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Population

2003/4-5 (Vol. 58)

  • Pages : 160
  • DOI : 10.3917/popu.304.0589
  • Éditeur : I.N.E.D


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Évolution générale et structure par âge de la population

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Au 1er janvier 2003, la population totale de la France est estimée à 61 387 000 habitants (Doisneau, 2003). Si l’on se restreint à la France métropolitaine, l’effectif s’élève à 59 626 000 habitants, soit 288 000 de plus que l’an dernier (Insee, 2003), ce qui représente un taux d’accroissement de 4,8 ‰, en baisse de 0,3 point par rapport à 2001 (tableau 1) [1]  Les tableaux 1 à 14 figurent en annexe. [1] . Le solde migratoire étant estimé en légère hausse, cette baisse n’est imputable qu’au fléchissement de l’accroissement naturel. En effet, d’après les estimations provisoires de l’Insee, le nombre de naissances a légèrement diminué en 2002 (763 000, soit 8 000 de moins qu’en 2001), tandis que le nombre de décès augmentait un peu (540 000, soit 9 000 de plus qu’en 2001), dégageant un solde naturel de 223 000 personnes ; le taux d’accroissement naturel est ainsi retombé de 4 ‰ en 2001 à 3,7 ‰ en 2002.

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Malgré tout, ce taux reste l’un des plus élevés de l’Union européenne (Eurostat, 2003) : si l’on excepte l’Irlande, dont l’accroissement naturel est très fort (près de 8 ‰), seuls les Pays-Bas (3,7 ‰) et le Luxembourg (3,6 ‰) sont proches de la France sur ce point. Partout ailleurs, l’accroissement naturel atteint au mieux environ 1 ‰ (Danemark, Espagne, Finlande, Royaume-Uni), quand il n’est pas négatif (Grèce, Italie et surtout Allemagne). Au contraire, avec un taux d’accroissement migratoire estimé à un peu plus de 1 ‰ en 2002, la France est au niveau le plus bas en Europe avec la Finlande, tandis que l’Irlande, le Portugal, le Luxembourg et l’Espagne ont des taux 5 à 9 fois plus élevés [2]  Les mouvements migratoires sont enregistrés de façon... [2] ; c’est en Espagne et en Allemagne que les soldes migratoires seraient les plus importants en valeur absolue, supérieurs à 220 000 personnes en 2002 (Eurostat, 2003).

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Trois facteurs expliquent le maintien d’un solde naturel élevé en France : une fécondité encore forte, comparée à celle de nos voisins, une espérance de vie assez longue (surtout pour les femmes) et qui continue à croître, ainsi qu’une structure par âge qui demeure relativement favorable aux naissances et peu aux décès (figure 1).

Figure 1 - Pyramide des âges de la France au 1er janvier 2003Figure 1

NB : les effectifs des classes d’âges sont disponibles sur le serveur de l’Ined (http://www.ined.fr).

Source: Insee.
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La part des adultes de 20 à 59 ans dans la population continue d’ailleurs à s’accroître, au détriment de celle des jeunes de moins de 20 ans (tableau 2), malgré la natalité relativement forte des années 2000 à 2002 : ces nouvelles générations sont en effet moins nombreuses que celles qui sont nées vingt ans plus tôt, au moment du regain de natalité des années 1980 à 1982. La part des personnes âgées de 60 ans ou plus est globalement stable depuis plusieurs années, mais cette stabilité cache un vieillissement interne de ce groupe d’âges, avec une augmentation rapide de la proportion de personnes âgées de 75 ans ou plus. La disparition progressive des « classes creuses » nées durant la première guerre mondiale va encore accélérer cette tendance et, dans moins de vingt ans, plus d’une personne sur dix appartiendra à ce dernier groupe d’âges (Brutel et Omalek, 2003). Ainsi, le solde du mouvement naturel est-il appelé à décroître progressivement dans les prochaines années, du fait de l’évolution de la structure par âge de la population, qui provoquera à la fois une augmentation des décès et une diminution des naissances, puisque l’ensemble des générations nées depuis la fin du baby-boom seront alors parvenues aux âges féconds.

L’immigration de 1994 à 2001 [3]  L’auteure remercie Xavier Thierry (Ined) qui lui a... [3]

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À partir des mêmes sources et des mêmes méthodes de calcul, l’Ined poursuit son observation des flux d’entrées d’étrangers en 2000-2001, en s’appuyant principalement sur la comptabilité des premières autorisations de séjour d’au moins un an, suivant en cela les recommandations de l’Onu pour l’harmonisation des statistiques migratoires (Thierry, 2001).

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Après une baisse entre 1994 et 1995, années au cours desquelles 120 000 et 106 000 étrangers avaient respectivement été admis à séjourner régulièrement, puis une stabilisation en 1996, le nombre de « titres » [4]  Dans la suite du texte, nous employons ce terme pour... [4] délivrés a augmenté en 1997 (127 000) et surtout en 1998 (156 000) (tableau 3). La fin de l’opération de régularisation exceptionnelle de 1997-1998 a entraîné une légère baisse du nombre d’étrangers admis au séjour en 1999 (145 000), qui s’est de nouveau redressé en 2000 (160 000) et plus vivement encore en 2001 (183 000). Les niveaux atteints en 2000 et 2001 dépassent ainsi le chiffre de 1998, année durant laquelle un grand nombre d’étrangers ont été régularisés.

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La majorité des étrangers admis au séjour une année donnée déclarent être arrivés en France au cours de cette même année, soit une proportion d’environ 70 % qui est stable dans le temps. L’accroissement continu depuis 1996 des autorisations de séjour délivrées à des étrangers arrivés dans l’année est donc significatif d’une réelle évolution des flux migratoires : ce nombre a augmenté de moitié, passant de 75 000 en 1996 à 113 000 en 2000 ; il a atteint 128 000 en 2001.

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Le nombre des titres délivrés à des étrangers originaires des pays de l’Espace économique européen (EEE) [5]  L’Espace économique européen comprend les États membres... [5] , qui bénéficient de la liberté de circulation, est stable autour de 43 000 depuis plusieurs années. L’augmentation globale de l’immigration repose donc sur l’évolution du flux d’étrangers ressortissants de pays tiers, qui a crû de 14,5 % en 2000 et de 19,6 % en 2001. D’année en année, ce dernier représente une part sans cesse croissante du total des entrées, en raison partiellement d’un possible sous-enregistrement des entrées d’étrangers venus des pays de l’EEE, notamment étudiants. Le flux d’étudiants en provenance du reste de monde a quant à lui fortement progressé, passant de 25 000 en 1999 à 43 000 en 2001. C’est, de tous les motifs de délivrance des titres de séjour, la hausse la plus spectaculaire au cours de ces deux dernières années. L’immigration des pays tiers est aussi fortement soutenue par les entrées d’étrangers ayant des liens familiaux avec des ressortissants français, entrées dont le nombre surpasse aujourd’hui largement celui des personnes venant rejoindre un étranger déjà résident.

