2003
Psychothérapies
Psychothérapie individuelle d’orientation systémique
Elvira Pancheri
[1]
Adresse de l’auteur :Mme Elvira Pancheri12, avenue Ste-LuceCH-1003 Lausanne
A l’aide de deux exemples cliniques, cet article présente la psychothérapie individuelle d’orientation systémique, qui se situe à la croisée de l’approche psychodynamique et de l’approche des systèmes. Il est le fruit d’une réflexion menée avant tout par une clinicienne, qui relate d’abord l’itinéraire professionnel l’ayant conduite à ce type de psychothérapie. En proposant quelques techniques spécifiques d’intervention, l’article montre ensuite comment celles-ci favorisent un processus d’appropriation de soi par la libération des kystes émotionnels pathogènes.Mots-clés :
psychothérapie psychodynamique, psychothérapie systémique, appropriation de soi, émotions.
Two clinical cases serve to illustrate individual systemic psychotherapy, which is placed at the intersection of the psychodynamic and the systemic approach. The author proposes specific techniques for the acquisition of the self and the liberation of « cysts » : filled with « frozen » pain, mourning and traumatic experiences that tend to evolve towards emotional indifferenciation.Keywords :
psychodynamic psychotherapy, systemic psychotherapy, acquisition of the self, emotions.
De la psychanalyse à la psychothérapie individuelle d’orientation systémique
Après une formation en psychologie clinique et en psychothérapie, je suis arrivée en Suisse en 1973 pour travailler dans un Service psychiatrique pour enfants et adolescents. Dans mes bagages j’avais beaucoup de connaissances psychanalytiques, mes références préférées étant celles de Freud et Winnicott, mais aussi la pensée phénoménologique de Binswanger, ainsi que les études de Moreno sur la compréhension des groupes. En effet, j’animais des groupes de psychodrame avec beaucoup de plaisir.
A cette époque, l’approche systémique des familles, sous l’influence du professeur Luc Kaufmann et du Dr Odette Masson, commençait à se répandre dans les institutions psychiatriques romandes. J’y participais activement, la théorie des systèmes m’apportant des réflexions nouvelles qui ouvraient des horizons sur la famille, et qui me permettaient même de m’interroger sur mon parcours personnel de migrante.
De 1973 à 1978, j’ai eu la chance de réaliser, sous la direction du professeur Luc Kaufmann, une recherche sur les catamnèses de 60 familles dont un membre avait été hospitalisé à l’hôpital psychiatrique de Cery. Cette recherche m’a rendue très attentive à l’impact positif ou destructeur que pouvait avoir sur l’évolution des individus leur contexte de vie. On a ainsi pu observer que les patients schizophrènes ayant bénéficié d’une thérapie de famille longue, au minimum deux ans, avaient réussi à améliorer leur état de manière significative, et pour certains même à retrouver la santé.
Ma participation en 1977 à la fondation du Centre d’Etude de la Famille à Lausanne-Cery et mon engagement comme psychothérapeute et formatrice me permirent de faire progressivement des ponts entre l’approche individuelle psychanalytique et la pensée systémique qui se préoccupait de comprendre la famille et les systèmes humains. Avec des adolescents d’abord, ensuite avec des patients de tout âge, je me suis engagée dans des prises en charge individuelles à orientation systémique, en m’appuyant sur des concepts venant aussi bien de la psychothérapie individuelle que de la pensée systémique.
J’ai été particulièrement influencée par la pensée de Murray Bowen, un des premiers thérapeutes de famille aux USA, en particulier par son article Anonymus paru aux Etats-Unis en 1972, dans lequel il montre, prenant appui sur ses propres relations aux membres de sa famille, les enjeux de la construction d’un Soi différencié. Bowen, qui travaillait beaucoup avec des patients psychotiques et leur famille, parlait de la « masse moïque familiale indifférenciée » dans laquelle ils étaient immergés.
Les concepts de différenciation-individuation sont devenus pour moi des clés pour la compréhension de mes clients. Ainsi, la notion du soi interne, comme celle d’ailleurs d’objet interne, chères à la psychanalyse, se trouvaient enrichies, dès le moment où elles étaient englobées dans la dimension relationnelle familiale (cf. entre autres l’influence de l’école psychanalytique anglaise de la relation d’objet, par exemple Casement, 1985).
L’intégration de ces deux courants m’a permis également de m’interroger sur mon parcours personnel. En effet, portée par mon désir de différenciation et d’émancipation, j’ai pu retravailler ma culpabilité d’avoir quitté ma famille d’origine. J’ai ainsi pu trouver des relations plus vivantes et claires avec les proches que j’avais laissés. J’en vins à considérer les séparations davantage comme des pertes à inscrire dans le cycle de vie que comme des deuils interminables. L’effet de cette clarification émotionnelle sur mon travail professionnel se fit sentir. Plus je me sentais différenciée dans mes attaches, plus il m’était possible d’établir la bonne distance thérapeutique. Je cherchais également à apprivoiser chaque fin de thérapie comme un but souhaité, à atteindre au plus vite, qui devait permettre une reprise évolutive vers l’autonomie.
