Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
180 pages

p. 822 à 824
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Annonce d'ouvrage à paraître

Volume 59 2004/5

Lefevre Cécile, Filhon Alexandra (éd.), Histoires de familles, histoires familiales. Les résultats de l’enquête Famille (Étude de l’histoire familiale) de 1999, à paraître en 2005 dans les Cahiers de l’Ined.

L’ouvrage Histoires de familles, histoires familiales se présente comme le fruit d’un travail collectif, celui du groupe d’exploitation de l’enquête Étude de l’histoire familiale, dite encore enquête Famille de 1999. Si cette focalisation sur une enquête, source de données commune à toutes les contributions, lui confère une grande homogénéité, cet ouvrage se caractérise aussi par une grande diversité des auteurs et des sujets étudiés, de la transmission familiale des langues à la mise en union, de l’impact de l’allocation parentale d’éducation à l’évolution démographique de la population immigrée en France. La batterie de questions de l’enquête Étude de l’histoire familiale de 1999 permet en effet, de manière synthétique et sur un très grand échantillon d’individus (près de 380000 individus interrogés, dont 325 000 femmes et 145 000 hommes), d’étudier sous des facettes variées les permanences et les transformations sociodémographiques de la famille.
Dans Constance et inconstances de la famille, de Henri Leridon et Catherine Villeneuve-Gokalp, ouvrage de référence sur les évolutions de la famille des années 1960 aux années 1980 [1], l’étude de la cohabitation et de la fécondité hors mariage occupait une large place. Il s’agissait alors d’écrire « l’histoire d’un changement ». Dans l’ouvrage présent, ces thèmes ne sont plus centraux. Cela témoigne de la banalisation de ces comportements, du point de vue statistique pour le démographe, comme du point de vue normatif pour l’ensemble de la population. C’est aussi la conséquence d’un questionnement qui a justement tiré les enseignements de cette « histoire d’un changement » : les analyses proposées portent en effet autant d’attention, sinon plus, aux situations de fait qu’aux situations légales. C’est une des grandes caractéristiques des contributions ici réunies.
L’ouvrage rend aussi compte des évolutions de la problématique des enquêtes Famille qui ont lieu à l’occasion de chaque recensement depuis 1954. Jusqu’en 1999, l’enquête Famille était réservée aux femmes. Elle porta d’abord sur les femmes mariées ayant achevé leur vie féconde (entre 45 et 54 ans) avant d’élargir, en 1975, son champ aux femmes mariées de moins de 65 ans, puis, en 1982, aux femmes non mariées. Ce processus d’élargissement du champ comme de la problématique s’est poursuivi en 1999 avec l’extension de l’enquête aux hommes. La disparition de la limite supérieure d’âge permet par ailleurs d’étudier près d’un siècle de générations. Enfin, chaque édition de l’enquête consacre une série de questions à un thème spécifique, comme l’activité féminine en 1982 ou la garde des jeunes enfants en 1990 ; l’édition de 1999 porte quant à elle sur la transmission familiale des langues. Plusieurs contributions tirent parti de ces nouveautés, en fournissant des données inédites sur la fécondité des hommes (partie II), sur la population des grands-parents (partie V) ou encore sur la dynamique de la transmission des langues, régionales comme étrangères, en France (partie VIII). La taille très importante de l’échantillon a permis en outre d’effectuer des études originales sur des populations réduites ou des événements relativement rares, comme la naissance de jumeaux, la mortalité infantile, le veuvage ou encore l’adoption.
