Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
130 pages

p. 229 à 251
doi: en cours

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Volume 58 2003/2

2003 Population

L’évolution de la mortalité infantile à la Réunion depuis cinquante ans

Magali Barbieri  [*] Christine Catteau  [**] Magali Barbieri, Institut national d’études démographiques, 133 bd Davout, 75980 Paris Cedex 20, tél : 33 0(1) 56 06 21 55, fax : 33 0(1) 56 06 21 99
L’évolution de la mortalité infantile à la Réunion au lendemain de la seconde guerre mondiale a été l’une des plus rapides au monde. Alors que le taux de mortalité infantile s’établissait au-dessus de 165 pour 1 000 naissances il y a cinquante ans, il est aujourd’hui inférieur à 10 ‰. Toutes les composantes de la mortalité infantile ont participé à ce recul même si chacune a évolué à un rythme propre. Cette évolution s’est accompagnée de changements considérables dans la structure par cause des décès, avec un effondrement de la part des maladies infectieuses et respiratoires et une proportion de plus en plus importante des décès dus aux affections périnatales et aux anomalies congénitales. L’accès généralisé à la santé et la médicalisation de la grossesse et de l’accouchement ont sans aucun doute joué sur la baisse de la mortalité infantile, mais les changements des comportements reproducteurs et d’autres facteurs socio-économiques ont également contribué aux progrès observés. Des inquiétudes demeurent, toutefois, en ce qui concerne les enfants nés dans les milieux socio-économiques les plus défavorisés. Changes in infant mortality in Réunion since the end of the Second World War have been among the most rapid in the world. Whereas the infant mortality rate was over 165 per 1,000 births fifty years ago, it is currently under 10‰. All the components of infant mortality have contributed to this reduction even though each has evolved at its own pace. This evolution has been accompanied by substantial changes in the structure by cause of death, with a sharp decline in infectious and respiratory diseases and a growing proportion of deaths from perinatal disorders and congenital anomalies. Generalized access to health care and the medicalization of pregnancies and childbirth have undoubtedly contributed to reducing infant mortality, but changes in reproductive behaviour and other socio-economic factors have also contributed to the progress observed. Concerns remain, however, regarding children born in the most deprived socio-economic categories. La disminución de la mortalidad infantil de la Reunión desde la segunda guerra mundial está entre las más rápidas del mundo. Mientras que la tasa de mortalidad infantil estaba por encima de 165 por 1000 nacimientos hace cincuenta años, actualmente es inferior al 10‰. Todos los componentes de la mortalidad infantil han contribuido a tal disminución, aunque cada uno ha evolucionado a su ritmo. Tal evolución ha ido acompañada de cambios considerables en la estructura por causa de mortalidad, con un descenso muy importante de las enfermedades infecciosas y respiratorias y una proporción progresivamente más importante de muertes debidas a afecciones perinatales y anomalías congénitas. El acceso generalizado a la salud y a la atención médica del embarazo y del parto ha jugado un papel importante en la baja de la mortalidad infantil, pero los cambios en los comportamientos reproductores y otros factores socioeconómicos han contribuido al progreso observado. Sin embargo, la mortalidad infantil en medios socioeconómicos desfavorecidos sigue siendo motivo de preocupación.
Exceptionnellement élevée dans les années 1950, la mortalité infantile réunionnaise atteint maintenant, avec six décès d’enfants de moins d’un an pour mille naissances en 1999, un niveau inférieur à celui des autres départements français d’outre-mer ou à celui de sa voisine, l’île Maurice. En s’appuyant sur diverses sources statistiques et d’enquête, Magali Barbieri et Christine Catteau mettent en évidence les traits marquants de cette évolution spectaculaire et relèvent les problèmes qui demeurent. En effet, si la mortalité après les premières semaines de vie est désormais comparable à celle observée en France métropolitaine, elle reste plus élevée au moment de la naissance et dans les jours suivants. L’analyse que font les auteurs des conditions sanitaires et sociales que connaissent les mères apporte des éléments fort utiles pour une politique visant à poursuivre les progrès contre la mortalité des nouveau-nés.
Les tendances de la mortalité infantile à la Réunion s’inscrivent dans le cadre de l’évolution de la mortalité générale. En 1950, l’espérance de vie à la naissance n’y dépassait pas 50 ans pour les hommes et 53 ans pour les femmes, soit un écart de quinze ans avec la métropole. Bien que la mortalité ait diminué rapidement dans cette dernière au cours de la seconde moitié du XXe siècle, la baisse a été plus rapide à la Réunion et l’écart entre les deux territoires s’est progressivement réduit pour n’atteindre plus que trois ans en 1990. L’évolution de la mortalité infantile a été encore plus spectaculaire. Alors que le taux de mortalité infantile s’établissait au-dessus de 165 pour mille naissances il y a cinquante ans, il n’atteignait déjà plus que 50 ‰ au milieu des années 1970 et il est aujourd’hui inférieur à 10 ‰. Les progrès accomplis à la Réunion dans la lutte pour la survie des enfants ont été réalisés en trois fois moins de temps qu’il n’en a fallu à la métropole. Plusieurs sources d’information statistique permettent de suivre cette évolution dans le détail. Après avoir brièvement décrit ces sources, cet article analyse les niveaux et les tendances de la mortalité infantile et de ses composantes et s’interroge sur les déterminants d’une évolution aussi rapide à la lumière des données disponibles.
 
