Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 327 à 357
doi: en cours

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Volume 57 2002/2

Les femmes au chômage retardent l’arrivée du premier enfant

Monique Meron Isabelle Widmer
Le chômage, plus que les autres situations vis-à-vis de l’emploi, incite les jeunes femmes en couple sans enfant à retarder un éventuel projet de maternité. Ce résultat est établi ici pour les femmes nées entre 1952 et 1973, à partir des résultats de l’enquête Jeunes et carrières réalisée par l’Insee en 1997. Les jeunes femmes confrontées à une période de chômage ont temporairement renoncé à avoir un premier enfant plutôt que d’avancer son arrivée à la faveur du temps « libre » qui leur était imposé. En revanche, la situation de femme au foyer, surtout au tout début de la vie conjugale, correspond à des premières maternités beaucoup plus rapides. Ce résultat confirme qu’une période de chômage n’est pas assimilable à une période d’inactivité : au regard de la fécondité, les chômeuses ne sont pas des femmes au foyer.
La conjoncture économique a un impact particulièrement important sur les débuts de la vie professionnelle des jeunes au moment où ils sont susceptibles de construire une vie de famille. Or, les analyses statistiques courantes ne permettent pas d’établir un lien clair entre les fluctuations de la montée du chômage et le recul de l’âge à la première maternité. L’analyse biographique permet d’éclairer l’impact du chômage féminin sur les projets d’enfants, en faisant intervenir le temps écoulé entre les événements de l’histoire de vie des individus parmi les variables explicatives de leurs comportements.
Dans une société où la contraception permet le plus souvent de maîtriser le moment de devenir mère et où l’activité professionnelle des femmes est progressivement devenue la norme, ces constats montrent que les calendriers familiaux et les décisions des couples tiennent désormais compte des situations professionnelles vécues et anticipées par les deux conjoints.
El paro, más que otras situaciones laborales, incita a las mujeres jóvenes en pareja y sin hijos a posponer los proyectos de maternidad. Este artículo confirma este postulado para las mujeres nacidas entre 1952 y 1973 a través de los resultados de la encuesta Jóvenes y Carreras llevado a cabo por el INSEE en 1997. Las mujeres jóvenes en paro renuncian temporalmente a tener un primer hijo en lugar de anticipar su llegada para aprovechar el tiempo “libre” impuesto. La situación de ama de casa, en cambio, conlleva primeras maternidades mucho más jóvenes, especialmente al inicio de la vida en pareja. Este resultado confirma que un período de desempleo no es equiparable a un periodo de inactividad: en términos de fecundidad, las desempleadas no son amas de casa.
La coyuntura económica tiene un efecto importante sobre jóvenes que inician su carrera profesional, en el momento en que son susceptibles de crear una familia. Los análisis estadísticos existentes no permiten establecer una relación clara entre el aumento del paro y el retraso de la maternidad. El análisis biográfico, sin embargo, permite medir el impacto del paro femenino sobre los proyectos de descendencia ya que incluye el tiempo entre sucesos de la historia de vida de los individuos entre las variables explicativas de sus comportamientos.
Una sociedad en la cual los anticonceptivos permiten controlar la fecundidad y en la cual la actividad profesional de las mujeres se ha generalizado, estos resultados muestran que las situaciones profesionales presentes y futuras de ambos cónyuges influyen en los calendarios familiares y las decisiones de las parejas.
• Conclusion
• RÉFÉRENCES


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