Psychanalyse
érès

I.S.B.N.2749207636
132 pages

p. 101 à 110
doi: en cours

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n° 9 2007/2

L’œuf, le bœuf, la meuf

Rémi Checchetto
[Extrait de l'article — Les articles sont publiés uniquement en français ; les traductions de l'extrait ont été réalisées par le collectif de la revue]
« Ça commence comme ça : t’as mal. T’es mal. T’es une momie dès le matin, une pile électrique le soir, faisant le négatif de tes gestes, passant par le zéro, côtoyant la boîte à pharmacie, t’as de brusques reflux du temps et tu prends du Maalox affirmant que ce sont des reflux gastriques, tu dérapes dans des temps morts sur les bas-côtés de ton histoire et changes les pneus de ta voiture, tu respires mal et clames qu’ils ne font rien et que dalle à Kyoto, tu dis avoir mal aux oreilles alors que tu endures de n’être pas assez sourd, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe… »
« L’œuf, le bœuf, la meuf », texte poétique autour de ce qui pousse et aboutit à écrire (“tu as la perfection de l’œuf, tu es un écrivain”), croise la psychanalyse, notamment au point où il énonce : “Ceux qui sont sur le mou divan ne s’ignorent plus et c’en est fini de leur écriture”, ce qui nous interpelle sur le traitement du désir.
« It begins like this: you feel bad. You are bad. You are a mummy starting in the morning, a battery in the evening, turning all your deeds into nothing, going by zero, hanging around the medicine chest, you have jerky comings and ebbs and flows of time, and you take Maalox, while saying that it’s the acid reflux, you get out of hand in the time outs about the low points of your life and change the tires on your car, you have trouble breathing and proclaim that they aren’t doing anything and fuck-all at Kyoto, you say that your ears ache while you stand not being deaf enough, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow, ow. . . » « Empieza así: te duele. Estás mal. Eres una momia ya de buena mañana, una pila eléctrica por la noche, haciendo gestos negativos, pasando por el cero, estando cerca del armario de la farmacia, tienes reflujos bruscos del tiempo y tomas maalox diciendo que son los reflujos gástricos, patinas en los tiempos muertos en las cunetas de tu historia y cambias la rueda de tu coche, respiras mal, y exclamas que no hacen nada y que más da Kyoto, dices que te duelen las orejas sin embargo, sufres de no ser bastante sordo, ay, ay, ay, ay, ay, ay, ay, ay, ay, ay, ay, ay. »


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