I. Les sources de données
 
 
Nous connaissons précisément l’évolution de la mortalité infantile et de ses composantes au cours des cinq dernières décennies à la Réunion grâce aux statistiques de l’état civil. L’enregistrement des naissances, décès et mariages y suit les mêmes règles qu’en métropole depuis 1951 et pose les mêmes problèmes de définition (Barbieri, 1998). Dès le début, la qualité des données est apparue très bonne (Festy, 1983). Les informations disponibles sur les bulletins de naissance et de décès sont cependant limitées et il faut se tourner vers d’autres sources pour comprendre dans quelles circonstances s’est réalisée la baisse de la mortalité infantile et les caractéristiques actuelles de celle-ci. Les certificats du 8e jour et les enquêtes nationales périnatales figurent au premier rang de ces autres sources.
Depuis une loi de 1970 [1], certains examens médicaux préventifs ont été rendus obligatoires. C’est le cas de l’examen dit du 8e jour, qui donne lieu à l’établissement d’un certificat de santé envoyé par le médecin traitant au service départemental de la Protection maternelle et infantile (PMI) [2]. Ces obligations concernent tant la France métropolitaine que les départements d’outre-mer. À la Réunion, ces certificats ont été informatisés à partir de 1991. Le taux de couverture est proche de 95 % depuis cette date, soit un niveau supérieur à celui enregistré en métropole. Comme c’est le cas pour l’état civil, les certificats du 8e jour concernent l’ensemble des naissances ayant eu lieu sur le territoire de la Réunion et ils font l’objet d’un enregistrement continu. Le certificat comporte des informations relatives aux conditions d’accouchement ainsi qu’à l’état de santé des enfants au moment de la naissance et pendant les sept premiers jours de vie (Rochat et Brodel, 1999 ; PMI, 2000).
L’enquête nationale périnatale couvre l’ensemble des départements français, dont la Réunion où elle a été mise en œuvre pour la première fois en 1995 et répétée en 1998. Cette enquête nationale est le produit d’une collaboration entre l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère de l’Emploi et de la Solidarité, ainsi que les services départementaux de Protection maternelle et infantile (PMI). Son objectif essentiel est de recueillir des informations sur l’état de santé des mères et des enfants, sur les pratiques médicales pendant la grossesse et l’accouchement, et sur les facteurs de risque périnatal. Elle a été conçue pour compléter les renseignements obtenus à partir des certificats du 8e jour : étant établis en continu pour l’ensemble des naissances, ceux-ci sont forcément plus succincts. L’enquête périnatale de 1995 portait sur un échantillon représentatif de 1 131 enfants nés à la Réunion pendant le mois de décembre. Celle de 1998 portait sur un échantillon plus réduit, de 480 enfants nés pendant une période de deux semaines. Les échantillons des enquêtes périnatales sont représentatifs de l’ensemble des enfants nés vivants ou mort-nés dans les maternités publiques ou privées, ainsi que de ceux nés en dehors de ces services mais qui y ont été transférés après la naissance (Inserm et al. ; DRASS, 1999).
Pour cette étude, nous avons donc recouru à deux sources de données exhaustives qui permettent d’analyser en détail les niveaux et tendances de la mortalité infantile à la Réunion et de ses composantes, à savoir l’état civil et les certificats du 8e jour, et à une source fournissant des informations ponctuelles à partir d’échantillons représentatifs de l’ensemble de la population concernée mettant en lumière les facteurs susceptibles d’influencer l’évolution de cette mortalité, à savoir l’enquête nationale périnatale de 1995 et celle de 1998 [3]. Pour toutes ces sources, nous avons utilisé les rapports publiés ou internes qui nous ont été transmis par les organismes concernés sans mener de nouvelles analyses sur les données individuelles, auxquelles nous n’avons pu accéder. Enfin, nous avons également intégré les résultats des quelques travaux publiés sur les questions de santé et de mortalité à la Réunion.
 
II. Les indicateurs de la mortalité
 
 
La mortalité infantile est la mortalité survenue avant l’âge d’un an. L’indicateur utilisé pour la mesurer est le rapport du nombre de décès d’enfants de moins d’un an au cours d’une année au nombre de naissances vivantes enregistrées au cours de la même année. Les démographes distinguent plusieurs composantes de la mortalité infantile, en fonction du découpage suivant de la première année de vie (figure 1) : les 28 premiers jours représentent la période néonatale et se décomposent eux-mêmes en une première période de 6 jours, la période néonatale précoce, et une deuxième, du 7e au 28e jour, la période néonatale tardive. Le reste de la première année (du 28e jour au premier anniversaire) correspond à la période post-néonatale. Pour chacune de ces périodes sont calculés des taux rapportant, comme pour le taux de mortalité infantile, le nombre de décès survenus à l’âge considéré (0-6 jours, 7-27 jours ou 28-365 jours) au cours d’une année au nombre de naissances vivantes enregistrées au cours de la même année. Ces indicateurs sont calculés de telle manière que la somme des taux de mortalité néonatale précoce et néonatale tardive soit directement égale au taux de mortalité néonatale, et que la somme des taux de mortalité néonatale et de mortalité post-néonatale soit égale au taux de mortalité infantile. Tous ces taux sont exprimés pour 1 000 naissances vivantes.
Figure 1
Les indicateurs de la mortalité avant un an
IMGIMGLes indicateurs de la mortalité avant un anIMGIMF
Sont exclus de ces calculs les décès d’enfants mort-nés. La définition de la mortinatalité est complexe et elle a subi un changement important en France en 1993 (Blondel, 2000). Avant cette date, il existait une confusion entre les mort-nés au sens de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), c’est-à-dire ceux n’ayant manifesté aucun signe de vie au moment de l’accouchement, et les « faux » mort-nés, décédés immédiatement après la naissance mais ayant respiré. Depuis mars 1993, par souci d’harmonisation avec les pratiques statistiques internationales, l’enregistrement à l’état civil des enfants nés vivants et des mort-nés se fait en fonction des signes de vie manifestés à la naissance. Ne sont considérés comme mort-nés que les enfants décédés sans avoir montré de signe de vie, tandis que ceux qui ont respiré sont désormais inclus dans la mortalité néonatale précoce. Les prématurés (moins de 28 semaines de gestation) décédés subissent un traitement différent. Ceux pour lesquels la durée de gestation était inférieure à 22 semaines d’aménorrhée (ou dont le poids à la naissance était inférieur à 500 grammes) sont comptés parmi les fausses-couches (mortalité fœtale). Pour les autres, l’enregistrement dépend des signes de vie montrés à la naissance : ceux qui n’ont pas respiré sont comptés parmi les mort-nés tandis que les enfants considérés comme viables par le médecin sont inclus dans les naissances vivantes et comptés dans la mortalité néonatale précoce.
Les enfants mort-nés font l’objet d’un bulletin d’état civil spécifique. Ces bulletins permettent de calculer un taux de mortinatalité qui rapporte le nombre de mort-nés au cours d’une année au nombre total de naissances (naissances vivantes et mort-nés) de la même année. La mortinatalité est regroupée avec la mortalité néonatale précoce pour former la mortalité périnatale dont le taux se calcule également pour 1 000 naissances totales (figure 1).
Les changements de définition sont importants car ils rendent les comparaisons internationales difficiles et induisent des fluctuations artificielles dans l’évolution de la mortalité infantile et de ses composantes. Ainsi, le changement de définition des mort-nés adopté en 1993 comme la modification des pratiques médicales et de déclaration qui l’ont accompagné pourraient expliquer en partie les variations de la mortinatalité et de la mortalité néonatale précoce au cours des années 1990 (Blondel, 2000). Toutefois, à cette époque, le niveau atteint était déjà très faible, si bien que ces problèmes ne remettent pas en cause l’évolution considérable et bien réelle de la mortalité des nouveau-nés à la Réunion au cours des cinquante dernières années.
 
III. L’évolution depuis cinquante ans
 
 
Comme le montrent le tableau 1 et la figure 2, l’évolution de la mortalité infantile depuis cinquante ans a connu deux phases. Dans un premier temps, la mortalité post-néonatale s’est véritablement effondrée, passant de plus de 100 ‰ au début des années 1950 à moins de 40 ‰ à la fin des années 1960, alors que la mortalité néonatale baissait relativement peu. Dans un deuxième temps, et avec un décalage d’une vingtaine d’années environ, la mortalité néonatale a également commencé à se réduire, passant de 30 ‰ à 40 ‰ au cours des années 1950 et 1960 à 4 ‰ à 6 ‰ à la fin des années 1990, tandis que la baisse de la mortalité post-néonatale se poursuivait, son taux atteignant moins de 2 ‰ aujourd’hui. Le résultat est que la part de la mortalité néonatale dans la mortalité infantile s’est progressivement accrue, passant d’environ 25 % il y a cinquante ans à 80 % à la fin du XXe siècle.

Tableau 1
Évolution de la mortalité infantile et de ses composantes et nombre de naissances de 1951 à 1999 à la Réunion
IMGIMGAnnée	Taux pour 1 000 naissances tot...IMGIMF
Année Taux pour 1 000 naissances totales (nés vivants et mort-nés) Taux pour 1 000 naissances vivantes Nombre de naissances vivantes* Nombre total de naissances Mortinatalité* Mortalité périnatale* (mort-nés et 0-6 j.) Mortalité néonatale précoce (0-6 j.) Mortalité néonatale (0-27 j.) Mortalité post-néonatale (28-365 j.) Mortalité infantile (0-365 j.) 1951 56,5 86,2 31,5 45,2 119,2 164,4 11 808 12 515 1952 47,1 77,0 31,4 44,2 113,7 157,9 13 393 14 055 1953 46,9 71,5 25,8 38,0 78,6 116,5 13 711 14 386 1954 43,5 66,6 24,2 35,4 73,8 109,2 13 713 14 336 1955 46,1 71,8 26,9 38,0 79,7 117,7 14 195 14 881 1956 44,7 66,5 22,8 33,8 61,6 95,4 14 230 14 895 1957 47,5 70,3 23,9 35,8 69,7 107,6 14 597 15 325 1958 50,2 73,4 24,4 34,7 89,9 124,5 14 390 15 151 1959 44,2 65,9 22,7 31,6 82,4 114,0 14 487 15 157 1960 49,4 70,8 22,5 31,3 59,4 90,7 14 977 15 756 1961 43,6 65,3 22,7 29,8 65,1 94,9 15 314 16 012 1962 48,3 73,8 26,8 36,0 57,5 93,6 16 098 16 915 1963 47,3 68,9 22,7 30,8 45,5 76,3 16 589 17 413 1964 40,6 60,7 21,0 30,5 52,2 82,6 16 795 17 505 1965 41,0 61,5 21,4 31,5 50,3 81,9 16 989 17 715 1966 46,4 68,9 23,7 35,0 51,8 86,9 16 807 17 624 1967 44,4 66,2 22,8 34,6 33,2 67,8 16 145 16 895 1968 41,5 64,8 24,3 33,3 36,5 69,8 15 956 16 647 1969 42,1 62,5 21,3 30,9 37,4 68,3 15 242 15 912 1970 39,2 60,0 21,7 28,7 26,3 55,0 13 507 14 058 1971 39,0 58,7 20,4 27,7 19,5 47,2 14 481 15 069 1972 34,4 52,3 18,6 25,1 19,9 45,0 13 800 14 291 1973 38,6 55,3 17,4 23,4 15,8 39,2 13 331 13 866 1974 36,7 49,8 13,7 20,0 10,7 30,7 13 451 13 963
IMGIMG1975	35,4	46,2	11,3	16,1	9,6	25,7	13...IMGIMF
1975 35,4 46,2 11,3 16,1 9,6 25,7 13 331 13 820 1976 31,3 43,1 12,1 16,3 9,6 26,0 12 865 13 281 1977 26,3 35,0 8,9 12,4 10,2 22,6 12 544 12 883 1978 25,7 33,7 8,3 11,6 8,1 19,7 11 964 12 279 1979 23,2 32,1 9,2 12,2 4,9 17,0 12 432 12 727 1980 21,7 29,5 8,0 9,9 5,6 15,6 12 286 12 558 1981 19,4 24,7 5,5 7,9 4,9 12,8 11 809 12 042 1982 18,8 24,5 5,9 8,1 4,9 13,1 11 940 12 169 1983 17,3 23,6 6,4 8,9 3,7 12,6 12 473 12 693 1984 15,3 20,4 5,2 6,9 4,6 11,5 13 095 13 298 1985 11,9 16,2 4,3 6,4 4,0 10,4 13 134 13 292 1986 14,4 18,7 4,4 5,6 4,9 10,5 12 775 12 962 1987 13,4 17,5 4,1 4,9 4,9 9,8 12 560 12 731 1988 12,1 14,5 2,4 3,6 2,9 6,5 13 534 13 700 1989 11,3 14,2 2,9 4,5 3,8 8,4 13 865 14 024 1990 10,5 13,3 2,8 4,1 2,7 6,8 13 878 14 025 1991 10,3 13,5 3,2 4,3 2,9 7,2 14 097 14 244 1992 9,6 12,1 2,6 3,9 2,5 6,4 14 212 14 349 1993 9,9 12,9 3,0 4,2 2,7 6,9 13 483 13 618 1994 7,3 12,0 4,8 6,0 2,1 8,1 13 289 13 386 1995 7,2 10,7 3,4 4,4 2,6 7,0 13 054 13 149 1996 10,1 13,0 3,0 4,0 2,4 6,4 13 114 13 248 1997 7,6 10,8 3,3 4,1 2,3 6,5 13 746 13 851 1998 7,3 12,3 5,0 6,5 1,7 8,2 13 538 13 637 1999 7,1 10,2 3,1 4,8 1,1 6,0 14 112 14 213 * Corrigé des faux mort-nés pour la période antérieure à 1993. Source : Insee, état civil.

Figure 2
Évolution de la mortalité infantile et de ses composantes Île de la Réunion (1951-1999)
IMGIMGÉvolution de la mortalité infantile et de ses comp...IMGIMF
Source : Insee, état civil.
Les deux composantes de la mortalité néonatale ont évolué en parallèle, la mortalité des six premiers jours se situant toujours à un niveau deux à trois fois supérieur à celui de la mortalité néonatale tardive. Quant à la mortinatalité, sa baisse a suivi celle de la mortalité néonatale précoce. D’abord très lente (avec un taux atteignant encore 40 ‰ à 45 ‰ à la fin des années 1960), elle s’est accélérée au cours des années 1970 si bien que le niveau de la mortinatalité s’est trouvé réduit de moitié en dix ans, n’atteignant plus que 20 ‰ environ vers 1980, puis 10 ‰ en 1990 et 7 ‰ en 1999. Notons que les fluctuations importantes observées dans l’évolution des taux au cours des années 1990 peuvent s’expliquer par les fortes variations aléatoires dues au très petit nombre de décès sur lesquels portent les calculs, soit à peine 90 décès infantiles par an.
 
IV. Quelques comparaisons
 
 
Nous avons choisi de comparer la situation de la mortalité infantile à la Réunion non seulement avec la métropole mais également avec les autres départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe et Guyane), pour des raisons historiques et politiques, et avec sa voisine immédiate, l’île Maurice, pour des raisons culturelles et géographiques. La comparaison est présentée dans deux graphiques (figures 3 [4] et 4) pour plus de lisibilité.
Figure 3
Mortalité infantile à la Réunion. Comparaison avec les autres Dom et avec la métropole (1951-1995)
IMGIMGMortalité infantile à la Réunion. Comparaison avec...IMGIMF
Sources : 1951-1963, Y. Péron (1966) ; 1967-1995, Insee, état civil.
Figure 4
Mortalité infantile à la Réunion (1951-1999). Comparaison avec l’île Maurice
IMGIMGMortalité infantile à la Réunion (1951-1999). Comp...IMGIMF
Sources : Insee, état civil (Réunion) et ministère de la Santé et de la Qualité de la vie, 2001 (Maurice).
Ce qui frappe d’abord lorsque l’on examine ces graphiques, c’est la rapidité avec laquelle la baisse de la mortalité infantile s’est produite à la Réunion. Au début des années 1950, la proportion d’enfants décédés avant d’atteindre l’âge d’un an y était environ deux fois plus élevée qu’en Martinique, en Guadeloupe et à Maurice, mais dès les années 1970, la Réunion avait rattrapé les autres départements d’outre-mer. Par la suite, l’évolution a été parallèle à celle des îles antillaises, laissant loin derrière la Guyane dont la mortalité infantile baisse beaucoup plus lentement. C’est aussi au cours des années 1970 que s’est accompli le rattrapage de l’île Maurice. Du fait d’une stabilisation du taux de mortalité infantile dans cette dernière, voire de sa remontée, entre 1965 et 1975 environ, et malgré une reprise de la baisse après cette période, l’écart entre les deux îles de l’Océan indien est devenu à peu près constant en faveur de la Réunion depuis le milieu des années 1970 et, aujourd’hui, le taux est trois fois plus élevé à Maurice (19 ‰ contre 6 ‰ à la Réunion en 1999).
La comparaison avec la métropole, point de référence pour tous les services sociaux et de santé à la Réunion, est tout aussi favorable. Tandis qu’en 1951, le rapport entre les taux de mortalité infantile de la métropole et de la Réunion allait de 1 à 3 (respectivement 50 ‰ et 165 ‰), la probabilité de décéder avant un an était devenue à peu près identique sur les deux territoires au début des années 1990. Depuis cette date, les taux observés à la Réunion tendent à fluctuer à un niveau un peu plus élevé qu’en métropole, surtout en ce qui concerne la mortalité néonatale, mais le niveau atteint est tellement faible (5 ‰ à la Réunion et 3 ‰ en métropole) qu’il convient de ne pas accorder une importance excessive à cet écart. La seule différence significative qui demeure entre le département de la Réunion et la France métropolitaine est celle observée pour la mortinatalité, avec des taux respectivement égaux à 7,1 ‰ et 4,6 ‰ en 1999.
 
V. Les causes médicales de décès
 
 
La Réunion a aujourd’hui achevé sa transition épidémiologique, cette révolution sanitaire à long terme qui fait passer un pays d’un régime de mortalité caractérisé par une prépondérance des maladies infectieuses et parasitaires à un régime où ces maladies ont presque totalement disparu et où dominent les maladies dites dégénératives. En ce qui concerne les décès infantiles, cette transition s’est plus spécifiquement traduite par un recul des maladies infectieuses et respiratoires aux dépens des affections d’origine périnatale et des anomalies congénitales qui, comme en métropole, représentent maintenant les deux premières causes de décès pendant la période infantile.
Cette évolution nous est connue grâce à la statistique des causes médicales de décès, établie par l’Inserm à partir de 1981 à la Réunion selon une procédure identique à celle mise en œuvre en France métropolitaine depuis 1968. La codification des causes de décès suit les règles de la Classification internationale des maladies établie par l’Organisation mondiale de la santé. Comme nous l’avons souligné plus haut, compte tenu du très petit nombre de décès infantiles enregistrés chaque année à la Réunion, soit moins de 100 en moyenne depuis dix ans, nous avons choisi de ne présenter ici qu’un classement en sept chapitres. Ce classement rend très visibles les grandes évolutions tout en s’affranchissant du problème des changements intervenus dans la classification détaillée des causes de décès [5]. Les sept chapitres retenus sont les suivants : (1) maladies infectieuses et parasitaires ; (2) maladies de l’appareil respiratoire ; (3) anomalies congénitales ; (4) affections dont l’origine se situe dans la période périnatale ; (5) symptômes, signes et états morbides mal définis ; (6) accidents (causes extérieures de traumatismes et empoisonnements) ; (7) autres maladies [6]. Le tableau 2 présente l’évolution des taux de mortalité infantile par cause selon ces sept rubriques de 1981 à 1997. En raison du petit nombre de décès infantiles annuels et des fortes variations aléatoires qui s’ensuivent, nous avons regroupé les années en quatre périodes de manière à ce que chacune porte sur 450 à 500 décès. Le tableau 3 compare les taux réunionnais de la période la plus récente (1993-1997) à ceux de la France métropolitaine et de l’île Maurice.
Un examen des taux par cause de décès montre que la transition épidémiologique s’est en grande partie accomplie avant les années 1980. Responsables de 75 % des décès infantiles au milieu du XXe siècle, les maladies infectieuses et parasitaires et les maladies de l’appareil respiratoire représentent aujourd’hui moins de 5 % des décès infantiles à la Réunion. Dès la première période considérée (1981-1983), les taux étaient déjà très faibles, soit respectivement 8 et 4,4 pour 10 000 (tableau 2). La lutte contre ces maladies s’est néanmoins poursuivie efficacement puisqu’en fin de période (1993-1997), ces taux sont respectivement tombés à 2,7 et 2,1 pour 10 000, soit 4 à 5 fois moins qu’à l’île Maurice. S’ils demeurent élevés par rapport aux taux observés en France métropolitaine, où ils s’établissent à environ 1,1 pour 10 000 pour les deux types de causes, ces taux ont atteint un niveau si faible à la Réunion que les progrès qui pourraient encore être réalisés contre ces maladies sont peu susceptibles d’influencer fortement le niveau général de la mortalité infantile.

Tableau 2
Causes médicales des décès infantiles à la Réunion de 1981 à 1997. Taux annuel moyen de mortalité pour 10 000 naissances vivantes
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Code CIM Libellé 1981-1983 1984-1987 1988-1992 1993-1997 001-139 Maladies infectieuses et parasitaires 8,0 10,1 7,5 2,7 460-519 Maladies de l’appareil respiratoire 4,4 3,3 2,7 2,1 740-759 Anomalies congénitales 21,6 17,3 11,2 17,1 760-779 Affections dont l’origine se situe dans la période périnatale 49,7 35,1 22,3 34,5 780-799 Symptômes, signes et états morbides mal définis 6,6 10,5 9,1 6,0 800-999 Accidents 6,6 5,6 2,9 3,9 001-799 (non compris n°s précédents) Autres maladies 10,5 12,2 9,4 5,7 Total toutes causes 107,5 94,1 65,1 71,9 Nombre de décès 456 487 453 499 Source : Inserm, CépiDc.


Tableau 3
Causes médicales des décès infantiles en 1993-1997. Indices des taux annuels moyens de mortalité en France métropolitaine et à l’île Maurice (base 100 = la Réunion)
IMGIMGCode CIM	Libellé	Réunion	Métropole	I...IMGIMF
Code CIM Libellé Réunion Métropole Ile Maurice 001-139 Maladies infectieuses et parasitaires 100,0 40,9 364,7 460-519 Maladies de l’appareil respiratoire 100,0 52,6 572,7 740-759 Anomalies congénitales 100,0 72,1 150,7 760-779 Affections dont l’origine se situe dans la période périnatale 100,0 53,9 396,6 780-799 Symptômes, signes et états morbides mal définis 100,0 212,0 54,1 800-999 Accidents 100,0 56,6 103,4 001-799 (non compris n°s précédents) Autres maladies 100,0 94,9 132,8 Total toutes causes 100,0 74,3 276,9 Nombre de décès 499 1 9125 2 029 Sources : pour la France métropolitaine et la Réunion, Inserm, CépiDc ; pour l’île Maurice, ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie.

Ce n’est pas le cas, en revanche, des anomalies congénitales et des affections dont l’origine se situe dans la période périnatale qui représentent, en 1993-1997, environ 70 % des décès. Les taux de mortalité avant l’âge d’un an pour ces deux groupes de maladies s’établissent respectivement à 17,1 et 34,5 pour 10 000 naissances vivantes. Les affections d’origine périnatale représentent le deuxième groupe de causes pour lesquelles on observe une grande différence entre la Réunion et l’île Maurice, le taux correspondant étant quatre fois supérieur dans cette dernière pour la période la plus récente. Ces affections incluent principalement la prématurité, le syndrome de détresse respiratoire et les autres affections respiratoires du fœtus et du nouveau-né. Dans la mesure où ces maladies sévissent principalement in utero et immédiatement après la naissance, leur prépondérance va de pair avec un accroissement du poids de la mortalité périnatale dans la mortalité totale avant un an. Contrairement à la lutte contre les maladies infectieuses, qui peut être efficacement mise en œuvre avec des moyens simples et peu coûteux (vaccinations et mesures d’hygiène notamment), les maladies génétiques et les affections périnatales ne peuvent être combattues qu’avec des techniques médicales complexes et onéreuses qui ne sont devenues disponibles que progressivement à la Réunion. Cela explique l’écart important qui demeure, pour ces causes de décès, entre ce département et la métropole où, pour la même période, les taux de mortalité infantile pour les anomalies congénitales et les affections périnatales sont respectivement égaux à environ 12 et 18,5 pour 10 000 naissances.
Il convient néanmoins de nuancer ces résultats qui pourraient en partie s’expliquer par un effet de substitution entre les affections périnatales et la catégorie des symptômes et états morbides mal définis. En effet, cette dernière, qui regroupe les décès dont la cause est imprécise, inconnue ou non déclarée, est beaucoup moins importante à la Réunion qu’en métropole. Les taux de mortalité avant un an pour ce groupe de causes s’élevaient, respectivement pour chacun de ces deux territoires, à 6,0 et 12,5 pour 10 000 naissances en 1993-1997. On observe une différence comparable entre la Réunion et l’île Maurice en faveur de cette dernière, où le même taux n’atteint que 3,2 pour 10 000. Ces écarts du simple au double peuvent difficilement s’expliquer autrement que par une divergence dans les pratiques d’enregistrement de la cause des décès infantiles. Les affections d’origine périnatale constituent une catégorie de choix sur laquelle des décès dont la cause est difficile à définir peuvent se reporter et l’on peut penser qu’il existe une tendance plus grande à effectuer un tel report à la Réunion qu’en France métropolitaine, pour une raison qu’il resterait à élucider. Cette hypothèse ne peut malheureusement pas être vérifiée à l’aide d’une analyse des causes de décès pendant la période néonatale puisque nous ne connaissons alors pas la structure de la mortalité par cause, les statistiques n’étant disponibles que pour l’ensemble de la période infantile sans distinction de ses composantes. Une autre possibilité serait qu’une partie des décès de la période néonatale précoce ait été erronément enregistrée parmi les mort-nés pour les causes de décès difficiles à identifier comme cela a été suggéré dans un ouvrage récent (Michel, Catteau et Hatton, 1995). Un tel phénomène pourrait expliquer en partie la différence importante du niveau de la mortinatalité observée entre les deux territoires.
Il demeure néanmoins que l’écart des taux de mortalité infantile par affections d’origine périnatale entre la Réunion et la métropole est certainement en partie réel, compte tenu de la fréquence de la prématurité et de la proportion d’enfants ayant un faible poids à la naissance dans l’île. L’enquête nationale périnatale de 1998 indique que la proportion d’enfants prématurés (moins de 37 semaines de gestation) et celle des enfants de petit poids à la naissance (moins de 2 500 grammes) atteignaient toutes deux environ 12,5 % des naissances en 1999 (PMI, 2000), soit le double des proportions observées en métropole. Or, la prématurité et le petit poids à la naissance sont des facteurs de risque de mortalité périnatale et néonatale précoce (Bréart, 1996 ; Papoz, Schwager et Favier, 2001).
En ce qui concerne le taux de mortalité des enfants de moins d’un an par accident, celui-ci oscille entre 3 et 6,5 pour 10 000 depuis le début des années 1980, soit à peu près autant qu’à l’île Maurice et deux fois plus que le taux observé en France métropolitaine. Le type d’accidents à l’origine des décès enregistrés dans cette catégorie varie fortement d’une année sur l’autre, si bien qu’il est difficile d’identifier les facteurs pouvant expliquer l’écart entre les deux territoires.
Enfin, on observe une tendance à la baisse de la mortalité due aux autres maladies depuis le milieu des années 1980, dont le taux est très comparable à celui observé en métropole en fin de période (1993-1997). Ce sont les maladies du système nerveux qui prédominent très largement dans cette catégorie puisqu’elles représentent presque 80 % des décès, avec un taux égal à 4,5 pour 10 000 naissances en 1993-1997. Si ce taux est environ deux fois supérieur à ce qu’il est en métropole, la proportion des décès qu’il représente est sensiblement la même dans les deux territoires, soit environ 5 % des décès infantiles.
 
VI. Différences selon le sexe
 
 
On observe une surmortalité des garçons pour toutes les composantes de la mortalité infantile (tableau 4), sauf pour la mortinatalité et pour la mortalité néonatale tardive. Les taux de mortalité infantile masculin et féminin s’établissaient respectivement à 8,2 et 5,8 pour 1 000 naissances en 1993-1997, soit un taux 1,4 fois plus élevé pour les garçons. Ce phénomène s’observe aussi en métropole (où le rapport entre le taux de mortalité infantile des garçons et celui des filles s’élève à 1,3 en 1993-1997) et dans les pays européens en général (Barbieri, 1998 ; Kaminsky et Blondel, 1985). La surmortalité masculine est particulièrement marquée juste après la naissance, avec un taux de mortalité néonatale précoce presque deux fois supérieur chez les garçons (4,4 ‰ contre 2,6 ‰ chez les filles en 1993-1997). La fragilité biologique plus grande des petits garçons à la naissance pourrait expliquer à la fois cette surmortalité et la réduction de l’écart entre les deux sexes pour les intervalles suivants (période néonatale tardive et période post-néonatale). Une telle fragilité différentielle devrait toutefois engendrer un écart dans la mortinatalité des garçons et des filles proche de celui observé pour la mortalité néonatale précoce, ce qui n’est pas du tout le cas à la Réunion où les taux de mortinatalité sont presque égaux pour les deux sexes.

Tableau 4
Taux de mortalité infantile et ses composantes selon le sexe et rapport de surmortalité masculine à la Réunion de 1993 à 1997
IMGIMGTaux de mortalité (‰)	Surmortalité m...IMGIMF
Taux de mortalité (‰) Surmortalité masculine Sexe masculin Sexe féminin Les deux sexes Mortinatalité 8,7 8,3 8,5 1,05 Mortalité Néonatale précoce 4,4 2,6 3,5 1,70 Néonatale tardive 1,1 1,0 1,0 1,10 Post-néonatale 2,6 2,2 2,4 1,20 Infantile 8,2 5,8 7,0 1,40 Source : Insee, état civil.

La surmortalité infantile des garçons concerne surtout les affections d’origine périnatale, et notamment l’hypoxie intra-utérine et l’asphyxie à la naissance, tandis qu’en métropole ce sont les maladies de l’appareil respiratoire qui, avant un an, affectent de la façon la plus disproportionnée les petits garçons par rapport aux petites filles. En revanche, ces dernières sont plus sujettes que les garçons aux accidents, mais l’écart entre les sexes tend à se réduire : le rapport entre le taux de mortalité par accident des garçons et celui des filles est passé de 0,5 en 1988-1992 à 0,8 en 1993-1997.
 
VII. Le contexte médical et démographique de la baisse de la mortalité infantile à la Réunion
 
 
En l’absence de données et d’études appropriées, il est impossible d’identifier avec certitude les facteurs responsables de la baisse rapide de la mortalité infantile depuis cinquante ans à la Réunion et ceux qui pourraient expliquer l’écart persistant avec la France métropolitaine. Comme nous allons le voir dans la discussion qui suit, il existe cependant des éléments d’information sur l’évolution de la situation sanitaire et sociale dans l’île qui permettent d’avancer certaines hypothèses. Ces informations laissent par ailleurs entrevoir les problèmes qui continuent à se poser et elles montrent dans quelle direction des progrès sont encore possibles.
1. Les progrès médicaux et l’accès à la santé
Le système français de Sécurité sociale a été étendu à la Réunion dès 1947 dans les textes, mais il n’a réellement été mis en application qu’à partir de 1954. Ce système organise une couverture financière collective des soins de santé. Un régime de tiers payant particulier à la Réunion assure la gratuité complète des soins de santé et explique la couverture sociale généralisée dont bénéficie la population. En 1999, 98 % des femmes enceintes réunionnaises sont ainsi inscrites à un régime de protection sociale (DRASS, 1999). L’équipement médical a suivi une évolution parallèle avec un accroissement régulier du personnel médical et du nombre de lits, notamment dans les services de gynécologie-obstétrique. Observons toutefois que ce nombre, bien qu’aujourd’hui supérieur à la moyenne nationale pour mille femmes en âge de procréer, y demeure très inférieur lorsqu’on le rapporte au nombre des naissances (24 pour mille à la Réunion contre 32 pour mille en métropole) (Observatoire régional de la santé, 1995). Ce retard n’a toutefois pas empêché la médicalisation généralisée de la grossesse et de l’accouchement à la Réunion.
Le suivi des femmes enceintes s’est tellement amélioré au cours des trente dernières années qu’il n’a aujourd’hui plus grand-chose à envier à la métropole. Ainsi, selon les certificats du 8e jour, 87 % des femmes ayant accouché en 1999 ont bénéficié d’au moins 7 consultations prénatales, 11 % en ont eu 4 à 6, et moins de 2 % en ont eu 3 ou moins (PMI, 2000) et l’enquête nationale périnatale de 1998 montre que le nombre moyen de consultations prénatales est plus élevé à la Réunion qu’en métropole (DRASS, 1999). Depuis le début des années 1990, en moyenne chaque année, moins d’une cinquantaine de femmes accouchent sans avoir suivi une seule consultation prénatale, soit 0,3 % des naissances en 1999. On observe parallèlement un accroissement de la proportion de femmes ayant bénéficié de trois échographies pendant leur grossesse. Entre les deux enquêtes périnatales de 1995 et 1998, cette proportion a augmenté de 8 points, passant de 53 % à 61 % (DRASS, 1999).
L’accès généralisé aux soins de santé s’étend à l’accouchement et aux premiers jours de la vie. Tandis qu’en 1951, plus de 75 % des naissances avaient lieu à domicile, cette proportion est aujourd’hui tombée à 0,5 %, ce qui permet une prise en charge médicale immédiate de la quasi-totalité des nourrissons (Insee, 1957 ; Inserm et al., 1995). Les certificats du 8e jour montrent par exemple qu’en 1999, près de 95 % des enfants nés à la Réunion ont bénéficié d’un examen médical à l’issue de leur première semaine de vie et que dans 99 % des cas, l’examen a été effectué par un pédiatre (PMI, 2000), soit une proportion supérieure à celle observée en métropole (94 % en 1994). Enfin, le suivi médical se poursuit pendant la petite enfance comme l’indique une couverture vaccinale comparable à celle de la métropole, sinon meilleure (Catteau, 2001).
2. La baisse de la fécondité
Les changements des comportements reproductifs ont également pu induire une baisse de la mortalité infantile dans la mesure où ils se sont accompagnés d’une diminution de la proportion des naissances à risque. S’élevant à 7 enfants par femme vers 1950, l’indice conjoncturel de fécondité s’est progressivement réduit pour atteindre 3 en 1980, puis 2,3 en 1998, avec toutefois une légère remontée à 2,4 en 1999 et 2,5 en 2000. Dans le même temps, le taux brut de natalité a chuté d’un niveau exceptionnel de 50 ‰ dans les années 1950 et 1960 à 20 ‰ au milieu des années 1990. Il semble depuis lors s’être stabilisé à ce niveau, qui reste encore considérablement supérieur à celui de 13 ‰ observé en métropole en l’an 2000 (Insee, 2002a). Cette évolution s’est accomplie sous l’effet d’un changement de la répartition des naissances selon l’âge des mères et d’une baisse de la proportion des naissances de rang élevé (tableaux 5 et 6). Des travaux menés sur la fécondité en France et à l’étranger montrent que la mortalité infantile est plus élevée chez les enfants nés des mères les plus jeunes et les plus âgées ainsi que chez les enfants de rang élevé.
Un examen de la répartition des naissances selon l’âge des mères montre toutefois que, globalement, le calendrier de la fécondité n’a pas évolué d’une manière particulièrement favorable à la baisse de la mortalité infantile. En effet, la proportion des naissances issues de femmes âgées de 25 à 34 ans, groupes d’âges associés à la survie des enfants la plus élevée, ne s’est que très faiblement accrue, de 49 % à 53 % entre 1951 et 2000 (tableau 5). En revanche, l’évolution de la répartition par rang des naissances vivantes a eu un poids considérable sur l’amélioration de la survie infantile. Le tableau 6 présente la répartition des naissances vivantes selon le rang en 1951 et en 2000 à la Réunion et compare cette dernière avec celle observée à la même date en France métropolitaine. Il montre un renversement de la distribution avec un effondrement de la proportion des naissances de rang 4 ou plus au profit des naissances de rang 1 et 2. La part des enfants de rang 4 ou plus s’est en effet réduite de 47 % des naissances en 1951 à 10 % aujourd’hui. Le changement est particulièrement frappant en ce qui concerne les naissances de rang 5 ou plus dont la proportion a été divisée par neuf sur la période (36 % en 1951 contre 4 % en 2000). Or, une étude de l’Insee montre que par rapport aux enfants de rang 1 et 2, la surmortalité atteint 15 % pour les enfants de rang 3, 40 % pour les enfants de rang 4 et presque 55 % pour les enfants de rang 5 ou plus en France métropolitaine (Dinh, 1998). En supposant que ces rapports s’appliquent à la Réunion, l’évolution de la structure par rang des naissances qui y est observée depuis les années 1950 suffirait à expliquer plus de 20 % de la baisse de la mortalité infantile. Si la répartition par rang des naissances à la Réunion s’alignait sur celle de la France métropolitaine en 2000, cela n’engendrerait qu’une baisse de 4 % du taux de mortalité infantile. Les changements qui pourraient encore se produire à la Réunion dans les comportements reproductifs n’auront donc probablement plus beaucoup d’effets sur le niveau de la mortalité des enfants.