Depuis quelques années, alors que la thérapie d’orientation systémique était principalement utilisée avec des familles et des couples, on a pu observer son application à des consultations individuelles également. A ce jour, la littérature sur ce sujet est encore balbutiante. On pourra se référer plus particulièrement à Boscolo et Bertrando (1996) et Montagano (1983). Etant essentiellement clinicienne, je n’ai pas la prétention de présenter cette approche thérapeutique de manière formelle et conceptuelle. Je souhaite plutôt le faire en m’appuyant sur deux thérapies individuelles d’orientation systémique que j’ai menées moi-même. J’espère ainsi pouvoir, parfois de manière imagée, « faire sentir » au lecteur ce qui s’y passe, présenter quelques procédures techniques permettant d’organiser le processus psychothérapeutique.
Auparavant, j’aimerais clarifier deux notions théorico-cliniques : celles de soi et de kyste émotionnel, qui m’apparaissent de plus en plus essentielles pour ma pratique psychothérapeutique et dont la compréhension est indispensable pour saisir ce qui suivra.
Pour développer son propre Soi, de l’enfance jusqu’à la fin de la vie, l’être humain doit accomplir tout un travail psychique ; il parvient ainsi à se différencier dans ses différents systèmes de vie et à se comporter en tant qu’individu, capable de penser, d’agir, d’aimer, avec son propre style et avec sa « différence ».
Je me représente le Soi comme composé d’un noyau de schémas relationnels intériorisés, influencé par le patrimoine aussi bien génétique que transgénérationnel, qui se développe selon des critères longuement étudiés par la psychologie développementale (cf. par exemple Fivaz-Depeursinge et Corboz-Warnery, 2001 ; Kohut, 1971 ; et Stern, 1985).
Le Soi relationnel se construit à partir du triangle affectif de base, composé par le père, la mère et l’enfant ; sur celui-ci viennent se superposer, au fur et à mesure de l’évolution dans la vie, d’autres triangles provenant des relations avec la famille d’origine, la fratrie, le milieu de vie. Selon moi, si un triangle devient défectueux suite à la mort, à la disparition, ou au dysfonctionnement d’un partenaire, il reste une case inhabitée, dans laquelle le client tend à mettre son thérapeute. Plus la perte a été grande, plus l’envie symbiotique du client est forte, et plus le thérapeute sera en danger d’être paralysé dans une nouvelle fusion avec lui. D’où l’importance qu’il reste toujours attentif à la place qu’il va occuper. Il devra assumer par moments d’être le tiers séparateur, par moments d’être dans une saine fusion.
J’ai adopté deux métaphores qui expriment le travail thérapeutique de différenciation de soi que j’entreprends avec mes patients : celles de la maison intérieure et du voyage. La première imagine la construction du Soi comme celle d’une maison dans laquelle il y aurait différentes pièces, plus ou moins ensoleillées. Cette construction a souvent bien commencé, mais n’a pas pu être poursuivie. C’est le thérapeute, nouvel architecte restaurateur, qui interviendra pour donner des lignes à suivre en vue de modifier la construction et la remise en fonction de toutes les forces du Soi, mais le client reste maître et responsable de l’évolution du travail.
L’autre métaphore tend à considérer la vie de l’individu comme un voyage, qui commence dans une sorte d’indifférenciation entre soi et autrui, dans le ventre maternel déjà, pour se poursuivre à travers toutes sortes d’aventures. Ce voyage est marqué par des étapes. A chaque halte, on devrait profiter des expériences précédentes pour faire un bilan et envisager le plan pour la suite. La psychothérapie pourrait correspondre à un moment chaud du voyage. Dans cette métaphore, l’âge adulte est considéré comme l’âge idéal pour la réalisation active du Soi ; l’âge de la vieillesse n’est plus interprété comme une perte, mais comme un âge pendant lequel on trie, on se réjouit de toutes les expériences accumulées précédemment, pour préparer la fin du voyage.
Optimisme, sagesse, utopie ? Ces métaphores sont en tout cas acceptées avec enthousiasme par mes interlocuteurs, ravis d’être ainsi considérés comme des personnes riches et de grande valeur, alors qu’elles ont plutôt tendance à penser le contraire d’elles-mêmes.
Cette approche, axée sur la différenciation du Soi, ne me semblait toutefois pas suffisante pour comprendre les problèmes dont souffraient des clients qui avaient fait l’expérience de différentes thérapies, sans trouver pour autant d’issues à leurs douleurs.
Il s’agissait surtout de femmes qui n’arrivaient pas à entrer dans une relation de couple satisfaisante ou à mettre au monde un enfant, malgré leur grand désir. Femmes insatisfaites, souffrantes, souvent très intelligentes, mais en détresse d’amour.
