Psychothérapies
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
64 pages

p. 63 à 64
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Volume 23 2003/1

 
Pierre FEDIDA (1938-2002)
 
 
Pierre Fedida, à qui la Rédaction de Psychothérapies avait demandé un article sur Binswanger qui aurait dû paraître dans le présent numéro, est décédé à Paris le 1er novembre 2002, à l’âge de 68 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral. La Rédaction tient à lui rendre hommage ici.
Commençant sa formation en philosophie à Lyon, sa ville natale, Pierre Fedida soutient un doctorat de lettres et de sciences humaines et s’oriente ensuite vers la psychopathologie. Entre 1958 et 1966, il reçoit une solide formation clinique et théorique dans ce domaine en travaillant aux côtés de Ludwig Binswanger, dans sa clinique de Bellevue à Kreuzlingen (Suisse). Il est appelé par la suite à collaborer à l’enseignement de la psychopathologie à l’Université de Paris-VII, où il sera nommé professeur en 1979. Parallèlement il suit une cure didactique avec Georges Favez et adhère à l’Association Psychanalytique de France.
Soucieux de ne pas laisser la psychanalyse s’enseigner uniquement dans les sociétés de psychanalyse et de la confronter aux autres savoirs, il entame un dialogue avec les analystes d’autres obédiences, notamment lacanienne, d’une part, et avec les autres universitaires d’autre part. En 1979, il crée le laboratoire de psychopathologie à Paris-VII. Ayant la charge de former les futurs psychologues cliniciens, mais surtout les chercheurs et le enseignants, cette structure lui permet de rencontrer et d’affronter les représentants des neurosciences, du cognitivisme et du comportementalisme souhaitant transformer la psychologie en une science dure. En 1993, il crée le Centre d’études du vivant où, en collaboration avec le Forum Diderot, il organise des débats sur des thèmes communs à la biologie, la médecine, la psychiatrie, la psychopharmacologie, la philosophie et la psychanalyse. De nombreux ouvrages collectifs rendent compte de ces colloques : L’embryon humain est-il humain ? (PUF, 1996), La fin de la vie, qui en décide ? (PUF, 1997), Demain les psychotropes (PUF, 1998), Par où commence le corps humain ? (PUF, 2000). Il fonde à Marseille en 1999, avec Roland Gori, le Séminaire inter-universitaire de psychopathologie et de psychanalyse.
Il publie par ailleurs un certain nombre d’ouvrages sur la clinique psychanalytique : Crise et contre-transfert (PUF, 1992), Le site de l’étranger (PUF, 1999), Les bienfaits de la dépression, éloge de la psychothérapie (Odile Jacob, 2001), ainsi qu’en psychopathologie, avec Daniel Widlöcher. Pierre Fedida a été et demeurera une grande figure de l’université et de la psychanalyse.
Michelle Lalive d’Epinay
 
Boris LUBAN-PLOZZA (1923-2002)
 
 
Le Professeur Boris Luban-Plozza est décédé à Ascona le 23 décembre 2002.
Descendant d’une famille d’origine russe, il a été élevé dans une petite vallée italophone du Tessin (Suisse). De foi orthodoxe russe, il s’est converti au catholicisme, auquel il est resté fidèle.
Sa personnalité complexe intégrait des côtés traditionnels, voire traditionnalistes (dans sa vie familiale exemplaire, dans son professorat en Allemagne…), et d’autres plus non-conformistes, avec des éléments novateurs puissants, parfois même quasi révolutionnaires, notamment dans le domaine de la psychologie médicale, en premier lieu sous l’influence personnelle de Michael Balint. Ses talents d’organisateur, qui n’allaient pas sans une certaine passion, ont beaucoup profité à l’enseignement de la médecine psychosociale et de la psychologie médicale aux étudiants et aux médecins praticiens dans les pays germanophones, avec un rayonnement d’une forte puissance mobilisatrice. Un de ses regrets fut que l’influence de son mouvement ait peu touché la Suisse romande, beaucoup plus orientée vers les mouvements analogues en France sous l’égide de Michel Sapir.
La montagne de Monte Verità, à Ascona (Tessin, Suisse) a accueilli maints mouvements contestataires depuis le début du XXe siècle : anarchiste, jungien (Eranos), et des personnalités comme Hermann Hesse, Eric Maria Remarque, John C. Eccles, etc., ont passé une partie de leur vie dans cette région. C’est là aussi que se déroulent les Rencontres Internationales Balint, crées et organisées jusque récemment par Boris Luban-Plozza, surtout à l’intention des étudiants suisses-alémaniques, allemands et autrichiens.
Tous ceux qui ont participé à ces réunions d’étudiants en majorité germanophones gardent des Journées d’Ascona le souvenir lumineux de rencontres fructueuses et enthousiastes.
A.H.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis