Population
I.N.E.D

I.S.B.N.sans
200 pages

p. 401 à 439
doi: en cours

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Volume 60 2005/4

Le coût en vies humaines du génocide rwandais : le cas de la province de Gikongoro

Marijke Verpoorten
Le coût en vies humaines du génocide rwandais reste une question très controversée. L’estimation souvent avancée de 500 000 Tutsis assassinés est fondée sur le recensement de 1991. Mais deux questions non résolues mettent en doute ce chiffre. D’abord, combien y avait-il de Tutsis au Rwanda avant le génocide ? Ensuite, combien ont survécu ? En ce qui concerne la première question, certains observateurs avancent que le recensement de 1991 sous-estime la proportion des Tutsis dans la population. En comparant les chiffres du recensement avec les données démographiques de l’administration locale de la préfecture de Gikongoro, nous apportons des preuves à l’appui de cette thèse et nous examinons la manière dont la sous-estimation peut biaiser l’évaluation du nombre des victimes du génocide. Les statistiques démographiques de 117 secteurs administratifs de la préfecture de Gikongoro permettent en outre une analyse approfondie de la distribution spatiale des massacres dans cette zone. Nous avons calculé que les Tutsis de Gikongoro avaient en moyenne une chance sur quatre de survivre au génocide, la probabilité de survie des femmes n’étant que légèrement supérieure à celle des hommes (29 % contre 21 %). Les chances de survie des Tutsis tiennent plus à la localisation des grands massacres et à la manière dont la violence s’est répandue dans les divers secteurs administratifs qu’aux éventuelles interventions des autorités locales pour empêcher le génocide. The death toll of the Rwandan genocide remains highly debatable. The frequently quoted estimate of 500,000 Tutsi killed is based on the population census of 1991. However, two unanswered questions make this estimate unreliable. First, how many Tutsi lived in Rwanda prior to the genocide? Second, how many Tutsi survived? With respect to the first question, critics say that the proportion of Tutsi was under-reported in the 1991 census. By comparing the census data with population data of the local administration of Gikongoro Prefecture, we provide evidence for this allegation and study how the under-reporting may affect the estimate of the genocide death toll. We also use local population data for 117 administrative sectors within Gikongoro Prefecture to make a detailed analysis of the spatial pattern of killings in Gikongoro. We find that Tutsi in Gikongoro had, on average, a 25% chance of surviving the genocide. The survival rate for women was only slightly higher than for men : 29% versus 21%. The location of huge massacres and the way violence spread across sectors were more decisive for the Tutsi survival rate than whether or not local authorities opposed the genocide. El coste en vidas humanas del genocidio ruandés sigue siendo una cuestión muy controvertida. La estimación citada con frecuencia de 500,000 Tutsis asesinados se basa en el censo de 1991. Sin embargo, dos preguntas no resueltas ponen en duda esta cifra. En primer lugar ¿cuántos Tutsis vivían en Ruanda antes del genocidio? En segundo lugar ¿cuántos sobrevivieron? En cuanto a la primera pregunta, algunos observadores indican que el censo de 1991 subestimó la proporción de Tutsis en la población. Comparando las cifras del censo con las cifras de población de la administración local de la prefectura de Gikongoro, aportamos evidencia en apoyo de esta tesis y analizamos el posible impacto de tal subestimación en las estimaciones del número de víctimas del genocidio. Los datos demográficos de 117 sectores administrativos de la prefectura de Gikongoro permiten por otra parte un análisis más exhaustivo de la distribución espacial de las masacres en esta zona. En base a tales datos calculamos que los Tutsis de Gikongoro tenían en promedio una oportunidad sobre cuatro de sobrevivir al genocidio, siendo la probabilidad ligeramente superior para las mujeres que para los hombres (29% frente a 21%). La probabilidad de supervivencia de los Tutsis dependió en mayor medida de la localización de las grandes masacres y del modo en que la violencia se expandió entre los sectores administrativos que de las eventuales intervenciones de las autoridades locales para impedir el genocidio.
• Preuves du sous-dénombrement des Tutsis dans le recensement de 1991
— Le recensement de 1991
— Les statistiques démographiques de l’administration locale
— Les statistiques démographiques de l’administration locale dans la préfecture de Gikongoro
— Indices du sous-dénombrement des Tutsis au recensement de 1991
— Implications pour l’estimation des pertes dues au génocide
• Les massacres dans la préfecture de Gikongoro
— Relation entre la proportion de Tutsis et la diminution de la population
— Relation entre la proportion de Tutsis et le rapport de masculinité
• Conclusion
• RÉFÉRENCES


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