Pour pouvoir répondre à cette clientèle, j’ai entre autres approfondi les écrits de José Bleger (1967) qui m’ont influencée dans ce que j’appelle « l’approche des kystes ». Selon cet auteur, tel que je l’ai compris, pour retrouver sa propre autonomie émotionnelle, il faudrait arriver à évacuer des violences et des tristesses jamais dites, enkystées dans des « nœuds agglutinés ». Ceux-ci sont souvent comme congelés, occupant tout l’espace des émotions. C’est comme si le Soi plus intime, bloqué dans des processus sadiques ou masochistes, n’arrivait pas à émerger et à contrôler l’angoisse.
Je pense que l’on peut, tout en ayant fait l’expérience de plusieurs thérapies, entrer dans une sorte de prison psychique : on y acquiert la capacité de comprendre, de gérer au mieux « dans sa tête », tout en restant paralysé « dans le cœur », précisément parce que ces kystes n’ont pas été touchés.
J’ai trouvé que le mot kyste, emprunté au langage chirurgical, était très parlant, pour représenter la force de ces noyaux émotionnels qui bloquent l’expression des émotions et qui provoquent la paralysie propre à certaines maladies psychiques et psychosomatiques.
Avec des questionnements dirigés dès la première séance, il s’agira de repérer les zones de la douleur, de provoquer la décharge de l’émotion enkystée, pour ensuite travailler à la réparation du mal ressenti, avec beaucoup de douceur, que le client apprendra à se donner à lui-même. Des tâches proposées par le thérapeute dans ce sens pourront l’aider. Au lieu de la violence et du non-amour de soi, il s’agira d’expérimenter la tolérance et la valeur de l’intimité.
I. Les indications pour une psychothérapie individuelle d’orientation systémique
Les indications à la psychothérapie individuelle d’orientation systémique sont larges. Tout commence bien sûr avec l’envie du client de s’impliquer activement. Au téléphone déjà, on peut détecter à l’intonation de la voix et aux premières réponses aux questions une attitude de recherche, signalant si la porte est entrouverte sur l’envie de différenciation.
Je propose ci-dessous une liste non exhaustive d’indications, qui me sont apparues particulièrement pertinentes pour le succès de la thérapie.
- Personnes d’un bon niveau culturel et professionnel qui cherchent à trouver plus d’autonomie émotionnelle. Elles savent beaucoup sur la vie, les thérapies, mais remarquent leurs tendances à répéter des mécanismes dysfonctionnels dans leurs relations affectives et sentent le besoin de se confronter à un tiers en vue d’un changement.
- Personnes qui vivent leurs affects essentiellement dans leur corps, avec de graves douleurs psychosomatiques. Elles sont très concentrées sur le soi physique, vivant dans l’annulation d’émotions profondes ressenties, telles que la tristesse et la violence, par exemple. On y trouve des personnes souffrant de migraines, d’anorexie, de boulimie, de mal de dos, etc.
- Personnes paralysées par l’angoisse. Leur message est d’emblée : « Aidez-moi, je n’en peux plus. Parlez, s’il vous plaît, je n’ai rien à dire ». Le kyste caché fait très mal, il bloque la parole, mais le langage non verbal reste saisissant.
- Adolescents et jeunes adultes, désireux de se différencier, à la recherche d’une identité plus définie, mais perdus dans des impasses provoquées par des kystes, pleins de douleurs difficiles à élaborer.
Le type de thérapie, sa longueur, son rythme, seront définis après deux ou trois séances, au cours desquelles thérapeute et client se testent.
Exemple d’une indication réussie : Sophie m’avait consultée quand, âgée de 52 ans, elle faisait une grave dépression avec des manifestations corporelles d’asthme et de perte de poids. Le travail psychothérapeutique de différenciation a progressivement conduit aux nombreux kystes qui faisaient très mal. Ils concernaient le grave accident de voiture qu’avait connu sa fille à l’âge de 10 ans, et qui l’avait plongée dans un profond coma pendant trois mois avant qu’elle ne se réveille. Sophie avait alors 32 ans. Sa fille, devenue très dépendante par son handicap, mais surtout très exigeante, l’avait complètement accaparée dans une fusion paralysante. De plus, Sophie avait un frère gravement malade mental.
Pendant la thérapie, Sophie a pu enfin se donner le droit de pleurer sans honte sur ses pertes, faire le deuil d’une fille qui aurait pu être saine et brillante, d’une vie de famille qui aurait pu se dérouler dans la joie, avec un frère en bonne santé. Elle arriva ainsi à établir un meilleur espace entre elle, sa fille et le reste de la famille.
