Psychanalyse
érès

I.S.B.N.2749206251
132 pages

p. 66 à 66
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Théorie

no 7 2006/3

2006 Psychanalyse Théorie

« Lettre à Geneviève Morel »

Jean Bollack
« Lettre à Geneviève Morel » parJean Bollack
« La non-reconnaissance par Penthée est essentielle à la pièce. Ce n’est pas une faute qui explique un “châtiment”. Il meurt pour la gloire de Dionysos.
Le double : dramatiquement, le dieu se travestit pour pénétrer en homme dans le domaine humain. Il n’est pas un double divin. Il se dédouble dramatiquement, comme le lui permettent ses ressources illimitées. »
« Letter from Jean Bollack to Geneviève Morel »
« Pentheus’ failure of recognition is essential to the play. It is not a fault that explains his “punishment.” He dies for the glory of Dionysus.
The double: dramatically, the god disguises himself in order to penetrate, as a man, into the human domain. He is not a divine double. He doubles himself dramatically, as his unlimited resources allow him to do. »
« Carta a Geneviève Morel » de Jean Bollack
« El no-reconocimiento por Penthée es esencial en la obra. No es una falta la que explica "el castigo". Muere por la gloria de Dionisos.
El doble: dramáticamente, el dios se traviste para penetrar en tanto como hombre en el dominio de lo humano. No es un doble divino. Se desdobla dramáticamente, tal y como se lo permiten sus recursos ilimitado. »
La non-reconnaissance par Penthée est essentielle à la pièce. Ce n’est pas une faute qui explique un « châtiment ». Il meurt pour la gloire de Dionysos.
Le double : dramatiquement, le dieu se travestit pour pénétrer en homme dans le domaine humain. Il n’est pas un double divin. Il se dédouble dramatiquement, comme le lui permettent ses ressources illimitées.
Pour les dévotes. Je situe le culte dans la mesure, et celle-ci doit être trouvée dans l’expérience de la démesure délirante. Une mesure clairement (consciemment) religieuse pour elles – sociale et culturelle (ou « intellectuelle »).
P. 54 en haut ; distinguer entre le dieu et le chef du « thiase » (la troupe), qui, au cours de la fête, est sans doute pour elles le substitut du dieu. Dans la pièce, le dieu joue son propre personnage, il est, sauf exceptions, son propre substitut. Les Lydiennes s’unissent au dieu dans l’épiphanie. Ensuite le « bacchant », c’est-à-dire la figure qu’il prend pour elles, sort et les réveille. Il parle de l’action du « Bachique » dans le palais – hallucinatoire.
Le chef de bande est-il le « Führer » ? Sûrement les Lydiennes demandent à être protégées. Question qui concerne la pratique collective.
V. 386-392 : Elles s’en tiennent formellement à la sagesse traditionnelle. Pas le rien de trop – mais la vie de tranquillité, « une sagesse » Elles récusent la licence des libertins comme une manifestation de soi, de l’individu. C’est un retrait. Le « juste milieu » est dans l’extase, et dans l’abandon, seulement il est modéré. C’est un transfert.
Début, p. 55-56 : Thébaines. Le dieu les a rendues folles et féroces. Le bachisme délire. Les plaisirs goûtés dans la nature, ce sont des signes de puissance du dieu, et aussi du délire. Dans le récit du premier messager, il n’y a pas de progression du plaisir à la violence. Le degré est programmé. Le récit est une prophétie. Il dit déjà tout sur l’action qui se prépare. La mort répandue dans les villages, les bébés arrachés et mangés annoncent déjà le démembrement final.
Question. Y a-t-il une déraison initiale et innée d’Agavé ? Je comprends votre question au sujet de la nature héritée chez Agavé – de sa prédisposition génétique. L’intervention des dieux, poussant les femmes dans le délire, me paraît pourtant primordiale. Euripide ne donne-t-il pas à son Dionysos ce pouvoir-là ? On peut alors répondre qu’il sait ce qu’on peut faire avec ces natures de femmes. Il ne chasse pas d’hommes dans les bois.
Les Lydiennes évitent le déchaînement. L’absence de limites est la donnée première du dionysisme, et la force de résister, liée à l’adhésion subjective, en est le complément rituel.
Penthée, p. 58 : La relation entre Dionysos et lui – entre la résistance opposée au dieu et la reconnaissance qu’il impose doit être principalement liée à la nécessité d’une négation. Dans la dualité qui caractérise le dieu, il y aurait aussi que le domaine de l’excès, son pouvoir qui ne devrait pas exister. Sa naissance était combattue par Héra, déesse du mariage et de la famille. Où se situe l’obsession phallique de Penthée ? N’est-ce pas une stratégie de défense, localisant l’ennemi sur ce terrain ?
P. 59, v. 845-846 : armes – travestissement, n’est-ce pas deux fois la mort ? On se le demande. C’est un faux dilemme que Penthée formule (qui reprend le prologue). D’un côté, il sera battu, de l’autre, il se renie et sera battu aussi.
La première folie serait produite par la négation de Dionysos, l’excès de virilité, c’est sa défense. Et ensuite le dieu le fait entrer dans la vérité du dionysisme, la non-distinction ou confusion des sexes.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis