Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
180 pages

p. 683 à 723
doi: en cours

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La conjoncture démographique en France

Volume 59 2004/5

2004 Population La conjoncture démographique en France

L’évolution démographique récente en France

France Prioux  [*] France Prioux, Institut national d’études démographiques, 133, bd Davout - 75980 Paris Cedex 20, tél. : 33 (0) 1 560621 44, fax : 33 (0) 1 560621 99,
France has registered a relatively high natural increase and a rather weak estimated net migration, although the number of aliens issued with residence permits has risen sharply since 1997.
While fertility has been running at nearly 1.9 children per woman for the past four years, completed cohort fertility has been dropping steeply since the 1960 cohort, and could fall below two children per woman in the 1970 cohort.
Civil unions (PACSs) are rising every year, but marriages have been decreasing since 2000. The proportion of the never-married (in legal terms) thus continues to rise from one cohort to the next. The proportion of men never having lived in a stable partnership is also on a mild uptrend, as is the age of first union formation. Marriages after union formation are becoming less common, and dissolutions more common, so that an ever greater number of men and women form several successive unions. After a period of stability, the frequency of divorce has started rising again in the past two years.
Life expectancy at birth for women (82.9 years in 2003) is rising more slowly than that of men (75.9 years). The resulting convergence should persist, as excess male mortality due to cancer is now decreasing. Because of an exceptional heat wave, 2003 witnessed about 15,000 more deaths than normal, mostly among older persons, particularly women over 75.
L’accroissement naturel est relativement élevé en France, et le solde migratoire évalué est assez faible, bien que le nombre d’étrangers admis à séjourner augmente fortement depuis 1997.
Malgré le maintien de la fécondité depuis quatre ans à un niveau proche de 1,9 enfant par femme, la descendance finale des générations baisse fortement après la génération 1960, et pourrait tomber en dessous de 2 enfants par femme dans la génération 1970.
Alors que le nombre de Pacs conclus augmente chaque année, celui des mariages diminue depuis 2000. Le célibat (légal) continue donc à progresser au fil des générations. La proportion d’hommes n’ayant jamais vécu en couple stable augmente un peu, ainsi que l’âge à la première union. Après la mise en couple, les mariages se raréfient, et les ruptures étant plus fréquentes, de plus en plus d’hommes et de femmes vivent plusieurs unions successives. Après une période de stabilité, la fréquence des divorces s’est à nouveau accrue ces deux dernières années.
L’espérance de vie à la naissance des femmes (82,9 ans en 2003) progresse moins vite que celle des hommes (75,9 ans), et le rapprochement qui en résulte devrait se poursuivre car la surmortalité masculine due aux cancers tend maintenant à se réduire. En raison d’une vague de chaleur exceptionnelle, l’année 2003 a été marquée par un surcroît de plus de 15 000 décès, principalement des personnes âgées, et en particulier des femmes de plus de 75 ans.
El crecimiento natural es relativamente elevado en Francia, y el saldo migratorio estimado es bastante reducido, a pesar de que el número de extranjeros con permiso de residencia ha aumentado fuertemente desde 1997.
A pesar de que la fecundidad se ha mantenido estable a un nivel próximo a los 1,9 hijos por mujer durante los últimos cuatro años, la descendencia final de las generaciones disminuye fuertemente a partir de la generación de 1960, y podría quedarse por debajo de los 2 hijos por mujer para la generación de 1970.
Mientras que el número de uniones de hecho (bajo Pactos civiles de solidaridad, Pacs) aumenta cada año, el número de matrimonios ha ido en descenso desde el 2000. Por lo tanto, el celibato (legal) sigue aumentando a lo largo de generaciones sucesivas. La proporción de hombres que nunca ha vivido en pareja estable ha aumentado ligeramente, y también lo ha hecho la edad a la primera unión. Una vez empieza la cohabitación el matrimonio es menos común, y ya que las rupturas son cada vez más frecuentes, un número creciente de hombres y mujeres vive varias uniones sucesivas. La frecuencia de divorcios también ha aumentado en los últimos dos años, después de un periodo de estabilidad.
La esperanza de vida al nacer de las mujeres (82,9 años en el 2003) progresa con menos rapidez que la de los hombres (75,9 años), y la diferencia debería seguir disminuyendo ya que la sobremortalidad masculina debida al cáncer tiende a reducirse. A causa de una ola de calor excepcional, el año 2003 se ha caracterizado por un aumento de más de 15,000 muertes, principalmente de personas en edad avanzada, y en particular de mujeres de más de 75 años.
 
Évolution générale et structure par âge de la population
 
 
Au premier janvier 2004, la population de la France métropolitaine est estimée à 59,9 millions d’habitants, soit un accroissement de 266000 personnes en un an (Désesquelles et Richet-Mastain, 2004) [1]. L’accroissement de la population a donc été plus faible en 2003 qu’en 2002 (+ 292 000), car l’accroissement naturel et l’accroissement migratoire ont tous deux légèrement baissé (tableau 1) [2]. L’année 2003 a en effet été marquée par une hausse importante des décès au cours des fortes chaleurs de l’été, si bien que le nombre total de décès, évalué à 550 000, est supérieur de 16000 à celui de l’année 2002 (534000). Les naissances s’étant légèrement tassées (760 000 en 2003, contre 762 000 en 2002), l’accroissement naturel n’est plus que de 211 000, contre 227 000 l’année précédente. On retrouve donc un taux d’accroissement naturel de 3,5 pour 1000 habitants, comme en 1998 et 1999. L’accroissement migratoire étant évalué à 55 000 en 2003, en légère baisse par rapport à 2002 (65 000), le taux d’accroissement total s’établit à 4,4 pour 1 000. La France reste ainsi l’un des rares pays en Europe, avec les Pays-Bas, dont la croissance de la population est assurée principalement par l’excédent des naissances sur les décès.
Outre le maintien d’un niveau de fécondité plutôt élevé dans le contexte européen actuel, cette croissance naturelle est également due à une structure par âge qui demeure plus favorable aux naissances qu’aux décès (figure 1). Néanmoins, on observe un « vieillissement » de cette structure par âge (tableau 2) : si la part des jeunes de moins de 20 ans n’a pas diminué en 2003 (la nouvelle génération née en 2003 a un effectif comparable à celui de la génération 1983, passée dans le groupe d’âges supérieur), la part des adultes d’âge actif (20-60 ans ou 20-65 ans) a commencé à se réduire, tandis que celle des personnes plus âgées, et en particulier les 75 ans ou plus, s’accroît régulièrement. Ainsi le solde du mouvement naturel est-il appelé à diminuer encore dans les prochaines années, du fait du vieillissement progressif de la structure par âge de la population.
Figure 1
Pyramide des âges de la France au 1erjanvier 2004
IMGIMGPyramide des âges de la France au 1erjanvier 2004IMGIMF
NB : les effectifs des classes d’âges sont disponibles sur le serveur de l’Ined (http:// www. ined. fr).
Source: Insee.
 
L’immigration
 
 
L’immigration augmente depuis 1997
Depuis 1994, les statistiques de l’immigration sont directement produites par l’Ined à partir des fichiers de permis de séjour délivrés par le ministère de l’Intérieur (Thierry, 2004). En comptabilisant les premiers titres délivrés à des étrangers majeurs pour une durée au moins égale à un an, et en intégrant les enfants mineurs - dispensés de titre de séjour -, on peut établir que le nombre d’étrangers admis à séjourner s’est fortement accru ces dernières années (tableau 3) : retombé à 145 000 en 1999, après l’opération de régularisation exceptionnelle de 1997 et 1998, le nombre de personnes admises à séjourner s’est accru ensuite à un rythme rapide, pour atteindre 206000 en 2002, presque deux fois plus qu’en 1995 et 1996, où 106000 étrangers avaient été admis à séjourner. Le nombre d’étrangers ayant obtenu un titre de séjour l’année même de leur arrivée en France reflète plus fidèlement la tendance, car les chiffres totaux (quelle que soit l’année d’entrée) sont quelque peu brouillés par la période de régularisation exceptionnelle : ce nombre s’est accru de 75 % depuis 1996 (partie inférieure du tableau 3). Mais les études de Xavier Thierry (op. cit.) montrent que de plus en plus d’étrangers obtiennent leur permis de séjour plusieurs années après leur arrivée en France, et que ces admissions tardives s’accroissent encore plus vite que les admissions directes. Par ailleurs, en considérant tous les étrangers ayant séjourné en France au moins un an avant d’entreprendre des démarches auprès de la préfecture pour obtenir un titre de séjour, il montre que parmi les titres délivrés au cours des dernières années, plus de 10 % concernent des étrangers ayant été plus d’un an en situation irrégulière. La proportion de personnes admises au séjour après un séjour irrégulier est très forte parmi certaines nationalités d’Afrique sub-saharienne (Cameroun, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Comores et surtout Mali) ainsi que chez les Philippins ; elle est au contraire faible chez les Turcs et les Chinois. Mais ce sont les courants migratoires les plus nombreux (Maroc et Algérie) qui sont les plus représentés parmi ces personnes régularisées.
Alors que les étrangers bénéficiant de la liberté de circulation sont, depuis 1996, environ 43 000 à obtenir chaque année un titre de séjour (partie supérieure du tableau 3), le nombre d’étrangers ressortissants des pays tiers admis au séjour est passé, dans le même temps, de 63 000 à 163000. Il est cependant probable que les premiers ont été sous-enregistrés ces dernières années, car ils ne seront bientôt plus soumis à l’obligation de détenir un titre de séjour. Parmi les nationalités les plus représentées dans ces flux, les Algériens et les Marocains arrivent aujourd’hui largement en tête, avec respectivement 28 000 et 26000 titres délivrés en 2002, alors qu’au milieu des années 1990, ils faisaient à peu près jeu égal avec les Allemands, les Britanniques et les Portugais (7 000 à 8 500 personnes). La part des Chinois et des Tunisiens s’est accrue, en valeur absolue (9 000 personnes de chaque nationalité en 2002) comme en valeur relative ; le nombre de ressortissants turcs admis à séjourner a aussi augmenté (un peu moins de 8000 en 2002), mais leur part relative est assez stable [3].
Quant aux motifs de l’immigration, ce sont les étudiants (près de 56 000 entrées en 2002, soit 27 % du total) et l’immigration familiale (84000 entrées de majeurs et de mineurs, soit 41 %) qui s’accroissent le plus. L’immigration familiale recouvre à la fois les entrées de membres de famille d’étranger dans le cadre de la procédure de regroupement familial et les entrées de membre de famille de Français. Cette dernière catégorie (essentiellement des conjoints) a fortement augmenté ces dernières années : 44 500 majeurs ont été admis au séjour à ce titre en 2002; le mariage avec un ou une Français(e) est donc devenu un motif important d’immigration. L’immigration de travail ne représente apparemment que 15 % des motifs d’admission. En réalité, si l’on tient compte des personnes admises pour raisons familiales qui se présentent rapidement sur le marché du travail, l’immigration de travail représenterait au total près de 40 % des entrées (Thierry, op. cit., d’après Léger, 2004).
 