Tableau 5
Répartition des naissances vivantes selon l’âge de la mère* à la Réunion (1951 et 2000) et en France métropolitaine (2000)
IMGIMGGroupe d’âges	Réunion 1951	Réunion 2...IMGIMF
Groupe d’âges Réunion 1951 Réunion 2000 France métropolitaine 2000 Nombre de naissances Proportion (en %) Nombre de naissances Proportion (en %) Nombre de naissances Proportion (en %) Moins de 20 ans 704 6,0 1 234 8,3 15 706 2,0 20-24 ans 2 807 24,1 3 241 21,8 103 571 13,4 25-29 ans 3 259 27,9 4 134 27,9 273 523 35,3 30-34 ans 2 465 21,1 3 703 24,9 247 714 32,0 35-39 ans 1 658 14,2 2 049 13,8 109 881 14,2 40 ans ou plus 775 6,6 481 3,2 24 387 3,1 Tous âges 11 668 100,0 14 842 100,0 774 782 100,0 * Pour la Réunion en 1951, les calculs ne portent que sur les naissances pour lesquelles l’âge de la mère est connu (à l’exclusion des 16 naissances pour lesquelles il n’a pas été déclaré, soit moins de 0,1 % de l’ensemble des naissances) ; l’âge de la mère est connu pour toutes les naissances de 2000, à la Réunion comme en France métropolitaine. Sources : pour 1951: Insee, 1957 ; pour 2000 : Beaumel, Doisneau et Vatan, Insee, 2002a.


Tableau 6
Répartition des naissances vivantes selon le rang* à la Réunion (1951 et 2000) et en France métropolitaine (2000)
IMGIMGRang de naissance	Réunion 1951	Réuni...IMGIMF
Rang de naissance Réunion 1951 Réunion 2000 France métropolitaine 2000 Nombre de naissances Proportion (en %) Nombre de naissances Proportion (en %) Nombre de naissances Proportion (en %) 1 2 406 23,7 6 621 44,6 404 804 52,2 2 1 579 15,5 4 557 30,7 236 441 30,5 3 1 477 14,5 2 158 14,5 91 941 11,9 4 1 007 9,9 852 5,7 25 749 3,3 5 884 8,7 371 2,5 8 519 1,1 6 741 7,3 149 1,0 3 563 0,5 7 ou plus 2 069 20,4 134 0,9 3 765 0,5 Ensemble 10 163 100,0 14 842 100,0 774 782 100,0 * Pour la Réunion en 1951, les calculs ne portent que sur les naissances pour lesquelles le rang de naissance est connu (à l’exclusion des 1 521 naissances pour lesquelles il n’a pas été déclaré, soit 13 % de l’ensemble des naissances) ; le rang de naissance est connu pour toutes les naissances de 2000, à la Réunion comme en France métropolitaine. Sources : pour 1951 : Insee, 1957 ; pour 2000 : Beaumel, Doisneau et Vatan, Insee, 2002a.

 
VIII. Les problèmes qui demeurent
 
 
Malgré une évolution positive sur le long terme, les professionnels de la santé se sont inquiétés d’une apparente stabilisation de la mortalité périnatale et, dans une moindre mesure, de la mortalité néonatale tardive au cours des années 1990, stabilisation d’autant plus préoccupante que le niveau atteint reste supérieur à celui observé en métropole. Cette stabilisation est liée aux fortes proportions de naissances de prématurés (moins de 37 semaines de gestation) et d’enfants de petits poids à la naissance (moins de 2 500 grammes), qui atteignent chacune 12 % à la Réunion contre environ 7 % en métropole (DRASS, 1999). Les médecins expliquent ces différences par des facteurs de risque plus fréquemment observés dans l’île qu’en métropole (Inserm et al., 1995).
1. L’état de santé des femmes
Le problème le plus souvent mentionné est celui de l’alcoolisme. La surconsommation d’alcool chez la femme enceinte est associée à des maladies graves, dont le syndrome d’alcoolisation fœtale qui, selon une étude malheureusement déjà ancienne, aurait concerné à l’époque 5 à 6 naissances vivantes pour mille (Lesure, 1988). Cette affection se manifeste par des anomalies congénitales, un retard de croissance et un dysfonctionnement du système nerveux susceptibles non seulement d’entraîner des handicaps à vie mais également d’augmenter la probabilité d’un décès néonatal.
Le diabète et l’hypertension artérielle sont les deux autres fléaux tenus pour responsables des problèmes de santé rencontrés par les Réunionnaises pendant leur grossesse. Le taux de mortalité par diabète des femmes réunionnaises était encore quatre fois supérieur à celui des femmes vivant en France métropolitaine au début des années 1990 (Michel, Catteau et Hatton, 1995). Aujourd’hui, 15 % des femmes enceintes sont encore affectées par le diabète ou l’hypertension artérielle, deux facteurs de risque pour l’enfant qu’elles portent (Papoz et al., 2001). Ces situations représentent la deuxième cause d’hospitalisation en cours de grossesse après les menaces d’accouchement prématuré (DRASS, 1999). Elles pourraient également expliquer en partie l’hospitalisation plus fréquente des femmes enceintes à la Réunion comparativement à la métropole. L’enquête périnatale de 1998 a en effet montré que la proportion de femmes ayant été hospitalisées pendant leur grossesse était, à la Réunion, supérieure de près de moitié à celle de la métropole (30 % contre 21 %) et, parmi ces femmes, la proportion de celles qui ont dû être hospitalisées pendant plus de 6 jours est de 20 % à la Réunion, contre 11 % en métropole, soit un rapport du simple au double (DRASS, 1999).
En réponse aux préoccupations exprimées par les médecins, la Direction régionale de l’action sanitaire et sociale (DRASS) a mis en œuvre à la Réunion un plan périnatal sur cinq ans (1996-2001). Ce plan comprenait un ensemble de mesures destinées à améliorer le suivi de la grossesse et les conditions de l’accouchement, notamment par une réorganisation du système hospitalier et la création d’un réseau périnatal de professionnels. Les deux premières enquêtes périnatales (1995 et 1998) ont d’ailleurs eu lieu à la Réunion dans la perspective d’une évaluation de ce programme et une nouvelle enquête devrait bientôt avoir lieu. Les données d’état civil les plus récentes (1999) indiquent d’ores et déjà une reprise de la baisse des taux de mortalité périnatale et néonatale tardive. Cependant, compte tenu du petit nombre d’événements et d’importantes fluctuations aléatoires d’une année sur l’autre, un recul de plusieurs années sera nécessaire pour confirmer ce bon résultat. Il semble toutefois que la situation économique précaire d’une partie de la population réunionnaise constitue un frein aux progrès de la lutte contre la mortalité infantile.
2. Le poids des facteurs économiques et sociaux
Le niveau de vie moyen a augmenté régulièrement à la Réunion et la croissance annuelle du produit intérieur brut (PIB) a été presque deux fois supérieure en moyenne à celle de la métropole au cours des vingt dernières années (Insee, 2002b). L’amélioration des conditions de vie est indéniable et explique certainement en partie la baisse rapide de la mortalité infantile, mais la Réunion reste un département pauvre. À la fin des années 1990, le produit intérieur brut par habitant n’atteint encore que 40 % du niveau métropolitain et les revenus d’une grande partie de la population demeurent liés aux transferts financiers publics, notamment les prestations sociales (Insee, 2002b). Le chômage touche un adulte sur trois, contre un sur dix en métropole, et la Réunion occupe la dernière place pour cet indicateur parmi les 24 régions françaises (Insee, 2002b).
En ce qui concerne plus particulièrement les femmes enceintes, l’enquête périnatale de 1998 montre que seulement 60 % d’entre elles vivent dans un ménage dont au moins une partie des ressources est issue d’un emploi rémunéré (contre plus de 90 % en métropole) et presque la moitié perçoit une allocation de l’État (chômage, revenu minimum d’insertion ou allocation de parent isolé) contre moins de 20 % en métropole. Or, l’enquête montre aussi que les femmes se trouvant en situation de précarité économique bénéficient de moins de consultations prénatales que les autres (DRASS, 1999) et l’on sait, grâce à l’analyse des certificats du 8e jour, que la probabilité de mettre au monde un enfant de petit poids, donc soumis à un risque de décès accru, augmente significativement lorsque le nombre de consultations prénatales est inférieur à quatre (Rochat et Brodel, 1999). Ce résultat est d’ailleurs confirmé par l’enquête périnatale qui indique que la fréquence des hospitalisations prénatales est plus élevée (33 %) chez les femmes en situation de précarité économique et, après l’accouchement, chez leurs enfants (16 %) que chez les autres (respectivement 24 % et 10 %) (DRASS, 1999).
 
