Psychothérapies
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
274 pages

p. 263 à 263
doi: en cours

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Volume 25 2005/4

Le livre noir de la psychanalyse, Catherine MEYER (sous la dir. de), Paris, Les Arènes, 2005, 830 pp., ISBN 2-912485-88-6. Pourquoi tant de haine ? Anatomie du livre noir de la psychanalyse, Elisabeth ROUDINESCO, Paris, Navarin, 2005, 91 pp. ISBN 2-9519169-9-X

Il semblerait que cela devient une tradition française de publier des Livres Noirs au sujet des grands mouvements idéologiques en général, quand ces derniers ont accumulé un certain nombre de déceptions. Ainsi, le Livre noir du communisme, de Stéphane Courtois, traitant du communisme meurtrier si longtemps admiré en France, a été suivi en 2003 par celui de Marc Ferro sur le colonialisme, puis par d’autres sur la publicité et divers sujets à la mode. Peut-être est-on surpris de trouver dans cette compagnie un fascicule sur la psychanalyse, surtout si l’on ignore la situation idéologique complexe de cette dernière en France. Libérée par Lacan et consorts des mains des médecins, abhorrant toute intention thérapeutique, malgré son Fondateur qui considérait clairement que la psychanalyse est une thérapeutique : « Qu’est-ce que cela pourrait être d’autre ? », écrivait-il – même l’intérêt pour les changements qu’elle opère est devenu une attitude « anglo-saxonne ». Malgré des études facilement lisibles, y compris sur Internet (http://193.49.126.9/ Techniques-psychothérapeutiques/ Documentation/Psychanalyse/ OpenDoordefault.html, ou sous les mots-clés « Psychotherapy outcome »), ou celle récemment citée dans nos pages (Psychothérapies, vol. 25, nËš 3, p. 203), les contradicteurs, surtout cognitivistes, ont finalement eu beau jeu – au moins en français – de dire que la psychanalyse ne peut pas prétendre obtenir un changement, une amélioration, voire une guérison. Il s’y ajoute un nombre d’attaques concernant l’histoire de la psychanalyse. Tout cela se base sur des études qui n’ont rien de nouveau, en tout cas dans la littérature internationale. Derrière cette guerre se cache aussi la tendance officielle à réglementer le titre de « psychothérapeute » introduite en France par le député Bernard Accoyer. Une étude publiée par l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale concluant à la supériorité des thérapies cognitives ou comportementales a finalement été retirée après une lutte acerbe au printemps passé. Les 23 000 exemplaires vendus de ce nouveau Livre Noir sont la poursuite de cette guerre « pour le marché » de la souffrance psychique. Heureux sont les pays comme la Suisse qui, dans une lente évolution, se sont approchés d’une solution viable entre tendances concurrentielles de la psychothérapie, même si elle n’est pas encore satisfaisante par rapport à la définition du statut des psychothérapeutes non médecins. Mais les débats restent des discussions et non pas des destructions...
La réponse d’Elisabeth Roudinesco vient à son heure : ce petit bouquin touche en effet le cœur de ce débat qui fait rage en France actuellement, et se termine par la conclusion ô combien sage : « Il est grand temps de dépasser ces haines, inexplicables même pour des psychanalystes aguerris, et de passer aux choses sérieuses : comment désormais articuler au service des patients et des humains en souffrance psychique les savoirs et les expériences qui sont à notre disposition sans avoir le besoin irrépressible de tirer sur le pianiste-psychanalyste ? » (p. 91).
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