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L’évolution des motifs d’admission des étrangers des pays tiers s’accompagne d’un rééquilibrage entre les sexes : alors que l’on comptait 116 femmes pour 100 hommes parmi l’ensemble des originaires d’un pays tiers en 1994, cette prédominance numérique a complètement disparu au cours de la période 2000-2001. Parallèlement, la part des célibataires s’élève au fil des années : elle est passée de 43,6 % en 1994 à 46,3 % en 2001 parmi les ressortissants des pays non-membres de l’EEE.

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L’Afrique conforte sa place, avec 43,1 % du total des entrées en 2001 (37,2 % en 1999), suivie de l’Europe (respectivement 35 % et 42,1 %). Les Maghrébins forment toujours les deux tiers de l’immigration africaine. La progression importante des entrées de Marocains et d’Algériens ces dernières années a consolidé leurs positions respectives aux premier et deuxième rangs du classement par pays d’origine. Certains courants intérieurs à l’Union européenne, tels que ceux venus du Royaume-Uni et du Portugal, restent en bonne place (respectivement 3e et 5e en 2001). L’Allemagne, qui figurait jusqu’en 2000 dans les trois premiers pays d’origine, a décroché en 2000-2001 et n’est plus qu’au septième rang. À l’inverse, les ressortissants chinois émergent dans ce classement, en passant de la 12e à la 6e place entre 1999 et 2001.

La fécondité

La fécondité annuelle à son niveau le plus élevé depuis vingt ans

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C’est bien en l’an 2000 que les naissances ont été les plus nombreuses depuis 1982 (774 800 naissances). En 2001, leur nombre a légèrement fléchi (770 900), et plus nettement encore en 2002, puisque l’estimation provisoire de l’Insee se situe à 763 500 naissances [6]  En 2000 et en 2001, les estimations provisoires de... [6] . Toutefois, en raison de la diminution progressive de l’effectif des femmes d’âge fécond, c’est en 2001 que l’indicateur conjoncturel de fécondité a atteint son maximum, avec 1,89 enfant par femme, les années 2000 et 2002 se situant à un niveau très proche (1,88) et très largement supérieur à celui de 1999 (1,79) (tableau 4). Les années 2000 à 2002 se caractérisent donc par la fécondité la plus élevée depuis le début des années 1980.

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La fécondité annuelle en France se maintient ainsi au deuxième rang en Europe, derrière l’Irlande qui confirme largement sa première place en 2001 avec une forte hausse de son indicateur (1,97 enfant par femme) (tableau 6). En revanche, la fécondité norvégienne, la plus proche de celle de la France ces dernières années, est tombé à 1,78 en 2001. Les pays méditerranéens (Espagne, Grèce, Italie) demeurent les moins féconds, avec des indicateurs inférieurs à 1,3 enfant par femme, et sont rejoints par l’Autriche en 2001 (1,31) ; la fécondité allemande remonte depuis deux ans et se rapproche de celles de la Suisse et du Portugal qui ont fortement chuté en 2001, pour s’établir respectivement à 1,41 et 1,46 enfant par femme. La fécondité suédoise se redresse également et se rapproche maintenant de celle du Royaume-Uni qui continue à diminuer (environ 1,6). Enfin, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas se situent un peu plus haut, avec des indicateurs conjoncturels légèrement supérieurs à 1,7 enfant par femme.

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En France, contrairement à ce que l’on observait les années précédentes, c’est à tous les âges que la fécondité a augmenté en 2000. Jusque-là en effet, c’était essentiellement grâce aux femmes âgées d’au moins 28 ans que l’indicateur conjoncturel avait pu se redresser progressivement (tableau 4). Depuis quelques années cependant, la fécondité des femmes de moins de 28 ans ne baissait plus guère, ou augmentait même très légèrement à certains âges. En 2000, alors que la hausse s’est encore accentuée chez les femmes les plus âgées, elle a été si forte chez les femmes de moins de 30 ans que ces dernières sont responsables de 45 % de l’augmentation totale de l’indicateur (tableau A). La progression s’est poursuivie en 2001 chez les femmes les plus jeunes et les plus âgées (moins de 25 ans et 35 ans ou plus), mais elle a marqué une pause à 30-34 ans, tandis que la fécondité a reculé à 25-29 ans. En 2002, d’après les taux provisoires [7]  L’auteur remercie Lionel Doisneau, de la Division des... [7] , l’évolution selon l’âge retrouve un cours plus habituel : léger recul de la fécondité en dessous de 30 ans, hausse très modérée au-delà de cet âge. Ainsi, il est possible qu’à l’occasion de l’an 2000, certains couples aient choisi de concrétiser un désir d’enfant, anticipant légèrement une conception qui aurait abouti à une naissance en 2001 ou 2002.

Tableau A - Évolution de la fécondité par groupe d’âges depuis 1997 (pour 1000 femmes)Tableau A

Une hausse très marquée des premières naissances

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Depuis 1998, la statistique des naissances par rang biologique est publiée par l’Insee [8]  Jusque-là, bien que le bulletin d’enregistrement des... [8] (Beaumel et al., 2003) ; on peut ainsi calculer des taux de fécondité par âge et rang de naissance, et proposer une nouvelle décomposition de l’indicateur conjoncturel de fécondité. Malheureusement, il semble que l’enregistrement du rang des naissances dans la vie de la mère ne soit toujours pas satisfaisant, et conduise à une surestimation très importante des naissances de premier rang, au détriment des naissances des rangs suivants [9]  Cette surestimation est due au classement, parmi les... [9] . Nous proposons donc une estimation corrigée de la fécondité par rang, qui tient compte à la fois des données de l’enquête Étude de l’histoire familiale de 1999 et de l’évolution récente enregistrée par les statistiques de l’état civil [10]  Nous avons corrigé les taux de fécondité par groupe... [10] (tableau B).

Tableau B - Décomposition par rang de l’indicateur conjoncturel de fécondité (nombre d’enfants pour 1000 femmes)Tableau B
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La nouvelle décomposition par rang de l’indicateur conjoncturel permet de mieux analyser l’évolution récente de la fécondité. On s’aperçoit ainsi que seule la fécondité de premier rang serait responsable de la hausse récente de la fécondité : la fécondité de rang 2 aurait même légèrement fléchi, tandis que celle des rangs 3 et plus se stabilisait à environ 0,4 enfant par femme. Est-il possible que seule la fécondité de premier rang se soit relevée ces dernières années ?

