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Psychanalyse

2010/3 (n° 19)

  • Pages : 128
  • ISBN : 9782749212692
  • DOI : 10.3917/psy.019.0033
  • Éditeur : ERES

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Je ne suis pas un spécialiste de la topologie car la topologie et la psychanalyse, c’est la même chose.

J.-M. Vappereau.
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Le point de départ de cette réflexion est une remarque faite par Pierre Bruno dans son texte « Lapsus du nœud [1][1] P. Bruno, « Lapsus du nœud », Psychanalyse, Toulouse,... ». Il y fait référence au lem (lunar exploration model), le module employé lors du premier voyage de l’homme sur la Lune. Il le fait à propos du sinthome et plus particulièrement de la dimension du sujet en tant qu’il rejoint la structure de l.o.m. Cette question reste encore obscure pour moi, mais, d’une certaine manière, elle m’a mis au travail.

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Cela fait tout juste quarante ans que l’homme a mis le pied sur la Lune. De la retransmission de cet événement à la télévision, mise à part la fameuse phrase d’Armstrong (le commandant du vol) : « Un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité », je garde frais le souvenir de son pied en train de glisser sur la dernière marche de l’échelle. Je dis bien échelle et non pas escabeau, car il manquait la troisième dimension pour qu’elle pût aspirer à cette appellation. Pour un projet de cette envergure, ce glissement est sans doute un petit lapsus.

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Le point de départ consiste dans l’exploration du lien entre l’astronomie et la topologie telle qu’elle était employée par Lacan, avec l’idée que la physique, et plus particulièrement la physique quantique, fait face à la question du réel avec des questionnements qui ne sont pas éloignés de ceux de la psychanalyse.

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En lisant le séminaire de Lacan sur Joyce, l’image des trous noirs m’est venue. Le sinthome comporte à la fois une densité considérable et une opacité redoutable. C’est, tout comme le trou noir, un concentré de réel. Mais ce concentré de masse, dans le cas du trou noir, a aussi des effets non négligeables sur l’espace-temps qui l’entoure. D’où l’idée d’aller voir l’usage qui, de la topologie, est fait par l’astrophysique sur cette question particulière des trous de l’espace.

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Qu’est-ce qu’un trou noir ? Il s’agit de l’ensemble de phénomènes produits par la présence d’un corps dont la masse est énorme (jusqu’à 2,7 millions de fois la masse du Soleil) concentré dans un espace réduit. Pour donner une idée, un de ces corps qui aurait la masse de la Terre ne ferait pas plus de 2 centimètres de diamètre. Tout ce que l’on sait sur ces corps est le résultat de calculs à partir de la théorie générale de la relativité et de la physique quantique. La masse en question n’est pas visible, comme un bout de réel qu’on peut seulement approcher à l’aide des effets qu’il produit.

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C’est ainsi que l’astrophysique parle de l’« horizon des événements [2][2] J.-P. Luminet, Les trous noirs, Paris, Seuil, 2002,... ». L’horizon des événements est la limite de ce qui, d’un trou noir, reste visible et mesurable. Autrement dit, cet horizon des événements est comparable au symbolique qui grignote des petits bouts de ce réel qui ne cesse de lui échapper. D’ailleurs, nous pouvons penser que cet horizon se déplace dans la mesure où l’observateur s’en approche. Cela est valable aussi bien pour l’approchement physique que pour l’appréhension théorique.

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Il existe deux grands groupes de trous noirs. Le premier est constitué des trous nommés stellaires, qui ne sont rien d’autre que des étoiles éteintes, plutôt de petite taille. L’univers en compte des centaines de milliers. Nous avons aussi les trous noirs supermassifs ou galactiques [3][3] Ibid., p. 195.. Ils sont peu nombreux, infiniment plus grands. Leur qualificatif de galactique est dû au fait qu’ils occupent le centre d’une galaxie. Leur origine est mal connue. Il s’agit probablement de vestiges du Big-Bang (c’est l’hypothèse de Hawking). Aussi bien les uns que les autres ont des effets sur l’espace qui les entoure. Nous sommes tentés ici de faire une analogie entre symptôme et sinthome (nous reviendrons sur ce point).