La fécondité
 
 
La fécondité ne fléchit pas en 2003
Le nombre de naissances estimé en 2003 (760 300) est à peine inférieur à celui de 2002 (761 630, chiffre définitif). L’indicateur conjoncturel de fécondité remonte cependant d’un point (1,89 enfant par femme en 2003, contre 1,88 en 2002) et retrouve ainsi sa valeur de 2001, bien qu’il soit né environ 10 000 enfants de moins que cette année-là (770 900). Le maintien de la fécondité à un niveau qui n’avait pas été observé depuis plus de vingt ans n’a donc pas empêché une lente diminution du nombre des naissances au cours des dernières années. On voit là l’effet de l’arrivée aux âges féconds des générations moins nombreuses nées après 1972 : chaque année, l’effectif moyen des femmes en âge d’avoir des enfants continue à se réduire, au rythme de 3 500 environ depuis 1999.
Comme en 2001, la fécondité française se situe en 2002 au deuxième rang en Europe derrière celle de l’Irlande, dont l’indicateur conjoncturel est remonté à 2 enfants par femme (tableau 6). En Europe occidentale, les pays méditerranéens (Espagne, Grèce, Italie) conservent la plus basse fécondité (autour de 1,25), et sont en passe d’être rejoints par l’Allemagne (1,31) où la fécondité baisse à nouveau depuis deux ans. La Suisse et l’Autriche se situent légèrement au-dessus (1,40), de même que le Portugal (1,47), où la fécondité n’est jamais tombée aussi bas que dans les pays méditerranéens. Dans quatre pays, l’indicateur conjoncturel se situe entre 1,62 et 1,65 enfant par femme : la Belgique, le Luxembourg, le Royaume-Uni et la Suède. Enfin, c’est dans les trois autres pays nordiques (Danemark, Finlande et Norvège) et aux Pays-Bas que la fécondité est la moins basse (derrière l’Irlande et la France) : elle s’y situe entre 1,72 et 1,75 enfant par femme. La fécondité norvégienne, qui était tout au long des années 1990 supérieure à celle de la France, confirme donc son décrochement depuis deux ans.
La fécondité des jeunes est en léger repli
Depuis 2001, la fécondité des jeunes femmes a recommencé à baisser, tandis que celle des femmes plus âgées poursuivait sa progression (tableau A) : après la « perturbation » de l’an 2000, on retrouve là des tendances plus habituelles, telles qu’on pouvait les observer jusqu’en 1997, et qui caractérisent le recul de l’âge à la maternité. Au-dessus de 30 ans, la hausse de 2003 [4] retrouve un rythme comparable à celle de 1999, après les faibles augmentations de 2001 et 2002. Aux jeunes âges, la tendance à un léger relèvement de la fécondité depuis 1997, momentanément accélérée en 2000, a laissé place à un léger reflux en 2002 et 2003, mais le recul est modeste et la fécondité à ces âges n’a pas encore retrouvé son niveau de 1999. Tout se passe donc comme si le nouveau millénaire avait incité les femmes, y compris les plus jeunes, à anticiper une naissance déjà prévue.

Tableau A
Évolution de la fécondité par groupe d’âges depuis 1998 (pour 1000 femmes)
IMGIMG	Somme des taux de fécondité par âge...IMGIMF
Somme des taux de fécondité par âge Variation absolue Âge atteint 1998- 1999- 2000- 2001- 2002- 1998 1999 2000 2001 2002 2003* 1999 2000 2001 2002 2003* Moins de 20 ans 35 37 40 42 41 39 + 2 + 3 + 2 – 1 – 2 20-24 ans 263 269 281 287 280 276 + 6 + 12 + 6 – 7 – 4 25-29 ans 646 645 667 659 654 653 – 1 + 22 – 8 – 5 – 1 30-34 ans 544 556 586 586 587 600 + 12 + 30 0 + 1 + 13 35-39 ans 226 235 250 256 260 265 + 9 + 15 + 6 + 4 + 5 40 ans ou plus 50 52 56 58 60 62 + 2 + 4 + 2 + 2 + 2 Total(a) 1764 1793 1880 1888 1881 1894 + 29 + 87 + 8 – 7 + 13 * Provisoire. (a) Le total peut différer légèrement de la somme arithmétique des taux par groupe d’âges en raison des arrondis. Source : Insee, BMS.

La réduction de la descendance des générations se confirme
Ces quatre années relativement favorables à la fécondité ne permettent cependant pas d’infléchir la tendance à la baisse de la descendance finale après la génération 1960 (tableau 5). Seule une hausse vigoureuse de la fécondité des femmes relativement âgées (30 ans ou plus, et surtout 35 ans ou plus) aurait permis de freiner cette tendance. Or, malgré le sursaut de l’année 2000, le rythme de hausse de la fécondité à ces âges s’est plutôt ralenti ces dernières années : de 1999 à 2003, le relèvement de la fécondité des femmes de 30-34 ans (+ 4,4 naissances pour 100 femmes) a été un peu plus faible qu’au cours des quatre années précédentes (+ 5,7 naissances pour 100 femmes entre 1995 et 1999), et il en est de même pour la fécondité des femmes plus âgées, pour lesquelles la hausse a été respectivement de 4 naissances pour 100 femmes au cours de la période récente, contre 7,6 naissances pour 100 femmes durant la période précédente. Il est donc maintenant certain que la descendance finale tombera de 2,12 enfants par femme dans la génération 1960 à 2,03 dans la génération 1965 (tableau 5). Toutefois, à partir de cette même génération 1965, le rythme de baisse s’atténue beaucoup, et la descendance pourrait se stabiliser à un niveau voisin de 2 enfants par femme dès la génération 1970 : même si la projection tendancielle présentée ici conduit à une estimation légèrement inférieure pour cette génération (1,98), ces femmes ne sont âgées que de 33 ans en 2003 et gardent encore quelques chances d’atteindre cette descendance, si le relèvement de la fécondité après 33 ans s’accélère dans les prochaines années.
La chute de la descendance entre les générations 1960 et 1965 s’accompagne d’un relèvement d’un an de l’âge moyen à la maternité (de 27,7 à 28,7 ans), augmentation la plus forte jamais enregistrée en l’espace de cinq générations. Dans les générations suivantes, l’âge moyen poursuit sa progression à un rythme un peu ralenti, et pourrait s’établir à 29,4 ans dans la génération 1970.
La descendance finale française n’est plus au deuxième rang en Europe
La France n’est pas le seul pays à voir diminuer la fécondité des générations : presque partout en Europe occidentale, la descendance diminue entre la génération 1960 et la génération 1965 (tableau 7). La légère reprise observée dans près de la moitié des pays [5] entre les générations 1955 et 1960 ne s’est donc pas confirmée dans les générations suivantes, sauf au Danemark et au Luxembourg. Entre les générations 1960 à 1965, la chute est très sévère en Irlande (un peu plus de 0,2 enfant par femme en cinq générations) ainsi que dans les pays méditerranéens (presque 0,2 enfant par femme en Grèce, Italie et Espagne) ; elle est légèrement supérieure à 0,1 enfant par femme en Allemagne et en Suisse. Avec une baisse de 0,09 enfant par femme, l’évolution en France se situe donc dans la moyenne. Mais la diminution est nettement plus faible en Norvège (- 0,03), si bien que la descendance finale y surpasse maintenant celle de la France dans la génération 1965. Outre la Norvège et la France, seule l’Irlande, partie de beaucoup plus haut, conserve une descendance supérieure à 2 enfants par femme. C’est dans les trois autres pays nordiques qu’elle est la plus proche (1,9 ou plus), et dans les pays latins (Italie et Espagne) et germaniques (Allemagne, Autriche, Suisse) qu’elle est la plus basse (1,49 à 1,65 enfant par femme).
Comme en France, toutes ces descendances finales sont largement supérieures aux indicateurs conjoncturels des années récentes (tableau 6). C’est parce que les âges à la maternité sont de plus en plus tardifs, ce qui a entraîné partout un déficit de la fécondité annuelle, déficit d’autant plus important que le retard des maternités était lui-même important. Avec un recul d’un an en cinq générations, la France figure, comme l’Irlande, parmi les pays où cette évolution a été la plus forte, derrière l’Italie et l’Espagne, où l’âge moyen à la maternité a augmenté de 1,1 an dans les mêmes générations. La tendance générale au retard des maternités en Europe n’est donc pas achevée, même si l’évolution en Suède marque des signes d’essoufflement (+ 0,1 an).
Si les tendances sont les mêmes, les calendriers de la fécondité demeurent néanmoins assez différents : avec un âge moyen à la maternité de 30 ans, c’est en Irlande et aux Pays-Bas que la fécondité est aujourd’hui la plus tardive, et c’est en Grèce qu’elle est la plus précoce (27 ans).
 
Les avortements
 
 
Une augmentation des IVG?
Les bulletins d’interruption volontaire de grossesse n’ayant pas été dépouillés depuis 1997, il nous est impossible de mettre à jour les statistiques issues de ces bulletins (tableau 8). La Drees (Direction de la recherche, de l’évaluation et des statistiques [6]) produit néanmoins des statistiques sur les IVG, en se basant sur les données de la statistique annuelle des établissements de santé (SAE) et du programme médicalisé des systèmes d’informations (PMSI). Selon les dernières estimations de la Drees (Vilain, 2004), les IVG augmenteraient depuis 1995 : le nombre d’avortements se serait élevé de 179 600 en 1995 à 205 600 en 2002. Cette hausse concernerait plus particulièrement les femmes les plus jeunes, parmi lesquelles les taux d’IVG auraient augmenté de 20 % à 30 % depuis 1995.
Il nous est impossible de savoir si cette hausse est réelle ou si elle correspond à une amélioration de la couverture du système statistique du ministère de la Santé. Néanmoins, il n’est pas totalement improbable que l’allongement du délai maximal de recours à l’IVG de 10 à 12 semaines de grossesse, intervenu en 2001, se soit accompagné d’une légère augmentation du recours à l’IVG, certaines interventions autrefois pratiquées à l’étranger pouvant l’être maintenant en France. Par ailleurs, au cours des années 1995-2000, le nombre de naissances en France a augmenté de 6 %, et il a été souvent constaté que les avortements pouvaient évoluer dans le même sens que les naissances. En somme, une augmentation des IVG est probable, mais impossible à quantifier.
 
