainsi une décision du juge dans le même sens. L’enquête masculine ayant porté sur des divorces plus récents que l’enquête féminine, la part de ces accords entre anciens époux y apparaît plus élevée (et les décisions positives du juge y sont moins fréquentes) que dans les déclarations féminines. Mais la concordance est très bonne sur la période de divorce commune aux deux enquêtes. Il en va de même pour la fréquence de la vie commune prémaritale et l’insatisfaction des femmes à l’égard de la vie professionnelle de leur ex-mari, deux phénomènes en croissance au fil du temps.
Le champ des accords entre conjoints se trouve ainsi élargi. Il englobe désormais les diverses questions relatives à la profession des conjoints (à différentes étapes de leurs carrières), mais aussi des informations diversifiées relatives à des situations informelles (union libre, accords extrajudiciaires) ou des appréciations subjectives.
Au tableau 5A, on a fait figurer deux variables qu’on sait fortement affectées par l’ancienneté du divorce : la fréquence des contacts entre les anciens conjoints et celle des visites du père à ses enfants. L’analyse des résultats de l’enquête confirme que l’intensité de ces relations recule, en Russie comme ailleurs, à mesure qu’on s’éloigne du jugement de divorce. Aussi a-t-il été nécessaire de construire ce tableau en restreignant l’enquête féminine à un même nombre d’années de divorce que l’enquête masculine. Mais, malgré cette précaution, les réponses des hommes et des femmes ne peuvent être utilement confrontées que si l’on élimine aussi le rôle de la distance entre anciens conjoints, car la fréquence des contacts ou des visites est nettement plus élevée quand les ex-époux habitent encore la même ville que lorsque l’un d’eux a émigré.

Tableau 5A
Effet de la distance sur les contacts (échantillons limités aux douze dernières années de divorce)
IMGIMGMême ville	Différentes villes	Femmes...IMGIMF
Même ville Différentes villes Femmes Hommes Femmes Hommes Fréquence des contacts entre les ex-époux, l’année passée (en %) (n1 =495) (n2 =979) (n1 =355) (n2 =255) Au moins mensuels 42,6 42,6 4,2 4,4 Moins fréquents 26,9 26,6 16,3 17,6 Aucun contact 30,5 30,8 79,4 78,0 Fréquence des visites du père à ses enfants, l’année passée (en%) (n1 =438) (n2 =760) (n1 =281) (n2 =129) Au moins mensuels 49,3 48,6 3,2 15,5 Moins fréquents 28,3 28,0 22,4 37,2 Aucun contact 22,4 10,1 74,4 46,5 Autre(1) 0,0 13,3 0,0 0,8 (1) Il s’agit pour l’essentiel de situations où les anciens époux ont continué à vivre ensemble un moment après leur divorce. Ces situations ont été traitées à part et éliminées dans l’enquête de 1993, mais pas dans celle de 1998. Source: enquêtes russes après des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Ramenés aux cas où les deux anciens conjoints résident encore dans la ville de leur divorce, les deux échantillons donnent des résultats très voisins. La fréquence des contacts entre ex-époux est également très proche quand l’ex-épouse est restée et son ex-mari parti ou quand l’ex-mari est resté et l’ex-épouse partie. Il en va différemment pour les visites aux enfants, moins fréquentes quand le père s’est éloigné que lorsque c’est la mère.
Le tableau 5B offre l’exemple de variables plus directement liées à la migration elle-même, car associées au dernier domicile conjugal.

Tableau 5B
Effet sélectif de l’émigration (échantillons limités aux douze dernières années de divorce) – Répartitions des réponses en %
IMGIMGMême ville	Différentes villes	Femmes...IMGIMF
Même ville Différentes villes Femmes (n1 =495) Hommes (n2 =979) Femmes (n1 =372) Hommes (n2 =270) Qui a quitté le domicile conjugal à la séparation ? Lui 48,3 48,2 56,2 37,8 Elle ou les deux 42,8 40,8 42,2 59,6 Ils vivent encore ensemble 8,9 10,1 0,0 0,0 Autre 0,0 0,8 1,6 2,6 Type de logement occupé à la veille de la séparation 1. Logement indépendant 53,5 55,7 37,4 52,6 2. Logement chez les parents (y compris locations précaires) 33,5 32,3 43,5 37,0 3. Logement partagé avec d’autres occupants 12,9 12,1 19,0 10,3 Source: enquêtes russes après des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

