Des hommes médicalement assistés pour procréer
IAD, FIV, ICSI, bilan d’une révolution dans la prise en charge médicale de l’infertilité masculine
Élise de La Rochebrochard
Face aux problèmes d’infertilité, qui concernent 15 % à 20 % des couples, on a assisté au développement des techniques de fécondation in vitro (FIV). Entre 1982 et 2000, 85000 enfants sont nés en France grâce à une FIV (estimation basée sur une exploitation croisée de l’enquête FIVNAT et des données administratives). Cinq bilans mondiaux et deux bilans européens ont été consacrés à la FIV mais leur exploitation reste limitée par les problèmes de non-exhaustivité des données pour des régions telles que l’Europe méridionale et orientale. Les taux de succès de la FIV sont de l’ordre de 15 % à 20 % de grossesses par ponction. Cependant, ces taux chutent quand l’âge de la femme augmente et lorsque l’homme a un sperme présentant des anomalies sévères. Dans le cas d’une infertilité masculine sévère, l’insémination artificielle avec spermatozoïdes de donneur (IAD) a longtemps été la seule réponse médicale, mais elle pose le problème de l’acceptation d’un donneur de sperme. Depuis 1992, une nouvelle technique de FIV est proposée : l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). Cette technique s’est largement développée en France et dans de nombreux pays : elle représentait 30 % à 60 % de l’activité de fécondation assistée en 1998. Malgré ce développement important, de nombreuses questions demeurent sur les conséquences de la technique, en particulier quant à l’état de santé à court et à long terme des enfants conçus par ICSI.
In response to involuntary infertility, which affects 15% to 20% of couples, the techniques of in vitro fertilization (IVF) have been developed. Between 1982 and 2000, 85,000 children were born in France thanks to IVF (estimates based on combined analysis of the FIVNAT survey and administrative data). Five world reports and two European reports have been produced on IVF, but their use remains limited by incomplete data for regions such as southern and eastern Europe. The success rates with IVF are around 15% to 20% of pregnancies obtained per retrieval. However, these rates decline rapidly as the woman’s age rises and when the man’s sperm has severe abnormalities. In cases of severe male factor infertility, artificial insemination by donor (AID) was for long the only medical solution, but it raises the problem of accepting sperm from a donor. Since 1992, a new IVF technique, intracytoplasmic sperm injection (ICSI) is available. This technique has been widely adopted in France and in many other countries: in 1998 it represented 30% to 60% of assisted fertilizations. Despite this large development, numerous questions remain concerning the consequences of the technique, particularly regarding the short- and long-term health of children conceived by ICSI.
Ante los problemas de infertilidad, que afectan entre el 15% y el 20% de las parejas, se ha producido una evolución de las técnicas de fecundación in vitro (FIV). Entre 1982 y el 2000 se produjeron 85,000 nacimientos en Francia gracias a la FIV (estimación basada en una explotación combinada de la encuesta FIVNAT y de datos administrativos). Aunque se han realizado cinco balances del FIV a nivel mundial y dos a nivel europeo, la explotación de tales balances es limitada debido a problemas de falta de exhaustividad de los datos para ciertas regiones, por ejemplo Europa meridional y del Este. Las tasas de éxito de la FIV son del orden del 15 al 20% de embarazos por punción. No obstante, estas tasas disminuyen fuertemente cuando la edad de la mujer aumenta o cuando el esperma del hombre presenta anomalías severas. En casos de infertilidad masculina severa, la única respuesta médica ha sido durante mucho tiempo la inseminación artificial con espermatozoides del donante (IAD), pero tal método requiere la aceptación del donante de esperma. Desde 1992 existe una nueva técnica de FIV: la inyección intra-citoplásmica de espermatozoide (ICSI). Esta técnica se ha desarrollado ampliamente tanto en Francia como en otros países, hasta representar entre el 30% y el 60% de la actividad de fecundación asistida en 1998. A pesar de una evolución tan significativa, todavía existen muchas dudas en cuanto a las consecuencias de ésta técnica, especialmente en cuanto al estado de salud a corto y a largo plazo de los niños concebidos a partir de ella.
• Systèmes de collecte de données sur les fécondations assistées
— Diffusion de la FIV en France…
— …et dans le reste du monde
— Recours à la FIV en Europe
• La FIV : une technique inadaptée au traitement des infertilités masculines sévères
— Comment mesurer le succès des FIV ?
— Chute des taux de succès avec l’âge de la femme
— Chute des taux de succès lorsque l’homme a un sperme sévèrement altéré
• L’IAD : une technique mal acceptée
— Des règles déontologiques communes à l’ensemble des centres français
— Les chiffres de l’IAD en France
— De la difficulté d’accepter un don lorsqu’il s’agit de spermatozoïdes
— L’IAD : un cadre quasi expérimental pour la recherche en reproduction humaine
• L’ICSI : l’apparition d’une réponse médicale aux infertilités masculines sévères
— Une nouvelle technique
— Diffusion de l’ICSI
— Et demain ? Le débat médical autour de la diffusion de l’ICSI
— Questions autour de la santé des enfants nés par ICSI
— Questions autour de la santé des femmes
• Conclusion
• RÉFÉRENCES