La thérapie terminée, après un an et demi au rythme d’une séance tous les quinze jours, Sophie souhaite pouvoir faire une fois par an le point avec moi. C’est pour elle une garantie de continuer dans la bonne direction. Entre chaque rencontre, je reçois une carte, avec une photographie qu’elle choisit selon la tonalité affective qu’elle ressent : c’est son côté artistique qui prend forme. Le premier de ces messages représentait une fenêtre d’une maison à la montagne…
La psychothérapie individuelle d’orientation systémique se déroule par spirales : on commence par l’investigation du relationnel (analyse des systèmes de vie : « avec qui vivez-vous ? » et recherche des ressources : « comment vivez-vous ? »), pour arriver au noyau du Soi intime (les peurs, les violences, l’envie de tendresse, la mise en lumière d’un ou plusieurs kystes, etc.). Plus les kystes sont chroniques, plus l’approche du soi intime sera lente à se faire, avec la possibilité d’un travail thérapeutique par étapes, selon la force du client.
Voyons maintenant plus précisément les différentes phases d’une telle thérapie, avec la présentation de quelques techniques.
II. Le premier entretien : situer « où cela fait mal » pour construire une stratégie thérapeutique
Dès que le client se présente en consultation, je consacre mon attention et mes questions investigatrices à délimiter la zone où la douleur s’est fixée : cela peut être une douleur physique, psychique, un gros chagrin, qui a été le motif de la consultation. En plus d’informations sur le contexte familial visant à savoir le nom, l’âge, l’état de santé des personnes significatives de l’entourage du client, les questions du type : « Depuis quand cela fait mal ? » ou « Comment cela fait mal ? » font surgir une chaîne d’éléments descriptifs et associatifs, en particulier autour de ce malaise qui deviendra le centre de notre travail. Je parviens ainsi souvent à réduire déjà un peu la douleur à la fin de la première séance et à établir une alliance thérapeutique.
John est un jeune homme de 21 ans, que je trouve à la salle d’attente, très mal dans sa peau, avec un gobelet de yoghourt à la main. Dès qu’il me voit, visiblement très embarrassé, il boit, me suit, s’asseoit, et boit à nouveau, comme s’il avait une sorte d’urgence à se remplir. Quand je lui demande : « Où cela fait mal ? », il éclate en sanglots et dira : « Partout ». Il commence alors à raconter son histoire, une accumulation de malheurs pendant les sept dernières années de sa vie. John est orphelin de son père depuis l’âge de 14 ans, a une mère qui est engagée dans une relation affective, une belle-mère et un demi-frère.
Je consacre du temps d’abord au mal physique, pour ouvrir ensuite sur la perte de son père lorsqu’il avait 14 ans. « Cela ne m’a rien fait ! Mon père vivait avec sa nouvelle femme, il avait un autre enfant. Il ne s’occupait pas de moi. J’étais sans famille » ajouta-t-il. Rogne et déception se mêlent. John dit avoir vu un psychothérapeute lorsqu’il avait 16 ans. Il y est allé deux fois, le thérapeute ne lui parlait pas. Il n’eut plus envie d’y retourner et voulut se débrouiller tout seul.
A la fin du premier entretien qui dure environ une heure, j’essaie d’établir une stratégie d’« attaque », à savoir comment se battre contre le mal qui semble avoir envahi toute la pièce. John est en échec scolaire et il faut absolument qu’il puisse réaliser au plus vite son diplôme de fin d’études, qu’il a presque dans sa poche mais qu’il n’arrive pas à obtenir tellement il se sent peu motivé par une quelconque issue de vie.
Je parle à John de son agressivité cachée contre la vie, mais surtout contre les représentants de l’autorité qui l’ont peu aidé au moment de son adolescence. Quand le deuil de son père est arrivé, personne n’a expliqué à John ce dont il souffrait. En plus, à l’école, étant donné qu’il était révolté, on l’a mis à la porte comme s’il était un caractériel.
La douleur qu’il ressent est associée à une grande détresse, celle de n’être important pour personne. Il pleure sur lui-même, sur ses manques, et il dira : « Cela me fait du bien de pleurer ». Pas de mouchoir, toujours le gobelet à la main. J’écoute, offre un mouchoir et l’encourage à ouvrir les portes du chagrin. La révolte énorme prend forme : John pleure le deuil de son père et est en rage à cause de tant d’injustices subies. Le fait de pouvoir nommer cette agressivité et pleurer la tristesse de son drame chez la thérapeute, lui permet une certaine détente.
Après cette première consultation, il part plus fort, avec l’idée qu’il faut bien qu’il s’occupe de ses propres examens. La consigne est donc de revenir en consultation une fois que les examens seront passés.
Louise, une femme de 30 ans, demande d’urgence une consultation et, dès qu’elle est devant moi, se trouve dans l’impossibilité de parler. Elle signale par le langage non verbal un grand état d’angoisse, mais ne sait pas comment et quoi dire. Elle associe finalement ses troubles au fait d’être amoureuse de deux hommes en même temps, l’un est son mari, l’autre est une nouvelle connaissance. Elle se trouve indécise, insatisfaite, incapable de prendre une direction quelconque pour sa vie.