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L’examen du passé nous montre que les composantes de la fécondité par rang de naissance évoluent assez rarement de façon parallèle, et que la baisse de l’indicateur global masque parfois des remontées de la fécondité pour certains rangs (figure 2). Ainsi, entre 1975 et 1985, alors que la fécondité de premier rang a baissé très régulièrement, les fluctuations de l’indicateur conjoncturel sont essentiellement dues à la fécondité des rangs 3 et au-delà ; entre 1986 et 1991, la reprise de la fécondité aux rangs élevés, puis celle des premières naissances, ont à peine freiné la tendance à la baisse de l’indicateur global ; entre 1991 et 1994, ce sont les mêmes rangs qui précipitent la baisse, tandis que la reprise de la fécondité de rang 2 passe inaperçue. Il est donc tout à fait vraisemblable que la hausse actuelle de la fécondité ne concerne que les premières naissances ; de plus, l’indicateur conjoncturel des premières naissances retrouve ainsi tout juste en 2001 un niveau comparable à la descendance de premier rang dans les générations (88 naissances pour 100 femmes). Cette remontée signifie simplement que la longue période de retardement des premières maternités, qui a débuté dans les années 1970, touche probablement à sa fin.

Figure 2 - Décomposition par rang de l’indicateur conjoncturel de fécondité (nombre d’enfants pour 1000 femmes)Figure 2
Sources: voir tableau B.

La descendance des générations

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Trois années de fécondité relativement élevée ne suffisent pas pour infléchir notablement la baisse de la descendance finale des générations (tableau 5). La projection tendancielle conduit même à des descendances finales plutôt inférieures à celles que nous estimions l’an dernier pour les générations 1964 à 1969 (Prioux, 2002), car la tendance au relèvement de la fécondité aux âges élevés s’est atténuée ces dernières années. En effet, entre 1999 et 2002, la fécondité des femmes de 30 ans ou plus a moins augmenté qu’au cours des trois années précédentes : la hausse totale de la fécondité à ces âges représente l’équivalent de 6,5 naissances pour 100 femmes, contre 7,2 au cours de la période 1996-1999, et ce fléchissement est entièrement dû aux femmes de 30-34 ans, âges auxquels il est particulièrement important que la fécondité augmente pour compenser la baisse de la fécondité aux jeunes âges. Malgré la prise en compte de l’ensemble de la période 1997-2002 dans la projection tendancielle [11]  Une projection basée sur la tendance des trois dernières... [11] , la descendance finale tombe donc très rapidement de 2,12 enfants par femme dans la génération 1960 à 2,03 dans la génération 1965, et elle pourrait passer sous le seuil de 2 enfants par femme dès la génération 1969. Il est donc maintenant certain que la descendance finale des femmes nées dans les années 1960 sera en France inférieure à celle de la Norvège (tableau 7).

La nuptialité et les Pacs

Moins de 300 000 mariages en 2000

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Finalement, et contrairement à ce que nous écrivions l’an dernier (Prioux, 2002), d’après les chiffres définitifs fournis par l’Insee, le nombre de mariages célébrés en France métropolitaine ces dernières années n’a jamais dépassé 300 000 : après avoir culminé à 297 900 en 2000, il est retombé à 288 300 en 2001, et ne s’élèverait plus qu’à 279 900 en 2002 (estimation provisoire) [12]  Depuis quelques années, en raison de la modification... [12] . La reprise de la nuptialité est donc un peu moins forte qu’annoncé, et les indicateurs conjoncturels de primo-nuptialité ont été légèrement revus à la baisse (tableau 9).

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La hausse de la nuptialité en 2000 n’en est pas moins avérée. Cette augmentation présente d’ailleurs quelques ressemblances avec celle qui avait été observée en 1996 – lorsqu’une modification de la législation fiscale avait incité des couples avec enfant(s) à légaliser leur union pour payer moins d’impôts –, bien que son ampleur soit nettement moindre (+ 4,1 %, contre + 10 % en 1996) : comme en 1996, la hausse concerne plus particulièrement les couples avec enfant(s) (+ 10,4 % en 2000), surtout ceux qui en ont au moins deux (+ 16 %), et elle est un peu plus forte pour les couples dans lesquels au moins un époux a déjà été marié (+ 8 %) que pour les mariages de deux célibataires (+ 3 %). En 2001, ce sont les mariages de non-célibataires et les mariages de couples ayant déjà des enfants qui baissent le plus : il y a donc bien eu un léger « effet an 2000 » pour les mariages, un certain nombre de couples ayant choisi de débuter le nouveau millénaire en légalisant une union déjà ancienne.

Les mariages mixtes et les mariages entre étrangers soutiennent la nuptialité

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Le nombre total de mariages a diminué en 2001 (– 3,2 %) mais la baisse aurait sans doute été plus nette si les mariages impliquant au moins un conjoint de nationalité étrangère n’avaient pas beaucoup augmenté ces dernières années, notamment en 2001. Depuis 1998 en effet, les mariages dans lesquels l’un au moins des conjoints est étranger sont en progression, et en particulier les mariages mixtes, si bien qu’en 2001, près d’un mariage sur six (16,3 % exactement) impliquait au moins un époux de nationalité étrangère (figure 3). Il s’agit à 85 % de mariages mixtes, dont la majorité sont habituellement conclus entre une Française et un étranger [13]  Traditionnellement, les mariages sont plus souvent... [13] ; mais les mariages de Français avec une étrangère sont aujourd’hui à peine moins nombreux : en 2001, on en dénombrait respectivement 22 400 et 17 400.

Figure 3 - Évolution de la proportion de mariages dans lesquels l’un au moins des conjoints est étranger (pour 100 mariages)Figure 3
Source : Insee, état civil.
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Les étrangers ayant épousé une Française en 2001 sont principalement Algériens (24 %), Marocains (19,2 %) et Tunisiens (9,5 %) : au total, plus de la moitié (52,7 %) sont donc ressortissants des pays du Maghreb. La nationalité des femmes étrangères ayant épousé un Français est beaucoup plus diversifiée, mais les Algériennes (14,9 %) et les Marocaines (11,9 %) sont aussi les plus nombreuses. Les Portugaises viennent en troisième position (4,5 %), car bien peu de Français épousent des Tunisiennes en France.

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Cette augmentation des mariages mixtes en France peut être mise en parallèle avec celle des mariages mixtes célébrés à l’étranger (Thierry, 2001, p. 434-435). Ces mariages sont à la fois la conséquence des courants migratoires passés, et l’une des causes des migrations récentes.