Les trous noirs n’ont pas de poils

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Les trous noirs, en tout cas dans notre univers, dépendent de trois paramètres : la masse, la charge électrique et le moment cinétique. Ces trois paramètres sont indépendants de la matière qui précédait la formation du trou noir (c’est important, car il y a aussi des trous noirs formés d’antimatière). Cela est connu comme le théorème de la Calvitie dans le sens où la sphère du trou noir est dépourvu de poils, rien ne dépasse de sa surface.

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Les deux premiers paramètres (la masse et la charge électrique) sont des propriétés décrites par la physique classique. Les effets du moment cinétique entrent dans le domaine de la relativité générale [4][4] Ibid., p. 73.. Celle-ci suppose que les effets sur l’espace environnant ne concernent pas seulement l’espace, mais l’espace-temps. Il s’agit en quelque sorte d’un nouage à trois où les rapports entre l’espace et le temps sont essentiels.

La singularité gravitationnelle

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Au centre du trou noir se situe une région dans laquelle le champ gravitationnel et les distorsions de l’espace, la courbure de l’espace, deviennent infinis. C’est cela qu’on appelle la singularité gravitationnelle [5][5] Ibid., p. 240.. Sa condition infinie suppose qu’elle échappe aux limites théoriques de la relativité générale. Celle-ci n’est pas en mesure d’incorporer des effets gravitationnels d’origine quantique.

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Cet obstacle a donné lieu aux théorèmes sur les singularités (Hawking et Penrose) qui cherchent à rendre compte des spécificités de chaque trou noir et, en particulier, des singularités en rapport avec l’espace-temps. Je propose de considérer cet aspect de la physique quantique comme un quatrième nœud, celui qui assure la consistance des trois cités précédemment. La singularité gravitationnelle serait à l’astrophysique ce que serait le symptôme à la psychanalyse.

La question du temps

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La masse concentrée des trous noirs fait que, au fur et à mesure qu’on s’en approche, on expérimente une accélération croissante. Celle-ci se traduit par une mise en orbite du corps concerné. Cependant, si la proximité est trop importante, il se peut alors que le corps en question tombe dans le trou. Si cela se produit, l’accélération porte l’objet à une vitesse proche de celle de la lumière, avec ce que cela comporte par rapport au temps. En effet, à la vitesse de la lumière, selon la théorie de la relativité, le temps est comme suspendu.

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Au même moment, un corps qui serait resté en orbite maintiendrait une vitesse qui suppose un rapport différent au temps. Ainsi, le vécu des habitants d’un vaisseau qui voyage quelques minutes à une vitesse proche de celle de la lumière est équivalent à celui de plusieurs années d’un vaisseau qui reste en orbite à une vitesse de croisière. Si le premier réussit à revenir, son équipage trouvera, dans le meilleur des cas, ses collègues vieillis. Cette situation, théoriquement plausible, vient apporter de l’eau au moulin de la science-fiction et notamment du chapitre des voyages dans le temps. À sa façon, Joyce est sensible aussi à l’élasticité du temps. Je vais donner quelques exemples.

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Dans son intervention dans le séminaire de Lacan sur Joyce, Jacques Aubert relève l’épisode du Portrait de l’artiste en jeune homme dans lequel Bloom a un échange avec celui qui est censé être son père, Rudolph, mort depuis dix-huit ans. Ce bref échange constitue la matrice de ce que Joyce, dans la bouche de Bloom, appelle « les arrangements rétrospectifs [6][6] J. Aubert, exposé au séminaire de Jacques Lacan Le... ». Le Portrait dans son ensemble est une série d’« arrangements rétrospectifs ». Le voyage de l’artiste cherche à repérer ce qui du jeune le présentifie. Nous sommes davantage dans l’autoportrait que dans l’autobiographie [7][7] J.-P. Rathier, « C’est pas moi qui l’ai fait ! L’autoportrait.... La Théorie générale de la relativité d’Einstein, qui donne un soutien théorique à ces formes de rapport au temps, a été publiée en 1915, à peine un an avant le Portrait de l’artiste en jeune homme. J’ignore si Joyce, homme cultivé, était au courant des thèses d’Einstein, mais, même si c’était le cas, je ne pense pas que cela pourrait expliquer le traitement du temps qui est le sien.