Nuptialité et formation des unions
 
 
Des mariages en baisse
Après avoir frôlé 300000 en 2000 (297922), le nombre de mariages a diminué au cours des trois années suivantes (tableau 9). En 2003, la baisse est toutefois moins prononcée que les années précédentes, le nombre de mariages étant estimé à 273 100 (- 2,1 % par rapport à 2002), alors que l’Insee en dénombrait 279 087 en 2002 (- 3,2 % par rapport à 2001) et 288255 en 2001 (- 3,2 % par rapport à 2000). Néanmoins, les chiffres de 2003 sont provisoires, et les chiffres définitifs pourraient être revus à la baisse par l’Insee, comme ce fut le cas toutes les années précédentes.
Contrairement à la baisse enregistrée en 2001, qui touchait surtout les remariages (pour au moins un des conjoints), la baisse de 2002 a concerné presque uniquement les mariages entre célibataires, qui ont chuté de 4,1 %, tandis que les unions dans lesquelles l’un au moins des époux a déjà été marié n’ont presque pas diminué (- 0,4 %). Par contre, les mariages de couples ayant déjà des enfants ont baissé presque autant (- 3 %) que ceux des couples n’ayant pas encore d’enfant né de leur union (- 3,2 %), si bien que la proportion de mariages légitimant au moins un enfant est restée stable en 2001 et 2002, autour de 28 %, après avoir dépassé 29 % en 2000 (tableau 9, 3e colonne). Depuis une dizaine d’années, chaque reprise significative de la nuptialité, qu’elle soit provoquée par une modification de la fiscalité, comme en 1996, ou par le passage au nouveau millénaire, concerne plus particulièrement des couples ayant déjà des enfants et/ou des remariages pour l’un au moins des conjoints, ce qui entraîne désormais une évolution irrégulière de la proportion de ces mariages dans l’ensemble des mariages conclus chaque année, au lieu de la progression continue qu’on pouvait observer jusqu’en 1995.
Comme en 2001, ce sont les mariages d’étrangers qui soutiennent la nuptialité en 2002 : les mariages entre deux époux français ont diminué de 6 %, tandis que les mariages dans lesquels au moins un époux est de nationalité étrangère ont augmenté de 11 %, et représentent près d’un mariage sur 5 en 2002 (18,8 %). Parmi ceux-ci, ce sont les mariages de Françaises avec un époux étranger qui ont le plus augmenté (+ 14 %), et en particulier les mariages avec un homme originaire du Maghreb. Ainsi, lorsqu’une Française épouse un étranger, il s’agit une fois sur quatre d’un Algérien, une fois sur cinq d’un Marocain, et une fois sur dix d’un Tunisien. Néanmoins, ces chiffres ne couvrent que les mariages conclus en France, et il faudrait y ajouter ceux qui sont célébrés dans le pays d’origine de l’époux.
L’augmentation des Pacs se confirme
Après le recul de 2001, la hausse du nombre de pactes civils de solidarité (Pacs) conclus en 2002 (+ 29 %) s’est poursuivie en 2003 (+ 25 %), où 31 161 Pacs ont été signés en France métropolitaine. Les premiers mois de 2004 confirment cette tendance et, au cours du premier semestre, 18943 contrats ont été signés, soit 24 % de plus qu’au cours du premier semestre 2003.
La saisonnalité des Pacs se maintient en contraste avec celle des mariages : c’est au cours du premier trimestre de chaque année et, dans une moindre mesure, au cours du dernier trimestre, que les tribunaux d’instance enregistrent le plus de contrats tandis que les deuxième et troisième trimestres, au cours desquels sont célébrés l’écrasante majorité des mariages, sont moins propices à ce type de contrat (figure 2).
Figure 2
Évolution trimestrielle du nombre de Pacs conclus et des dissolutions de Pacs
IMGIMGÉvolution trimestrielle du nombre de Pacs conclus ...IMGIMF
Source : ministère de la Justice, SDSED.
Les statistiques publiées par le ministère de la Justice sur ces contrats sont extrêmement pauvres, et ne permettent toujours pas de connaître ne serait-ce que l’âge ou le sexe des partenaires. À ces statistiques de Pacs conclus est néanmoins ajoutée une statistique de Pacs dissous (figure 2) : sur les 122 740 Pacs conclus en métropole depuis novembre 1999, 13434 ont été rompus. Dans 82 % des cas, la dissolution est intervenue d’un commun accord; le mariage de l’un des partenaires est la cause de 10 % des « dissolutions », et la rupture par demande unilatérale représente moins de 5 % des motifs [7]
Le rapprochement du nombre de dissolutions de Pacs avec celui des contrats conclus ne permet pas d’estimer la fréquence des ruptures : que l’on rapporte l’ensemble des dissolutions (13 434) à la totalité des Pacs conclus depuis 1999 (122740), ce qui conduit à un taux de 11 %, ou que l’on rapporte les dissolutions de l’année 2003 (5 229) aux contrats de la même année (31 161, soit un taux de 17 %), ou à la moyenne des Pacs conclus au cours des années 2000-2003 (24415, soit un taux de 21 % [8]), on arrive à des taux qui ne peuvent que sous-estimer la fréquence réelle des ruptures. Nous sommes en effet loin d’observer ici les conditions de stabilité nécessaires pour pouvoir faire ce type de calcul : d’une part, le Pacs n’a été créé qu’en 1999, et semble faire chaque année plus d’adeptes ; d’autre part, les ruptures ne peuvent concerner que des Pacs très récents, et les contrats signés depuis 1999 seront encore soumis au risque de rupture pendant de longues années. On peut néanmoins assurer, dès à présent, que les Pacs sont beaucoup plus fragiles que les mariages : en isolant, parmi les divorces de l’année 2003, uniquement ceux qui concernent les mariages conclus de 1999 à 2003 (19 437), et en les rapportant à la moyenne des mariages concernés (284 911), on trouve une fréquence de rupture de 6,8 % au cours des 4 [9] premières années de mariage, soit trois fois moins que pour les Pacs (21 %).
La nuptialité des célibataires diminue encore
Bien que les remariages tendent à prendre de plus en plus d’importance, la part des célibataires parmi les nouveaux mariés est encore largement dominante : en 2002, 81,8 % des mariages masculins et 82,7 % des mariages féminins sont des premiers mariages [10], et 74 % des nouveaux époux étaient tous deux célibataires.
La baisse du nombre de mariages au cours des trois dernières années s’accompagne d’une érosion progressive des indicateurs conjoncturels de nuptialité des célibataires (tableau 9, colonnes 4 à 7). Depuis l’an 2000, la somme des taux de nuptialité des célibataires a diminué de 3 points pour s’établir respectivement à 55 mariages pour 100 hommes et 57 mariages pour 100 femmes, tandis que la synthèse des quotients a perdu 4 points, s’établissant respectivement à 61 et 64. Si la somme des taux demeure largement supérieure au minimum atteint par cet indicateur en 1994 (48 et 49 mariages pour 100 hommes et 100 femmes respectivement), c’est moins vrai pour la synthèse des quotients, qui retombe presque au niveau plancher de 1995 (respectivement 60 et 63). Cela s’explique par le mode de construction de ces deux indices, qui leur confère un pouvoir analytique différent et complémentaire. La fréquence des premiers mariages (somme des taux) diminue moins que la probabilité de se marier des célibataires (synthèse des quotients), car le stock des célibataires est très important. Les figures 3 et 4, qui présentent une décomposition par grands groupes d’âges des taux et des quotients de nuptialité des femmes célibataires, illustrent bien cette divergence possible entre indicateurs : depuis 2000, la probabilité de mariage des femmes célibataires âgées de 30-34 ans diminue (figure 3), alors que la fréquence des mariages à ces âges augmente encore légèrement (figure 4), car de plus en plus de femmes abordent la trentaine encore célibataires; et il en est de même à 35 ans ou plus. On voit aussi que de 1993 à 2001, la fréquence des mariages à 25-29 ans a beaucoup plus augmenté que la probabilité de mariage des femmes célibataires.
Figure 3
Évolution des quotients de nuptialité des femmes célibataires par groupe d’âges (p. 1000)
IMGIMGÉvolution des quotients de nuptialité des femmes c...IMGIMF
Source : calculs de l’auteur d’après des données de l’Insee.
Figure 4
Évolution des taux de nuptialité des femmes célibataires (somme des taux par groupe d’âges, p. 1000)
IMGIMGÉvolution des taux de nuptialité des femmes céliba...IMGIMF
Source : Insee.
Lorsqu’on observe l’évolution des quotients par groupe d’âges depuis les années 1990, on voit bien que la reprise de 1996 a surtout concerné les femmes âgées de 30 ans ou plus. Depuis cette date, les quotients à ces âges fluctuent, mais tendent à se stabiliser. Cela justifie l’hypothèse à la base de nos projections, qui reposent sur une stabilité des probabilités de mariage aux âges non observés, au-delà de 32 ans pour les femmes célibataires, et de 34 ans pour les hommes. Ces projections nous conduisent à estimer que seulement 69 % des femmes nées en 1971 et 67 % des hommes nés en 1969 aborderont la cinquantaine non célibataires, une proportion toujours en baisse d’une génération à l’autre (tableau 10) ; l’âge moyen au premier mariage poursuit sa hausse et dépassera 28 ans pour les femmes et 30 ans pour les hommes dans les mêmes générations.
Le mariage continue donc à perdre du terrain en France, et il en est de même dans nombre de pays européens. Le tableau B, où sont réunies des estimations de la fréquence finale et de l’âge moyen au premier mariage des femmes nées en 1965 [11] pour 16 pays d’Europe occidentale, témoigne cependant de la diversité des comportements de nuptialité aujourd’hui. Toujours très précoce et quasi systématique en Grèce et au Portugal [12], le mariage est encore assez fréquent en Espagne et en Italie, ainsi qu’en Irlande et en Belgique, avec des âges au mariage très différents dans ces deux derniers pays. C’est en Suède que le mariage est devenu le plus rare et presque le plus tardif, mais il continue à concerner la majorité des femmes (61 %). Le mariage n’est pas encore aussi rare en France, mais notre pays se situe, derrière la Norvège et en compagnie de la Finlande, dans le groupe des pays où il a perdu le plus de terrain. Soulignons que les pays scandinaves ne constituent plus à cet égard un groupe totalement homogène : alors que la Norvège est en passe de rejoindre le niveau de la Suède en raison d’une chute rapide et soutenue de la nuptialité des célibataires, le mariage résiste bien mieux au Danemark, où la proportion de femmes non célibataires à 50 ans se stabilise à 77 % dès la génération 1965.

