Psychanalyse
érès

I.S.B.N.2749206251
132 pages

p. 113 à 126
doi: en cours

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L'inédit

no 7 2006/3

Lettre au colonel à qui personne n’écrit

Entre le journal et les comptes de l’Autre

Mario Bernardo Figueroa Muñoz
[Extrait de l'article — Les articles sont publiés uniquement en français ; les traductions de l'extrait ont été réalisées par le collectif de la revue]
« Bogota, le 5 novembre 1999
Cher colonel :
M’adresser à vous est sûrement une audace de ma part. Je me suis arrogé ce droit parce que j’ai fini par admettre, qu’au bout de ce temps long, si long que ce “... pas de lettre” est presque devenu votre nom. Mais, ne trouvant pas d’autre façon de donner libre cours aux inquiétudes qui m’envahissent au sujet des difficultés que traverse notre société colombienne et ma tentative de découvrir quelques lumières dans la littérature, dans les lettres colombiennes je me vois contraint de vous écrire cette lettre.
Là, mon colonel, votre histoire occupe une place importante, étrange de surcroît, car la façon dont vous y avez pris place fut celle d’une absence... celle de l’écrit qui manque, qui n’arrive pas, celle de l’attente infinie qui empêcha, l’un de ces innombrables vendredis, l’arrivée dans votre village de la correspondance si désirée. »
« Letter to the Colonel whom No One Writes to. Between the Other’s Journal and its Accounts ».
« Bogota, 5 November 1999
Dear Colonel:
Addressing you may be audacious on my part. I have claimed the right to do so because I have ended up admitting that, after a very long time, “...no letter” has almost become your name. But, finding no other way to express the sense of worry that I feel about the difficulties of our Colombian society and my attempt to throw some light on it through literature, through Colombian literature, I feel constrained to write you this letter.
Colonel, your story occupies an important place in this literature, which is strange, moreover, for you have taken the place of an absence... that of a piece of writing that is missing, that does not arrive, that of the infinite expectation that prevented, one of these innumerable Fridays, the arrival at our village of the letters that were so desired. »
« Carta al Coronel que no tiene quien le escriba. Entre el diario y las “cuentas” del Otro »
« Bogota 5 de noviembre de 1999
Querido Coronel :
Dirigirme a usted es seguramente una audacia por mi parte. Me he arrogado este derecho porque he acabado por admitir, que al cabo de este largo tiempo, tan largo que este “…sin carta” se ha convertido casi en su nombre. Pero no encontrando otra manera de dar libre curso a las inquietudes que me invaden con respecto a las dificultades que atraviesa nuestra sociedad colombiana y mi tentativa de descubrir algunas luces en la literatura, en las cartas colombianas, me siento obligado de escribiros esta carta. »


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