Hausse des Pacs en 2002 et 2003

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Un peu plus de 87 700 contrats de Pacs (pactes civils de solidarité) ont été signés devant les tribunaux de France métropolitaine entre novembre 1999 et juin 2003. Après avoir un peu fléchi en 2001, le nombre de Pacs a augmenté de près de 30 % en 2002, et les deux premiers trimestres de 2003 indiquent une poursuite de la hausse (tableau C). Le succès du Pacs va donc croissant, et sa saisonnalité se confirme, avec une attraction particulière pour le premier et le dernier trimestres de l’année, soit l’inverse de celle des mariages (Ruelland et Tonnerre, 2002).

Tableau C - Nombre trimestriel de Pacs enregistrés en France métropolitaineTableau C
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La création du Pacs en 1999 a-t-elle nui aux mariages ? Difficile de le prouver, quand les statistiques ne donnent aucune information sur l’âge et le sexe des partenaires. Mais après le tassement de 2001, l’augmentation rapide du nombre de Pacs signés en 2002 et au cours des premiers mois de 2003 suggère que celui-ci rencontre aujourd’hui de plus en plus de succès auprès des couples hétérosexuels. En effet, si l’on ne connaît pas le nombre exact de couples homosexuels, on sait qu’il est très faible comparé à celui des couples non mariés hétérosexuels. D’après la dernière enquête Emploi de l’Insee, 2,7 millions de femmes vivaient en couple non marié en mars 2002. Le stock de couples non mariés représente donc un réservoir considérable pour le Pacs, d’autant qu’il est alimenté chaque année par au moins 450 000 nouvelles unions [14]  Mais les ruptures d’unions et les mariages viennent... [14] (Beaumel et al., 1999). Au contraire, il est fort probable que le nombre de couples homosexuels susceptibles de se pacser ait rapidement diminué, car même si de nouveaux couples se forment chaque année, leur nombre est loin d’être comparable à celui des couples hétérosexuels. Et il est à peu près certain que ce type de contrat, fortement réclamé par la communauté homosexuelle, a rencontré dès son début un succès relativement fort auprès de celle-ci. Deux arguments vont dans ce sens. D’une part, aux Pays-Bas, pays pour lequel on dispose de l’information sur le sexe des partenaires, après l’instauration d’un « partenariat enregistré » s’adressant également aux deux types d’unions, le succès a été dans un premier temps nettement plus fort pour les couples homosexuels (Festy, 2001). D’autre part, en France, où l’on sait qu’une importante communauté homosexuelle vit à Paris, le nombre de Pacs signés dans cette ville n’a pas suivi la même évolution que dans le reste du pays : le nombre de Pacs y a atteint son maximum dans les tout premiers mois (dernier trimestre 1999, au cours d’un mois et demi seulement d’application), alors que partout ailleurs, c’est au premier trimestre 2003 que le maximum s’observe. Ainsi la part des contrats signés à Paris a-t-elle diminué de moitié depuis 1999 (dernière ligne du tableau C).

Nuptialité des célibataires et remariages des divorcés

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Après un maximum en 2000, les indicateurs conjoncturels de mariages des célibataires ont légèrement diminué en 2001 et 2002. D’après les données provisoires, les indicateurs féminins pour 2002 s’établissent à 58 premiers mariages pour 100 femmes (somme des taux) et 65 pour 100 (synthèse des quotients) [15]  Les taux de primo-nuptialité par âge, dont le premier... [15] , alors qu’ils atteignaient respectivement 60 et 68 en 2000 (tableau 9) ; les indicateurs masculins suivent la même évolution, avec des valeurs très légèrement inférieures (deux ou trois points de moins). On retrouve ainsi les niveaux observés en 1998 ou 1999. L’effet millénaire est encore plus net pour les remariages de divorcés : l’indicateur retombe en 2001 à 43 mariages pour 100 hommes divorcés, et 41 pour 100 femmes, après avoir atteint respectivement 47 et 45 pour 100 en 2000 (figure 4). Plus encore que les premiers mariages, les remariages semblent susceptibles de fluctuer au gré des opportunités ou des événements (modification de la fiscalité en 1996, an 2000), et aucune tendance durable à la remontée des indicateurs ne se dessine.

Figure 4 - Évolution des indicateurs conjoncturels de premiers mariages (somme des taux par âge) et de remariages de divorcés (somme des taux par durée écoulée depuis le divorce), pour 100 hommes ou pour 100 femmesFigure 4
Source : Insee, état civil, et ministère de la Justice.
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La tendance à la reprise de la nuptialité des célibataires depuis 1995 n’a que très légèrement infléchi la chute de la fréquence des mariages dans les générations : la proportion de personnes non célibataires à l’âge de 50 ans devrait continuer à diminuer d’un point par génération, pour s’établir à 68 % chez les hommes nés en 1967 et 71 % chez les femmes nées en 1969, tandis que l’âge moyen au premier mariage continue à s’accroître très rapidement (tableau 10). Ces projections, basées sur une stabilisation des comportements aux âges non observés [16]  Stabilisation des quotients de nuptialité moyens de... [16] , pourraient être revues à la baisse si les probabilités de mariage diminuaient de nouveau à ces âges.

Les divorces

Légère baisse des divorces

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Après 1995, le nombre de divorces prononcés chaque année a eu tendance à diminuer : en 2001, 112 600 divorces ont été prononcés par les tribunaux (divorces directs et conversions de séparations de corps), soit 1 400 de moins qu’en 2000 et 6 600 de moins qu’en 1995, année où ce nombre a culminé à 119 200 (tableau 9). Cependant, la baisse de l’indicateur conjoncturel de divortialité est moins nette, car en dépit du relèvement récent de la nuptialité, le nombre de mariages soumis au risque continue à baisser. Cet indicateur s’établit ainsi à 37,9 divorces pour 100 mariages en 2001, contre 38,2 en 2000 (comme en 1995), après avoir atteint un maximum de 38,9 en 1999.

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Cette relative stabilité de l’indicateur résulte de mouvements contradictoires : après avoir nettement diminué entre 1995 et 1998, la probabilité de divorcer [17]  C’est par commodité de langage que nous employons ce... [17] au cours des cinq premières années de mariage augmente à nouveau depuis trois ans [18]  Le relèvement récent du quotient de divortialité au... [18] (figure 5). Une légère baisse ou une stabilité se dessinent au contraire ces dernières années pour toutes les durées de mariage comprises entre 5 et 30 ans, et en particulier entre 5 et 10 ans ; enfin, la probabilité de divorcer continue à augmenter aux durées de mariage les plus longues (30 ans et plus). Contrairement à ce qu’on observait au cours des années 1986-1989, alors que les risques de divorce avaient cessé d’augmenter entre 5 et 20 ans de mariage uniquement, la pause des années récentes concerne toutes les durées de mariage, sauf les durées très élevées. Il se pourrait ainsi que la hausse ininterrompue de la fréquence des divorces depuis la fin des années 1960 arrive enfin à son terme.