Louise vient de loin ; elle a émigré depuis l’Equateur pour suivre son mari, qui a 30 ans comme elle ; les deux sont intelligents, cultivés, ont un bon travail. Elle est en grand conflit avec sa belle-mère, une femme décrite comme très possessive avec son fils unique. Louise lui a déclaré la guerre et ne lui parle plus. Elle a par ailleurs perdu son père quand elle avait 14 mois. Ce renseignement est donné avec distance et froideur, comme si elle n’était pas concernée. J’apprends aussi que Louise a consulté dans son adolescence pour des problèmes de poids, ses difficultés de relation avec sa propre mère, mais elle ne garde plus qu’un vague souvenir de ces consultations.
Je partage avec Louise le sentiment que son indécision affective est peut-être le signe que dans son monde affectif, c’est la pagaille, comme si elle n’avait pas pu, jusqu’à maintenant, aimer, ni comprendre ce que représente le fait d’entrer dans une relation profonde avec un partenaire.
A la fin de la première consultation, le lien étant établi, je lui dis que nous allons prendre le temps qu’il faudra pour résoudre les souffrances et pour retrouver ce père perdu trop prématurément.
Les deux situations ont été vues selon l’hypothèse suivante : plus le client est préoccupé par une douleur aiguë, par une situation sans issue, plus il est prisonnier d’une indifférenciation familiale de laquelle il ne sait plus comment se libérer. Toutes ses forces semblent être concentrées autour d’une douleur indicible. Derrière la douleur indifférenciée se situent souvent les nœuds d’un grand mal, le kyste, jamais reconnu et donc jamais consolé. John et Louise m’ont demandé dans l’urgence d’être acceptés, que je fasse un bout de chemin avec eux, leurs triangles de vie étant très perturbés par l’absence d’un tiers séparateur, ils cherchent chez la thérapeute le tiers absent.
III. Cadre de la psychothérapie individuelle d’orientation systémique
J’adopte d’emblée une position de guide responsable, dans un processus thérapeutique qui est comparable à un voyage. Dès la première rencontre, je me mets d’accord avec le patient sur les règles du cadre (horaires, paiement et rythme de travail à suivre). La thérapie peut se réaliser très brièvement (deux à trois séances), mais peut se prolonger sur des années.
Selon mon expérience, la durée d’une thérapie est fonction :
- du degré de différenciation du client par rapport à sa famille et à son monde intime ;
- de la profondeur des kystes : plus ils sont chroniques, plus long sera le travail de réappropriation émotionnelle de son Soi ;
- de la co-implication possible entre client et thérapeute, avec des résonances mutuelles positives ;
- des ressources provenant du milieu de vie du client.
IV. La technique du recadrage : vision positive du symptôme
Le client apprend à connaître avec nous un nouveau langage ; c’est celui de la confiance. Le symptôme est vu comme bénéfique, parce qu’il a provoqué la demande d’aide, a permis une halte de réflexion, voire la cessation d’un rythme de travail stressant. Donc, bienvenu est le mal s’il sert à progresser !
Le choix du symptôme m’apparaît intéressant autant pour ce qu’il a provoqué comme démarches et consultations, que pour sa valeur sémantique. Je fais attention de ne pas céder à la tentation de tout interpréter, car mon but est d’approcher ce qui se passe « dans la tête du client » avec ce qu’il ressent « dans son cœur », et non pas d’en faire un client « savant ».
J’utilise aussi mes étonnements d’une manière positive. Par exemple, John, à la deuxième séance, arrive avec un plâtre et m’annonce avec une petite voix qu’il s’est cassé le pied. Je rétorque par provocation : « C’était mieux de se casser le pied plutôt que d’agresser ceux qui vous ont fait tant de mal ! Mais par cet accident, vous me montrez toute la force qui bouge en vous ». Désormais, je considère que son envie de se battre pour la vie commence à prendre forme, même si c’est d’une manière encore maladroite.
Louise est angoissée par sa violence contre sa belle-mère. Elle rêve de la tuer. Les rêves de violence deviennent pour moi – et je le lui transmets – des rêves d’énergie, une énergie qui a de la peine à se placer dans un but constructif.
Ou encore, prenons l’exemple de Marie, 14 ans, qui insiste pour montrer tout le noir qui l’habite. C’est dégoûtant à entendre, il s’agit de l’amour pour une ratte. « A part les rats, qu’est-ce que vous aimez ? » lui dis-je. « La montagne », répond-elle. Je rajoute : « Ouf, je respire ». Marie rit, elle sait que la provocation n’a pas coupé le dialogue.
Ce dialogue me semble plus facilement pouvoir s’établir quand on ose recourir à l’imaginaire, un moyen riche et subtil pour rejoindre et apprivoiser la vie intime et le monde nocturne du patient, comme nous l’a appris la psychanalyse. Je montre beaucoup d’intérêt aux rêves, en demandant facilememt : « De quoi avez-vous rêvé ? » ou « Que disent vos rêves de ces jours ? ».