La proportion d’émigrés s’accroissant avec les anciennetés de divorce, on a considéré comme précédemment les douze dernières années de jugements dans les deux échantillons. La probabilité que le départ du domicile conjugal ait été le fait de l’ex-époux (épouse) est, de façon presque automatique, sensiblement plus élevée lorsqu’il (elle) a aussi quitté la ville. Mais les déclarations des deux conjoints s’accordent sur l’initiative du départ lorsqu’ils résident encore tous deux dans la ville de leur divorce. Le type de logement fait également l’objet d’un accord dans les mêmes conditions.
Ces précautions ne suffisent cependant pas à gommer les discordances, quand on s’attache à des variables qui mettent en balance le rôle respectif des deux conjoints et de leurs familles (« À qui appartenait le logement occupé à la veille de la séparation ? ») ou qui établissent, subjectivement, les mérites d’un des anciens époux (« Quelle influence le père a-t-il eue sur ses enfants ? »). Le tableau 6A nous ramène aux observations du tableau 1A, mais il s’agit cette fois d’informations relatives à une étape plus tardive du cycle familial.

Tableau 6A
Des différences persistantes sur les informations « duelles » (échantillons limités aux douze dernières années de divorce). Répartitions des réponses en %
IMGIMGMême ville	Différentes villes	Femmes...IMGIMF
Même ville Différentes villes Femmes Hommes Femmes Hommes Qui était titulaire du logement (dernier domicile conjugal) ? (n1 =495) (n2 =979) (n1 =372) (n2 =270) Lui ou ses parents 46,6 49,9 41,4 57,0 Elle ou ses parents 45,7 31,1 48,3 22,6 Elle et lui 5,7 14,2 3,2 14,1 Autre 2,0 4,8 7,0 6,3 Quelle influence le père a-t-il eue sur ses enfants ? (n1 =580) (n2 =756) (n1 =406) (n2 =130) Grande influence 12,4 23,7 0,4 9,2 Faible influence 38,7 42,5 11,4 23,1 Aucune influence 49,0 33,9 88,3 67,7 Source: enquêtes russes après des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

Les femmes donnent à leurs parents et à elles-mêmes une place nettement plus large que ne le font les hommes. Ceux-ci sont plus réservés et accordent plus de poids au partage. L’influence du père est placée à un niveau nettement plus bas par les femmes que par les hommes.
À ces discordances s’ajoutent celles qui résultent du silence de l’enquêté lorsqu’il s’agit d’apprécier la subjectivité de l’autre, sur un sujet de l’après-divorce que les anciens conjoints n’ont peut-être plus l’occasion de discuter ensemble (tableau 6B).

Tableau 6B
Importance des « ne sait pas » (échantillons limités aux douze dernières années de divorce). Répartitions des réponses en %
IMGIMGMême ville	Différentes villes	Femmes...IMGIMF
Même ville Différentes villes Femmes Hommes Femmes Hommes Le père était-il satisfait des droits de garde et de visite ? (n1 =442) (n2 =739) (n1 =277) (n2 =129) Oui 52,0 60,1 25,3 42,6 Non 7,9 31,0 6,1 46,5 Ne sait pas 40,0 8,9 68,6 10,9 La mère était-elle satisfaite des droits de garde et de visite ? (n1 =444) (n2 =739) (n1 =280) (n2 =129) Oui 81,3 52,9 86,1 34,9 Non 15,1 11,9 11,1 8,5 Ne sait pas 3,6 35,2 2,9 56,6 Source: enquêtes russes après des femmes divorcées (1993) et des hommes divorcés (1998).

L’éloignement des deux ex-époux accroît la part des non-réponses, mais celles-ci demeurent importantes quand on s’attache aux cas où les deux anciens conjoints habitent encore la même ville. Plus du tiers des réponses restent évasives, qu’il s’agisse des femmes interrogées sur la satisfaction de leur ex-époux à l’issue du jugement de divorce ou de la situation symétrique. Si l’on supposait les non-réponses des hommes réparties comme les réponses, le résultat ne serait pas très différent du degré de satisfaction exprimé par les femmes elles-mêmes. Mais la même procédure appliquée aux non-réponses des femmes conduirait celles-ci à surestimer largement la satisfaction masculine. La symétrie est donc plus apparente que réelle entre les appréciations des deux sexes.
 