Figure 5 - Évolution des quotients de divortialité pour certaines durées de mariage depuis 1980 (p. 1 000)Figure 5
Sources: ministère de la Justice et Insee.

Les risques de divorce se stabilisent dans les promotions de mariages

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L’évolution des quotients de divortialité par durée de mariage au sein des promotions successives illustre bien cette nouvelle tendance à la stabilisation des risques de divorce (figure 6). Entre les promotions de mariage 1960, 1965 et 1970, la hausse des probabilités de divorce s’est produite à toutes les durées, et les quotients continuent à augmenter d’une promotion à l’autre, même aux durées les plus longues. Dans les promotions suivantes, la divortialité a continué à progresser aux premières durées de mariage, mais les courbes s’entremêlent ensuite, et à partir de certaines durées de mariage, les risques de divorce de chaque promotion de mariage rejoignent ceux de la promotion formée cinq ans plus tôt. Enfin, dans la promotion 1995, les risques aux premières durées sont un peu plus faibles que dans la promotion 1990. Ainsi, c’est progressivement autour de la cinquième année de mariage que se sont concentrés les risques les plus forts dans les dernières promotions. Néanmoins, les couples encore intacts après dix ou quinze ans de mariage ont des probabilités de rupture qui demeurent nettement supérieures à celles des couples mariés dans les années 1960.

Figure 6 - Quotients de divortialité par durée de mariage dans les promotions 1960 à 1995 (p. 1 000)Figure 6
Sources: ministère de la Justice et Insee.
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On peut s’appuyer sur une hypothèse de stabilisation des quotients, dans les promotions 1975 et suivantes, pour proposer une projection de la fréquence finale des divorces dans les promotions 1960 à 1990 (tableau D). Pour les promotions anciennes (1960-1970), la projection suppose néanmoins que la hausse des quotients à 30 ans de mariage et au-delà va se poursuivre encore quelques années. Après avoir doublé entre la promotion des mariages de 1960 (16 % de divorces) et celle de 1975 (32 %), la fréquence des divorces augmente beaucoup moins vite dans les promotions suivantes, et pourrait ne pas dépasser 38 % dans la promotion 1990, si les comportements observés ces dernières années se pérennisaient. Près de la moitié des divorces de la promotion 1960 concernent des couples mariés depuis au moins seize ans (durée médiane : 15,7 ans exactement) ; dans la promotion 1990, c’est dès onze ans de mariage que la moitié des divorces auraient déjà été prononcés. La baisse de la durée moyenne de mariage au moment du divorce est un autre indicateur de la concentration croissante des risques de divorce sur les premières durées de mariage.

Tableau D - Estimation(1) de la proportion finale de mariages rompus par divorce dans les promotions 1960 à 1990Tableau D

La mortalité

31

Malgré la légère augmentation des décès en 2002, l’espérance de vie des hommes à la naissance aurait poursuivi sa progression pour atteindre 75,6 ans d’après les données provisoires, tandis que celle des femmes s’établirait à 82,9 ans comme en 2001 (tableau 11). La table de mortalité définitive de l’année 2001 confirme la poursuite de la tendance au rapprochement des durées de vie moyennes des hommes et des femmes : l’écart entre les deux n’est plus que de 7,4 ans, après avoir culminé à 8,2 ans dans les années 1986-1988. Malgré ce rapprochement, c’est en France que cet écart demeure le plus élevé en Europe occidentale (tableau 12). La durée de vie moyenne des Françaises reste en effet en 2001 la plus longue de l’Union européenne, juste derrière celle des Suissesses en Europe (83 ans) ; partout sauf au Danemark et en Irlande, les femmes peuvent espérer vivre au moins 80 ans en moyenne. C’est en Suède que les hommes vivent le plus longtemps (77,6 ans), et la France, avec une espérance de vie masculine de 75,5 ans, se situe dans le milieu du classement ; cinq pays n’ont pas encore franchi le cap des 75 ans : la Belgique, le Danemark, la Finlande, l’Irlande et le Portugal.

32

La mortalité infantile n’a guère diminué en 2000 et 2001, mais les données provisoires de 2002 font état d’une légère baisse, qui reste à confirmer (tableau 11). Depuis 1995, lorsque le taux de mortalité infantile est passé en dessous de 5 ‰ (soit moins d’un décès pour 2 000 nouveau-nés), les progrès sont plus lents, et il semble difficile de descendre en dessous de 4 ‰. Quatre pays européens ont pourtant franchi ce palier : la Finlande, la Suède, la Norvège et, plus récemment, l’Espagne (tableau 13).

Des progrès différents selon l’âge et le sexe

33

Observons les progrès réalisés à chaque âge pour chacun des deux sexes depuis le début des années 1990. Afin de minimiser les variations aléatoires, qui peuvent être importantes aux âges où les risques de décès sont très faibles, nous utilisons les tables de mortalité pluriannuelles de l’Insee, et faisons le rapport entre les quotients de mortalité à chaque âge vers 2000 et ceux observés aux mêmes âges vers 1990 (figure 7).

Figure 7 - Baisse de la mortalité à chaque âge de 1990 à 2000 (rapport des quotients par âge)Figure 7
Source : Insee, tables de mortalité de 1989-1991 et 1999-2001.
34

Ce sont les enfants de moins de dix ans qui ont le plus profité de la baisse de la mortalité au cours de la dernière décennie, et les progrès réalisés à ces âges (une baisse d’un tiers environ) ont été très semblables pour les deux sexes. Mais les risques de décès sont déjà si faibles à ces âges qu’il en est résulté de faibles gains d’espérance de vie à la naissance : un peu plus de 4 mois pour les hommes et un peu plus de 3 pour les femmes, soit seulement 13 % à 14 % des gains totaux de la période 1990-2000.