Habitués à voir leur monde avec des lunettes projectives trop noires ou trop roses, les clients peuvent apprendre à changer de lunettes, en utilisant une palette plus variée de couleurs. Ils en sont tellement ravis qu’ils peuvent rire avec nous de leurs anciennes lunettes. Il arrive souvent qu’ils comparent la vision de leurs parents, si noire, avec celle, nouvelle, de leur Soi. Devenus ainsi plus tolérants, ils ont envie d’un changement dans le dialogue avec leurs proches.
Par exemple, avec les e-mails qu’elle envoie régulièrement à sa famille, Louise cherche à changer le jugement sévère que sa mère porte sur elle. Elle lui transmet qu’elle n’est pas si froide et sa mère lui répond finalement très chaleureusement, avec des mots de « mère ».
Pour permettre une vision nouvelle du symptôme, je reformule donc ce que le client a dit de lui-même, avec en plus un commentaire sur son potentiel de vie, sur ses ressources. Par exemple, en disant : « Votre violence est votre énergie de vie » ou « votre souffrance montre que vous cherchez du mieux pour votre vie », je cherche à donner un sens aux souffrances du patient. Je redis ses échecs, avec l’intention d’induire un arrêt aux répétitions malsaines.
Ces recadrages peuvent parfois être formulés à l’aide de tâches proposées au client, dans le but d’amener un changement dans la façon de vivre, comme par exemple la recherche d’une manière différente de vivre le prochain dimanche, les vacances, voire les « engueulades », de considérer les amitiés, de rechercher un nouveau travail, etc. On le sait, c’est un des apports importants de la pensée systémique de rechercher le changement par l’action.
Si le client sent l’envie de faire de l’ordre dans les affects familiaux, alors la tâche peut prévoir la rencontre de certaines personnes de la famille, selon un ordre qu’il décidera.
Le voyage thérapeutique se fait ainsi selon un processus qui est différent et adapté à chaque situation. Les tâches sont imaginées ensemble avec le client, ou parfois je les propose de ma propre initiative. En règle générale, les clients sont très reconnaissants quand je m’engage dans cette voie d’expérimentation, tout en restant indulgente en cas d’oubli de la tâche à remplir. Et quand les tâches données se transforment en habitudes de vie, alors le changement est acquis.
V. « Désenkystement » et réparation
La psychothérapie se poursuit en suivant le fil rouge des associations du client et des hypothèses du thérapeute sur la fonction du symptôme, pour arriver à cerner progressivement ce qui fait très mal, caché dans l’indifférenciation des affects.
John, écorché vif, était un révolté, qui ne voulait pas s’adapter, qui fuyait dans la drogue et dans le farniente. Il était opposant et en même temps, il montrait un grand besoin de tendresse. Mais pourquoi une telle évolution ? Louise était une angoissée, tout d’une pièce, dans sa demande massive de prise en charge. Pourquoi son comportement émotionnel était-il si en contradiction avec ses performances intellectuelles ? John et Louise avaient en commun la tendance à se rendre victimes, John de la société, Louise de sa belle-mère. Mais pourquoi ont-ils eu le besoin de se perdre dans un tel rôle d’agressé-agresseur ? Leurs récits personnels m’ont permis d’accéder à leur histoire intime et par ce biais-là je suis remontée dans le temps, en suivant leurs pistes, en donnant des indications, pour éclairer la voie à suivre.
Ce procédé a été rapide avec John qui a d’emblée pu reconnaître qu’il était révolté depuis l’âge de 14 ans. « Mais que s’est-il donc passé de si important dans votre vie à cet âge-là ? », lui demandai-je alors. John parle de la perte de son père, père aimé et détesté, parce que vivant avec une autre femme et un autre enfant. Ce père est mort subitement d’une maladie mystérieuse ; les médecins étaient trop préoccupés pour prendre le temps de voir John et de lui fournir quelques explications. Je peux recadrer ces messages, en donnant quittance de l’injustice subie. Je montre qu’entre le fils et la mère, dans l’horreur de la perte si prématurée d’un père et d’un mari, le langage qui a dominé était peut-être celui de la mésentente, plutôt que celui de la compréhension.
John semble comprendre qu’il n’a pas voulu à l’époque s’associer à l’un de ses proches. Il s’est ainsi isolé, devenant un révolté. En thérapie, les émotions peuvent se libérer et le kyste se dissoudre lentement.
Spontanément, John envisage de rendre visite à sa belle-mère et à son demi-frère, orphelin comme lui, en se disant : « Quel frère suis-je pour lui ? Quel exemple est-ce que je lui donne ? Il faudra que je me dépêche de changer ». Dès la première séance, à travers la symbolique de son gobelet de yoghourt, John était désireux de me faire connaître et de partager avec moi ses besoins infantiles de nourriture et d’acceptation. Cette nourriture, qui lui a manqué quand il était adolescent, lui sera donnée sous forme de « supplément » maternel par ma présence. Plus précisément, je vais assumer pendant la première séance deux rôles importants : celui de conduire la séance vers la décongélation du noyau de tristesse autour du deuil du père, et celui d’être le parent autoritaire qui indique la voie à suivre, plutôt que de rester dans la paresse du découragement.