Vue d’ensemble
 
 
Conformément aux objectifs des enquêtes, les questions que nous pouvons étudier appartiennent à deux grands groupes : la formation de la famille et les conditions de vie pendant le mariage, d’une part, le divorce et ses conséquences, d’autre part (tableau 7).

Tableau 7
Cohérence (+) et discordance (–) entre les réponses masculines et féminines, selon le type d’échantillon
IMGIMGQuestions	Échantillon total	Échantil...IMGIMF
Questions Échantillon total Échantillons réduits à la période commune Les deux époux encore dans la même ville (divorces des douze dernières années) Le mariage et ses antécédents Formation de la famille L’épouse avait-elle déjà été mariée ? n.t. Avait-elle déjà eu des enfants ? n.t. Le mari avait-il déjà été marié ? + + n.t. Avait-il déjà eu des enfants ? + + n.t. Ont-ils vécu ensemble avant le mariage ? + n.t. Profession de l’époux au mariage + n.t. Profession de l’épouse au mariage + n.t. Niveau d’instruction de l’époux au mariage + + n.t. Niveau d’instruction de l’épouse au mariage + n.t. Durée moyenne du mariage au divorce + + n.t. Ont-ils eu des enfants ensemble ? n.t. Combien d’enfants ont-ils eu ensemble ? + + n.t. Sexe du premier enfant + + n.t. Sexe du deuxième enfant + + n.t. Conditions de vie Corésidence avec les parents pendant le mariage + + n.t. Quelqu’un les aidait-il pour la garde des enfants ? + + n.t. Quelqu’un les aidait-il financièrement ? n.t. Qui les aidait pour la garde des enfants ? n.t. Qui les aidait financièrement ? n.t. Qui s’occupait des ravaux ménagers ? n.t.
IMGIMGQuestions	Échantillon total	Échantil...IMGIMF
Questions Échantillon total Échantillons réduits à la période commune Les deux époux encore dans la même ville (divorces des douze dernières années) Le divorce et ses conséquences Conditions du divorce Âge moyen de l’époux au divorce + + n.t. Âge moyen de l’épouse au divorce + + n.t. Âge moyen du premier enfant au divorce + n.t. Âge moyen du deuxième enfant au divorce + n.t. Profession de l’époux au moment du divorce + n.t. Profession de l’épouse au moment du divorce + n.t. Qui a pris l’initiative de la séparation ? n.t. L’époux avait-il l’intention de refaire sa vie ? n.t. L’épouse avait-elle l’intention de refaire sa vie ? n.t. Qui a pris l’initiative de la procédure de divorce ? n.t. Conséquences du divorce Quel a été le type de procédure ? n.t. À qui les enfants ont-ils été confiés ? + n.t. Type de décision sur les pensions alimentaires + n.t. Qui a quitté le dernier domicile conjugal ? + Type de logement (dernier domicile conjugal) + Qui était titulaire du logement ? Fréquence des contacts entre ex-conjoints + Durée écoulée depuis le dernier contact + Fréquence des visites du père à ses enfants + Influence du père sur les enfants n.t.: non testé.