35

Entre 15 et 65 ans, les progrès ont été constamment plus faibles pour les femmes que pour les hommes, et cela explique le rapprochement des espérances de vie à la naissance des deux sexes ; l’écart n’a cependant diminué que de 0,7 année car au-delà de 67 ans, c’est la mortalité féminine qui baisse le plus. Pour les femmes, ce sont donc les progrès réalisés à ces âges qui soutiennent principalement la hausse de l’espérance de vie depuis dix ans, tandis que pour les hommes, la baisse de la mortalité avant 65 ans y contribue beaucoup plus : sur une progression totale de 1,9 an chez les femmes entre 1990 et 2000, 59 % est due à la baisse de la mortalité après 65 ans, alors que chez les hommes, la progression de 2,5 ans est due à 51 % aux progrès réalisés entre 15 et 65 ans.

36

Grâce à cette évolution plus favorable aux hommes entre 15 et 65 ans, la surmortalité masculine se réduit un peu aux âges où elle était la plus forte (figure 8). Entre 20 et 25 ans par exemple, les hommes ont aujourd’hui « seulement » trois fois plus de risques de décéder que les femmes, contre presque 3,5 fois plus en 1990 [19]  Il est vrai que cette surmortalité porte sur des quotients... [19] . Un autre pic de surmortalité s’observait autour de la soixantaine : il est repoussé vers 65 ans, et tend lui aussi à diminuer, puisque le rapport des risques n’est plus que de 2,5. Entre 30 et 45 ans, et surtout à 35-40 ans, la surmortalité masculine a également beaucoup baissé.

Figure 8 - Surmortalité masculine à chaque âge vers 1990 et 2000 (rapport du quotient masculin au quotient féminin)Figure 8
Source : Insee, tables de mortalité de 1989-1991 et 1999-2001.

Des causes différentes à chaque âge

37

L’évolution des causes de décès prépondérantes à ces âges explique le rapprochement des espérances de vie masculine et féminine. Entre 15 et 60 ans, accidents de la circulation, suicides et cancers prennent tour à tour la première place, et le sida a occupé un moment ce rang chez les hommes entre 30 et 40 ans. Trois de ces facteurs ont évolué plutôt favorablement pendant au moins une partie de la décennie :

  • la tendance à la baisse de la mortalité accidentelle a beaucoup contribué à la réduction de la mortalité masculine entre 20 et 25 ans [20]  Cependant, peu de progrès ont été réalisés dans la... [20] ;

  • dans la seconde moitié des années 1990, c’est l’arrivée des nouveaux traitements contre le sida, alors devenu la première cause de décès chez les hommes entre 30 et 40 ans, qui est principalement responsable de la réduction de leur surmortalité à ces âges ; la baisse des suicides au cours de la même période y contribue aussi ;

  • à partir de 30 ans chez les femmes et au-dessus de 40 ans chez les hommes, ce sont les cancers qui provoquent le plus de décès : la baisse est ici beaucoup moins sensible, surtout chez les femmes, pour lesquelles certaines localisations cancéreuses résistent à la baisse, voire se développent. C’est en particulier le cas des cancers liés à la consommation de tabac et d’alcool.

Une étude récente de l’Inserm (Péquignot et al., 2003) met bien en évidence une nette augmentation de la mortalité par cancer du poumon chez les femmes et une hausse – encore modeste – des cancers des voies aérodigestives supérieures, alors même que ces deux localisations sont au contraire orientées plutôt favorablement chez les hommes (tableau E). Cette étude s’est intéressée à l’évolution de la mortalité avant 65 ans, qualifiée d’« évitable » parce que liée à des comportements à risque [21]  Les causes de décès sélectionnées dans cette étude... [21] . Malgré la réduction un peu plus prononcée de la mortalité évitable des hommes, leur surmortalité reste importante, en particulier pour les tumeurs liées au tabac et à l’alcool. Le calcul d’indicateurs identiques pour tous les pays de l’Union européenne conduit les auteurs de l’étude à constater que la France présentait, vers 1995, le plus fort taux masculin de mortalité évitable avant 65 ans et que la position des femmes est à peine meilleure, puisque seules les Danoises et les Luxembourgeoises se classent moins bien.

Tableau E - Mortalité « évitable » avant 65 ans liée aux comportements à risque en 1989 et 1999Tableau E
38

Les perspectives d’amélioration de la position de la France dans ce classement ne sont pas bonnes, et en particulier pour les femmes, car les effets du tabagisme sont susceptibles de s’accroître encore. De plus, la mortalité liée au sida semble difficile à réduire davantage, alors même que le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année ne diminue plus et que cette maladie, essentiellement masculine à ses débuts (environ 5 fois plus d’hommes que de femmes au début des années 1990), touche aujourd’hui davantage les femmes qu’auparavant : parmi les cas diagnostiqués en 2001, on comptait 2,8 hommes pour une femme. La majorité des nouveaux cas concerne des personnes contaminées lors de rapports hétérosexuels, et qui ne connaissaient pas leur séropositivité avant le diagnostic de sida (Invs, 2003).

39

Il est donc probable que le rapprochement des espérances de vie à la naissance des hommes et des femmes va se poursuivre, et que la longévité des femmes en France ne reste pas au premier rang de l’Union européenne.


Annexe

Données statistiques

Tableau 1 - Mouvement de la population (en milliers) et taux bruts (p. 1 000)(a)Tableau 1
Tableau 2 - Répartition par âge de la population de la France métropolitaine au 1er janvier (%)Tableau 2
Tableau 3 - Immigration régulière de long terme selon le statut d‘enregistrementTableau 3
Tableau 4 - Évolution de la fécondité depuis 1970Tableau 4
Tableau 5 - Fécondité des générations : descendances atteintes et descendances finales estimées (nombres moyens d‘enfants pour 100 femmes) et âges moyens à la maternité (en années et dixièmes d‘années)Tableau 5
Tableau 6 - Évolution de l‘indicateur conjoncturel de fécondité en Europe occidentale (nombre moyen d‘enfants par femme)Tableau 6
Tableau 7 - Fécondité des générations en Europe occidentaleTableau 7
Tableau 8 - Évolution du nombre d‘avortements et des indices annuels depuis 1985Tableau 8
Tableau 9 - Caractéristiques de la nuptialité et des divorces depuis 1985Tableau 9
Tableau 10 - Caractéristiques de la nuptialité des générationsTableau 10
Tableau 11 - Caractéristiques de la mortalité générale depuis 1985Tableau 11
Tableau 12 - Espérance de vie à la naissance en Europe occidentale en 2001Tableau 12
Tableau 13 - Mortalité infantile en Europe occidentale (taux p. 1000 nés vivants)Tableau 13
Tableau 14 - Taux comparatif de mortalité (p. 100 000) par sexe et groupe de causes de décèsTableau 14