John est très content de se sentir encadré et soutenu par ces positions d’autorité et en même temps d’affectivité positive, ce qui fait qu’à la fin de la première séance, la réparation s’est déjà faite avec une sorte de catharsis de larmes et il dira : « Comme ça fait du bien de pleurer une fois ».
Après la première séance, John cherche à se remettre sur les rails. Il étudie intensivement pendant un mois, passe brillamment son examen de maturité, ce qui lui permettra de commencer des études universitaires. La vie sociale lui apprendra à gérer de mieux en mieux son bateau. Quand il sera découragé, il pourra soit revenir me voir pour un bilan, soit se référer à ses propres ressources, comme il l’a appris pendant sa brève thérapie qui a duré en tout cinq séances.
Pour Louise, la réparation a été beaucoup plus longue à faire ; il a fallu une thérapie qui dura deux ans. S’hyperprotégeant dans sa carapace intellectuelle, elle ne pouvait pas se rendre disponible pour un travail thérapeutique. Malgré l’appui empathique que je lui offrais et qu’elle ressentait favorablement, elle restait paralysée par son angoisse, incapable d’associer sur son monde intime. Elle venait régulièrement aux séances qui avaient lieu tous les quinze jours, mais restait confortablement installée dans une dépendance thérapeutique contrôlée.
Lors d’une séance particulièrement morne, je lui demande quel est le livre qu’elle a lu avec le plus d’impact. Louise me signale alors avec joie son livre de chevet qui s’intitule Smilla et l’amour de la neige.
A la séance suivante, elle m’apporte un livre tout plein d’annotations. Cela concerne l’histoire d’un petit garçon qui est décédé à l’âge de 6 ans. Smilla, sa voisine qui lui avait donné beaucoup d’affection, recherche ses traces, comme si autour de cette mort il y avait tout un mystère, un éventuel meurtre.
Grâce à ce livre, par les phrases attentivement soulignées par elle, nous avons pu commencer avec Louise un travail de différenciation et de désenkystement qui fut tellement positif qu’en peu de séances elle parvint, selon ses propres termes, à se « décongeler ». Elle comprenait qu’elle avait été prise dans une relation d’indifférenciation familiale très puissante, plus particulièrement celle qui l’unissait, elle, parentifiée à sa mère toujours en deuil. Les kystes, relatifs surtout à la perte de son père étaient très profonds, entourés de silence. Louise était restée orpheline à l’âge de quatorze mois, elle n’avait aucune notion de qui était son père, de sa profession, de sa beauté, de ce qui s’était passé au moment du décès : pas d’informations, pas de photos. Un « rien » très troublant.
Heureusement qu’elle pourra accéder à des nouvelles, par des e-mails réguliers avec sa mère, dont elle me parlera avec joie. Le soulagement émotionnel produira la libération progressive du mal profond, lié à un deuil indicible.
Louise pourra commencer à se réparer, en ayant sur elle-même un regard plus positif. Elle pourra trouver des ressources pour aborder différemment son avenir. Voilà que l’homme auquel elle est actuellement mariée pourra être aimé beaucoup plus en tant que partenaire plutôt que pseudo-père, frère, sœur jumelle ou mère substitutive. Il devient un mari à aimer.
Pour aider à exprimer la douleur et à se représenter l’être cher décédé, j’utilise souvent les techniques psychodramatiques, en particulier celle de « la chaise vide », qui a permis à John comme à Louise d’imaginer sur une chaise la personne chère perdue, de lui dire des mots, de lui poser des questions, de lui dire sa rogne. Cette expérience émotionnelle très chargée a pu favoriser l’appropriation des douleurs et des agressivités, en donnant une dimension symbolique à la perte. Il va sans dire que cette technique doit être maniée avec beaucoup de délicatesse, avec un grand respect de l’intimité de chaque client.
VI. La fin de la psychothérapie : une nouvelle séparation
Le concept clé de l’approche individuelle d’orientation systémique, je l’ai souvent dit, est le Soi qui, comme une « boîte noire » (cf. L. Boscolo et P. Bertrando, 1996), régit la structure de l’individu dans la construction de son identité. Au fil de son évolution, l’individu humain franchit les étapes de la séparation : famille d’origine, parents, fratrie. Le Soi se différencie en se séparant de différentes manières de son contexte d’origine. Devenu adulte, il vit la séparation par rapport à son propre couple, celle de ses enfants, et se prépare en fin de vie à la séparation définitive : la mort.
La santé psychique pourrait correspondre à la capacité de se séparer d’une manière naturelle, sans l’annulation des émotions qui soutiennent chaque processus de séparation, alors que l’indifférenciation du Soi proviendrait des séparations pathologiques, vécues dans le non-dit ou dans la violence. Les kystes émotionnels condensent alors des deuils trop précoces, impossibles à faire, de par les souffrances et les malheurs de vivre qu’ils contiennent.