Dans le premier groupe, une série de variables permettent de décrire la constitution du couple et de la descendance. Il s’agit de caractéristiques objectives résumées par des dates, des nombres ou des nomenclatures simples (état matrimonial). Un accord général rapproche les déclarations masculines et féminines, sauf sur un point : en cas de mariages successifs, les femmes incluent à tort des événements du premier mariage dans le second, en particulier des naissances d’enfant.
Une autre série de variables traitent des conditions de vie pendant le mariage. Les caractéristiques de base, comme le niveau d’éducation et la profession des époux en début et en fin d’union, sont déclarées avec beaucoup de cohérence. Ceci a d’ailleurs permis d’utiliser indifféremment les enquêtes masculine et féminine pour étudier la mobilité professionnelle des deux époux avant leur divorce. Mais sur le même sujet, dans un registre résolument subjectif, les femmes portent un jugement sur la carrière de leur ex-mari dont les hommes semblent bien avoir connaissance. À un niveau intermédiaire, entre constat et appréciation, hommes et femmes s’accordent sur leurs conditions de logement (en particulier, le fréquent partage avec les parents) et sur l’aide qui leur a été apportée pour élever leurs enfants. Ils ne divergent que sur le soutien financier dont ils ont bénéficié, jugé plus élevé par les femmes que par les hommes.
En revanche, les discordances sur les conditions de vie sont systématiques dès que l’interrogation porte sur les contributions respectives des deux conjoints ou de leurs familles. Chaque sexe juge prédominant son apport ou celui de ses proches ou, à tout le moins, estime ces apports plus importants que ne le font les répondants de l’autre sexe.
Dans le second groupe de questions, de la décision de séparation jusqu’à l’enquête, des discordances de même nature apparaissent entre conjoints, lorsqu’il s’agit de déterminer l’auteur des initiatives ou d’apprécier ses nouvelles intentions conjugales d’après-divorce. Chacun surestime son action et sous-estime ses intentions par rapport à la mesure qu’en donne l’autre.
Par contraste, les conditions matérielles du divorce sont décrites dans les mêmes termes par les hommes et les femmes. Qui a quitté le domicile conjugal, à qui ont été confiés les enfants, comment ont été mises en place les pensions alimentaires ? Toutes ces questions reçoivent des réponses cohérentes, dans les enquêtes masculine et féminine. Il en va de même, dans l’après-divorce, pour la fréquence des contacts entre anciens époux ou les visites du père à ses enfants, lorsque les ex-conjoints vivent encore à proximité.
Plusieurs années après leur séparation, il devient souvent illusoire de confronter les réponses des ex-conjoints, l’information manquant souvent à ceux-ci sur le devenir de leur ancien partenaire. Toutefois, des appréciations subjectives comme l’influence du père sur ses enfants ou la satisfaction des ex-conjoints sur les décisions prises au divorce appellent des réponses certainement ou vraisemblablement contradictoires.
Au total, les éléments cohérents l’emportent largement, en nombre, sur les éléments discordants. Les hommes et les femmes donnent des descriptions très voisines de leur mariage et de leur divorce. Il n’y a pas une image de la famille propre à chaque sexe.
Les points de divergence, peu nombreux, n’en sont pas moins significatifs, car la majorité d’entre eux portent sur le même thème : la place respective des deux conjoints (et de leurs parents) au sein du couple et dans la vie familiale. Hommes et femmes se donnent, chacun de leur côté, un rôle prépondérant. Mais le contraste est généralement plus marqué dans les réponses des femmes, entre elles et leurs ex-maris, qu’il ne l’est dans les réponses des hommes. Par exemple, quand 23 % seulement des femmes disent avoir reçu le soutien financier de leurs beaux-parents contre 80 % celui de leurs parents (+ 57 points), 44 % des hommes reconnaissent l’aide de leur belle-famille contre 65 % celle de leur famille (+ 21 points); quand 14 % des femmes disent avoir eu l’intention de refaire leur vie et qu’elles prêtent ce même projet à 45 % de leurs ex-maris (+ 31 points), les hommes le déclarent à 27 % pour eux-mêmes et 33 % pour leurs ex-épouses (+ 6 points).
D’une part, c’est autour du rapport conjugal, ou mieux des apports conjugaux, que se cristallisent les désaccords. D’autre part, le déséquilibre des contributions des deux sexes est beaucoup plus marqué dans les réponses des femmes que dans celles des hommes. Les femmes se présentent ainsi comme plus impliquées que les hommes dans le mariage. L’enquête ne permet pas de dire si cette disparité est un facteur de divorce ou si c’est un constat de portée plus générale qui vaut aussi pour les couples unis [8]. Mais cette divergence de vues n’empêche pas des hommes et des femmes que le divorce a séparés de révéler une remarquable connaissance de l’autre et une très grande cohérence dans leur description de ce qu’ils ont partagé.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Auriat Nadia, 1996, Les défaillances de la mémoire humaine. Aspects cognitifs des enquêtes rétrospectives, (coll. Travaux et Documents, Cahier n° 136), Paris, Puf-Ined, 203 p.
·  Fabbris Luigi, Martini Maria Cristiana, 1999, « Convergenze e divergenze di opinione nella coppia », in P. De Sandre, A. Pinnelli, A. Santini (a cura di), Nuzialità e fecondità in trasformazione : percorsi e fattori del cambiamento, Società editrice il Mulino, Bologna, p. 705-722.
·  Festy Patrick, Kortchagina Irina, Mouratcheva Olga, Prokofieva Lidia, 1999, « Divorce et carrières professionnelles en Russie pendant la transition vers l’économie de marché », communication au séminaire Les femmes et le marché du travail dans les économies en transition : questions démographiques, organisé par l’UIESP, (Rome, Italie, 22-24 septembre 1999), 25 p.
·  Hertrich Véronique, 1997, « Les réponses des hommes valent-elles celles des femmes ? Une double collecte sur les questions génésiques et matrimoniales dans une population du Mali », Population, 52 (1), p. 45-62.
·  Juby Heather, Le Bourdais Céline, 1997, « Where have all the children gone ? Comparing mothers’ and fathers’ declarations in retrospective surveys », communication au XXIIIe Congrès général de la population de l’UIESP, (Pékin, Chine, 11-17 octobre 1997), 20 p.
·  Maffioli Dionisia, Sabbadini Linda Laura, 1999, « L’asimmetria di genere nelle coppie con figli », in P. De Sandre, A. Pinnelli, A. Santini (a cura di), Nuzialità e fecondità in trasformazione : percorsi e fattori del cambiamento, Società editrice il Mulino, Bologna, p. 723-744.
·  Prokofieva Lidia, Valetas Marie-France, 1999, « L’initiative du divorce : point de vue féminin, point de vue masculin. Le cas de la Russie », communication à la Conférence européenne de population (La Haye, Pays-Bas, 30 août-3 septembre 1999), 12 p.
·  Poulain Michel, Riandey Benoît, Firdion Jean-Marie, 1991, « Enquête biographique et registre belge de population : une confrontation des données », Population, 46 (1), p. 65-88.
·  Rendall Michael S., Clarke Lynda, Peters H. Elizabeth, Ranjit Nalini, Verropoulou Georgia, 1997, « Incomplete reporting of male fertility in the United States and Britain », Cornell University Population and Development Program Working Paper (1997 Series), 23 p.
 