Le plan de l’ouvrage a été construit à partir des propositions spontanées de près d’une quarantaine de chercheurs, dont les contributions ont été regroupées en neuf parties. Après une première partie consacrée à l’historique des enquêtes Famille et à la présentation de sa version de 1999, la partie II propose en cinq articles diverses « variations » sur la fécondité, thème premier de l’enquête Famille. Sont ainsi traités dans cette partie une étude comparée de la fécondité des hommes et des femmes et de la beau-parentalité, l’impact d’une mesure de politique familiale (l’APE) sur l’activité des femmes, les accouchements gémellaires, la mesure de la fécondité des immigrantes et le phénomène des grossesses précoces à la Réunion. La partie III est consacrée aux calendriers de mise en couple et de constitution de la famille, à travers trois contributions consacrées successivement aux processus d’entrée dans l’âge adulte et aux calendriers de constitution des familles; à l’évolution de l’âge à la première union; et enfin aux comportements de remise en couple après une rupture. Dans la continuité de cette étude sur les vies de couple, la partie IV traite des « configurations parentales dans leur diversité » et des principales évolutions visibles de la famille, en se plaçant tout d’abord du côté des enfants et de l’influence des ruptures parentales sur l’âge auquel ils quittent leur foyer. Ces ruptures conjugales conduisent souvent à la formation de familles dites « monoparentales » et de familles recomposées, qui font l’objet de deux articles. Partiellement lié aux recompositions familiales, le thème de la « parenté tardive » est aussi étudié; vient enfin celui de l’adoption. La limite supérieure d’âge pour répondre à l’enquête ayant été supprimée, plusieurs études ont pu être consacrées à la situation familiale des personnes les plus âgées de l’échantillon. La partie V traite donc de l’histoire familiale des plus de 50 ans et en particulier de l’entrée en « grand-parentalité ». Les trois contributions de la partie VI portent sur le décès de proches, avec une étude sur la mesure de l’orphelinage, une analyse du veuvage précoce et enfin une recherche sur les différences sociales de mortalité infantile. La version 1999 de l’enquête Famille a suscité de nombreux travaux sur l’immigration, en raison de l’introduction de l’information sur la date d’arrivée en France dans le questionnaire du recensement et de celle du lieu de naissance des parents de la personne interrogée dans le questionnaire de l’enquête Famille. La taille de l’échantillon permet de plus des études détaillées par pays d’origine. La partie VII consacrée aux histoires familiales des populations immigrées et immigrantes rassemble ainsi cinq contributions. Elles donnent de nombreux éléments de cadrage inédits, notamment sur l’accès au marché du travail des enfants d’immigrés, tout en soulevant des questions méthodologiques importantes comme celles de la définition de la « deuxième génération », de la prise en compte ou non des langues déclarées pour la détermination d’une origine nationale en l’absence d’autres informations, ou enfin de l’identification des couples mixtes. Le module de questions sur la transmission familiale des langues ne pouvait manquer de figurer dans cet ouvrage, car il s’agit d’une innovation majeure de l’enquête de 1999. La partie VIII comprend des textes déjà parus et des articles inédits, et elle mêle analyses synthétiques sur les langues parlées en France et études consacrées à une langue en particulier, régionale ou étrangère. La neuvième et dernière partie rassemble trois contributions portant sur des thèmes très différents mais partageant le même souci méthodologique : étudier la qualité des données en confrontant l’enquête EHF 1999 à d’autres sources, en proposer des utilisations originales et en tirer des enseignements pour les collectes futures.
L’ambition de cet ouvrage - décrire les évolutions de la famille sous ses diverses facettes et susciter le dialogue entre plusieurs disciplines à partir d’une source principale de données - était large. Pari tenu : Histoires de familles, histoires familiales devrait rapidement constituer un outil précieux pour toute personne, chercheur, étudiant ou grand public, s’intéressant aux évolutions de la famille en France.
Cécile Lefèvre
 
NOTES
 
[1]Henri Leridon et Catherine Villeneuve-Gokalp, 1994, Constance et inconstances de la famille. Biographies familiales des couples et des enfants, Paris, Ined (Cahier n° 134).
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Henri Leridon et Catherine Villeneuve-Gokalp, 1994, Constan...
[suite] Suite de la note...