Tableau B
Pourcentage de non-célibataires à 50 ans et âge moyen au premier mariage des femmes nées en 1965 en Europe occidentale
IMGIMGPays	% non-célibataires	Âge moyen au...IMGIMF
Pays % non-célibataires Âge moyen au 1er mariage Pays % non- célibataires Âge moyen au 1er mariage Suède 61 28,3 Pays-Bas 78 26,2 Norvège 70 26,3 Royaume-Uni 78 24,9 Finlande 73 26,9 Irlande 81 26,1 France 73 25,9 Belgique 81 24,0 Autriche 76 25,0 Italie 83 25,6 Danemark 77 28,8 Espagne 85 25,4 Suisse 77 27,0 Grèce 92 24,0 Allemagne 77 25,4 Portugal 96 23,8 Source : Conseil de l’Europe (2003).

Vie en couple et mariage, un lien de plus en plus lâche
On sait bien que la chute de la nuptialité reflète surtout la désaffection des générations nées à partir des années 1950 vis-à-vis du mariage, et non vis-à-vis de la vie en couple. Néanmoins, les modalités de la première vie en couple se sont aussi modifiées et, grâce à l’enquête Étude de l’histoire familiale (EHF) de 1999, on a pu montrer que la fréquence des premières unions [13], et surtout l’âge à la première union, avaient aussi reculé en France (Prioux, 2003b). C’est à partir des générations nées à la fin des années 1950 que la vie en couple a débuté de plus en plus tardivement, et l’on peut estimer que l’âge moyen à la première union des générations nées au tournant des années 1970 [14] s’élève à 26,1 ans pour les hommes et 23,7 ans pour les femmes, soit respectivement 1,5 an et 1,2 an de plus que dans les générations nées dans la première moitié des années 1950 (figure 5). C’est à partir des mêmes générations que la fréquence de la vie en couple a commencé à reculer, très légèrement chez les femmes mais beaucoup plus nettement chez les hommes. Ainsi, on peut estimer que 11 % des hommes nés en 1969 et 7 % des femmes nées en 1971 arriveront à la cinquantaine sans avoir jamais vécu en couple (figure 6).
Figure 5
Évolution de l’âge médian et de l’âge moyen à la première vie en couple au fil des générations
IMGIMGÉvolution de l’âge médian et de l’âge moyen à la p...IMGIMF
Source : Insee/Ined, enquête EHF 1999 (Prioux, 2003b).
Figure 6
Évolution de la proportion d’hommes et de femmes n’ayant jamais vécu en couple avant l’âge de 50 ans
IMGIMGÉvolution de la proportion d’hommes et de femmes n...IMGIMF
Source : Insee/Ined, enquête EHF 1999 (Prioux, 2003b).
L’allongement des études et la montée du chômage, en particulier chez les jeunes depuis le milieu des années 1970, sont probablement les principaux facteurs à l’origine de ces changements de tendance. Mais beaucoup d’autres facteurs [15] correspondant à une évolution générale de la société ont certainement participé au recul de l’âge et de la fréquence de la vie en couple.
Des travaux publiés récemment à partir de la même enquête (Barre et Vanderschelden, 2004) permettent aussi de montrer que ce sont bien les générations nées dans les années 1950 [16] qui ont commencé à se détourner du mariage (tableau C) : quelle que soit leur génération, 86 % des femmes nées avant 1950 (âgées de 50 ans ou plus en 1999) se sont mariées avec leur premier conjoint (4e colonne), et presque toujours le mariage a coïncidé avec le début de leur vie en couple ou s’est produit avant un an : dans 95 % des cas pour les générations nées avant 1940 (âgées de 60 ans ou plus), et dans 90 % des cas pour les femmes nées entre 1940 et 1949 (âgées de 50-59 ans). Dans les générations 1950-1959 (40-49 ans), la fréquence des mariages est tombée à 82 % et l’intervalle entre la mise en couple et le mariage s’est allongé. Mais l’évolution est encore plus rapide avec les générations nées dans les années 1960 : bien que leur âge encore relativement jeune (30-39 ans) ne permette pas pour l’instant d’évaluer la fréquence réelle des mariages avec le premier conjoint, il semble peu probable que cette fréquence dépasse 70 % ou 75 %, et comme les premières unions après 30 ans sont rares chez les femmes, les mariages non encore observés ne pourront qu’augmenter la part relative des mariages se produisant à des durées d’union élevées.
D’autres colonnes de ce tableau confirment que les comportements des couples ont beaucoup changé au fil des générations : si la fréquence des ruptures d’union et celle des remises en couple étaient stables, les proportions de femmes ayant vécu plusieurs unions (3ecolonne du tableau C) et celles des femmes ayant divorcé de leur premier conjoint (dernière colonne) ne pourraient qu’augmenter avec l’âge, ou au mieux se stabiliser à partir d’un certain âge, si l’on supposait par exemple qu’après 70 ans la fréquence des ruptures d’union et des remises en couple est négligeable. Rien de tel dans ce tableau, où la baisse de la proportion de femmes ayant divorcé de leur premier conjoint dès l’âge de 50-59 ans témoigne d’une augmentation de la fréquence des divorces au fil des générations, surtout entre les générations 1930-1939 (âgées de 60-69 ans) et les générations 1940-1949 (50-59 ans). De même, alors que moins d’une femme sur dix née avant 1940 a vécu plusieurs fois en couple, cela devient plus fréquent à partir des générations 1940-1949. Pour les femmes nées en 1950-1959, bien qu’elles soient encore jeunes (40-49 ans) et seront donc encore longtemps soumises aux risques de rupture et de remise en couple, la proportion atteint 16 %, et les femmes âgées seulement de 30-39 ans se rapprochent déjà de ce niveau.

Tableau C
Quelques éléments de l’histoire conjugale des femmes âgées de 30 à 79 ans en 1999
IMGIMGÂge attaint en 1999 Pour 100 femmes ...IMGIMF
Âge attaint en 1999 Pour 100 femmes vivant en couple en 1999 ou ayant déjà vécu en couple(a) Pour 100 femmes s’étant mariées avec leur premier conjoint Ont connu… Se sont mariées avec leur premier conjoint Intervalle entre le début de la vie en couple et le marriage Ont divorcé une seule vie en couple Plusieurs vies en couple Moins d’un an 1 ou 2 ans 3 ans ou plus 30-39 ans 85,3 14,7 65,9 45,0 30,2 24,8 14,6 40-49 ans 83,8 16,2 81,8 75,4 15,3 9,3 21,5 50-59 ans 86,6 13,4 86,0 89,7 6,6 3,8 19,5 60-69 ans 90,7 9,3 86,3 94,0 3,5 2,5 11,1 70-79 ans 90,3 9,7 85,8 94,7 2,8 2,5 7,9 (a) Vie com mune sous le même toit pendant au moins six mois, avec ou sans mariage. Source : Insee/Ined, enquête EHF 1999 (Barre et Vanderschelden, 2004, tableaux 401, 602, 603 et 604).