Dans la thérapie, l’expérience de la séparation est évidemment primordiale. Le client fait l’expérience de la bonne distance, se sépare à chaque séance du thérapeute, qui lui souhaite une bonne fin de semaine ou une bonne période de vacances. Le thérapeute montre chaque fois, en fin de séance, tout son plaisir à accompagner son client à la porte, comme s’il l’accompagnait un peu vers la vie.
Louise, après tant d’efforts de différenciation, qui lui ont permis de « désenkyster » la grande douleur provoquée par la mort précoce de son père, décide de partir un mois en Equateur pour voir sa mère et participer au mariage de sa sœur. Elle est radieuse : son Soi a repris toutes ses forces. Notre séparation est envisagée et nous convenons d’une séance après le retour du pays, pour consolider ce qui a été fait ensemble et conclure.
Se séparer est une joie lorsque le client a grandi, qu’il a pu se débarrasser de son symptôme ou, tout simplement, qu’il a appris à cohabiter avec son mal-être. Le voyage thérapeutique peut alors prendre fin dans une séance de conclusion, où l’on revient sur ce qui s’est passé pendant la thérapie. Des larmes et des sourires marquent la séance. La thérapeute est aussi émue, une bonne émotion qui donne un sens au travail thérapeutique. Le langage des métaphores, l’humour, le silence, le non-verbal sont là pour contenir les messages d’adieu.
John conclut son travail thérapeutique après cinq séances. Il sait qu’il a avancé, mais maintenant la réalité, avec ses exigences et ses contraintes, est prioritaire. Nous décidons une halte, en précisant que je conserverai son dossier et qu’il pourra revenir s’il en ressent le besoin. Le rite de la séparation se met en marche. Je me lève, lui donne la main et lui souhaite « bonne route ». Dernier regard très chaleureux. « A vous aussi », me dira John qui, en saluant à sa manière, prendra son envol. Je referme la porte, comme son dossier d’ailleurs. Je me sens plus riche avec une nouvelle expérience de vie partagée.
John et Louise se ressemblaient dans leurs symptômes de mal vivre : les deux souffraient d’une perte tragique. Même si leurs kystes étaient d’inégale grosseur – ce qui se répercuta sur la durée de la thérapie – dans les deux cas la compréhension de leurs difficultés et l’approche thérapeutique suivie furent assez similaires.
A l’aide de deux exemples de psychothérapie individuelle à orientation systémique, j’ai essayé de montrer la complémentarité des approches psychodynamique et systémique. Les notions de « Soi » et de « kystes » pourraient représenter de nouvelles catégories intéressantes à ajouter à l’arsenal de nos outils conceptuels et thérapeutiques, particulièrement à l’adresse de clients en mal de vivre, désespérés par des deuils très douloureux et par des violences reçues, sans qu’ils n’aient pu se défendre.
On l’aura remarqué, la thérapie individuelle d’orientation systémique telle que je l’ai présentée ici, est une démarche active, aussi bien pour le patient que pour le thérapeute. Celui-ci « doit » parler, faire des liens, sans créer toutefois des dépendances trop intenses, réussissant à rester à une distance non dangereuse, bien dosée, adaptée à l’impact émotionnel de chaque étape du traitement. Confronté à ses relations familiales, le patient est invité à se montrer actif, en devant tester de nouvelles manières de ressentir et de se comporter dans sa vie quotidienne. On s’en doutera, c’est une thérapie qui n’est pas « universelle ». Elle conviendra davantage à certains psychothérapeutes comme à certains patients. A chaque thérapeute d’être assez libre et clairvoyant pour choisir la méthode thérapeutique qui lui permet d’avoir une efficacité créatrice !
·
Bleger J. (1967) : Symbiose et ambiguïté. Etude psychanalytique. Paris, P.U.F., 1981.
·
Boscolo L., Bertrando P. (1996) : Terapia sistematica individuale. Milano, Cortina.
·
Bowen M. (1971-72) : A propos de la différenciation de soi à l’intérieur de sa propre famille. Thérapie familiale, 15/2 : 99-148, 1994.
·
Casement P. (1985) : A l’écoute du patient. Paris, P.U.F., 1988.
·
Fivaz-Depeursinge E., Corboz-Warnery A. (2001) : Le triangle primaire. Le père, la mère et le bébé. Paris, Odile Jacob.
·
Kohut H. (1971) : Le soi – la psychanalyse des transferts narcissiques. Paris, P.U.F., 1974.
·
Montagano S. (1983) : Aspects systémiques dans les thérapies individuelles. Thérapie familiale, 4/2 : 141-147.
·
Stern D. (1985) : Le monde interpersonnel du nourrisson. Paris, P.U.F., 1989.
[1]
Psychologue Psychothérapeute, Lausanne (Suisse).