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Revue Projet

2011/1 (n° 320)

  • Pages : 118
  • DOI : 10.3917/pro.320.0111
  • Éditeur : C.E.R.A.S

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Cette nouvelle édition d’un ouvrage récent ajoute à l’analyse antérieure quelques propositions à la fois nuancées et ciblées. L’analyse est celle des relations financières fauteurs de crises qui ont permis, sous la pression de l’urgence, de socialiser les pertes sous le regard cynique des « élites » financières. Le grand mérite de ce petit ouvrage est de pointer les mécanismes qui détournent au profit des managers la logique actionnariale, ce qui conduit à gruger l’épargnant. En guise de contre-pouvoir, l’auteur compte beaucoup sur la responsabilité des fonds de pension qui sont les principaux actionnaires; c’est oublier que les gestionnaires de ces fonds partagent la même logique et vivent du même réseau que les prédateurs dirigeants des grandes entreprises financières. Heureusement, l’auteur propose d’autres régulations à mettre en place : indexation du prix d’exercice des stock-options sur les cours boursiers du secteur de l’entreprise, instauration d’une chambre de compensation pour augmenter la transparence et diminuer les risques systémiques liés aux opérations de gré à gré, limitation de la taille relative des institutions financières de manière à éviter l’attitude irresponsable fondée sur l’idée qu’elles seront toujours soutenues par la puissance publique car « trop grosses pour faire faillite ». L’auteur ne va cependant pas jusqu’à proposer une segmentation par métiers de la sphère financière. Tout cela, comme la réforme engagée en juillet 2010 par le président Obama, relève du bon sens : les gens indispensables sont trop dangereux pour la collectivité. Contre un tel danger, les Grecs de l’Antiquité pratiquaient l’ostracisme. Reste que la puissance financière, qui nourrit des rémunérations injustifiables et délétères pour la société, provient d’abord du besoin des collectivités publiques qui trouvent dans la finance mondialisée de quoi pallier leur incapacité à gérer avec rigueur leur budget.

Résumé

Français

Michel Aglietta, La crise. Les voies de sortie, Michalon, 2010, 122 p., 14 €

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