RÉFÉRENCES

  • Beaumel C., Doisneau L., Vatan M., 2003, La situation démographique en 2001. Mouvement de la population (Insee Résultats, Société n° 18), 44 p. + CD-ROM.
  • Beaumel C., Kerjosse R., Toulemon, 1999, « Des mariages, des couples et des enfants », Insee Première, n° 624.
  • Brutel C., Omalek L., 2003, Projections démographiques pour la France, ses régions et ses départements (horizon 2030/2050) (Insee Résultats, Société n° 16), 40 p. + CD-ROM.
  • Conseil de l’Europe, 2002, Évolution démographique récente en Europe, Éditions du Conseil de l’Europe, 120 p. + CD-ROM.
  • Doisneau L., 2003, « Bilan démographique 2002. Légère diminution des naissances », Insee Première, n° 882.
  • Eurostat, 2003, « Premiers résultats de la collecte de données démographiques pour 2002 en Europe », Statistiques en bref (Population et conditions sociales, thème 3-20/2003).
  • Festy P., 2001, « Pacs : l’impossible bilan », Population et Sociétés, n° 369.
  • INSEE, 2003, « Bilan démographique 2002 », Bulletin mensuel de statistique, n° 1, p. 129-144.
  • INVS (Institut de veille sanitaire), 2003, Surveillance du VIH/sida en France, rapport semestriel n° 1, 23 p., http://www.invs.sante.fr/publications/2003/vih_sida_n1/rapport_vih_sida_n1.pdf
  • Pequignot F., Le Toullec A., Bovet M., Jougla É., 2003, « La mortalité “évitable” liée aux comportements à risque, une priorité de santé publique en France », Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n° 30-31, p. 139-141.
  • Prioux F., 2002, « L’évolution démographique récente en France », Population-F, 57(4-5), p. 691-732.
  • Ruelland N., Tonnerre M., 2003, « Trois années d’application du pacte civil de solidarité », Infostat Justice, n° 64.
  • Thierry X., 2001, « Les entrées d’étrangers en France de 1994 à 1999 », Population, 56(3), p. 426-450.

Notes

[*]

Institut national d’études démographiques, Paris.

[1]

Les tableaux 1 à 14 figurent en annexe.

[2]

Les mouvements migratoires sont enregistrés de façon très inégale en Europe, et certains chiffres cités sont des estimations.

[3]

L’auteure remercie Xavier Thierry (Ined) qui lui a communiqué les données statistiques et les éléments nécessaires à cette partie de la chronique.

[4]

Dans la suite du texte, nous employons ce terme pour désigner l’ensemble des étrangers admis au séjour, bien que les mineurs inclus dans ce compte ne soient pas tenus de disposer d’un titre de séjour.

[5]

L’Espace économique européen comprend les États membres de l’Union européenne, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein.

[6]

En 2000 et en 2001, les estimations provisoires de l’Insee s’établissaient respectivement à 778900 et 774800 naissances, soit 4100 et 3900 de plus que les chiffres définitifs.

[7]

L’auteur remercie Lionel Doisneau, de la Division des enquêtes et études démographiques de l’Insee, de lui avoir procuré les taux provisoires de fécondité et de nuptialité de l’année 2002, ainsi que les données définitives de l’année 2001 avant la publication de la Situation démographique.

[8]

Jusque-là, bien que le bulletin d’enregistrement des naissances ait été modifié en 1989, seule était publiée la statistique des naissances légitimes classées selon leur rang dans le mariage en cours, car le relevé du rang des naissances dans la vie de la mère n’était pas satisfaisant.

[9]

Cette surestimation est due au classement, parmi les premières naissances de la mère, des premières naissances issues d’unions qui font suite à une première union féconde (ou à une naissance hors union). En effet, beaucoup de mairies continuent à se baser sur le livret de famille pour remplir le formulaire de l’Insee; or, celui-ci est propre à chaque union.

[10]

Nous avons corrigé les taux de fécondité par groupe d’âges et par rang à partir de la répartition de la fécondité selon le rang de naissance au sein de chaque groupe d’âges. Pour estimer cette répartition en 1998, nous avons prolongé les tendances observées à partir de l’enquête Étude de l’histoire familiale de 1999 pour la période 1980-1997 (pourcentages lissés sur 3 ou 5 ans); pour les années 1999 à 2001, nous avons fait évoluer la répartition obtenue pour 1998 comme celle des statistiques de l’état civil. Nous supposons ainsi que le biais de ces statistiques n’a pas augmenté en quatre ans. On a en effet peu de raisons de penser que le recueil du rang de naissance se soit dégradé au cours des années récentes.

[11]

Une projection basée sur la tendance des trois dernières années (2000-2002) conduit à des descendances plus faibles car après la forte hausse de 2000, la reprise s’est nettement infléchie en 2001 et 2002.

[12]

Depuis quelques années, en raison de la modification du mode de transmission des données d’état civil enregistrées dans les mairies, l’Insee éprouve quelques difficultés pour recueillir l’ensemble des bulletins d’état civil, et doit ainsi procéder à des redressements, en particulier pour les mariages (Insee, BMS n° 6-2003, page 6). Par ailleurs, la qualité des données mensuelles d’état civil recueillies par l’enquête Villes semble également se détériorer, car depuis plusieurs années, les nombres provisoires annoncés par l’Insee dans son bilan de fin d’année sont largement supérieurs (surtout pour les mariages) aux nombres définitifs finalement publiés.

[13]

Traditionnellement, les mariages sont plus souvent célébrés dans le pays ou la région d’origine de l’épouse.

[14]

Mais les ruptures d’unions et les mariages viennent en déduction, ce qui explique que le stock de couples non mariés n’augmente pas de 450000 par an, mais nettement moins vite.

[15]

Les taux de primo-nuptialité par âge, dont le premier indicateur est la somme, rapportent les premiers mariages à chaque âge à l’ensemble des personnes de la génération concernée, quel que soit leur état matrimonial. Leur somme pourrait s’interpréter directement comme la fréquence des premiers mariages dans une génération, si le calendrier de la nuptialité était invariable. Mais lorsque l’âge au mariage augmente, la valeur de cette somme peut être nettement inférieure à l’intensité de la nuptialité des générations. Dans le second indicateur, les quotients à chaque âge sont calculés en rapportant les premiers mariages aux seules personnes soumises au risque : les célibataires ; dans la synthèse, on fait parcourir à une génération fictive les probabilités de mariage à chaque âge, pour obtenir un nombre moyen de mariages par personne. Si aucune relation simple ne peut être établie avec l’intensité des premiers mariages d’une génération, les variations de cet indice peuvent s’interpréter comme une synthèse de l’évolution du risque de se marier pour les célibataires.

[16]

Stabilisation des quotients de nuptialité moyens de la période 1998-2002.

[17]

C’est par commodité de langage que nous employons ce terme, car les « quotients » de divortialité que nous avons calculés ne tiennent pas compte des veuvages et des migrations : en toute rigueur, on devrait d’un côté déduire de l’effectif des personnes soumises au risque les veufs et les personnes qui émigrent à l’étranger; de l’autre, on devrait tenir compte des personnes qui se sont mariées à l’étranger. Plus la durée de mariage s’élève, plus les probabilités de divorce sont sous-estimées.

[18]

Le relèvement récent du quotient de divortialité au cours des cinq premières années de mariage pourrait être un artefact statistique dû à une légère sous-évaluation des mariages depuis 1997.

[19]

Il est vrai que cette surmortalité porte sur des quotients encore assez faibles à ces âges : entre 20 et 25 ans, la probabilité de décès s’élève vers 2000 à 5,4 ‰ pour les hommes, contre 1,8 ‰ pour les femmes. Vers 1990, ces quotients atteignaient respectivement 7,7 ‰ et 2,3 ‰.

[20]

Cependant, peu de progrès ont été réalisés dans la seconde moitié de la décennie, et il faudra attendre les statistiques des années 2002-2003 pour constater les effets des nouvelles lois de sécurité routière.

[21]

Les causes de décès sélectionnées dans cette étude correspondent aux recommandations du Haut Comité de la santé publique.

Résumé

Français

L’accroissement naturel en France continue à être l’un des plus élevés de l’Union européenne, car la structure par âge de la population est encore assez favorable aux naissances, et relativement peu aux décès. Le solde migratoire évalué est relativement faible en comparaison de nos voisins, mais le nombre de titres de séjour délivrés à des étrangers s’est beaucoup accru ces dernières années.
Après une forte hausse en 2000, l’indicateur conjoncturel de fécondité est resté stable en 2001 et 2002 (1,89 puis 1,88 enfant par femme). Le relèvement des années 1995 à 2001 est dû en grande partie aux premières naissances. En 2002, la reprise de la fécondité des jeunes ne s’est pas confirmée, et ce sont les femmes âgées de 30 ans ou plus qui soutiennent la fécondité. La descendance finale des générations diminue cependant rapidement après la génération 1960.
Les mariages ont un peu diminué en 2001 et 2002, après la forte hausse de l’an 2000; de plus en plus souvent, l’un des époux au moins est de nationalité étrangère. Le célibat légal continue à augmenter rapidement d’une génération à l’autre, et la fréquence des divorces se stabilise autour de 38 divorces pour 100 mariages.
L’espérance de vie à la naissance des femmes (82,9 ans en 2002) progresse moins vite que celle des hommes (75,6 ans), et le rapprochement qui en résulte devrait se poursuivre car la surmortalité masculine, très forte en France entre 15 et 65 ans, tend à se réduire un peu.

English

Natural increase in France remains one of the highest in the European Union, since the age structure of the population remains relatively favourable to births over deaths. Estimated net migration in France is relatively low compared with that in neighbouring countries, though the number of residence permits issued to aliens has increased considerably in recent years.
After a strong increase in 2000, the total fertility rate was unchanged in 2001 and 2002 (1.89 and 1.88 births per woman). The upturn between 1995 and 2001 is largely due to first births. The recovery of fertility at younger ages was not confirmed in 2002 and women aged 30 and over contributed most to fertility. However, completed cohort fertility declined rapidly after the 1960 cohort.
After increasing strongly in 2000, marriages declined slightly in 2001 and 2002; in a growing number of cases, at least one of the partners is a foreign national. The popularity of the Civil Solidarity Pact (PACS) is still increasing rapidly from one cohort to the next, while the frequency of divorces is settling at around 38 divorces per 100 marriages.
Female life expectancy at birth (82.9 years in 2002) is increasing less rapidly than that of men (75.6 years) and the resulting trend to convergence can be expected to continue since excess male mortality, which is very high in France between ages 15 to 65, is declining slightly.

Español

ResumenEl crecimiento natural francés sigue siendo uno de los más elevados de la Unión Europea, principalmente debido a que la estructura por edad de la población es favorable a los nacimientos y relativamente poco favorable a la mortalidad. El saldo migratorio estimado es relativamente bajo en comparación con el de nuestros vecinos, pero el número de permisos de residencia otorgados a extranjeros ha aumentado significativamente en los últimos años.
Después de haber aumentado fuertemente en el 2000, el índice sintético de fecundidad se mantuvo estable en el 2001 y el 2002 (1,89 y 1,88 hijos por mujer respectivamente). El aumento observado entre 1995 y 2001 se debe en gran parte a un aumento de los primeros nacimientos. En el 2002, el aumento de la fecundidad de los jóvenes no continúa; son las mujeres de 30 años y más las que mantienen el nivel de fecundidad. Sin embargo, la descendencia final de las generaciones disminuye rápidamente a partir de la generación de 1960.
El número de matrimonios disminuyó en el 2001 y el 2002, después del fuerte aumento registrado en el 2000. El número de casos en que uno de los esposos es extranjero aumenta. El celibato legal sigue aumentado rápidamente de una generación a la siguiente, y la frecuencia del número de divorcios se estabiliza alrededor de 38 divorcios por cada 100 matrimonios.
La esperanza de vida al nacimiento de las mujeres (82,9 años en el 2002) progresa con menor rapidez que la de los hombres (75,6 años), y la aproximación resultante debería proseguir ya que la sobre-mortalidad masculina, muy fuerte en Francia entre los hombres de 15 a 65 años, tiende a reducirse.

Plan de l'article

  1. Évolution générale et structure par âge de la population
  2. L’immigration de 1994 à 20013
  3. La fécondité
    1. La fécondité annuelle à son niveau le plus élevé depuis vingt ans
    2. Une hausse très marquée des premières naissances
    3. La descendance des générations
  4. La nuptialité et les Pacs
    1. Moins de 300 000 mariages en 2000
    2. Les mariages mixtes et les mariages entre étrangers soutiennent la nuptialité
    3. Hausse des Pacs en 2002 et 2003
    4. Nuptialité des célibataires et remariages des divorcés
  5. Les divorces
    1. Légère baisse des divorces
    2. Les risques de divorce se stabilisent dans les promotions de mariages
  6. La mortalité
    1. Des progrès différents selon l’âge et le sexe
    2. Des causes différentes à chaque âge

Pour citer cet article

Prioux France, « L'évolution démographique récente en France », Population 4/ 2003 (Vol. 58), p. 589-622
URL : www.cairn.info/revue-population-2003-4-page-589.htm.
DOI : 10.3917/popu.304.0589


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