Ainsi, non seulement il est devenu de plus en plus rare d’épouser son premier conjoint, mais les divorces et les ruptures d’union étant plus fréquents, il est de plus en plus courant de connaître plusieurs vies de couple successivement (Cassan et al., 2001).
Évolution des mariages et des légitimations : une parenté assez étroite
On sait que la désaffection pour le mariage s’est accompagnée d’une forte augmentation des naissances hors mariage : en 2002, 337 122 enfants sont nés de parents non mariés, soit 44,3 % des enfants nés cette année-là; depuis 1965, l’effectif de ces naissances a donc été multiplié par 6,6 (on en comptait seulement 51 209), et leur proportion dans l’ensemble des naissances par 7,5 (5,9 % en 1965). Néanmoins, un certain nombre de couples se marient après la naissance d’un ou deux enfants : on parle alors de « légitimation » des enfants, bien que plus aucune différence juridique n’existe aujourd’hui entre les droits des enfants de parents mariés et non mariés.
L’évolution de la fréquence annuelle des légitimations présente une parenté étroite avec celle de la nuptialité, sans toutefois que les évolutions soient strictement parallèles (figure 7). La chute de la nuptialité des célibataires entre 1972 et 1987 s’accompagne bien d’une baisse de la fréquence annuelle des légitimations, mais elle est beaucoup moins forte en valeur relative (comme le fut d’ailleurs à la même époque la baisse de la fréquence annuelle des remariages de divorcés) : compris entre 52 et 55 légitimations pour 100 enfants nés hors mariage de 1965 à 1972, l’indicateur conjoncturel des légitimations s’abaisse progressivement jusqu’à passer légèrement en dessous de 40 pour 100 entre 1984 et 1986 [17]. Le relèvement passager de la nuptialité jusqu’en 1990 s’accompagne bien d’une légère reprise des légitimations, puis la baisse des différents indices est très semblable; l’indicateur des légitimations tombe alors à moins de 38 légitimations pour 100 enfants en 1993. Mais ensuite, la reprise de la nuptialité des années 1996-1997 est nettement moins forte que celle des légitimations, dont l’indicateur conjoncturel franchit à nouveau la barre des 50 pour 100. On sait en effet que c’est une modification de la fiscalité des couples non mariés ayant des enfants à charge qui est principalement à l’origine de ce regain de la nuptialité, et que nombreux sont les couples déjà parents d’un ou plusieurs enfants qui ont préféré se marier pour payer moins d’impôts [18]. L’effet de la fiscalité semble s’atténuer un peu en 1998 et 1999, puis le passage au nouveau millénaire incite certains parents à fêter l’an 2000 en légalisant leur union : l’indicateur conjoncturel des légitimations remonte à 47 pour 100, avant de retomber les deux années suivantes pour rejoindre le niveau de 40 pour 100 en 2002. Depuis novembre 1999 en effet, il n’est plus nécessaire de se marier pour pouvoir bénéficier d’une imposition commune, le Pacs produisant ces mêmes effets trois ans après qu’il a été conclu. Il est donc probable que cette nouvelle forme d’union est en concurrence avec les « mariages fiscaux », car la fréquence annuelle des légitimations est à nouveau en baisse [19].
Figure 7
Indicateurs conjoncturels de légitimation (p. 100 enfants nés hors mariage), de nuptialité des femmes célibataires (somme des taux par âge, p. 100 femmes) et divorcées (somme des taux par durée écoulée depuis le divorce, pour 100 femmes)
IMGIMGIndicateurs conjoncturels de légitimation (p. 100 ...IMGIMF
Source : calculs et estimations de l’auteur d’après les statistiques de l’Insee.
La baisse de l’indicateur conjoncturel des légitimations est due bien sûr à celle de la proportion des légitimations, parmi les enfants qui naissent hors mariage chaque année : nous avons ainsi pu estimer que parmi les quelque 51 000 enfants nés de parents non mariés en 1965, plus de la moitié (54 %) ont vu ensuite leurs parents se marier, et il en a été de même pour les enfants nés en 1970 (Munoz-Pérez et Prioux, 1999). Dans les cohortes suivantes, la proportion d’enfants légitimés baisse sensiblement, et se rapproche de 40 % dès la cohorte 1985. Ces proportions, calculées à partir d’un sondage dans les registres de l’état civil, sont très cohérentes avec l’évolution de l’indicateur conjoncturel des légitimations de la figure 7. Néanmoins, la baisse de l’indicateur conjoncturel a été amplifiée par un deuxième facteur : l’âge des enfants au moment de la légitimation s’est accru. C’est ainsi que la moitié des enfants nés hors mariage de 1965 à 1975 et légitimés ensuite l’avaient été avant l’âge de 2,2 ans; dans la cohorte des enfants nés hors mariage en 1990, cet âge médian à la légitimation avait été estimé à 3,3 ans (op. cit., tableau 5, p. 488).
Depuis 1998, l’Insee publie des statistiques sur l’âge des enfants au moment du mariage de leurs parents, ce qui permet d’observer directement la fréquence des légitimations à chaque âge, parmi les cohortes d’enfants nés hors mariage (figure 8). On voit ainsi que c’est très majoritairement au cours de l’année civile qui suit la naissance de leur enfant que les parents se rendent à la mairie pour officialiser leur union : entre 7 % et 8 % des enfants sont légitimés cette année-là. Puis les mariages se raréfient au fur et à mesure que les enfants grandissent. Sur chacune de ces courbes, on voit également l’impact de l’an 2000 (indiqué par un rond noir), qui provoque un surcroît de légitimations et une intrication des courbes. En additionnant ces taux dans chaque génération on peut donc observer directement la proportion d’enfants déjà légitimés par le mariage de leurs parents, selon leur âge, dans les cohortes les plus récentes. C’est ainsi que 26 % des enfants nés en 1997 et 1998 [20] ont vu leurs parents se marier avant leur 5e anniversaire, une proportion presque identique à celle que donnait le sondage effectué en 1997 dans les statistiques de l’état civil pour la génération 1990 au même âge (25 %). Malgré les aléas de la nuptialité, la fréquence des légitimations serait donc restée stable. Il pourrait en aller différemment en ce qui concerne les générations les plus récentes (nées en 2000 et 2001), pour lesquelles on note une baisse des légitimations au cours des toutes premières années de la vie.
Figure 8
Proportion d’enfants nés hors mariage légitimés à chaque âge, selon leur génération (taux p. 100)
IMGIMGProportion d’enfants nés hors mariage légitimés à ...IMGIMF
Source : calculs et estimations de l’auteur d’après les statistiques de l’Insee.
 
Les divorces
 
 
Une augmentation sensible des divorces en 2003
Après plusieurs années de baisse, le nombre de divorces a recommencé à augmenter (tableau 9). La hausse est modérée en 2002, année au cours de laquelle 116 000 divorces (divorces directs et conversions de séparations de corps) ont été prononcés, soit une hausse de 3 % par rapport à 2001 ; elle est massive en 2003, où plus de 125 000 divorces ont été prononcés (+ 8 %), un chiffre encore jamais atteint auparavant. Comme le nombre de mariages soumis au risque a plutôt tendance à diminuer, l’indicateur conjoncturel de divortialité, qui plafonnait autour de 38 divorces pour 100 mariages entre 1995 et 2001, dépasse 39 % en 2002, et s’établit à 42,5 % en 2003. C’est la première fois que cet indicateur franchit le seuil symbolique de 40 divorces pour 100 mariages.
En dehors des pays méditerranéens où la divortialité est encore faible, la France était l’un des rares pays d’Europe occidentale à n’avoir jamais enregistré une telle fréquence. En 2002, l’indicateur conjoncturel de divortialité était supérieur à 50 divorces pour 100 mariages en Belgique, en Finlande, au Luxembourg et en Suède; il était voisin de 45 divorces pour 100 mariages en Autriche, au Danemark, en Norvège et probablement au Royaume-Uni [21], et légèrement supérieur à 40 % en Allemagne et en Suisse. Enfin, aux Pays-Bas, il était retombé à 37 %, après avoir atteint 41 % en 2001 (Sardon, 2004).
Un lien avec le changement de législation?
D’une manière générale, les indicateurs annuels de divortialité sont sujets à des variations parfois assez importantes, et c’est notamment le cas dans les années qui précèdent ou dans les années qui suivent la mise en place d’une nouvelle législation. Ainsi, en comparaison de la Suisse où, d’après Sardon (op. cit.), une réforme de la procédure des divorces entrant en vigueur en 2000 a provoqué, par anticipation, une flambée des divorces en 1999, puis un effondrement en 2000 [22] (l’indicateur conjoncturel est passé de 50 à 25 divorces pour 100 mariages), la hausse de la divortialité en France en 2003 est très modérée. D’ailleurs, la nouvelle législation, qui entrera en vigueur en 2005, ira plutôt dans le sens d’un raccourcissement des délais de procédure [23]. Néanmoins, on ne peut exclure que l’annonce de la réforme, qui modifie les « cas » de divorce [24], ait provoqué une légère accélération des procédures entamées.
L’an dernier, nous avions proposé une estimation de la fréquence des divorces dans les promotions de mariages en nous basant sur la stabilité des comportements observés de 1995 à 2001, aboutissant à un maximum de 38 % dans les cohortes de mariages du début des années 1990 (Prioux, 2003a). Du fait de cette augmentation sensible de la divortialité en 2002 et 2003, il est à peu près certain que ces pourcentages seront dépassés; si la hausse des divorces se poursuit, la fréquence des divorces pourrait ainsi rapidement dépasser 40 % des mariages.
 