NOTES
 
[*]Institut national d’études démographiques, Paris.
[**]Institut des problèmes socio-économiques de population de l’Académie des sciences, Moscou.
[1]Nous verrons en fait plus loin que les deux enquêtes n’ont pas pu être simultanées.
[2], oùp1 = portion dans l’enquête auprès des femmes ;p2 = proportion dans l’enquête auprès des hommes ;q1 = 1 – p1 ;q2 = 1 – p2 ;n1 = nombre de femmes interrogées ;n2 = nombre d’hommes interrogés.
[3], où = moyenne des réponses féminines ; = moyenne des réponses masculines ;S21 et S22 = dispersions dans les deux échantillons ;n1 = nombre de femmes interrogées ;n2 = nombre d’hommes interrogés.
[4], oùfo = fréquences observées ;fe = fréquences attendues.
[5]Dans la suite, nous excluons les non-réponses du calcul des distributions lorsque les conclusions ne se trouvent pas modifiées. Sinon, nous le signalons.
[6]La proportion d’hommes déclarant avoir été aidés par leur famille et par leur belle-famille s’élève respectivement à 66,5 % 65,6 % = 43,6 % et à 66,5 % × 44,2 % = 29,4 %.
[7]Des tableaux du Goskomstat indiquent, chaque année et par région, la proportion de couples divorcés sans enfant mineur. Ils semblent avoir été élaborés à l’aide des actes qui nous ont servi de base de sondage, mais ils sont difficiles à comparer aux résultats de notre enquête parce qu’ils sont construits sur des unités géographiques différentes. Ils donnent des proportions encore supérieures à celles déclarées par les hommes que nous avons enquêtés, et donc a fortiori largement supérieures à celles déclarées par les femmes.
[8]Une enquête auprès des couples italiens donne lieu à une intéressante confrontation des réponses des deux conjoints sur des questions d’opinion (Luigi Fabbris, Maria Cristiana Martini, 1999) ou sur des faits (Dionisia Maffioli, Linda Laura Sabbadini, 1999), en particulier concernant la répartition des tâches au sein du ménage. L’accord entre les répondants est élevé; il est d’autant plus fort que le couple est « traditionnel » dans sa conception de la vie familiale et « dissymétrique » dans sa pratique des rôles masculin et féminin.
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Institut national d’études démographiques, Paris. Suite de la note...
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Nous verrons en fait plus loin que les deux enquêtes n’ont ...
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, où p1 = portion dans l’enquête auprès des femmes ; p2 = p...
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Dans la suite, nous excluons les non-réponses du calcul des...
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La proportion d’hommes déclarant avoir été aidés par leur f...
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