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D’ailleurs, nous retrouvons des épisodes de ce type tout au long de l’œuvre de Joyce. Ulysse a la structure de l’Odyssée. Les chapitres d’Ulysse ainsi que plusieurs références à l’œuvre d’Homère en témoignent. Le premier se déroule en moins de vingt-quatre heures alors que l’Odyssée s’étend sur vingt ans, un rapport au temps qui est comparable à celui de nos deux vaisseaux voyageant à des vitesses fort différentes auxquels nous avons fait allusion plus haut.

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Dans cet ordre d’idées, nous pouvons reprendre la question soulevée par Pierre Bruno dans « Lapsus du nœud » : « Qui donc est-il, le père d’un fils, pour qu’un fils l’aime ou qu’il aime un fils ? » Cette question ne peut que conduire dans le cas de Joyce à l’ambition signalée par Lacan d’« être le père du père » ou encore de nommer le père. Toujours dans « Lapsus du nœud », Pierre Bruno parle d’« une détermination qui, partant du présent, rétroagit sur le passé [8][8] P. Bruno, « Lapsus du nœud », op. cit., p. 24. ». C’est, me semble-t-il, une des formes, certes particulièrement complexe, que peut prendre un « arrangement rétrospectif », pour employer le terme de Joyce.

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À ce stade, il est possible d’affirmer qu’une cure analytique n’est pas possible sans « arrangement rétrospectif ». Mieux encore, elle peut être conçue comme une série d’arrangements rétrospectifs. Dont certains, c’est le cas de Joyce, peuvent être élevés à la catégorie de sinthome.

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Lacan lui-même s’inscrit dans cette tradition des « arrangements rétrospectifs ». Je le cite : « Tout le monde dit, ou plutôt Freud dit que si j’y arrive, c’est parce qu’ils m’aiment, grâce à ce que j’ai essayé d’épingler du transfert, c’est-à-dire qu’ils me supposent un savoir [9][9] J. Lacan, Le sinthome, op. cit., p. 79.. » Cette allusion va au-delà d’un simple clin d’œil à Joyce. Elle permet de jeter un regard différent sur le retour à Freud sous la forme, disons-le, d’un « portrait du psychanalyste en jeune homme ».

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Le temps circulaire de Finnegans Wake est suggéré par la continuité possible entre le dernier mot et la première phrase. La circularité introduit la question de l’infini. Elle permet également de mieux saisir le lien entre le temps et l’espace. Le roman aurait pu être écrit sur une bande circulaire de façon à ce qu’il soit impossible de trouver où il commence et où il finit. C’est, d’une certaine façon, l’idée avancée par Lacan quand il met l’accent sur cette circularité pour insister sur sa consistance de nœud. Disons au passage que ce nœud, celui introduit par Lacan, passe inaperçu pour Joyce. Lacan parle ainsi des limites du symptôme. « C’est parce qu’il rencontre ses limites qu’on peut parler de nœud [10][10] Ibid., p. 169.. » Le symptôme de Lacan s’engouffre dans la faille de celui de Joyce (nous y reviendrons).

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Toujours à propos du temps, il faut évoquer la question du Joyce éternel, celui qui échappe à la mort à travers son sinthome. Écarter la nécessité de la mort : faire Joyce éternel, celui qui maintiendra occupés les critiques pendant trois cents ans. Mais la dimension éternelle, comme le dit Pierre Bruno, va sans doute bien au-delà de sa notoriété comme écrivain.

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Son sinthome fonctionne comme un accélérateur capable de le porter à une vitesse proche de celle de la lumière. Le vaisseau Joyce, lem ou l.o.m., reste comme suspendu dans le temps, ce qui le situe sur une asymptote par rapport à la mort.