La mortalité
 
 
L’espérance de vie à la naissance marque le pas en 2003
Bien que l’année 2003 ait été marquée par une augmentation importante des décès - les décès sont évalués à 549 600, soit 15 400 de plus qu’en 2002 -, l’espérance de vie à la naissance des hommes a continué à progresser légèrement, pour atteindre 75,9 ans en 2003 (tableau 11, estimation provisoire). Celle des femmes est cependant en léger recul (82,9 ans, au lieu de 83 ans en 2002), si bien que l’écart entre les deux se réduirait à 7 ans. On sait en effet que ce sont les femmes qui ont été les plus touchées par la canicule de l’été 2003. Cette surmortalité exceptionnelle casse donc un peu le rythme d’accroissement de la durée de vie moyenne : en dix ans, de 1992 à 2002, l’espérance de vie des hommes a gagné 2,6 ans en passant de 73,2 à 75,8 ans, soit une hausse moyenne de trois mois par an; celle des femmes n’a gagné que 1,6 an (de 81,4 à 83 ans), soit un rythme moyen de 1,8 mois par an.
Avec 83 ans d’espérance de vie à la naissance en 2002, la durée de vie moyenne des femmes en France demeure l’une des plus élevées d’Europe avec celle des Suissesses, juste derrière celle des Espagnoles qui atteindrait maintenant 83,1 ans (tableau 12). Les femmes japonaises peuvent cependant espérer vivre deux ans de plus (Sardon, 2004) ! La position des hommes en France est moins favorable, et malgré les progrès des dix dernières années, leur espérance de vie se maintient dans la moyenne d’Europe de l’Ouest.
La mortalité infantile a diminué en 2002, puis s’est stabilisée à 4,1 décès pour 1 000 nouveau-nés en 2003 (tableau 11, chiffre provisoire). En 2002, la baisse a concerné autant la mortalité néonatale (décès au cours des 4 premières semaines de vie) que la mortalité au-delà d’un mois. Depuis 1995, la mortalité néonatale oscille entre 2,7 et 3 décès pour 1 000 nouveau-nés. C’est pourquoi la mortalité infantile peine à descendre en dessous de 4 pour 1 000. Pourtant, quatre pays européens ont déjà franchi ce seuil : la Suède, la Finlande, la Norvège, et plus récemment l’Espagne (tableau 13).
L’écart entre les hommes et les femmes continue à se réduire
Depuis 1992, l’écart d’espérance de vie entre les hommes et les femmes diminue en France. Cela ne signifie cependant pas que la surmortalité masculine diminue à tous les âges : nous avions vu l’an dernier que c’était essentiellement le cas entre 15 et 65 ans, la baisse de la mortalité à ces âges ayant été plus importante pour les hommes que pour les femmes ces dernières années (Prioux, 2003a). Par contre, au-delà de 65 ans, les progrès sont toujours plus importants pour les femmes, si bien que la surmortalité masculine continue à se creuser à ces âges.
Une étude récente permet de faire le point sur la contribution des différentes causes de décès à l’écart d’espérance de vie entre les sexes et sur son évolution depuis 1950 (Meslé, 2004a et 2004b). On s’aperçoit ainsi qu’au cours de toute la période où l’écart s’est creusé (jusqu’en 1980 environ), c’est surtout l’augmentation de la surmortalité masculine par cancer qui en a été le moteur et, dans une moindre mesure, celle des maladies cardiovasculaires, des maladies de l’appareil digestif et des morts violentes (figure 9).
Figure 9
Évolution de la contribution de 7 grands groupes de causes de décès à la différence d’espérance de vie entre les femmes et les hommes depuis 1950
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Source : Ined (Meslé 2004b).
Dans les années 1980, l’écart s’était stabilisé, car l’aggravation de la surmortalité masculine cancéreuse était compensée par la réduction de la surmortalité dans tous les autres grands groupes de causes de décès, sauf les maladies de l’appareil respiratoire, et, transitoirement, les maladies infectieuses, au moment de l’épidémie de sida. Depuis les années 1990, la surmortalité masculine par cancer a enfin commencé à se réduire, ce qui ne contrarie plus la tendance générale, si bien que l’écart d’espérance de vie entre les sexes diminue.
Ainsi, pendant longtemps, l’évolution de la mortalité par maladies cardiovasculaires, par accidents et par un certain nombre de maladies a été plus favorable pour les hommes que pour les femmes, et ce phénomène était masqué par la détérioration de la mortalité masculine cancéreuse (tableau 14). Dans les années 1990, la réduction de la mortalité masculine par cancers liés à la consommation d’alcool et de tabac a permis d’inverser la tendance : en ce sens, il s’agit donc bien d’une amélioration de la position relative des hommes, due à une meilleure prévention. Cependant, par ailleurs, la position des femmes donne des signes de légère dégradation, et l’augmentation de leur mortalité pour certaines localisations cancéreuses (poumons, voies aérodigestives supérieures) est préoccupante.
Il faut noter que la France n’est pas le seul pays où l’espérance de vie à la naissance des hommes progresse aujourd’hui plus vite que celle des femmes : presque tous les pays industrialisés - à l’exception du Japon et de l’Europe centrale - sont engagés dans cette voie. C’est le cas des pays anglo-saxons depuis les années 1970, de l’Europe du Nord depuis les années 1980, et du reste de l’Europe occidentale depuis les années 1990 (Meslé, 2004b). L’écart d’espérance de vie entre les sexes en France demeure donc le plus élevé d’Europe occidentale (tableau 12).
L’Inserm a été chargé de fournir une estimation de la surmortalité liée à la canicule d’août 2003 et d’en cerner les principales caractéristiques épidémiologiques. Un rapport a été remis au ministère de la Santé qui permet aujourd’hui de faire un bilan assez précis de cette hausse exceptionnelle de la mortalité (Hémon et Jougla, 2004). Le surcroît de décès enregistrés au cours des 20 premiers jours d’août 2003 est estimé à 14 729, soit un surplus de 55 % par rapport aux décès attendus [25], et ce sont les femmes, principalement les plus âgées, qui ont été les plus touchées (figure 10) : pour les hommes, une légère surmortalité (de 20 % à 30 % par rapport à la normale) s’observe entre 35 et 75 ans, puis la surmortalité s’accroît avec l’âge, et culmine à 85 % au-delà de 95 ans. Pour les femmes, la surmortalité ne s’observe qu’après 45 ans, mais s’élève beaucoup plus vite et dépasse 100 % dans le dernier groupe d’âges; à chaque âge, à partir de 55 ans, la surmortalité des femmes est de 10 % à 20 % supérieure à celle des hommes. Les femmes âgées de 75 ans ou plus constituent ainsi plus de la moitié (56 %) du total des victimes de la canicule, les hommes du même âge ne comptant que pour un quart de l’effectif. C’est bien sûr parce qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à être encore en vie à ces âges - au 1er janvier 2003, on dénombrait 2,95 millions de femmes âgées de 75 ans ou plus pour 1,66 million d’hommes du même âge -, mais c’est aussi parce qu’elles ont été beaucoup plus touchées par cette mortalité exceptionnelle, car elles sont plus nombreuses à vivre seules ou en maison de retraite. Ce sont en effet les décès à domicile et en maison de retraite qui se sont le plus accrus au cours de cette période-là (respectivement + 76 % et + 100 % par rapport à la normale), quand les décès de personnes hospitalisées n’ont augmenté « que » de 42 %.
Figure 10
Rapport entre le nombre de décès du 1er au 20 août 2003 et le nombre de décès attendu selon le sexe et l’âge
IMGIMGRapport entre le nombre de décès du 1er au 20 août...IMGIMF
Source : Inserm (Hémon et Jougla, 2004, p. 25).
Une question restait en suspens, après les premières analyses effectuées dès le mois de septembre 2003 (Hémon et Jougla, 2003) : la canicule avait-elle seulement précipité le décès de personnes en mauvaise santé, qui seraient probablement décédées dans les semaines suivantes ? Avait-elle au contraire fragilisé la santé d’autres personnes? L’analyse approfondie des décès de la période du 20 août au 31 décembre 2003 permet aux auteurs du rapport de conclure que la surmortalité exceptionnelle « n’a été suivie jusqu’à la fin de l’année 2003 :
  • ni d’une surmortalité persistante, ce qui aurait pu révéler qu’une fraction de la population aurait été gravement fragilisée par la vague de chaleur,
  • ni d’une sous-mortalité transitoire, ce qui aurait pu révéler, à l’inverse, qu’une fraction au moins de la surmortalité observée pendant la vague de chaleur aurait résulté de l’anticipation de quelques jours, semaines ou mois, de décès qui se seraient de toute façon produits en l’absence de vague de chaleur. » (Hémon et Jougla, 2004, p. 8)
 
Vue d’ensemble
 
 
La population de la France métropolitaine continue à s’accroître, principalement grâce à l’excédent du mouvement naturel, car la fécondité y est plutôt moins basse que dans le reste de l’Europe, et la structure par âge de la population, bien que vieillissante, est encore relativement peu favorable aux décès.
Depuis 1997, l’immigration est en hausse et, en 2002, 206000 étrangers ont obtenu un premier titre de séjour d’au moins un an, soit 100000 de plus qu’en 1996. Cette hausse concerne uniquement les étrangers ne bénéficiant pas de la liberté de circulation, et particulièrement les Marocains et les Algériens.
Depuis 2000, la fécondité se maintient autour de 1,88-1,89 enfant par femme, soit la valeur la plus élevée en Europe après l’Irlande. Après une pause entre 1999 et 2001, le processus de retard des maternités semble avoir repris en 2002 et 2003. Ces quatre années relativement favorables à la fécondité ne permettent cependant pas d’infléchir la tendance à la baisse de la descendance finale des générations après la génération 1960. La descendance finale tombera donc de 2,12 enfants par femme dans la génération 1960 à 2,03 dans la génération 1965, et probablement en dessous de 2 enfants par femme dans la génération 1970. Elle devient ainsi inférieure à celle de la Norvège dès la génération 1965.
Après avoir atteint un maximum en 2000, le nombre de mariages diminue lentement chaque année, tandis que le Pacs remporte de plus en plus de succès. Le mariage continue à perdre du terrain, et l’on peut estimer que seuls 67 % des hommes nés en 1969 et 69 % des femmes nées en 1971 aborderont la cinquantaine non célibataires, tandis que l’âge moyen au premier mariage grimperait respectivement à 30 ans et 28 ans dans les mêmes générations. La France se situe parmi les pays où le mariage a le plus diminué, sans toutefois qu’il soit déjà aussi rare qu’en Suède. Cette celle-ci commence de plus en plus tard, et l’on constate une légère augmentation de la proportion d’hommes qui n’ont jamais vécu en couple stable ; de moins en moins souvent, la première vie en couple donne lieu à un mariage, et les ruptures étant plus fréquentes, de plus en plus d’hommes et de femmes vivent plusieurs unions successives. La proportion d’enfants qui naissent de couples non mariés a donc beaucoup augmenté, et parmi ceux-ci, de moins en moins sont « légitimés » par le mariage de leurs parents. Ce mariage se produit le plus souvent l’année qui suit la naissance de l’enfant, et concerne au total 40 % des enfants nés hors mariage.
Après plusieurs années de stabilité, la fréquence des divorces a augmenté de 3 % en 2002, puis de 8 % en 2003 et, pour la première fois, l’indicateur conjoncturel est supérieur à 40 divorces pour 100 mariages. Cette forte hausse pourrait être liée à l’annonce de la modification prochaine de la législation.
L’espérance de vie à la naissance des hommes s’établit à 75,9 ans en 2003, celle des femmes à 82,9 ans. L’écart entre les deux, qui n’est plus que de 7 ans aujourd’hui contre 8,2 ans au début des années 1990, a diminué parce que la surmortalité masculine a commencé à se réduire pour de nombreuses causes de décès : les morts violentes d’abord, puis les maladies de l’appareil digestif et les maladies cardiovasculaires, enfin les tumeurs plus récemment, principalement grâce aux progrès réalisés dans la prévention des cancers liés au tabac et à l’alcool chez les hommes.
En raison d’une vague de chaleur exceptionnelle, l’année 2003 a été marquée par un surcroît important de décès au cours des trois premières semaines du mois d’août. Cette surmortalité a concerné principalement les personnes âgées, et en particulier les femmes de plus de 75 ans. Il semble qu’il ne s’agisse pas d’une simple anticipation de quelques jours ou semaines de décès de personnes en mauvaise santé, car les décès de la fin de l’année 2003 n’ont pas été inférieurs à la normale.
 
Données statistiques
 
 

Tableau 1
Mouvement de la population (en milliers) et taux bruts (p. 1 000) a
IMGIMGAnnée	Population en milieu d’année	N...IMGIMF
Année Population en milieu d’année Naissances vivantes Décès Accroissement Taux bruts (p. 1000) Naturel Migratoire Total Natalité Mortalité Accroissement Naturel Total 1985 55284 768 552 + 216 + 38 + 254 13,9 10,0 + 3,9 + 4,6 1986 55547 778 547 + 232 + 39 + 271 14,0 9,8 + 4,2 + 4,9 1987 55824 768 527 + 240 + 44 + 284 13,8 9,4 + 4,4 + 5,1 1988 56118 771 525 + 247 + 57 + 304 13,7 9,3 + 4,4 + 5,4 1989 56423 765 529 + 236 + 71 + 307 13,6 9,4 + 4,2 + 5,4 1990 56735 762 526 + 236 + 80 + 316 13,4 9,3 + 4,1 + 5,6 1991 56976 759 525 + 234 + 90 + 324 13,3 9,2 + 4,1 + 5,7 1992 57240 744 522 + 222 + 90 + 312 13,0 9,1 + 3,9 + 5,5 1993 57467 712 532 + 179 + 70 + 249 12,4 9,3 + 3,1 + 4,3 1994 57659 711 520 + 191 + 50 + 241 12,3 9,0 + 3,3 + 4,2 1995 57844 730 532 + 198 + 40 + 238 12,6 9,2 + 3,4 + 4,1 1996 58026 734 536 + 199 + 35 + 234 12,6 9,2 + 3,4 + 4,0 1997 58207 727 530 + 196 + 40 + 236 12,5 9,1 + 3,4 + 4,0 1998 58398 738 534 + 204 + 45 + 249 12,6 9,1 + 3,5 + 4,3 1999 58623 745 538 + 207 + 45 + 252 12,7 9,2 + 3,5 + 4,3 2000 58896 775 531 + 244 + 50 + 294 13,2 9,0 + 4,1 + 5,0 2001 59192 771 531 + 239 + 60 + 299 13,0 9,0 + 4,0 + 5,1 2002* 59488 762 534 + 227 + 65 + 292 12,8 9,0 + 3,8 + 4,9 2003* 59767 760 550 + 211 + 55 + 266 12,7 9,2 + 3,5 + 4,4 (a) Population et taux révisés après le recensement de 1999. * Provisoire. Source : Insee, division des enquêtes et études démographiques.