Conclusion
 
 
La mortalité infantile a connu une baisse remarquable à la Réunion au cours des cinquante ans qui viennent de s’écouler. Cette baisse s’est accomplie plus rapidement pour la mortalité post-néonatale, qui se situe aujourd’hui au même niveau qu’en métropole, que pour la mortalité néonatale, qui tend à demeurer un peu plus élevée, notamment dans la première semaine suivant la naissance. Cette évolution s’est accompagnée d’un effondrement des décès dus aux maladies infectieuses et parasitaires et ce sont aujourd’hui les affections dont l’origine se situe pendant la période périnatale et les anomalies congénitales qui représentent les deux premières causes de décès infantiles, très loin devant les autres maladies. Le mauvais état de santé relatif des femmes réunionnaises en âge de procréer par rapport à celui des femmes vivant en métropole pourrait expliquer la précarité sanitaire plus grande des nouveau-nés sur l’île. Le diabète et l’hypertension artérielle sont les deux facteurs de risque les mieux identifiés chez les Réunionnaises pendant leur grossesse, facteurs qui sont à mettre en parallèle avec le taux de prématurité élevé des nouveau-nés et la proportion des enfants de petit poids à la naissance, qui sont deux fois plus élevés qu’en France métropolitaine. C’est donc par un renforcement du suivi des femmes les plus exposées, surtout celles qui sont économiquement démunies, que les progrès dans la lutte contre la mortalité infantile à la Réunion pourront se poursuivre.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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·  Péron Yves, 1966, « La population des départements français d’outre-mer », Population, 21(1), p. 99-132.
·  Protection maternelle et infantile (PMI), Département de la Réunion/DPEFS, 2000, Les certificats de santé du 8e jour. Année 1999, Conseil général de la Réunion.
·  Rochat R., A. Brodel, 1999, Les Certificats de santé du 8e jour. Évolution de 1991 à 1996, Protection maternelle et infantile, Département de la Réunion/DPEFS, Conseil général de la Réunion.
·  Vallin Jacques, France Meslé, 1998, « Comment suivre l’évolution de la mortalité par cause malgré les discontinuités de la statistique. Le cas de la France de 1925 à 1993 », in Gérard Pavillon (éd.), Enjeux des classifications internationales en santé. Questions en Santé publique, Les Éditions de l’Inserm, p. 113-156.
 
NOTES
 
[*]Institut national d’études démographiques, Paris.
[**]Direction régionale des affaires sanitaires et sociales, la Réunion.
[1]Loi n° 70-633 du 15 juillet 1970.
[2]Article L. 149 du Code de santé publique.
[3]Nous avions initialement envisagé de prendre en compte les résultats de l’enquête Famille 1997. De nature rétrospective, cette enquête est associée depuis 1951 au recensement en France métropolitaine. Elle a été mise en œuvre à la Réunion pour la première fois en 1997, avec des modalités différentes (notamment en ce qui concerne le contenu du questionnaire et le découplage avec l’opération de recensement). Les informations recueillies portent en particulier sur l’histoire génésique des femmes interrogées, la survie de leurs enfants et de nombreuses caractéristiques socio-économiques. L’utilisation de cette enquête s’est malheureusement révélée décevante du fait d’une qualité trop faible des données relatives à la mortalité des enfants. Une comparaison avec l’état civil montre en effet que la sous-estimation du taux de mortalité infantile atteint 50 % à 70 % sur la période la plus récente (Barbieri et Catteau, 2001). Cela empêche toute utilisation de l’enquête pour analyser les tendances et les déterminants de la mortalité infantile à la Réunion et nous avons choisi de ne pas en présenter les résultats ici.
[4]Nous ne disposons pas de séries continues pour les taux de mortalité infantile en Guadeloupe, Martinique et Guyane. Dans ces trois départements, l’état civil était en effet considéré comme trop imparfait pour fournir des données réalistes avant le milieu des années 1960. Les taux de mortalité infantile pour la période 1951-1963 présentés dans la figure 3 ont donc été estimés à partir des données de recensement (cf. Y. Péron, 1966) et ne sont pas corrigés des faux mort-nés. Pour une meilleure comparabilité, nous avons utilisé la même source pour la Réunion bien que les données d’état civil y soient de bonne qualité dès 1951.
[5]En ce qui concerne ces problèmes de changement de classification, voir Vallin et Meslé, 1998.
[6]Ce chapitre regroupe les tumeurs, les maladies endocriniennes de la nutrition et du métabolisme et les troubles immunitaires, les maladies du sang et des organes hématopoïétiques, les troubles mentaux, les maladies du système nerveux et des organes des sens, les maladies de l’appareil circulatoire, les maladies de l’appareil digestif, les maladies des organes génito-urinaires, les complications de la grossesse, de l’accouchement et des suites de couches, les maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, les maladies du sytème ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif.
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