Différences socioculturelles de mortalité en Lituanie : résultats d’un couplage des données de l’état civil et du recensement de 2001
Domantas Jasilionis
Vladimir M. Shkolnikov
Evgueni M. Andreev
Dmitri A. Jdanov
Dalia Ambrozaitiene
Vlada Stankuniene
France Meslé
Jacques Vallin
Jusqu’à présent, dans les pays d’Europe centrale et orientale autrefois sous régime communiste, la mesure des différences sociales de mortalité s’est toujours heurtée à l’impossibilité de coupler des données de recensement à des données d’état civil pour éviter le biais classique causé par l’incohérence entre le statut individuel observé au recensement et celui déclaré au moment du décès à l’état civil. L’étude dont les résultats sont présentés ici est l’une des toutes premières jamais réalisées dans un pays issu du bloc soviétique sur la base d’un couplage des données individuelles d’état civil avec celles d’un recensement, en l’occurrence les décès de 2001-2004 avec le recensement de 2001. L’étude porte sur les différences de mortalité par cause parmi les personnes âgées de plus de 30 ans selon le niveau d’instruction, l’état matrimonial, le groupe ethnique et le milieu de résidence. De fait, les résultats obtenus sont différents de ceux qu’aurait donnés l’approche agrégée traditionnelle, mais confirment l’existence de très fortes inégalités. Les maladies infectieuses et les conséquences de l’alcoolisme s’avèrent particulièrement discriminantes.
When measuring social differences in mortality in the former socialist countries of central and eastern Europe, it has been impossible, until now, to link census data and vital records to avoid the classic problem of bias caused by inconsistency between the individual status recorded in the census and that reported at the time of death. The results presented here come from one of the first studies ever conducted in a former Soviet-bloc country based on linkage of individual vital records with census data, in this case deaths in 2001-2004 and the 2001 census. The study considers cause-specific mortality differentials among persons over age 30 by educational level, marital status, ethnic group and place of residence. The results differ from those that would have been obtained with the traditional aggregative approach but confirm the existence of sharp inequalities, notably for infectious diseases and the effects of alcoholism.
DHasta la fecha, en los países de Europa central y oriental antes bajo régimen comunista, la medida de las diferencias sociales de mortalidad ha tropezado siempre con la imposibilidad de aparear los datos de censo y los datos de estado civil para evitar el sesgo clásico causado por la incoherencia entre el estatuto individual observado en el censo y el declarado en el momento de la muerte en el estado civil. El estudio cuyos resultados se presentan aquí es uno de los primerísimos realizados en un país procedente del bloque soviético que aparea los datos individuales de estado civil con los de un censo, en este caso las muertes 2001-2004 con el censo de 2001. El estudio analiza las diferencias de mortalidad por causa entre las personas de más de 30 años según el nivel de instrucción, la situación matrimonial, el grupo étnico y el medio de residencia. De hecho, los resultados obtenidos son diferentes de aquellos que hubiera dado el enfoque agregado tradicional, pero confirman la existencia de desigualdades muy grandes. Las enfermedades infecciosas y las consecuencias del alcoholismo resultan particularmente discriminantes.
• Données : l’avantage du couplage
— Données et méthode
— L’avantage du couplage
• Différence d’espérance de vie selon quelques caractéristiques socioculturelles
• Poids de la mortalité par cause et par âge dans les différences d’espérance de vie
— Niveau d’instruction
— État matrimonial
— Groupe ethnique
— Milieu de résidence
• Catégories les plus exposées au risque
— Du côté des hommes
— Du côté des femmes
• Conclusion
• Références