Tableau 2
Répartition par âge de la population de la france métropolitaine au 1er janvier %
IMGIMGGroupe d’âges	1985	1990	1995	2000	20...IMGIMF
Groupe d’âges 1985 1990 1995 2000 2001 2002 2003 2004 0-19 ans 29,2 27,8 26,1 25,6 25,4 25,3 25,1 25,1 20-59 ans 52,7 53,2 53,8 53,8 54,0 54,1 54,3 54,2 60 ans ou plus 18,1 19,0 20,1 20,6 20,6 20,6 20,6 20,7 Dont : 65 ans ou plus 12,8 13,9 15,0 16,0 16,1 16,2 16,3 16,4 75 ans ou plus 6,3 6,8 6,1 7,2 7,4 7,6 7,7 7,9 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source : Insee, division des enquêtes et études démographiques, série révisée après le recensement de 1999.


Tableau 3
Immigration régulière de long terme selon le statut d’enregistrement
IMGIMG	Année d’admission au séjour	1994	19...IMGIMF
Année d’admission au séjour 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Étrangers bénéficiant de la libre circulation (EEE)* 47697 44423 43258 41306 43033 42791 43282 42552 42744 Entrants mineurs (3) 3812 3305 3176 2821 2941 2727 2957 3146 3015 Entrants majeurs (1) 43885 41118 40082 38485 40092 40064 40325 39406 39729 Étrangers ressortissants d’un pays tiers 71866 61757 62728 86125 112846 102329 117146 140142 162963 Entrants mineurs (2) 11594 7634 7052 7505 13208 12631 11883 12855 14427 Entrants majeurs (1) 60272 54123 55676 78620 99638 89698 105263 127287 148536 Total des admissions au séjour de l’année, toutes nationalités 119563 106180 105986 127431 155879 145120 160428 182694 205707 Total mineurs (2 et 3) 15406 10939 10228 10326 16149 15358 14840 16001 17442 Total majeurs (1) 104157 95241 95758 117105 139730 129762 145588 166693 188265 dont étrangers arrivés effectivement au cours de l’année (majeurs et mineurs) 85322 78874 76685 81093 90703 101485 113027 128099 134267 Ressortissants EEE (1 et 3) 39370 36589 35198 34161 35983 35242 35071 33890 32667 Ressortissants pays tiers (1 et 2) 45952 42285 41487 46932 54720 66243 77956 94209 101600 * L’Espace économique européen (EEE) comprend les 15 États membres de l’Union européenne, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Sources : tableau élaboré par X. Thierry (Ined) à partir des sources suivantes : (1) Premiers titres de séjour d’une durée de validité d’au moins un an délivrés à des étrangers arrivés majeurs, y compris aux étudiants (55757 en 2002) : ministère de l’Intérieur (AGDREF); (2) Admissions au regroupement familial d’enfants prononcées à l’égard de mineurs ressortissants de pays tiers : Omi; enfants de réfugiés: ministère de l’Intérieur (AGDREF); (3) Entrées non contrôlées de mineurs ressortissants de pays de l’EEE : nombre d’enfants déclarés lors de la remise d’un premier titre à une femme non conjointe de Français, ministère de l’Intérieur (AGDREF).


Tableau 4
Évolution de la fécondité depuis 1970
IMGIMGSomme des taux par âge	Total (indica...IMGIMF
Somme des taux par âge Total (indicateur conjoncturel) Âge moyen à la maternité (années) Fécondité hors mariage 15-27 ans 28 ans et + Ensemble Dont premières naissances Somme des taux par âge (p. 100 femmes) Part dans la fécondité totale (%) (p. 100 femmes)1970 143 104 247 27,2 23,9 16 6,4 1975 118 74 193 26,7 24,1 16 8,5 1980 116 78 194 26,8 24,5 22 11,4 1985 99 82 181 27,5 25,2 36 19,6 1986 97 86 183 27,6 25,4 40 21,9 1987 92 88 180 27,9 25,5 43 24,1 1988 89 91 180 28,0 25,7 48 26,4 1989 86 93 179 28,2 25,9 51 28,3 1990 84 94 178 28,3 26,0 53 30,1 1991 82 95 177 28,4 26,1 56 31,9 1992 77 96 173 28,5 26,2 58 33,3 1993 72 94 166 28,7 26,4 58 35,1 1994 70 96 166 28,8 26,7 60 36,3 1995 69 102 171 29,0 26,8 65 37,9 1996 68 105 173 29,1 26,9 68 39,3 1997 66 107 173 29,2 27,0 70 40,5 1998 65 111 176 29,3 27,2 73 41,3 1999 66 113 179 29,3 27,3 76 42,3 2000 69 119 188 29,4 27,4 81 43,2 2001 69 119 189 29,4 84 44,3 2002 68 120 188 29,5 84 44,7 2003* 67 122 189 29,5 * Provisoire. Sources : Insee, division des enquêtes et études démographiques, série révisée après le recensement de 1999, et Observatoire démographique européen. Pour l’âge moyen à la première naissance : 1970-1997 : L. Toulemon, d’après EHF 1999; 1998-2000 : estimation d’après les statistiques de l’état civil.


Tableau 5
Fécondité des générations : descendances atientes et descendances finales estimées (nombres moyens d’enfants pour 100 femmes) et âges moyens à la maternité (en années et dixièmes d’années)
IMGIMGGénération	Descendance atteinte pour...IMGIMF
Génération Descendance atteinte pour 100 femmes (âge révolu) Projection avec gel des taux* Projection tendancielle** 24 ans 29 ans 34 ans 39 ans Descendance Finale Âge moyenà la maternité Descendance finale Âge moyen À la maternité 1930 90 177 231 256 263 27,5 263 27,5 1935 89 181 233 254 258 27,1 258 27,1 1940 96 181 225 238 241 26,4 241 26,4 1945 99 174 206 219 222 26,0 222 26,0 1950 89 154 192 207 211 26,5 211 26,5 1951 86 153 191 207 211 26,6 211 26,6 1952 83 152 191 208 212 26,7 212 26,7 1953 80 151 190 208 212 26,8 212 26,8 1954 78 149 190 208 212 26,9 212 26,9 1955 77 148 190 208 213 27,0 213 27,0 1956 76 147 191 209 214 27,1 214 27,1 1957 74 145 190 208 214 27,3 214 27,3 1958 72 144 189 208 213 27,4 213 27,4 1959 69 141 186 206 212 27,6 212 27,6 1960 66 139 184 206 212 27,7 212 27,7 1961 63 135 181 203 209 27,9 209 27,9 1962 60 131 179 202 208 28,1 208 28,1 1963 56 127 176 200 206 28,3 207 28,3 1964 53 122 173 198 204 28,5 204 28,5 1965 49 117 170 203 28,7 203 28,7 1966 46 114 168 201 28,8 202 28,9 1967 44 111 167 200 29,0 201 29,0 1968 42 109 166 199 29,1 201 29,2 1969 39 105 164 196 29,2 199 29,3 1970 37 103 195 29,3 198 29,4 1971 35 100 1972 33 98 1973 32 97 1974 31 97 1975 30 1976 31 1977 31 1978 31 1979 31 * Pour les générations 1930 à 1955, il s’agit de la descendance finale et de l’âge moyen à la maternité observés; pour les générations suivantes, les taux non observés sont supposés égaux à ceux observés au même âge en 2003. ** Pour les générations 1930 à 1955, il s’agit de la descendance finale et de l’âge moyen à la maternité observés; pour les générations suivantes, les taux non observés ont été estimés de la manière suivante : de 30 à 45 ans, prolongation pendant 3 ans de la tendance des 5 dernières années, puis gel des taux; de 46 à 49 ans, gel des taux de 2003. Source : calculs et estimations à partir de données Insee, division des enquêtes et études démographiques.


Tableau 6
Évolution de l’indicateur conjoncturel de fécondité en Europe occidentale (nombre moyen d’enfants par femme)
IMGIMG1980	1985	1990	1995	1996	1997	1998	1...IMGIMF
1980 1985 1990 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Allemagne 1,56 1,37 1,45 1,25 1,32 1,37 1,36 1,36 1,38 1,35 1,31 Autriche 1,65 1,47 1,46 1,42 1,45 1,39 1,37 1,34 1,36 1,33 1,40 Belgique 1,68 1,51 1,62 1,55 1,59 1,61 1,59 1,61 1,66 1,64 1,62 Danemark 1,55 1,45 1,67 1,80 1,75 1,75 1,72 1,73 1,77 1,74 1,72 Espagne 2,20 1,63 1,34 1,18 1,17 1,18 1,16 1,20 1,24 1,26 1,26 Finlande 1,63 1,64 1,78 1,81 1,76 1,75 1,70 1,74 1,73 1,73 1,72 France 1,95 1,81 1,78 1,71 1,73 1,73 1,76 1,79 1,88 1,89 1,88 Grèce 2,22 1,67 1,39 1,31 1,30 1,31 1,26 1,24 1,27 1,25 1,27 Irlande 3,24 2,48 2,11 1,84 1,88 1,93 1,94 1,90 1,90 1,96 2,00 Italie 1,64 1,42 1,33 1,20 1,19 1,20 1,21 1,22 1,24 1,25 1,26 Luxembourg 1,49 1,38 1,60 1,69 1,76 1,71 1,68 1,73 1,76 1,66 1,63 Pays-Bas 1,60 1,51 1,62 1,53 1,53 1,56 1,63 1,65 1,72 1,71 1,73 Portugal 2,25 1,72 1,57 1,41 1,44 1,47 1,48 1,50 1,55 1,45 1,47 Royaume-Uni 1,89 1,80 1,89 1,71 1,73 1,72 1,71 1,68 1,64 1,63 1,64 Suède 1,68 1,74 2,13 1,73 1,60 1,52 1,50 1,50 1,54 1,57 1,65 Norvège 1,72 1,68 1,93 1,87 1,89 1,86 1,81 1,84 1,85 1,78 1,75 Suisse 1,55 1,52 1,59 1,48 1,50 1,48 1,47 1,48 1,50 1,41 1,40 NB : les nombres en italique sont des estimations provisoires. Source : Observatoire démographique européen (Sardon, 2004).


