Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 791 à 820
doi: en cours

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Volume 57 2002/6

Démographie et politique dans les premiers recensements post-soviétiques : méfiance envers l’État, identités en question

Dominique Arel
Les premiers recensements de l’époque post-soviétique ont engendré de nouveaux défis politiques pour les responsables des recensements de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, du Kazakhstan et des pays baltes. Trois questions étaient au premier plan : la migration, la confidentialité et la nationalité ethnique. L’effectif de la population a officiellement baissé dans tous les pays issus de l’Union soviétique, mais l’incapacité et le manque de volonté de l’État russe d’enregistrer la migration non officielle font que le déclin démographique y est trompeur. Une méfiance générale envers l’État a rendu les individus sceptiques quant aux garanties de confidentialité des données du recensement. Cette méfiance est particulièrement forte en Russie et le recensement a mis en évidence un État post-autoritaire indécis sur la façon d’approcher sa propre population. À la différence des recensements occidentaux, les recensements post-soviétiques ont tous conservé une question sur la nationalité ethnique, car la nationalité légitime leur souveraineté. Le recensement kazakh avait pour but de produire des majorités d’ethnie kazakhe, au niveau national comme dans les provinces redécoupées à cette fin.
La Fédération russe, seule fédération au monde à associer ethnicité et territoire, a dû faire face à une pléthore de revendications pour la reconnaissance de nouvelles nationalités lors du recensement, dont celles des Cosaques. En ce qui concerne la langue, les recensements des pays baltes et de l’Ukraine ont cherché à minimiser le poids du russe, tandis que le recensement biélorusse visait à obtenir une sous-déclaration de la connaissance du biélorusse. Cet article montre que tous ces débats autour des catégories du recensement sont le reflet d’intérêts politiques.
Los primeros censos post-soviéticos, llevados a cabo en Rusia, Ucrania, Bielorrusia, Kazakistan y los paises Bálticos, presentaron nuevos retos políticos a los agentes censales. Las discusiones se centraron en tres temas: migración, confidencialidad y nacionalidad étnica. Los datos oficiales muestran que la población ha disminuido en todos los países post-soviéticos, pero la incapacidad y falta de voluntad del estado Ruso de tomar en cuenta las migraciones no registradas ha producido un declive demográfico engañoso. La desconfianza general en el estado ha creado escepticismo en cuanto a las garantías de confidencialidad de los datos del censo. Tal desconfianza es mayor en Rusia, donde el censo ha puesto en evidencia un estado post-autoritario inseguro acerca de cómo dirigirse a sus propios ciudadanos. Los censos post-soviéticos, a diferencia de los occidentales, han incluido una pregunta sobre nacionalidad étnica, puesto que la nacionalidad legitima su soberanía. El censo de Kazakistan ha procurado obtener mayorías étnicas kazak a nivel nacional y en las provincias cuyos límites fronterizos se han amañado.
La Federación Rusa, la única federación del mundo que vincula la etnia con el territorio, ha tenido que hacer frente a un sinfín de declaraciones de nuevas nacionalidades, incluyendo la cosaca, en el censo. En cuanto al idioma, los censos de Ucrania y de los países Bálticos han intentado minimizar la presencia del ruso por medios estadísticos, mientras que el censo de Bielorrusia ha intentado reflejar un nivel de conocimiento del bielorruso inferior al real. Este artículo argumenta que todas estas categorías censales polémicas reflejan intereses políticos.
• Qui compter ?
— Le déclin de la population officielle
— Dénombrement et enregistrement officiel de la population
— L’absence de prise en compte des migrants
• Comment légitimer le dénombrement
— La rébellion russe (contre le recensement)
— Anonymat contre confidentialité
• Comment compter ?
— Le maintien de la question sur la nationalité dans les recensements post-soviétiques
— Nationalité et territoire
— De la nécessité de créer des majorités statistiques
— La fragmentation statistique des minorités politiques
— Le contenu de la liste
— Kriachens et Cosaques
— Langue de la nationalité titulaire ou langue maternelle ?
— Le rôle symbolique de la langue dans le recensement
• Conclusion
• RÉFÉRENCES


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