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Il est fréquent de rencontrer, dans la clinique des psychoses, des délires mégalomaniaques dits d’éternité (être Dieu ou le Christ). « Dans trois mille ans je serai encore là. » Peut-être aussi fréquent que la sensation d’être un mort vivant, un cadavre. Dans ce sens, Lacan parle du rapport de Joyce à son corps. Après un passage à tabac, Joyce parle d’évacuer l’affaire « comme une pelure ». Sur cet événement, Lacan extrait deux aspects. D’abord la relation entre l’inconscient et le corps qui peut être considéré comme étranger. Il est courant, dit-il, de parler d’avoir un corps et non pas de l’être (signalons au passage que c’est la même distinction qu’il fait entre le symptôme et le sinthome). Mais, en ce qui concerne Joyce, ce rapport va plus loin, il prend la forme d’un laisser-tomber[11][11] Ibid., p. 150.. Certes, Lacan ne fait pas de lien avec la mort et la condition éternelle, mais la mort, le fait d’être déjà mort, n’est-ce pas la meilleure façon d’écarter, pour reprendre les termes de Pierre Bruno, la nécessité de la mort ? Nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas au fond de deux manifestations d’un même fait de structure. Si c’est le cas, ce sentiment d’échapper à la mort est-il toujours à situer du côté d’un effet du sinthome ?

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Un dernier point sur la question du temps. Lacan en parle, toujours dans le séminaire sur Joyce, de façon un peu énigmatique à propos du sens du nœud. Il se demande : « Quel est le rapport du sens à ce qui s’écrit ici comme orientation (nœud borroméen) ? » Et il ajoute : « On peut poser la question et on peut suggérer une réponse : c’est à savoir que c’est le temps [12][12] Ibid., p. 116.. » Il est question d’avancer dans la distinction entre le réel et le vrai, c’est-à-dire ce qui a un sens (en jouant sur l’équivoque entre le sens au niveau du langage et le sens du nœud – dextrogyre ou lévogyre –). Cette distinction, précise-t-il, est inexistante dans le réel.

Le lien social

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Le sinthome est-il un danger pour le lien social ? La question mérite d’être posée dans la mesure où il, le sinthome, se situe dans le registre de l’être. Cette condition ne le condamne-t-il pas à une certaine forme de solipsisme ? Son rapport aux discours, qui le soutiennent, ne va pas de soi. « Le symptôme de Joyce, dit Lacan, est un symptôme qui ne vous concerne en rien […] il n’y a aucune chance qu’il accroche à quelque chose de votre inconscient [13][13] Ibid., p. 165.. » Il se demande même comment on peut expliquer le fait que Joyce a été publié.

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Plus tard dans son séminaire, Lacan introduit la distinction entre les deux : le symptôme est dans le registre de l’avoir. Il se prête donc davantage au lien dans la mesure où il fait consister l’Autre. Il peut même être partagé. C’est d’ailleurs une condition nécessaire pour que la nosologie, en particulier en psychiatrie, puisse exister. Des formes de lien social autour des symptômes sont d’ailleurs de plus en plus fréquentes, les forums sur le Net rassemblant les « phobiques », les « toc » ou les « bi-polaires » pullulent. Mais tout projet de nosologie du sinthome est, par définition, voué à l’échec. Comme l’est aussi toute forme de lien basé sur une identification à celui-ci.

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Le lien social se ferait-il malgré le sinthome ? Cette question s’inscrit dans un contexte large. Dans son séminaire, Lacan fait une référence à Newton. Il est question du bout de réel, du trognon autour duquel la pensée brode. Du bout de réel de Newton, Kant a fait sa maladie [14][14] Ibid., p. 123.. Lacan, pour sa part, dit comment le réel est le sinthome qu’il a trouvé pour faire face à l’inconscient inventé par Freud. Là où pour Kant nous sommes dans le registre de la « maladie », pour Lacan il est question de réponse sinthomatique, d’invention. Il va même jusqu’à dire que toute invention est un sinthome [15][15] Ibid., p. 132.. Cela doit s’entendre, me semble-t-il, comme une façon de situer l’invention en tant qu’appartenant au registre du réel, avec ce que cela implique.

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L’opération de Joyce consiste aussi à déphalliciser la langue. Toucher aussi un bout de réel qui servira à ce que plusieurs générations d’universitaires brodent leurs pensées, selon l’expression de Lacan. Lui-même s’inscrit, comme nous l’avons vu, sur cette voie. Là où le sinthome de Joyce (ou celui de Freud d’ailleurs) rencontre ses limites, Lacan commence à broder. Broder, qui n’est autre chose que faire des nœuds.