Tableau 7
Fécondité des générations en Europe occidentale
IMGIMGDescendance finale estimée (p. 1 fem...IMGIMF
Descendance finale estimée (p. 1 femme) Âge moyen à la maternité (années) Dernière année disponible (1) 1950 1955 1960 1965 1950 1955 1960 1965 Allemagne 1,72 1,67 1,65 1,53 25,8 26,5 27,1 28,0 2001 Autriche 1,87 1,77 1,70 1,64 25,4 25,9 26,6 27,3 2002 Belgique 1,83 1,83 1,86 1,79(2) 26,2 26,7 27,3 28,0(2) 1997 Danemark 1,90 1,84 1,90 1,92 26,2 27,3 28,5 29,1 2002 Espagne 2,16 1,91 1,76 1,59 27,4 27,1 27,9 29,0 2000 Finlande 1,85 1,90 1,96 1,91 27,4 28,0 28,7 29,2 2002 France 2,11 2,13 2,12 2,03 26,5 27,0 27,7 28,7 2003 Grèce 2,04 2,00 1,93 1,75 26,2 25,9 26,0 27,0 2001 Irlande 3,04 2,67 2,41 2,18 28,6 28,5 29,0 30,0 2001 Italie 1,88 1,80 1,67 1,49 27,0 27,1 28,0 29,1 2000 Luxembourg 1,73 1,69 1,76 1,82 26,8 27,7 28,6 29,2 2002 Pays-Bas 1,89 1,87 1,85 1,77 27, 1 28,2 29,3 30,0 2002 Portugal 2,08 2,04 1,89 1,82 26,8 26,2 26,5 27,4 2002 Royaume-Uni 2,06 2,01 1,97 1,89 26,5 27,2 27,8 28,2 2001 Suède 2,00 2,03 2,04 1,98 27,2 28,0 28,7 28,8 2002 Norvège 2,09 2,05 2,09 2,06 26,2 27,1 28,1 28,5 2002 Suisse 1,79 1,75 1,78 1,65 27,2 28,1 28,7 29,4 2002 (1) Année sur laquelle sont basées les extrapolations. Les taux non observés sont supposés égaux aux taux observés aux mêmes âges au cours de la dernière année d’observation. (2) Génération 1964. Source : Observatoire démographique européen (Sardon, 2004).


Tableau 8
Évolution du nombre d’avortements et des indices annuels depuis 1985
IMGIMGAnnée	Nombre absolu d’avortements	Av...IMGIMF
Année Nombre absolu d’avortements Avortements pour 100 naissances vivantes Nombre moyen d’avortements par femme (2) Dont 1er avortement (3) 2e avortement (4) ou plus Déclarés (1) Estimés Données corrigées du sous-enregistrement 1985 173335 249000 32,4 0,60 0,48 0,12 1986 166797 239000 30,7 0,57 0,45 0,12 1987 162352 230000 30,0 0,56 0,43 0,13 1988 166510 230000 29,8 0,54 0,43 0,12 1989 163090 230000 30,0 0,54 0,42 0,12 1990 170428 230000 30,2 0,53 0,40 0,13 1991 172152 230000 30,3 0,53 0,40 0,13 1992 167777 227000 30,5 0,53 0,40 0,13 1993 167921 225000 31,6 0,53 0,40 0,13 1994 163180 220000 30,9 0,52 0,39 0,13 1995 156181 220000 30,1 0,52 0,39 0,13 1996 162792 220000 30,0 0,53 0,40 0,13 1997 163985 220000 30,3 0,53 (1) Avortements pour lesquels un bulletin statistique a été rempli au moment de la déclaration. (2) Somme des taux d’avortement par âge. (3) Y compris les avortements de femmes qui n’ont pas déclaré si elles avaient eu une grossesse antérieure. (4) Y compris les avortements de femmes qui ont déclaré avoir eu au moins une grossesse antérieure sans en préciser le nombre et la nature de l’issue ou des issues. Source : Ined, statistiques de l’avortement.


Tableau 9
Caractéristiques de la nuptialité et des divorces depuis 1985
IMGIMGAnnée	Nombre de mariages	Part des ma...IMGIMF
Année Nombre de mariages Part des mariages légitimant des enfants (%) Indicateur conjoncturel de nuptialité (1 er mariage par personne) Nombre de (3) divorces Indicateur conjoncturel de divortialité p. 100 mariages Synthèse des taux (1) par âge Synthèse des (2) quotients par âge Hommes Femmes Hommes Femmes 1985 269 419 11,4 0,53 0,54 0,69 0,73 107 505 30,5 1986 265 678 12,7 0,52 0,53 0,68 0,71 108 380 31,1 1987 265 177 14,4 0,51 0,52 0,67 0,70 106 526 31,0 1988 271 124 15,3 0,52 0,53 0,67 0,71 108 026 31,3 1989 279 900 16,7 0,54 0,55 0,67 0,71 107 357 31,5 1990 287 099 17,3 0,55 0,56 0,68 0,71 107 599 32,1 1991 280 175 18,5 0,54 0,55 0,66 0,70 106 418 33,2 1992 271 427 19,5 0,52 0,53 0,65 0,68 107 994 33,5 1993 255 190 20,7 0,49 0,50 0,62 0,65 110 757 34,8 1994 253 746 21,9 0,48 0,49 0,61 0,64 115 785 36,7 1995 254 651 22,7 0,48 0,50 0,60 0,63 119 189 38,2 1996 280 072 28,1 0,53 0,55 0,64 0,67 117 382 38,0 1997 283 984 28,8 0,54 0,56 0,64 0,67 116 158 38,0 1998 271 361 27,7 0,52 0,54 0,62 0,65 116 349 38,4 1999 286 191 27,5 0,56 0,58 0,64 0,67 116 813 38,9 2000 297 922 29,1 0,58 0,60 0,65 0,68 114 005 38,2 2001 288 255 28,0 0,57 0,60 0,64 0,67 112 631 37,9 2002 279 087 28,1 0,55 0,58 0,62 0,65 115 860 39,2 2003* 273 100 0,55 0,57 0,61 0,64 125 175 42,5 * Provisoire. (1) Nombre de 1ers mariages rapporté au nombre de personnes du même âge. Synthèse jusqu’à 50 ans. (2) Nombre de 1ers mariages rapporté au nombre de célibataires du même âge (estimation). Synthèse jusqu’à 50 ans. (3) Divorces directs et conversions de séparations de corps. Série modifiée, qui ne tient compte que des divorces prononcés en France métropolitaine. Sources : Insee, Division des enquêtes et études démographiques et ministère de la Justice.


Tableau 10
Caractéristiques de la nuptialité des générations
IMGIMGGénérations masculines	Hommes	Propor...IMGIMF
Générations masculines Hommes Proportion de non-célibataires à 49 ans* Âge moyen au 1er mariage* (ans) Proportion de non-célibataires À 24 ans À 30 ans 1943 0,88 24,5 0,55 0,81 1948 0,87 24,5 0,56 0,80 1953 0,85 25,0 0,52 0,75 1958 0,79 26,4 0,39 0,64 1963 0,73 28,3 0,23 0,52 1965 0,70 29,0 0,19 0,47 1967 0,68 29,5 0,16 0,44 1969 0,67 30,0 0,12 0,41 1971 0,09 0,39 1973 0,08 0,37 1975 0,06 1977 0,06 1979 0,06 Générations féminines Femmes Proportion de non-célibataires à 49 ans* Âge moyen au 1er mariage* (ans) Proportion de non-célibataires À 22 ans À 28 ans 1945 0,92 22,3 0,59 0,86 1950 0,90 22,6 0,57 0,83 1955 0,87 22,9 0,53 0,77 1960 0,82 24,3 0,42 0,67 1965 0,75 26,3 0,24 0,54 1967 0,73 27,0 0,19 0,50 1969 0,71 27,6 0,15 0,46 1971 0,69 28,2 0,12 0,43 1973 0,09 0,40 1975 0,07 0,38 1977 0,07 1979 0,06 1981 0,06 * Les quotients de nuptialité non observés sont supposés se stabiliser au niveau moyen des 3 dernières années. Source : calculs et estimations à partir de données Insee.


Tableau 11
Caractéristiques de la mortalité générale depuis 1985
IMGIMGAnnée	Espérance de vie (en années)	T...IMGIMF
Année Espérance de vie (en années) Taux de mortalité (p. 1000 nés vivants) Survivants à 60 ans (p. 1000 à la naissance) À la naissance À 60 ans Hommes Femmes Hommes Femmes Infantile (1) Néo-natale (2) Hommes Femmes 1985 71,3 79,4 17,9 23,0 8,3 4,6 803 913 1986 71,5 79,7 18,1 23,2 8,0 4,3 807 915 1987 72,1 80,3 18,4 23,7 7,8 4,1 814 918 1988 72,3 80,5 18,7 23,9 7,8 4,1 816 919 1989 72,5 80,6 18,8 24,0 7,5 3,8 818 920 1990 72,8 80,9 19,0 24,2 7,3 3,6 822 923 1991 72,9 81,1 19,2 24,4 7,3 3,5 824 923 1992 73,2 81,4 19,4 24,6 6,8 3,3 827 925 1993 73,3 81,4 19,4 24,6 6,5 3,1 828 924 1994 73,7 81,8 19,7 25,0 5,9 3,2 832 926 1995 73,9 81,9 19,7 24,9 4,9 2,9 836 928 1996 74,1 82,0 19,7 25,0 4,8 3,0 841 929 1997 74,5 82,3 19,9 25,2 4,7 3,0 847 931 1998 74,8 82,4 20,0 25,3 4,6 2,9 850 931 1999 75,0 82,5 20,2 25,3 4,3 2,7 852 932 2000 75,3 82,8 20,4 25,6 4,4 2,8 854 933 2001 75,5 82,9 20,6 25,7 4,5 2,9 855 933 2002* 75,8 83,0 20,8 25,8 4,1 2,7 857 934 2003* 75,9 82,9 20,8 25,6 4,1 * Provisoire. (1) Décès avant un an pour 1000 enfants nés vivants. (2) Décès avant 28 jours pour 1000 enfants nés vivants. Source : Insee, division des enquêtes et études démographiques.


Tableau 12
Espérance de vie à la naissance en Europe occidentale en 2002