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Nous trouvons un autre exemple dans les efforts de traduction de Joyce. La densité de son œuvre, que j’ai comparée à celle des trous noirs, produit une expérience de traduction inédite, dans la mesure où le traducteur, plus qu’avec n’importe quel autre auteur, agit en tant que sujet. Ainsi, la traduction serait, non pas le produit d’un homme, mais le résultat de l’addition des traductions possibles à travers le temps. L’existence de sites sur Internet consacrés à cela en témoigne. Nous sommes, sans aucun doute, face à une forme particulière de lien social.

Notes

[*]

Ramon Menendez <menendezr@wanadoo.fr>

[**]

Ce texte est un des produits du cartel « Clinique et topologie » formé par Claudine Casanova, Christine Ragoucy, Laure Thibaudeau et l’auteur.

[1]

P. Bruno, « Lapsus du nœud », Psychanalyse, Toulouse, Érès, n° 16, septembre 2009, p. 19-29.

[2]

J.-P. Luminet, Les trous noirs, Paris, Seuil, 2002, p. 170.

[3]

Ibid., p. 195.

[4]

Ibid., p. 73.

[5]

Ibid., p. 240.

[6]

J. Aubert, exposé au séminaire de Jacques Lacan Le sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 172.

[7]

J.-P. Rathier, « C’est pas moi qui l’ai fait ! L’autoportrait en regard de la psychanalyse », Psychanalyse, Toulouse, Érès, n° 12, mai 2008, p. 117-131.

[8]

P. Bruno, « Lapsus du nœud », op. cit., p. 24.

[9]

J. Lacan, Le sinthome, op. cit., p. 79.

[10]

Ibid., p. 169.

[11]

Ibid., p. 150.

[12]

Ibid., p. 116.

[13]

Ibid., p. 165.

[14]

Ibid., p. 123.

[15]

Ibid., p. 132.

Résumé

Français

L’astrophysique se trouve confrontée à un réel qui, sans être celui du sujet, la pousse au travail. Ainsi, l’observation des « trous noirs » et la théorisation qui en découlent, soulèvent des questions qui peuvent intéresser la psychanalyse. Dans ces écrits Joyce propose une conception du temps et de l’espace inédite dans la littérature. Elle est cependant au diapason de la physique de son époque et tout particulièrement de la théorie de la relativité d’Einstein. Cette conception du temps permet ce qu’il appelle les « arrangements rétrospectifs ». A travers cela nous chercherons un éclairage sur certains aspects de la cure.

Mots-clés (fr)

  • Joyce
  • astrophysique
  • trous noirs
  • relativité
  • temps subjectif
  • sinthome

English

The astrophisic is faced to the real, that although not being the real of the subject, it can induce to its work-in- progress. In this order the observation of the “black holes” and the theory originated from them, treat problems that can be interesting in psycoanalysis. Joyce proposes in his writings an original time and space concept. Nevertheless, this concept totally agrees with his contemporary physics, specially with the Einstein relativity theory. His concept about time makes what he calls “retrospective arrangements” possible. Through these ” retrospective arrangements” we will try to clarify some aspects of the analythic threatment.

Mots-clés (en)

  • Joyce
  • astrophisics
  • black holes
  • relativity
  • subjectif time
  • sinthome

Español

La astrofsica se ve confrontada a un real que, sin ser el real del sujeto, tambien sirve de motor para su trabajo. Es asi como la observacion de los « agujeros negros » y la teoria que de ellos surge, trata problemas que pueden intéresar al psicoanalisis.. En sus escritos Joyce propone una concepcion del tiempo y del espacio inédita en la literatura. Sinembargo, esta concepcion es acorde con la fisica de su tiempo, especialmente la teoria de la relatividad de Einstein. La concepcion de Joyce sobre el tiempo permite lo que el llama los « arreglos retrospectivos ». A traves de ellos buscaremos aclarar cieros puntos de la cura analitica.

Mots-clés (es)

  • Joyce
  • astrofisica
  • agujeros negros
  • relatividad
  • tiempo subjetivo
  • sinthoma

Plan de l'article

  1. Les trous noirs n’ont pas de poils
  2. La singularité gravitationnelle
  3. La question du temps
  4. Le lien social

Pour citer cet article

Menendez Ramon, « Joyce ou l'espace-temps du sinthome. », Psychanalyse 3/2010 (n° 19) , p. 33-39
URL : www.cairn.info/revue-psychanalyse-2010-3-page-33.htm.
DOI : 10.3917/psy.019.0033.


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